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  • Les primaires et la parité homme / femme

    9782070528127FS.gifPendant tout l’été, ils nous ont saoulé avec l’égalité hommes/femmes, valeur centrale de la République, principe citoyen, le vivre ensemble et autres sonneries, genre combattre la marginalisation, la femme étant l’égale de l’homme dans notre belle société. Oki.

    Alors j’ai fait le test avec les primaires, ce qui est un test intéressant : quels candidats proposent les deux partis mainstream ? On passe donc de la parole aux actes.

    Chez les Rep’, sur les huit candidats à la primaire, il n’y a qu’une femme, Nathalie Kosciusko Morizet, qualifiée de justesse car les élus rechignaient à lui donner les parrainages, et qui fera un score marginal. En dehors des Rep’, deux candidats en live, Guaino et Bayou, encore deux mecs.

    Chez les Soc’, la liste n’est pas close, mais on trouve Jean-Luc Bennahmias, Gérard Filoche, Benoît Hamon, François de Rugy, Montebourpif, François Hollande, peut-être Valls,… et une femme Marie-Noëlle Lienemann, elle aussi destinée un score de témoignage. En dehors des Soc’, Mélenchon et Macron, et allez…

    Évidemment tous ces mecs ont un programme d’enfer sur l’égalité des droits des femmes, et des arguments en acier pour stigmatiser ceux qui ne respecteraient pas cette égalité…

    A ce stade, le mieux est d’en rire.

    présidentielles 2017,egalité homme-femme

    La petite Egyptienne, Photo de Sabine Weiss, 1983

  • Wagram : Naboléon relève de la CPI

    41avJALYHiL._SX195_.jpgComme je suis un brave gars qui lit les communiqués de la République des valeurs avachies, j’ai appris que le guerrier François Hollande (guerrier des matelas ?) avait choisi pour son discours d’ex-futur président la salle Wagram car c’était le symbole des grandes victoires de la France. Ah bon ?

    Wagram ? En gros, Naboléon, après Austerlitz et le traité Presbourg de 1805, avait mis à terre l’empire autrichien, avec des dommages de guerre XXL et 24 millions de sujets autrichiens passant sous contrôle français. Cinq fois la colonisation israélienne de la Palestine en une bataille, sacré lascar !  Comme ça ne lui suffisait pas, cet enfoiré de Naboléon a essayé de s’imposer en Espagne, mais il s’est cassé les dents sur un régime solide, appuyé par les Britanniques. D’où l’idée des Britanniques de relancer les Autrichiens, humiliés, avec de nouveaux faits d’armes en 1809. Le plus célèbre des empereurs cocus est alors revenu d’Espagne en urgence, et a organisé l’offensive pour gagner Vienne, passer le Danube, et c’est la bataille de Wagram. Un carnage, les 4 et 5 juillet 1809, qui prend fin le 6. Une boucherie pour les 300.000 soldats des deux armées : les bilans font état de 85.000 morts en 72 heures... Naboléon gagne à bout de souffle, et signe la «paix de Schönbrunn», le 14 octobre 1809. Mais son armée est tellement exsangue que c’est le début de la fin.  

    Voilà Wagram, l’idéal du « parti socialiste » conquérant. Mais Wagram n’est qu’une petite pièce d’un ensemble. Cet ensemble, c’est le crime de guerre parfait, c’est-à-dire la conquête de territoires par la force armée, avec les transferts de populations et les massacres qui suivent. Quand tu es un peuple, tu es souverain sur ton territoire. Tu peux défendre ton territoire en attaquant le voisin, quand cette attaque est nécessitée par la protection de ton peuple, mais en aucun cas tu ne peux conquérir un territoire par la force armée. C’est la loi de la jungle, la première menace contre la paix.

    Qui peut m’expliquer pourquoi un peuple souverain à Paris, peut revendiquer de l’être à Vienne ou au Caire, au seul motif que la violence institutionnelle lui a permis d’enrôler de pauvres soldats, massacrés pour des causes qui les dépassent, et qui méritent notre immense respect ? Qui peut m’expliquer pourquoi, en droit, Paris est souverain à Mayotte ? Ou à Cayenne ? 

    La Révolution de 1789 était bourgeoise, libérale et individualiste. Les héritiers dévitalisés des Lumières – Lumières qui n’ont jamais compris la dimension sociale des combats pour la liberté – se sont faits plumer par Naboléon, et il n’y a pas de quoi pleurnicher. Avec son Code civil, Naboléon a instauré la propriété sacrée, transmissible entre riches pour qu’elle ne soit pas transmissible vers les pauvres, et cela a fait le bonheur de tous ces tordus. Une ligne droite vers Calais...

    En revanche, il est beaucoup plus grave – et c’est le seul cas connu au monde – que Naboléon ait rétabli l’esclavage dans les colonies. Ce criminel mondain, qui faisait le malin avec la Déclaration de 1789 et avec son génial Code civil, a avec la loi du 20 mai 1802 renvoyé à l’état de choses des personnes qui pendant trois ans étaient devenues des êtres humains. La loi pour organiser et pérenniser le crime…

    Ah qu’elle est belle et pleine de sens la bataille de Wagram !

    Que le guerrier Hollande prenne pour référence Eric Zemmour, qui idolâtre Naboléon, n’est pas fait pour me surprendre. Que la Gauche, dans sa version gochmole, trouve ses références dans l’impérialisme et le colonialisme, est juste une confirmation. Chez ces gens-là, on ne t’accepte pas pour ce que tu es, mais pour ce que l’on peut faire de toi. Tout ça, on ne le découvre pas aujourd’hui.

    Mais il est bien clair que si le mec se retrouve aux présidentielles, au premier comme au deuxième tour, et contre quelque adversaire que ce soit, jamais il n’aura ma voix.

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    Empereur de mes deux

     

  • Un mur anti-étrangers en France

    Aïe aïe aïe, c’est la décrépitude ! En cette fin d’année 2016, on va construire en France un mur pour bloquer les étrangers. Je suis consterné. Consterné par cette décision, et consterné par le consensus qui l'accueille. Invraisemblable… Comment être tombé si bas ? Trump en parle, mais nous, nous le faisons. C’est dingue !

    C’est à Calais, un truc de plus pour bloquer la fameuse « jungle », 7.000 personnes à ce jour. Ce sera un mur en béton d’un kilomètre, haut de 4 mètres, équipé de caméras de surveillance et d'un système «anti-franchissement type OTAN». Excellente référence !

    Le but est bien sûr la sécurité, la nouvelle déesse pervertie de notre République malade, car si l’on veut empêcher les migrants d'accéder à la rocade menant au port de Calais, prolongeant le système de clôture actuel, c’est pour « sécuriser les automobilistes ». A l’extérieur, le mur sera végétalisé, pour faire écolo, mais à l’intérieur, le mur restera lisse pour éviter «aux migrants de grimper», selon les techniciens de la Direction interdépartementale des routes de la région qui est le maître d'ouvrage. Donc c’est aussi pour leur sécurité. Bande de faux-culs…

    Le coût sera d’environ trois millions d'euros, outre l’entretien de la surveillance informatique, financé par la Grande-Bretagne. Le ministre de l’Immigration, Robert Goodwill, explique que ce mur prend place parmi d’autres équipements « de sécurité » pour un montant de 20,2 millions d’euros. 20,2 millions d’euros pour 7.000 personnes. Oki ?

    Pour Jean-Marc Puissesseau, boss du port Boulogne-Calais ce mur est «une satisfaction, l'espoir de se protéger des assauts des migrants et d'envisager un avenir plus serein». Si toutefois il n'y avait pas de démantèlement de la jungle par les autorités dans les prochains mois, il demanderait au gouvernement français «la réalisation totale du mur jusqu'à l'A16». T’as raison, Jean-Marc, faut pas mollir…

    Voilà où nous en sommes.

    Trois burkinis sur la plage de Nice, c’est une atteinte aux valeurs de la République, et tout le bastringue.

    Un mur de 4 mètres de haut comme réponse de deux pays riches – 5eme et 6eme puissances du monde, regroupant plus de 120 millions d’habitants – à 7.000 personnes en grande précarité, demandant une chance pour reconstruire leur vie, ça ne pose aucune atteinte aux valeurs de la République, ni au bastringue.

    Là, chères amies, chers amis, on voit qu’il y a du dégât…

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  • Italie : Les décombres de la démocratie, par Manlio Dinucci

    Gouverner, c’est choisir. Devant les décombres du tremblement de terre, les choix gouvernementaux apparaissent au clair, explique Manlio Dinucci.

     

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    Les décombres de la démocratie

    par Manlio Dinucci

     

    «Rien que des décombres, comme s’il y avait eu un bombardement», a dit la présidente de la Chambre Boldrini en visitant les lieux sinistrés par le tremblement de terre[1]. Paroles sur lesquelles il faut réfléchir au-delà de l’image.

     

    Face aux scènes déchirantes des enfants morts sous les décombres du tremblement de terre, comment ne pas penser à tous ces enfants (que la télé ne nous a jamais montrés) morts sous les décombres des bombardements auxquels, de la Yougoslavie à la Libye, a aussi participé l’Italie ? « On a l’impression d’être en guerre », raconte un des nombreux volontaires.

     

    En guerre, la vraie, l’Italie en effet y est déjà, brûlant des ressources vitales qui devraient être destinées à protéger la population de notre pays des tremblements de terre, des coulées de boue et inondations qui provoquent de plus en plus de victimes et de destructions. Des politiciens de provenances diverses ont proposé, dans un élan de générosité, de destiner aux zones sinistrées le jackpot du Superenalotto[2], 130 millions d’euros. Personne cependant n’a proposé d’employer à cet effet le « jackpot » de la dépense militaire italienne qui se monte, selon les données officielles de l’Otan, à environ 20 milliards d’euros en 2016, 2,3 milliards de plus qu’en 2015 : en moyenne 55 millions d’euros par jour, chiffre en réalité plus important quand on inclut les dépenses hors budget de la défense attribuées à d’autres ministères. En tout cas d’après les données de l’Otan, l’Italie dépense en un seul jour pour le militaire plus que ce qu’a prévu le gouvernement pour l’urgence tremblement de terre (50 millions d’euros), cinq fois plus que ce qui a jusqu’à présent été récolté avec les SMS solidaires[3].

     

    Alors que manquent les fonds pour la reconstruction et la mise en sécurité des édifices par de réels systèmes anti-sismiques, pour un plan à long terme contre les tremblements de terre et les débâcles hydro-géologiques.

     

    Alors que les pompiers, dont en ces occasions on reconnaît formellement les mérites, ont des effectifs, salaires et moyens totalement inadéquats pour le travail qu’ils effectuent, souvent au risque de leur vie, non seulement dans les urgences quotidiennes, mais dans les désastres « naturels » de plus en plus fréquents (dont les conséquences catastrophiques relèvent en grande partie de responsabilités humaines).

     

    Par contre ne manquent pas les financements et les moyens pour les forces spéciales italiennes qui opèrent dans la nouvelle guerre de Libye. A Pise, où il y a deux ans a été constitué le Commandement des forces spéciales de l’armée (Comfose), se sont intensifiés depuis des mois les vols des C-130J qui partent pour des destinations inconnues chargés d’armes et de ravitaillements. Ces opérations sont autorisées secrètement par le Président du Conseil Renzi sans qu’il en réfère au parlement. L’article 7 bis de la loi 198/2015 sur la prolongation des missions militaires à l’étranger confère au Président du Conseil la faculté d’adopter des «mesures d’intelligence d’opposition, en situations de crise (…), avec la coopération de forces spéciales de la Défense avec les aménagements consécutifs de soutien de la même Défense», avec la seule obligation d’en référer formellement au « Comité parlementaire pour la sécurité de la République ». En d’autres termes, le président du Conseil a en main des forces spéciales et des services de renseignement à utiliser dans des opérations secrètes, avec le soutien de tout l’appareil militaire. Un pouvoir personnel anticonstitutionnel, potentiellement dangereux y compris sur le plan intérieur.

     

    Alors qu’il affiche son émotion aux funérailles des victimes du tremblement de terre, en faisant des promesses sur la reconstruction, le Président du Conseil Renzi, dans le cadre de la stratégie USA/Otan, conduit l’Italie à d’autres guerres et à une dépense militaire croissante au détriment des exigences vitales du pays. Dépense à laquelle s’ajoute celle, secrète, pour les opérations militaires secrètes qu’il a ordonnées. Alors que, sur la reconstruction promise des zones sinistrées, Renzi assure la « plus grande transparence ».

    [1] Tremblement de terre qui a touché le centre de l’Italie le 24 août et les jours suivants.

    [2] Loterie nationale.

    [3] Les « SMS solidaires » sont une méthode de collecte de fonds destinés aux zones sinistrées : pour chaque SMS envoyé à un numéro donné 2 euros sont versés à la Protection civile.

     

    Edition de mardi 6 septembre de il manifesto

    http://ilmanifesto.info/le-macerie-della-democrazia/

    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

     

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  • Le méchant Parquet en veut-il au gentil Sarkozy ?

    46f85cf849c24.jpgL’affaire Bygmalion, c’est simple et compliqué. Pour les deux tours de la présidentielle de 2012, Sarkozy et Hollande pouvaient dépenser chacun 22,5 millions. Nickel pour Hollande, mais pour Sarkozy les dépenses ont été du double : 45,5 millions. Il a donc fallu mettre en place tout un système de fausses factures pour des évènements inexistants, avec des dépenses de 23 millions affectées en fraude à la campagne de Sarko. Gros, vous êtes partis en vacances avec un budget de 1000 € et vous en avez dépensé 2000.

    Alors, Sarkozy promu en correctionnelle ... Comment se présente l’affaire ?

    Il y a d’abord ce qui concerne les manips pour dégager 23 millions. C’est le volet « usage de faux, escroquerie et abus de confiance ». Pour un homme politique avisé, le fait d’exploser les dépenses induit que les recettes corrélatives sont sans doute vicieuses. Le Parquet en est convaincu : « compte tenu de sa formation et de sa très grande expérience en matière de campagne électorale, il était logique d’estimer que sa seule connaissance du dépassement du plafond de dépenses impliquait la connaissance de l’usage de moyens frauduleux inhérents à une telle dissimulation ». C’est donc une conviction, mais le parquet n’a pas de preuves, et Sarkozy ne sera pas poursuivi pour ces faits.

    Ensuite, il y a le volet maîtrise du compte de campagne par le candidat, une règle que connaissent bien tous les candidats… En un mot : l’État va financer la campagne par un remboursement, et le candidat s’engage à respecter les règles de recettes et de dépenses fixées par la loi, c’est pas plus compliqué.full.largent.jpeg

    La campagne de Sarkozy accrochait mal, et très vite le budget prévu été mis à mal. Le 7 mars 2012, un des experts-comptables de la campagne avait adressé au directeur de la campagne, Guillaume Lambert, une note alertant sur le niveau des dépenses et demandant de les limiter. Lors de l’instruction, Guillaume Lambert a affirmé qu’il avait porté cette note à la connaissance de Nicolas Sarkozy. Problème...

    Sont finalement retenus trois faits :

    - avoir dépassé le plafond des dépenses électorales ;

    - avoir omis de respecter les formalités d’établissement du compte de campagne ;

    - avoir fait état, dans le compte de campagne ou dans ses annexes, d’éléments comptables sciemment minorés.

    Le réquisitoire souligne qu’il s’agit de dispositions spécifiques du code électoral, qui ont créé une responsabilité autonome du candidat : « Certes, Nicolas Sarkozy occupait au moment des faits des fonctions qui lui interdisaient d’être régulièrement informé dans le détail des questions budgétaires. Cependant, ses éminentes responsabilités politiques ne pouvaient effacer celles du candidat qu’il était également et ne l’autorisaient donc pas à s’abstenir de suivre effectivement l’évolution de ses dépenses. » L’argument de Sarkozy selon lequel il avait délégué le suivi des dépenses, est balayé, le parquet soulignant qu’il « n’en avait pas le droit car le texte pénal applicable ne l’est qu’à lui seul puisqu’il vise le candidat ».

    Au niveau de l’accusation, ça tient la route, c’est le moins qu’on puisse dire. Maintenant, à la défense de jouer.

    Pour aujourd'hui, trois commentaires.

    1/ Pas de « risques de procès » avant les présidentielles.

    20399968.jpgLa presse s’accorde à dire, vu les délais de procédure et les recours prévisibles, qu’il n’y a pas de « risques » pour Sarkozy d’un procès avant les présidentielles. Je m’interroge beaucoup sur ce mot de « risques ». Pour un présumé innocent, qui se déclare innocent et veut écrabouiller le Parquet, passer devant le tribunal n’est pas un risque mais une chance, la chance de convaincre le juge de ses bons arguments et d’être innocenté. Il y a donc quelque chose qui doit m’échapper…

    2/ Le Parquet joue avec le calendrier…

    La bonne blague. Cette affaire ne concerne pas que notre excellent ex-futur président, mais treize autres personnes. L’enjeu est loin d’être négligeable, 23 millions de fausses factures, et le financement illégal d’une campagne présidentielle. Pour un dossier ouvert en 2014, la justice a été très diligente. Il y a deux ans il ne fallait rien faire, puisqu’il ne fallait pas s’acharner sur ce looser. Il y a un an il ne fallait rien faire, car il reprenait la tête du parti et c’était donc une manœuvre. Et aujourd’hui, il ne faut rien faire car il a décidé de candidater aux primaires…

    3/ L’affaire a déjà été jugée par le Conseil constitutionnel.

    Exact. Mais la loi a prévu, en cas d’irrégularités du compte des sanctions électorales et pénales. Donc, on applique la loi, no problem. Et puis, le Conseil constitutionnel s’était prononcé le 4 juillet 2013, confirmant la décision de la Commission nationale des comptes de campagne pour un dépassement de 120.267 €. A l’époque on ne savait rien de l’affaire Bygmalion et de ses 23 millions d’euros.

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