Avertir le modérateur

  • Nancy Wilson, Newport Jazz Festival 1987

    C’est une chanteuse impressionnante. Des disques à ne plus les compter, des concerts dans le monde entier, avec les plus divers des musiciens. Nancy Wilson est une chanteuse de jazz, black, une chanteuse de ce siècle de jazz. Elle avait tout pour accéder à la gloire, mais les musiciens ne maitrisent pas tous des chemins de la carrière. En attendant tous ceux qui l’ont écoutée l’ont admirée, alors je vous propose de l’écouter…

    hqdefault (1).jpg

  • Affaire Grégory : Une affaire simple rendue complexe

    La presse, qui avait fait à peu près toutes les fautes (et saloperies) possibles dans la première phase de l’affaire Gregory, se présente désormais comme un intégrisme de la prudence. Il faut être « extrêmement prudents », c’est une affaire « tellement complexe »… Bon, pourquoi pas, mais il ne faudrait quand même pas s'arrêter de réfléchir.

    Pour ma part je relève quatre choses marquantes.

    1/ Des paroles de poids

    La communication est assurée par le Procureur général, encadré de deux commandants de gendarmerie, et intervient après des mois de travail, loin de la moindre précipitation. Alors que tout le monde croyait l’affaire ensevelie, je vois mal ces trois professionnels de haut niveau engager leur crédibilité et celle de leurs services sans des bases solides.

    2/ Complexe ?

    L’enfant a été vu par sa mère pour la dernière fois à 17 h, quand elle l’a laissé jouer dans le tas de gravier devant la maison. La revendication de l’assassinat a été postée à 17 h 15, depuis la Poste du village. L’enfant a donc été tué entre 17 h et 17 h 15, puis jeté dans la rivière, avec une revendication téléphonique immédiate donnant la piste de la Vologne, où l’enfant sera retrouvé dans la nuit. Cette lettre, reçue le lendemain, est ciblée, visant « le chef », c’est-à-dire Jean-Marie Villemin, chef d’équipe à un peu plus de 20 ans. Ce n’est pas un crime de rôdeur, mais celui d’un proche, ou d’un clan de proches.

    Alors, on cherche quel est ce clan de la haine, et il n’y a pas cinquante pistes : une impressionnante série d’appels malveillants et de menaces, qui avaient pris fin dès que l’annonce d’un dépôt de plainte s’était répandue dans la famille.

    Après, ce qu’explique aujourd’hui le procureur général : une hostilité terrifiante, très bien établie, organisée autour d’un groupe de trois ou quatre personnes, et seul ce groupe pouvait rentrer dans cette logique aussi démentielle que tuer le fils pour se venger du père.

    Il a fallu d’abord récupérer Grégory devant la maison, et il fallait être aux aguets car il n’était pas prévu que Grégory se trouve là quelques minutes seul. Il a fallu ensuite l’étrangler jusqu’à la mort, puis le ficeler, et enfin le jeter dans la rivière, pendant qu’une personne écrivait la lettre et se précipitait pour la poster avant 17 h 15.

    Les relations dans cette famille et son environnement étaient globalement poisseuses, mais il fallait une haine exceptionnelle pour en arriver à assassiner l’enfant du « chef ».

    3/ Qui a fait quoi ?

    Je me garde bien d’aborder cet aspect, car nous n’avons là aucun élément crédible pour nous prononcer. Juste une remarque.

    Opposer le secret est un droit de la défense, certes, mais ce droit doit être utilisé avec discernement. Là, il n’y avait aucune surprise pour les personnes entendues : nous sommes sur des faits qui datent, certes, mais que chacun a analysés dans tous les sens, et ne rien avoir à répondre à des questions du genre « où étiez-vous à telle heure ? » et « quelles sont vos relations avec un tel ? » crée une ambiance qui amène le juge à cogiter.

    4/ Le fonctionnement de la justice

    Quand on écoute les déclarations, fermes et droites, du Procureur général sur cette dramatique dérive familiale, on se pose immédiatement la question : mais qu’a fait le juge d’instruction ? On découvre que les emplois du temps des proches de l’affaire, pendant cette demi-heure de feu, n’ont pas tous été vérifiés…Le juge Lambert s'est dit persuadé de l'innocence de Laroche, au motif qu'un homme seul ne pouvait avoir tout fait dans ce laps de temps si bref. Exact, mais quid d'un crime commis à plusieurs ? Hypothèse pas même imaginée...

    La complexité de cette affaire, c’est une lourde responsabilité de la justice. Son action d’aujourd’hui n’effacera pas le mal qui a été fait hier.  

    les-gendarmes-entourent-le-juge-lambert-et-murielle-bolle-qui-avait-accuse-son-beau-frere-bernard-laroche-avant-de-se-retracter-photo-parue-dans-l-est-republicain-le-6-novembre-1984-1462194157.jpg

  • Affaire Grégory : L’enquête redémarre

    L’affaire est commentée par le Procureur général, ce qui est assez rare, car du fait des aléas de la procédure, l’instruction se retrouve confiée à la présidente de la chambre de l’instruction, formation de la cour d’appel.  

    photo-archives-illustration-lbp-1465934743.jpg

    Aujourd’hui, ce sera la fin des deux dernières garde-à-vue, celle de Marcel et Jacqueline Jacob. Il pourra y avoir une présentation à la présidente de la chambre d’instruction pour une éventuelle mise en examen, ou une remise en liberté, comme pour les autres personnes venant d’être entendues. Attention, l’absence de mise en examen immédiate ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de mise en examen. Face à un dossier complexe, les magistrats peuvent préférer se laisser le temps d’étudier les procès-verbaux, pour ensuite convoquer en vue d’une mise en examen.

    Hier, c’était une déclaration du Procureur général Jean-Jacques Bosc. Beaucoup d’explications sont données, avec grande prudence et une langue de bois de haut niveau, mais on apprend l’essentiel avec les infractions retenues à ce stade de l’enquête : « complicité d’assassinat, non-dénonciation de crime, non-assistance à personne en danger et abstention volontaire d’empêcher un crime ». On ne cherche pas l’assassin, mais on s’intéresse à des personnes qui sont impliquées dans l’assassinat pour avoir fourni aide ou assistance, qui n’ont pas dénoncé le crime, qui n’ont pas cherché à protéger l’enfant, et qui volontairement n'ont pas empêché un crime. Et les personnes visées sont de la famille proche. Le Procureur a également parlé de repérages par un homme portant la moustache, et souvent accompagné d’une jeune femme.

    A priori, il n’y a pas beaucoup d’éléments nouveaux. L’ADN, qui est un élément de preuve fort mais pas définitif, n’a pas parlé. Des expertises en écriture seraient démonstratives, mais c’est un mode de preuve qui reste discuté. L’accélération serait dûe principalement au traitement informatisé de ce volumineux dossier, programme qui permet de collectionner les informations dispersées dans le dossier pour leur donner une cohérence.

    Pour se replonger dans l’affaire, je vous propose deux vidéos, l’une très bien faite sur le déroulé des faits et de l’enquête, et l’autre sur le rôle de la presse. Quelle violence, c'est terrifiant...

  • Corbyn fait flipper notre Prince

    9782011561237-001-G.jpegSi j’en lis la presse officielle, le Prince serait confronté au défi majeur qu’est Bayrou. Belle plaisanterie : le moralisateur ne vaut plus en rond avec son parti financé par l’argent public européen. Il dégagera la première occasion, ce d’autant plus que le Prince, vu le nombre de ses députés En Marche ! - qui tous ont signé une déclaration d’obéissance - n’a plus besoin de s’embarrasser des machins-choses du MoDem.

    En revanche, je constate que Corbyn est un véritable problème.

    Le Prince n’a d’avenir que s’il a éradiqué la gauche. Le PS est en lambeaux.

    Mais tout le problème, c’est Corbyn. Un vieux militant, réélu depuis plus de 20 ans dans sa circonscription de la banlieue de Londres, qui sait pas faire un discours sans défendre les services publics, le rééquilibrage des richesses par l’impôt, et la solidarité, à commencer par son soutien à la résistance du peuple palestinien. Bref, la Gauche d’un autre temps.

    Sauf que chez nos amis britanniques, cette Gauche est vivante, et pleine d’avenir. Quand il est parvenu à la tête du Labour, toute la bonne presse a expliqué que c’était un coup d’humeur de la jeunesse. Vu le soutien affiché à la cause palestinienne, le PS, sioniste dans l’âme, n’a pas bronché une oreille, restant callé sur le ligne Blair, qui conduit à El Blanco et Macron.

    Corbyn a fait ensuite l’objet d’attaques insensées des anciens dirigeants du parti, qui sont allés en justice pour le destituer, et qui ont perdu, lamentablement.

    May, persuadée de la nullité de Corbyn, avait choisi de provoquer des élections anticipées, pour conforter sa majorité absolue. Elle a perdu cette majorité absolue, et doit composer avec un groupe de minoritaire d’allumés, pour tenter de faire une majorité. C’est dire qu’elle n’a plus aucune marge de manœuvre pour négocier le Brexit, car aux premières difficultés – la facture, la remise en cause des droits des Britanniques expatriés, les études, le déménagement des grandes banques… – son gouvernement sautera.

    Qelle est la réaction de la France, à cette défaite lamentable de May, qui hypothèque le Brexit ?

    Rien,… en fait pile l’inverse.

    La rencontre du 13 juin rentre May et le Prince a été joyeuse et détendue, avec une rencontre, un dîner de travail, et un match de football. Rien sur le fond, donc le Brexit et l’impasse dans laquelle s’enfoncent les conservateurs britanniques. Le grand sujet a été « la lutte contre le terrorisme » avec un « plan d’action très concret » de lutte contre la propagande terroriste en ligne qui va être éradiquée garce à un contrôle d’Internet. Une question maintes fois traitée, blindée de textes. May et le Prince n’ont rien abordé de précis, et il n’y a rien à faire de plus que ficher la paix aux flics pour qu’ils puissent travailler.

    En réalité, pour défendre l’Europe, la seule ligne logique était de dire à May qu’elle s’était gauffrée, et qu’elle avait plus une légitimité à zéro pour négocier le Brexit. Mais dire cela – simple constant des faits – c’est reconnaître la victoire de Corbyn et de sa joyeuse équipe, ce qui est radicalement impossible.

    En Macronie, il est de priorité nationale de soutenir la Gauche n’existe plus, ce en assimilant la Gauche et le Parti socialiste, ce qui est une escroquerie intellectuelle majeure.

    Désormais la tendance de soutenir le Brexit, en priant pour que May parvienne à rester au pouvoir, et ne laisse surtout la place à Corbyn. Une Gauche puissante en Grande-Bretagne peut contaminer la France, et c’est un gros souci pour notre Prince.

    Pour tant pis pour le Brexit, c’est une question secondaire, la seule chose qui compte est que Corbyn n’accède jamais au pouvoir.

  • Père Pedro, le combat contre la pauvreté : Qui est le pauvre ?

    Père Pedro, un lazariste, a créé en 1989 l’association Akamasoa qui œuvre à Madagascar pour aider les personnes vivant dans la décharge d’Andralanitra, à dix kilomètres d’Antananarivo. En un quart de siècle, son association a construit 18 villages et est venue en aide à plus de 500 000 Malgaches en leur donnant des soins, des vêtements ou un repas. Elle héberge chaque jour 25 000 personnes.  Il vient de publier Insurgez-vous !, aux Éditions du Rocher. Nom de Dieu…

    Voici ses propos recueillis par Laureline Savoye et Pierre Ledipi, dans l’excellent Le Monde.

    ob_93e6bd_img-5126-akamasoa-72-dpi.jpg

    Père Pedro :

    « L’extrême pauvreté est une prison qui tue l’âme et le corps »

    Dans mon livre, je m’insurge contre l’égoïsme, l’indifférence et l’injustice qu’on voit tous les jours. Je ne peux pas m’habituer à voir l’extrême pauvreté, à voir des enfants qui ont la faim au ventre. Je ne peux pas m’habituer à voir une famille vivre dans la rue. On ne peut pas accepter cela. L’extrême pauvreté est comme une prison qui tue l’âme et le corps…

    Ma mère disait : “Si un pauvre frappe à ta porte, tu dois l’aider.” Elle était la bonté, le partage. Mon père m’a appris le travail et l’honnêteté. Vers 15-16 ans, j’ai eu envie de suivre Jésus, l’ami des pauvres.

    Il y a toujours une place pour un pauvre à Akamasoa. On n’a jamais demandé à quelqu’un sa religion, sa race, son origine. Si vous êtes pauvre, que vous aimez vos enfants et que vous voulez sortir de la rue… alors venez : vous avez votre place chez nous ! 

    J’ai vu des enfants se battre avec des animaux

    Lorsque je suis arrivé sur la décharge la première fois, j’ai vu des enfants se battre avec des animaux pour trouver quelque chose à manger. Le soir, je n’ai pas pu dormir et j’ai demandé à Dieu de m’aider. Mais je n’avais pas d’argent… J’y suis retourné le lendemain. Au milieu d’une cabane faite de cartons et de plastiques est née Akamasoa. Je savais qu’il fallait privilégier l’éducation des enfants et surtout leur alimentation. On a coutume de dire qu’un sac vide ne tient pas debout. »

    Sur la décharge, j’ai vu des anges. Comment peut-on laisser des anges au milieu des ordures ? Il y avait 800 familles qui vivaient là et tout autour. Dans chacune, il y avait de un à sept enfants morts. Alors, nous avons pris les mères par la main et leur avons dit : “S’il te reste encore un enfant, on va tout faire pour que tu vieillisses à côté de lui.” 

    Assister un pauvre, c’est le dominer davantage

    J’ai rassemblé quelques exclus parmi les plus motivés de la décharge et leur ai dit : “Je ne viens pas vous assister car j’ai trop de respect pour vous.” Assister un pauvre, c’est le dominer davantage. La pauvreté n’est pas une fatalité. Ce sont les hommes, les politiques, les élus et tous ceux qui ont des responsabilités dans la communauté qui l’ont créée. Ce sont des humains qui n’ont pas fait leur rôle et qui ont fait que la société a commencé à se décomposer, à se déchirer et à faire en sorte que tous les liens de solidarité s’effritent, surtout dans les grandes villes. On a perdu la sagesse des ancêtres. 

    A Akamasoa, les adultes doivent accepter de travailler s’ils veulent rester. Nous avons créé des carrières qui accueillent jusqu’à un millier de personnes. Quand j’ai vu le courage de ces gens-là, j’ai été ébloui.

    Tout commence par un lien de confiance

    Vingt règles ont été décidées pour vivre ensemble et la première est de ne pas voler. Parce que, quand on se vole les uns les autres, on se décourage et plus personne ne souhaite travailler. Les autres règles concernent la vie en commun comme l’interdiction de drogue, des insultes… 

    Les villageois m’ont donné un pouvoir qui est basé sur la confiance. Quand vous faites le bien autour de vous et que les gens voient que vous êtes honnête, authentique et que vous tenez vos promesses, alors ils sont prêts à vous suivre partout, jusqu’à la mort. Tout commence par un lien de confiance.

    Il faut agir plus vite que le FMI

    Les aides qui viennent de l’extérieur sont trop lentes. Les grands organismes tels que la Banque mondiale, l'Union Européenne ou le FMI [Fonds monétaire international] aident les populations. Mais si aujourd’hui on commence à discuter avec eux, c’est dans trois ans que l’aide sera débloquée. En trois ans, combien de gens vont mourir ? Il faut agir plus vite. A Akamasoa, nous construisons chaque année quinze nouvelles salles de classe, parce que chaque année il y a 500 nouveaux élèves. Il faut oser, se lancer, se risquer à faire le bien. Nous faisons une société où les gens s’entraident, se font confiance et où la ville est propre.

    La messe doit être joyeuse, sinon on s’endort

    Dieu est amour et il est vivant. Alors on ne doit pas être triste ! Lors de la messe le dimanche matin, on est près de 10 000 pour chanter, danser. Si on était triste, on s’endormirait. Nous avons créé une liturgie où tout le monde participe, les parents, les enfants, les ouvriers. Ce n’est pas un spectacle, mais une célébration de la vie, de l’amour de Dieu, et elle nous donne la force pour la semaine qui vient.

    20131129_110510 (1).jpg

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu