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  • Un suicide, et une classe politique infantile

    Un homme est mort, paix à son âme. Le suicide, surtout chez un homme libre – je veux dire qui ne vit pas l’infamie de la prison – est un fait qui nous bouleverse, et plonge dans le désarroi. Un homme expérimenté père de famille, universitaire, rodé aux affrontements politiques, ayant assumé les charges de la gestion de grandes collectivités, sénateur, s’est effondré à quelques heures d’un procès devant le tribunal correctionnel sous la prévention de complicité d’escroquerie.

    L’affaire est en réalité une véritable couillonnade, pour laquelle la justice n’a jamais envisagé la moindre mesure de contrainte, et pour laquelle le risque était au pire une condamnation symbolique.

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    Moïse et les Tables de la Loi (vers 1650), Philippe de Champaigne

    Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg


    L’histoire est nulle. Entre 2007 et 2011, une agence de com’ de Tours,Time Sarl, a réussi à vendre des dizaines de couples chinois (pleins aux as) de venir à Tours renouveler leurs vœux de mariage, avec photo devant la mairie et pub pour les châteaux des environs. Jean Germain les accueillait à la mairie, et après une cérémonie de pacotille, on faisait de jolies photos. Un truc totalement nul, nous sommes d’accord.

    Ce petit business était géré par une dame Lise Han, la patronne de Time Sarl, qui avait ensuite été embauchée au cabinet du maire. Elle avait démissionné de la société, mais continuait – dit l’accusation – à en tirer les ficelles, et avait mêlé les affaires de son ex-société avec l’autorité de la mairie, en siphonnant l’argent public, d’où la mise en examen Dame Lise Han le 25 janvier 2013 pour escroquerie, prise illégale d'intérêts et recel de fonds publics, puis le 30 octobre 2013. Par ricochet, Jean Germain, alors maire, avait été mis en examen le 30 octobre 2013 pour complicité.

    Dominique Tricaud, son avocat, tenait des propos en demi-teinte : « Il n'est pas impossible que la crédulité du maire et de la municipalité ait été abusée » et mon excellent confrère saluait au passage le travail de Lise Han : « Le nombre de touristes en Touraine a été multiplié par trois ». La Touraine reconnaissante pour ce projet qui flatte l’idéal socialiste.

    Quelques heures avant l’ouverture du procès, lundi, Jean Germain échangeait des SMS anodins avec ses amis. Puis il a rédigé une lettre d’adieu, et s’est suicidé, par un tir d’arme à feu, un fusil de chasse.

    Le suicide d’un homme, c’est la fureur du désespoir qui terrasse. Rien à en dire sur le plan personnel. Pourquoi la comparution est-elle apparue ce jour- là insurmontable au point de préférer la mort ? Vraiment, rien à en dire. 

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    La bêtise incarnée, oeuvre socialiste naïve, XXI° siècle décadent 


    En revanche, beaucoup à dire des réactions débiles et infantiles venues du monde politique.

    La prime revient à l’andouille Larcher, stigmatisant « un système qui n’a finalement jamais rien retenu depuis Pierre Bérégovoy ». Bon coup de com’, tous les médias ont repris.

    Mais quel système, Monsieur l’Andouille, et de surcroit troisième « personnage » de l’Etat ? Tu accuses qui, fieffé imbécile ? Quelle faute de quel système opposes-tu à la justice, qui applique les lois qui tu fais voter ? Où est l’acharnement ? Où est la violence gratuite, la stigmatisation ? Quelle atteinte à la présomption d’innocence ? Quelle faute de procédure, alors que le prévenu n’avait fait appel de rien ? Quelle mesure de contrainte abusive ? Qu’un mec potentiel président de la République se lâche ainsi est un insupportable comportement voyou de défi à la loi. Je déplore l’absence de réaction de la garde des Sceaux dont le rôle est de défendre la Justice (mais elle était très occupé par un repas au resto avec les tourtereaux de l’année, encore une histoire d’amour).

    Et Monsieur l’Andouille qui nous refait le coup de l’honneur jeté aux chiens ? Où ? Quel article ? Quel reportage ? Quel journaliste ? Un seul article a-t-il évoqué un enrichissement personnel ?  Rien, rien de rien, à part des articles minimalistes sur cette affaire parfaitement idiote. 

    En 2/ le marigot politicot, qui s’est lui aussi déchaîné sur le thème de élu exemplaire fracassé par la méchante justice. Même l’ancien président de Conseil général de Corrèze a versé son fiel… Quand je pense qu’on emmerde de jeunes créateurs pour des raps piquants, alors que ces élus vomissent en tout tranquillité sur la justice… On a l’impression que c’est la première fois qu’ils réfléchissent à ce que représente la convocation au tribunal pour une personne qui s’estime innocente… C’est invraisemblable…

    Je pourrais vous raconter mille choses sur ce que vivent des professionnels de santé, mis en examen pendant de longues années pour « homicide involontaire » et cité devant le tribunal correctionnel pour « homicide involontaire », alors qu’on leur reproche une micro-faute de surveillance, et que finalement le tribunal va les relaxer. Un seul « législateur » a-t-il seulement réfléchi une minute aux effets des lois qu’il vote ?

    L’accusation judiciaire est violente, et loin de moi l’idée de culpabiliser les procureurs. C’est la seule manière de procéder, et les avocats sont là pour exercer les droits de la défense. Mais que des « responsables » politiques et des élus, ceux qui adoptent chaque jour des lois de plus en plus violentes, se mettent à chouigner devant l’application de leurs lois, ça me révolte.

    Et puis – par trois mots alors que c’est essentiel – une réflexion sur le suicide. Après Germanwings, voici Tours, et la bonne société des élus découvre soudain ce drame absolue qu’est le suicide. Pour ce soir, je n’en dirai pas plus. Je souhaite seulement que les brochettes de crétins qui s’activait pour faire reconnaître le droit au suicide assisté comme liberté suprême se la ferment quelques jours, et que Dieu lors offre la grâce d’un peu de réflexion. Même si je sais que réfléchir les fera souffrir.

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     Haute Egypte, Maât, déesse de la justice 

  • Aubry, fille de son père ?

    12404836881687.jpgAlors qu’elle n’avait qu’à se pencher pour ramasser le PS – il y a de ça un an, lors de la nomination de l’UMP refoulé El Blancos –  Martine a tout fait pour brouiller les pistes, comme pour la primaire de 2012, témoignant de cette incapacité fragrante à affronter les épreuves.

    Martine devait cette semaine décider si oui ou non elle déposait une motion au congrès du PS, avec l’objectif de faire un gros score au Congrès PS de Poitiers et virer le trotskyste Camba, pour imposer une autre ligne politique à Hollande. Dans un contexte d’échec économique, social et politique flagrant.

    Après un amoncellement de bouderies, cachoteries, plans secrets à deux balles, fausses pistes, confidences faisandées, discours de foire et autre boniments, Martine renonce.

    Elle refuse de prendre le risque de gagner, comme son père, qui après avoir bien chauffé l’ambiance, avait lamentablement abandonné, à quelques mois de l’épreuve. En début de semaine, François Lamy – viré comme un malpropre du gouvernement par Hollande, avait joyeusement affirmé : «François Hollande est le candidat naturel de la gauche pour 2017 ».

    Si la ligne Hollande défendue par Camba-Aubry l’emporte au Congrès de Poitiers, rien ne changera dans cette cité impériale de la trahison sociale. 

  • L’horreur d’une société normalisée

    C’est le beau ouïk de Pâques, le printemps montre son nez, les premières fleurs sont un bonheur, et je souhaite à toutes et à tous de belles journées de détente et de joie, en famille et entre amis. Cool trois jours, ça fait du bien.

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    Alors, promis juré, je ne vais pas vous prendre la tête aujourd’hui, promis juré,… mais quand même… Je craque. Contrôle social et hygiénisme : ça devient insupportable, et il faut s’en occuper.

    Ce premier trimestre finit avec l’image d’une France qui se décolle de ce qu’elle était, et qui bascule. On peut aussi garder une vision optimiste, et sur le blog, c’est tendance : la France reste, portée et nourrie par sa belle société, alors qu’un amoncellement de lascars encravatés – Droite et Gauche – veut la faire basculer dans le contrôle social, et va se rétamer.

    Nos plus précieuses libertés – celle de l’intime, de la pensée, des idées, des interrogations, du combat pour les révolutions, du goût suave de la subversion contre la violence de l’ordre établi – sont remises en cause par la loi sur le renseignement intérieur. Attention, je ne rigole pas : le PS fait ce que l’UMP de Sarko-Buisson n’osait pas. Une horreur inefficace dans la lutte contre la criminalité, comme nous l’expliquent nos amis des Etats-Unis, qui ont payé pour savoir. Cette loi, c’est la cérémonie des adieux avec cette Gauche de gouvernement. Et je vois – la larme à l’œil – le spectacle consternant de tous nos braves compatriotes qui acceptent de livrer le cœur de leur vie privée au ministre de l’Intérieur, sur le mode : « moi, je n’ai rien à me reprocher, alors qu’on épie ma vie privée ne me gêne pas ». Oh, les amis, rebranchez votre cerveau, c’est urgent ! 

    Dans le même temps, il y a aussi tout cet insupportable hygiénisme sanitaire et social. Rien que pour la journée d’hier, et tout à coup de taxes et de sanctions pénales :

    - interdiction des kits mains libres (demain, on va interdire au conducteur de parler aux autres personnes dans la voiture);

    - pénalisation des sites dits pro-ana (alors que l’anorexie est une maladie dont il faut parler);

    - pour les cigarettes, les paquets neutres (au passage, prévoir un joli recours en droit des marques…et bien penser à provisionner).

    - bien dans la même lignée (parmi tant d’autres), l’autre naze qui vole à 1% et qui veut nous condamner à voter pour lui !

    Dans la tradition, la loi fixe des limites, laisse chacun s'organiser en fonction de ces limites, et prévoit la sanction des abus. C'est un régime de liberté, à l'opposé de ce qu'on nous prépare: une loi qui nous dit ce qu'il faut faire. C'est la société du contrôle et de l’asservissement : votre destin est d’entrer dans la case qui vous est réservée par ceux qui savent. Dans un pays de liberté, tu fais ce que tu veux, sachant qu’il n’y pas de liberté sans responsabilité, et qui si tu fais le con, tu vas dérouiller. Ça, c’est la belle liberté, notre terre nourricière. Ces lois de comportement sont celles d'un régime qui nous réduit à être des acteurs économiques, vivant pour dépenser ce que la puissance économique nous alloue. La loi se permet de nous dire ce qu'il faut faire et penser. Elle punit quiconque transgresse le code social,

    Et puis après, qu'on se calme sur les transgressions, les excès: il font partie de l'équilibre. Tu déconnes, tu dérapes, tu exagères ? Oui, comme moi, hier ou demain. Cette liberté parle à l’être humain, qui n’est pas une machine contrôlée par expert et cotée en bourse, mais une personne fragile, avec un destin de quelques décennies sur terre, et qui pense... Nous sommes aussi forts que nous sommes faibles, nous avons autant de qualité que de défauts, les erreurs, les fautes et les excès font partie de notre vie. Comme la folie qui la régule, parle de nous. 

    Notre devoir le plus essentiel est d’organiser la riposte à ces faiseurs de système qui, en fait, sont obnubilés, car ils ont peur des peuples, des gens, de vous et moi. Ils mendient nos suffrages, mais rien ne leur fait plus peur que ce peuple, ce peuple qu’ils veulent piéger dans le jeu moral de l’élection. Comme des mauvais bergers, leur seul projet est de nous faire filer droit, en nous culpabilisant et nous cadenassant à coup de lois pénales. Ils se font élire car ils s'estiment supérieurs, et veulent nous mater. Ils croient même pouvoir s'autoriser à penser pour nous, définissant ce qui est bien et ce qui est mal, et voulant l'imposer à coup de taxes et de lois pénales. Insupportable.

    La transgression est inhérente à la vie comme elle l’est au droit. Ne nous laissons pas faire.  

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  • Parité : Les élus machos mettent la loi en échec

    le_deuxic3a8me_sexe.gifAh, les droits de la femme dans la France laïque et universelle….c’est un must !  Regardez plutôt tous ces beaux textes, que nous sommes d'ailleurs prêts à vendre au monde entier au nom de l’exemplarité de la République.

    On commence par l’article 1 de la constitution, modifié par la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 qui a ajouté ce somptueux alinéa 2 : « La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales ».

    Pour bien assurer le système, la même loi constitutionnelle a modifié l’article 4 traitant des partis politiques pour souligner dans cette magnifique langue de bois que les partis « contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi ». Donc la parité est constitutionnelle.

    Stimulé par un tel feu, le Législateur, dans son immense sagesse, n’a pas lésiné. Pour se pencher sur le berceau du bébé parité, on trouve :

    - la loi n° 2000-493 du 6 juin 2000 tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ;

    - la loi n° 2000-641 du 10 juillet 2000 relative à l’élection des sénateurs qui applique le principe de la parité à l’élection des sénateurs au scrutin de liste à la proportionnelle, dans les départements où sont élus trois sénateurs et plus, loi modifiée par la loi n° 2003-697 du 30 juillet 2003 portant réforme de l’élection des sénateurs qui a limité l’application du scrutin de liste paritaire à la proportionnelle aux départements où sont élus plus de quatre sénateurs ;CVT_Le-feminisme-pour-changer-la-societe_3001.jpeg

    - la loi n° 2003-327 du 11 avril 2003 relative à l’élection des conseillers régionaux et des représentants au Parlement européen ainsi qu’à l’aide publique aux partis politiques ;  

    - la loi n° 2003-1201 du 18 décembre 2003 relative à la parité entre hommes et femmes sur les listes de candidats à l’élection des membres de l’Assemblée de Corse ;

    - la loi n° 2007-128 du 31 janvier 2007 tendant à promouvoir l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ;

    - la loi n° 2008-175 du 26 février 2008 facilitant l’égal accès des femmes et des hommes au mandat de conseiller général ;

    - la loi n° 2013-403 du 17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des délégués communautaires, et modifiant le calendrier électoral.


    Ouf ! Quel génie créateur… Mais pour la mise en œuvre, ça parait un peu plus compliqué :


    - Niet pour Président de la République ;

    - Une seule femme Premier ministre, pendant onze mois ;

    - 155 femmes à l’Assemblée nationale, soit 27% de l’effectif ;

    - 87 femmes au Sénat, soit 25 % ;

    - 16 % des maires, et seules six femmes maires pour les 41 communes françaises de plus de 100 ;

    - une seule femme présidente d’une des 22 régions.

     

    Et hier, c’était l’élection des présidents des conseils généraux. Bilan : dix femmes élues, soit 10%. Problème…


    Je sais pas vous, mais moi, je serais l’Assemblée, je voterai une nouvelle loi, non ? 

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  • I am Kenyan ?

    Hier, 147 étudiants ont été tués par un commando de quatre islamistes somaliens shebab à l'Université de Garissa, dans l'est du Kenya. On compte aussi 79 blessés.

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    A 3h30 le matin, les membres du commando ont abattu les deux gardes postés à l'entrée, pour pénétrer dans la résidence universitaire, où étaient hébergés plus de 500 d'étudiants. Les terroristes se sont précipités dans les chambres, et ont tiré tous azimuts. Un carnage... Ceux qui n’étaient pas abattus cherchaient à fuir, dans de terrifiantes scènes de panique. Les forces de l’ordre ont pris position, et nombre d’étudiants ont été pris en otage, avec des exécutions pour qui osait bouger. Dans l’après-midi, les forces de l’ordre ont donné l’assaut. Les quatre terroristes ont été abattus, mais cela a été la troisième phase de la tuerie. Un crime terroriste d’une ampleur rare.

    Animés par la flamme du courage républicain, les braves gens manifestaient à Paris le 11 janvier sous le slogan « même pas peur ». Mais on n'a pas exactement ressenti la même conviction pour maintenir les voyages en Tunisie où, depuis l’attentat du Bardo, les réservations ont chuté de 60%. « Même pas peur » ? A Paris, oui, mais à Tunis… faut voir ». Et pour ce qui est des étudiants de Garissa, c’est « I am Kenyan… or not… ».

    C’était une petite carte postale depuis le pays des indignations sélectives.  

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