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Tragédie syrienne : Droit international ou loi de la jungle, par Michel Raimbaud

La France n’est rien sans le monde, et définir une politique internationale devrait être, dans notre environnement actuel, un thème central de la campagne des présidentielles. Avec au moins ce point qui devrait faire consensus : « nous avons des divergences de vue, mais nous sommes tous pour l’application du droit international, seul garant de la paix ». Donc le respect de la souveraineté et des frontières, et aucun recours international à la force armée sans un mandat de l’ONU. Hélas, rappeler ces règles, qui fondent le droit de l’ONU et la paix, est devenu suspect dans notre pays.

Tous les efforts pour ramener vers le droit sont louables, et voici un excellent texte, publié sur Afrique Asie,  de Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France, Ancien directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et auteur de nombreux ouvrages : « Il serait sage de chercher les racines du mal là où elles sont de toute évidence : c’est la débâcle du droit international sous les coups de boutoir prodigués depuis un quart de siècle par l’Occident arrogant, dominateur et sûr de lui, qui a débouché sur ce monde chaotique, immoral et dangereux dans lequel nous vivons désormais, ce monde que nous risquons de léguer à nos enfants ».

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Tragédie syrienne : Droit international ou loi de la jungle

par Michel Raimbaud

 

La tragédie de Syrie est entrée dans sa septième année. S Incrustée dans l’actualité, elle fait partie du paysage. Mais ses 400 000 morts, ses 2 millions de blessés ou d’handicapés, ses 14 ou 15 millions de réfugiés, déplacés ou exilés, son territoire dévasté à plus de 60% et son économie ruinée par les pillages, les sanctions, les embargos, ne suscitent pas d’émotion permanente.

En effet, vus de nos « grandes démocraties » dont les langues sont mondiales, les valeurs universelles, la vocation planétaire et les deuils transnationaux, et qui se considèrent comme l’essence de l’humanité ou le nec plus ultra de sa conscience, les conflits de l’Orient compliqué sont lassants quand ils ne sont pas franchement hermétiques.

Pour aviver la flamme de la compassion, il faut l’un de ces énormes mensonges dont se gavent intellectuels, médias et politiques de l’Occident bien-pensant. Quinze ans après l’Irak, le truc des gaz chimiques marche toujours très fort : Colin Powell, l’entubeur de 2003, doit être content…Le camp de la guerre et ses fourriers, y compris les escrocs de l’humanitaire, sont en tout cas ravis. Jamais deux sans trois : 2003, 2013, 2017. La manipulation, le « false flag » paraissent encore efficaces…

Nos « élites » délitées ont réussi ce tour de force d’ancrer notre pays en première ligne en Libye, puis en Syrie, aux côtés des islamistes, des terroristes et des faucons atlantistes du parti de la guerre, sans demander l’avis des Français, parvenant même, à force de matraquage médiatique, à recueillir l’adhésion de certains pans de l’opinion. La douce France est repartie de plus belle dans ses tristes épopées coloniales. Vive le Père Bugeaud, vive François Georges Picot et ses accords en douce, vive Jules Ferry et la foutue mission civilisatrice, vive le Mollet à la triste figure, et les va-t-en-guerre actuels. Nos intellectuels qui rêvent d’en découdre avec la Syrie légale, cet Etat rebelle qui ose tenir tête à l’Occident, nos médias qui dissertent jusqu’à plus soif sur l’urgence de bombarder Damas ou « Bachar », nos politiques suspendus comme des désespérés aux mamelles de l’atlantisme et de ses succursales, peuvent se rassurer. En se donnant un Président « imprévisible » qui se disait non-interventionniste, sinon pacifiste, leur maître américain leur avait donné des frayeurs. Elu du « pays profond », Trump n’aura pas résisté longtemps aux pulsions de « l’Etat profond »: voilà un président qui bombarde comme les autres…Ouf…

Cet atroce conflit s’inscrira en énormes lettres rouges dans le guinness de la honte et les porte-étendards de la soi-disant « communauté internationale » de ce début de millénaire figureront au palmarès de l’indignité, entre deux Nobels de la Paix. Ces gens sans foi ni loi ni vergogne, qui n’ont d’autre horizon que celui de leur improbable élection, s’en moquent éperdument, mais c’est dans les poubelles de l’Histoire que l’on retrouvera trace de leur mémoire.

La tragédie syrienne est l’épicentre de la confrontation quimenace la paix du monde. Au lieu de disserter sur les subtilités de la politique US, les angoisses de l’Occident hypocrite et les martiales déclarations de nos piètres dirigeants, il serait sage de chercher les racines du mal là où elles sont de toute évidence : c’est la débâcle du droit international sous les coups de boutoir prodigués depuis un quart de siècle par l’Occident arrogant, dominateur et sûr de lui, qui a débouché sur ce monde chaotique, immoral et dangereux dans lequel nous vivons désormais, ce monde que nous risquons de léguer à nos enfants.

Le moment unipolaire américain (1991/2011) a permis à « l’Empire le plus puissant ayant jamais existé à la surface de la Terre » de détruire les bases de la légalité internationale en établissant le nouvel ordre mondial voulu par les faucons de Washington. Ce qui se traduira en un temps record par l’abandon des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies : souveraineté, non-ingérence, droit des peuples à l’autodétermination, droit de tout Etat à choisir librement son régime politique hors de toute ingérence étrangère, obligation de négocier en cas de conflit avant de recourir à l’usage ou à la menace d’usage de la force. La « communauté internationale » atlantique trouvera sa lampe d’Aladin dans un concept miraculeux, la Responsabilité de Protéger (R2P), version relookée du droit d’ingérence à connotation trop colonialiste. Les Nations-Unies seront instrumentalisées, voire ignorées lorsque le moteur unipolaire connaîtra ses premiers ratés : on fera grand cas des délibérations du Conseil de Sécurité lorsqu’il dit « oui-oui-oui », mais on passera outre lorsqu’il dit non.

Confrontés à des Etats qualifiés de « voyous », souvent arabo-musulmans, ou perçus comme crypto-voyous comme la Chine et la Russie, l’Amérique et ses alliés s’érigeront en « communauté internationale », centre « civilisé » du nouvel ordre mondial. En fait, c’est la loi de la jungle qui s’installera sur les ruines de la légalité internationale, le monde extra-atlantique voyant son statut réduit à celui d’une zone de non-droit. Sur leur vaste terrain d’aventure, les neocons joueront au « chaos créateur » et s’amuseront à terroriser les « ennemis » selon les recettes de la « théorie du fou » de Nixon (l’Amérique doit projeter l’impression que ses dirigeants sont imprévisibles). Les résultats seront impressionnants, non pas bien sûr en termes de « démocratisation », mais en ce qui concerne la mise au pas voire la destruction des Etats républicains, séculiers (« laïcs ») et nationalistes.

La guerre qui fait rage actuellement en Syrie est bien universelle, tant sont nombreux et divers les acteurs, les enjeux, les arrière-pensées, les intérêts. Pourtant, ce n’est pas une confrontation classique : officiellement on ne peut parler d’un état de guerre, puisque personne n’a déclaré la guerre à la Syrie, comme le voudraient les normes des lois de la guerre et/ou les pratiques diplomatiques.

A Moscou, on évoque « les Etats qui se sont fourvoyés dans le soutien du terrorisme, continuent de le faire et méritent d’être jugés par un tribunal international similaire à celui qui a jugé le nazisme ». Or la Syrie est depuis le printemps 2011 la victime d’une « guerre d’agression », la sorte de guerre qualifiée dans un autrefois de nuit et de brouillard par le Tribunal de Nuremberg de « crime international suprême » :« lancer une guerre d’agression n’est pas seulement un crime international ; c’est le crime international suprême, ne différant des autres crimes de guerreque parce qu’il contient en lui-même le mal accumulé de tous les autres» C’est le crime par excellence. Et dans le cas d’espèce, un crime avec préméditation, planifié par les « stratèges ».

Comme l’Irak, la Libye, la Somalie, la Palestine, etc…la Syrie est l’objet d’une tentative de « politicide », qui est à l’égard d’un Etat ce qu’un meurtre est à l’encontre d’un être humain, les institutions, l’administration, la souveraineté, l’intégrité, les autorités politiques, les marques emblématiques ou régaliennes, les forces armées, les ressources, les bases, les infrastructures de l’économie, l’identité du dit Etat étant ciblées individuellement et dans leur ensemble.

Les opérations peuvent se décliner en démantèlement, partition, dépeçage de l’Etat-nation. Les attaques s’exercent tous azimuts : politiques (déstabilisation, changement de régime),humanitaires(Responsabilité de Protéger, projets de zone d’exclusion, de corridors), militaires (frappes, bombardements, provocations, agressions, coups de main),psychologiques et médiatiques (mensonge, manipulation, « faux pavillon », intoxication, lavage de cerveaux).

Dans le même temps, le peuple syrien est la cible d’un « ethnocide », terme qualifiant l’entreprise de déconstruction et de désintégration qui le vise. L’objectif global est de briser sa cohésion, qui n’est pas le produit des trente ans de mandat français, ni même des quatre siècles d’Empire ottoman, mais le résultat d’une histoire plurimillénaire, par-delà même la venue du christianisme et de l’islam.

Les sanctions sont autant d’armes de destruction massive qui visent à ébranler une société civilisée et industrieuse. Tous les moyens sont d’ailleurs utilisés : il faut pousser les Syriens à fuir leur pays, contraindre les minorités à l’exode, provoquer une hémorragie des élites, afin d’empêcher toute reconstruction ultérieure du tissu national.

La « mise à mort du peuple syrien » et la destruction de la Syrie, « mère de notre civilisation » et « seconde patrie de tout homme civilisé » sont bien partie intégrante du crime par excellence.

Finalement, il convient d’appeler les choses par leur nom : les agresseurs de la Syrie légale, qui agissent en violation du droit international sont des voyous et des criminels. Ce sont en outre des menteurs effrontés, indignes de gouverner ou de prétendre gouverner. Les frappes sur la base d’Al Chuairat ne constituent pas un « message fort » de Washington, comme le dit tel ou tel esthète, mais un crime supplémentaire.

Il est temps que la « Grande Nation » se réveille et que des dirigeants plus dignes reprennent en main son destin politique, son indépendance, que la France renoue avec l’exception qui faisait notre fierté. Il est temps que ses intellectuels renouent avec la tradition de leurs grands ancêtres. Il est temps, il est même urgent de redresser la barre de cette embarcation folle et déboussolée qu’est devenue la France, tant sont grands et impitoyables les périls de notre monde.

J’allais dire, il est temps que les diplomates, dont le droit international devrait être la Bible, et dont le métier est de faire la paix, renoncent à squatter comme des coucous le nid des faucons.

Il faut dire non et non et non à la guerre que des petits grands de ce monde présentent comme une option banale, blottis bien au chaud dans leurs privilèges, leurs certitudes et leur arrogance ordinaire. Il faut que la France retrouve le chemin de la légalité internationale et du droit onusien… Notre paix est à ce prix

Commentaires

  • Chapeau au blog pour l'ensemble de son œuvre sur la Syrie. Ce texte avec "le truc des gaz chimiques" (sic) c'est le pompon. A gerber. L'obsession anti-US a fait définitivement vriller la raison.

  • Merci pour ce texte d’une lucidité remarquable.

    Mais évidemment les néo-cons français ne vont pas apprécier, ces hypocrites qui n’ont pas un mot pour ce qui se passe en ce moment au Yémen. Là, nos copains d’Arabie saoudite, avec le soutien sans faille des États-Unis, bombardent sans relâche un des pays les plus pauvres de la planète. Et ceci, au mépris total du droit international.

    Mais pas de pleurs, ni de lamentations sur les enfants qui meurent sous les bombes de nos chers amis. C’est pour le bien de la civilisation, sans doute, comme l’a été la destruction de la Libye.

    Et quand les États-Unis violent une fois de plus le droit international en bombardant la Syrie, ces grands humanistes que sont les démocrates états-uniens applaudissent des deux mains. Et, en France, ces grands humanistes que sont les socialistes font de même.

  • La France a perdu sa crédibilité diplomatique en réintégrant l'OTAN. Son alignement complaisant sur Les USA et Israël a rompu l'équilibre du débat au Proche Orient. L'attaque de la Lybie et la violation du mandat par la France et la Grande Bretagne ont causé un très grand tort aux Nations-Unies, à la validité du droit international déjà très mis à mal par Bush contre l'Irak. Les pressions sur la Belgique et l'Espagne pour les contraindre à réformer leur compétence universelle pour ménager les auteurs de crimes de guerre US et israélien ont décrédibilisé le droit pénal international au point de justifier le retrait de nombreux pays africains.

    Enfin, les USA sont des cons, mais ils ne sont pas les seuls.

    Voir l'Europe avec ses 990 milliards de corruption et 2000 milliards de fraude fiscale par an. Ces chiffres sont ceux qui financent et favorisent la corruption dans le monde et donc la violation des droits de l'homme et la spoliation des ressources naturelles. On entend pas le pouvoir sur ce point, notamment les Français : les Ayrault, Hollande, Valls, Sapin, Moscovici.

    Il faut arrêter de réduire le prisme des critiques à un dictateur. C'eszt trop facile. Il faut en chercher les causes qui sont chez nous et les dénoncer. On fait du commerce et du business avec des salauds et ceux qui le font sont donc aussi des salauds. Mais également les politiques qui s'en accommodent en invoquant très abusivement des libertés qui se sont pas absolues et ne permettent pas de violer les droits fondamentaux, qu'ils invoquent paradoxalement contre les dictateurs qui ne servent plus les intérêts et les profits des lobbyistes.

    Le pantouflage de Barroso est passé comme une lettre à la poste.

    Ce ne sont pas les pauvres des pays pauvres qui corrompent leurs dictateurs. L'UE, a une très lourde responsabilité en disant "amen" à tous les lobbyiste des entreprises transnationales qui n'en ont rien à faire du respect de la dignité humaine ou de l'environnement (voir l'esclavage industriel derrière la fabrication des matériels NTIC que nous utilisons pour animer ce blog, par ex.)

  • Bachar est à l'origine, par sa violence et sa gestion du pays, de ce conflit meurtrier. Poutine est l'allié de Bachar et le maître du jeu en Syrie,
    le reste c'est de la désinfo,

  • Quelle tristesse de voir le blog sombrer complètement à la remorque de ce genre d'individu.
    Que le blog aille expliquer aux réfugiés et aux familles des 450.000 morts et disparus que ce sont les US qui ont arrêté les étudiants aux slogans anti-Assad, puis réprimé les manifestations, pourchassé leurs amis, leurs familles, fait disparaître des milliers de gens, torturé en masse, bombardé plus de cent hôpitaux, assiégé les civils, bombardé les populations civiles au baril et au gaz. Ou bien que le blog ouvre une chaîne comique sur YouTube. Dans les deux cas, succès assuré.

  • @ Fran et à Hohohoho

    Je ne suis pas d'accord avec vous.

    L'article est important et il pose la bonne question.

    On ne peut pas le réduire à une confusion qui favorise les va-t-en guerre.

    Rappeler les responsabilités occidentales n'excuse pas un salaud et limiter le débat à la seule accusation du salaud est réducteur et inefficace.

    1) L'actualité syrienne s'inscrit dans un ensemble qu'il ne faut pas perdre de vue.

    Rappeler le bordel qu'a provoqué la politique US au Proche Orient et son soutien à Israël qui n'a pas bougé contre un régime fasciste qui massacre et gaze sa population (L'armée israélienne est l'une des plus puissante du monde dont les principaux faits d'armes se limitent à bombarder à l'arme lourde des écoles et des hôpitaux susceptibles d'abriter des mômes qui témoigneraient de la compréhension pour ceux qui jettent des pierres contre des chars d'assaut).

    Rappeler que les USA font une diplomatie de business à court terme au mépris du respect des droits de l'Homme (dans le Monde et chez eux : 1% de la population en prison, peine de mort, perpétuité pour les mineurs, ...) que l'Europe singe (voir le mauvais traitement des réfugiés, dont font partie des Syriens, notamment en France).

    La France vend du matériel de guerre à l'Arabie saoudite et au Qatar qui financent Al Quaïda et signe des accords pour refouler les réfugiés, au mépris du droit international, avec la Turquie, qui fait des affaires avec Daech et vient faire assassiner des opposants kurdes à Paris.

    " Assassinat de militantes kurdes à Paris : la justice souligne l’implication des services secrets turcs " http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/07/23/assassinat-de-militantes-kurdes-a-paris-la-justice-pointe-l-implication-des-services-secrets-turcs_4694801_1653578.html

    Lire les articles de Claude Angelli dans le Canard sur la compromission militaro industrielle française au Proche Orient avec les souteneurs du terrorisme.

    Rappeler que Bachar a été invité en 2008 au défilé du 14 juillet à Paris et pour le lancement de l’Union pour la Méditerranée (UpM)

    2) A monde global, responsabilité globale

    Si le terrorisme est mondial, si la criminalité est mondiale, si la fraude fiscale est mondiale, si la compétition économique est mondiale, les responsabilités d'une dictature le sont aussi.

    Il n'est donc pas possible d'exclure la responsabilité occidentale ni sérieux de croire que ces pays s'inquiètent vraiment du sort des populations civiles en Syrie ou ailleurs (écouter les discours de la propagande électorale qui banalise la stigmatisation de l'altérité avec la mansuétude des pouvoirs publics au mépris du droit constitutionnel, notamment en France).

    Le peuple syrien fait les frais d'une guerre qu'alimente l'industrie pour le plus grand bonheur de ses actionnaires.

    Ce n'est pas une fatalité. C'est accepté alors que le droit permet de s'y opposer. Il ne manque que la volonté politique.

    Personne ne soulève au niveau international la responsabilité pénale des ces actionnaires en tant que receleur de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité, ou la complicité des industriels. Pourquoi ? Voilà un moyen juridique susceptible de contribuer à désarmer la guerre.

    De grandes entreprises allemandes ont recyclés les bénéfices de l'argent des camps de concentration. C'est du recel. Le recel est une infraction continue. Les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles. Personne ne s'étonne que la justice ne poursuive que les subalternes de l'industrie concentrationnaire - le comptable d'Auschwitz, par ex. - à l'origine des fortunes qui se sont recyclées dans des empires financiers.

    BMW : la famille Quandt rattrapée par son passé nazi - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2007/11/22/bmw-la-famille-quandt-rattrapee-par-son-passe-nazi_106834

    On observe la même chose pour les dictatures modernes.

    Voir la Chine avec l'exploitation de la main d'oeuvre concentrationnaire du LAOGAI qui approvisionne le marché mondial
    La Chine : Les secrets d'une grande puissance économique | ARTE ...
    Pour finir, THEMA diffusera, avec le film Laogaï, un documentaire qui montre comment l’empire du Milieu oblige environ quatre millions de personnes à fabriquer des produits destinés au marché européen dans des camps de travail en tous points semblables aux anciens goulags soviétiques.
    http://info.arte.tv/fr/la-chine-les-secrets-dune-grande-puissance-economique

    Ces "esclaves d'État" que la Corée du Nord envoie en Europe (et qu'en dit l'UE ?)
    Pas de salaire, pas de papiers et des conditions de travail très dures : le sort des Nord-Coréens en Pologne a été mis en lumière par un récent rapport. Un exemple inédit de système de travail forcé organisé par un État.
    http://www.france24.com/fr/20160707-coree-nord-esclavage-pologne-europe-travail-force-soudeur

    Dire qu'Assad est une merde calme sûrement les nerfs mais ne fait pas avancer le débat si on oublie de mettre en balance ce dictateur avec une politique occidentale, française notamment, nulle à ch... depuis des années, parce que son soucis n'est pas l'avenir de l'humanité - cf. la Charte des Nations-Unies - mais l'optimisation du profit à court terme.

    La politique occidentale n'a rien à voir avec les principes fondamentaux de la théorie générale du droit international, notamment les traités protecteurs des droits de l'Homme invoqués très légitimement dans la situation dramatique des Syriens.

    Petite aparté : l'actualité permet de constater la faiblesse politique française par la médiocrité d'un quinquennat qui s'achève dans un rejet et un désintérêt quasi général, lesquels expliquent logiquement ceux de l'opinion pour la campagne présidentielle, que certains feignent de ne pas comprendre, pour s'exonérer de leur propre responsabilité (ou médiocrité). Pas inutile de relever que Fillon s'est prononcé pour que la France quitte la Cour européenne des droits de l'Homme sans que cela ne perturbe beaucoup de commentateurs :
    Lui président, Fillon pourrait quitter la Cour européenne des droits de l'Homme, Le Figaro
    http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2016/10/26/25001-20161026ARTFIG00282-lui-president-fillon-pourrait-quitter-la-cour-europeenne-des-droits-de-l-homme.php

    La cause des drames humanitaires dans un monde global se trouve donc nécessairement dans la faiblesse du souci démocratique des dirigeants occidentaux acceptant de s'être réduits à un rôle de VRP, complice des receleurs de crimes contre l'humanité - lesquels excluent normalement toute immunité. Cette régression du politique révèle un mental de pauvre type, comme il défraie la chronique politico-judiciaire qui finit de désespérer Billancourt mais ne surprend pas le juriste (témoignant d'une certaine rigueur pour l'importance que revêtent les droits de l'Homme dans une société démocratique moderne).

    3) Un comportement douteux des directions des ONG

    Mis à part ceux qui risquent leur vie sur le terrain, pour des prunes parfois, il est urgent de s'interroger sur la validité de l'action et du discours qui s'approprient la notoriété de ceux qui prennent des risquent pour ménager les responsables politiques qui ne font rien d'efficace, alors qu'ils le devraient (tant les dirigeants des ONG que les politiques).

    D'une part, il apparaît qu'on ne peut pas laisser dire qu'Assad soit la cause unique de la misère du peuple syrien. Le laisser croire contribue au contraire à lui permettre de continuer. C'est pourtant le discours dominant, voire le seul.

    Pour les ONG, c'est toujours plus facile de dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme chez les autres - plus c'est loin, mieux c'est - sans en chercher ni dénoncer les causes qui sont chez nous (et devoir mettre en cause les politiques nationaux au risque de se fâcher et perdre quelques allocations).

    Il est étonnant, qu'en plus de l'oubli du recel et de la complicité de crimes contre l'humanité ou de crimes de guerre (évoqués précédemment), les ONG qui promeuvent le droit pénal international méprisent ou ignorent la théorie de la causalité adéquate ou celle de l'équivalence des conditions.

    Les souffrances du peuple syrien devraient donc nous conduire à se demander si nos ONG ne sont pas du même niveau que celui de nos politiques ? Puisque les premières ne mettent pas en demeure les seconds à respecter les engagements internationaux ni à garantir efficacement les droits de l'Homme malgré leur obligation positive. Elles ne s'émeuvent pas plus chaque fois que ces politiques décorent des salauds qui font du profit sur la misère des autres, ou leurs tortionnaires, avec la complicité de dictateurs qu'ils corrompent.

    Conclusions :

    L'article amène à s'interroger sur cette contradiction des ONG et des politiques à négliger l'essentiel faisable, cette négligence incompréhensible révélant une certaine lâcheté voire mansuétude pour le salaud causal et local, qui abdique de ses fonctions et couvre les responsables réels d'un phénomène qu'on réduit à ses conséquences lointaines.

    Faire la cador contre Bachar à un micro d'une radio à Paris est à la portée de tout le monde. Ils seront crédibles quant ils commenceront à dénoncer au même micro ceux qui se font du fric à Paris, grâce au VRP présidentiel qui s'assoit allègrement sur les engagements internationaux de la France pour favoriser les profits.

  • @ Fran

    Facile.

    Les USA font une diplomatie de boutiquiers à court terme au mépris du respect des droits de l'Homme dans le Monde comme chez eux (1% de la population en prison, peine de mort, perpétuité pour les mineurs, ...). L'Europe singe le même modèle (voir le mauvais traitement des réfugiés, notamment en France).

    Il faut placer le présent syrien dans sa perspective historique. L'histoire d'un pays ne se fait pas et ne s'écrit pas indépendamment des autres.

    " Bachar a été invité en 2008 à Paris du président syrien Bachar pour le lancement de l’Union pour la Méditerranée (UpM) et pour le défilé du 14juillet. "

    https://www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2009-1-page-177.htm

    La France vend du matériel de guerre à l'Arabie saoudite et au Qatar qui financent Al Quaïda et signe des accords pour refouler les réfugiés, au mépris du droit international, avec la Turquie, qui fait des affaires avec Daesh et vient faire assassiner des opposants kurdes à Paris.

    " Assassinat de militantes kurdes à Paris : la justice souligne l’implication des services secrets turcs " http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/07/23/assassinat-de-militantes-kurdes-a-paris-la-justice-pointe-l-implication-des-services-secrets-turcs_4694801_1653578.html

    Lire les articles de Claude Angelli dans le Canard sur la compromission militaro industrielle française au Proche Orient avec les souteneurs du terrorisme.

  • @ Fran

    Facile.

    Les USA font une diplomatie de boutiquiers à court terme au mépris du respect des droits de l'Homme dans le Monde comme chez eux (1% de la population en prison, peine de mort, perpétuité pour les mineurs, ...). L'Europe singe le même modèle (voir le mauvais traitement des réfugiés, notamment en France).

    Il faut placer le présent syrien dans sa perspective historique. L'histoire d'un pays ne se fait pas et ne s'écrit pas indépendamment des autres.

    " Bachar a été invité en 2008 à Paris du président syrien Bachar pour le lancement de l’Union pour la Méditerranée (UpM) et pour le défilé du 14juillet. "

    https://www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2009-1-page-177.htm

    La France vend du matériel de guerre à l'Arabie saoudite et au Qatar qui financent Al Quaïda et signe des accords pour refouler les réfugiés, au mépris du droit international, avec la Turquie, qui fait des affaires avec Daesh et vient faire assassiner des opposants kurdes à Paris.

    " Assassinat de militantes kurdes à Paris : la justice souligne l’implication des services secrets turcs " http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/07/23/assassinat-de-militantes-kurdes-a-paris-la-justice-pointe-l-implication-des-services-secrets-turcs_4694801_1653578.html

    Lire les articles de Claude Angelli dans le Canard sur la compromission militaro industrielle française au Proche Orient avec les souteneurs du terrorisme.

  • @ Fran

    Facile.

    Les USA font une diplomatie de boutiquiers à court terme au mépris du respect des droits de l'Homme dans le Monde comme chez eux (1% de la population en prison, peine de mort, perpétuité pour les mineurs, ...). L'Europe singe le même modèle (voir le mauvais traitement des réfugiés, notamment en France).

    Il faut placer le présent syrien dans sa perspective historique. L'histoire d'un pays ne se fait pas et ne s'écrit pas indépendamment des autres.

    " Bachar a été invité en 2008 à Paris du président syrien Bachar pour le lancement de l’Union pour la Méditerranée (UpM) et pour le défilé du 14juillet. "

    https://www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2009-1-page-177.htm

    La France vend du matériel de guerre à l'Arabie saoudite et au Qatar qui financent Al Quaïda et signe des accords pour refouler les réfugiés, au mépris du droit international, avec la Turquie, qui fait des affaires avec Daesh et vient faire assassiner des opposants kurdes à Paris.

    " Assassinat de militantes kurdes à Paris : la justice souligne l’implication des services secrets turcs " http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/07/23/assassinat-de-militantes-kurdes-a-paris-la-justice-pointe-l-implication-des-services-secrets-turcs_4694801_1653578.html

    Lire les articles de Claude Angelli dans le Canard sur la compromission militaro industrielle française au Proche Orient avec les souteneurs du terrorisme.

  • A part çà, Ségo manoeuvrait pour etre élue à la tete du PNUD, (programme des nations unies pour de développement) à part le fait qu'elle est est looser en France, qu'elle ne parle pas anglais, et que la France n'a pas payé sa part au PNUD (Voyous...)

    Donc, elle s'est rétamée

  • Laissez tomber le moralisme fatigué (et fatiguant) et parlez droit

    Le respect des souverainetés et des frontières est la condition de la paix dans le monde.

    Les guerres pour instaurer la démocratie... On voit le résultat depuis le Vietnam, et il y a encore des accros, c'est dingue

  • Trump a fait ce bombardement limité (25 impacts de tir, et non 50) en accord avec la Russie pour calmer les excités. Ce qui a très bien marché

    En réalité, il n'y a aucune alternative en Syrie, la partie est finie sur le terrain, et depuis longtemps, les MAE européens viennent de se ridiculiser

  • Le même Trump qui est entrain de normaliser avec la Chine, renonçant aux critiques contre sa politique monétaire

    Ce qui n'empeche pas d'envoyer des navires faire des ronds dans l'eau, histoire d'exciter les pro-guerre

  • Il y a à ce jour 70 000 personnes armées non syriennes qui combattent le gvt syrien, en se revendiquant de Daech et Al Qaida.

    Pour les dramatiques, mais bien limités, attaques de nov 2015 (Bataclan) la france est en état d'urgence, de puis bientot deux ans. Que ferait le "gvt" français s'il avait sur son territoire des zones entières controlées par 70.000 combattants étrangers, issus des pires groupes terroristes, et largement financés et armés ( par des partenaires économiques de la France) ?

  • Ca y est, vous avez pigé la manoeuvre, ou pas encore ?

    Trump veut s'entendre avec la Russie malgré des relations "au plus bas"
    Actualité Monde
    Par AFP , publié le 12/04/2017

  • Le régime syrien respecte le droit ? La Russie en Syrie respecte le droit ? J'aimerais tant connaître le droit qui autorise le premier à décimer sa population civile, la seconde à soutenir le premier dans ses bonnes œuvres.
    Et pardon, Trump "calme les excités en accord avec la Russie" ? Donc on reconnaît contrairement au grand penseur qui a commis le texte, le bombardement chimique mis en œuvre par le régime (sinon il calme quoi au juste ?). Tout cela dans le respect du droit bien sûr.
    L'intangibilité des frontières et des souverainetés... comme en Ukraine, n'est-ce pas ? Comme au Liban où le Hezbollah a créé un état dans l'état, le Hezbollah dont le blog a chanté les louanges. Le blog qui a trouvé que Fillon lors du débat a été bon en politique internationale, ce même Fillon qui trouve urgent de rediscuter les frontières. L'intangibilité des frontières et des souverainetés, c'est quand ça arrange le blog.
    Enfin, prenons note que le blog compte sur Trump pour normaliser les relations internationales. Ce qu'il ne faut pas lire...

  • Bon, il va quand même falloir faire un petit effort d'élaboration

    El Assad ne respecte pas les droits de l'homme, donc une coalition internationale peut financer 100.000 mercenaires pour détruire le pays? Et les US ont le droit de bombarder?

    Allons, ressaisissez vous !

  • Invoquer les règles internationales, et un hypothétique mandat de l'ONU, permet aux assassins El Assad et Poutine de gagner du temps. D'autres invoquent la nécessité d'une expertise préalable qui n'aura jamais les moyens d'aboutir. Nos gouvernants alors sauvent la face en vaines affirmations, imprécations et promesses de sanctions.
    En voici un autre qui sait déjà tout cela, qui de son propre aveu a pris sa décision à table, et vingt-quatre heures après, paf la mouche. A noter que le seul qui avait compris cela chez nous, avant même que Trump se décide, est Emmanuel Macron.

  • "El Assad ne respecte pas les droits de l'homme, donc une coalition internationale peut financer 100.000 mercenaires pour détruire le pays? Et les US ont le droit de bombarder?"
    Décidément le blog est à la ramasse, grave. "Non-respect des droits de l'homme", faudra penser à lui rappeler ce terme prude la prochaine fois qu'il fera mine de s' indigner de faits de torture, de crimes de guerre ou de crimes de masse.

  • Pigé. Je suis pour les dictatures et les violations du droit.

    Mais une question: quel texte de droit international permet à un Etat de conduire des opérations militaires dans un autre Etat pour "défendre les droits de l'homme", sans une autorisation du Conseil de Sécurité ?

  • Vous parlez de l'intervention russe ou de l'intervention iranienne?

  • Le texte aurait pu être intéressant ; la conclusion ruine tout, de toutes façons.
    .... J’allais dire, il est temps que les diplomates, dont le droit international devrait être la Bible....
    Ben voyons (et les autres le Coran ou la Torah ?)

  • Décidément, gros coup de fatigue pour notre ami hohoho qui ne serait plus ce qu'est la souveraineté de l'Etat, ni la souveraineté dans l'Etat.

    Or, grande nouvelle : un Etat souverain peut passer des accords de coopération militaire. Ce qui permet à la France d'être au Mali.

    Mais rassurez vous, pour voter, il suffit de la carte d'électeur, il n'y a pas de questions sur la souverainté

  • Je crois que c'est le blog qui a un gros coup de fatigue chronique. Ainsi il est légal de requérir la coopération militaire pour exterminer sa population ?
    Donc la prochaine fois qu'un despote, par exemple africain, d'un pays allié de la France veut commettre un génocide, il pourra appeler la France à l'aide et nos soldats aller bombarder les civils, et le blog applaudira ? J'ai bon ?

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