Avertir le modérateur

- Page 5

  • Remis en liberté pour une panne de fax

    logo1.gifC’est une affaire qui avait marqué l’opinion. Lors de la nuit de la Saint-Sylvestre 2011, Claudy Elisor, un père de famille de 33 ans et DJ amateur, organisait un réveillon au Blanc-Mesnil. Un type s'était présenté, non invité et pénible, et Claudy lui avait refusé l’entrée. Le type était allé chercher du renfort, il était revenu pour régler son compte à Claudy, qui avait été lynché et laissé mort.

    Un homme, reconnu par des témoins, s'était livré à la police, se sachant recherché, pour être mis en examen pour meurtre et écrouée. En novembre 2012, un second avait été arrêté, et également mis en examen et écroué.

    Le principal accusé contestait les faits, et avait déposé maintes demandes de mise en liberté, toutes refusées. On ne connait pas les motifs, mais on les devine bien : la gravite des faits en cause, les nécessités de l’enquête, le risque de pression sur des témoins, et une absence de garantie de représentation, l’intéressé étant de nationalité malienne, et susceptible de disparaître des écrans radars s’il était remis en liberté.

    En octobre 2013, le juge d’instruction avait clôt l’instruction, et les deux suspects avaient été renvoyés devant la cour d’assises de Bobigny, pour un procès fixé en mai. Le principal accusé était alors en détention depuis janvier 2011.

    Pendant cette période, le mandat de dépôt peut être prolongé par épisodes réguliers, ce qui avait été fait notamment le 26 juin 2013. Le détenu avait fait appel, par fax depuis la maison d’arrêt, et dans cas, le dossier est transmis à la chambre d’instruction qui doit se prononcer dans les vingt jours de sa saisine, faute de quoi la personne est mise d'office en liberté.

    shutterstock_99030212-sorry-were-closed1.jpgMais problème : la cartouche d’encre du fax du TGI de Bobigny était vide, et l’acte d’appel est arrivé comme une feuille blanche. Aucune indication, et la demande n’a pas été traitée. Vingt jours plus tard, le détenu a demandé à être remis en liberté, au motif que la détention était devenue arbitraire.

    Lors d’une première audience, la chambre d’instruction, reprenant l’analyse du parquet, avait estimé que la panne du fax était un évènement imprévisible et insurmontable, et avait rejeté la demande de mise en liberté.

    Saisie par le détenu, la Cour de cassation a estimé l’affirmation trop rapide, et avait renvoyé le dossier devant la chambre de l’instruction, demandant qu’une enquête soit menée pour déterminer si oui ou non, la panne était « imprévisible et insurmontable ». Et cette preuve n’a pu être rapportée si j’en crois cette déclaration du procureur de Bobigny, confirmant qu'un « fax défectueux a empêché la transmission de l'appel à la cour d'appel de Paris dans les délais légaux », et expliquant ce dysfonctionnement par «la rupture de stock des toners du fait de l’absence de contrat de maintenance du fax compte tenu de son ancienneté ».

    Le détenu a été libéré le 5 février. Le procès d’assise reste maintenu reste fixé au mois de mai, et l’accusé comparaîtra libre. La procédure reste intacte, mais évidemment le risque est que l’accusé lève les amarres.

    Hier soir, la veuve était présente sur le plateau de BFM TV, perdue. Son désarroi était poignant.

    Holiday.jpg

  • Taubira a besoin d'un stage de formation professionnelle

    Taubira, l’idole des bobos, a chopé une mine de pomme fripée, et ce n’est que justice : commettre des erreurs, et même des fautes, ce n’est rien, mais mentir comme une sale gosse – genre : c’est pas moi qui ai volé la voiture, mais ma cousine – çà, c’est pas possible. On passe notre temps à leur dire que le mensonge les zigouille, mais ils ne nous écoutent pas. Le truc du jour, c’est le sacrifice raté de mon ami François Falletti, procureur général près la cour d’appel de Paris. Falletti, mon ami… Blogueur, quel métier… Je vous dis pas… (Son intervention dans l'affaire Baby Loup m'est encore coincée en travers du gosier, mais bon...)

    On commence par la phase 1

    marionnette-bois-asie-sud-bkah07n-petit-cheval-bois-naturel.jpgFrançois est un type qui force le respect, et pour une raison que tout le monde sait : il est non-voyant, ce qui ne l’a en rien empêché de briller lors de ses études, et de réussir ensuite une grande carrière de magistrat, au Parquet et au ministère, avec une longue période au poste-pivot de directeur de l’action criminelle et des grâces. Ça l’énerve peut être qu’on en rappelle, mais franchement, ça compte.  

    François est Procureur général près la cour d’appel de Paris… Si ça vous dit pas trop, vous aurez vite compris l’importance de la fonction en imaginant le nombre de dossiers sensibles qui atterrissent sur son bureau.  

    Je ne sais pas si François est un homme de Droite (…), mais je ne pense pas le fâcher en disant qu’il n’est pas un homme de Gauche. Maintenant, attention, si cette coloration politique fait partie du jeu, François est niveau XXL, alors on ne l’enferme pas dans une boite comme une sardine, ou un petit pois. C’est plus compliqué, oki ?

    François, qui était procureur général à Aix-en-Provence, avait été nommé procureur général à Paris, alors que le poste était promis à Jean-Claude Marin, procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris, destiné à laisser la place Philippe Courroye, procureur à Nanterre,  et qui n’était pas un opposant radical de Sarko. Mais le CSM s’est opposé à cette nomination car Philippe Courroye ne fait pas la maille.

    Jean-Claude Marin a donc rempilé quelque temps,… le temps pour Sarko de nommer sur le poste François Molins, qui était… le directeur de cabinet de MAM puis de Mercier (Ouah, comme on les oublie vite… mais c’étaient nos « ministres »)…

     

    Depuis, Jean-Claude Marin a été nommé procureur général près de la Cour de cassation, François Falletti est procureur général près la cour d’appel de Paris, et François Molins est procureur de la République près le TGI de Paris.

     

    Oki ? Respirez profondément, voici la phase 2

     

    marionnette-bois-asie-sud-bttch02-petit-cheval-bois.jpgFrançois, nommé en 2010 est en poste jusqu’en 2015. Pour Taubira, dix-huit mois à attendre, c'est trop.

     

    En fait, il faut bien distinguer entre les deux François. Le truc n’est moins chaud pour François (Falletti) qui, procureur général, est en dans une posture de vigie, que pour François (Molins) qui, procureur de la République, gère le quotidien et se trouve ainsi au premier plan pour toutes les affaires importantes qui se passe sur le ressort du TGI de Paris.

     

    Aussi, la fine pensée de Taubira, c’était de dégager François (Falletti) vers un très honorifique poste à la Cour de cassation – premier avocat général – pour que François (Molins) soit nommé procureur général près la cour d’appel, et que Taubira puisse nommer un procureur de la République près le TGI de Paris qui soit plus tendance. François (Hollande) a besoin d'un petit coup de main institutionnel.

     

    Voici la phase 3, la plus croquignolesque

     

    marionnette-bois-asie-sud-bkah08-petit-elephant-blanc-et-or.jpgFrançois (Falletti) se trouve convoqué comme un soldat de la troupe au ministère pour être reçu par la directrice de cabinet, Mme Maugué, et le directeur adjoint de cabinet, M. Pion. Ordre du jour ? Zéro : « affaire vous concernant ». Là, le propos est simple : « Notre cher ami, le ministre veut un procureur de la République à Paris qui soit classé à Gauche, donc tu demandes à être nommé à la Cour de cassation pour qu’on case Molins, et tout va bien ».

     

    François (Falletti) explique au Monde :

    « On m'a effectivement demandé de partir à la Cour de cassation, je n'y suis absolument pas candidat. J'ignore pour quelle raison on me demande de partir, je fais mon travail, et la charge est lourde, avec toute l'intégrité voulue et toute la déontologie, je n'ai pas compris. »

    François (Falletti) est adepte du Gillette deux lames, et il a adressé copie au Figaro de sa lettre de protestation à Taubira.

    « Au cours de cet entretien, Mme Maugué et M. Pion m'ont fermement invité à quitter mes fonctions avec insistance, au motif que, selon les termes utilisés, vous souhaitiez les confier à un magistrat “partageant votre sensibilité” (…) Je ne puis que m'étonner d'une telle démarche qui marque une défiance à mon égard résultant d'une sensibilité supposée. Je considère que cette allégation ne saurait en aucun cas justifier mon éviction d'une fonction que je m'emploie à exercer avec une totale intégrité.»

     

    Et François (Falletti) ajoute qu'en cas de pression supplémentaire, il saisira « le Conseil supérieur de la magistrature afin de solliciter sa protection», avec copie à Jean-Claude Marin et Vincent Lamanda, présidents de la formation du parquet et de la formation siège de l'instance suprême, garante de l'indépendance de la justice.

     

    Phase 4 : La ministre souffre d’une extinction de voix

     

    Les faits sont nets et carrés, mais la Taubira Band préfère mentir : non, il ne s’est rien passé, on avait une promotion géniale à offrir à notre excellent ami, mais bon, tant pis pour lui.

     

    Phase 5 : L’UMP dans le ridicule le plus absolu

     

    L’UMP, par ses misérables marquis démonétisés, a chanté la République en danger… Petits crétins, vous nous croyez si oublieux ? Toujours ce culte du mépris... Restez dans vos trous de rats, ça vous va si bien. 

     

    Phase 6 : Juste pour le fun…


    marionnette-cheval-en-bois-la-galerie-equitable.jpgC’était le 11 janvier, un magnifique discours de Taubira, en clôture du colloque sur la justice de demain :

     

    « Concernant l'indépendance de la justice, vous savez que j'ai fait en sorte de ne plus donner d'instructions individuelles, conformément à l'engagement du président de la République.

     

    « Le respect des conditions de nomination, auquel je me conforme, il ne suffit pas de s'y engager, il ne suffit pas de s'y tenir, il faut, pour consolider ces dispositions, l'inscrire dans la Constitution. Cette condition de nomination est essentielle pour que les magistrats du parquet apparaissent bien comme ce qu'ils sont, des magistrats à part entière participant à l'autorité judiciaire. »

     

    Les mots du moulin à paroles.

     

    Phase 7 : Tant pis pour lui…

     

    Cheval.jpgMon excellent ami François (Hollande) s’obstine à ne pas me nommer ministre de la Justice, et il a bien tort. Il n’aurait besoin de me supporter que trois mois, le temps que je fasse voter cette loi :

     

    « Art. 1. – Le Parquet n’est plus flottant, ni aligné.

     

    «  Art. 2. – Tout ce qui ressemble de près ou de loin à un magistrat est statutairement indépendant du pouvoir politique, et sa carrière est donc gérée par des organes strictement déconnectés du pouvoir politique, ce qui est la condition pour que la Justice soit considérée comme étant la Justice, un bonheur qui resplendira sur toute la société, et in fine, sur le pouvoir qui aura eu les couilles que voter cette réforme.


     «  Art. 3. – La liberté réelle n’existant qu’intimement liée à sa sœur la responsabilité, le magistrat rendu libre devient responsable selon le droit commun ».

     

    12788-32094.jpg

  • V° République : A quoi sert un député ?

    Comme vous toutes et vous tous, je suis passionné par la vie politique : les vieux principes de la démocratie athénienne appliqué à nos sociétés qui cherchent à construire leur unité par le dialogue, et en se pétant chaque jour les défis de demain.


    affiche_Sans_famille_2000_1.jpg

    Notre Constitution

    Chez nous, la base est l’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme de 1780 : « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation ».

    Le président de la République (Article 5 de la Constitution), c’est le grand chef à grandes plumes, élu par une majorité mais devenant aussitôt, par sa hauteur de vues, le garant des droits de tous. C’est la vigie de la République : 

    « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État.

    « Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités ».

    Ce n’est pas le genre à s’immiscer dans les affaires contingentes, et encore moins dans celles d’un groupe politique.

    Le gouvernement, la figure du pouvoir exécutif, est régi par l’article 20 :

    « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation.

    « Il dispose de l'administration et de la force armée.

    « Il est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50 ».

    Là, on est plongé dans le quotidien. Le pivot de l’action politique, c’est le gouvernement, patron de l’administration… mais patron patronné car il est « responsable devant le Parlement ».

    Ce qui veut dire que l’organe central, le maître de tout, c’est le Parlement, et c’est exactement ce qui dit l’article 24 :

    « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l'action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques ».


    C’est bien beau, mais est-ce que ça marche ? sans-famille-tome-2---le-troupe-du-signor-vitalis-7469.jpg

    Sur le plan opératoire, tout dépend du groupe majoritaire à l’Assemblée nationale car c’est lui qui va voter la loi et contrôler l’action du gouvernement.

    Premier problème : le patron de ce groupe est choisi par le Président de la République, qui, en violation de l’article 5, patauge dans la soupe pour veiller au grain.

    Ensuite, c’est le gouvernement est qui est maître de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, et le gouvernement donne la priorité aux « projets « de loi, c’est-à-dire à ses choix.

    Les parlementaires ont âprement négocié des fenêtres dans l’emploi du temps pour présenter des « propositions » de loi, soit des textes préparés par les parlementaires, pour donner un peu de contenu à l’article 24. 


    Un cas pratique ?

    Lundi matin, notre génial gouvernement a annoncé qu’après le succès de la Manif pour tous, il renonçait à la loi Famille. L’après-midi, les députés socialistes ont répliqué en annonçant qu'ils allaient déposer une proposition de loi palliant au renoncement du gouvernement. Force doit rester à la loi.

    Bruno Le Roux, le patron du groupe a fait semblant de jouer le jeu, avec un tweet rappelant l’engagement de janvier 2013, lors du vote de la loi sur le mariage gay : « Le texte famille sans PMA n'était pas notre engagement. Des consultations sont en cours. Le but reste d'ouvrir de nouveaux droits ».

    Mardi, nouveau changement de ton. Les députés font fuiter que Bruno Le Roux et Jean-Marc Ayrault avaient dealé l’abandon de la loi pour peu que la Manif pour tous soit un succès, et Bruno Le Roux confirme le grand rétro-pédalage : « Nous n'avancerons que sur des sujets sur lesquels nous aurons trouvé un accord avec le gouvernement ». Donc, on ne fera rien. Je rappelle que Bruno a été choisi par François, en accord avec Jean-Marc : ça aide.9792-24095.jpg

    Pour compléter la manœuvre, on trouve pour faire les guignols devant la télé, quelques « députés rebelles » affirmant que « jamais de la vie » et qu’on va voir ce qu’on va voir… Cécile Untermaier était en état de rébellion paroxystique : « C'est un mauvais signal. Dominique Bertinotti doit se ressaisir et se battre pour que sa loi intervienne dans un calendrier un peu plus apaisé ». Pour Bernard Roman : « C'est une gifle». Même colère chez Annick Lepetit : « On aimerait bien que tout le travail effectué ne soit pas perdu... ». Laurent Grandguillaume explique scientifiquement : « il vaut mieux arrêter de se tirer des balles dans le pied, car à force, on va manquer de balles et de pieds ». Pour Yann Galut : « On aurait dû tout passer dans la loi sur le mariage pour tous » (Tiens, tiens…). La presse annonce qu'ils ne lâcheront rien et que la loi sera votée. 

    Petit problème : ces rebelles décérébrés n’étaient hier pas capables de dire quand leur excellente proposition serait inscrite au calendrier. Donc, des paroles purement verbales. Le cinéma continue. 

    Bousculé par la presse, le porte-parole du groupe PS, Thierry Mandon, n’a pas su répondre. C’est le tendre Claude Bartolone, qui a renoncé à sa carrière de Premier ministre pour devenir le futur patron du Grand Paris (avec une Hidalgo définitivement décorative) qui a confirmé l’enterrement : « Ces propositions pourraient être examinées au lendemain des élections municipales ». Tout est dans le « pourraient ».  

    Ce qui montre que le Parlement ne sert à rien. Un président, un scooter trois roues et des sondages, voilà ce qu’est devenue la République.

    Alors, quand tous ces incapables nous serinent les valeurs de la République, on est en droit de leur répondre : « Camembert ». Et quand ils vont revenir mendier nos suffrages, ça risque de coincer, à partir de cette question très simple : député, qu’as-tu fait du mandat qui t’a été confié ?

    R150142966.jpg

    En attendant la loi PMA / GPA

  • Loi famille : Le « gouvernement » capitule devant la Manif pour tous

    1213357--tu-as-cale-le-moteur-de-henri-debs-950x0-1.jpgHollande, grand connaisseur des nouvelles formes de la vie de famille, avait fait de la réforme du droit de la famille un axe de son programme. Programme périlleux, car c'était atteindre un fondement de la société, et tous les travaux de la sociologie du droit ont montré à quel point il faut alors être fondateur, subtil et convaincant.

    Sur ce blog, j’ai pris position de longue date pour le mariage gay, la PMA et la GPA. Mais le fait que la société puisse, par des parts importantes, et du fait de vrais vécus, éclairée par les pratiques d’autres pays, appeler à des avancés législatives ne suffit pas. Ces lois, attendues comme des progrès pour les unes, sont redoutées comme des remises en cause, destructrices, pour les autres.

    La famille, ce n’est pas rien. Les modèles sont multiples, et si l’on passe par les secrets de famille, on trouve tout, et tout est très partagé. Oui, mais voilà : cette famille, ces modèles familiaux, ces différents modèles familiaux qu’une personne va croiser au cours de sa vie, ces modèles dans leur différences sont toujours le lieu de l’intimité, l’abri, l’endroit où on trouve ses sources, on cherche à créer l’amour. La famille, c’est la porte qu’on ferme au nez de cette société trop curieuse.

    Pour faire passer ces évolutions législative, dans une société inquiète de son avenir, il fallait un sacré investissement, et une ardente volonté de convaincre, de comprend, de réunir. Or, nous n’avons eu que du cosmétique, avec une adoration puérile de la fée égalité, avec de beaux sourires aux dents blanches sur le plateau du Grand Journal.

    En quarante-huit heures, tout a sombré.

    moto-demarre-cale.jpgLe dimanche matin, on ressort du placard les veilles badernes de la Gauche avachie pour dénoncer le retour des ligues fascistes, comme en 1930 ; l’après-midi, un grosse manif de ces Frances traditionnelles, tranquilles, en famille ; le lundi, le gouvernement largue tout projet de réforme. Victoire totale de la Manif pour tous. Même dans leurs plus beaux rêves, les organisateurs n’en imaginaient pas tant.

    Pour faire passer le mariage gay, le gouvernement avait dissocié les questions de filiation… en saisissant le Comité national d’Ethique ! Que venait-faire là faire ce comité ? Que justifiait ce repli du droit vers la morale ? Petit, tout petit...

    Bruno le Roux, le boss du groupe socialiste à l'Assemblée, s’était engagé : « L'extension de la PMA sera votée en 2013 ».  Début 2013, Bambi s'était avancée pour l’automne 2013 : « Que les choses soient bien claires : l’élargissement de la PMA sera dans le projet de loi Famille ». Toujours rien fin 2013, et en janvier 2014, Dominique Bertinotti, ministre de la famille, annonçait que « la PMA ne figurera pas dans la loi Famille », mais fera l’objet d’un texte spécifique au cours premier semestre 2014. Lundi, à midi, Matignon a tranché : « Le gouvernement ne présentera pas de projet de loi famille cette année ».

    Alors, la Gauche a-t-elle porté atteinte au mariage ? Oui, et c'est manifeste. Elle a autorisé, pour les couples gays, un mariage light sans filiation, sans famille. Un mariage décoratif. Comment les gays pourraient-ils l’admettre ? Comment la société, dans son ensemble, pourrait-elle s’en satisfaire ?   

    all1.jpg

  • Woody Allen accusé de viol par sa fille Dylan

    Ni le passage des années, ni le poids du mensonge institutionnalisé n’empêchent les enfants de dénoncer leurs agresseurs sexuels. Sur le blog du respecté Nicholas Kristof, du New York Times, Dylan, aujourd'hui âgée de 28 ans, confirme les agressions sexuelles commises par son père adoptif, Woody Allen, alors qu’elle avait sept ans.Ilimité.jpg

    Dans les années 1980, Woody Allen et Mia Farrow vivaient en couple. Ils ont eu ensemble deux enfants, et adopté une fille, Dylan. D’une première union, Mia Farrow était déjà mère adoptive d'une fille, Soon-Yi Previn. En janvier 1992, Mia Farrow avait trouvé, parce qu’elles étaient mal rangées, des photos pornos de Soon-Yi, alors âgée de 19 ans, prises par Woody Allen. Depuis, tous deux se sont mariés en 1997, et le couple a adopté deux petites filles.

    Entre Woody Allen et Mia Farrow, la séparation avait été, on s’en doute, brutale. Les enfants ne voulaient plus voir leur père, et Mia Farrow avait engagé une procédure pour priver Woddy du droit de visite. Ce genre de procédure devient vite destructeur, mais tout n'y est pas faux pour autant... En août 1992, Dylan avait fait état d’agressions sexuelles commises par Woody Allen, dont un viol alors qu’elle était âgée de sept ans. Mia Farrow avait contacté un pédiatre, et le procureur du Connecticut, où vivait la famille, près de New York, avait ouvert une enquête. La journaliste Maureen Orth avait publié un article très documenté décrivant un Woody Allen « complètement obsédé » par Dylan. Woody Allen répliquait en accusant Mia Farrow d’avoir manipulé « honteusement des enfants innocents ».

    Sur le plan civil, le juge Elliot Wilk, dans un jugement de juin 1993 avait retiré à Woody Allen le droit de visite sur Dylan. Woddy Allen avait fait appel,... demande rejetée en mai 1994, les juges de la cour d’appel de New-York constatant « un consensus manifeste » parmi les experts psychiatriques pour dire que « l'intérêt de Woody Allen pour Dylan était anormalement conséquent » et ajoutant : « le témoignage des personnes s'occupant des enfants ce jour-là, la vidéo de Dylan faite par Mme Farrow le lendemain et des déclarations rendant compte du comportement de Dylan envers M. Allen avant comme après l'abus présumé laissent entendre que l'abus a bien eu lieu».blue_jasmine_ver2.jpg

    Sur le plan pénal, le procureur avait estimé qu'il y avait des « raisons suffisantes » pour poursuivre Woody Allen, mais il avait renoncé, jugeant la petite fille trop « fragile ». Une invraisemblable décision de sale mec : ne pas perturber la victime par le procès de son agresseur…

    La jeune femme, aujourd'hui mariée, qui vit sous un autre nom en Floride,... mais l’affaire n’était jamais restée loin. En novembre 2013, Vanity Fair avait publié un article de Maureen Orth, rapportant des propos de Dylan. Un tournant ? Non... La magie de la création cinématographique et le rêve hollywoodien ne pouvaient freiner la carrière du génial auteur : 78 ans, 40 films, 24 nominations aux Oscars, 4 Oscars… Blue Jasmine a reçu le mois dernier trois nominations aux Oscars.

    Mais trop, c’est trop. Les enfants sont révoltés par l’injustice, et puissent dans des forces infinies pour renverser la chape de plomb du mensonge institutionnalisé pour protéger le crime.

    Il y a quinze jours, pendant les Golden Globes, alors que Woody Allen venait de recevoir le prix Cecil B. DeMille pour l’ensemble de sa carrière, c’est son fils Ronan, 26 ans - fils biologique du réalisateur et de Mia Farrow - qui avait rappelé qu’il n’existe qu’une vérité : «J'ai manqué l'hommage à Woody Allen. Est-ce qu'ils ont mentionné la partie où une femme confirme publiquement qu'il l'a agressée à 7 ans, avant ou après Annie Hall ? ».

    Mais il y a deux jours, c’est Dylan elle-même qui s’est exprimée, par un texte publié sur le blog de Nicholas Kristof. 

    « Quel est votre film favori de Woody Allen ?  Avant de répondre, il y a quelque chose que vous devez savoir : quand j’avais sept ans, Woody Allen m’a prise par la main, et m’a conduite dans un petit grenier mal éclairé au 2e étage de notre maison. Il m’a dit de m’allonger sur le ventre et de jouer avec le train électrique de mon frère. Puis il m’a agressée sexuellement. Il me parlait en le faisant, me murmurant que j’étais une gentille petite fille, que c’était notre secret, me promettant que nous irions à Paris et que je serais une star de cinéma ». Elle poursuit : «Aussi loin que je me souvienne, mon père m'a fait des choses que je n'aimais pas», avant d’exposer quelques-unes des insupportables perversités de ce père sans limite.2001 Hollywood Ending Allen Affiche.jpg

    Dylan explique ensuite pourquoi elle a décidé de s’exprimer : « Woody Allen n’a jamais été condamné pour aucun crime, et qu’il ait échappé à ce qu’il m’a fait m’a hantée toute ma jeunesse. Je suis restée avec la culpabilité de l’avoir laissé être proche d’autres petites filles. À chaque fois que je voyais le visage de mon agresseur sur un poster, un t-shirt ou à la télévision je ne pouvais que cacher ma panique jusqu’à ce que je trouve un endroit isolé pour m’effondrer. La semaine dernière, Woody Allen a été nommé pour un Oscar. Mais cette fois, j’ai refusé de m’effondrer. Pendant tellement longtemps, la reconnaissance dont jouit Woody Allen m'a réduite au silence. Je le prenais comme un reproche personnel. Mais les survivantes d'agressions sexuelles qui m'ont parlé – pour me soutenir, partager leur peur de parler haut et fort d'être traitée de menteuse, de se voir dire que leurs souvenirs sont erronés – m'ont donné des raisons de sortir de mon silence, ne serait-ce que pour que d'autres sachent qu'elles peuvent sortir de leur silence.»

    Dylan dénonce le système Hollywood, qui sait tout, mais préfère le confort illusoire du mensonge : « Mon tourment a été aggravé par Hollywood. Tout le monde, à part quelques-uns (mes héros) a fermé les yeux. La plupart ont préféré accepter l'ambiguïté, dire ‘qui sait ce qui s'est produit ?’ et prétendre que tout allait bien ».

    Elle conclut : « Woody Allen est l'exemple vivant de la façon dont notre société néglige les survivants d'agressions et d'abus sexuels ».

    Dylan, merci pour ton courage, merci pour toutes les victimes, et que ta voix soit entendue...   

    le_silence_tue_la_verit_.jpg

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu