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Droit international - Page 2

  • Alexis de Tocqueville enseigné dans les écoles Jules Ferry : apologie de crimes avec récidive

    9782213623160FS.gifDans notre brave société des « valeurs » et du « vivre ensemble », peut-on imaginer que les élèves se voient enseigner le respect d’un auteur vantant le massacre de populations civiles par nécessité politique, dans des écoles portant le nom d’un théoricien de l’inégalité des races ? D’un autre monde ? Et pourtant…

    Sur ce blog, le cas de Jules Ferry, mentor de Hollande, est bien connu, avec son célèbre discours à l’Assemblée nationale le 28 juillet 1885 : « Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. (...) Il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. » L’inégalité des races, donc le moteur du nazisme… Mais pas de problème, ce fin politique était par ailleurs un gentil garçon, alors maintes et maintes écoles ont été baptisées Jules Ferry. Cherchez l’erreur.

    Moins connu est le cas de son aïeul, Alexis de Tocqueville, penseur et acteur politique de la merveilleuse France du XIXème, exquis auteur De la démocratie en Amérique, ouvrage admiré… qui occulte comme une insignifiante banalité l’extermination du peuple indien d’Amérique du Nord.

    Mais notre génie, adoré de Sciences-Pipeau, s’était aussi lâché sur l’Algérie, comme chaud partisan de l’invasion en 1830.

    En 1798, le criminel de guerre Bonaparte Naboléon s’était – enfin – pris une dérouillée en Égypte, et l’Algérie se présentait comme l’occasion d’une revanche. D’où l’invasion de l’Algérie en 1830, avec la résistance populaire ordonnée autour de l’Émir Abd el-Kader, et en réponse les crimes de l’armée française exterminant les populations civiles et détruisant leurs biens. Notre précieux penseur était un fervent soutien, comme il l'exprime dans son livre Travail sur l’Algérie, en 1841 : « J'ai souvent entendu en France des hommes que je respecte, mais que je n'approuve pas, trouver mauvais qu'on brûlât les moissons, qu'on vidât les silos et enfin qu'on s'emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants. Ce sont là, suivant moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre ».

    En 1846, il poursuit en faisant l’apologie de l’apartheid, seul régime envisageable pour le bonheur des blancs : « Il doit donc y avoir deux législations très distinctes en Afrique parce qu’il s’y trouve deux sociétés très séparées. Rien n’empêche absolument, quand il s’agit des Européens, de les traiter comme s’ils étaient seuls, les règles qu’on fait pour eux ne devant jamais s’appliquer qu’à eux ».

    Eh oui, ça plait ou ça ne plait pas, mais c’est comme ça : dans les écoles portant le nom d’un précurseur des théories nazies sur l’inégalité des races, on donne une place en or à un apologiste des crimes contre l’humanité contre le peuple algérien, dans le contexte de la colonisation.  

    Tocqueville et Ferry, de leur temps, déconnaient à plein bourrin, c’est une chose. Mais que deux siècles plus tard, l’histoire officielle continue de masquer cette réalité et idolâtre ces partisans du crime, c’est grave et cela dit beaucoup de choses.

    Ce dessous un excellent texte d’Olivier Le Cour Grandmaison, publié dans Le Monde Diplomatique en juin 2001.

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    Quand Tocqueville légitimait les boucheries

    Olivier Le Cour Grandmaison

    La guerre d’Algérie a une longue histoire. Elle commence le 31 janvier 1830 lorsque Charles X décide de s’emparer d’Alger. Officiellement, il s’agit de venger une offense faite au consul de France par le dey Hussein et de détruire la piraterie qui sévit dans la région. Officieusement, l’objectif est de restaurer le prestige de la royauté et de prendre pied en Afrique du Nord pour éviter de laisser le champ libre à l’Angleterre. La monarchie de Juillet hérite du fardeau.

    L’« aventure » coûte cher, elle mobilise des effectifs militaires importants et elle rapporte peu. Des voix nombreuses s’élèvent à l’Assemblée pour exiger le retrait des troupes françaises, d’autres pour leur maintien et une occupation limitée, d’autres enfin préconisent la domination, la guerre à outrance indispensable pour détruire la puissance d’Abd el-Kader et ruiner les tribus qui le soutiennent. A la fin de l’année 1840, les partisans de cette politique l’emportent.

    Le 29 décembre, le général Thomas Bugeaud, qui vient d’être nommé gouverneur de cette colonie, arrive en Algérie. La véritable conquête débute avec massacres, déportations massives des populations, rapt des femmes et des enfants utilisés comme otages, vol des récoltes et du bétail, destruction des vergers, etc. Louis-Philippe d’abord, Louis-Bonaparte ensuite récompenseront les officiers par de prestigieuses promotions. Les monceaux de cadavres kabyles et algériens (1) permettent aux généraux de l’armée d’Afrique de faire de brillantes carrières.

    « J’ai souvent entendu en France des hommes que je respecte, mais que je n’approuve pas, trouver mauvais qu’on brûlât les moissons, qu’on vidât les silos et enfin qu’on s’emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants. Ce sont là, suivant moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre », écrit Alexis de Tocqueville avant d’ajouter : « Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons à l’époque de la récolte, soit dans tous les temps en faisant de ces incursions rapides qu’on nomme razzias et qui ont pour objet de s’emparer des hommes ou des troupeaux (2). »

    Ainsi s’exprime celui qui a écrit de la démocratie en Amérique lorsqu’il rédige, en octobre 1841, après avoir séjourné dans le pays, son Travail sur l’Algérie. La colonisation en général et celle de l’Algérie en particulier lui tiennent à cœur. Deux lettres, plusieurs discours sur les affaires extérieures de la France, deux voyages, deux rapports officiels présentés, en mars 1847, à la Chambre des députés, à quoi s’ajoutent de nombreuses observations et analyses disséminées dans sa volumineuse correspondance. Tocqueville théorise l’expansion française en Afrique du Nord.

    Fidèle à sa méthode, il rassemble une documentation importante, car il projette de rédiger un ouvrage sur l’Inde et la colonisation anglaise pour la comparer à celle menée par les Français dans la Régence d’Alger comme on disait alors. Enfin, il étudie le Coran et, au terme de ses lectures, conclut que la religion de Mahomet est « la principale cause de la décadence (...) du monde musulman ». Il faut donc tenir Tocqueville pour une figure importante de la colonisation moderne à laquelle il a consacré beaucoup de temps et d’énergie entre 1837 et 1847.

    Qu’en disent les spécialistes français ? Peu de choses. Soit ils feignent d’ignorer ce corpus fort riche, soit ils euphémisent les positions de leur idole afin de ne pas nuire à son image de libéral et de démocrate (3). Il est vrai que la fréquentation assidue de De la démocratie en Amérique et de L’Ancien Régime et la Révolution est plus propice aux canonisations académiques que l’examen précis des textes qui portent sur l’Algérie. Ces textes, pourtant tous publiés, ne hantent pas les membres de l’honorable république des lettres qui explorent la pensée de Tocqueville, et s’émerveillent de la subtilité de ses analyses. On y apprend pourtant beaucoup sur certaines de ses conceptions et, plus largement, sur les premières années de la conquête, sur les origines et l’organisation de l’État colonial. On y découvre le Tocqueville apôtre de la « domination totale » en Algérie et du « ravage du pays (4) ».

    L’importance qu’accorde Tocqueville à la conquête de ce pays s’appuie sur des analyses de la conjoncture internationale et de la place de la France dans le monde, d’une part, et sur l’évolution des mœurs nationales, d’autre part. L’écrivain n’a que mépris pour la monarchie de Juillet qu’on découvre, sous sa plume, médiocre et pusillanime. Néfaste pour les affaires intérieures du pays, ce régime l’est plus encore pour les affaires extérieures en une période où la crise de l’Empire ottoman, en Afrique et au Proche-Orient notamment, bouleverse la situation dans les régions concernées et crée des occasions nouvelles pour les puissances européennes. Encore faut-il, pour s’en saisir, faire preuve d’audace et ne pas craindre l’Angleterre.

    Mettre un terme au déclin de la France, restaurer son prestige et sa puissance, telle est l’obsession de Tocqueville qui est convaincu que, en l’absence d’une vigoureuse politique de conquêtes, le pays sera bientôt relégué au second rang et la monarchie menacée dans son existence même. Dans ce contexte, se retirer d’Algérie serait irresponsable. Il faut y demeurer, et le gouvernement doit encourager les Français à s’y installer pour dominer le pays et contrôler aussi la Méditerranée centrale, grâce à la construction de deux grands ports militaires et commerciaux : l’un à Alger, l’autre à Mers El-Kébir.

    La réalisation de ces desseins est propre à restaurer l’orgueil national qui est attaqué par « l’amollissement graduel des mœurs »d’une classe moyenne dont le goût des « jouissances matérielles » se répand dans l’ensemble du corps social en lui donnant « l’exemple de la faiblesse et de l’égoïsme (5) ». La guerre et la colonisation se présentent donc comme des remèdes aux maux sociaux et politiques qui affectent la France. C’est pourquoi Tocqueville se prononce pour des mesures radicales qui doivent permettre de s’emparer sans coup férir de l’Algérie et de rompre avec dix ans d’atermoiements.

    « La guerre d’Afrique est une science »

    Dominer pour coloniser et coloniser pour assurer la pérennité de la domination, telles sont les orientations qu’il n’a cessé de défendre. Quant aux moyens, ils sont dictés par les fins... Abd el-Kader se déplace constamment dans le pays en s’appuyant sur de nombreuses tribus qui lui procurent des hommes, des armes et de la nourriture ; il faut traquer le premier sans relâche et, surtout, anéantir les structures économiques et sociales des secondes afin d’atteindre les fondements de la puissance de ce chef et de ruiner son prestige.

    Après s’être prononcé en faveur de l’interdiction du commerce pour les populations locales, Tocqueville ajoute : « Les grandes expéditions me paraissent de loin en loin nécessaires : 1° Pour continuer à montrer aux Arabes et à nos soldats qu’il n’y a pas dans le pays d’obstacles qui puissent nous arrêter ; 2° Pour détruire tout ce qui ressemble à une agrégation permanente de population, ou en d’autres termes à une ville. Je crois de la plus haute importance de ne laisser subsister ou s’élever aucune ville dans les domaines d’Abd el-Kader (6). »

    L’auteur de De la démocratie en Amérique approuve sans réserve et défend, publiquement et à plusieurs reprises, les méthodes de Bugeaud. Elles consistent à mettre le pays à sac, à s’emparer de tout ce qui peut être utile pour l’entretien de l’armée en « faisant vivre ainsi la guerre par la guerre », comme l’affirme le général Lamoricière, et à repousser toujours plus loin les autochtones de façon à s’assurer de la maîtrise complète des territoires conquis. Ces objectifs une fois atteints par l’emploi d’une terreur de masse autoriseront l’implantation et le développement de nombreuses colonies de peuplement, qui rendront impossible le retour des anciennes tribus.

    Tocqueville ne compte pas uniquement sur la puissance du sabre, il entend couvrir ces usurpations et les étendre par le recours à la force du droit. Il prévoit la mise en place de tribunaux d’exception qui, au moyen d’une procédure qu’il qualifie lui-même de « sommaire », procéderont à des expropriations massives au profit des Français et des Européens. Ainsi pourront-ils acquérir des terres à bas prix et faire vivre des villages que l’administration coloniale aura pourvus de fortifications, d’une école, d’une église et même d’une fontaine, précise le député de Valognes, soucieux du bien-être matériel et moral des colons. Regroupés en milices armées dirigées par un officier, ils assureront la défense et la sécurité de leurs personnes et de leurs biens cependant que le réseau formé par ces villages permettra de tenir efficacement les régions conquises. Quant aux populations locales, repoussées par les armes puis dépouillées de leurs terres par les juges, elles décroîtront sans cesse, affirme Tocqueville.

    Tel qu’il le conçoit, tel qu’il s’est structuré aussi, l’Etat colonial se présente d’emblée comme un double Etat d’exception par rapport au régime qui prévaut dans la métropole : il repose sur deux systèmes politico-juridiques de nature différente qui s’organisent, en dernière analyse, sur des fondements raciaux, culturels et cultuels. Celui qui est applicable aux colons leur permet de jouir seuls de la propriété et de la possibilité d’aller et venir mais d’aucune des libertés politiques, car toutes doivent être suspendues en Algérie, selon Tocqueville. « Il doit donc y avoir deux législations très distinctes en Afrique parce qu’il s’y trouve deux sociétés très séparées. Rien n’empêche absolument, quand il s’agit des Européens, de les traiter comme s’ils étaient seuls, les règles qu’on fait pour eux ne devant jamais s’appliquer qu’à eux (7). »

    C’est clair, précis et concis. Les hommes venus de cette Europe glorieuse et éclairée ont droit aux droits ; quant aux autres, aux « barbares », ils ne sauraient goûter aux plaisirs de l’égalité, de la liberté et de l’universalité de la Loi. Ni aujourd’hui ni demain puisque Tocqueville ne fixe aucun terme à cette situation. Aussi n’est-il pas surprenant que le second système, celui qui est applicable aux Kabyles et aux Arabes, ressortisse à un état de guerre permanent destiné à les maintenir sous le joug brutal des colons et d’une administration dotée de pouvoirs exorbitants.

    En 1847, après plusieurs années de conflits impitoyables, Tocqueville écrit avec emphase : « L’expérience ne nous a pas seulement montré où était le théâtre naturel de la guerre ; elle nous a appris à la faire. Elle nous a découvert le fort et le faible de nos adversaires. Elle nous a fait connaître les moyens de les vaincre et (...) d’en rester les maîtres. Aujourd’hui on peut dire que la guerre d’Afrique est une science dont tout le monde connaît les lois, et dont chacun peut faire l’application presque à coup sûr. Un des plus grands services que M. le maréchal Bugeaud ait rendus à son pays, c’est d’avoir étendu, perfectionné et rendu sensible à tous cette science nouvelle (8). » Les crimes de l’armée et de l’Etat français en Algérie, les discriminations érigées en principe et inscrites dans le droit : des exceptions ? Une longue histoire.

    Olivier Le Cour Grandmaison

     

    Auteur de Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’Etat colonial,Fayard, Paris, 2005.

     

    (1) Dans un ouvrage qui appartient à la littérature apologétique, Pierre Montagnon écrit à propos des victimes : « 500 000 ? Un million ? La vérité doit se situer entre ces chiffres. Diminuer serait amoindrir une terrible réalité. » La Conquête de l’Algérie, Paris, Pygmalion, 1986, p. 414. A rapporter au nombre total d’habitants estimé, selon l’historienne Denise Bouche, à « environ trois millions d’habitants » en 1830. D. Bouche. Histoire de la colonisation française, tome II, Paris, Fayard, 1998, p. 23.

    (2) Alexis de Tocqueville, Travail sur l’Algérie. in oeuvres complètes, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1991, p. 704 et 705.

    (3) A l’exception notable de Tzvetan Todorov qui a présenté plusieurs textes de Tocqueville sur l’Algérie. Cf. De la colonie en Algérie, Complexe, Bruxelles 1988 et, du même auteur, Nous et les Autres, Seuil, Paris, 1989, « Tocqueville », pp. 219-234.

    (4) Alexis de Tocqueville, Travail sur l’Algérie, op. cit, p. 699 et 706.

    (5) Alexis de Tocqueville, Lettre à John Stuart Mill, 18 mars 1841, in oeuvres complètes, Correspondance anglaise, tome VI, 1, Gallimard, Paris, 1954, p. 335.

    (6) Alexis de Tocqueville. Travail sur l’Algérie, op. cit, p. 706.

    (7) Idem, p. 752.

    (8) Alexis de Tocqueville, « Rapports sur l’Algérie », in œuvres complètes, op. cit, p. 806.

     

  • Dis donc, Macron, est-ce que la colonisation de la Palestine par Israël est un crime contre l’humanité ?

    J’ai beaucoup de peine à prendre au sérieux l’immature Macron, figure de ces personnes de droite qui n’assument pas et viennent se maquiller avec de la poudre de gauche, mais sa saillie sur la colonisation oblige une petite mise au point, quand je vois, en France, la masse des réactions déniant que la colonisation soit un crime. Ce qui montre que la classe dirigeante reste foncièrement colonialiste, ce qui explique beaucoup de choses.

    Dire que la colonisation est un crime, ce n’est pas une opinion, mais le simple rappel du droit. Le statut de la Cour pénale internationale, ratifié par la France, prévoit plusieurs infractions qui traitent des divers crimes commis pendant la colonisation.

    - Comme crimes contre l’humanité :

    Article 7,1,d), la déportation ou transfert forcé de population, c’est-à-dire le fait de déplacer de force des personnes, en les expulsant ou par d’autres moyens coercitifs, de la région où elles se trouvent légalement, sans motifs admis en droit international ;

    article 7,1,j), le crime d’apartheid.

    - Comme crimes de guerre

    Article 8,2,a, iv), la destruction et l’appropriation de biens, non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire ;

    Article 8,2, b, viii) Le transfert, direct ou indirect, par une puissance occupante d’une partie de sa population civile, dans le territoire qu’elle occupe, ou la déportation ou le transfert à l’intérieur ou hors du territoire occupé de la totalité ou d’une partie de la population de ce territoire.

    Pour conquérir les territoires, installer leur population et imposer leur domination économique, les Etats colonisateurs ont systématiquement eu recours à des crimes de masses. Et comme la colonisation est un crime d’Etat fondé sur la force armée, la résistance armée par une guerre de libération nationale, pour mettre fin à ce crime, est légitime. Légitime, mais terriblement meurtrière : 500 000 morts en Algérie, dont 80 % d’Algériens. Aussi, devant le respect dû à ces vies brisées, les instrumentalisations électorales collent la gerbe.

    Ensuite, je rappelle les propos du grand théoricien français de la colonisation, Jules Ferry, devant l’Assemblée nationale : « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont un devoir de civiliser les races inférieures. De nos jours, je soutiens que les nations européennes s'acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation ». Donc, Macron, est-ce que tu es d’accord pour débaptiser toutes les écoles qui portent le nom de Jules Ferry, parce que des écoles faisant l'apologie d’un criminel, ce n’est pas fameux, non ?

    Enfin, il ne fait de doute pour personne - les autorités gouvernementales revendiquant d'ailleurs un processus d’annexion - que l’Etat d’Israël pratique une politique de colonisation de la Palestine, cherchant par tous les moyens à briser la souveraineté du peuple palestinien. Alors, Macron, merci de nous confirmer que la colonisation de la Palestine par Israël est un crime contre l’humanité... Et de déterminer une politique conforme au respect du droit international... Et vu que tu dénonces le projet mur de Trump devant le Mexique, merci de dénoncer aussi le mur israélien construit en Palestine occupée, qui n’est pas un projet mais une réalité, contraire au droit.

    Ce Macron est un bouffon d’anthologie.

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  • Le peuple palestinien : La résistance à la force militaire est la seule voie

    «Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent »... Netanyahou découvre soudain les préceptes du philosophe Henri Queuille. Et, au passage, grosse piqûre pour ceux qui considèrent Trump comme une brute ignorante : sous-estimer l’interlocuteur n’est jamais gage d’avenir.

    Voici le communiqué de Trump : « Si la colonisation n'est pas un obstacle à paix, la construction de nouvelles implantations ou l'expansion d'implantations existantes au-delà de leurs limites actuelles pourrait ne pas aider à résoudre le conflit au Proche-Orient ». La première partie de la phrase, c’est de l’empapaoutage de communicant, pour mieux souligner la seconde partie, qui est nette et propre. Netanyahou et ses collègues allumés sont sèchement remis au carré.

    Trump élu, les sionistes se sont lâchés, autorisant la construction de 566 logements à Jérusalem-Est, et de 5500 en Cisjordanie, donc dans les deux cas, en territoire palestinien militairement occupé, au sens de la IVème Convention de Genève.

    - Donc, le soldat n’est pas chez lui ?

    - Oui, et jamais.

    Surtout, dans les tuyaux, un projet de loi visant à annexer la colonie de Maale Adumim, à l'est de Jérusalem, ce qui casserait la continuité territoriale entre les villes palestiniennes du nord et du sud. Une telle loi, ce serait une rupture : on ne parle plus d’occupation militaire, mais d’annexion.

    Nétanyahou s’est beaucoup engagé sur ce texte,… mais il a accepté de différer le passage en commission interministérielle, pour ne rien faire avant sa première visite à Washington, le 15 février.

    Et là, ce sera a priori plus compliqué que l’imaginaient les dirigeants israéliens, fantasmant déjà de l’ambassade US à Jérusalem. Une autre promesse de campagne électorale…

    Jeudi, Trump, après avoir reçu le matin le roi Abdallah II de Jordanie, a dans la soirée expliqué que « le désir des États-Unis d'aboutir à la paix entre Israéliens et Palestiniens reste inchangé depuis cinquante ans ».

    - Cinquante ans ? Pourquoi cinquante ans ? Notre droit sur cette terre est éternel.

    - Cinquante ans, parce que pour le monde entier – Trump y compris – les conquêtes de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de Gaza en juin 1967 sont illégales.  C’est une occupation militaire, qui ne peut en aucun cas parvenir à une annexion, et qui, tôt ou tard, devra prendre fin.

    Selon les bases les plus essentielles du droit international, la paix dans le monde repose sur la coexistence des peuples, dans le respect de leurs frontières, et celui qui par la force armée veut acquérir des territoires relevant d’une autre souveraineté est destiné d’abord à l’isolement diplomatique, puis à la défaite, quelle que soit sa puissance militaire. C’est une réalité inexorable.

    Gloire et honneur au si résistant peuple palestinien.

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  • La fausse accusation de Trump à Obama ? par Manlio Dinucci

    Le gentil Obama critiqué par le méchant Trump parce qu’il aurait financé l’effort militaire US sans assez de contreparties pour les US… Pas du tout, répond le New York Times, le porte-parole d’Obama, on les a mis à genoux, et ça nous rapporte un max. Merci Manlio…

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    La fausse accusation de Trump à Obama ?

    par Manlio Dinucci

    Face à l’accusation du président nouvel élu Trump contre l’administration Obama, parce qu’elle n’aurait à peu près rien obtenu des alliés en échange de la « défense » que les États-Unis leur assurent, le New York Times est descendu dans l’arène. Il a publié le 16 janvier une documentation, fondée sur des données officielles, pour démontrer ce qu’a fait l’administration Obama pour « défendre les intérêts des USA à l’étranger ».

    Ont été conclus avec plus de 30 pays des traités qui « contribuent à apporter de la stabilité dans les régions économiquement et politiquement les plus importantes pour les Etats-Unis ». A cet effet les USA ont déployé en permanence outremer plus de 210 000 militaires.

    En Europe, ils maintiennent environ 80 000 militaires, plus la Sixième Flotte basée en Italie, pour « défendre les alliés Otan » et comme «dissuasion contre la Russie ». En échange, ils ont obtenu l’engagement des alliés Otan de « défendre les États-Unis » et la possibilité de garder leurs propres bases militaires proches de Russie, Moyen-Orient et Afrique, dont le coût est assumé pour 34% par les alliés. Ce qui permet aux USA d’avoir l’Ue comme plus grand partenaire commercial.

    Au Moyen-Orient, les États-Unis maintiennent 28 000 militaires dans les monarchies du Golfe, plus la Cinquième Flotte basée à Bahrein, pour « défendre le libre flux de pétrole et gaz et, en même temps, les alliés contre l’Iran ». En échange ils ont obtenu l’accès à 34% des exportations mondiales de pétrole et à 16% de celles de gaz naturel, et la possibilité de maintenir leurs propres bases militaires contre l’Iran, dont le coût est assumé pour 60% par les monarchies du Golfe.

    En Asie orientale, les États-Unis maintiennent plus de 28 000 militaires en Corée du Sud et 45 000 au Japon, plus la Septième Flotte basée à Yokosuka, pour « contrecarrer l’influence de la Chine et soutenir les alliés contre la Corée du Nord ». En échange ils ont obtenu la possibilité de maintenir leurs propres « bases militaires près de la Chine et de la Corée du Nord », dont le coût est assumé par les alliés dans la proportion de 40% en Corée du Sud et de 75% au Japon. Cela permet aux USA d’avoir le Japon et la Corée du Sud comme importants partenaires commerciaux.

    En Asie du Sud-Est, les États-Unis maintiennent un nombre variable de militaires, de l’ordre de plusieurs milliers, pour soutenir la Thaïlande et les Philippines avec l’Australie dans le Pacifique. C’est dans ce cadre qu’entrent « les exercices militaires pour la liberté de navigation en Mer de Chine Méridionale », où passe 30% du commerce maritime mondial. En échange les États-Unis ont obtenu la possibilité de « protéger » un commerce maritime d’une valeur de plus de 5 000 milliards de dollars annuels. En même temps ils ont obtenu « une région plus amie des États-Unis et plus en mesure de s’unir contre la Chine ». On oublie dans cette liste le fait que le Pentagone, pendant l’administration Obama, a commencé à déployer contre la Chine, à bord de navires de guerre, le système Aegis analogue à celui déjà déployé en Europe contre la Russie ; système en capacité de lancer non seulement des missiles anti-missiles, mais aussi des missiles de croisière armables de têtes nucléaires.

    Elle est donc infondée, la critique de Trump à Obama, lequel a démontré dans les faits ce qu’il affirme dans son dernier message sur l’État de l’Union : « L’Amérique est la plus forte nation sur la Terre. Nous dépensons pour le militaire plus que ne dépensent ensemble les huit nations suivantes. Nos troupes constituent la meilleure force combattante dans l’histoire du monde ».

    Voilà quel est l’héritage laissé par le président « bon ». Que fera maintenant le « méchant » ?

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  • Gaza : Piqûre de rappel… par Ziad Medoukh

    Ziad Medoukh, ce grand ami de la langue française, était présent il y a peu en France, et il avait bien bataillé pour venir. Mais si tôt là, il nous expliquait n’attendre que de revenir à Gaza, parce que c’est sa terre, parce que c’est son peuple. Ziad est désormais revenu dans son pays, et il nous en parle avec cette « piqure de rappel », publié dans le Courrier du Maghreb et de l'Orient-décembre 2016

     

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    Depuis plus de dix ans, et à la fin de chaque année, les habitants de la bande de Gaza font le bilan du blocus israélien, de la poursuite des attaques sur leur prison à ciel ouvert, et de l’isolement de cette région oubliée.

    Depuis le retrait israélien de la bande de Gaza et l’évacuation des colonies israéliennes en 2005, et depuis le début du blocus israélien  imposé contre cette région isolée en 2006, la bande de Gaza vit une situation désastreuse à tous les niveaux, une situation qui rend la vie de deux millions d’habitants de plus en plus intolérable.

    En dix ans, la population civile a subi trois offensives militaires israéliennes majeures qui ont fait des milliers de morts et des milliers de blessés, sans oublier la destruction massive de toute une région.

    Dix années se sont écoulées, et les Palestiniens de Gaza vivent toujours en état de guerre ; la souffrance, c’est tous les jours, les massacres et les crimes commis par l’armée d’occupation, contre les gens, contre les maisons et les écoles, contre les usines et les routes…

    En 2016 Gaza a continué d’endurer cette routine macabre, abandonnée par une communauté internationale complice.

    L’année 2016, pour les habitants de la bande de Gaza, a été marquée par…

    Le maintien du blocus israélien imposé de façon illégale par les forces de l’occupation depuis plus de dix ans, et la fermeture permanente des passages qui relient la bande de Gaza à l’extérieur.

    Concernant les passages commerciaux : actuellement, par jour, 270 à 320 camions entrent à Gaza via le seul passage commercial ouvert  cinq jours par semaine, ce passage se situe au sud de la bande de Gaza, mais la moitié de ces camions sont ceux des organisations internationales et desservent leurs projets de reconstruction d’écoles et de stations d’eau. Parmi ces camions, 5 ou 6 seulement contiennent des matériaux de construction, notamment le ciment. Ce passage se ferme sous n’importe quel prétexte, par décision israélienne, sans prendre en considération les besoins énormes de la population civile.

    Gaza n’a droit qu’à 120 produits au lieu de 950 avant le blocus, quelques produits et médicaments n’entrent pas, ce qui a aggravé la situation sanitaire. Selon les estimations des organisations internationales, la bande de Gaza a besoin de plus de 1.300 camions par jour pour répondre aux besoins énormes d’une population en augmentation permanente.

    Cette fermeture a empêché la libre circulation des importations et des exportations des biens et produits de Gaza, en particulier les matières premières et les produits semi-finis ; d’où un effacement progressif du potentiel industriel de la région.

    Le gouvernement israélien refuse l’ouverture des passages d’une façon régulière et maintient son blocus sur Gaza. Les organisations internationales n’arrivent pas à faire pression sur ce gouvernement, et les Palestiniens de Gaza demeurent dans cette attente éternelle.

    Les projets de reconstruction public ou privé sont au point mort. Imaginez ! Aucune maison n’a été reconstruite, un an et demi après la fin de la dernière attaque massive contre Gaza, durant l’été 2014. Le Comité national de la reconstruction de Gaza a déclaré que seulement des réparations aux maisons partiellement détruites par les bombardements israéliens ont pu être réalisées.

    Seulement 45% des fonds promis lors de la conférence sur la reconstruction de la bande de Gaza, les 11 et 12 octobre 2014, au Caire (5,6 milliards dollars avaient été promis) ont été versés, soit directement à l’Autorité palestinienne, qui se heurte  à  d’énormes difficultés pour mener des projets de reconstruction dans la bande de Gaza –et qui réellement n’y exerce aucun pouvoir, à cause des mesures israéliennes d’une part et des divergences politiques entre les différents partis palestiniens d’autre part-, soit aux organisations internationales, dont la priorité est de distribuer des aides alimentaires aux sans-abri et non de commencer la reconstruction des habitations détruites.

    Le plan Siry –du nom du responsable des Nations-Unies-, qui prévoit l’entrée quotidienne d’un nombre limité de camions de ciment à Gaza sous contrôle israélien, a donné une légitimité internationale au blocus  et a permis à Israël d’engranger des profits supplémentaires ; c’est un gain politique pour Israël, alors que, en revanche, le plan, en pratique, n’est pas appliqué, grevé par les autorités israéliennes qui, sous n’importe quel prétexte, se désengagent de leur engagement,

    Gaza est passé, suite à cette situation surréaliste, d’une économie de subsistance devenue familiale depuis longtemps déjà, à une économie désormais dépendante d’Israël et des organisations internationales.

    La poursuite des incursions, bombardements, malgré une trêve respectée par les factions armées de Gaza, jamais par l’armée d’occupation israélienne…

    On compte plus de 200 violations israéliennes en 2016 !

    50 bombardements, 60 incursions dans différentes zones frontalières au sud et au nord de la bande de Gaza, 90 attaques contre les pêcheurs et leurs bateaux de pêche ; cette année, 32 Palestiniens ont trouvé la mort à Gaza suite à ces attaques et bombardements.

    Le maintien de la division inter-palestinienne : malgré la création d’un gouvernement d’union nationale dans les territoires palestiniens, l’hostilité reste vive entre le Hamas et la Fatah, facteur aggravant de la souffrance des Gazaouis. Actuellement,  il y a donc deux gouvernements palestiniens, un à Gaza et un en Cisjordanie ; leurs divergences et leurs décisions contradictoires nuisent au quotidien des habitants de Gaza.

    Ainsi, l’Autorité palestinienne (basée en Cisjordanie) verse leur salaire aux 70.000 fonctionnaires de Gaza via les banques ; mais elle ne contrôle pas les administrations de cette région dominée jusqu’à maintenant par le Hamas.

    La dégradation de la situation économique : le taux de chômage dépasse les 65% de la population civile ; mais le phénomène le plus dangereux est la hausse du chômage chez les jeunes de moins de 30 ans, qui a atteint 80% en 2016 ; plus de 50.000 personnes se sont ainsi ajoutées au nombre des sans emploi.

    La pauvreté : 70% de la population de Gaza vit en dessous de seuil de pauvreté.

    L’augmentation du nombre de personnes qui dépendent des organisations humanitaires : 75% des Gazaouis vivent de l’aide alimentaire. Selon les sources du bureau des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), dans la bande de Gaza, plus de 990.000 personnes ont bénéficié du programme de l’aide alimentaire géré par le bureau en 2016 ; ce programme a élargi ses services pour assister les citoyens et non plus seulement les réfugiés.

    Pour beaucoup d’économistes, l’année 2016 est considérée comme  la plus catastrophique pour l’économie palestinienne depuis 20 ans.

    Le soulèvement populaire en Cisjordanie commencé en octobre 2015 : il a détourné les yeux de la problématique de Gaza, qui intéresse moins l’Autorité palestinienne et le monde. Préoccupées par ce soulèvement populaire, qui entre dans sa deuxième année, les aures institutions palestiniennes oublient les Gazaouis.

    La fermeture des passages qui relient la bande Gaza à l’extérieur, notamment le passage de Rafah, au sud de la bande de Gaza, et le passage d’Iretz, au nord de la bande de Gaza, a entravé plus encore le déplacement des Palestiniens de Gaza. Le passage de Rafah, contrôlé par la dictature égyptienne, n’a été ouvert que 90 jours en 2016, tandis que le passage d’Iretz, contrôlé par l’armée israélienne n’est autorisé qu’à 7% de la population gazaouite, principalement les malades, quelques hommes d’affaires et des cas humanitaires.

    Aucune solution n’a été proposée, aucun plan de sortie de crise n’existe pour la bande de Gaza : que ce soit les deux gouvernements palestiniens, les organisations internationales ou les pays voisins ou l’ONU, il semble que la crise peut durer à tout jamais. Les problèmes d’eau, d’électricité, d’infrastructure, de chômage, de pauvreté, de précarité et de reconstruction… pour toujours.

    La seule centrale électrique, qui avait été bombardée lors de la dernière agression, fonctionne désormais à 30% de sa capacité ; depuis lors, chaque foyer à Gaza reçoit 8 heures de courant électrique par jour, rien n’a changé…

    Concernant l’eau : les dommages causés aux canalisations d’eau et d’assainissement ont été immenses. En décembre 2016, plus de la moitié des Gazaouis n’a plus aucun accès à l’eau.

    La situation et les événements dans la région et dans des pays arabes, en particulier en Syrie et au Yémen : ils monopolisent l’attention des dirigeants arabes et internationaux ; la cause palestinienne est passée au deuxième plan. Or, les crises se multiplient et s’intensifient, dans une région arabe de plus en plus instable ; 2017 ne ramènera pas Gaza sur le devant de l’actualité.

    L’aspect le plus grave de ce marasme inextricable, c’est l’absence de perspectives pour tous ces gens qui constatent que les choses n’avancent pas, ne bougent pas, qui survivent dans l’injustice, l’incompréhension, l’amertume, la rancœur : c’est un traumatisme social de plu en plus sensible, un sentiment horrible, qui va influencer l’avenir de la génération née dans ce chaos et qui commence à perdre espoir en un avenir immédiat meilleur et à chercher d’autres voies à suivre…

     

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