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Mélenchon ne veut pas sortir de l'Europe !

18973509.jpg« Ne croyez pas ce qu'ils vous disent : il veut sortir de l'Europe, de l'euro, allons, un peu de sérieux », a déclaré hier soir Mélenchon, évoquant les « enjeux immenses de savoir si nous allons nous opposer les uns aux autres en Europe ou si nous allons faire baisser les tensions qui existent entre les peuples ». Et il n’y aura pas à sortir de l’Europe, car Mélenchon s'est dit « sûr » de parvenir à négocier une modification des traités, soulignant que les autres pays « ne sont pas nos ennemis mais ne sont pas aussi nos maîtres, ils sont nos partenaires et dans un partenariat on discute des problèmes pour les régler ».

Ça me laisse rêveur.

Mélenchon est « sûr » de parvenir à une modification des traités. Mais pour renégocier les traités, il faut un accord unanime des Etats membres, ce qui est hors de propos : à ce jour, aucun n’a en tête une telle renégociation, surtout que s’ouvre le Brexit, et les dirigeants les plus influents – Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Belgique – sont tous marqués à droite, partisans du libéralisme économique, en opposition directe avec les thèses de la France Insoumise. Ce ne sont pas « nos maîtres », certes, mais si tu veux négocier les traités, il faut l’unanimité,... laquelle est hors sujet. Le seul appui aurait pu être la Grèce, mais elle subit les reniements de Tsipras, ces lascars au discours social qui se révèlent les meilleurs pour faire accepter par le peuple ce qu’il devrait refuser.

Le choix se resserre.

Comme il sera impossible de renégocier les traités, vu de l’absence d’unanimité, il y reste deux options. La première est de quitter l’Europe, sur le modèle de la Grande-Bretagne : pourquoi pas, mais il faut le dire, et assumer. La seconde est d’accepter les traités tels qu’ils sont, et donc de conduire une politique inscrite dans le modèle dominant en Europe, à savoir le libéralisme économique et la rigueur financière, dans le respect des engagement pris par la France. Donc, tout le programme s’écroule.

L’Europe n'est pas libérale par nature : elle l’est parce que les peuples européens ont choisi des gouvernements libéraux. Si les gouvernements influents étaient sur la ligne de la France Insoumise, il n’y aurait pas à renégocier les traités car il suffirait d’appliquer une politique différente, l’Europe reposant sur le principe démocratique.

Cela pose aussi un autre problème, à savoir la valeur de nos engagements internationaux : la France respecte-t-elle sa signature ? La France n’est pas soumise à un diktat. Elle est fondatrice des choix économiques européens depuis le Traité de Maastricht, voté par Mélenchon, et elle n’a cessé de prendre des engagements sur la réduction de sa dette. Et la France, membre permanent du Conseil de Sécurité, pourrait sans dommage revenir sur les engagements qu’elle a souscrit elle-même ?

Mélenchon fait une belle campagne, et ses meetings ne sont des réussites. Mais, ça ne change rien : je ne lui ai jamais fait confiance, il y a trop de verbiage, et ce n’est pas pour demain. J’ajoute aussitôt que ça ne me donne pas envie de voter pour les autres, les garants de l’orthodoxie, cette orthodoxie qui fait que la sixième économie du monde a un endettement égal à son produit intérieur brut à 2000 milliards €, 3 millions de chômeurs, 4 millions de personnes mal logées et des services publics qui sont tous en souffrance.

La campagne présidentielle est profondément décevante… Marie me demande pour qui je vote... Mélenchon sans y croire, pour se débarrasser du PS ? May be... Les grandes manœuvres ont commencé pour les législatives, mais nous n'avons aucune visibilité. Franchement, Marie, je n’en sais rien. Vote avec ton cœur et ton intelligence...

Commentaires

  • Fillon et Juppé annulent leur visite à l'école 42 à cause de blagues des élèves
    POTACHE Les élèves avaient visiblement préparé quelques plaisanteries liées aux affaires de François Fillon...

    Ils croient pouvoir commander l'armée, mais font demi-tour devant des gosses

  • Mélenchon s’est déjà trahi — je crois que c’était chez Ruquier — quand, poussé dans ses retranchements, il a expliqué que la plan B, c’était de la dissuasion et que, donc, il fallait que les autres pays soient persuadés qu’ils le mettrait en œuvre si le plan A échouait. Le problème, c’est que dans la dissuasion, on fera tout pour éviter d’employer l’arme ultime, tous les compromis et, éventuellement même, comme je le dis généralement, toutes les compromissions.

    Et cette histoire de plan A et de plan B pue. Car, contrairement à ce que dit Mélenchon, elle n’est pas respectueuse pour nos partenaires. Ce n’est finalement qu’un chantage consistant à menacer de partir si on obtient pas des accommodements. Or, ces accommodements, à supposer qu’ils soient possibles, ce dont je doute, conduiraient les autres pays à sacrifier leurs propres intérêts à ceux de la France.

    Il ne faut pas oublier que les traités européens ont été ratifiés par la France qui avait tout loisir de les discuter à ce moment, en eût-elle la volonté. Mélenchon apparaît donc ici comme un mauvais joueur qui, assis à une table de poker et commençant à perdre, demanderait à ce qu’on change les règles plutôt que de quitter la partie. Et, ceci, tout en prétendant être respectueux de ses partenaires !

    De fait, toute tentative de réformer les traités est vouée à l’échec puisque l’unanimité est requise et on aurait pu penser qu’après ce qui s’est passé en Grèce, Mélenchon allait enfin comprendre. Que nenni ! Il nous ressert le renégociation des traités, impossible, assortie d’une menace pour faire plier la Commission européenne. Quelle naïveté ou quelle tricherie !

    En fait, il existe un candidat, un seul, qui annonce clairement la sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, qui dit comment il va procéder et qui a construit le budget de son programme de gouvernement sur cette base. C’est Asselineau.

    Ceux qui pensent que l’euro va s’effondrer dans les mois ou les années qui viennent, qui en ont marre de l’austérité imposée par Bruxelles (la loi « travail » votée par « la gauche » !), qui veulent conserver leurs communes et leurs départements, ont un choix évident. Ce n’est donc pas si difficile de choisir.

    Et qu’on ne me parle pas de vote utile. Pour moi, le vote pour Mélenchon est doublement inutile. À supposer qu’il se retrouve au second tour face à Marine Le Pen, il n’est pas du tout certain qu’il la batte. Je doute que les gens de droite votent Mélenchon, qu’ils voient avec un couteau entre les dents, pour faire barrage à Marine Le Pen. Et, même s’il gagne, ce sera notre Tsipras à nous, celui qui nous dira que la sortie de l’UE est trop dangereuse et que, finalement, on reste dans l’UE après avoir obtenu, peut-être, un petit sursis pour mettre en œuvre les mesures imposées par les GOPÉ.

    Pour moi, voter Mélenchon est un vote de désespoir et c’est ce que j’avais fait en 2012. Cette année, il existe un vote d’espoir, le seul espoir d’éviter la catastrophe car l’euro, et probablement l’UE, ne tiendront pas encore cinq ans.

  • Donc le seul choix possible pour sortir de l'ornière européen est François Asselineau. Le seul qui dit vraiment que le seul choix de sortir est d'appliquer l'article 50.
    Avec le cœur en plus.

  • Asselineau répète pas mal cette histoire de Mélenchon=Tsipras mais, pour prolonger la remarque de monsieur Devers sur Fillon et l'école 42 : peut-on se voir en de Gaulle et ne pas croire la France capable de peser plus que la Grèce dans une négociation avec l'Allemagne ? Je vous prie de ne pas voir de mépris pour l'un ou l'autre de ces pays dans cette remarque, seulement le triste (et peut-être "pseudo") bon-sens du rapport de force. Par ailleurs, mr Devers, avez-vous voté, ne serait-ce qu'une fois depuis, disons vos vingts ans (j'en ai bientôt 31), avec une foi intacte ? Que pouvait-il sortir d'autre et de mieux du quinquennat Hollande ? Cette bonne campagne de la FI n'annonce-t-elle vraiment rien de bon pour les législatives ? Cette dernière question n'est pas rhétorique.

  • Asselineau répète depuis 5 ans que l'UE et l'euro ne tiendront pas 5 ans.
    (voir ses propos en 2012)
    Rendez vous en 2022 pour entendre Asselineau dire que l'UE et l'euro ne tiendront pas 5 ans.

    C'est un autocrate qui a réussi via le web a constituer une armée de trolls (je le sais je m'en coltine un, par ailleurs, via un forum).
    Ils sont tout de même plus sympathiques que la clique d'Egalité et Réconciliation ; cela ne suffit pas.
    En tout cas les mecs sont sévèrement sous emprise ; impossible de leur faire reconnaitre une des bourdes du '' chef '' (c'est comme cela qu'ils nomment Asselineau).
    Pourtant, des bourdes tout le monde en commet ; c'est même un signe positif (absence d’infaillibilité)

    Asselineau en a commis un paquet.

    PS ;
    J'oubliais ; le seul argument c'est que le nombre d'adhérents en ligne (une plaisanterie ; souvenez vous de '' Désirs d'avenir '') est en constante augmentation et que l'augmentation du nombre de vues des vidéos d'Asselineau via youtube (le type est prolixe ; des vidéos de 4h00 à en veux tu en voilà) est une preuve.

    De plus, le fait qu'Asselineau ne passe pas assez à la télévision (0, 25 % aux dernières élections) est la preuve d'un complot dirigé contre lui parce qu'il a raison.

    Bon, j'exagère un peu certains traits ; de presque rien, d'un chouia imperceptible

  • Regardez ce qu'a fait la gauche au Portugal: où est la nécessité de sortir de l'Europe ?

  • Alors pourquoi ne pas avoir soutenu Hamon ?

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