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Droit international - Page 5

  • Dis donc, Macron, est-ce que la colonisation de la Palestine par Israël est un crime contre l’humanité ?

    J’ai beaucoup de peine à prendre au sérieux l’immature Macron, figure de ces personnes de droite qui n’assument pas et viennent se maquiller avec de la poudre de gauche, mais sa saillie sur la colonisation oblige une petite mise au point, quand je vois, en France, la masse des réactions déniant que la colonisation soit un crime. Ce qui montre que la classe dirigeante reste foncièrement colonialiste, ce qui explique beaucoup de choses.

    Dire que la colonisation est un crime, ce n’est pas une opinion, mais le simple rappel du droit. Le statut de la Cour pénale internationale, ratifié par la France, prévoit plusieurs infractions qui traitent des divers crimes commis pendant la colonisation.

    - Comme crimes contre l’humanité :

    Article 7,1,d), la déportation ou transfert forcé de population, c’est-à-dire le fait de déplacer de force des personnes, en les expulsant ou par d’autres moyens coercitifs, de la région où elles se trouvent légalement, sans motifs admis en droit international ;

    article 7,1,j), le crime d’apartheid.

    - Comme crimes de guerre

    Article 8,2,a, iv), la destruction et l’appropriation de biens, non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire ;

    Article 8,2, b, viii) Le transfert, direct ou indirect, par une puissance occupante d’une partie de sa population civile, dans le territoire qu’elle occupe, ou la déportation ou le transfert à l’intérieur ou hors du territoire occupé de la totalité ou d’une partie de la population de ce territoire.

    Pour conquérir les territoires, installer leur population et imposer leur domination économique, les Etats colonisateurs ont systématiquement eu recours à des crimes de masses. Et comme la colonisation est un crime d’Etat fondé sur la force armée, la résistance armée par une guerre de libération nationale, pour mettre fin à ce crime, est légitime. Légitime, mais terriblement meurtrière : 500 000 morts en Algérie, dont 80 % d’Algériens. Aussi, devant le respect dû à ces vies brisées, les instrumentalisations électorales collent la gerbe.

    Ensuite, je rappelle les propos du grand théoricien français de la colonisation, Jules Ferry, devant l’Assemblée nationale : « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont un devoir de civiliser les races inférieures. De nos jours, je soutiens que les nations européennes s'acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation ». Donc, Macron, est-ce que tu es d’accord pour débaptiser toutes les écoles qui portent le nom de Jules Ferry, parce que des écoles faisant l'apologie d’un criminel, ce n’est pas fameux, non ?

    Enfin, il ne fait de doute pour personne - les autorités gouvernementales revendiquant d'ailleurs un processus d’annexion - que l’Etat d’Israël pratique une politique de colonisation de la Palestine, cherchant par tous les moyens à briser la souveraineté du peuple palestinien. Alors, Macron, merci de nous confirmer que la colonisation de la Palestine par Israël est un crime contre l’humanité... Et de déterminer une politique conforme au respect du droit international... Et vu que tu dénonces le projet mur de Trump devant le Mexique, merci de dénoncer aussi le mur israélien construit en Palestine occupée, qui n’est pas un projet mais une réalité, contraire au droit.

    Ce Macron est un bouffon d’anthologie.

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  • Le peuple palestinien : La résistance à la force militaire est la seule voie

    «Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent »... Netanyahou découvre soudain les préceptes du philosophe Henri Queuille. Et, au passage, grosse piqûre pour ceux qui considèrent Trump comme une brute ignorante : sous-estimer l’interlocuteur n’est jamais gage d’avenir.

    Voici le communiqué de Trump : « Si la colonisation n'est pas un obstacle à paix, la construction de nouvelles implantations ou l'expansion d'implantations existantes au-delà de leurs limites actuelles pourrait ne pas aider à résoudre le conflit au Proche-Orient ». La première partie de la phrase, c’est de l’empapaoutage de communicant, pour mieux souligner la seconde partie, qui est nette et propre. Netanyahou et ses collègues allumés sont sèchement remis au carré.

    Trump élu, les sionistes se sont lâchés, autorisant la construction de 566 logements à Jérusalem-Est, et de 5500 en Cisjordanie, donc dans les deux cas, en territoire palestinien militairement occupé, au sens de la IVème Convention de Genève.

    - Donc, le soldat n’est pas chez lui ?

    - Oui, et jamais.

    Surtout, dans les tuyaux, un projet de loi visant à annexer la colonie de Maale Adumim, à l'est de Jérusalem, ce qui casserait la continuité territoriale entre les villes palestiniennes du nord et du sud. Une telle loi, ce serait une rupture : on ne parle plus d’occupation militaire, mais d’annexion.

    Nétanyahou s’est beaucoup engagé sur ce texte,… mais il a accepté de différer le passage en commission interministérielle, pour ne rien faire avant sa première visite à Washington, le 15 février.

    Et là, ce sera a priori plus compliqué que l’imaginaient les dirigeants israéliens, fantasmant déjà de l’ambassade US à Jérusalem. Une autre promesse de campagne électorale…

    Jeudi, Trump, après avoir reçu le matin le roi Abdallah II de Jordanie, a dans la soirée expliqué que « le désir des États-Unis d'aboutir à la paix entre Israéliens et Palestiniens reste inchangé depuis cinquante ans ».

    - Cinquante ans ? Pourquoi cinquante ans ? Notre droit sur cette terre est éternel.

    - Cinquante ans, parce que pour le monde entier – Trump y compris – les conquêtes de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de Gaza en juin 1967 sont illégales.  C’est une occupation militaire, qui ne peut en aucun cas parvenir à une annexion, et qui, tôt ou tard, devra prendre fin.

    Selon les bases les plus essentielles du droit international, la paix dans le monde repose sur la coexistence des peuples, dans le respect de leurs frontières, et celui qui par la force armée veut acquérir des territoires relevant d’une autre souveraineté est destiné d’abord à l’isolement diplomatique, puis à la défaite, quelle que soit sa puissance militaire. C’est une réalité inexorable.

    Gloire et honneur au si résistant peuple palestinien.

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  • La fausse accusation de Trump à Obama ? par Manlio Dinucci

    Le gentil Obama critiqué par le méchant Trump parce qu’il aurait financé l’effort militaire US sans assez de contreparties pour les US… Pas du tout, répond le New York Times, le porte-parole d’Obama, on les a mis à genoux, et ça nous rapporte un max. Merci Manlio…

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    La fausse accusation de Trump à Obama ?

    par Manlio Dinucci

    Face à l’accusation du président nouvel élu Trump contre l’administration Obama, parce qu’elle n’aurait à peu près rien obtenu des alliés en échange de la « défense » que les États-Unis leur assurent, le New York Times est descendu dans l’arène. Il a publié le 16 janvier une documentation, fondée sur des données officielles, pour démontrer ce qu’a fait l’administration Obama pour « défendre les intérêts des USA à l’étranger ».

    Ont été conclus avec plus de 30 pays des traités qui « contribuent à apporter de la stabilité dans les régions économiquement et politiquement les plus importantes pour les Etats-Unis ». A cet effet les USA ont déployé en permanence outremer plus de 210 000 militaires.

    En Europe, ils maintiennent environ 80 000 militaires, plus la Sixième Flotte basée en Italie, pour « défendre les alliés Otan » et comme «dissuasion contre la Russie ». En échange, ils ont obtenu l’engagement des alliés Otan de « défendre les États-Unis » et la possibilité de garder leurs propres bases militaires proches de Russie, Moyen-Orient et Afrique, dont le coût est assumé pour 34% par les alliés. Ce qui permet aux USA d’avoir l’Ue comme plus grand partenaire commercial.

    Au Moyen-Orient, les États-Unis maintiennent 28 000 militaires dans les monarchies du Golfe, plus la Cinquième Flotte basée à Bahrein, pour « défendre le libre flux de pétrole et gaz et, en même temps, les alliés contre l’Iran ». En échange ils ont obtenu l’accès à 34% des exportations mondiales de pétrole et à 16% de celles de gaz naturel, et la possibilité de maintenir leurs propres bases militaires contre l’Iran, dont le coût est assumé pour 60% par les monarchies du Golfe.

    En Asie orientale, les États-Unis maintiennent plus de 28 000 militaires en Corée du Sud et 45 000 au Japon, plus la Septième Flotte basée à Yokosuka, pour « contrecarrer l’influence de la Chine et soutenir les alliés contre la Corée du Nord ». En échange ils ont obtenu la possibilité de maintenir leurs propres « bases militaires près de la Chine et de la Corée du Nord », dont le coût est assumé par les alliés dans la proportion de 40% en Corée du Sud et de 75% au Japon. Cela permet aux USA d’avoir le Japon et la Corée du Sud comme importants partenaires commerciaux.

    En Asie du Sud-Est, les États-Unis maintiennent un nombre variable de militaires, de l’ordre de plusieurs milliers, pour soutenir la Thaïlande et les Philippines avec l’Australie dans le Pacifique. C’est dans ce cadre qu’entrent « les exercices militaires pour la liberté de navigation en Mer de Chine Méridionale », où passe 30% du commerce maritime mondial. En échange les États-Unis ont obtenu la possibilité de « protéger » un commerce maritime d’une valeur de plus de 5 000 milliards de dollars annuels. En même temps ils ont obtenu « une région plus amie des États-Unis et plus en mesure de s’unir contre la Chine ». On oublie dans cette liste le fait que le Pentagone, pendant l’administration Obama, a commencé à déployer contre la Chine, à bord de navires de guerre, le système Aegis analogue à celui déjà déployé en Europe contre la Russie ; système en capacité de lancer non seulement des missiles anti-missiles, mais aussi des missiles de croisière armables de têtes nucléaires.

    Elle est donc infondée, la critique de Trump à Obama, lequel a démontré dans les faits ce qu’il affirme dans son dernier message sur l’État de l’Union : « L’Amérique est la plus forte nation sur la Terre. Nous dépensons pour le militaire plus que ne dépensent ensemble les huit nations suivantes. Nos troupes constituent la meilleure force combattante dans l’histoire du monde ».

    Voilà quel est l’héritage laissé par le président « bon ». Que fera maintenant le « méchant » ?

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  • Gaza : Piqûre de rappel… par Ziad Medoukh

    Ziad Medoukh, ce grand ami de la langue française, était présent il y a peu en France, et il avait bien bataillé pour venir. Mais si tôt là, il nous expliquait n’attendre que de revenir à Gaza, parce que c’est sa terre, parce que c’est son peuple. Ziad est désormais revenu dans son pays, et il nous en parle avec cette « piqure de rappel », publié dans le Courrier du Maghreb et de l'Orient-décembre 2016

     

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    Depuis plus de dix ans, et à la fin de chaque année, les habitants de la bande de Gaza font le bilan du blocus israélien, de la poursuite des attaques sur leur prison à ciel ouvert, et de l’isolement de cette région oubliée.

    Depuis le retrait israélien de la bande de Gaza et l’évacuation des colonies israéliennes en 2005, et depuis le début du blocus israélien  imposé contre cette région isolée en 2006, la bande de Gaza vit une situation désastreuse à tous les niveaux, une situation qui rend la vie de deux millions d’habitants de plus en plus intolérable.

    En dix ans, la population civile a subi trois offensives militaires israéliennes majeures qui ont fait des milliers de morts et des milliers de blessés, sans oublier la destruction massive de toute une région.

    Dix années se sont écoulées, et les Palestiniens de Gaza vivent toujours en état de guerre ; la souffrance, c’est tous les jours, les massacres et les crimes commis par l’armée d’occupation, contre les gens, contre les maisons et les écoles, contre les usines et les routes…

    En 2016 Gaza a continué d’endurer cette routine macabre, abandonnée par une communauté internationale complice.

    L’année 2016, pour les habitants de la bande de Gaza, a été marquée par…

    Le maintien du blocus israélien imposé de façon illégale par les forces de l’occupation depuis plus de dix ans, et la fermeture permanente des passages qui relient la bande de Gaza à l’extérieur.

    Concernant les passages commerciaux : actuellement, par jour, 270 à 320 camions entrent à Gaza via le seul passage commercial ouvert  cinq jours par semaine, ce passage se situe au sud de la bande de Gaza, mais la moitié de ces camions sont ceux des organisations internationales et desservent leurs projets de reconstruction d’écoles et de stations d’eau. Parmi ces camions, 5 ou 6 seulement contiennent des matériaux de construction, notamment le ciment. Ce passage se ferme sous n’importe quel prétexte, par décision israélienne, sans prendre en considération les besoins énormes de la population civile.

    Gaza n’a droit qu’à 120 produits au lieu de 950 avant le blocus, quelques produits et médicaments n’entrent pas, ce qui a aggravé la situation sanitaire. Selon les estimations des organisations internationales, la bande de Gaza a besoin de plus de 1.300 camions par jour pour répondre aux besoins énormes d’une population en augmentation permanente.

    Cette fermeture a empêché la libre circulation des importations et des exportations des biens et produits de Gaza, en particulier les matières premières et les produits semi-finis ; d’où un effacement progressif du potentiel industriel de la région.

    Le gouvernement israélien refuse l’ouverture des passages d’une façon régulière et maintient son blocus sur Gaza. Les organisations internationales n’arrivent pas à faire pression sur ce gouvernement, et les Palestiniens de Gaza demeurent dans cette attente éternelle.

    Les projets de reconstruction public ou privé sont au point mort. Imaginez ! Aucune maison n’a été reconstruite, un an et demi après la fin de la dernière attaque massive contre Gaza, durant l’été 2014. Le Comité national de la reconstruction de Gaza a déclaré que seulement des réparations aux maisons partiellement détruites par les bombardements israéliens ont pu être réalisées.

    Seulement 45% des fonds promis lors de la conférence sur la reconstruction de la bande de Gaza, les 11 et 12 octobre 2014, au Caire (5,6 milliards dollars avaient été promis) ont été versés, soit directement à l’Autorité palestinienne, qui se heurte  à  d’énormes difficultés pour mener des projets de reconstruction dans la bande de Gaza –et qui réellement n’y exerce aucun pouvoir, à cause des mesures israéliennes d’une part et des divergences politiques entre les différents partis palestiniens d’autre part-, soit aux organisations internationales, dont la priorité est de distribuer des aides alimentaires aux sans-abri et non de commencer la reconstruction des habitations détruites.

    Le plan Siry –du nom du responsable des Nations-Unies-, qui prévoit l’entrée quotidienne d’un nombre limité de camions de ciment à Gaza sous contrôle israélien, a donné une légitimité internationale au blocus  et a permis à Israël d’engranger des profits supplémentaires ; c’est un gain politique pour Israël, alors que, en revanche, le plan, en pratique, n’est pas appliqué, grevé par les autorités israéliennes qui, sous n’importe quel prétexte, se désengagent de leur engagement,

    Gaza est passé, suite à cette situation surréaliste, d’une économie de subsistance devenue familiale depuis longtemps déjà, à une économie désormais dépendante d’Israël et des organisations internationales.

    La poursuite des incursions, bombardements, malgré une trêve respectée par les factions armées de Gaza, jamais par l’armée d’occupation israélienne…

    On compte plus de 200 violations israéliennes en 2016 !

    50 bombardements, 60 incursions dans différentes zones frontalières au sud et au nord de la bande de Gaza, 90 attaques contre les pêcheurs et leurs bateaux de pêche ; cette année, 32 Palestiniens ont trouvé la mort à Gaza suite à ces attaques et bombardements.

    Le maintien de la division inter-palestinienne : malgré la création d’un gouvernement d’union nationale dans les territoires palestiniens, l’hostilité reste vive entre le Hamas et la Fatah, facteur aggravant de la souffrance des Gazaouis. Actuellement,  il y a donc deux gouvernements palestiniens, un à Gaza et un en Cisjordanie ; leurs divergences et leurs décisions contradictoires nuisent au quotidien des habitants de Gaza.

    Ainsi, l’Autorité palestinienne (basée en Cisjordanie) verse leur salaire aux 70.000 fonctionnaires de Gaza via les banques ; mais elle ne contrôle pas les administrations de cette région dominée jusqu’à maintenant par le Hamas.

    La dégradation de la situation économique : le taux de chômage dépasse les 65% de la population civile ; mais le phénomène le plus dangereux est la hausse du chômage chez les jeunes de moins de 30 ans, qui a atteint 80% en 2016 ; plus de 50.000 personnes se sont ainsi ajoutées au nombre des sans emploi.

    La pauvreté : 70% de la population de Gaza vit en dessous de seuil de pauvreté.

    L’augmentation du nombre de personnes qui dépendent des organisations humanitaires : 75% des Gazaouis vivent de l’aide alimentaire. Selon les sources du bureau des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), dans la bande de Gaza, plus de 990.000 personnes ont bénéficié du programme de l’aide alimentaire géré par le bureau en 2016 ; ce programme a élargi ses services pour assister les citoyens et non plus seulement les réfugiés.

    Pour beaucoup d’économistes, l’année 2016 est considérée comme  la plus catastrophique pour l’économie palestinienne depuis 20 ans.

    Le soulèvement populaire en Cisjordanie commencé en octobre 2015 : il a détourné les yeux de la problématique de Gaza, qui intéresse moins l’Autorité palestinienne et le monde. Préoccupées par ce soulèvement populaire, qui entre dans sa deuxième année, les aures institutions palestiniennes oublient les Gazaouis.

    La fermeture des passages qui relient la bande Gaza à l’extérieur, notamment le passage de Rafah, au sud de la bande de Gaza, et le passage d’Iretz, au nord de la bande de Gaza, a entravé plus encore le déplacement des Palestiniens de Gaza. Le passage de Rafah, contrôlé par la dictature égyptienne, n’a été ouvert que 90 jours en 2016, tandis que le passage d’Iretz, contrôlé par l’armée israélienne n’est autorisé qu’à 7% de la population gazaouite, principalement les malades, quelques hommes d’affaires et des cas humanitaires.

    Aucune solution n’a été proposée, aucun plan de sortie de crise n’existe pour la bande de Gaza : que ce soit les deux gouvernements palestiniens, les organisations internationales ou les pays voisins ou l’ONU, il semble que la crise peut durer à tout jamais. Les problèmes d’eau, d’électricité, d’infrastructure, de chômage, de pauvreté, de précarité et de reconstruction… pour toujours.

    La seule centrale électrique, qui avait été bombardée lors de la dernière agression, fonctionne désormais à 30% de sa capacité ; depuis lors, chaque foyer à Gaza reçoit 8 heures de courant électrique par jour, rien n’a changé…

    Concernant l’eau : les dommages causés aux canalisations d’eau et d’assainissement ont été immenses. En décembre 2016, plus de la moitié des Gazaouis n’a plus aucun accès à l’eau.

    La situation et les événements dans la région et dans des pays arabes, en particulier en Syrie et au Yémen : ils monopolisent l’attention des dirigeants arabes et internationaux ; la cause palestinienne est passée au deuxième plan. Or, les crises se multiplient et s’intensifient, dans une région arabe de plus en plus instable ; 2017 ne ramènera pas Gaza sur le devant de l’actualité.

    L’aspect le plus grave de ce marasme inextricable, c’est l’absence de perspectives pour tous ces gens qui constatent que les choses n’avancent pas, ne bougent pas, qui survivent dans l’injustice, l’incompréhension, l’amertume, la rancœur : c’est un traumatisme social de plu en plus sensible, un sentiment horrible, qui va influencer l’avenir de la génération née dans ce chaos et qui commence à perdre espoir en un avenir immédiat meilleur et à chercher d’autres voies à suivre…

     

  • Yémen : Quelques bonnes vérités de Bruno Guigue

    La première coalition armée arabe du XXIeme siècle s’est organisée au soutien de la cause palestinienne. Euh, je me trompe.  La première coalition armée arabe du XXIème siècle s’est organisée pour attaquer un peuple arabe, le peuple yéménite. Une guerre encore plus insensée et meurtrière que les autres. Mais de là à s’émouvoir pour les victimes yéménites… Voici un excellent texte de Bruno Guigue, ce 3 janvier.  

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    En Occident, pas de pleureuses pour les enfants yéménites

    Bruno Guigue

    La prospérité de notre industrie de l’armement vaut bien la vie de quelques milliers d’enfants yéménites. C’est ce que répondit implicitement Manuel Valls lorsqu’on lui demanda ce qu’il pensait des bombardements saoudiens qui dévastent le Yémen et terrorisent sa population. « Est-il indécent de se battre pour nos emplois ? » répondit le premier ministre le 15 octobre 2015 sur Bfm/Tv. « Indécence », dites-vous ? A la tête d’un gouvernement qui aura généreusement distribué des armes et des médailles aux coupeurs de tête du Golfe, Manuel Valls sait de quoi il parle.

    Depuis mars 2015, la « coalition » conduite par Riyad déchaîne le feu du ciel contre des civils sans défense en prétendant combattre une rébellion houthie coupable de s’être alliée avec l’ex-président Ali Abdallah Saleh contre son successeur Abd Rabbo Mansour Hadi, instrument docile de la monarchie saoudienne. Selon l’ONU, cette intervention militaire meurtrière a fait plus de 10 000 victimes. Elle a provoqué une catastrophe humanitaire, 400 000 enfants souffrant de malnutrition dans un pays dévasté par les bombardements et privé de ressources par l’embargo que lui imposent les pétromonarchies.

    Dans une totale impunité, l’aviation saoudienne n’épargne ni les écoles, ni les hôpitaux, ni les cérémonies religieuses. Elle répand la terreur, elle cherche à faire plier, en la soumettant à un déluge de feu, une résistance qui infligerait une cuisante défaite aux forces coalisées si elles avaient le courage de l’affronter sur le champ de bataille. Les wahhabites, en fait, ne mènent pas une guerre contre des combattants, mais une entreprise systématique de démoralisation de la population, de destruction totale, d’arasement des infrastructures du pays.

    Cette œuvre mortifère, ses auteurs la justifient en invoquant la légalité internationale. Le mouvement « Ansarullah », en effet, a investi la capitale du pays en septembre 2014 et poussé le président Mansour Hadi à la démission en janvier 2015. Effet à retardement de la « révolution » ratée de 2011, ce succès inattendu a pris de court les Saoudiens et leurs parrains occidentaux. Décidés à intervenir dans le conflit, ils ont obtenu du conseil de sécurité de l’ONU le vote de la résolution 2216 du 14 avril 2015 condamnant la prise du pouvoir par les Houthis et affirmant la légitimité du président Hadi.

    Cette décision onusienne a offert à Riyad une couverture juridique l’autorisant à frapper le Yémen sans ménagement pour vaincre la rébellion. Perversion du droit international, c’est un chèque-en-blanc qui permet au pays arabe le plus riche d’écraser sous les bombes le pays arabe le plus pauvre. Tout se passe comme si l’agresseur bénéficiait d’une sorte de permis de tuer à grande échelle, avec la bénédiction de puissances occidentales qui lui fournissent des armes en quantité illimitée tandis que la rébellion houthie se voit frappée par l’embargo.

    On se demande alors quel crime le peuple yéménite a pu commettre pour endurer un tel supplice. Aurait-il commis des actes terroristes ? Certainement pas. Il est la première victime des attentats meurtriers perpétrés par Daech et Al-Qaida, comme celui contre les mosquées chiites de Sanaa qui fit 142 morts le 20 mars 2015. Ces organisations, en revanche, ont longtemps bénéficié de l’étrange inaction de la coalition, notamment dans la région d’Al-Mukallah. Peine perdue ! Cette alliance objective sur fond de haine anti-chiite n’a pas mis les forces « loyalistes » à l’abri des attentats-suicides qui vont bientôt les frapper à leur tour en 2016.

    D’où vient, alors, l’acharnement de Riyad contre le Yémen ? Selon la propagande saoudienne, il serait justifié par la complicité des Houthis avec Téhéran. Appartenant à la communauté chiite « zaydite », le mouvement « Ansarullah » servirait les ambitions géopolitiques de l’Iran. Les causes du conflit yéménite sont endogènes, l’aide fournie par les Iraniens aux rebelles est dérisoire, mais Riyad s’obstine à dénoncer l’influence malfaisante des mollahs. C’est une situation ubuesque. Les Houthis sont coupés du monde par l’embargo et bombardés par une puissante aviation, et Riyad les traite, sur leur propre sol, comme s’ils étaient des mercenaires étrangers !

    Le voilà donc, son crime, à ce Yémen rebelle. Il est en cheville avec les forces du mal, il pactise avec le diable. Décidément inconscients, les Houthis admirent le Hezbollah libanais, ils soutiennent la Syrie souveraine, ils croient encore au nationalisme arabe. Pour ceux qui entendent asservir la région aux intérêts impérialistes, Sanaa est une épine dans le pied. Le Yémen a commis une faute politique qu’il va devoir expier dans la douleur. Vu de Riyad, il va falloir étouffer ce foyer de contestation d’un ordre impérial auquel se cramponnent des pétromonarchies vermoulues. L’Arabie saoudite ne veut pas, tout simplement, d’un Yémen indépendant et unifié.

    Pour ce pays martyrisé qui n’intéresse personne, on n’entendra pas de jérémiades. Ni « génocide », ni « massacre », ni « barbarie » à l’horizon dans les colonnes de la presse mainstream. Le chœur des pleureuses occidentales est aux abonnés absents. Ni « Casques blancs » financés par des fondations anglo-saxonnes, ni parlementaires français en goguette pour « éveiller les consciences », ni gauchistes indignés qui appellent à la « solidarité révolutionnaire », ni droits-de-l’hommistes qui signent héroïquement des pétitions à la pelle, rien, nada. Le Yémen est sorti des écrans-radar, rayé de la liste des causes qui en valent la peine. Il est abandonné aux criminels wahhabites par l’indécente lâcheté d’un Occident complice. Mais, qui sait, le peuple yéménite n’a peut-être pas dit son dernier mot.

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