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droit des enfants - Page 2

  • Le sort des réfugiés, une urgence mondiale

    Excellent article de Pierre Jovanovic, d'un quotidien qui résiste à la folie xénophobe et anti-pauvres, La Croix (Et pas la bannière), quitte à  perdre les pubs des grands annonceurs qui tiennent la presse.

    *   *   * 

    Une date symbolique

    La journée mondiale des réfugiés a été instituée par l'ONU pour sensibiliser l'opinion mondiale à la condition des réfugiés. L'Assemblée générale des Nations unies en a décidé ainsi, en 2000, par le vote de la résolution 55/76. C'est en 2001, l'année du 50e anniversaire de la signature de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, que cette Journée mondiale a été marquée pour la première fois. La date du 20 juin a été choisie pour coïncider avec la Journée du réfugié africain, mise en place dans de nombreux pays d'Afrique. Les Nations unies se sont également inspirées de l'exemple de l'Église catholique, qui célèbre chaque année en janvier la Journée mondiale du migrant et du réfugié, instituée par le pape Benoît XV en 1914.Cette année, à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) insiste particulièrement sur leurs conditions de déplacement, à travers des vidéos de témoignage. Un site Internet (www.stories.unhcr.org) rassemble les récits de réfugiés ayant fui à Malte, en Grèce et en Indonésie. Depuis le début, l'actrice Angelina Jolie est l'ambassadrice de cette Journée mondiale des réfugiés.

    Une crise mondiale

    Selon Amnesty International, qui a rendu son dernier rapport le 15 juin, le monde connaît la crise des réfugiés « la plus terrible depuis la Seconde Guerre mondiale ». En cause, la guerre civile syrienne, les migrations à travers la Méditerranée et les déplacements de population en Asie du Sud-Est. Depuis 2011, le conflit en Syrie a jeté hors du pays plus de 4 millions de réfugiés, qui se retrouvent principalement en Turquie et au Liban. Les pays hôtes manquent de moyens et de structures pour permettre leur réinstallation. Confronté à plus d'un million de réfugiés sur son sol, qui pèsent désormais pour 25 % de la population, le Liban a dû restreindre fortement les conditions d'entrée sur son territoire.

    En Afrique subsaharienne, on compte plus de 3 millions de réfugiés. Certains tentent de traverser la Méditerranée, au péril de leur vie. En 2014, 3 500 personnes seraient mortes noyées. Elles seraient 1 865 depuis le début de l'année 2015. Les traversées sont également meurtrières dans le golfe du Bengale et la mer d'Andaman, en Asie du Sud-Est: Rohingyas musulmans fuyant les persécutions bouddhistes en Birmanie, ou Bangladais fuyant la misère, des centaines de personnes sont mortes au premier trimestre 2015 en essayant d'atteindre l'Indonésie, dans le but de passer ensuite en Australie.

    Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) cherche à réinstaller les réfugiés dans un pays tiers. Cette réinstallation est, en principe, temporaire, elle peut devenir durable si les causes (guerres, etc.) de l'exil perdurent. Cela nécessite un soutien financier et humanitaire des pays accueillants, afin que ces derniers puissent proposer plus de places aux nouveaux arrivants. Pour les réfugiés syriens, il s'agit principalement de la Turquie et du Liban, qui, à eux deux, concentrent désormais 3 millions de réfugiés sur quatre. L'Union européenne participe à cet effort de réinstallation, en offrant 20 000 places à des réfugiés venus de pays extérieurs à ses frontières. Compte tenu de la crise actuelle, cela ne suffit pas et Amnesty International appelle la communauté internationale à faire l'effort de réinstaller un million de réfugiés.

    Parmi les autres revendications des organisations humanitaires, figure la mise en place d'un fonds mondial pour les réfugiés sous l'égide de l'ONU, afin de répondre plus efficacement aux crises humanitaires. Ces mêmes ONG réclament que la convention des Nations unies de 1951 relative au statut des réfugiés soit enfin ratifiée par des États actuellement confrontés à des afflux de populations déplacées, notamment l'Indonésie et la Malaisie.

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    Pris en flagrant délit, un enfant réfugié syrien menaçant le chômage en France

    Nous n'avons qu'une existence sur terre : de qui cet enfant paie-t-il la faute? 

    Et qui est ce "juge" si injuste qui brise la vie d'un innocent ?  

  • Ça devient compliqué…

    Je vous livre en quelques mots cette affaire qui me scotche.


    C’est l’histoire d’une jeune fille de quatorze ans qui avait été mise en examen il y a quelques mois pour des faits de « séquestration en réunion avec arme ». Du 17 au 19 avril 2014, en Moselle, elle avait séquestré, avec l'aide de complices, une personne handicapée sous la menace d’un couteau, et la victime avait été torturée – pieds brûlés à l'aide de cigarettes et coup de câbles – pour lui extorquer de l'argent.


    La jeune fille avait été placée sous contrôle judiciaire dans un centre éducatif fermé du Nord de la France, ces presque prisons pour mineur. Mais elle en a fugué à plusieurs reprises. Les séances de recadrage n’ont servi à rien, et après une nouvelle fugue, le Juge des libertés et de la détention de Metz a révoqué son contrôle judiciaire et l’adolescente été écrouée lundi soir à la maison d’arrêt d’Epinal. Lors de son incarcération, la mineure était enceinte depuis quatre mois.

     

    Oui, ça devient compliqué… très compliqué…


  • La Suède reconnaît l’Etat de Palestine

    Pour la Palestine, beaucoup parlent, et d’autres – plus rares – agissent. Début octobre, lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Stefan Löfven (Parti Social Démocrate) avait annoncé que la Suède allait reconnaitre l’État de Palestine. Cela a été fait hier par un décret, commenté par la ministre des Affaires étrangères.

    « Aujourd’hui le gouvernement prend la décision de reconnaître l’État de Palestine. C’est un pas important qui confirme le droit des Palestiniens à l’auto-détermination.

    « Le gouvernement considère que les critères de droit international pour une reconnaissance de l’État de Palestine sont remplis: un territoire, bien que sans frontières fixes, une population et un gouvernement.

    « Nous espérons que cela montre la voie à d’autres ».

    Nous en sommes donc à 134 Etats ayant reconnu l’Etat de Palestine, dont sept membres de l’Union européenne: la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, Malte et Chypre.

    Les Etats-Unis vont nous lâcher un truc du genre qu’ils regrettent cette décision « qui ne va pas dans le sens de la paix ». Presque drôle… Les autres Etats européens, qui sont pourtant tous engagés par un Traité de coopération avec la Palestine, fondé sur les frontières de 1967, vont se planquer sous l’édredon, et préparer une grande conférence absolument passionnante… où tout le monde sera l’ami des Palestiniens… Tu parles.

    Nous, on regarde, on note, et on n’oublie pas. Le double standard – le droit pour les Etats puissants, et les discours pour les autres – mine toute crédibilité à l’action internationale des gouvernements occidentaux. Par cette décision, la Suède place l’Union européenne devant ses responsabilités.

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    Stockholm

  • L’histoire pas banale d’un enfant acheté

    C’est l’histoire pas banale d’un enfant acheté. Acheté via un vrai trafic, dans la communauté rom : la mère – déjà six enfants – ne voulait pas de cette nouvelle naissance, et des mafieux ont cherché des acheteurs. Un jeune couple – 26 et 27 ans – qui ne parvenait pas à avoir d’enfant, a réuni le prix – plusieurs milliers d’euros – et a récupéré l’enfant dès sa naissance, en mai 2013 à Marseille. Un bon marché, une nouvelle famille qui se construit,… mais pas d’état civil.

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    L’affaire est venue aux oreilles de la police, et en septembre, les deux intermédiaires ont été émis en examen pour « traite d’être humain » et écroué. Le couple, résidant alors en Meurthe-et-Moselle, a lui aussi été mis en examen, mais laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

    Que faire de l’enfant ? Une décision qui relève du juge pour enfants, et le seul critère doit être celui de l’intérêt de l’enfant.

    Difficile de le remettre à la mère biologique, qui avait été capable de le vendre… Alors, et c’est en pratique la seule solution, le bébé a été placé par le juge dans une pouponnière de Nancy. Mais là, rien n’allait plus comme l’explique mon excellente consœur Maître Caroline Depretz.: « L’enfant, qui était jusqu’alors vif et éveillé, a rapidement dépéri. Il s’est tellement renfermé que les services sociaux ont craint que cela ne touche son développement psychomoteur ».

    Début juillet, un juge des enfants de Nancy a accordé aux parents acheteurs un droit de visite, qui s’est révélé très positif pour l’enfant, et fin août, le juge a décidé d’un placement de l’enfant auprès de ce couple. Cette décision ne donne pas à l’enfant le statut d’adopté, décision qui relève d’une autre procédure et d’un autre juge, et elle ne fait pas disparaitre les poursuites pénales. L’enfant avait vécu le retrait de « sa » famille comme un abandon : « L’intérêt de l’enfant a primé, la décision du juge est particulièrement courageuse», ajoute notre amie Caroline. De ce que je lis, le Parquet n’a pas fait appel.

    Le couple indique qu’il va maintenant demander l’adoption. Vis-à-vis de l’enfant qui n’a rien demandé à personne, mais qui a rejoint notre communauté des vivants, comment pourra-ton refuser de lui donner un statut légal d’enfant adopté, dès lors qu’il vit avec les parents qui font son bonheur ? Un bonheur qui est passé par des intermédiaires crapules et la commission de l’infraction grave de traite d’être humain. Pas simple…

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  • A Gaza, 400.000 enfants sont en «détresse psychologique»

    Les enfants ont payé un lourd tribut au cours des quatre semaines de la guerre à Gaza. Depuis le début del’opération «Bordure protectrice», 419 enfants (moins de 18 ans) ont trouvé la mort, selon les chiffres de l’Unicef. Interview de Catherine Weibel, porte-parole de l’Unicef pour Israël et la Palestine, par 20 Minutes.

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    Dans quelles mesures, les enfants sont-ils victimes du conflit?

    419 enfants sont morts depuis le début. Les enfants tués étaient très jeunes. Plus de 70 % avaient douze ans ou moins. On compte également presque 3.000 blessés. Avec parfois des blessés très graves, qui sont mutilés, brûlés, ou qui ont perdu la vue. Plus généralement, on estime que 400.000 enfants sont en état de choc et ont besoin d’un soutien psychologique. Cela représente presque la moitié des enfants à Gaza.

    Comment repère-t-on un enfant en état de choc?

    Les enfants sont terrifiés. En raison des bombardements notamment, le jour et la nuit. Plusieurs marqueurs montrent leur détresse psychologique. On voit des enfants qui ne dorment pas, qui ne mangent pas, qui font des cauchemars, ou pipi au lit. Certains ne parlent plus, regardent dans le vide, ne réagissent plus lorsqu’on s’adresse à eux. D’autres ne veulent plus quitter leurs parents et s’accrochent à eux lorsqu’ils quittent la pièce.

    Quelle aide l’Unicef peut-elle leur apporter?

    Un enfant en état de choc, il faut le prendre dans ses bras, lui dire qu’on l’aime. Même quand ils dorment par terre, il faut les bercer, leur raconter une histoire, des choses qui peuvent paraître toutes bêtes, mais qui permettent de réinstaurer une routine. Le fait de les faire parler de ce qu’ils ont vécu va les aider à guérir. Pour les cas plus extrêmes, des psychologues vont les prendre en charge. 120 conseillers psychologiques d’urgence, soutenus et formés par l’Unicef, sont présents à Gaza. Pendant les combats, en raison des risques, seule la moitié pouvait s’installer sur le terrain. On avait mis en place un numéro d’appel d’urgence pour les parents. Mais très vite, il n’y avait plus d’électricité.

    Le cessez-le-feu est donc bienvenu…

    S’il tient, toutes les équipes de psys vont pouvoir aider les enfants traumatisés. On pourra alors les rassembler à l’extérieur, les faire jouer, leur donner une impression de normalité. Les plus touchés seront pris en charge. Ça va prendre beaucoup de temps pour qu’ils guérissent, pour qu’ils repartent sur des bases saines. Des mois, des années même.

    Est-ce qu’un enfant peut s’habituer à la guerre?

    Un enfant de six ans qui vit à Gaza aujourd’hui a déjà connu trois guerres: Plomb durci [2008-2009], Pilier de défense [2 012], et celle-ci. Contrairement à ce qu’on pense, les enfants peuvent bien se remettre d’un grand épisode de violence. Ce qui fait beaucoup de dégâts, c’est quand ils traversent plusieurs épisodes. Avec la répétition, ils pensent que la violence est une chose normale. A long terme, la violence reproduit la violence. Ceux qui ont connu des épisodes traumatiques pourront la retranscrire à l’adolescence ou même à l’âge adulte.

    En dehors du soutien psychologique, quels sont les besoins les plus urgents?

    L’eau. Il n’y en a pas beaucoup, et les infrastructures d’eau potable ont connu de très gros dommages. La quasi-totalité de la population n’a pas accès à l’eau potable. Les autres urgences sont les produits d’hygiène. Plus du quart de la population s’est enfui pour se réfugier dans les écoles. Les établissements accueillent parfois plus de 3.000 personnes. Les conditions sont épouvantables, on constate des maladies de peau, des poux. L’Unicef distribue des kits d’hygiène pour bébés, des vêtements, ou des récipients pour pouvoir aller chercher de l’eau. On donne aussi des médicaments pédiatriques et des fournitures médicales aux hôpitaux

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