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affaires - Page 4

  • Agression sexuelle : La parole de la victime existe-t-elle encore ?

    9782247086870.jpgDSK sera-t-il condamné ou non ? Seul un jugement définitif le dira, et nous en sommes loin. Nous connaissons, partiellement, la thèse de la victime, mais nous ignorons tout des éléments décisifs de l’enquête et de la thèse de la défense.

    DSK risque gros, très gros. Son avenir politique est râpé, mais surtout il encourt des années de prison. Il proteste de son innocence. J’ai bien en tête le visage de personnes accusées, qui protestaient contre toutes les apparences, et dont l’innocence a finalement été reconnue. A l’examen des faits s’ajoute la procédure, et ses règles. L’affaire n’est pas finie ; elle commence, et ses avocats seront très combattifs.

    Mais la retenue qui s’impose vis-à-vis de l’accusé vaut pour la victime, et ce que je vois apparaitre depuis hier matin est consternant.

    Je passe évidemment sur toutes les grandes déclarations bidonnées de notre joyeux monde politique sur les violences faites aux femmes. Avec ce législateur qui fait de la gonflette en votant la loi réprimant la simple violence psychologique dans le couple… alors qu’il sait très bien que faire enregistrer une plainte pour violences est loin d’être évident pour les femmes. Je n’oublie pas non plus que les députés ont rendu hommage debout, et en séance, à un de leur collègue qui venait de se suicider après avoir abattu sa femme à bout portant, parce qu’elle le quittait.

    Non, je n’ai pas découvert hier que le discours sur les violences contre les femmes manquait cruellement de contenu. En revanche, je n’imaginais pas ce mépris profond et serein pour une femme qui vient de porter plainte pour viol, et dans des conditions suffisamment circonstanciées pour que la police, puis un procureur, enchaînent.

    Il y a deux personnes en cause, et ce qu’elles disent mérite une égale considération pour les observateurs que nous sommes.

    DSK conteste les charges. Dont acte. Nous ne savons rien de la thèse de DSK. Ne s’est-il rien passé ? S’est-il passé quelque chose, mais qui n’était qu’une équivoque ? Est-ce un complot, une manipulation ? Ses avocats s’exprimeront. Je dis quand même que le menottage dans le dos d’une personne qui ne présente aucun risque de fuite est un abus, de même qu’exposer cet homme menotté aux photographes. C’est peut être courant aux US, mais c’est illégal en France, et à juste titre. 9782247074082.jpg

    Mais, en parallèle, quel mépris pour ce que dit cette femme ! Comment accuser d’être l’outil d’un complot cette jeune femme humble, vivant avec sa fille, salariée appréciée par son employeur dans sa manière de servir et dans son comportement ?

    Sa thèse, tout le monde la connait, et elle a été prise en compte immédiatement par la police puis après plus de huit heures d’examen, par le procureur. Ce n’est pas une veille histoire qui ressort opportunément. Dans les minutes qui ont suivi, elle s’est précipité vers ses collègues et son directeur pour parler, et demander à la police de venir.

    Cette femme peut demain dire qu’il ne s’est rien passé, et le procès prendra fin. Mais ce qu’elle a dit aujourd’hui mérite la plus grande attention, car si cette thèse est vraie, cette femme a été victime d’une agression sexuelle, une blessure terrible qui marquera sa vie.

    Les victimes qui portent plainte savent que deux malheurs se conjuguent : l’agression qu’elles viennent de subir, et l’enquête qui commence. Et il en est pour la femme de service du Sofitel comme toutes les victimes. Elles ne demandent rien à personne, se trouvent agressées, et elles vont devoir affronter les mises en cause qui découlent de toute procédure. Il faut des preuves, et c’est l’objet des enquêtes, conduites par des équipes spécialisées de la police.

    Mosco, le Guen, Savary, et toute la chorale ont entonné l’air du « complot », de la « manipulation ». Complot de quoi ? Comment ? Qu’attendent-t-il pour saisir la justice ? Il est profondément choquant qu’à aucun moment ils n’émettent l’hypothèse que la victime puisse être sincère, car cela revient à la condamner, sans présomption d’innocence, à l’infraction de dénonciation calomnieuse.

    La question posée à la justice de New York, c’est un des décideurs les plus puissants du monde qui agresse une femme issue de la plus humble des sociétés. Le fait que les responsables politiques de Gauche soient incapables d’intégrer cette question dans leurs analyses montre que s’ils mettent des guillemets à « victime », je dois les mettre à « de Gauche ».

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  • Nucléaire : Le tabou français

    403px-Robida_vie_electrique.pngEt que dirait l’ami Copé d’un grand débat sur la place du nucléaire dans la République ? Ca nous changerait un peu de sa fiévreuse danse du ventre devant les musulmans, et ça permettrait de parler d’un vrai sujet.

    Le nucléaire en France reste la dernière zone régie par le droit soviétique : pas touche et tout va bien ; si tu critiques, tu es un ennemi de la nation.

    Notre vaillant pays sait se passionner pour des questions absolument essentielles : la grève d’entrainement de deux heures des joueurs de l’équipe de France, l’installation d’une ourse dans les Pyrénées, un Quick qui ne sert que de la viande halal, l’ouverture des magasins le dimanche, les repas végétariens à la cantine de l’école, les deux concours concurrents de Miss France, les sifflets contre la Marseillaise dans les stades de foot,…

    Notre non moins vaillante UMP a découvert – merci Monsieur Copé ! – qu’on n’avait pas parlé de l’islam depuis au moins 5 ans. D’où vite un  débat d’urgence, sur le thème « Devrons nous changer la loi de 1905 à cause le l’islam, ce alors qu’aucun responsable religieux musulman n’a jamais demandé de modification de la loi ? » Le débat s’annonce passionnant.

    Aussi, si le cerveau de notre bon Copé n’est pas totalement essoré par ces puissantes réflexions, je lui propose un autre sujet : le nucléaire.

    Là c’est bien simple : il n’y a jamais eu de débat sur le nucléaire pour cause de sûreté de l’Etat.1284977615.png

    Tout est parti du général à titre provisoire De Gaulle Charles, qui voulait la bombe pour faire un bras d’honneur aux Ricains. Questions pour le débat : que veut dire notre armement nucléaire, marque mortelle de l’indépendance militaire, alors que la guerre froide a pris fin et que nous avons, sous Sarko-Koukouch, intégré le commandement militaire de l’OTAN ? La France n’étant rien sans l’Europe, quel plan pour la gestion de cette arme ? Question complémentaire : eu égard à ce qu’est la guerre depuis cinquante ans, des conflits locaux qui font des populations civiles les premières victimes, quel intérêt pour la focalisation sur le nucléaire ? En annexe : nos sous-marins nucléaires servent à quoi ? Si Copé est en en forme, on pourrait même lui demander quelles doivent être les missions actuelles de l’armée française, après un bilan objectif des trente dernières années. On commencerait par notre action en Afghanistan, puis on poursuivrait par le Rwanda. De petites révisions à prévoir... T’as une idée, Copé ?

    Pour le nucléaire civil, ce n’est pas mieux. Une cause nationale que l’on comprend vite : des centaines de milliers d’emplois, une mémère EDF qui est dans tous les grands équipements du pays et qui soigne les élus locaux comme un conseil général le fait pour l’enfance en danger, des syndicats surpuissants qui pourraient casser le pays par une grève de huit jours et pour lesquels on a toutes les attentions, des secteurs-clés de la recherche financés et contrôlés de près, et des journaux qui bavent devant les campagnes de pub d’EDF. Alors, bien sûr, on ne va poser de questions idiotes, du genre : pourquoi la France est-elle le seul pays dépendant à 80% du nucléaire ? Quel est le coût de toute la filière, depuis l’extraction du minerai au Niger jusqu'au recyclage des déchets ? Dans quelles conditions et avec quelles contreparties gère-t-on l’exploitation des mines en Afrique ? Sur la base de quels critères est-il décidé d’implanter des centrales à l’étranger, et par exemple en Chine ou dans les pays du Golfe ? Pourquoi la part des énergies renouvelables reste-t-elle si faible ? Pourquoi maintenir ce seuil à 80 %, qui hypothèque les trente années qui viennent, alors que tous les pays sont sur le recul de la part du nucléaire ?

    Copé, comme le PS, ont raison de se méfier : si on se met à parler des questions qui comptent, on verra vite qu'ils n’existent plus.

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    Tabou
  • Médiator : C’est grave docteur !

    Enfin du consistant dans l’affaire du Médiator avec le rapport de l’IGAS, un pavé de 260 pages, dont vous trouverez le lien ci-dessous. Une étude remarquable, qui traite tous les aspects du dossier. Les conclusions sont d’autant plus sévères que justement, la rédaction est très équilibrée, soulignant combien est difficile la validation des médicaments par l’autorité sanitaire. mediator-l-agence-du-medicament-aurait-ete-alertee-des-1998_22530_w250.jpg

     

    Voici les conclusions

     

    Tout le monde en prend pour son grade.

     

    « Le déroulement des événements relatés dans ce rapport est très largement lié au comportement et à la stratégie des laboratoires Servier qui, pendant 35 ans, sont intervenus sans relâche auprès des acteurs de la chaîne du médicament pour pouvoir poursuivre la commercialisation du Médiator et pour en obtenir la reconnaissance en qualité de médicament anti-diabétique. Pour reprendre une expression revenue à plusieurs reprises dans les témoignages recueillis par la mission, elle a « anesthésié » ces acteurs de la chaîne du médicament et même, selon deux anciens présidents de commission d’AMM, elle les a « roulés dans la farine ».

     

    « A aucun moment pendant cette longue période, aucun des médecins experts pharmacologues, internes ou externes à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, n’a été en mesure de conduire un raisonnement pharmacologique clairvoyant et d’éclairer ainsi les choix des directions générales successives.

     

    « Surchargée de travail, empêtrée dans des procédures juridiques lourdes et complexes, en particulier à cause de l’articulation de ses travaux avec l’Agence européenne, bridée par la crainte des contentieux avec les firmes, l’Agence est apparue à la mission, dans le cas étudié, comme une structure lourde, lente, peu réactive, figée, malgré la bonne volonté et le travail acharné de la plupart de ses agents, dans une sorte de bureaucratie sanitaire.

     

    « Un certain nombre d’anomalies majeures de fonctionnement ont été identifiées, en particulier la confirmation à la firme d’une autorisation de mise sur le marché en 1997, contraire à la décision prise quelques mois auparavant, notification qui n’a pu être prise que sur l’instruction d’un des responsables de la direction de l’évaluation.

     

    « Le dispositif de pharmacovigilance a failli à sa mission, qui est d’identifier et d’instruire, dans un délai raisonnable, et afin d’éclairer la décision des responsables sanitaires, les cas d’effets indésirable graves liés à l’usage du médicament. La raison principale de cet échec collectif est à rechercher dans l’insuffisance de culture de santé publique et en particulier dans un principe de précaution fonctionnant à rebours.

     

    « Dans ces conditions, il n’est guère surprenant que l’alerte dans cette affaire soit venue de l’extérieur : de la revue Prescrire, du Dr Irène Frachon, de Catherine Hill et du Dr Alain Weil, pour ce qui concerne la dangerosité du médicament, ce qui a permis son retrait ; et de Flore Michelet et du Dr Gérard Bapt, pour ce qui concerne l’impact en termes de mortalité.

     

    « La multiplicité des instances sanitaires chargées du médicament, leur cloisonnement et la complexité de leur fonctionnement rendent le système lent, peu réactif et contribuent à une dilution des responsabilités.

     

    « Quant à la politique de remboursement des médicaments dont sont responsables les ministres, elle apparaît sous un jour paradoxal : c’est pour des raisons telles que la défense des prescripteurs et des patients que la politique de déremboursement a été étalée sur presque une décennie. La réalité veut, dans le cas présent, que cet objectif allégué ait conduit au résultat inverse ».

     

    Et maintenant ? MEDIATOR_Couverture.png

     

    Les premières pensées sont pour les personnes décédées, et celles fragilisées par ce poisson scientifique, validé par l’autorité publique et  remboursé par la Sécurité sociale.

     

    L’urgence est la réforme de l’institution sanitaire. Certes. Mais avec un peu de calme et de méthode.

     

    L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) fait partie de ces agences créées dans les années post scandale du sang contaminé. Il s’agissait de démanteler le ministère pour confier ses tâches à des agences, ceci pour dédouaner le ministère, et renforcer les compétences dans des organismes idoines. Le premier aspect a très bien marché : c’est la faute de l’agence, et le ministère n’y est pour rien ! Pour le second aspect, c’est l’échec. On peut donc dire qu’en vingt ans la sécurité sanitaire garde les mêmes insuffisances, mais le mauvais objet est une vilaine agence et pas le gentil ministère.

     

    Quelle réforme ? C’est plus facile à dire qu’à faire. Un médicament par nature est dangereux, et la question est clairement la gestion du risque. Alors je ne donne aucun crédit aux déclarations maximalistes de notre minimaliste « ministre ». Le rapport décrit les faiblesses et propose déjà des pistes pour les solutions. L’un des points intéressants est que des praticiens avaient identifié non le risque, mais le danger, et que leur point de vue n’a pas été pris en compte. C’est une piste rassurante : l’approche clinique des praticiens est fiable, et il faut trouver le moyen de la faire prendre en compte par les structures. Ce doit tout de même être faisable.

     

    Les victimes peuvent obtenir réparation par une action civile contre Servier pour avoir causé le dommage et contre l’Agence, pour ne pas l’avoir arrêté. Le procès est jouable mais pas simple, car on n’accède pas au médicament comme à une baguette de pain. Il faut une prescription médicale, décidée après un examen, un diagnostic et une perspective thérapeutique… et un suivi.

     

    Pour éviter les aléas de ces procédures individuelles, est envisagée la création d’un fonds d’indemnisation, qui versera aux patients les réparations financières sur le simple constat du dommage et du lien de causalité avec la prise du médicament, et le fonds cherchera ensuite à récupérer les sommes auprès des responsables.

     

    Reste le volet pénal, qui est nécessaire. Les premières plaintes ont été déposées et le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour homicides involontaires. Alors que de nombreux décès ont été dénombrés, le parquet a choisi l’enquête préliminaire et non l’instruction judiciaire. Après le sang contaminé et l’amiante, il y a tout lieu de redouter ces instructions protéiformes et qui buttent obstinément sur la preuve de la certitude du lien de causalité. Au pénal, on ne juge pas « l’affaire Médiator », mais la certitude du lien de causalité entre telle faute et tel décès. Preuve très difficile à rapporter.

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    Pamela Isley alias Poison Ivy, l'une des pires ennemies de Batman,
    par Robert Kanigher et Sheldon Moldoff
  • Le bonheur est chilien

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  • Wauquiez, mendiant de l’UMP

    Un nouvel exploit de la République irréprochable. Les tribulations du jeune et moderne Wauquiez Laurent à Londres valent leur pesant de cacahuètes.

     

    Londres d’enflamme pour le Puy-en-Velay

     

    En janvier 2008, Wauquiez Laurent, député et maire du Puy-en Velay, déclare à la préfecture de Haute-Loire, la création de Nouvel Oxygène, mouvement politique qui a pour objet de « rassembler les citoyens désireux de participer à la vie locale et nationale ». Le statut ajoute : « Nouvel Oxygène contribue activement au débat politique tant en Haute-Loire que nationalement ».

     

    Le bilan financier est disponible sur le JO publiant le rapport de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques pour 2008, denier exercice connu (page 290). 2008 est donc l’année de création de ce parti, qui bénéficie déjà de ressources substantielles :

    -          34 235 € de dons de personnes physiques 

    -          1 433 €  de dévolution de l’excédent des comptes de campagne 

    -          22 463 € contributions reçues d’autres formations politiques, va savoir, peut-être la maman UMP.

     

    Coté cotisation, c’est plus surprenant : pas un centime. Donc un micro parti créé en janvier 2008 qui justifie de recettes pour 59 871 €, mais sans une seule cotisation. Côté dépense, la contribution « active au débat politique tant en Haute-Loire que nationalement » semble avoir être restée très cérébrale. Jugez vous-même : 

    -          78 € pour la propagande,

    -          2 622 € d’aide à un candidat, mais on ne sait lequel.

    -          4624 € d’achats.

     

    Bon, après tout, on s’en contrefiche de ce Nouvel Oxygène… Eh bien, on aurait bien tort. Car la multiplication de ces micro-partis est un moyen de contourner la loi électorale en parasitant les comptes des grands partis

     

    Alors, les exploits de Wauquiez Laurent à Londres,… il y a de quoi rire deux minutes ! Le secrétaire d’Etat nous explique que son Nouvel Oxygène a une telle notoriété à Londres, que ce 28 juin, après une journée harassante toute consacrée à la lutte pour l’emploi, il a du sacrifier sa dernière énergie pour rencontrer dans un club de Mayfair – quand même plus classe que le foyer rural du Puy-en Velay – un aréopage de banquiers et des gérants de fonds spéculatifs complètement accros à l’action de Nouvel Oxygène. Leur enthousiasme était tel qu’ils ont voulu donner de l’argent, et Wauquiez Laurent, pour ne pas leur faire de peine, a du accepter. Ce alors que l’association a tout de même 52 547 € en caisse, soit au regard du niveau des dépenses de 2008, environ sept ans d’avance. 

     

    Evidemment, personne n’est dupe. Nouvel Oxygène est une petite pompe à fric, mais quelques centaines de ces petites pompes branchées en série, ça finit par faire une très belle pompe ! Il va donc falloir s’intéresser à ce genre de manips.

     

    La mendicité et l’exploitation de la mendicité

     

    En réalité, le plus efficace est de prendre l’affaire sous l’angle de la mendicité, car c’est bien de ça qu’il s’agit : « un peu d’argent car je suis dans le besoin ». Depuis 1990, la mendicité n’est plus sanctionnée, mais la loi du 19 mars 2003 a introduit dans le Code pénal l’infraction d’exploitation de la mendicité. Un truc pas gentil du tout. Lisons ensemble.

     

    Voici l’article 225-12-5.

    « L'exploitation de la mendicité est le fait par quiconque de quelque manière que ce soit :

    « 1° D'organiser la mendicité d'autrui en vue d'en tirer profit ;

    « 2° De tirer profit de la mendicité d'autrui, d'en partager les bénéfices ou de recevoir des subsides d'une personne se livrant habituellement à la mendicité ;

    « 3° D'embaucher, d'entraîner ou de détourner une personne en vue de la livrer à la mendicité, ou d'exercer sur elle une pression pour qu'elle mendie ou continue de le faire ;

    La sanction est lourde : trois ans de prison et 45 000 € d’amende. Le législateur de 2003 ne rigolait pas.

    L’article 225-12-6 prévoit une série de circonstances aggravantes, et j’ose à peine citer l’article 225-12-7 :

     

    « L'exploitation de la mendicité d'autrui est punie de dix ans d'emprisonnement et de 1 500 000 Euros d'amende lorsqu'elle est commise en bande organisée ».

     

    Eh oui, les carottes sont cuites… Notre Wauquiez tendant la main devant les banquiers de la city, c’est de l’exploitation de la mendicité en bande organisée. D’ailleurs, voici le jugement.

     

     

    LE TRIBUNAL DU BLOG

     

    Sur le rôle de la loi dans la République

     

    Attendu que la République est laïque et irréprochable ;

    Attendu que les ministres doivent être aussi irréprochables que la femme de César, et que pour l’avoir oublié, César faillit y laisser des plumes ;

    Attendu qu’à 30% dans les sondages, il n’y a plus beaucoup de plumes à perdre sans commettre ipso facto l’infraction d’outrage à la pudeur ;

    Attendu que la France souffre assez et qu’il faut lui éviter ce choc ;

    Attendu que nul n’est censé ignorer la loi et surtout celui qui l’a votée ;

    Attendu que, grand ou petit, tout le monde est égal devant la loi ;

     

    Sur la législation du financement des partis politiques

     

    Attendu que par un jour de distraction, le Législateur a bêtement voté une loi sur le financement des partis politiques ;

    Attendu que ceux qui détiennent la finance ont des opinions plus stables que le brave peuple, si vite irrité par l’augmentation du prix du kilo d’oranges ou du tarif du gaz ;

    Attendu qu’une société toute orientée vers le progrès humain a besoin de stabilité et qu’un pouvoir politique normalement constitué, soucieux du bonheur de son peuple, doit savoir prendre des mesures limitant temporairement les libertés de ce peuple et renforçant le pouvoir de l’argent, car ce n’est là qu’un mal nécessaire, genre maison de correction ;

    Attendu d’ailleurs que dans les grandes démocraties modernes, c’est celui qui a le plus d’argent qui gagne les élections, et chacun a pu voir que la victoire d’Obama, grand moment de la démocratie, s’est dessinée à partir du moment où il avait obtenu les plus de dons qu’Hillary ;

    Attendu aussi que violer la loi sur le financement de la vie politique pour permettre une vie politique prometteuse ne saurait être puni, car ce n’est en réalité qu’une sublimation des buts de la loi ;

     

    Sur le délit d’exploitation de la mendicité

     

    Attendu en revanche que si tout est permis au voleur c’est à condition qu’il ne se fasse pas prendre ;

    Attendu que, si vous êtes juges et que vous ne sanctionnez pas celui qui est pris les doigts dans la confiture, vous n’aurez pas votre place sur le tableau d’avancement, et que ça, c’est bien embêtant ;

    Attendu qu’un parti politique a pour objet de faire de la politique avec l’argent des adhérents ;

    Attendu qu’un parti politique qui n’a pas d’adhérent et ne fait pas de politique, mais qui a plus de 50 000 € en caisse, n’est en réalité qu’une caisse ;

    Attendu que pour remplir encore mieux cette caisse, ce parti a envoyé le jeune et sympathique Wauquiez Laurent mendier du fric auprès de banquiers et de gérants de fonds spéculatifs à Londres ;

    Attendu bien entendu que ces banquiers et gérants de fonds spéculatifs n’ont absolument rien à fiche de Nouvel Oxygène ou des futures élections municipales au Puy-en-Velay ;

    Attendu que si ces banquiers et gérants de fonds spéculatifs donnent de l’argent, c’est pour alimenter les petites rivières qui aboutiront dans le grand fleuve UMP ;

    Attendu que Wauquiez Laurent ne profite pas lui-même de l’argent, mais le reverse à Nouvel Oxygène, et qu’il a d’ailleurs du payer sa chambre d’hôtel sur sa propre cassette, dit-il ;

    Attendu qu’ainsi Nouvel Oxygène organise la mendicité de Wauquiez Thierry en vue d'en tirer profit, ce qui correspond exactement à la définition de l’article 225-12-5, 1° alinéa.

     

    Sur les circonstances aggravantes

     

    Attendu que Nouvel Oxygène, avec 78 € de frais de propagande par an et zéro centime de cotisation n’est pas un parti mais une caisse annexe pour l’UMP ;

    Attendu que la mendicité de notre pauvre ami Wauquiez Laurent est en réalité imposée dans un cadre organisé par les boss de l’UMP, ce qui correspond exactement à la définition de l’article 225-12-7, qui sanctionne l’exploitation de la mendicité en bande organisée ;

     

    Sur la sanction

     

    Attendu que notre excellente ministre de la Justice Indépendante a brillamment expliqué devant l’Assemblée Nationale que la République se vivait à visage découvert ;

    Attendu qu’il se servirait à rien de sévir contre la burqa si on en restait à la lutte contre un bout d’étoffe noire, et que c’est bien tout procédé de dissimulation de la personne qui doit être sanctionné ;

    Attendu que Nouvel Oxygène est en réalité une sorte de burqa de l’UMP, dont notre pauvre ami Wauquiez Laurent se voit imposer le port ;

    Attendu que la répression doit être ferme, mais qu’elle vise surtout l’amendement, en application du principe « A tout pêcheur miséricorde » ;

     

    Par ces motifs

     

    Vu les articles 225-12-5, 1° alinéa et 225-12-7 du Code pénal,

     

    Dit que le fait, pour les boss de l’UMP, d’avoir amené Wauquiez Laurent à mendier de l’argent au profit en réalité de l’UMP devant des banquiers et des gérants de fonds spéculatifs constitue l’infraction d’exploitation de la mendicité en bande organisée ;

     

    Sur le plan pénal, dit que les boss de l’UMP sont condamnés à un stage de citoyenneté d’une semaine de 35 heures ;

     

    Sur le plan social, confie la victime Wauquiez Laurent aux bons soins de l’association « Ni putes, ni soumises », où il bénéficiera, outre de paroles flatteuses pour l’esprit,  d’amitié et de réconfort.

     

    Murillo, Le Jeune mendiant, 1648, Musée du Louvre
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