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  • La guerre des vingt-cinq ans, par Manlio Dinucci

    Le 17 janvier 1991, une coalition internationale sous commandement et prédominance US engage la guerre contre l’Irak. C’est, après la chute du Mur de Berlin, la première des « opérations humanitaires de maintien de la paix ». Si les Etats-Unis interviennent, c’est pour rétablir le droit et la démocratie. Le début d’une sinistre série, qui a détruit le Moyen-Orient, et nous lègue le terrorisme international. Ceci étant, l’industrie de l’armement US est florissante, finançant à dessein la vie politique : c’est bien là l’essentiel. Ci-dessous, le très salutaire rappel de Manlio Dinucci, dans il manifesto, traduction de Marie-Ange Patrizio. 

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    La guerre des vingt-cinq ans, par Manlio Dinucci

    Il y a vingt-cinq ans, aux premières heures du 17 janvier 1991, commence dans le Golfe Persique lopération « Tempête du désert », la guerre contre lIrak qui ouvre la phase historique que nous sommes en train de vivre. Cette guerre est lancée au moment où, après l’écroulement du Mur de Berlin, vont se dissoudre le Pacte de Varsovie et lUnion soviétique même. Cela crée, dans la région européenne et centre-asiatique, une situation géopolitique entièrement nouvelle. Et, à l’échelle mondiale, disparaît la superpuissance en mesure de faire face à celle des Etats-Unis.

    « Le président Bush saisit ce changement historique », raconte Colin Powell. Washington trace tout de suite « une nouvelle stratégie de la sécurité nationale et une stratégie militaire pour la soutenir ». Lattaque irakienne conte le Koweit, ordonnée par Saddam Hussein en août 1990, « fait que les Etats-Unis peuvent mettre en pratique la nouvelle stratégie exactement au moment où ils commencent à la rendre publique ». Saddam Hussein, qui devient « ennemi numéro un », est celui-là même que les Etats-Unis ont soutenu dans les années Quatre-vingt dans la guerre contre lIran de Khomeiny, alors « ennemi numéro un » pour les intérêts étasuniens au Moyen-Orient. Mais quand en 1988 se termine la guerre conte lIran, les USA redoutent que lIrak, grâce aussi à lassistance soviétique, nacquière un rôle dominant dans la région. Ils ont donc recours à la traditionnelle politique du « diviser pour régner ». Sous régie de Washington, change aussi lattitude du Koweit : il exige le remboursement immédiat de la dette contractée par lIrak et, exploitant le gisement de Rumaila qui s’étend sur les deux territoires, porte sa production pétrolière au-delà du quota établi par lOpec. Il porte ainsi préjudice à lIrak, sorti de la guerre avec une dette extérieure de plus de 70 milliards de dollars, dont 40 dus au Koweit et à lArabie Saoudite. En ce point Saddam Hussein pense sortir de limpasse en « se ré-annexant » le territoire koweitien qui, sur la base des frontières tracées en 1922 par le proconsul britannique Sir Percy Cox, barre laccès de lIrak au Golfe.

    Washington laisse croire à Bagdad quil veut rester en dehors du contentieux. Le 25 juillet 1990, tandis que les satellites du Pentagone montrent que linvasion est désormais imminente, lambassadrice étasunienne à Bagdad, April Glaspie, assure Saddam Hussein que les Etats-Unis désirent avoir les meilleures relations avec lIrak et nentendent pas interférer dans les conflits interarabes. Saddam Hussein tombe dans le piège : une semaine après, le 1er août 1990, les forces irakiennes envahissent le Koweit. 

    Washington, ayant formé une coalition internationale, envoie alors dans le Golfe une force de 750 mille hommes, dont 70% sont étasuniens, aux ordres du général Schwarzkopf. Pendant 43 jours laviation US et alliée effectue, avec 2800 avions, plus de 110 mille sorties, larguant 250 mille bombes, dont celles à fragmentation qui diffusent 10 millions de sous-munitions. Participent aux bombardements, avec celles des USA, des forces aériennes et navales britanniques, françaises, italiennes, grecques, espagnoles, portugaises, belges, hollandaises, danoises, norvégiennes et canadiennes. Le 23 février les troupes de la coalition, comprenant plus dun demi million de soldats, lancent loffensive terrestre. Elle se termine le 28 février avec un « cessez-le-feu temporaire » proclamé par le président Bush. A la guerre succède lembargo, qui provoque dans la population irakienne plus de victimes que la guerre : plus dun million, dont environ la moitié sont des enfants.

    Immédiatement après la guerre du Golfe, Washington lance à adversaires et alliés un message sans équivoque : « Les Etats-Unis restent le seul Etat avec une force, une portée et une influence dans toute dimension - politique, économique et militaire- réellement mondiales. Il nexiste aucun substitut au leadership américain » (Stratégie de la sécurité nationale des Etats-Unis, août 1991).

    La guerre du Golfe est la première guerre à laquelle participe sous commandement étasunien la République italienne, violant ainsi larticle 11 de la Constitution. LOtan, tout en ne participant pas officiellement en tant que telle à la guerre, met à disposition ses forces et structures pour les opérations militaires. Quelques mois plus tard, en novembre 1991, le Conseil Atlantique promulgue, dans le sillage de la nouvelle stratégie USA, le « nouveau concept stratégique de lAlliance ». Dans la même année est promulgué en Italie le « nouveau modèle de défense » qui, renversant la Constitution, indique comme mission des forces armées « la tutelle des intérêts nationaux partout où cest nécessaire ».

    Ainsi naît avec la guerre du Golfe la stratégie qui conduit les guerres successives sous commandement étasunien, présentées comme des « opérations humanitaires de maintien de la paix » : Yougoslavie 1999, Afghanistan 2001, Irak 2003, Libye 2011, Syrie depuis 2013, accompagnées dans le même cadre stratégique par les guerres dIsraël contre le Liban et Gaza, de la Turquie contre les Kurdes du PKK, de lArabie Saoudite contre le Yémen, de la formation de lIsis (Ei) et autres groupes terroristes fonctionnels de la stratégie USA/OTAN, de lutilisation de forces néo-nazies pour le coup d’état en Ukraine servant à la nouvelle guerre froide contre la Russie.

    Prophétiques, mais au sens tragique, les mots du président Bush en août 1991 : « La crise du Golfe passera à lhistoire comme le creuset du nouvel ordre mondial ».

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    Des criminels jamais jugés 

  • Etat d’urgence : La Cour de cassation marque ses graves réserves

    Pas très branchouilles, les audiences solennelles de rentrée de la Cour de cassation, en tout cas moins que le cirque Ruquier,… mais un poil (d’hermine) plus sérieux. Eh oui, parce qu’après deux mois d’état d’urgence, et devant les délirants projets de loi de l’Etat sécuritaire, voilà ma petite chérie, ma Cour de cassation adorée, qui se fâche. Se fâche ? En réalité, elle est furieuse, alarmée et alarmante,… sauf que tout ceci s’exprime avec l’art et la manière, lors de discours prononcés devant la géniale Sinistre de la justice et l’exceptionnel président de l’Assemblée nationale.

    Selon l’article 66 de la Constitution, le juge judiciaire est le garant des libertés individuelles. L’état d’urgence, réponse ponctuelle à une situation de péril, c’est la loi. Mais il faut que cette situation de péril soit avérée - ce qui est loin d'être évident - et de plus, les projets actuels visent à instaurer les mécanismes de l’état d’urgence dans le code de procédure pénale... Ce gouvernement, qui rétrograde l’Etat de droit derrière l’Etat sécuritaire, est à un poil de la dérive avec  (1) la loi constitutionnelle, qui envoie patauger le texte fondateur dans le lisier de la com’, et surtout (2) la loi sécurité de Valls-Taubira, qui inclut les procédés de l’état d’urgence dans le droit commun de la procédure pénale. Le préfet, relais du pouvoir politique, appelé à se substituer au juge... Et si vous imaginez que ça ne jouera que pour les vilains djihadistes…

    Ce sont donc des textes à lire, dans les mots et entre les lignes. Voici des extraits significatifs, et les liens avec le texte complet.

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    Jean-Claude Marin, Procureur général près la Cour de cassation

    L’autorité judiciaire peut être paradoxalement marginalisée dans ce qu’elle sait le mieux faire c’est-à-dire assurer le juste équilibre entre l’intérêt général et la protection des libertés individuelles.

    L’état urgence offre, à cet égard, un terrain intéressant de réflexion. Non pour en contester la légitimité mais pour en tirer des enseignements utiles à notre institution. En effet si les préfets, dans leur action contre le terrorisme, font l’objet d’un contrôle éventuel et a posteriori du juge administratif si ce dernier est saisi d’un recours, les procureurs, dans le cadre de la lutte judiciaire contre le terrorisme, doivent obtenir, pour les mêmes mesures intrusives, obligatoirement et préalablement, l’autorisation d’un juge.

    Est-ce parce qu’ils sont plus susceptibles que l’autorité administrative d’attenter aux libertés individuelles ?

    Ne nous fourvoyons pas dans des comparaisons stériles.

    L’état d’urgence est un dispositif utile propre à faire face, temporairement et seulement ponctuellement, à un danger majeur pour notre pays en autorisant des mesures exceptionnelles d’investigations et de limitation du droit d’aller et venir que la Justice n’aurait pas nécessairement autorisées, faute d’éléments laissant présumer l’existence même d’une infraction.

    Juges et procureurs n’ont pas à s’estimer dépossédés de leur mission constitutionnelle si il ne s’agit que de mesures de police administrative, il est vrai dérogatoires au droit commun.

    L’inquiétude naîtrait si, à la lumière de l’activisme des services dans le cadre de l’état d’urgence, on en venait à imaginer d’en faire, certes en l’amodiant, un régime de droit commun, l’estimant bien plus efficace que la lourde machine judiciaire.

    Il y aurait là, bien évidemment, un risque considérable pour l’Etat de droit car les nombreuses normes imposées, par le législateur, aux magistrats, notamment dans leur activité pénale, ont, pour leur immense majorité, l’objectif d’assurer une procédure équitable et contradictoire, une égalité des armes et une protection efficace des libertés individuelles.

    Nos procédures sont donc légitimement lourdes, en matière civile comme en matière pénale, pour le plus grand bien des justiciables, des citoyens et de l’Etat de droit.

    Bertrand Louvel, Premier président de la Cour de cassation

    La confiance publique a deux sources qui ne se recouvrent pas nécessairement : la première source de la confiance est celle des autres institutions de l’Etat. Les pouvoirs publics sont-ils parfois portés à prendre leurs distances avec l’Autorité judiciaire ? Si oui, pourquoi ? Quelles défaillances ou quels risques l’Autorité judiciaire présente-t-elle qui justifieraient que l’Etat préfère l’éviter lorsqu’il s’agit de la défense de ses intérêts supérieurs ? Le Premier président de la Cour de cassation se doit de poser loyalement cette question dans les circonstances dramatiques que notre pays traverse avec un accompagnement législatif qui ne s’est pas tourné spontanément vers l’Autorité judiciaire lorsque l’on a mis en place le contrôle de l’application aussi bien de la loi sur le renseignement que de celle sur l’état d’urgence, textes qui intéressent pourtant au premier chef la garantie des droits fondamentaux.

    Qu’on me comprenne bien. Mon propos n’est pas critique ni revendicatif. Il est seulement interrogatif. Pourquoi l’Autorité judiciaire est-elle ainsi évitée ? Elle est la première appelée à rechercher en elle-même les réponses à cette question fondamentale.

    Gouvernement, Parlement, Conseil constitutionnel ont convergé pour ne pas désigner le juge judiciaire dans ces lois récentes. Au-delà de la problématique technique autour des notions de prévention et de répression, dont tous les juristes connaissent la labilité, pourquoi ce choix ? Ceci mérite un débat de société. J’espère que l’année 2016 en permettra l’émergence.

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    Le Parti Socialiste assure la victoire des idées du Front National

  • Le gouvernement « socialiste » veut baisser les indemnités des chômeurs

    51kyJx+XCnL._SX301_BO1,204,203,200_.jpgIls font moins les fiers que pour annoncer les batteries de mesures sécuritaires, mais le message est quand même passé : le gouvernement « socialiste » va s’en prendre au régime de l’indemnisation du chômage. Après avoir plafonné les indemnités en cas de licenciement, la Gauche « socialiste » va purger les chômeurs. Le grand combat contre les puissances de l’argent… Un échec total, que le cirque sécuritaire ne parviendra pas toujours à cacher. 

    L’actuelle convention de l’assurance chômage va prendre fin le 30 juin, et les partenaires sociaux vont commencer les négociations début février. Mais voilà, notre autoritariste gouvernement a décidé de s’immiscer dans la négociation, pour donner le cap.

    El Blanco, devant le Comité économique, social et environnemental a demandé aux partenaires sociaux de «dépasser les postures» afin de trouver des «solutions d'avenir» pour redresser le régime de l'assurance chômage.

    De la belle langue de bois, bien décryptée par Le Guen : «Il est extrêmement difficile de diminuer les aides aux chômeurs pendant une période où le chômage est encore très élevé. Mais en même temps, on sait bien que, un peu pour des raisons financières, mais aussi pour mobiliser plus de moyens sur la formation des chômeurs, il est assez vraisemblable qu'il faille un petit peu changer les paramètres de notre assurance-chômage ».

    Donc, en échec sur la création d’emplois, le gouvernement veut que les droits des chômeurs soient revus à la baisse.812_001.jpg

    Actuellement, il faut avoir travaillé quatre mois pour pouvoir commencer à bénéficier de l'assurance chômage. La durée maximale d'indemnisation est fixée à 24 mois pour les moins de 50 ans et à 36 mois pour les plus de 50 ans. Le montant de l'indemnité est, dans le cas général, de 57 % du salaire de référence en brut.

    En 2015, le déficit de trésorerie du régime va se situer à 4,4 milliards €, et pour 2016, on escompte le chiffre de 3,6 milliards d'euros. Au total, une dette cumulée de l'Unedic de 25,7 milliards €. Le régime rame, plombé par la stagnation de l’économie française, comme tous les régimes sociaux.

    Et au passage, un chiffre qui marque la haute compétence de notre excellent gouvernement. La France affiche un déficit budgétaire de 70 milliards d’euros pour 2015 et une dette à 97 % du PIB, quand l’Allemagne dégage un excédent de 12,1 milliards d’euros.

    Si je résume, le gouvernement veut faire « barrage au méchant FN ». Très bien. Et il embraye sur l’état d’urgence – qui abandonne le régime des libertés –, les déchéances de nationalité et la baisse de l’indemnisation des chômeurs. Gros malins…

    Espérons que le peuple se réveille avant qu’il soit trop tard.

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  • Sérieuses inquiétudes pour la Turquie

    Après le terrible attentat d’Ankara au cœur de la capitale et juste à côté des ministères, voici celui de Sultanahmet la très protégée zone touristique d’Istanbul, entre la Mosquée Bleue et Sainte-Sophie, à quelques centaines de mètres du Grand Bazar. Terrible litanie : Istanbul, déjà, le 6 janvier 2015 ; Diyarbakir le 5 juin ; Suruç le 20 juillet ; Ankara le 10 octobre… La leçon est claire : les terroristes montrent qu’ils peuvent frapper là où ils veulent.

    Ce soir, à Istanbul, l’inquiétude est pesante car la grande crainte est de voir deux guerres, celle avec les séparatistes kurdes et celle de Syrie, contaminer le pays. Autant la France est en guerre avec personne, si ce n’est avec les illusions de la politique de la peur, autant la question se pose désormais en Turquie. La catastrophe n’est pas pour demain, mais en revanche, les questions sont là. Elles sont lourdes, et le pouvoir politique doit répondre.

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    Sur le plan intérieur, c’est plus que tendu. La question kurde est au cœur des enjeux politiques, et sans qu’il soit besoin ici de s’interroger sur les responsabilités, il suffit de faire le constat : c’est l’armée contre les groupes séparatistes armés. Dans le même temps, lors des législatives de cet été, pour tenter de briser le parti pro-kurde démocratique, le HDP, dont les bons résultats bloquaient le rêve de majorité des deux tiers pour l’AKP, ce que aurait permis la réforme de la constitution, Erdogan a fait le choix de la tension avec la communauté kurde. Actuellement, le HDP fait l’objet de procédures judiciaires peu convaincantes, alors que la Turquie a été condamnée hier par la Cour européenne des droits de l’homme pour les conditions dans lesquelles  elle avait dissous un précédent parti pro-kurde, le DTP.

    En politique étrangère, le constat fait par tous les observateurs est que la Turquie est désormais très isolée.

    Ahmet Davutoglu, aujourd’hui premier ministre, avait, lorsqu’il était l’influent ministre des affaires étrangères, théorisé la politique du « zéro problème avec nos voisins ». Aujourd’hui, toutes ces relations sont carbonisées : Grèce, Irak, Iran, Egypte, Syrie… Et pour finir la Russie, avec l’attaque du chasseur.

    De longue date, l’Europe a eu le grand tort de rejeter la Turquie, et donc de la projeter vers l’Orient. Il n’y a eu en Europe aucune considération pour un rapprochement avec la Turquie, qui pouvait alors être un atout pour la stabilité.

    Au Moyen Orient, le seul appui turc est la sans scrupule Arabie saoudite, qui embarque la Turquie dans des choix impossibles après l’exécution du leader chiite, le 2 janvier. Privé de gaz par les Russes, Erdogan s’est engagé dans un rapprochement avec Israël… Et pour tenter de tourner la page d’un soutien large aux groupes armés de Daech ou proches de Daech, la Turquie – membre important de l’OTAN – a cet automne 2015 ouvert ses bases militaires à l’aviation des États-Unis. Est-ce une politique étrangère ?

    Hier soir, peu d’informations circulaient sur la réalité de l’attentat d’Istanbul, si ce n’est pour reconnaître l’œuvre de Daech, d’où la crainte de la contamination avec la guerre de Syrie.

    La Turquie et la Syrie sont très proches, avec 800 km de frontières, et surtout du fait de leur histoire, depuis des siècles, et de la proximité des populations. De plus, la Turquie accueille près de 2 millions de réfugiés dont de nombreux Syriens, sans doute un foyer pour des groupes activistes.

    Lors des élections du mois de juin, le peuple turc s’est clairement exprimé pour consacrer la place d’un parti pro-kurde démocratique, déplorer une opposition de gauche divisée et abonnée à toutes les défaites électorales, laisser l’AKP en tête, mais sans majorité et après un sévère avertissement. C’est sur cette base qu’il faut construire, et le débat se focalise sur les instances dirigeantes de l’AKP : passer en force ou savoir trouver les compromis.  

  • 500 000 formations bidon pour que l’excellent Kim Jong-Hollande I devienne Kim Jong-Hollande II

    Notre excellent et bienfaiteur président Kim Jong-Hollande I – un peu abandonné par les foules lors de ses messes mémorielles mais bon… – a toutes les raisons de penser que, héros de la guerre contre le terrorisme, il sera brillamment réélu en 2017, pour devenir un Kim Jong-Hollande II, qui finira de parfaire notre bonheur. Merci à sa grandeur et gloire à son sacrifice...

    Une insupportable comédie en trompe l’œil…

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    Il reste semble-t-il quelques petits puceaux de la politique, depuis leur dortoir de post-ado, imaginant une divine primaire qui définira le candidat idéal… A priori, ses fins esprits n’ont pas pris le temps d’étudier la Constitution de la Ve République… Une primaire contre le président exercice, qui détient tous les pouvoirs, qui contrôle l’Assemblée à 100 %, qui contrôle le parti de gouvernement à 100 % – et donc peut zigouiller tout député récalcitrant en lui retirant l’investiture pour la réélection –, qui est le chef des armées, qui nomme tous les postes importants de l’Etat, de ses succursales et des grandes entreprises publiques, qui dirige en direct de l’action des préfectures et en indirect celle du Parquet, qui nomme le président du Conseil constitutionnel… Un homme occupant un poste qui ne sera jamais attaqué par l’opposition… car elle rêve de l’occuper à son tour, pour détenir tous les pouvoirs… Bref, juste de quoi rire cinq minutes en imaginant Kim Jong-Hollande I s’affronter avec un Cohn-Bendit totalement has been ou un Thomas Piketty pas encore vraiment sorti de la fac…

    Non. Le seul problème de Kim Jong-Hollande I est que, au hasard d’un plateau télé, il a affirmé qu’il ne se présenterait en 2017 si le chômage a décru. Or, le chômage a augmenté, et pour s’en assurer, il y a deux manières de le vérifier.

    La première est de regarder le vote de la SARL Le Pen dans les zones défavorisées : ce vote augmente aussi vite que le taux de chômage, ce qui au passage montre à quel point l’hystérie anti-Le Pen est débile. Commence donc par régler les problèmes de la France, on parlera de Le Pen après…

    La seconde est de regarder les chiffres. En novembre 2015, la France comptait 670 000 chômeurs temps plein de plus qu’en mai 2012, pour atteindre le record de 3,5 millions, soit 10,6 % de la population active. Lorsque l’on prend en compte les chômeurs ayant travaillé dans le mois tout en étant toujours en recherche d’emploi (catégories B et C), on atteint le chiffre de 5,5 millions de chômeurs. Un bel exploit.

    Les politiques gouvernementales sont en échec car les débouchés de l’économie sont trop faibles. Le Medef se contrefiche de régler la question du chômage, et donc du développement de la France, car la seule chose qui intéresse Gattaz est de conforter la situation de ses adhérents, pour être réélu. Il continue de chialer sur le thème « le droit du travail fait peur à l’employeur », ce qui est une idée idiote car, quand une société a des marchés, elle embauche… Mais cela permet de légitimer la casse du Code du travail, confiée à une commission de pseudo-experts, cornaqués par l’inénarrable Badinter. Ils nous saoulent avec les valeurs de la République, nous culpabilisent parce que nous ne votons plus pour eux,… mais ils sous-traitent le démontage du droit du travail à des non-élus, défenseurs des conceptions les plus libérales de l’économie. Ces zigues ne veulent surtout pas résoudre le chômage… car l’invocation de ce taux est pour eux un moyen privilégié de casser le droit du travail.

    Dans ces conditions, comment faire pour préparer l’avènement de Kim Jong-Hollande II ?

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    L’idée est géniale et sa grandeur Kim Jong-Hollande I l’a annoncée lors de ses vœux : « 500 000 chômeurs supplémentaires seront formés en 2016 ». On ne sait pas donner du travail, alors on va occuper les chômeurs. C’est parfait pour la piste d’envol de Kim Jong-Hollande II.

    Un plan massif de formation… pour quels résultats réels alors que le tissu économique et industriel français est sinistré et que l'école continue inlassablement à produire des diplômés sans débouchés ? Ici, patronat et syndicats sont d’accord pour dire que le plan est irréaliste au regard des besoins du marché du travail, alors que nombre de salariés diplômés et qualifiés ne parviennent pas à trouver un emploi… Cela créera juste des emplois de formateurs de chômeurs…

    Après tout, peu importe… L’essentiel est que Kim Jong-Hollande II soit réélu pour poursuivre la guerre contre le terrorisme. Chez ce Monsieur, tout est faux.

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