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  • Allemagne : Merkel bien partie pour rempiler, la droite nationaliste dans les choux...

    Autant, en France, la politique est insaisissable voire évanescente, sans un seul candidat qui fasse la maille, autant elle est solide et maîtrisée en Allemagne, et c’est vraiment une excellente nouvelle pour vous. La Grande-Bretagne engage le processus long, complexe et incertain du Brexit, l’Italie et l’Espagne ne sont pas trop en forme… Bref, nous comptons de plus en plus sur l’Allemagne comme pilier de l’Europe et premier protecteur de la France... qui va être en live pendant cinq ans avec un président pantin et une majorité parlementaire insaisissable.

    Hier, des élections avaient lieu dans la Sarre. Pas une affaire majeure, car la Sarre est le deuxième plus petit Land d'Allemagne, ancienne région minière de moins d’un million d'habitants, mais un test important alors qu’on annonçait l’écroulement de la CDU et de Merkel, la montée irréversible de la droite nationaliste, et le renouveau de SPD, qui vient se donner un nouveau leader avec Martin Schulz. Un vrai vote, donc l'équivalent de 100 sondages, et ce à 6 mois de l'élection fédérale du 24 septembre, qui est notre vrai rendez-vous politique. Plus important que la présidentielle, je me permets de souligner.

    Le résultat est clair. La CDU l'emporte nettement, renforçant son score de 5%, pour arriver à 40,7%. Alors que la pression était forte pour ce scrutin, Merkel a laissé la leader locale Annegret Kramp-Karrenbauer mener les affaires. Elle est venue uniquement une fois, la dernière semaine, pour un meeting de soutien. C’est donc du solide.

    Pour le SPD, ce n’est pas une bonne opération. Le score du parti est en recul de un point, à 29,6%. Encouragé par des sondages gaillards, le SPD visait le renversement de majorité, en passant un accord politique avec la gauche radicale de Die Linke,… laquelle se retrouve également en repli, à 12,9%. Il manque deux sièges à la CDU pour atteindre la majorité, et on va donc vers une coalition CDU/ SPD… Pas vraiment le schéma pour s’élancer pour septembre prochain.

    La droite nationaliste de l’AfD fait son entrée dans le Parlement de Sarre, avec 6,2%, mais ce score est en recul sur les élections et sondages de la dernière période. On n’a même pas encore eu la baudruche,… et ça se dégonfle déjà.

    Chères amies, chers amis, ne perdons pas espoir. Il reste encore parfaitement possible en Europe de conduire des politiques à long terme, avec des leaders responsables, qui créent l’adhésion populaire autour de leurs projets et savent conduire des coalitions gouvernementales, avec un bilan simple : l’économie est en ordre, et l’extrême droite se fait niquer.

    - Dis donc, Annegret, toi qui parles si bien le français, ça te dirait pas de te présenter en France ?  

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  • Chick Corea & Stefano Bollani, Umbria Jazz 2009

    Magnifique, splendide, bénédiction du ciel, moment rare… Beaucoup de brio pour cet exercice si difficile qu’est le duo de pianos, tout en improvisation, en mouvement, avec Chick Corea et Stefano Bollani, lors que festival Umbria Jazz de 2009. Une musique forte, belle et joyeuse.

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  • Hamon frappé par le missile Le Drian

    large.jpgL’arrivée de Le Drian chez Macron, ce n’est pas rien, et moi qui espérais un écroulement, tôt ou tard, de ce farfadet, je dois changer de musique. La perspective est plutôt celle du pantin, manipulé par le grand complexe qui allie le militaire, le nucléaire et l’industrie de l’armement. Cette décision de Le Drian est un missile balistique stratégique contre Hamon.

    La grande faiblesse de Macron est l’absence d’armature, qui n’était certainement pas compensée par Collomb et Delanoë. Tout change avec Le Drian, et son poids politique sur l’armée, le nucléaire, les élus locaux et la franc-maçonnerie. Qui décide en France ? oki ?

    Le Drian a attendu le jour où Hamon présentait son programme pour la défense pour annoncer sa décision… et je voudrais bien savoir qui était resté dans la salle pour écouter Hamon…

    Ceci dit, et même si la scène est cruelle, Hamon ne peut s’en prendre qu’à lui-même, car « frondeur » sur les lois sociales, il a été « suiveur » sur la politique guerrière conduite par la Le Drian Society, et approuvée par Hollande : aucune critique contre les opérations militaires conduites par la France, spécialement au Nord Mali et en Centrafrique, qui sont des fiascos ; aucune critique des choix d’armement des groupes djihadistes en Syrie ; aucune critique de la volonté de bombarder Damas, juste bloquée par le Parlement britannique et Obama ; aucune critique sur les livraisons d’armes massives aux grandes démocraties que sont l’Arabie Saoudite, le Qatar ou l’Egypte ; aucune critique sur la si contestable mobilisation des soldats de Sentinelle ; aucune prise de distance avec l’hystérie russophobe. Bref, rien à dire contre la ligne Hollande, qui est dictée par Le Drian.

    Et quand Le Drian a imposé sa décision de cumuler ministre et président de la région Bretagne, ce n’est pas Hamon, qui a fui la Bretagne pour se faire élire dans la pépère 11ème circonscription des Yvelines, qui risquait d’ouvrir le bec.

    Alors, tout se paie. Oui, et cash.

    - Hamon, peux-tu être président de la République, toi qui tu n’as aucun contact dans l’armée, la gendarmerie, le nucléaire, le renseignement et l’industrie de l’armement, et qui a benoîtement approuvé la politique de celui qui aujourd’hui a choisi de t’écraser ?

  • Des nouvelles de Dilma, ma petite chérie : Objectif 2018

    Une pause dans le feuilleton de nos héros politiques locaux s'agitant dans leur bac à sable institutionnel : retour au sérieux, voici de la vraie politique avec une interview de Dilma, ma petite chérie, à l’excellent Le Temps. Dilma casse les tabous, et appelle à regarder la réalité telle qu’elle est : «  Je ne pense pas que la corruption au Brésil soit plus élevée qu’ailleurs. Ce sont les institutions qui sont plus fragiles. L’impunité produit la corruption ». Offert par Dilma à un éventuel candidat à la présidentielle qui serait mis en examen – indices graves ou concordants – pour détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d'abus de biens sociaux, manquements aux obligations de déclarations à la haute autorité de la vie publique, escroquerie aggravée, faux et usage de faux.

    - Là, tu parles de moi ?

    - Oui.

    Le soi-disant mouvement social au Brésil en 2016 a été d’abord et avant tout une manip’ géante de la droite revancharde et pourrie. Ça n’aurait pas marché sans les échecs du Parti des Travailleurs  et ses méthodes, certes, mais ce n’était qu’une entourloupe, avec les US qui tiraient les ficelles. Lisez ce qu’en dit Dilma.

    Désormais, sont en ligne de mire les élections de 2018, avec la volonté du Parti des Travailleurs de renverser la mécanique, et Lula reprend du service. Un Lula qui a fait des choses, et qui a des choses à dire. En un an, le bilan de la droite est tel que le Parti des Travailleurs a repris des couleurs, mais il faudra changer beaucoup de choses dans le Parti pour créer le mouvement dégageant une majorité parlementaire enfin stable, ce qui est la grande faiblesse institutionnelle du Brésil : cette proportionnelle qui a conduit à un multipartisme exacerbé, et au marécage des coalitions. Il faudra aussi éviter un excès de zèle des juges, alors qu’il y a des précédents qui inquiètent.

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    «Il est fondamental que Lula se porte candidat en 2018»

    Dilma Rousseff, Entretien avec Frédéric Koller, journal Le Temps

    – Votre Parti des travailleurs (PT) s’est battu pour les droits économiques et sociaux des plus pauvres. Sont-ils aujourd’hui remis en question ?

    – En 2014, le Brésil a quitté la carte de la faim dressée par l’ONU. Il l’a fait en définissant une politique de lutte contre la pauvreté extrême. Nous étions le dernier pays à avoir mis fin à l’esclavage, en 1888, il a pourtant subsisté dans les faits, c’était la logique du privilège. Voilà pourquoi la pauvreté a persisté. Comment l’éliminer? Nous avons combiné un ensemble de politiques. D’abord, en augmentant le travail formel de 20 % qui permet une meilleure protection des travailleurs et d’élargir les cotisations à la protection sociale.

    Ensuite, nous nous sommes concentrés sur l’agriculture familiale. La population rurale pauvre ne disposait pas de l’électricité quand Lula est arrivé au pouvoir en 2003. Nous avons universalisé l’accès à l’électricité. Puis nous avons réalisé un programme d’achat des récoltes destiné notamment à l’alimentation en milieu scolaires: 43 millions d’enfants en bénéficient. Enfin, il y a eu les allocations familiales (bolsa familia) destinées aux jeunes familles qui a mis en avant le rôle des femmes. Les enfants sont désormais enregistrés, doivent aller à l’école, être vaccinés, les femmes enceintes bénéficient de trois examens prénataux. 33 millions de Brésiliens sont ainsi sortis de la pauvreté. Lorsque mon gouvernement a été écarté, nous étions sortis de la misère. Je suis ici pour en témoigner. Mais je viens aussi dire ici que tout cela est menacé.

    – La semaine dernière, le Brésil faisait son retour comme membre du Conseil des droits de l’homme avec ce message: la démocratie fonctionne, les institutions fonctionnent. Qu’en pensez-vous ?

    – Je ne suis pas d’accord. Nous avons un régime présidentiel. Pour pouvoir écarter un président, il faut qu’il ait commis un «crime de responsabilité»: trahison, corruption ou empêcher l’alimentation du pays, bref un crime grave qui déclenchent un processus de destitution. Dans mon cas, comme il n’y avait pas de tel crime, on m’a accusé de crime budgétaire. C’est ridicule. Les trois décrets qu’on me reproche d’avoir passé représentent 0,01 % du budget. On m’accuse d’un plan de financement de l’agriculture qui existe depuis 1994. Comme les taux d’intérêt au Brésil sont très élevés, le gouvernement a créé un taux bonifié et payait la différence entre ces deux taux. Depuis le début du XXe siècle, c’était la Banque du Brésil, une banque publique, qui s’occupait du crédit agricole. A partir de 1994, tout cela a été réglementé. En 2015, on m’a reproché un décalage dans les paiements, mais cela toujours été le cas. Cette fois-ci on m’a dit que j’en étais responsable. Au nom de quoi? Parce que j’étais présidente de la République. Mais le président n’intervient pas dans ce mécanisme. 

    Tout est organisé par la loi. Le Parquet a finalement déclaré que soit tous les présidents depuis 1994 ont commis un crime, soit la présidente de la République n’en a pas commis. Que s’est-il passé de spécial en 2015? Rien, sauf une chose: nous avions gagné la quatrième élection de suite. Pour l’opposition il était clair que nos programmes continueraient. Certaines personnes attribuent cette destitution aux manœuvres du PMDB. Sur l’enregistrement de la conversation de l’un des sénateurs, responsable du coup d’État, avec un collègue du PMDB, on peut l’entendre dire: «il faut virer la présidente du gouvernement parce qu’elle ne va pas s’opposer aux enquêtes sur la corruption du «lava jato» (ndlr, une vaste affaire de corruption en faveur de personnalités politiques impliquant l’entreprise pétrolière d’État Petrobras). Le saignement va continuer et cela va arriver jusqu’à nous.» Mais la vraie raison, c’est qu’en 2003 nous avons interrompu le processus de privatisation néolibéral pour réduire le rôle de l’État et le peu de protection sociale qui existait à l’époque. Notre projet de redistribution des revenus était gênant. Le renforcement de la position géopolitique du Brésil, appuyant les organisations régionales et l’indépendance du pays, était aussi devenu gênant.

    – Ce lundi devrait être publiée une liste de 77 noms liée au scandale de financement des partis par le groupe de construction Odebrecht. Si le nom de Michel Temer devait apparaître dans ce système de corruption, comme l’indique la presse, est-ce que vous appelleriez à sa démission ?

    – Les documents dont on parle représentent un dossier de deux terabytes qu’un juge de la cour suprême a remis à la presse. De quoi s’agit-il? Du contenu de dénonciations échangées contre des diminutions de peine. De qui parle-t-on? Je crois qu’il s’agit seulement de dénonciateurs de l’entreprise Odebrecht. Les autres entreprises, qui ont aussi signé de tels accords, ne sont pas incluses dans ce dossier. Le trésorier de ma campagne électorale de 2014, Edhino Silva, a pour sa part été dénoncé par Otavio Azevedo, le CEO d’une grande entreprise de BTP du nom d’Andrade Gutierres, pour avoir exercé des pressions afin d’obtenir des contributions légales, et d’autres contributions illégales, selon des fuites lors de l’instruction. Lorsque le dossier est arrivé devant la justice, elle a convoqué Otavio Azevedo qui a tout confirmé. Mais lorsque l’avocat de mon trésorier a voulu vérifier, on n’a rien trouvé.

    A la date évoquée par Otavio Azevedo, on sait par contre qu’un chèque a été déposé pour la campagne du PMDB au nom de Michel Temer. Le dénonciateur a du coup été une nouvelle fois convoqué par le juge. C’est un crime de mentir devant le juge. Otavio Azevedo a alors expliqué que c’était «une erreur», qu’il s’était «trompé», qu’il ne s’agissait pas d’un dessous de table. Vous comprenez ? Quand on nous incrimine nous, c’est un dessous de table. Quand c’est le PMDB, ce n’est plus un crime. C’est pourquoi il faut regarder de très près ces dénonciations, les examiner. Je vous le dis très calmement: mon pays n’a jamais enquêté sur la corruption. Disons-le clairement: jamais une personne riche n’est allée en prison. Avant l’arrivée au pouvoir du Parti des travailleurs, le procureur général de la République avait la réputation de mettre tous ses dossiers dans des tiroirs. Nous avons fait voter plusieurs lois pour lutter contre la corruption, la dernière, en 2013, inclus des réductions de peines en échange d’informations. C’est moi qui ait envoyé ce projet de loi au parlement. Il ne devrait pas être possible de faire un usage politique de la lutte contre la corruption. C’est pourtant ce qui s’est produit.

    Depuis un mois et demi, alors que l’enquête commence à atteindre une partie importante du gouvernement illégitime en place, on entend tout à coup parler de fuites illégales. C’est vrai, mais voilà deux ans que cela dure. Quand je me battais contre la violation du secret de l’instruction, on m’accusait de vouloir en finir avec l’enquête. Aujourd’hui, je ne me permettrai donc pas de commenter une procédure judiciaire en cours, même si la personne mise en cause est celle qui a opéré un coup d’État contre moi. On ne peut pas condamner quelqu’un sans un droit de défense. Pas moi. Je ne peux pas me permettre d’agir comme la reine d’Alice au pays des merveilles et dire «coupez-lui la tête !». C’est au tribunal de juger.

    – Deux de vos conseillers, Antonio Palloci, votre ancien ministre des finances, et Joao Santana, sont emprisonnés sous l’accusation de corruption en lien avec l’entreprise Petrobras. Des comptes en Suisse ont été bloqués par la justice. Comment expliquez-vous que votre parti ait été associé à une telle corruption ?

    – Antonio Palloci a été député fédéral du PT, et a été membre de mon gouvernement durant six mois. Joao Santana est un spécialiste du marketing politique qui a fait des campagnes dans toute l’Amérique latine. J’ai payé légalement M. Santana pour ses services (ndlr, lors de la campagne de 2014), au Brésil. S’il a reçu de l’argent hors du Brésil, c’est à lui de l’expliquer. Qu’a-t-il fait de son argent? Je n’en sait rien.

    – Mais on parle de rétrocession, à savoir de l’argent de Petrobras, une entreprise publique, qui verse de l’argent pour financer des partis politiques.

    – Je ne suis pas en mesure de vous dire si cela a été le cas, même la police n’en sait rien.

    - Vous étiez pourtant présidente de l’État et présidente du conseil d’administration de Petrobras.

    – Et alors, on peut être le président Bush ou Obama et ne pas savoir ce qui se passait dans ses banques. Pourquoi ne demandez-vous pas à vos gouvernements comment s’est produite la crise financière de 2008-2009, alors qu’il y avait de la corruption partout ? Comment voudriez-vous que je sache? La corruption se caractérise par le fait qu’elle est cachée. Oui, j’étais présidente du Conseil de Petrobras. Mais les banques centrales étaient-elles au courant de ce qui se passait dans les banques privées, les agences de régulations? Croyez-vous que le conseil d’administration soit au courant de tout ce que fait la direction d’une entreprise? N’est-il pas notoire qu’il y a une asymétrie d’information?

    – Préparez-vous le retour au pouvoir de M. Lula ?

    – C’est le Parti des travailleurs qui est responsable. Mais Lula est beaucoup plus grand que le PT. Il est fondamental qu’il se porte candidat en 2018 pour éviter une répétition de ce qui se passe aujourd’hui.

    La première mesure prise par ce gouvernement illégitime a été d’approuver un amendement constitutionnel qui gèle pour vingt ans toutes les dépenses de l’éducation, de la santé, de l’assistance sociale, des sciences et technologie, tout en libérant les dépenses financières, notamment le paiement de l’intérêt sur la dette. Nous avons un programme «ma maison, ma vie» de logement populaire pour l’accès des plus pauvres à l’habitat. Le programme du gouvernement illégitime de Michel Temer c’est «mon château, ma vie»: il ne prête qu’aux plus riches. Tous nos programmes avaient un point commun: commencer par les plus fragiles.

    – Comment lutter contre la corruption généralisée de la politique au Brésil ?

    – Je ne pense pas que la corruption au Brésil soit plus élevée qu’ailleurs. Ce sont les institutions qui sont plus fragiles. L’impunité produit la corruption. Je ne suis pas pour un Etat policier, mais je veux des institutions fortes, qui ne puissent pas être l'instrument du politique. C’est par contre une vision réductrice de dire que les partis politiques sont responsables de la corruption. Si vous dites cela, vous verrez émerger des sauveurs de la patrie, des fascistes.

  • 55 000 euros d’argent de poche, pour des enfants mineures

    19452007.jpgUn ministre de l’intérieur qui démissionne, en période d’état d’urgence, de « guerre contre le terrorisme », et à deux mois des élections présidentielles, c’est qu’il se passe quelque chose de grave.

    Ce quelque chose de grave, c’est cette conviction profonde qui s’enracine dans le pays et façonne le vote Le Pen : « tous pourris ».

    Le Roux, un poids lourd du PS, a, quand il était député, employé ses filles, alors lycéennes puis étudiantes, en cumulant 14 et 10 CDD entre 2009 et 2016, ce pour un montant total de quelque 55.000 euros. Lors des premiers contrats, les stagiaires n’avaient que 15-16 ans. 

    Et quelques contrats, reconnus par Le Roux, posent de sérieux problèmes : le fraudeur con, c’est celui qui se fait prendre, air connu...

    La fille aînée a été engagée par Papa, et payée par nos impôts, du 10 juin au 9 septembre 2013,… alors que dans le même temps, elle était en stage chez Yves Rocher à Tournai en Belgique. Oki ?

    La benjamine a été engagée par Papa, et payée par nos impôts, entre  20 avril et le 22 mai 2015, alors qu’elle était en congé du 18 avril au 4 mai 2015, mais reprenait les cours les 5 mai. Oki ?

    Et pour quel travail ? « Quand il faut faire du classement, quand il faut faire un certain nombre de tâches parlementaires, je trouve que c’est une bonne école de faire ça ». Donc  55.000 euros de job d’été pour classer des dossiers.

    Premières à réagir, les associations professionnelles expliquant que le rôle de l’assistant parlementaire n’est pas de faire du classement mais d’aider le parlementaire dans l’élaboration de la loi. Je ne cesse de défendre le rôle de la loi, garantie contre la violence dans la société, et voir comment ce parlementaire en vue, président du groupe socialiste à l’assemblée avant d’être nommé ministre de l’intérieur, se contrefiche travail parlementaire est un fait majeur.

    L’autre volet, c’est l’écœurement populaire. Vous savez la galère pour trouver les stages ? Vous savez l’importance de ces stages comme ouverture de l’esprit, et vu ce que ça compte sur un CV ? Vous savez l’exploitation des stagiaires, à qui on donne un véritable travail sans aucune paie ? Et voilà Monsieur le ministre de l’Intérieur, avec son petit sourire socialiste, qui nous explique comment il recruté ses filles pour des brûlots illusoires, grassement payés avec nos impôts.

    Franchement, c’est l’écœurement.

    Conseil de prudence : ne regardez les infos que si vous avez à portée de main un peu de primpéran, très actif pour la prévention des nausées.

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