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Europe - Page 4

  • La France sous tutelle de Bruxelles ?

    ... et ayant écrit le titre, je précise aussitôt : « de Bruxelles, donc de la Commission européenne qui applique les textes adoptés par les dirigeants politiques, réunis au sein du Conseil européen, avec le rôle proéminent dans l’adoption de ces textes de la France qui, comme toujours, entend faire la leçon au monde ». Bref, la France a fixé de règles gaillardes qu’elle ne peut respecter.president-des-bisous.jpg

    Petit rappel, donc…

    Après l’ouragan de la crise financière, le Conseil européen avait justement dit qu’à partir du moment où les économies européennes sont interdépendantes, il faut qu’elles évoluent de manière proche et dans la sincérité des chiffres. Le Conseil a demandé à la Commission de mettre en place un système pour vérifier que les politiques nationales s’inscrivent dans les objectifs européens communs, et si tel ou tel pays laisse filer ses comptes, on pourra le passer sous une direction européenne, permettant de réformer la politique nationale pour l’inscrire dans la cohérence européenne. Vous pouvez trouver ça bien ou horrible, mais en attendant, ce sont les choix faits par nos valeureux dirigeants politiques. Une tutelle de la Commission, c’est plus cool qu’une tutelle de Poutine, mais bon… c’est le début de la fin.

    La France dans les choux

    Hier, la Commission a publié son rapport de début d’année. Il y a du bon et du moins bon, mais des pays basculent dans le rouge. Leur politique n’est pas crédible, car ils perdent sur tous les tableaux, et la Commission les place sous « surveillance renforcée » jusqu’à juin, en se préparant à prendre ensuite les commandes. C’est le dernier avertissement « sur le risque de non-respect de l’objectif budgétaire recommandé », et après c’est la tutelle.

    Ces pays sont la France, la Croatie, la Slovénie et l'Italie. Ces mauvais élèves doivent prendre des mesures correctrices afin de « s’efforcer de se conformer pleinement à la recommandation du Conseil ».

    La maison n’est pas tenue

    On retrouve l’histoire du déficit ramené sous les 3 %, qui pour la France sera explosé en 2014 et 2015, pour atteindre 4%, ce alors que la France avait déjà obtenu deux ans de délai complémentaire... Que dit la Commission, chiffres à l’appui ? « Le déficit commercial, qui ne cesse de se creuser, reflète la perte continue des parts de marché à l'exportation. Malgré les mesures prises pour favoriser la compétitivité, jusqu'à présent, le rééquilibrage est limité. Le coût du travail reste élevé et pèse sur les marges des entreprises. » S’agissant de la dette, le risque est que la France se retrouve « exposée à des turbulences sur les marchés financiers, qui auraient des retombées sur l'économie réelle ».

    A la fin de l’automne 2013, la Commission avait fait semblant de croire au projet de budget, mais elle constate aujourd’hui que la France ne tient pas les objectifs auxquels elle s’est engagé. C’est fâcheux, et ça ramène à peu de chose les beaux discours pro-européens. Ce qui n’empêchera pas cette cohorte de cornichons de mener une fervente campagne pour les élections européennes. Avec en figure de proue, la vipère Peillon qui, se sachant bientôt viré, a négocié une place éligible au Parlement européen. A ce stade, ce sont des traitres.  

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  • Europe : Criminalité organisée, corruption et blanchiment de capitaux

    A nouveau, le Parlement européen s’illustre par la qualité de ses travaux. Il avait institué une commission spéciale sur la criminalité organisée, la corruption et le blanchiment de capitaux (CRIM)  chargée d'évaluer l'ampleur du phénomène en Europe, et les conclusions ne sont pas tristes. Je conseille cette lecture aux atrophiés du bulbe qui se sentent menacés par les pauvres : a priori, le danger est ailleurs… Un coût de 670 milliards d'euros chaque année, et tous les effets induits !

    C’est le Parlement qui le dit : l’ouverture des frontières a été un appel d’air pour le crime. Je vous livre des extraits des conclusions, avec juste des intertitres.

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    Le crime organisé s’épanouit avec le marché

    Les organisations criminelles ont progressivement élargi leur champ d'action à l'échelle internationale en exploitant les possibilités qu'offrent l'ouverture des frontières intérieures de l'Union européenne ainsi que la mondialisation économique et les nouvelles technologies et en s'alliant à des organisations criminelles originaires d'autres pays (à l'instar des cartels de la drogue sud-américains et de la criminalité organisée russophone) pour se partager les marchés et les zones d'influence ».  Un nombre sans cesse croissant de groupes criminels diversifient leurs activités en renforçant les liens entre le trafic de drogues, la traite des êtres humains, l'aide à l'immigration clandestine, le trafic d'armes et le blanchiment de capitaux.

    La criminalité est une menace économique pour l’Europe

    La corruption et la criminalité organisée représentent des menaces importantes en termes de coût pour l'économie de l'Union. Les revenus et la capacité d'infiltration des organisations criminelles ont sensiblement augmenté du fait que celles-ci sont actives dans de nombreux secteurs qui relèvent, pour la plupart, de la compétence de l'administration publique. La criminalité organisée s'apparente de plus en plus à un acteur de l'économie mondiale, dans la mesure où elle a une vocation entrepreneuriale marquée et elle est spécialisée dans l'approvisionnement simultané de plusieurs types de biens et de services illicites, mais aussi, et de plus en plus, de biens et de services licites. Elle a une incidence de plus en plus marquée sur l'économie européenne et mondiale, ayant des conséquences importantes sur les recettes fiscales des États membres et de l'Union dans son ensemble, avec un coût pour les entreprises de plus de 670 milliards d'euros chaque année.

    Une menace pour la sécurité

    La criminalité organisée représente une importante menace transfrontalière pour la sécurité intérieure de l'Union, eu égard au nombre de victimes. La criminalité organisée tire des revenus considérables d'activités telles que la traite des êtres humains, le trafic illicite et la contrebande d'organes, d'armes, de drogues et de leurs précurseurs, de substances de type nucléaire, radiologique, biologique, chimique ou pharmaceutique, y compris de médicaments vendus sur ordonnance, la contrefaçon de biens de consommation courante, tels que les aliments, le trafic d'espèces animales ou végétales protégées et de parties de celles-ci, de tabac sous toutes ses formes, d'œuvres d'art et de divers autres produits qui sont souvent des contrefaçons. Les trafics susmentionnés entraînent des pertes de recettes pour l'Union européenne et les États membres, portent préjudice aux consommateurs, à la santé publique et aux entreprises productrices et peuvent, de surcroît, favoriser le développement d'autres formes de criminalité organisée.

    Le crime dans le domaine environnemental

    Les activités criminelles de type organisé et mafieux dans le domaine environnemental considérant que les activités criminelles de type organisé et mafieux dans le domaine environnemental – à travers les différentes formes de trafic et de traitement illégal des déchets, et la destruction du patrimoine environnemental, paysager, artistique et culturel et des paysages – ont désormais acquis une dimension internationale qui exige un effort conjoint de tous les pays européens en vue d'une action commune plus efficace de prévention et de lutte contre les « écomafias ».

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    Un haut niveau d’organisation

    De nombreuses organisations criminelles présentent une structure en réseau caractérisée par un degré élevé de souplesse, de mobilité, d'aptitude à utiliser les moyens de communication électronique et d'échanges entre groupes ethniques, ainsi que par une forte capacité d'infiltration et de mimétisme. Il existe une propension grandissante à l'entraide entre les différentes organisations criminelles, qui parviennent ainsi – notamment à travers leurs nouvelles structures internationales et la diversification de leurs activités – à surmonter les différences linguistiques, ethniques ou d'intérêts commerciaux pour se livrer à des trafics communs et obtenir une réduction des coûts et une maximisation des profits en cette période de crise économique mondiale.

    3 600 organisations criminelles !

    D'après le rapport SOCTA publié par Europol en 2013, les organisations criminelles internationales actives dans l'Union européenne seraient au nombre de 3 600 et que 70 % d'entre elles ont une composition et un rayon d'action géographiquement hétérogènes, tandis que plus de 30 % ont une vocation polycriminelle.

    Une zone grise fructueuse

    Les organisations criminelles mettent souvent à profit une zone grise de collusion avec d'autres acteurs et peuvent s'associer, pour exercer certaines activités, avec des délinquants en col blanc (entrepreneurs, fonctionnaires à tous les niveaux décisionnels, responsables politiques, banques, membres de professions libérales, etc.) qui, même s'ils n'appartiennent pas en eux-mêmes à la structure des organisations criminelles, entretiennent avec elles des relations d'affaires mutuellement lucratives.

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    Le marché de l’immigration

    La crise économique de ces dernières années a produit de notables évolutions dans les secteurs qui intéressent la criminalité organisée, laquelle a rapidement perçu les nouvelles possibilités qu'elles offrent, et que cette crise peut fournir parfois, en favorisant l'arrivée de nouvelles vagues d'immigrants à la recherche de meilleures conditions de vie et de travail, de nouvelles victimes à exploiter et de nouveaux hommes de main.

    La traite des êtres humains rapporte 25 milliards de profits par an

    La traite d'êtres humains, le trafic d'organes humains, la prostitution forcée ou la réduction en esclavage, de même que la création de camps de travail, sont souvent dirigés par les organisations criminelles transnationales. En particulier, la traite des êtres humains est à l'origine de profits qui atteindraient, chaque année, 25 milliards d'euros et que ce phénomène criminel touche tous les pays de l'Union européenne.

    L’esclavagisme en Europe : 880 000 personnes ! Et tous les Etats sont concernés

    Le nombre total de travailleurs forcés dans les États membres de l'Union est estimé à 880 000, dont 270 000 sont des victimes de l'exploitation sexuelle, les femmes représentant la majorité de ces victimes. La traite et l'esclavage des êtres humains sont des formes de criminalité très lucratives qui sont souvent contrôlées par des organisations criminelles transnationales. Tous les États membres de l'Union sont touchés mais qu'ils n'ont pas tous ratifié l'ensemble des instruments internationaux pertinents qui pourraient rendre la lutte contre la traite des êtres humains plus efficace. Seuls neuf États membres ont entièrement transposé et mis en œuvre les dispositions de la directive de 2011 concernant la prévention de la traite des êtres humains et la lutte contre ce phénomène et la Commission n'a toujours pas mis pleinement en œuvre sa stratégie de l'Union en vue de l'éradication de la traite des êtres humains pour la période 2012-2016.

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    " Oh purée, si seulement j'avais eu un ordinateur... "

  • L’Europe de l’égoïsme et du racisme

    L’Europe, 28 pays, 500 millions d’habitants, un PIB de 17 000 milliards d'euros soit davantage que les Etats-Unis (Amérique du Nord). L'Europe, c’est une économie dominatrice : 7 % de la population mondiale, et 20 % du volume total des importations et exportations.

    Eh bien, cette Europe des riches rejette les pauvres à la mer, car ces pauvres risquent de la ruiner. C’est l’amoralité et la honte. 350 morts et disparus dans le naufrage d’un bateau : « Mais pourquoi viennent-ils là ? Ils n’en ont pas le droit, et ils le savent bien… ». On estime que depuis 1988, 20 000 personnes ont péri en tentant de rejoindre l’Europe par la Méditerranée. 20 000 morts dans nos eaux territoriales… Une ligne rouge ?

    Sait-on encore en Europe ce qu’est une vie humaine ? Faut-il filmer le regard perdu d’un enfant qui se noie pour réveiller les consciences ? Nous sommes gravement malades.  

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  • Fric : On vise Bruxelles, mais les snipers sont à la City de Londres

    Pour faire moderne et branchouille, rien de mieux que de taper sur les technocrates de Bruxelles, et d’assaisonner Bruxelles, ce temple de la finance qui organise l’hyper-libéralisme et le règne de l’argent, détruisant toutes nos braves sociétés. Libérez-nous de Bruxelles, et tout ira bien, bêlent tous les seconds couteaux qui se voient déjà en haut de l’affiche, de Marine à Montebourpif.

    Sauf que les faits sont têtus. Ils montrent que le centre financier est à Londres et que Bruxelles cherche avec obstination à en contenir les excès. Ce qui explique aussi la politique constante des autorités britanniques – Thatcher, Blair, Cameron – à savoir : « le moins d’Europe possible ».

    C’est l’Autorité bancaire européenne (EBA) qui vient de faire le point.

    A Londres, on trouve plus de banquiers gagnant plus de 1 million d’euros par an que dans tout le reste de l’Union européenne : 2.436 contre 3.175 pour le reste de l’Europe. Oki ?

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    Les revenus de ces petits chéris, tout dévoués au bien être des masses populaires ? Les 2.436 ont empoché 3,5 milliards d’euros en un an (pour situer, les US versent 2 milliards par an à l’armée d’Egypte ; le budget des restos du cœur est de 150 000 euros). 784 millions d’euros en fixe, et 2,7 milliards en variable. Cela représente en moyenne 1,4 million d’euros par gus.

    L’assainissement est en œuvre. Leur nombre a chuté par rapport à 2010, où ils étaient 2.525 gagnant 2,3 millions en moyenne. Dans toute l’Europe, les politiques de régulation font sentir leur effet. A plus d’un million, le chiffre est passé en France de 292 en 2010 et 162 fin 2011 ; en Allemagne, de 195 à 170 ; en Espagne on en compte 125, en Italie 96 en Italie et aux Pays-Bas 36.

    Le système va devenir plus mordant encore en 2014, grâce à l’excellent travail du Parlement et u Conseil européens, parvenus à un accord le 27 février 2013 : la partie variable de la rémunération des banquiers ne pourra dépasser le niveau de la partie fixe, sauf accord explicite des actionnaires (vote d'au moins 66% des actionnaires). C’est le Parlement qui a pesé pour obtenir cette limitation, et le premier opposant état le gouvernement Cameron, qui s’était montré le fidèle porte-parole de la City.

    A nouveau, merci l’Europe. 

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  • Quelle Europe ? Il va falloir choisir…

    9782081207165_1_75.jpgHier notre excellent Sinistre de l'Économie, Pierre Moscovici, a appelé à la création d'un « ministre des Finances de la zone euro », qui présiderait l'Eurogroupe et serait également le commissaire européen aux Affaires économiques. Il a expliqué : « La question qui se pose est de savoir si ce ministre doit être uniquement le président de l'Eurogroupe ou s'il doit être aussi le commissaire chargé des affaires économiques », disant sa préférence pour la deuxième proposition. Souhaitant « une synergie forte », il a plaidé pour la création « d’une commission, une chambre, un comité de la zone euro au sein du Parlement européen, qui puisse légiférer sur les affaires d'intérêt commun à la zone euro ».

    Parfait, voilà qui a moins le mérite d’être clair. Mais cette saillie pose deux problèmes majeurs.

    En un, le gouvernement disait exactement l’inverse la semaine dernière, en tapant à bras raccourcis sur Barroso et la Commission, au motif que ces lascars se mêleraient de la politique économique de la France. La Commission était renvoyée à un statut d’organe d’exécution, et devait apprendre à respecter les choix souverains de la France. Vous avez de la mémoire, et vous savez que ce genre de critiques est permanent. Cette prise de position de Mosco, c’est un revirement à 100%, et chacun mesure le poids politique que prendrait un ministre des Finances de la zone euro, président de l'Eurogroupe et commissaire européen aux Affaires économiques. Il y a donc deux lignes politiques en opposition radicale, et il va falloir choisir.

    En deux, est-il politiquement raisonnable de passer un tel cap ? Je suis un européen convaincu, même si tant de choses me déplaisent dans l’Union Européenne actuelle. Mais elle est le moteur de l’ouverture de notre pays, sur le plan économique, social, humain… On lui fait beaucoup de reproches... pour des causes qui sont d’abord nationales : c’est la France qui a créé son endettement, et c’est par l’Europe qu’on cherche à s’en sortir. Par ailleurs, je suis persuadé que la construction d’un droit européen est un atout essentiel pour se préparer aux enjeux du futur.9782213677712FS.gif

    Oui, mais nous ne vivons pas dans l’abstrait des belles théories.  La politique se fait avec les gens. Or, le climat politique est très mauvais, la confiance dans le monde politique au plus bas, à Droite comme à Gauche. Il n’existe aucune base politique pour placer les choix politiques nationaux sous un gouvernement économique européen si puissant. Ce qui fait nos pays, c’est la démocratie et la solidarité, qui se vivent dans le cadre national.

    Et puis, il faut se méfier au plus haut point de genre de gouvernement, suavement technocratique, et qui serait vite hors d’atteinte. Quel contrôle démocratique effectif disposeraient les citoyens  sur ce pouvoir si lointain, et si peu lisible ?

    Nos vies s’organisent dans des Etats, qui font des efforts pour s’accorder. Mais nous ne sommes pas encore des citoyens européens, et passer à un gouvernement européen la direction effective de l’économie causerait des ravages. 

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