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Joyeux délire contre le festival Nyansapo

Faire rempart à Le Pen... Leur maître mot… alors qu’ils ne font que se coucher devant Le Pen. Nouvelle illustration avec « l’affaire » du festival Nyansapo

Que pasa ?

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Un groupe militant très actif, le collectif Mwasi, organise un festival « afroféministe européen », du 28 au 30 juillet, en louant un lieu parisien, géré par une association. 

On parait découvrir le débat sur l’afroféminisme, alors c’est un truc de juste 50 ans, lancé autour des mouvements noirs US et de la personne d’Angela Davis, qui explique que pour combattre le racisme, il faut renverser tout le système capitaliste. Le programme est joyeux, festif, mais la teneur est très intello, tendance politique, sous-tendance activiste. Très salutaire... L’objectif est de « construire des stratégies et des solidarités durables, grâce à l'organisation de concerts, d'ateliers, de tables rondes sur des thèmes comme « l'Afroféminisme dans la lutte anti-négrophobie, dépolitisation et blanchiment de l'intersectionnalité, comprendre le racisme et le sexisme contre les femmes noires… ». Les participants viennent de loin, et il ne faut pas perdre de temps avec le bavardage. Aussi, selon une tradition dans ce type de mouvements, un bon nombre de débats sont réservés, ici aux femmes blacks, et quelques autres aux blacks. C’est l’idée d’un nécessaire huis clos pour permettre à des paroles minoritaires et bafouées de s’exprimer. Un truc archi-répandu, comme au temps du MLF, ou encore de Nuit Debout. Un débat est connu, très bien connu. Mais s'il s'agit de femmes black, ça coince. Cherchez l'erreur.

Donc, si je vais au festival Nyansapo, c’est que j’en connais la philosophie. Je serais bien accueilli, je pourrais discuter, manger, boire, participer à certains débats et à toutes les discussions informelles qui sont l'atout de ce genre de réunion. Simplement, d’autres débats sont réservés, et je ne pourrais pas dire que je suis surpris car ce festival militant est « afroféminsite ». Les « afroféminsites » se réunissent, où est le problème ? Si je vais à un festival de naturistes, il faudra au bout d’un moment que je foute à poil, ou sinon je resterai en salle d’attente, ce n’est pas plus compliqué que cela.

Après, vient l’emballement de « tout le monde couché devant le FN », air connu. Le secrétaire départemental du FN à Paris, Wallerand de Saint-Just, balance un communiqué pour dénoncer la tenue d’un « festival interdit aux Blancs » ; la LICRA et SOS Racisme disent qu’en effet, quelle horreur, il faut réagir ; et Anne Hidalgo annonce qu’elle veut l’interdiction ce festival « interdit aux Blancs ». Le rempart anti-FN marche à merveille…

Délirant…

Tout d’abord, le collectif Mwasi n’est pas un service public, mais une association qui défend des opinions minoritaires. Mwasi ne gère pas une piscine municipale mais organise un festival militant, avec des réunions de travail dédiées à sa cause. Les organisateurs sont d’ailleurs plutôt cool en ouvrant une réunion politique si orientée à tous les publics. À ma connaissance, il n’est pas possible d’entrer à un congrès du PS ou des Républicains si on n’est pas invité... Discrimination ? Si j’organise un festival de jazz réservé aux blacks, ou que je loue un appartement réservé aux blancs, je fais de la discrimination. Mais quand sur une base militante, je conduis une action déterminée, je suis libre de m’organiser pour conforter mon groupe, ce n’est pas plus compliqué que cela, et c’est parfaitement en règle avec la loi. Faut-il un représentant de la direction dans toute réunion de la CGT ? Faut-il un catho au conseil d'administration de chaque mosquée ?

Ensuite, l’objet de ce festival est à la liberté d’expression, si chère liberté d’expression qui est un pilier de l’État de droit dans une démocratie. Puis un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme de 1976 (Handyside), on sait que cette liberté vaut pour toutes les opinions, et mêmes celles qui choquent, qui heurtent ou qui inquiètent. La grande chance d’une démocratie est que toutes les idées puissent exprimer, ce qui permet de toutes les connaître, et le cas échéant de les combattre. Or, la réaction de Hidalgo, c'est la censure : on ne discute pas, on interdit… La seule réponse valable est de garantir cette liberté d’expression, en renforçant sa sécurité par la police si nécessaire. Et s’il y a des abus, faites un recours pour que ces abus soient jugés, no problem, mais on en parlera au tribunal, preuves à l'appui... La censure, c’est exactement le refus de débattre, car on a peur de l’argument. Le FN, la LICRA, SOS Racisme et la mairie de Paris ont tous  les moyens pour enclencher tous les débats qu’ils veulent, avec accès non-stop aux grands médias… Alors qu’ils se lancent, qu’ils développent leurs idées, qu’ils disent tout le mal qu’ils pensent de ce festival, lequel répondra et d'autant plus facilement que son action se fonde sur les grands et nobles principes des luttes sociales. Mais la censure... Demande d'interdiction d'un festival... Quand même...

Ça serait d'ailleurs intéressant de connaître les savantes explications de la LICRA et de SOS Racisme, qui n’ont jamais rien fait contre la montée en puissance du FN. Le bilan  électoral montre qu’ils ont tout faux, mais ils continuent de professer…

Bien triste, mais on peut essayer d’en rire. Aussi je me permets de signaler au FN, à la LICRA, à SOS Racisme et à la mairie de Paris que les loges franc-maçonnes se réunissent régulièrement, notamment à Paris, dans des réunions non-mixtes, à 95 % masculines, et à 80% blanches. Et les tiers n’ont même pas le droit de participer à leurs délicieux convents... Que fait donc la police ?

Commentaires

  • Les ateliers faisant débat se tiennent dans des lieux loués à des privés, la partie 'Mairie de Paris" comporte des ateliers mixtes, si j'ai bien compris,

  • Hidalgo est encore une fois grotesque, ces femmes sont libres d'organiser leurs colloques comme elles le veulent, même si on n'est pas forcément d'accord.
    J'espère bien qu'elle sera virée aux prochaines élections, comme son compatriote Valls.

  • Tu parles d'une libération de la parole : l'affiche est caricaturale avec le mot d'ordre en anglais et les personnages stéréotypés. J'y vois de la soumission au libéralisme culturel à l'anglo-saxonne qui réduit toute émancipation à une pub benetton de pacotille.

  • Bonsoir,

    C'est toujours divertissant de constater la rigueur de vos commentaires juridiques (qui me fait penser au dieu vengeur de l'ancien testament qui punit le pêcheur sur 7*7 générations) et l'absence de rigueur pour le reste (sauf pour le jazz pour lequel je suis ignare).

    un catho peut se convertir pour entrer dans le conseil d'administration d'une mosquée. rien n'empêche un membre de la direction de prendre sa carte à la CGT. Rien ne m'empêche de me mettre à poil pour la réunion de naturiste. Par contre, je ne peux pas changer de sexe physiologiquement et de couleurs de peaux aussi facilement. Je ne connais pas les statuts des loges maçonniques, excluent elles femmes et / ou non blancs? le club des prix Nobel n'est pas ouvert à quiconque mais la couleur de peaux n'est pas un motif pour en être exclu.

    La question soulevée par cette polémique est qu'elle fait miroir au white only de l'Afrique du sud de l'apartheid et aux USA ségrégationnistes. Pour un avocat qui maitrise l'art oratoire, vous êtes en plain argument ad hominem. Ce qui vous gene n'est pas le contenu mais celui qui l'émet (FN ou autres...). Etonnant!

    tant que j'y suis sur ce qui me divertit à votre lecture: votre commentaire sur les USA: territoire amérindien occupé d'Amérique d'un nord (je vous laisse corriger). Occupé par qui? la puissance coloniale (le RU) a quitté depuis plus de 2 siècles. Ce qui veut dire que tous les migrants qui sont arrivés de puis le XV1 siècle n'ont aucune légitimité à la citoyenneté, qu'ils viennent d'Europe, d'Asie, ou du sud du rio grande (il y a autant de distance entre les gaulois et les romains qu'entre les amérindiens des USA avec les incas, des aztèques ou les mayas). Ce qui nous ramène en France: donc pour vous, pour être citoyen électeur français, il faut prouver des aïeux vivant en France au moins avant 1492..... Même les lois de nuremberg ou celle de Vichy n'allaient aussi loin. Comment gérer vous les métissages depuis 5 siècles?

    et tant d'autres....

    David

  • Ça y est, la future présidente de la République de Gauche a réglé le pb : les salles non mixtes sont privées.

    Donc, une boite de nuit qui refuse les blancs ne peut pas etre poursuivie pour discrimination car c'est un lieu privé ! Ignorance totale des bases du droit par cette pouf'

  • Vous êtes assez convaincant, Gilles. Avec des arguments limite spécieux, mais qui font réfléchir. Le seul point d'interrogation, que vous ne posez pas il me semble, c'est celui du principe de réciprocité. Ce qui nous emmènerait loin. Pour pouvoir défendre l'organisation, publique ou privée, d'une réunion interdite à autrui en fonction de certains critères - de race ou de sexe en l'occurrence - il faudrait que puisse être organisé une réunion, même privée, interdite aux Noires, aux adorateurs du Grand Manitou, ou aux Juifs.
    Essayez pour voir !
    Finalement, on voit bien que ce ne sont pas les principes qui gouvernent le monde, mais l'air du temps, plus ou moins capricieux...

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