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économie - Page 5

  • Prélèvements obligatoires : 46,5% ! On n’en peut plus !

    Les prélèvements obligatoires, c’est ce qu’on paie aux administrations publiques et aux services sociaux, non par une décision de dépense à la recherche d’une contrepartie, mais en exécution de mesures d’autorité et sans contrepartie directe. En pratique, cela concerne les impôts et les taxes, d’une part, et les cotisations sociales obligatoires, d’autre part.  

    Des chiffres ?

    Pour ces quatre dernières années, le résultat est une réussite : 

    - en 2010, 822,1 milliards d’euros (Md€)

    - en 2011, 876,3 Md€

    - en 2012, 913,9 Md€

    - en 2013, 966,9 Md€

    Joli, non ? Si les entreprises avaient connu la même progression, le chômage serait résiduel.

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    La progression du taux

    Le taux des prélèvements obligatoires, soit le rapport entre les prélèvements obligatoires et le produit intérieur brut, la richesse du pays, donne le tournis :

    - 2010, 42,5 %

    - 2011, 43,9 %

    - 2012, 44,9 %

    - 2013, 46,3%

    Les Echos ont publié une étude non contestée par notre si incompétent sinistre de l’économie : on atteindra un record en 2014 à 46,5%. Oui, on s’approche de 50%, c’est dingue.

    Pour bien mesurer la mouise dans laquelle ils nous collent, il faut prendre un peu de recul sur l’évolution de ce taux :

    - en 1970, 34,1%

    - en 1980, 40,2%

    - en 1990, 41,6%

    - en 2000, 42,1 %

    Des évolutions contrastées

    Sur la période 2000 à 2011, les évolutions sont contrastées :

    - pour les organismes sociaux, on est passé de 12,7% du PIB en 1970 à 21,5 % en 2000 et 23,9 en 2011 ; 

    - pour les collectivités territoriales, l’évolution a été de 2,1% du PIB en 1970 à 5,2% en 2000 et 5,9 en 2011 ; 

    - pour l’État et l’Union européenne, la part est à la basse, avec 19,3% en 1970, 17,5% en 2000 et 13,2% en 2011.

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    Les beaux engagements de Hollande

    Quand Hollande est arrivé à l’Elysée, on était à 44,9, pour passer à 46,3 en 2013 et 46,5 en 2014, ce 0,2% représentant six milliards de ponction supplémentaire, et exclusivement fiscal.

    Voici un extrait d’une interview de Hollande à Ouest-France, ce 1° juillet 2013 : « En 2013, la dépense de l’État sera strictement maîtrisée. Pas un euro de plus ne sera versé par rapport à ce qui a été prévu dans le budget. Mais, la récession nous prive de toutes les rentrées fiscales espérées. D’où le risque d’un déficit plus important que prévu. Que faut-il faire ? Augmenter les impôts ? Non. Nous n’alourdirons pas la pression fiscale des Français en cours d’année. Alors, nous prendrons de nouvelles mesures d’économies en 2014-2015. Et pas simplement dans la sphère de l’État mais aussi dans celle des administrations locales et dans les dépenses sociales. »

    Hollande le boni-menteur…

    Et si seulement ça marchait !  

    C’est bien ça le plus fort : le taux de prélèvement obligatoire est passé en 40 ans de 34 à 46 %, et de tout côté, on n’entend parler que de la crise des services publics et du déficit des organismes sociaux. On est à 46,5% de prélèvements OBLIGATOIRES, et la semaine dernière on voyait des enfants virés de la cantine de l’école car les parents n’étaient pas à jour des paiements. C’est accablant.

    Droite ou Gauche, quand je vois ce qu’est devenu la « Gauche », je m’en contrefiche… Je souhaiterais seulement qu’il existe un responsable politique pour nous expliquer, en termes compréhensibles, comment on peut se sortir de ce bazar. 

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    Ma photo

  • Nathalie, chômeuse : Un moment de vérité

    Le film cet été, c’est Hollande l’hyper-actif contre le chômage,… mais quand il se trouve devant le réel - Nathalie, chômeuse - il n’a plus rien à dire. La brève rencontre entre ces deux personnes, lundi, passée en boucle sur nos écrans, montre le fossé qui existe entre ce que vivent les gens et ce que font les politiques.

    L’activisme de Hollande, c’est ce qu’on appelle en droit du travail du « présentéisme ». C’est le type incapable qui multiplie les heures pour se faire bien voir, et qui continue à être « présent » alors qu’il ferait bien de prendre du repos ou un rendez-vous chez son psy, pour retrouver un peu de vitalité. Il glandouille, n’a pas de productivité, casse le moral des autres…. Toutes les études montrent que le présentéisme coûte plus cher aux entreprises que l’absentéisme.

    L’été de Hollande, c’est du présentéisme pur sucre. Il faut qu’on voit qu’il est là, professant les foules de son optimisme ébahi sur l’inversion de la courbe du chômage et la magie des emplois aidés.

    Lors des bains de foule, un politique ne peut pas être surpris d’être pris à partie, alors qu’il cherche le contact direct. Et Hollande ne pouvait être surpris par une question sur le chômage de longue durée, car il venait parler du chômage de longue durée au Pôle Emploi de La Roche-sur-Yon.  

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    http://www.dailymotion.com/video/x12r3ig_une-chomeuse-interpelle-francois-hollande-a-la-roche-sur-yon-06-08_news

    Nathalie s’est présentée comme une femme de la cinquantaine, sans emploi depuis plus d'un an et demi : « J'ai écrit partout, et je n’ai aucun entretien. Je suis obligée de revenir vivre chez mes parents parce que je ne trouve pas de travail. Qu'est-ce que vous pensez faire pour des gens comme moi ? Je ne suis pas toute seule dans ce cas-là et on sera de plus en plus à revenir vivre chez nos parents, qui ont plus de 70 ans et qui n'ont besoin pas de ces soucis là. Et on a des enfants à élever en plus ! ».

    Hollande avec sa tête qui opine et son sourire mièvre : « Si on est là, c'est bien pour que même pour les personnes qui sont chômeuses de longue durée comme vous, nous puissions trouver des solutions ».

    C’est tout. Nathalie revient à la charge : « Mais qu'est-ce qu'on fait ? Pour l'instant, il n'y a rien de concret ! »

    Hollande est déjà parti. Là-bas, on l’attend pour qu’il lise un excellent discours sur la lutte contre le chômage de longue durée.

    Je ne suis pas économiste, et me garde de m’aventurer sur des terres qui me sont inconnues. Mais je sais que les entreprises créent des emplois, et ça, je pratique un peu, pour avoir démarré à un et être aujourd’hui à neuf. Eh bien, les choses sont claires : il n’y a aucune politique pour les entreprises. Bien sûr, nous ne baissons pas les bras, et nous allons tout faire pour nous renforcer et nous développer. Vis-à-vis du gouvernement, que je ne confonds pas avec les services de l’Etat, la question est simple : nous ne demandons rien et n’en attendons rien ; nous cherchons juste à nous organiser pour résister aux mauvais coups qu’il prépare. Et on sera encore là quand eux seront n'y seront plus. 26589745632.jpg


  • Fermeture du site rentable de Fessenheim : Prévoir 5 à 8 milliards…

    Non à la fermeture des sites industriels rentables ! La petite entreprise d’électricité nommée EDF a bien reçu le message…et pour la fermeture de Fessenheim, elle a fait fuiter dans le JDD une demande de compensation de 5 à 8 milliards d’euros. Les chiffres sont gonflés pour de la com’… Oui. Mais même à 1 ou 2 milliards, on paie ?firme.jpg

    Quand la loi sera-t-elle votée ?

    Le leader normalo s’est engagé pour la fermeture de Fessenheim fin 2016, et la très compétente Delphine Batho – ingénieure diplômée de l’Ecole des Hautes Etudes Energiques de l’Université Céleste de SOS Racisme – a répété hier que la loi de transition énergétique serait votée et qu’EDF devrait appliquer la loi.

    Je lis, de partout, qu’il faut un délai de 4 à 5 ans pour fermer Fessenheim. Aussi, je vois bien le leader normalo – qui est opposé à la fermeture de Fessenheim et ne l’a acceptée que pour passer l’accord avec Les Verts – faire voter la loi sans hâte pour que le dossier soit à peine mûr en 2017,… et on verra bien ce qui arrivera après,… Une loi peut défaire ce qu’une autre a fait, non ?

    Combien ça coûtera ?

    En attendant, EDF exploite son site rentable, sous les applaudissements du Ministre des Marinières.

    En début de semaine, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a, après d’importants travaux de sécurité, donné son feu vert pour une exploitation jusqu'en 2022. Oh le joli chiffre d’affaires attendu… et EDF publie des études montrant qu’avec un entretien régulier, il faudra ajouter encore 10 ans. Le CA annoncé est de 200 millions d'euros par an, alors quelques millions de travaux pour tenir une décennie, c’est du bon investissement.

    Le JDD annonce 5 à 8 milliards… EDF ne commente pas, mais explique les contrecoûts au Monde : « moindres bénéfices, pertes liées aux investissements non amortis, indemnisation des électriciens allemands et suisses qui ont des droits de tirage sur Fessenheim. »

    La ministre réplique, mais Delphine Batho parlant du nucléaire est aussi crédible que Thomas Fabius faisant un exposé sur l’ascèse. Voici ce que ça donne: 

    la_fir10.jpg- « L'indemnisation sera discutée sur la base de la loi de transition énergétique ». Ben non, ma chérie. L’arrêt de Fessenheim remet en cause les droits patrimoniaux d’une entreprise privée et l’indemnisation doit correspondre au montant exact de la perte, comme l’a jugé le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 81-132 du 16 janvier 1982 sur les nationalisations. Donc, continue comme çà… N’écoute personne et vote une loi aussi inconstitutionnelle que celle que tu as déjà fais voter sur les tarifs de l’énergie : c’est un an de perdu.

    - « L’arrêt de Fessenheim aura bien lieu fin 2016 ou début 2017 ». On vote la loi en 2014, et on arrête les réacteurs, clés sous la porte en 2016 ?… Petite blagueuse !

    - « Il n'y a pas d'obstacle, ni juridique, ni financier, qui soit incontournable ». C’est sûr, les milliards d’euros, ça n’est pas un obstacle.

    - « Le peuple est souverain pour décider de la politique énergétique, et EDF a dit qu'à partir du moment où il y aura une loi de transition énergétique, il la respectera ». Certainement, et la loi fermant un site rentable créera ipso facto le droit à indemnisation d’EDF.

    Sur le plan politique aussi, c’est un vrai bonheur. On trouve contre : la Droite, tous les élus alsaciens, EDF (maison assez influente chez les élus…), la CGT, le MEDEF, et une grosse moitié des députés PS…

    Il y a des données propres à Fessenheim, mais de nombreuses centrales ont été construites à la même époque, et EDF joue très très gros en se battant pour la prolongation de la vie des réacteurs. Franchement, je ne vois pas les forces pouvant se lever pour en imposer à EDF sur ce terrain. C’est un constat réaliste.  

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  • La cause palestinienne et le droit économique

    Le droit des affaires s’affirme comme un levier puissant à la disposition des peuples qui luttent pour leur indépendance ou pour la maîtrise leur développement, alors que de partout, la force des armes est là pour installer la violence économique et sociale. Agir en droit contre les responsables étatiques ou militaires restera toujours difficile, mais un très beau terrain d'action se dégage contre les entreprises et leurs dirigeants, avec les outils du droit des affaires.

    1/ Situation générale dans les colonies 

    9781849460637.jpgNous disposons d’informations objectives de qualité avec le rapport du Rapporteur spécial de l’ONU pour la Palestine de septembre 2012.

    « 7. Entre 1967 et 2010, Israël a implanté environ 150 colonies de peuplement en Cisjordanie. S’y ajoutent une centaine d’implantations « sauvages » – des colonies construites sans autorisation officielle israélienne, mais avec la protection, le soutien en équipement et l’aide financière du Gouvernement israélien. Ces implantations non autorisées sont depuis peu l’objet de débats dans le Gouvernement israélien pour savoir s’il y a lieu ou non de les légaliser en droit israélien. C’est là une grave accélération du mouvement de colonisation, incompatible avec le discours politique d’Israël, qui dit appuyer les négociations tendant à instaurer un État palestinien viable, indépendant, souverain et d’un seul tenant. 

    « 8. Jérusalem compte 12 colonies, implantées avec l’aide financière et l’assistance du Gouvernement sur des terres illégalement  annexées par Israël et intégrées à la ville. Les colonies ont la mainmise sur plus de 40 % de la Cisjordanie, y compris des ressources agricoles et hydriques essentielles. De nombreuses implantations sont très étendues et forment des grands lotissements fermés ou des petites localités. Israël n’autorise pas les Palestiniens – sauf s’ils ont un permis de travail – à y pénétrer ou à en utiliser les terres. 

    « 9. Les colonies de peuplement israéliennes dans le territoire palestinien occupé comptent de 500 000 à 650 000 habitants, dont quelque 200 000 vivant à Jérusalem-Est. Les statistiques révèlent que le nombre de colons (à l’exclusion de la population de Jérusalem-Est) a augmenté, au cours de la dernière décennie, à un rythme annuel moyen de 5,3 %, contre 1,8 % pour la population israélienne en général. Au cours des 12 derniers mois, cette population a augmenté de 15 579 personnes. Le Gouvernement israélien offre aux colons des prestations et des incitations dans les domaines de la construction, du logement, de l’éducation, de l’industrie, de l’agriculture et du tourisme, ainsi que des routes à usage exclusif et un accès privilégié à Israël. L’effort financier, juridique et administratif déployé par Israël dans son entreprise de colonisation a transformé de nombreuses colonies en opulentes enclaves pour citoyens israéliens, et cela dans une zone où les Palestiniens vivent sous régime militaire et dans des conditions de pauvreté généralisée. 

    2/ Situation économique dans les territoires occupés de Palestine (CNUCED)

    9780415535489.jpgSur le plan économique, la référence est le rapport de la CNUCED sur l’économie des territoires occupés du 13 juillet 2012, TD/B/59/2.

     « Les perspectives à long terme de développement de l’économique palestinienne sont devenues encore plus irréalisables en 2011 que jamais auparavant. Les restrictions à la circulation, la diminution des flux d’aide, un secteur privé paralysé et une crise budgétaire chronique assombrissent l’horizon. Le redressement de la croissance récemment observé à Gaza ne saurait être durable. Un chômage élevé persiste, qui aggrave la pauvreté: un Palestinien sur deux est considéré comme pauvre. Dans les conditions actuelles, étant donné la faiblesse de la demande privée, la réduction des dépenses par l’Autorité palestinien est contre-productive. Les donateurs doivent rendre leurs versements d’aide prévisibles et il est indispensable d’accroître les recettes budgétaires liées au commerce pour empêcher une crise socioéconomique de grande ampleur. Les effets de l’occupation sur l’appareil productif palestinien, en particulier le secteur agricole, ont été catastrophiques. L’économie palestinienne a perdu l’accès à 40 % des terres, à 82 % des nappes phréatiques et à plus des deux tiers des terres de pâturages en Cisjordanie. À Gaza, la moitié des terres cultivables et 85 % des ressources halieutiques sont devenues inaccessibles. Le développement économique palestinien passe notamment par la création d’une banque de développement agricole permettant d’assurer crédits, partage des risques et investissements. En dépit de ressources limitées, la CNUCED a continué de soutenir le renforcement des capacités institutionnelles palestiniennes dans différents domaines, y compris la formation et la réalisation de projets de coopération technique concernant la modernisation des douanes, la facilitation du commerce et la modélisation économétrique de l’économie palestinienne

    « 4. L’économie palestinienne continue de fonctionner bien en dessous de son potentiel en raison de la persistance des restrictions à la mobilité (le nombre de points de contrôle en Cisjordanie est passé de 500 en 2010 à 523 en 2011), de la poursuite du siège économique de Gaza, de la crise budgétaire de l’Autorité palestinienne et de la diminution du soutien fourni par les donateurs. La situation s’est encore aggravée en 2011 avec l’augmentation des destructions d’infrastructures palestiniennes (en particulier de logements) et l’expansion des colonies israéliennes, notamment autour de Jérusalem-Est et de Bethléem (Bureau du Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient (UNSCO), 2011), cela s’ajoutant à l’actuelle «bantoustanisation» du territoire palestinien.

    « 7. L’occupation prolongée et les conséquences socioéconomiques de l’expansion des colonies de peuplement israéliennes sont la principale cause de l’échec des efforts de développement de l’économie palestinienne. Mettre un terme à l’expansion des colonies et à l’occupation est la condition  sine qua non d’un développement durable. Faute d’un rééquilibrage économique et politique radical entre l’occupation israélienne et le peuple palestinien, il ne saurait y avoir de véritable redressement économique dans le territoire palestinien occupé. Lever les restrictions israéliennes qui pèsent sur les travailleurs palestiniens (s’agissant notamment de leur mobilité) (Organisation internationale du Travail (OIT), 2012) ainsi que sur les entreprises et le commerce, et permettre à l’Autorité palestinienne de percevoir la totalité des recettes liées au commerce qui lui reviennent seraient d’utiles premières mesures à prendre pour éliminer les conséquences négatives de l’occupation et accroître les possibilités de créer un État palestinien souverain, conformément aux résolutions pertinentes de l’ONU. »

    Pour apprécier la situation économique, il faut également renvoyer vers le rapport du FMI du 23 septembre 2012 et celui de la Banque Mondiale d’avril 2012. Le rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé du 27 septembre 2012 montre l’impact des privations économiques sur la santé des Palestiniens.

    3/ Informations sur le rôle des principales entreprises

    human-rights-and-bilateral-invetment-treaties.jpgLa colonisation, militaires à l’origine, ne peut perdurer que si elle trouve tous les relais économique nécessaires, et on arrive alors au rôle des entreprises, complice de la colonisation et les violations du droit associées. Le rapporteur spécialde l’ONU a procédé à l’analyse de l’activité de treize grandes entreprises, soulignant qu’elles ne représentent « qu’un petit échantillon du large éventail d’entreprises dont les activités sont liées aux colonies de peuplement israéliennes dans le territoire palestinien occupé ».

    Voici quelles sont ces entreprises, avec la précision que le rapport donne toutes les informations sur le type d’activités et les méthodes juridiques utilisées.

    - Caterpillar Incorporated, l’un des principaux fabricants mondiaux d’équipement de construction.

    - Veolia Environnement, la multinationale française, est active dans les secteurs de l’eau, de la gestion des déchets, des services énergétiques et du transport.

    - Group4Security (G4S) est une société britannique offrant des services de sécurité.

    - Le groupe Dexia, le groupe bancaire  européen, est très présent dans les colonies.

    - Ahava est une société israélienne de cosmétique spécialisée dans les produits de beauté haut de gamme élaborés à partir de ressources naturelles provenant de la mer Morte.

    - Le groupe Volvo est l’un des principaux constructeurs mondiaux de camions, d’autocars, d’engins de chantier, de systèmes de propulsion pour la marine et l’industrie et de pièces pour l’aéronautique.

    - Le groupe Riwal Holding, établi aux Pays-Bas, est spécialisé dans la location internationale de nacelles élévatrices.

    - Elbit Systems est une société israélienne spécialisée dans l’électronique de défense.

    - Hewlett Packard (HP) est le plus gros fournisseur mondial de matériel, logiciels et services informatiques.

    - Mehadrin est l’un des géants israéliens de l’agro-industrie. L’entreprise produit des agrumes, des fruits et des légumes qu’elle exporte dans le monde entier.

    - Motorola Solutions Inc. est une multinationale américaine d’électronique et de télécommunication.

    - Mul-T-Lock est une entreprise israélienne, rachetée par la société suédoise Assa Abloy, qui se décrit comme « un leader mondial  dans la conception, la fabrication, la commercialisation et la distribution de  solutions de haute sécurité pour les applications institutionnelles, commerciales, industrielles, résidentielles et automobiles ».

    - La société mexicaine Cemex est un leader mondial de l’industrie des matériaux de construction.

    Le rapporteur rappelle que les entreprises doivent respecter le droit fondamental  et il leur demande de suspendre « la fourniture de produits et services, qui contribuent à la création et au maintien des colonies de peuplement israéliennes ».

    Pas dupe, il demande (§ 98) à la société civile d’engager des actions judiciaires et politiques à l’encontre des entreprises en infraction, si en s’adressant aux institutions judiciaires et politiques nationales, surtout si des activités de colonisation se prêtent à des allégations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

    4/ Droit opposable aux sociétés privées dans le territoire palestinien occupé

    ·        9781903307229.jpgPrincipes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme

    Le 16 juin 2011, dans sa résolution 17/4, le Conseil des droits de l’homme a entériné à l’unanimité les Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme. Les  normes internationales des droits de l’homme, et les huit conventions fondamentales de l’Organisation internationale du Travail (OIT), constituent un corpus de textes faisant autorité pour évaluer l’impact des activités des entreprises sur les droits de l’homme, spécialement lorsque ces entreprises opèrent dans des situations de conflit armé.

    De fait, les juristes sont à l’œuvre, et ces mesures entrent dans l’ordre juridique. L’Organisation internationale de normalisation (ISO) a amendé ses statuts. La Commission européenne a publié une résolution et demandé aux Etats-membre des plans nationaux de mise en œuvre. L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a adopté un plan intergouvernemental en ce sens. L’OCDE a mis à jour en 2011 les Principes directeurs pour les entreprises multinationales.

    ·         Le Pacte mondial

    C’est dans ce contexte qu’il faut placer le Pacte mondial. Ce document résulte d’une démarche du Secrétaire général de l’ONU concerne la responsabilité des entreprises et a été signé par 8 700 entreprises issues de 130 pays. Pour cette action, sept organismes des Nations Unies travaillent en collaboration permanente avec le Bureau du Pacte mondial du Secrétaire général : le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, le  Programme des Nations Unies pour le développement, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, ONU-Femmes, l’Organisation internationale du  Travail et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel.

    ·         Le statut de la CPI

    Aux termes de l’article 25 du statut, la Cour est compétente à l'égard des personnes physiques et, selon l’alinéa 2 « quiconque commet un crime relevant de la compétence de la Cour est individuellement responsable et peut être puni conformément au présent Statut ». Peuvent être condamnés les auteurs et les complices, et précisions que nombre de ces groupes sont implantés dans des Etats ayant ratifié le traité de la CPI.

    L’article 8, 2, a, iv, définit comme crimes de guerre, lorsqu’elles visent des personnes protégées par les Conventions de Genève « La destruction et l’appropriation de biens, non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire.

    Selon l’article 7 1) d)constitue un crime contre l’humanité la « déportation ou transfert forcé de population ».

    Le statut de la Cour définit comme crime contre l’humanité (article 7,1, j) le crime d’apartheid. L’article 7, 2, h précise que par  « crime d'apartheid », on entend des actes inhumains analogues à ceux que vise le paragraphe 1, commis dans le cadre d'un régime institutionnalisé d'oppression systématique et de domination d'un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l'intention de maintenir ce régime ».

    *   *   *

    Voici quelques règles, et on en trouve bien d’autres déduites. Bien sûr, il ne faut attendre aucune aide des Etats, et les initiatives ne viennent que des groupes politiques. Bien des étapes restent à franchir, mais le terrain du droit européen des affaires s’avère privilégié. 

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  • Pub pour GrDF, l’entreprise qui se fout de ses clients

    Petite expérience de la très j’m’en-foutiste GrDF. Deux jours de panne de gaz au bureau, et comme il fait – 2° dehors, on a les stalactites qui nous pendent au nez. Face à cela ? Aucune explication, et impossible de savoir quand le gaz sera rétabli. Soyons modernes...9782130428985FS.gif

    Précision d’abord : le cabinet n’est pas situé dans la steppe sibérienne ou le grand Nord du Lapon, mais dans une ville qui compte plus de 2000 ans d’histoire, et au cœur de tout, soit place de la mairie, qu’on appelle la Place des Terreaux.

    Notre excellent (et sympathique) Maire a expliqué que nous étions une métropole européenne. Aussi, ce jeudi matin, j’étais fier comme un coq métropolitain européen en me rendant au bureau.

    En ouvrant la boîte aux lettres, j’ai pris un coup de blues, car j’ai trouvé la note de gaz des deux derniers mois : 1.900 € ! Ce pour les 250 m² du bureau et au bénéfice d’un réajustement des tarifs. Réajustons mes frères, réajustons, il en restera toujours quelque chose…

    En ouvrant la porte, j’ai pris un second coup de blues, car j’ai trouvé l’assistante du bureau, qui se lève aux aurores bressanes, fidèle à son poste,… mais portant le manteau et un écharpe.

    - Que passa, Ma Dalton ?

    - Je me caille, la chaudière est en panne.

    Je fonce donc vers icelle chaudière,… qui était aussi calme que DSK après une partouze. Aucun signe de vie. Notre admirable chaudière AUER de 1972, pur produit du Massif-Central de France, cette fidèle amie qui est la condition de notre travail six mois de l’année, ne donnait plus signe de vie ! J’ai essayé de lui parler dans le creux de l’oreille, de lui dire que je l’emmènerai ce printemps pour un séjour en Crète, que je ne voterai plus jamais pour cette bulle de Hollande, que je ne dirais plus jamais de mal d’Obama… Rien n’y a fait.

    Ma Dalton, aussi bouleversée que moi, s’est résolue à appeler le SAMU des chaudières pour tenter d’expliquer qu’il y avait peut-être une chance d’éviter les soins palliatifs. Et là, la plus douce des nouvelles : notre glorieuse AUER de 1972 n’était pas atteinte, c’est le gaz qui manquait du fait d'une panne sur tout le quartier ! Madame du SAMU des chaudières a juste eu le temps d’expliquer à Ma Dalton qu’elle n’en pouvait plus, car elle venait d’expliquer la même chose à deux mille personnes depuis le petit matin.

    Parce que GrDF n’a rien dit à ses clients.9782228881005_1_75.jpg

    Le travail s’est donc organisé selon des règles innovantes : tout le monde garde le manteau, une séance de gym collective toutes les heures, et au titre de l’obligation de sécurité de résultat de l’employeur en matière de santé, j’ai équipé chacun d’un cache-nez, d’un bonnet et de moufles.

    Ma Dalton a appelé le « numéro d’urgence » de GrDF, mais il y avait pour Lyon un disque expliquant que les équipes étaient à pied d’œuvre suite à un incident. Et rien ne s’est passé de la journée.

    Le vendredi matin, on a appris par la presse que les agents de GrDF devaient passer dans chacun des 2000 logements touchés.

    Ma Dalton a rappelé le « numéro d’urgence », où elle a retrouvé le disque, puis une personne « du 78 » expliquant que les agents GrDF allaient passer et que d’ailleurs il y avait un avis de passage dans la boite, donc qu’on la dérangeait pour rien.

    Ma Dalton, un peu surprise que M. 1.900 € n’ait pas eu le temps de nous téléphoner pour donner un rendez-vous, est allée vérifier dans la boîte, et il n’y avait pas  d’avis de passage.

    Elle a rappelé le « numéro d’urgence », et on lui a expliqué que s’il n’y avait pas d’avis de passage, c’est que les agents GrDF allaient passer sans avis de passage. Ah, ah, ah…

    Comme le capitaine doit rester le dernier à bord, j'ai congédié l'équipage, et j’ai attendu. Et j’ai attendu. Et j’ai attendu. Et j’ai attendu. Et j’ai attendu…

    Ce vendredi vers 20 heures, j’ai appelé le « numéro d’urgence », et une douce voix m’a expliqué :1288351-gf.jpg

    - Calme toi, papy, les agents vont passer avant 23 h, on est une grande société et on respecte les clients.

    Je me suis éclipsé 10 minutes pour passer au Prisu récupérer un excellent Rioja 2008, aux vertus calorifiques reconnues, et j’ai rejoint mon frigo géant.

    Personne. A 22 H 55 j’ai rappelé le « numéro d’urgence », et une douce voix m’a répondu :

    - Aucun de nos 55 agents n’a pas pu passer ce soir.

    - Certes, je m’en étais aperçu, mais en allant acheter mon excellent Rioja 2008, j’ai traversé tout le quartier, et j’ai vu en tout et pour tout deux camionnettes GrDF.

    - …

    - Je pense donc que M. GrDF se fiche du monde.

    -  Non pas du tout, on ne pense qu'à vous et vos stalagtites. 

    - Alors, on fait comment pour demain ? J’attends aussi de 8 h à 23 h, avec mon duvet ?

    - Non, non, vous aurez le matin un avis de passage.

    - Et si personne ne passe demain ?

    - Vous aurez un avis de passage dimanche.

    Demain matin, ce sera donc rebelote : bonnet, manteau et gym,… mais comme je serai seul, j’aurai vraiment l’air d’un con. 

    Alors combien de temps pour avoir du gaz place de la mairie dans la métropole européenne de Lyon ?

    En attendant, une chose est sûre, M. GrDF, ta facture de réajustement de 1.900 €, tu peux te la caler dans le train. 

    fesses-monsieur-ivanoh-demers-7-6-012.jpg

    M. GrDF s'organise pour le recouvrement de ses factures

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