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affaires criminelles - Page 5

  • Barre : « Nous ne pensions pas que le RPR allait assassiner Boulin »

    51kns3y9RIL._SX323_BO1,204,203,200_.jpgHier le procureur de la République de Versailles a annoncé qu’il avait ouvert une information judiciaire s’agissant des circonstances de la mort du ministre Robert Boulin, pour « arrestation, enlèvement et séquestration suivi de mort ou assassinat ». Un juge d'instruction va être nommé. Petit détail : la mort de Robert Boulin date du 30 octobre 1979.

    Robert Boulin était alors ministre du travail du gouvernement Barre, sur la fin du septennat de Giscard d’Estaing. Les batailles au sein de la Droite étaient féroces, avec un certain Jacques Chirac qui voulait tout reprendre à sa main. Ancien résistant, plusieurs fois ministre, le gaulliste Robert Boulin était un poids lourd du gouvernement, et du RPR.

    Depuis le début octobre, la presse avait sorti des informations sur une opération immobilière crapoteuse du ministre, à Ramatuelle. Assez lamentable, mais ce n’était pas une affaire d’État.

    Le 30 octobre à 6 h 30 est donné l’ordre de rechercher le corps d’une haute personnalité, et à 8h45, est retrouvé par des gendarmes le corps de Robert Boulin, dans la forêt de Fontainebleau, entre Saint-Léger-en-Yvelines et Montfort-L’Amaury. Le corps du ministre est dans une sorte d’étang : 40 cm de vase et 50 cm d’eau, là où il s’est noyé. Sur lui, une lettre d’adieux : « Messieurs, j’ai décidé de mettre fin à mes jours. ». Plusieurs autres lettres posthumes seront ensuite retrouvées.

    Dans la matinée, une dépêche AFP – informée à la source officielle, nous sommes en 1979… – fait comprendre qu’il s’agit d’un suicide par absorption de barbituriques. À midi, avant l’examen du corps par les légistes, le procureur de la République de Versailles confirme la thèse du suicide.

    Tout le problème est que, progressivement, cette thèse va s’écrouler. Les examens ne retrouvent pas de barbituriques, mais plutôt la molécule du Valium. Des photographies remises à la famille, trois ans plus tard, montrent un visage tuméfié, et un corps portant des traces de violence. Autopsie, contre-autopsie, examens partiels quand ils sont encore possibles… La thèse du suicide est de plus en plus affaiblie. Les chaussures et le bas des jambes du pantalon sont propres, alors que Robert Boulin est censé avoir marché dans les 40 cm de boue avant de trouver les 50 cm d’eau où il serait parvenu à se suicider… Et beaucoup d’autres incohérences. Pour autant, la scène ne donne pas assez d’éléments pour retenir l’alternative, à savoir l’assassinat.41qrYDrl0fL._SX339_BO1,204,203,200_.jpg

    La justice s’est prononcée à plusieurs reprises pour conclure à des non-lieux. Vous trouverez sur ce site créé par la famille Boulin beaucoup d’informations.

    L’affaire rebondit ces dernières années, car un témoin affirme avoir vu la veille au soir Robert Boulin dans sa voiture, en compagnie de deux autres personnes, alors qu’il n’avait pas de rendez-vous officiel ce jour-là. C’est un élément nouveau, car on quitte la scène de l’étang pour une séquence qui aurait commencé la veille par une séquestration. La justice qui n’entendait plus revenir sur ce qui avait été si mal enquêté, trouve là une occasion d’instruire sur du neuf, et de redonner une crédibilité au scénario d’une mort violente.

    A cet égard, l’un des points déterminants est qu’il est désormais acquis que, lorsque les autorités gouvernementales ont donné l’ordre de recherche, à 6h30, elles savaient déjà que Robert Boulin a été trouvé mort. Depuis quand ? D’après certaines publications, car il en est beaucoup, l’information circulait depuis la veille en fin de soirée.

    Nous suivrons donc avec beaucoup d’intérêt cette information judiciaire qui va nous plonger dans les mœurs politiques de l’époque. L'enquête ne sera pas simple car beaucoup de choses vont reposer sur des témoignages anciens. À cette époque, pas de téléphone portable, pas de GPS, pas d’ordinateur à faire parler… Et beaucoup de personnes qui auraient du être entendues ne sont plus de ce monde.

    Vous souhaitez une piste pour éclairer l’affaire ? Alors je vous propose cette interview de Raymond Barre en mai 2005, qui, explique que lui-même, alors premier ministre, avait été au courant à trois heures du matin…, et qui lâche avec une décontraction déconcertante : « Nous ne pensions pas que le RPR allait assassiner Boulin ». Un peu de sincérité…

  • Tianjin : En attendant l'enquete

    Comment un fait d'une telle ampleur peut-il survenir, dans une si grande et si belle ville ? 

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  • Une idée du crime

    Comme un enfant, notre sur-informée (de conneries) société soudain le découvre le crime avec l’affaire de Saint-Quentin-Fallavier : une personne au profil commun, et donc avec de grosses taches, pour un motif futile bascule dans le crime, et ajoute des actes de barbaries… La vie de tous les jours de cours d’assises… Pas la peine d’en faire une apoplexie…

    Je n'ai pas eu besoin de chercher longtemps pour trouver une affaire, racontée par Ouest-France d'hier. 

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    Acte de barbarie : deux frères jugés aux assises

    « Le vol est puni de la réclusion criminelle à perpétuité, lorsqu’il est accompagné de violences ayant entraîné la mort, ou d’actes de barbarie. » Bien que noyée dans l’ordonnance de mise accusation, la phrase a résonné dans la cour d’assises, dès l’ouverture du procès.

    Les deux hommes l’ont encaissée, bras croisés, dans le box des accusés. Il est reproché aux frères de 21 ans et 22 ans, d’être les auteurs d’un vol avec violence ayant entraîné la mort de Sylvain Cormary.

    Les faits remontent au 1er juillet 2013, à Saint-Hilaire-des-Loges. Le duo, sans domicile fixe, se rend ce soir-là chez la victime. Sylvain Cormary qui vit également dans une très grande précarité, se fait agresser d’entrée.

    Il est roué de coups. La maison est retournée pour être cambriolée… L’acte de trop : un seau d’excréments est versé sur la tête de la victime, puis les frères détalent avec divers objets de pacotille.

    L’homme de 43 ans décédera le 4 juillet. Et pourquoi les frères SDF auraient commis de tels actes sur un homme autant démuni qu’eux ? Selon l'aîné « La première idée était de pouvoir se faire héberger. En même temps, on avait bu, et on a décidé de le voler. »

    L'accusé, totalement enlisé dans ses explications, a soudain minimisé son implication. Il a chargé son cadet. « Je ne pensais pas qu’il aurait pu être aussi violent que ça. Moi, j’ai juste donné un coup de pied dans le dos. . »

    Son jeune frère avoue avoir joué de la bombe lacrymogène dès l’ouverture de la porte, puis avoir asséné un coup-de-poing, ou encore divers coups de pieds.

    « Par contre le seau d’excréments, c’est pas moi. J’ai dit à mon frère que c’était dégueulasse de faire ça. » Son aîné jure que c'est l’inverse. Les débats reprennent ce mardi, à 9 h ».

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    Au moment des faits, Ouest-France avait ainsi raconté l’affaire, et notez les propos du maire.

    Coups et actes de barbarie : un homme décède

    Agressée à son domicile de Saint-Hilaire-des-Loges, en Vendée, dans la nuit de lundi à mardi, la victime est décédée hier. Deux suspects, deux frères, ont été placés en garde à vue.

    C'est une amie qui a découvert la victime, dans sa maison située rue de l'Ancien-Bourg, à Saint-Hilaire-des-Loges, une commune située à l'est de Fontenay-le-Comte. Inquiète de ne pas avoir de nouvelles depuis plusieurs jours, elle s'est rendue à son domicile, mercredi en milieu de journée. Agé de 43 ans, Sylvain Cormary était inconscient. Son corps, tuméfié, portait de nombreuses traces de coups.

    Transporté à l'hôpital de Fontenay-le-Comte puis au centre hospitalier de La Roche-sur-Yon, l'homme est décédé hier matin. « Les enquêteurs ont vu que divers objets avaient été volés au domicile, dont un téléphone portable. Les investigations ont conduit à interpeller deux hommes, mercredi en fin d'après-midi, vers 17 h 30 », indique le procureur de la République de La Roche-sur-Yon, Hervé Lollic. Ils sont soupçonnés d'être les auteurs des vols et des coups.

    Bernard Boeuf, maire de Saint-Hilaire-des-Loges, est sous le choc: « J'ai été appelé par les gendarmes qui m'ont informé que Sylvain Cormary avait été attaqué. Mais je ne savais pas qu'il était décédé. C'était un homme discret, qui travaillait. Il vivait seul et sans enfant », précise-t-il.

    Interpellés à Saint-Hilaire-des-Loges, les deux hommes ont été placés en garde à vue. Il s'agit de deux frères, d'une vingtaine d'années, décrits par le procureur comme « appartenant au milieu SDF ».

    «Ce sont deux jeunes de l'assistance publique, je connaissais la famille où ils étaient, s'étonne le maire. Mais ils n'ont jamais posé de problème dans la commune. » Bernard Bœuf évoque l'aîné des deux « qui s'en est bien sorti, avec un bon travail ». Et un plus jeune, « qui traînait depuis son départ de la famille d'accueil, sans travail ». L'un d'eux aurait reconnu avoir porté des coups, dans la nuit de lundi à mardi.

    Les deux frères avaient-ils l'intention de voler la victime quand ils se sont présentés à son domicile ? Voulaient-ils seulement se faire héberger ? « Les versions divergent », affirme le procureur.

    Selon lui, la victime a pu être agressée avec une bombe lacrymogène, mais aussi « attachée avec du ruban adhésif ».

    Les deux jeunes suspects seront présentés au parquet aujourd'hui vendredi. Le procureur indique qu'il devrait ouvrir une information judiciaire pour « vols avec violences ayant entraîné la mort, avec actes de barbarie ». La victime aurait probablement été aspergée avec le contenu d'un « pot de chambre ».

    *   *   *

     

    Ils sont venus se faire héberger chez une connaissance… Sans savoir pourquoi, ça tourne à l’hyper-violence, pour un vol de pacotille. La victime est rouée de coup… Les agresseurs laissent la victime mourante, lui vident un sceau d’excréments sur la tête, et prennent la fuite… Crime avec actes de barbarie… pour rien. C’est ça, le crime. C’est ça, la violence. 

  • L’enfer des tueurs via les drones

    Un boulot tout propre. Une bonne maison, l’armée US, et un poste de haute technologie, des horaires presque corrects, une bonne paie, et agir pour la défense du pays. De quoi se plaindre ? De ce qu’il s’agit d’exécuter des condamnations à mort prononcées sans procès et sans preuve par le gouvernement fédéral, le Prix Nobel de le Paix Obama. L’horreur du crime de masse. La prison se précise pour ce criminel. 

    Voici deux articles pour faire le point.

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    I – New York Times

    Le premier article, sous les signatures de Christopher Drew, Dave Philipps, Mark Mazzetti et Eric Schmitt, a été publié dans le New York Times du 16 juin.

    As Stress Drives Off Drone Operators, Air Force Must Cut Flights

    CREECH AIR FORCE BASE, Nev. — After a decade of waging long-distance war through their video screens, America’s drone operators are burning out, and the Air Force is being forced to cut back on the flights even as military and intelligence officials are demanding more of them over intensifying combat zones in Iraq, Syria and Yemen.

    The Air Force plans to trim the flights by the armed surveillance drones to 60 a day by October from a recent peak of 65 as it deals with the first serious exodus of the crew members who helped usher in the era of war by remote control.

    Air Force officials said that this year they would lose more drone pilots, who are worn down by the unique stresses of their work, than they can train.

    “We’re at an inflection point right now,” said Col. James Cluff, the commander of the Air Force’s 432nd Wing, which runs the drone operations from this desert outpost about 45 miles northwest of Las Vegas.

    The cut in flights is an abrupt shift for the Air Force. Drone missions increased tenfold in the past decade, relentlessly pushing the operators in an effort to meet the insatiable demand for streaming video of insurgent activities in Iraq, Afghanistan and other war zones, including Somalia, Libya and now Syria.

    The reduction could also create problems for the C.I.A., which has used Air Force pilots to conduct drone missile attacks on terrorism suspects in Pakistan and Yemen, government officials said. And the slowdown comes just as military advances by the Islamic State have placed a new premium on aerial surveillance and counterattacks.

    Some top Pentagon officials had hoped to continue increasing the number of daily drone flights to more than 70. But Defense Secretary Ashton B. Carter recently signed off on the cuts after it became apparent that the system was at the breaking point, Air Force officials said.

    The biggest problem is that a significant number of the 1,200 pilots are completing their obligation to the Air Force and are opting to leave. In a recent interview, Colonel Cluff said that many feel “undermanned and overworked,” sapped by alternating day and night shifts with little chance for academic breaks or promotion.

    At the same time, a training program is producing only about half of the new pilots that the service needs because the Air Force had to reassign instructors to the flight line to expand the number of flights over the past few years.

    Colonel Cluff said top Pentagon officials thought last year that the Air Force could safely reduce the number of daily flights as military operations in Afghanistan wound down. But, he said, “the world situation changed,” with the rapid emergence of the Islamic State, and the demand for the drones shot up again.

    Officials say that since August, Predator and Reaper drones have conducted 3,300 sorties and 875 missile and bomb strikes in Iraq against the Islamic State.

    What had seemed to be a benefit of the job, the novel way that the crews could fly Predator and Reaper drones via satellite links while living safely in the United States with their families, has created new types of stresses as they constantly shift back and forth between war and family activities and become, in effect, perpetually deployed.

     “Having our folks make that mental shift every day, driving into the gate and thinking, ‘All right, I’ve got my war face on, and I’m going to the fight,’ and then driving out of the gate and stopping at Walmart to pick up a carton of milk or going to the soccer game on the way home — and the fact that you can’t talk about most of what you do at home — all those stressors together are what is putting pressure on the family, putting pressure on the airman,” Colonel Cluff said.

    While most of the pilots and camera operators feel comfortable killing insurgents who are threatening American troops, interviews with about 100 pilots and sensor operators for an internal study that has not yet been released, he added, found that the fear of occasionally causing civilian casualties was another major cause of stress, even more than seeing the gory aftermath of the missile strikes in general.

    A Defense Department study in 2013, the first of its kind, found that drone pilots had experienced mental health problems like depression, anxiety and post-traumatic stress disorder at the same rate as pilots of manned aircraft who were deployed to Iraq or Afghanistan.

    The exodus from the drone program might be caused in part by the lure of the private sector, Mr. Tasin said, noting that military drone operators can earn four times their salary working for private defense contractors. In January, in an attempt to retain drone operators, the Air Force doubled incentive pay to $18,000 per year.

    Another former pilot, Bruce Black, was part of a team that watched Abu Musab al-Zarqawi, the founder of Al Qaeda in Iraq, for 600 hours before he was killed by a bomb from a manned aircraft.

    “After something like that, you come home and have to make all the little choices about the kids’ clothes or if I parked in the right place,” said Mr. Black, who retired as a lieutenant colonel in 2013. “And after making life and death decisions all day, it doesn’t matter. It’s hard to care.”

    Colonel Cluff said the idea behind the reduction in flights was “to come back a little bit off of 65 to allow some breathing room” to replenish the pool of instructors and recruits.

    The Air Force also has tried to ease the stress by creating a human performance team, led by a psychologist and including doctors and chaplains who have been granted top-secret clearances so they can meet with pilots and camera operators anywhere in the facility if they are troubled.

    Colonel Cluff invited a number of reporters to the Creech base on Tuesday to discuss some of these issues. It was the first time in several years that the Air Force had allowed reporters onto the base, which has been considered the heart of the drone operations since 2005.

    The colonel said the stress on the operators belied a complaint by some critics that flying drones was like playing a video game or that pressing the missile fire button 7,000 miles from the battlefield made it psychologically easier for them to kill. He also said that the retention difficulties underscore that while the planes themselves are unmanned, they need hundreds of pilots, sensor operators, intelligence analysts and launch and recovery specialists in foreign countries to operate.

    Some of the crews still fly their missions in air-conditioned trailers here, while other cockpit setups have been created in new mission center buildings. Anti-drone protesters are periodically arrested as they try to block pilots from entering the base, where signs using the drone wing’s nickname say, “Home of the Hunters.”

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    II – 

    Voici le second article:

     

    Version d’origine

     

    Drone Pilots Are Exhausted and Suffering From PTSD, Lucy Steigerwald

    On Tuesday, The New York Times published the latest look at drone pilots. These Unmanned Aerial Vehicle operators are suffering such a high rate of exhaustion and stress that the US Air Force has been forced to cut drone missions down from a high of about 65 a week. They also currently have about 500 fewer pilots than they need.

    Though they get to fight their wars in safety, and see their families every night, these new type of soldiers suffer from a surprisingly high burnout rate, and equivalent levels of Post-Traumatic Stress Disorder to fighter pilots. And though when that news first broke two years ago, the temptation to be withering and unsympathetic was strong (okay, maybe that was just me), perhaps that kind of a mental reaction says something vital about the dangers of war to the human soul. Even people who aren’t themselves in danger suffer when they’re killing innocent people.

    Part of the stress comes from the fact that these 1200 pilots are not in a battlefield setting. Strangely, but logically, controlling a surveillance and/or killing machine from thousands of miles away, concern about backing up manned personal, or more likely, worrying whether you’re hitting a would-be terrorist or some innocent civilians is stressful, no matter if you are safe in some bunker in Nevada. Seeing your spouse and kids a few hours later heightens the alienation inherent in such a job. You’re on duty, but you’re at home. It has to be disconcerting. After all, PTSD doesn’t tend to be about cracking up on the battlefield. It’s about dealing with a banal job or life after you’ve been trained to be on edge all the time. These pilots have to do that daily in a manner which must feel like psychological whiplash.

    Additionally, there aren’t really “enough” drone pilots, so the ones who are there are drained and exhausted. Why, though? In a 2013 New York Times piece, one of the co-authors of a Defense Department study offered this explanation, “Remotely piloted aircraft pilots may stare at the same piece of ground for days. They witness the carnage. Manned aircraft pilots don’t do that. They get out of there as soon as possible.” That makes sense. For the 100 years that airplanes have been dropping death from above, the policy tends to be do your thing and then get home as fast as possible. Drones and the eyes of their operators just linger indefinitely.

    The constant presence of drones adds to the psychological torment of the people who live under their invisible shadow. It makes sense that it would be more stressful for the would-be killers as well.

    A piece reposted at Salon back in March reports that drone pilots fly more than three times as many man hours as other pilots. The latter tend to look down on the former as well, implying that they’re just nerdy gamers playing, not real pilots. And even for the antiwar person, there is a temptation to look especially disdainfully at the chickenhawk. Even a bomber pilot is risking their own life when they go out on a mission. Drone pilots go home at night every night. Poor babies, right? Just stop.

    And more and more people wish they would do just that. In April, the websiteknowdrones.org aired 15 second TV spots that urged drone operators to quit. Now, the group – which includes ex-military people – has put together a letter that urges the same thing. The letter says that drone attacks are against the law, and the 6,000 casualties are “undermining principles of international law and human rights.”

    It’s terrific to see this effort going forward, but it’s impossible to feel optimistic about being able to reverse the progress of military drones. They are a cheap, easy way to keep literally a constant presence in countries with which the US isn’t even at war. Someday a terrorist may well use drones in their own form of blowback, but not even then is the US likely to reconsider their new toys. If they literally had nobody left to fly the drones, however, that would stop them from murdering.

    It is murder. And that has to be part of why the operators feel so beaten down. One has to hope they know what they are doing and it has an effect on their psyches. In combat, the eventual suffer of PTSD is in peril. Perhaps they are worried about their fellow soldiers and being able to have their backs if necessary. The latter issue may come into play for drone pilots, but the former never does. And pictures clear enough to see the pink mist that was once a human – perhaps a nameless one, tracked from cell phone signal or suspicious patterns that might mean a terrorist gathering or a wedding is coming together – seem to be enough to damage the person who did the deed from thousands of miles away.

    As I wrote last year, as much as it is unfortunate to have more people in mental distress, it does bode well for humanity that war hurts them. Not the “goodness” of World War II, nor the safety of drone war today will stop a soldier from feeling something if they take a life.

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    Version française

    Drones tueurs : des « pilotes » déprimés, rongés par les remords…

    Traduction par Gilles Munier

    Mardi dernier, le New York Times a publié un dernier aperçu de ce que vivent les militaires qui pilotent des drones. Les opérateurs de ces Véhicules Aériens Sans Pilote souffriraient, au plus haut degré, d’épuisement et de stress, de sorte que l’armée de l’air US a été obligée de réduire le nombre de leurs « missions » qui était de 65 par semaine. L’autre raison est qu’elle ne dispose pas de ces pilotes en nombre suffisant. Il lui en faudrait 500 de plus...

    Bien que ces « pilotes » mènent leur guerre dans des conditions de sécurité exemplaires, qu’ils rentrent dans leur famille tous les soirs, ils sont sujets à des Désordres post-traumatiques de stress (DPTS) à des niveaux équivalents à ceux des pilotes de combat. Ce stress provient, pour partie, de ce que ces 1200 pilotes ne sont pas sur un site d’opérations.

    En effet, bizarrement, contrôler un drone-espion ou servant à tuer à des milliers de kilomètres, soutenir efficacement des militaires en opération au sol, ou plus vraisemblablement, se demander si vous avez ciblé un présumé terroriste ou des civils innocents, est usant, même si vous êtes à l’abri dans un bunker du Nevada. Voir votre épouse et vos enfants quelques heures plus tard attise l’aliénation inhérente à ce travail. Vous êtes en service, mais à la maison. Cela doit être déstabilisant.

    De plus, il n’y a pas « assez » de pilotes et donc ceux en poste sont fatigués et vidés. Pourquoi ? En 2013, dans le New York Times, un des coauteurs d’un rapport de la Défense expliquait que « les pilotes d’appareils télécommandés fixent ce morceau de paysage pendant des jours. Ils voient le carnage. Les pilotes classiques ne font pas cela. Ils sortent de là dès que possible ». Depuis que les avions de guerre, il y a une centaine d’années, ont, du ciel, déversé la mort, la pratique veut que vous exécutez et vous rentrez chez vous immédiatement. Les drones et les yeux des opérateurs planent indéfiniment.

    (…)

    En avril, le site knowdrones.com a mis sur Internet des séquences tv dans lesquelles il demandait à ces opérateurs de démissionner. Les activistes animant ce site, dont d’anciens militaires, ont également présenté cette demande dans une lettre où ils déclarent que : « les attaques de drones sont illégales et les 6000 victimes de celles-ci « minent les principes du droit international et des droits de l’homme ».

    L’optimisme n’est pas de mise : il est quasiment impossible de renverser la marche en avant des drones militaires. Ce sont des outils bon marché, très bon marché, permettant de maintenir une présence constante dans des pays avec qui les Etats-Unis ne sont même pas en guerre. Peut- être qu’un jour, le retour du bâton viendra quand un terroriste utilisera un drone, mais, même à ce moment-là, les Etats-Unis seront incapables de reconsidérer l’utilisation de leurs nouveaux jouets. A moins qu’il n’y ait plus personne pour les faire voler… et tuer.

    C'est un crime. Et c’est peut-être la raison pour laquelle les « droneurs » sont si déprimés. On peut espérer qu’ils savent ce qu’ils font et que cela a une répercussion sur leur psyché. Le danger est inhérent au DPTS mais, les « droneurs » sont peut-être préoccupés par leurs coreligionnaires soldats et par le soutien qu’ils doivent nécessairement leur apporter… Les images vivaces de l’ombre rose (sur leur écran – ndlr) de ce qui était un être humain - peut-être un anonyme, traqué depuis un signal téléphonique ou un comportement suspect analysé comme un groupe terroriste ou un mariage en marche - semblent suffisantes pour détruire celui, qui à des kilomètres de là, appui sur le bouton de tir.

    S’il est triste de voir tant d’individus souffrir de troubles mentaux, cela est réconfortant pour l’humanité de constater que la guerre fait mal. Ni la « vertu » de la 2ème guerre mondiale, ni la sécurité de la guerre des drones, aujourd’hui, n’empêcheront un soldat de ressentir quelque chose quand il prend une vie.

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  • Un nourrisson de 8 mois au commissariat pour avoir mordu le téton de sa nourrice

    Alors que le monde entier, fait de terroristes en puissance, guette comme une proie la douce France, si gentille avec ses belles valeurs, la police niçoise vient d’élucider une affaire qui fait froid dans le dos.


    Un nourrisson de 8 mois, abandonné par ses parents à la crèche municipale, a violemment mordu le téton de sa nourrice, et pourtant une nourrice authentiquement laïque. Nos enquêteurs ont pu vérifier son cahier de vaccinations laïques, qui est à jour, faute de quoi nous l’aurions dénoncée à la police, cela va de soi.

    Le téton, qui était encore meurtri, a été saisi et placé sous scellé par les enquêteurs, pour être transmis au laboratoire de police scientifique où il sera expertisé. Les conclusions des experts seront décisives pour la suite de la procédure, mais grâce à notre équipe d'investigation, on en sait déjà beaucoup.

    Encore sous le choc, la nourrice a pu déclarer à nos reporters de guerre : « Tout se passait bien, et le petit trésor tétait goulûment. Soudain, il m’a violemment mordu le téton. Bien sûr il n’a pas de dents, mais ses mâchoires ont joué un comme étau, et on voyait bien qu’il voulait me manger toute crue. J’étais terrifiée, et heureusement, le directeur de la crèche a pu appeler les secours ».

    Ce qui marque beaucoup dans cette affaire, c’est la radicalisation rapide de ce gosse vers le cannibalisme le plus extrême. Et quelques secondes, l’adorable bambin avait basculé dans la criminalité.

    Mais ces faits dramatiques témoignent d’une dangerosité sociale avérée, car aussitôt son forfait commis, le bambin n’a pas hésité à sourire… et ce en présence de deux autres enfants. Le directeur de l’école a donc, à juste propos, déposé plainte pour apologie de crime de cannibalisme devant le procureur de la République, le président du Conseil général, le Conseil national de sûreté intérieure, la Commission européenne, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le procureur près la Cour pénale internationale, le Conseil de sécurité et le président de la Société nationale des enfumages en tout genre.  

    Il faut dire que d’après certaines rumeurs, l’enfant n’en serait pas à sa première déviance, car il aurait zappé la minute de silence pour Charlie... en piquant un bon roupillon. Or, le directeur de l’Observatoire national des minutes de silence (ONMS) est affirmatif : « Bien sûr que celui qui dort est silencieux, mais en droit, l’article L. 243-8 du Code des minutes de silence est formel : celui qui dort pendant la minute de silence, ça compte pour du beurre ».

     

    Un dernier fait, qui n’est guère rassurant. Devant les services de police, l’enfant a déclaré, bravache : « Quand je serai grand, je ferai une thèse sur le béton ».

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