Avertir le modérateur

économie - Page 4

  • Hollande/Valls : Les incompétents qui font sombrer le pays

    La France est un pays sérieux : la preuve, les têtes pensantes du ministère de l’Intérieur ont faire arrêter un manifestant qui, dans une mise en scène rodée, mimait la scène de soldats abattant des enfants (terroristes) : notre ami est le roi des pépères, et la kalachnikov est en caoutchouc. Mais l’Etat français est fermement dirigé, et notre vaillant gouvernement, toutes affaires cessantes, a fait arrêter notre ami pépère pour que vérifier par expertise que la kalachnikov était en caoutchouc… Et notre ami s’est trouvé en garde-à-vue : pathétique.

    C’est ainsi : dès qu’on les regarde de près, nos braves dirigeants apparaissent nature, ie comme des crétins finis.

    campaign-incompetence-titanic

    Notre gouvernement passe son temps à tenter de nous dissiper avec ce genre de calembredaines, et on finit par de désintéresser de son action,… Sauf qu’ils sont en train de fiche en France un bazar rare,… et que nous allons tous passer à la casserole.

    Hollande/Valls, les fossoyeurs de la Gauche, ces deux irresponsables aux épaules en forme de bouteille de Coca-Cola, nous avaient vanté les mérites du Pacte de responsabilité. Un truc bidon, qui était en fait la remise des clés du pays au MEDEF. Pour faire joli, Hollande/Valls avaient promis la baisse des cotisations sociales des salariés les moins payés. Un « marqueur de Gauche », comme le disait Le Monde (des innocents).

    Mais voilà : le Conseil constitutionnel a annulé la baisse des cotisations sociales. Du travail d’amateur.

    Tétanisés devant la réussite économique de l’Allemagne, notre pays frère, Hollande n’avait rien trouvé de mieux que d’appeler l’Allemagne à lancer des programmes pour draguer à la croissance, pour que la France en profite. La réponse a été un coup de pied au cul, par le président de la banque centrale allemande Bundesbank, Jens Weidmann, qui a invité la France à être «un exemple en matière budgétaire» et à cesser d’en appeler à l’Allemagne pour soutenir sa croissance. Merkel n’a pas bronché une oreille, et elle a laissé le banquier dézinguer Hollande.

    Hier, nouvel épisode dans l’inexorable chute. Cambadélis a jugé «inévitable» d’abandonner l’objectif d’un déficit public de 3% du PIB en 2015. En septembre 2013, Paris avait obtenu de Bruxelles un délai de deux ans pour passer sous la barre des 3%, objectif initialement  fixé pour 2013, et promis de ramener son déficit public à 3,6% du PIB fin 2014 et 2,8% fin 2015. Engagement martelé par El Blancos. Aujourd’hui, nos gouvernants renoncent. En juillet, les prix à la consommation ont baissé de 0,3% et on voit apparaitre un risque de déflation. C’est grave.

    L’illusionniste Michel Sapin, qui avait estimé la croissance française à 1%, reconnait qu’on ne dépassera pas les 0,5%. Ce qui oblige à revoir toutes les prévisions fiscales…

    A ce stade, nous n’avons plus le choix : il faut que Merkel gouverne la France. Pendant ce temps, notre gouvernement s’occupera des enquêtes sur les kalachnikovs en caoutchouc.

    On en rit,… mais pas trop, car Hollande/Valls sont entrain de flinguer notre pays.

     

    gochmole,économie,dette

  • Montebourpif, un calvaire pour l’économie

    Une nouvelle hausse du chômage, des tensions sociales au seuil de l’incompréhension, un plan d’économie rejeté par une large partie des députés… Mais ceci n’est pas grave, car Montebourpif va présenter à l’automne un projet de loi sur la croissance et le pouvoir d’achat. Comme ça ne marche pas par l’économie, on va créer la croissance par la loi. Comment ne pas y avoir pensé plutôt… Tout ceci est hélas de la pure plaisanterie, par ce gouvernement de stagnants. Voyez où se situe le débat réel… avec notre ministre des affaires étrangères qui pique sa crise car le parlement veut augmenter la taxe de séjourdans les hôtels, qui est de 1 euro par jour environ. Tous nous encouragements à Fabius pour ce glorieux combat…

    CZECH REPUBLIC HEALTH BIRD FLU

     

    Les investissements directs étrangers

    Le réel, ce sont les chiffres de ce qui fait l’avenir, c’est-à-dire l’investissement, et spécialement des investissements étrangers en France. Hollande voulait les voir augmenter de 40%, et… ils sont en baisse, la France, doublée par l’Espagne et l’Italie, devenant un cas isolé. L’Allemagne est en tête en Europe, et à la quinzième place dans le monde.

    Après une année 2012 en baisse, les investissements directs étrangers (IDE) dans le monde ont progressé en 2013 de 9% à 1252 milliards $. Les grands bénéficiaires en masse (778 milliards $) sont les pays de la zone Asie, mais l’Europe connait une progression de 14%. Pour la France, c’est calamiteux : les IDE passent de 25 à 4,9 milliards $. Le gouvernement conteste les modes de calcul, qui sont pourtant les mêmes pour tous les pays.

    L’affaire Alstom

    Le gouvernement qui ne voulait pas de l’alliance Alstom/General Electric a fichu un foin du diable… pour finalement défendre cette alliance, en dégageant Siemens, après nous avoir vanté un nouveau champion européen, digne de la love story d’Airbus. Et pour que Montebourpif ne démissionne pas, Valls et Hollande lui ont lâché une prise de participation de 20%, arrachée à Bouygues pour 2 milliards d’€. L’accord était conclu, et viable : à quoi rime cette arrivée de l’Etat comme premier actionnaire du groupe ? A parfaire l’image de Montebourpif et ses lubies d’interventionnisme, et avec des analyses cinglantes dans la presse international. Un cocorico qui est un repoussoir pour les IDE.

    Coq-1740

     

    Le décret du 14 mai 2014 sur le patriotisme économique

    Quelques jours plus tôt, ce drôle de type avait dealé avec El Blancos pour signer le décret n° 2014-479 du 14 mai 2014 de « patriotisme économique », ovationné par la foule… Génial, on sauve l’économie en modifiant les décrets. Laissez-moi rire.

    Un décret ne peut intervenir qu’en application de la loi, ie l’article L. 151-3 du Code monétaire et financier, qui soumet à autorisation préalable du ministre chargé de l’économie « les investissements étrangers dans une activité en France qui, même à titre occasionnel, participe à l’exercice de l’autorité publique ou relève de l’un des domaines suivants :

    a) Activités de nature à porter atteinte à l’ordre public, à la sécurité publique ou aux intérêts de la défense nationale ;

    b) Activités de recherche, de production ou de commercialisation d’armes, de munitions, de poudres et substances explosives ».

    Le décret El Blancos-Montebourpif ajoute « autres activités portant sur des matériels, des produits ou des prestations de services, y compris celles relatives à la sécurité et au bon fonctionnement des installations et équipements, essentielles à la garantie des intérêts du pays en matière d’ordre public, de sécurité publique ou de défense nationale énumérés ci-après :

    a) Intégrité, sécurité et continuité de l’approvisionnement en électricité, gaz, hydrocarbures ou autre source énergétique ;

    b) Intégrité, sécurité et continuité de l’approvisionnement en eau dans le respect des normes édictées dans l’intérêt de la santé publique ;

    c) Intégrité, sécurité et continuité d’exploitation des réseaux et des services de transport ;

    d) Intégrité, sécurité et continuité d’exploitation des réseaux et des services de communications électroniques ;

    e) Intégrité, sécurité et continuité d’exploitation d’un établissement, d’une installation ou d’un ouvrage d’importance vitale au sens des articles L. 1332-1 et L. 1332-2 du code de la défense ;

    f) Protection de la santé publique ».

    Bravo ! Sauf qu’en droit, ça ne vaut rien, car le décret inclut des secteurs qui sont évidemment étrangers au texte de loi, et le texte sera carbonisé par le premier IDE qu’il tentera de bloquer. Ce d’autant plus que, comme l’a jugé la CJCE, il ne suffit pas de sa payer de mots, il faut des faits : « L’ordre public et la sécurité publique ne peuvent être invoqués qu’en cas de menace réelle et suffisamment grave, affectant un intérêt fondamental de la société» (CJCE, 14 mars 2000, Association Église de Scientologie de Paris, C-54/99).

    Peu importe après tout si les investisseurs étrangers, écœurés par cet interventionnisme idiot, renoncent à la France pour choisir l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne. L’essentiel est que la gloire de Montebourpif reste intacte auprès de son électorat.

    191665coq.jpg

  • Alstom franco-français, c’est fini

    Après les épisodes glorieux des pompes d’Aquilino et le réchauffement des relations entre François et Valérie, une nouvelle aventure attend notre équipe de choc : l’avenir d’Alstom. Après Arcelor-Mittal et SFR, voici à nouveau la pérennité de l’industrie en France sur la table.

    Je n’ai jamais compris pourquoi l’aller-retour vers Istanbul (272 €) était au même niveau que celui vers Lyon (260 €), mais la fierté de passer sur le quai de la gare devant la locomotive Alstom du TGV, enviée dans le monde entier, calmait ma curiosité. Bon, le problème est que j’ai appris hier qu’Alstom était à la ramasse, et que la direction cherchait à vendre la firme, fleuron de l’industrie française, pour ne pas boire le bouillon.

    peintures-coq-2-big.jpg

    Wahou ? Vous étiez au courant vous ? Alstom est en discussion avec General Electric (GE), pour que le mastodonte US rachète l’activité énergétique d’Alstom, soit 70% du CA. Pour situer, GE est, avec 140 milliards d'euros de CA et 300 000 salariés, cinq fois plus gros qu’Alstom. GE a une déjà une forte implantation en France, avec un siège à Belfort et 11.000 salariés, contre 18.000 pour Alstom. Les pourparlers GE/Alstom ont été rendus publics samedi, et depuis hier, Siemens se démène pour faire une contre-offre.

    Pour ma part, en écoutant la semaine dernière Ségo nous expliquer que la transition énergétique allait créer 100 000 emplois, j’étais trop content pour mon beauf’, qui est cadre chez Alstom. Je l’ai appelé ce soir, et pour lui c’est net :

    (1) Alstom est effectivement dans la panade, avec le poids lourd qu’est la stagnation du marché du nucléaire, et Bouygues l’actionnaire principal qui a besoin d’argent et qui veut vendre.

    (2) Tant qu’à faire, il faut mieux que l'affaire se fasse avec GE, peu présent sur les équipements énergétiques, ce qui peut booster l’excellent savoir-faire d’Alstom, alors que Siemens, le concurrent de toujours, est sur les mêmes marchés et les mêmes produits, avec un gros risque de casse. D’ailleurs, c’est pour cela que Siemens avait été écarté du plan de sauvetage d’Alstom en 2004… De plus, les affaires de Siemens ne sont pas au top, et le groupe en est plus à vendre qu’à acheter… ce qui lui impose un looping de haute voltige.

    (3) Alstom-GE, ça peut devenir une force de frappe, et Siemens a alors du souci à se faire.

    (4) Alstom replié sur le transport, son second métier (70% pour l’énergie, et 30% pour le transport), ça peut le faire, mais ça va être serré, alors que Siemens pourrait apporter des marchés.  

    Le conseil d'administration d’Alstom a annoncé une décision pour mercredi.  

    De ce qu’on lit, GE aurait proposé 9,4 milliards € pour acheter branche énergie d'Alstom, qui fait un CA de 14 milliards d'euros, et les choses sont assez avancées. Siemens a fait une offre d’un montant proche, mais c’est moins précis car Alstom et Siemens ne sont pas des amis mais de rudes concurrents. Côté équipe de France, c’est plus que mou : Areva, Schneider Electric ou GDF-Suez n’ont rien à proposer. Depuis dimanche, Siemens se démène et multiplie les arguments pour se présenter comme la base pour un plan européen, parle de réinvestissements en France, et écarte tout plan social.  

    Que peut faire l’Etat ? Alstom est une entreprise 100 % privée, et l’Etat n’a pas beaucoup de marge. Pas facile, alors que la concurrence est vive, d’apporter de l’argent – qu’il faudrait emprunter… – ou de se porter caution pour un refinancement par Alstom, alors que la grande question est la rétraction du marché. Impliquer un fonds qatari ? Rien à voir avec GE qui a l’argent,… et le métier ! La seule vraie prise pour le gouvernement est ce qui touche au nucléaire, qui est la cause sacrée.

    Nous allons dans les jours qui viennent vivre le feuilleton en direct pour l’avenir d’Alstom, mais un fait bien brutal est déjà acquis : Alstom franco-français, c’est fini. 

    c est fini NB.gif

  • Electricité : Pourquoi on va payer plus cher

    Une hausse rétroactive ? Génial, c’est pour ma paie… Euh, non, c’est pour la facture d’électricité, avec l'arrêt du Conseil d'Etat du 11 avril 2014 (n° 365219). Une victoire des forces de l’argent à l'heure du socialisme triomphant ? Que s’est-il passé ?

    Le prix de l’électricité est arrêté par les ministres chargés de l’énergie et de l’économie en application de règles définies par un décret n° 2009-975 du 12 août 2009, venant en application des articles L. 337-1 à L. 337-9 du Code de l’énergie. Article en « L », ça veut dire voté par la loi. Donc, le « gouvernement » a créé un système, et il l’applique. Enfin, il devrait l’appliquer…

    951150699.jpg

    L’article 3 de ce décret vous dit tout dans le creux de l’oreille :

    « La part fixe et la part proportionnelle de chaque option ou version tarifaire sont chacune l’addition d’une part correspondant à l’acheminement et d’une part correspondant à la fourniture qui sont établies de manière à couvrir les coûts de production, les coûts d’approvisionnement, les coûts d’utilisation des réseaux publics de transport et de distribution et les coûts de commercialisation, que supportent pour fournir leurs clients Electricité de France et les distributeurs non nationalisés, ainsi qu’une marge raisonnable.

    « La part correspondant à l’acheminement est déterminée en fonction du tarif d’utilisation des réseaux publics en vigueur applicable à l’option ou à la version concernée. La part correspondant à la fourniture couvre les coûts de production, d’approvisionnement et de commercialisation supportés par Electricité de France et les distributeurs non nationalisés pour fournir les clients ayant souscrit à cette option ou version. » 

    En clair : les ministres doivent répercuter les coûts réels car il faut que le 31 décembre 2015, l’électricité soit distribuée au tarif du marché. Donc, il faut augmenter le prix.

    La légende de l’électricité pas chère en France a bien vécu : sur les 35 Etats européens, la France est au treizième rang. Il faut dire que le gentil abonné EDF est rincé pour financer les centrales nucléaires et leur entretien.

    Pour définir ce prix, les textes ont institué une Commission de régulation de l’énergie (CRE) qui donne une estimation des hausses des coûts, et donc de la hausse qu’il faudra répercuter. La CRE a avisé à plusieurs reprises que les prix de l’électricité devraient augmenter d’environ 30 % entre 2012 et 2017. Wahou…

    7763513037_la-hausse-des-tarifs-de-l-electricite.jpg


    Pour le tarif « bleu », les particuliers, et « jaune », les petites entreprises, la CRE avait estimé la hausse d’abord à 5,7 %, pour la porter ensuite à 7 %,… et l’arrêté du 20 juillet 2012 avait retenu une hausse de 2 %. Pourquoi ? Parce que. Autant dire que c’était mort d’emblée, car l’arrêté ministériel ne respectait pas le décret.

    La gentille et douce EDF n’était pas contente, mais elle n’a pas formé de recours, car ce prix cassé fait aussi ses affaires, alors qu’elle est menacée par les concurrents (Direct Énergie, Eni, Lampiris…) qui n’ont pas les rentes d’EDF pour supporter ces tarifs déficitaires. Aussi, c’est l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (ANODE) qui a saisi le Conseil d’Etat d’un recours en annulation.

    Le seul suspens était le délai mis pour juger l’affaire. Il aura fallu vingt-et-un mois pour que le Conseil d’État sorte sa calculette, découvre que 2 ce n’est pas 7, et conclut que les tarifs étaient « manifestement inférieurs au niveau auquel ils auraient dû être fixés en application des principes s’imposant aux ministres ».

    Donc, le Conseil d’Etat n’ordonne pas une hausse rétroactive. Simplement comme il annule l’arrêté ministériel débile, le « gouvernement » va devoir reprendre un arrêté qui aura effet à la date du texte annulé, le 20 juillet 2012.

    La hausse de rattrapage sera d’environ 5%, qui s’ajoute à une hausse de 5 % en août 2013, et une à venir d’environ 5 % en août 2014.

    Ségolène Royal a réagi, pour dénoncer « une décision très regrettable pour les consommateurs, qui ne correspond pas à la volonté du gouvernement ». Elle a également affirmé sa volonté de « réformer le mode de calcul » fixant les tarifs réglementés d’EDF, « pour que le gouvernement puisse appliquer une politique énergétique sans être entravé par des textes administratifs qui ne correspondent pas à sa volonté politique ».

    Elle est super notre Ségo… Les textes administratifs en cause… Pas de chance, c’est une loi, qui fixe le retour au prix du marché en 2015. Alors, le « gouvernement » va-t-il faire voter une loi pour un prix d’électricité cassé ? On prend les paris ? 

    pub-recrutement-edf.jpg

  • Défoncer une sous-préfecture, et recevoir un soutien ministériel…

    $(KGrHqR,!ooE8dDg5BCjBPP61yUvN!~~60_35.JPGOuha la la… Ça se complique… Avec l’affaire Tilly-Sabco, le conflit social, le respect de l'Etat… Tout devient volatile… Drôle d’ambiance en cette fin 2013.

    Tilly-Sabco est entreprise bretonne, installée à Guerlesquin, dans le Finistère, patron Daniel Sauvaget, qui œuvre dans la vente de volailles, essentiellement à l’export. C’est une grosse PME : 136 millions de chiffre d’affaires et 340 salariés. L’exportation de poulets en Bretagne, c’était Doux et Tilly-Sabco.

    Oui, mais voilà, la semaine dernière, Daniel Sauvaget a annoncé que l’entreprise allait début janvier cesser son activité d’export : 90% des salariés sur le carreau, et de nombreux emplois indirects, notamment chez les aviculteurs, sont en péril. Motif ? La suppression des aides à l’exportation pour les poulets congelés. Un contrecoup des accords commerciaux internationaux, et en juillet, Bruxelles avait annoncé la fin des aides pour début 2014. Tilly-Sabco a tenté un référé et a perdu. Nous y sommes.

    Ces subventions représentaient un budget de 55 millions d’€, qui ne profitait en pratique qu’à la France, destinataire de 93,7% de la somme. Bruxelles estime que l’évolution du marché ne justifie plus cette coûteuse béquille, et les entreprises disent pile le contraire. En réalité tout le secteur flippe, car si les marchés à l’exportation sont perdus, les entreprises vont se retourner vers le marché intérieur, qui est excédentaire. Soyez patriotes, mangez du poulet trois fois par jour…  affiche-francaise-poulet-aux-prunes_5077d482782c2.jpg

    Alors revenons au cirque d’hier.

    Le matin, c’était un comté d’entreprise exceptionnel. Et l’après-midi, manif… avec le patron pour mener les troupes !

    On a démarré par une opération escargot sur la RN 12, pourquoi pas, puis en route vers Morlaix, et direction la sous-préfecture. Le haut portail est fermé, mais pas de problème : les manifestants ont sous la main un engin de levage, qui défonce le portail, et 150 à 200 salariés envahissent la cour. Dans la foule, on voyait même quelques écharpes tricolores, des élus ? Des élus forçant la porte d’une préfecture ?

    L’Elysée a aussitôt condamné l’opération : «On ne peut pas laisser passer ça, c'est trop fort symboliquement, c'est inacceptable. On peut comprendre le malaise et la peur vu le contexte local et régional, mais là c'est intolérable.» 

    Daniel Sauvaget est filmé, haranguant les salariés, expliquant qu’il n’y a qu’un seul responsable : Le Foll, ministre de l’agriculture. Comme ça ne vient pas assez vite, les salariés vident dans la cour de la sous-préfecture un chargement de bazar, et allument un grand feu de joie.

    120x160-Poulet-aux-Prunes2.jpgEn soirée, Daniel Sauvaget réapparait : «Le ministre Le Foll s’est engagé par écrit à demander un rendez-vous cette semaine avec le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, auquel il participera avec les représentants de la filière, pour défendre les restitutions européennes».

    Voilà un sacré message : une entreprise subventionnée depuis des années, qui a perdu cet argent public et qui a perdu son recours, défonce le portail d'une préfecture, et reçoit un soutien du ministre. Bonne mère... 

    Par écrit ! Une parole de ministre ne vaut pas grand-chose, visiblement, alors Daniel Sauvaget a exigé un écrit ! Pour aujourd’hui, c’est donc carton plein, alors le patron meneur de troupes lève le camp et tout le monde rentre à la maison.

    Bien sûr, on n’imagine pas que des telles dégradations de biens publics restent sans suites pénales, et comme tout le monde du poulet était à visage découvert dans la maison poulaga, l’enquête ne devrait pas être trop compliquée… J’attends de voir ce vaut le discours inflexible sur la sécurité…

    Et ensuite, je suis bien curieux de savoir ce que Le Foll va obtenir de Dacian Ciolos, qui gère lui des politiques globales, sous grande tension, et alors que la justice a rejeté le recours de Tilly-Sabco. Une exemption pour Tilly-Sabco, en récompense de ce haut fait d’armes à la sous-préfecture ?

    adieu_poulet.jpg

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu