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Droit international - Page 2

  • Tous unis dans la lutte contre le terrorisme

    La lutte contre terrorisme, c’est-à-dire le recours à la violence armée par des groupes minoritaires ayant des plans pour s’imposer contre les peuples par la commission de crimes, est le premier de nos combats. Un défi aux civilisations... Solidarité sans faille avec ceux qui combattent pour défendre la liberté depuis 1492, car leur liberté, c’est la nôtre.

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  • 150 morts à Kaboul… Il faut virer les US et Daech

    Ce 31 mai, à 8 h 20, un camion de vidange, blindé d’explosifs, a foncé place Zanbaq, dans Wazir Akbar Khan, le secteur sécurisé de Kaboul, qui comprend les bâtiments officiels, dont la présidence, et les ambassades étrangères. Pour arriver jusque-là, le camion avait passé plusieurs points de sécurité. In extremis, les policiers ont tiré, causant la déflagration : 13 policiers sont morts. Le bilan est dramatique : 150 morts et 300 blessés. Plusieurs ambassades ont été endommagées par la puissance de l’explosion.

    L’attaque n’a pas été revendiquée. C’est donc du très sérieux.

    afghanistan, terrorisme

    La population, éreintée par ces décennies de terrorisme, est descendue dans les rues de Kaboul, demandant la démission des responsables de la sécurité. En réponse, une répression violente, qui a fait 4 morts le 2 juin. Pour dire l’ambiance, le ministre des Affaires étrangères, Salahuddin Rabbani, qui a échappé il y a peu à un attentat et dirige le parti tadjik Jamiat, appuie cette demande, alors que le président Ghani, issu de l'ethnie pachtoune, s’y oppose…

    Le gouvernement afghan, à bout de souffle et sous perfusion étasunienne, a aussitôt accusé le réseau Haqqani, de la famille des talibans. Ce qui est incohérent : vu les réalités du terrain, il n’y a pas d’avenir en Afghanistan sans un accord politique avec les talibans, qui ont rejeté toute implication dans l’attentat. Ils sont en position de force, devenus quasi-institutionnels, et auraient tout à perdre en ensanglantant la population de Kaboul.

    Ces gens-là savent composer avec le temps. Le réseau a été créé à la fin des années 1970 par la CIA et l’ISI (services secrets pakistanais) pour mener la guerre intérieure contre les soviétiques, qui tenaient alors Kaboul. Après l’invasion US de 2001, le réseau Haqqani a été combattu au nom de « la guerre contre le terrorisme », et ses troupes ont rejoint l’arrière-pays et la résistance.

    En réalité, les US sont en train de perdre la main, car ils sont face à un choix impossible : pour ressaisir la situation, ils devraient redéployer les troupes, ce qui est impossible à faire passer dans l’opinion US (16 ans de guerre en Afghanistan pour quel résultat ?). Alors, ils pourraient tout miser sur le jeu politique, mais c’est imposable car ils sont haïs de la population. L’impasse de war on terror… Une leçon à méditer.

    Les pays forts de la région, la Russie et l’Iran, ne peuvent laisser la situation pourrir. Avec pour principes la stabilité des États dans leurs frontières et en alarme sur la transhumance des djihadistes, ils cherchent à reprendre la main, partie complexe car il faut parler à tout le monde – dont les talibans - et mettre dans le coup les grands voisins, le Pakistan, l’Inde et la Chine.

    Daech a une carte à jouer : bloquer le processus en semant le chaos et en attisant les divisions. S’est ajouté, le largage par Trump, le 13 avril dernier, d’une bombe de puissance extrême sur des zones montagneuses tenues Daech. Daech proclamé principal adversaire par les US ? Une vraie aubaine ! Alors, on va se faire entendre, et foncer dans la destruction : meurtres aveugles pour meurtres aveugles, en pourrissant la situation.

    Pour le peuple afghan, l’avenir est clair : virer les US et Daech. Un travail militaire et diplomatique de longue haleine. Respect aux morts passés, présent et à venir, sur cette terre devenue de feu.

    Immense respect pour la population meurtrie de ce pays. Mais notre gouvernement est bien bon, et il joue à fond les cartes du droit et de la solidarité pour accueillir les demandeurs d'asile afghans... C'est bien connu.

  • Les US, meilleurs alliés (involontaires ?) de l’Iran

    Sacrés US, quand ils ne sèment pas la terreur avec leurs bombes, ils nous font bien rire, même si le coût du spectacle reste élevé.

    Trump était il y a quinze jours en Arabie Saoudite pour expliquer, dans ce berceau de la démocratie et qui n’a jamais entretenu le moindre lien avec le terrorisme, qu’il fallait se liguer contre l’Iran, qui est le cœur du terrorisme international.

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    Les grands faits du terrorisme ces dernières années sont en effet signés. Guerre en Algérie, tueries au Maroc, massacres à Bagdad, persécution des chrétiens en Egypte, guerre dans le Nord-Mali, séparatisme tchétchène… Vous n’étiez pas au courant, mais c’était l’Iran… Al Qaeda et Daech, qui vomissent les chiites, c’est aussi une création de l’Iran, bien entendu, le même Iran qui envoie ses soldats au sol pour combattre ces tueurs… Et puis les attentats de New York, Paris, Berlin, Londres, c’est encore l’Iran, il suffit de constater l’identité des auteurs.

    Bref, le discours de Trump à Ryad, c’était juste du trompe-couillon. En Iran, personne n’a été dupe.

    Il faut dire que si le peuple iranien a beaucoup souffert des mesures de rétorsion imposées par les US, le bilan militaire et diplomatique de la politique US est une réussite : les Talibans combattus et contenus en Afghanistan ; le régime sunnite de Saddam Hussein éliminé, au profit d’un gouvernement à majorité chiite ; les incontrôlables saillies de l’allié israélien soudant le Hezbollah à la société libanaise ; une coalition terroriste bornée en Syrie, qui ne respecte rien, ni personne, de telle sorte que se dégage l’unité autour d’El-Assad ; les anciennes grandes puissances sunnites – Tunisie, Libye et Egypte – divisées et ruinées… La Turquie, pilier de l’OTAN, mise en difficulté, les US jouant la carte kurde. Ajoutons l’unité du grand peuple iranien, unité renforcée dans l’adversité (L’Iran était un grand pays quand les US n’étaient que de doux pâturages indiens). Et oui, c’est une simple observation : grâce aux aveuglements US, il reste dans cette région meurtrie un pays fort, l’Iran. Et ça s’amplifie.

    Quinze jours après le discours de Trump, quelques pays du Golfe (Arabie Saoudite, Bahreïn, et Emirats) mais sans le Koweït ni Oman, et avec l’allié du moment qu’est l’Egypte, ont décrété que le Qatar n’est pas net avec le terrorisme, d’où la rupture des relations diplomatiques, et tout le tintouin. Ce sera très compliqué pour le Qatar qui n’a de frontières terrestres qu’avec l’Arabie Saoudite, si cela dure. Les supermarchés étaient hier pris d’assaut (par ceux qui ont de l’argent)(donc pas les ouvriers qui construisent les stades de la Coupe du monde).

    D’emblée, on voit que c’est bidon, car aucun Etat sérieux n’a embrayé. Le Qatar est blindé d’accords avec maints Etats dans le monde, pour le gaz et les investissements, et pas un n’a bronché. Seuls les abrutis du FN ont relayé l’appel de l’Arabie saoudite...

    Le Qatar est membre de la coalition US contre Daech, et le restera. Il accueille la plus grande base militaire US de la région, et rien ne va changer.

    Le Qatar, qui a la hantise de devenir un satellite saoudien, a toujours joué la carte d’une certaine indépendance et d’une visibilité internationale, qui s’illustre avec le succès de la chaine Al Jazzera. Vis-à-vis de l’Iran, le Qatar en a fait un peu plus, car les deux Etats doivent cogérer une importante réserve gazière of-shore. L’Arabie saoudite tente donc un acte d’autorité, qui va être invalidant pour le Qatar… mais qui est – une fois de plus – une aubaine pour l’Iran, voyant voler en éclat le bloc sunnite du golfe persique.

    La participation de l’Egypte est très éclairante sur les ambiguïtés politiques. L’Egypte n’a pas d’intérêt dans le golfe persique, mais elle a grand besoin des financements saoudiens. Surtout, le Caire a trouvé une aubaine pour agiter l’épouvantail de la confrérie des Frères musulmans. Dans l’Egypte dictatoriale et pro-occidentale de Moubarak, la seule opposition se trouvait dans la solidarité sociale, avec les Frères musulmans. Moubarak renversé, avec le soutien qatari, le pouvoir est revenu à la seule force organisée, la confrérie, et, deux ans plus tard, pour renverser l’élu démocratique qu’était Morsi, Al Sissi a repris les rengaines de la guerre contre le terrorisme : les Frères musulmans n’étaient plus les vainqueurs des élections, mais un groupe terroriste. En participant à la marginalisation du Qatar, Al Sissi s’inscrit donc dans une continuité. Al Sissi serait-il d’accord pour organiser des élections libres en Egypte ? Trop drôle, si ce n’était pas tragique.

    Pour les Saoudiens, l’approche est différente. Les Frères musulmans constituent une menace redoutée car ils acceptent de s’impliquer dans les enjeux sociaux et l’exercice du pouvoir. Ce qui explique que le Hamas, mouvement de la résistance palestinienne, puisse avoir des installations à Doha, chose impossible à Ryad. Il faut bien avoir en tête que la royauté saoudienne ne repose sur rien, à part un montage britannique, entretenu par les US et l’argent du pétrole. Cette royauté est une construction de bouffons. Et elle vénère les salafistes, pour lesquels la question religieuse ne doit avoir aucun lien avec le pouvoir, et se rester indifférente de l’idée démocratique. Le salafisme n’est pas soigné en Arabie saoudite pour des motifs religieux, mais pour des raisons politiques : les croyants doivent se focaliser sur le religieux, et se désintéresser du pouvoir,… ce qui sauve la royauté. Les Frères musulmans s’implantant en Arabie saoudite, le régime serait par terre en quelques années. Ce alors que la sincérité des élections iraniennes a été saluée jusqu’en Europe.

    Bon. Comment se résoudra la crise, on verra. En attendant, ce soir, l’Iran constate l’éclatement du front sunnite du Golfe persique, et des Frères musulmans amenés à s’impliquer davantage dans le jeu politique, en s’écartant plus encore des salafistes.

    Si Trump avait voulu renforcer la place de l’Iran, il n’aurait pu faire mieux. Volontaire ou non ?

  • Trump quitte sans contrainte l’Accord de Paris… qui n’était pas contraignant !

    Hier soir, en deux minutes, Trump a pu piétiner l’accord de Paris, du 12 décembre 2015, pourtant signé par les Etats-Unis (Amérique du Nord, Territoire indien occupé), sans le moindre risque juridique. Tous les braves gens hurlent et dénoncent, mais pas un ne pose la question : comment est-ce possible, vu que c’est un traité international, ratifié par les États, et ayant force contraignante ? Et bien c’est possible car la réalité juridique est différente : ce n’est pas un traité, et cet accord n’est pas contraignant.

    - Donc, ça a été une mise en scène, pour se fiche de nous

    - Oui, tout à fait...

    - Mais une telle duperie, c’est pas moral…

    - T’as raison, demande à Bayrou d’ajouter ça dans sa loi de moralisation.

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    Un traité contraignant, c’est facile à identifier : après signature par les chefs d’Etat, le texte est ratifié par les Parlements ; sur le plan technique, les termes sont précis, et il est prévu un mécanisme de sanction en cas de manquement. Toutes choses qui n’existent dans l’accord de Paris,… mais impossible de le faire entendre vu la force de la propagande. C’était le leitmotiv dans toute la presse : « La COP21 s’est achevée, samedi au Bourget, par l’adoption d’un texte universel et contraignant pour lutter contre le réchauffement climatique ». Fabius avait fièrement affirmé ce caractère contraignant, versant sa larme attendrie vu cette contribution permanente au bonheur de l’humanité. Il était tout mignon entre Hollande et Ban Ki-moon, pour vanter cet accord « juste, durable, dynamique et juridiquement contraignant ». Du pur enfumage, pour un mec qui alors – rien de moins – visait le Nobel de la Paix.

    On a vu hier ce qu’il en était de la contrainte… CQFD.

    Cet accord n’était pas contraignant : ce n’était pas un Traité, il laissait des objectifs flous, et il ne prévoyait ni mécanisme coercitif, ni sanction pour les pays qui ne respecteraient pas le texte.

    Le protocole de Kyoto, le texte d’origine, demandait que soit mis en place un « comité de contrôle du respect des dispositions », et des mécanismes de sanction. Tout est passé à la trappe.

    Depuis le premier jour, ce sont les États-Unis qui foutent le bazar. Mais comme ce sont nos grands amis, éternels et bienfaiteurs, impossible de le dire. Le prix de notre servilité devant l’impérialisme US.

    On a d’abord retenu le terme flou d’« accord » pour ne pas entrer dans la catégorie stricte de « traité », ce qui aurait imposé une ratification par le Congrès étasunien, impossible. Obama a approuvé l’accord par un executive order, une forme de décret présidentiel, pour éviter les parlementaires. Trump a donc utilisé la même forme pour se casser, et tchao.

    Ensuite, il y avait eu, le matin de la clôture, un grand coup de chaud des US, découvrant que la version finale du texte retenait le mot shall (on doit) et non pas should (On devrait). Catastrophe avec le paragraphe 4 de l’article 4 de la version précédente. Il était alors écrit que « les pays développés doivent continuer à être en première ligne pour mener à bien des plans nationaux de réduction d’émissions de gaz à effet de serre ». Vous voyez le drame ? Eh bien, même pour cette formulation, la délégation US, conduite par John Kerry, avait imposé d’utiliser le conditionnel, et tout le monde s’était couché.

    - Un accord contraignant rédigé au conditionnel ?

    - Et oui…

    D’ailleurs, avant la conférence, John Kerry avait été clair, lors d’un entretien au Financial Times, assumant la rupture avec Kyoto : « Ce ne sera certainement pas un traité. Il n'y aura pas d'objectifs de réduction juridiquement contraignants comme cela avait été le cas à Kyoto ». Et pourtant, la légende française a prospéré. La duperie dans la politique, comme mensonge d’État…

    Le discours depuis hier, c'est qu'il n'y a rien à renégocier. Sans doute rien à renégocier sur le fond, mais à l'évidence, il est nécessaire de modifier l'accord pour en faire un véritable traité, supprimer le conditionnel, et mettre en œuvre les procédés contraignant prévus par le protocole de Kyoto et demander aux parlements nationaux de le ratifier. Les paroles sont belles, et quasi-grandioses, mais si on ne transforme pas l'accord informel en traité, on se fiche du monde.

  • Interview de Vladimir Poutine au Figaro

    Merci au Figaro, journal qui respecte ses lecteurs. Le site a publié hier une interview de Vladimir Poutine d’une demi-heure, avec deux journalistes qui connaissent leur sujet, une demi-heure de vraies questions, sans interruption ni commentaires des experts pour nous dire ce qu’il faut penser. Branchez votre cerveau, écoutez, analysez et appréciez. Et notez au passage la connaissance de l'histoire, et des dossiers, dont la Syrie, la base étant l’unité d’un pays souverain.

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