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  • Angham, l’éternelle beauté de l’Egypte

    Donner à voir… L’artiste est celui qui nous montre ce que nous ne voyons plus. Voici l’éternelle beauté de l’Égypte, avec ce magnifique concert de Angham. Je ne saurais vous en dire, souffrant l’illettrisme en arabe. Mais il suffit d’écouter, et d’admirer… On est très près du ciel.

    Toutes mes meilleures pensées à nos amis musulmans d’ici et d’ailleurs, pour ce grand mois du ramadan.

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  • Macronie : conseil des ministres, ou conseil d’administration des affaires de la bourgeoisie ?

    Le gouvernement, comme « conseil d’administration des affaires de la bourgeoisie », c’est de Marx, et en ces périodes de politique avachie, cela fait du bien de se restructurer le sur-moi en lisant les grands auteurs. C’est notre ami, Bruno Guigue, qui a vu juste en appliquant cette formule au gouvernement du prince banquier.

    La politique institutionnelle est parterre – pas un pour relever l’autre, pas un – et il faut chercher chez ceux qui n’ont aucune chance d’être élu ou nommé dans un cabinet pour retrouver une vraie puissance d’analyse. Voici donc que ce texte de Bruno, publié dans Afrique-Asie de ce mois de juin, à diffuser tous azimuts.

    NB (Qui n’a – presque – rien à voir) : En Marche ! et le PS ont renoncé à présenter des candidats contre El Blanco, mais ce mec est en train de se faire accrocher par une vraie candidate. Dégager El Blanco est de salubrité publique, votez Farida Amrani. 

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    Élection d’Emmanuel Macron:

    Avec les compliments du Cac40, de l’OTAN et de la Françafrique

    Par Bruno Guigue

    Sauf pour ceux qui croient encore aux vertus de la démocratie bourgeoise, la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle ne fut pas une surprise. Car le dandy de la finance n’a pas seulement été coopté par l’oligarchie. Le chantre de l’ubérisation de la société n’a pas seulement été choyé par des médias aux mains d’une poignée de milliardaires. Comme si cela ne suffisait pas, on a assisté, dans la dernière ligne droite, à une campagne marketing impressionnante. Lancé sur le marché comme une savonnette, le godelureau du Cac40 a effectué une véritable OPA sur l’Elysée.

    Victime de ses casseroles, l’ambition présidentielle de M. Fillon a explosé en plein vol. Cette éviction du candidat de droite eut deux conséquences. Elle a ouvert un espace politique au social-libéralisme de M. Macron, et elle a offert la deuxième place à Marine Le Pen. Au deuxième tour, comme prévu, le repoussoir lepéniste a joué son rôle à la perfection. Elaborée par François Mitterrand dans les années 80, la stratégie de l’épouvantail d’extrême-droite a une vertu irremplaçable. Face à la bête immonde, elle transforme n’importe qui en héros national.

    Emmanuel Macron en a pleinement bénéficié, et le freluquet qui s’époumonait en meeting sous les applaudissements télécommandés de groupies impubères est devenu le sauveur de la démocratie. L’invocation anachronique du péril fasciste, la séquence médiatique Oradour-sur-Glane et la culpabilisation de l’électorat de gauche ont fait merveille. En jouant sur la peur qu’inspire le FN, M. Macron a obtenu haut la main les deux tiers des suffrages. Les bonnes consciences de la gauche boboïsée, au moins, n’auront pas brandi en vain l’épouvantail lepéniste.

    Défiant les lois de l’arithmétique, ces bonnes âmes expliquaient que Mme Le Pen risquait d’être élue, que le spectre de 1933 n’était pas loin et que les abstentionnistes étaient des irresponsables. Le seul résultat de ce bourrage de crânes, ce fut dix millions de voix d’avance pour le candidat de la finance. Dotée de moyens colossaux, l’opération marketing fut couronnée de succès. D’une élection difficile, elle fit un plébiscite, et d’un banquier d’affaires un président de la République. L’essentiel était sauf. Le fascisme vaincu, on a enfin pu ranger le trouillomètre.

    La première allocution du nouveau président fut à l’image de cette élection-bidon. Du bla-bla de publicitaire, une ritournelle insipide aux allures d’auberge espagnole, un filet d’eau tiède qui consiste à dire à chacun ce qu’il veut entendre. Mais avec la nomination du gouvernement, les choses sérieuses commencèrent. Choisi parmi les jeunes loups de la droite néolibérale, le nouveau premier ministre, à lui seul, est tout un symbole. Composé de juteux allers-retours entre le public et le privé, son Curriculum Vitae scintille d’un véritable joyau. Après le Don Juan du Cac40, voici le lobbyiste radio-actif.

    De 2007 à 2010, Edouard Philippe, en effet, exerça les fonctions de directeur de la communication et des affaires publiques d’Areva. En clair, sa mission était de faire du lobbying, notamment auprès des parlementaires acquis à la cause atomique. Selon l’Observatoire du nucléaire, c’est précisément pendant cette période, le 13 janvier 2008, qu’un accord est signé entre Areva et le gouvernement du Niger pour l’exploitation de l’uranium. Or cet accord est contesté par le mouvement touareg, en rébellion contre le pouvoir central de Niamey.

    Le précieux minerai est vendu à vil prix par le Niger, et les maigres revenus qu’il procure ne bénéficient pas à la population. Les gisements se trouvant dans les zones de vie traditionnelles des Touaregs, ces derniers se sentent floués. Les troubles qui agitent la région sahélienne sont donc liés à la politique d’une multinationale dont M. Philippe fut le VRP. C’est l’alliance nouée entre certains Touaregs et les djihadistes qui servit de prétexte, en 2013, à l’intervention militaire française. Et ce n’est pas un hasard si la première visite africaine de M. Macron fut destinée à cette région.

    A défaut de susciter l’enthousiasme, la séquence politique qui vient de se dérouler est riche d’enseignements. L’élection au forceps d’un télévangéliste formé chez Rothschild était déjà un signe des temps. La nomination à Matignon d’un VRP de l’industrie nucléaire au patrimoine douteux en est un autre. La volatilité des étiquettes politiques et la prolifération des retournements de veste, sur fond de bouillabaisse politicienne à l’approche des législatives, font aussi partie du paysage macronien.

    En régime capitaliste, disait Marx, le gouvernement est le « conseil d’administration des affaires de la bourgeoisie ». En faisant main basse sur l’Elysée, le jeune banquier opère la synthèse entre différentes fractions de l’oligarchie. Dès l’été 2017, cette union sacrée de la classe dominante sera scellée sur le dos des travailleurs. Ex-DRH de Dassault-Systèmes, la nouvelle ministre du Travail vient de recruter comme chef de cabinet l’ex-directeur adjoint du MEDEF. Si elle obtient une majorité parlementaire, cette équipe mettra en pièces le code du travail.

    Les détenteurs de capitaux, eux, n’auront pas à se plaindre du nouveau gouvernement. Un exemple ? Paris vient de demander l’annulation d’une réunion consacrée à la Taxe européenne sur les transactions financières. Selon Oxfam-France, un accord sur la TTF européenne était à portée de main, et la France avait une occasion d’agir dans l’intérêt général. Mais l’audace de M. Macron s’évanouit dès qu’il s’agit de mettre un frein à la spéculation financière et de rogner les privilèges des riches.

    En politique étrangère, le nouveau président a donné le ton. En s’invitant au Sahel, il s’est coulé dans le moule de la Françafrique. Sous prétexte de lutter contre le terrorisme, le pillage néo-colonial du continent africain va continuer de plus belle. Le godelureau de l’Elysée joue au dur en serrant la pogne du milliardaire new-yorkais, mais la réalité de la politique élyséenne parle d’elle-même. N’en déplaise aux flagorneurs de la presse française, l’indépendance qu’il revendique n’est que poudre aux yeux.

    Affrontant une menace imaginaire, les troupes françaises participent aux manœuvres de l’OTAN dans les pays baltes. Lors de sa rencontre avec le président russe, le freluquet de l’Elysée a ressassé le “fake” habituel sur l’arme chimique, puis il a reçu l’opposition syrienne “off shore”, faux-nez de ces terroristes modérés dont raffole l’intelligentsia parisienne. La présidence de François Hollande a battu le record des compromissions avec les marchands d’armes, les monarchies corrompues, les “rebelles modérés” et les néocons de Washington. Tel le Phénix, elle va renaître sous la présidence Macron.

  • Trump quitte sans contrainte l’Accord de Paris… qui n’était pas contraignant !

    Hier soir, en deux minutes, Trump a pu piétiner l’accord de Paris, du 12 décembre 2015, pourtant signé par les Etats-Unis (Amérique du Nord, Territoire indien occupé), sans le moindre risque juridique. Tous les braves gens hurlent et dénoncent, mais pas un ne pose la question : comment est-ce possible, vu que c’est un traité international, ratifié par les États, et ayant force contraignante ? Et bien c’est possible car la réalité juridique est différente : ce n’est pas un traité, et cet accord n’est pas contraignant.

    - Donc, ça a été une mise en scène, pour se fiche de nous

    - Oui, tout à fait...

    - Mais une telle duperie, c’est pas moral…

    - T’as raison, demande à Bayrou d’ajouter ça dans sa loi de moralisation.

    climat,traité,droit international,us

    Un traité contraignant, c’est facile à identifier : après signature par les chefs d’Etat, le texte est ratifié par les Parlements ; sur le plan technique, les termes sont précis, et il est prévu un mécanisme de sanction en cas de manquement. Toutes choses qui n’existent dans l’accord de Paris,… mais impossible de le faire entendre vu la force de la propagande. C’était le leitmotiv dans toute la presse : « La COP21 s’est achevée, samedi au Bourget, par l’adoption d’un texte universel et contraignant pour lutter contre le réchauffement climatique ». Fabius avait fièrement affirmé ce caractère contraignant, versant sa larme attendrie vu cette contribution permanente au bonheur de l’humanité. Il était tout mignon entre Hollande et Ban Ki-moon, pour vanter cet accord « juste, durable, dynamique et juridiquement contraignant ». Du pur enfumage, pour un mec qui alors – rien de moins – visait le Nobel de la Paix.

    On a vu hier ce qu’il en était de la contrainte… CQFD.

    Cet accord n’était pas contraignant : ce n’était pas un Traité, il laissait des objectifs flous, et il ne prévoyait ni mécanisme coercitif, ni sanction pour les pays qui ne respecteraient pas le texte.

    Le protocole de Kyoto, le texte d’origine, demandait que soit mis en place un « comité de contrôle du respect des dispositions », et des mécanismes de sanction. Tout est passé à la trappe.

    Depuis le premier jour, ce sont les États-Unis qui foutent le bazar. Mais comme ce sont nos grands amis, éternels et bienfaiteurs, impossible de le dire. Le prix de notre servilité devant l’impérialisme US.

    On a d’abord retenu le terme flou d’« accord » pour ne pas entrer dans la catégorie stricte de « traité », ce qui aurait imposé une ratification par le Congrès étasunien, impossible. Obama a approuvé l’accord par un executive order, une forme de décret présidentiel, pour éviter les parlementaires. Trump a donc utilisé la même forme pour se casser, et tchao.

    Ensuite, il y avait eu, le matin de la clôture, un grand coup de chaud des US, découvrant que la version finale du texte retenait le mot shall (on doit) et non pas should (On devrait). Catastrophe avec le paragraphe 4 de l’article 4 de la version précédente. Il était alors écrit que « les pays développés doivent continuer à être en première ligne pour mener à bien des plans nationaux de réduction d’émissions de gaz à effet de serre ». Vous voyez le drame ? Eh bien, même pour cette formulation, la délégation US, conduite par John Kerry, avait imposé d’utiliser le conditionnel, et tout le monde s’était couché.

    - Un accord contraignant rédigé au conditionnel ?

    - Et oui…

    D’ailleurs, avant la conférence, John Kerry avait été clair, lors d’un entretien au Financial Times, assumant la rupture avec Kyoto : « Ce ne sera certainement pas un traité. Il n'y aura pas d'objectifs de réduction juridiquement contraignants comme cela avait été le cas à Kyoto ». Et pourtant, la légende française a prospéré. La duperie dans la politique, comme mensonge d’État…

    Le discours depuis hier, c'est qu'il n'y a rien à renégocier. Sans doute rien à renégocier sur le fond, mais à l'évidence, il est nécessaire de modifier l'accord pour en faire un véritable traité, supprimer le conditionnel, et mettre en œuvre les procédés contraignant prévus par le protocole de Kyoto et demander aux parlements nationaux de le ratifier. Les paroles sont belles, et quasi-grandioses, mais si on ne transforme pas l'accord informel en traité, on se fiche du monde.

  • Nos amis british empêtrés dans le Brexit

    En avril, tout allait bien pour May. C’était l’heure du Brexit triomphant, et comme le Labour était dans les choux, May a provoqué un scrutin anticipé, cherchant une belle victoire des Tories qui allait lui laisser les mains libres pour affronter Bruxelles, imposer la sortie de l’Europe, obtenir le maintien de avantages et ne rien payer. 20 points d’avance dans les sondages… Sacrés sondages !

    Parce que depuis cette magnifique idée, plus rien ne va.

    Question programme, présenté le 18 mai, les Tories se sont lâchés sur un truc de dézingués libéraux, genre vendre la maison des personnes âgées pour financer les soins, vu qu’ils ne profitent plus de leur maison : raffiné et efficace ! Cette mesure a été appelée la « Dementia Tax », soit la taxe sur la démence… Idem sur des coupes budgétaires à faire peur… A gauche, Jeremy Corbyn a très bien joué la réplique. Il a mis le cap sur un objectif, la réduction des inégalités, car le fossé se creusent entre ceux pour qui ça marche, et ceux qui dévissent. Le piège des contrats « zéro heure » se referme : des contrats sans garantie d’horaires, et donc sans garantie salariale. Les 1 000 personnes les plus fortunées du pays seront cette année plus riches que les 40% des ménages les plus pauvres, selon la fondation Equality Trust. La première ministre des riches… S’est ajouté l'attentat de Manchester le 22 mai, Corbyn stigmatisant la politique extérieure interventionniste, et les coupes budgétaires dans la police, coupes que personne ne peut contester.

    De plus, le cadre des négociations avec l’Union européenne se dessine : vous partez, Oki, mais vous laissez tous les avantages, et tant pis pour les remises en questions imposées à vos citoyens et vos entreprises, car c’est votre choix. Et compte tenu des engagements pris et interrompus, il y a une ardoise à payer (100 milliards d’euros). C’est dire que l’hypothèse d’un accord est irréaliste, et que tout ceci se terminera devant la Cour de Justice de l’Union Européenne, avec risque financier XXL.

    On en vient alors à l’essentiel, c’est-à-dire le renversant mouvement de girouette de May... qui alors ministre de l’Intérieur de Cameron avait conduit une ferme campagne contre le Brexit. Avant de changer d’avis à 180° après le référendum. Crédibilité ? Avec une argumentation parfaitement avachie : « On a donné le choix au peuple. Le peuple britannique a décidé qu'il fallait que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne. Je fais ce que je crois que le peuple veut que je fasse. Il me semble qu'il est possible de réussir le Brexit. » Va gagner une élection avec ça…

    May est au plus mal dans les débats, les journalistes lui renvoyant ses propos opposés au Brexit. Hier, c’était le grand débat télé, et elle a renoncé à venir, se faisant remplacer par son ministre de l’Intérieur.

    Une chanson « Liar Liar », sur les mensonges de May, fait exploser les compteurs…

    A suivre, avec déjà de grosses surprises, et peut-être plus dans une semaine.

  • Interview de Vladimir Poutine au Figaro

    Merci au Figaro, journal qui respecte ses lecteurs. Le site a publié hier une interview de Vladimir Poutine d’une demi-heure, avec deux journalistes qui connaissent leur sujet, une demi-heure de vraies questions, sans interruption ni commentaires des experts pour nous dire ce qu’il faut penser. Branchez votre cerveau, écoutez, analysez et appréciez. Et notez au passage la connaissance de l'histoire, et des dossiers, dont la Syrie, la base étant l’unité d’un pays souverain.

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