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Europe - Page 8

  • La Russie encore condamnée pour ses crimes en Tchétchénie

    2007-05-23T124124Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRWR-RUSSIE-TCHETCHENIE-AMNESTY-20070523.jpgL'arbitraire contre une population : arrestations par des milices contrôlées par les militaires, tortures, exécutions sommaires. Nous sommes en Europe, au 21°siècle,... en Tchétchénie.

    Abu Khasuyev, 23 ans, était chez lui à Urus-Martan, en Tchétchénie, le 30 août 2001, avec son épouse et sa petite fille. Une maison a priori sûre, située à proximité d’un poste de contrôle militaire russe. En début d’après-midi, une dizaine d’hommes armés et masqués, en tenue de camouflage, parlant le russe sans accent, investissent  la maison, et embarquent le jeune père de famille. Tous sont partis dans un véhicule aux vitres teintées dépourvu de plaque d’immatriculation. Depuis, plus aucune nouvelle.

    Une enquête officielle se poursuit, et la police russe recherche activement les ravisseurs…

    La mère du disparu a saisi la Cour européenne des droits de l’homme, qui vient de se prononcer  par un arrêt de ce 11 juin (Khasuyeva c. Russie, n° 28159/03).

    La Cour estime que la mère a présenté un récit cohérent et convaincant de l’enlèvement de son fils, corroboré par des témoins.

    Elle a relevé que :9782283019382.jpg

    -          les auteurs de cet acte agissaient comme des personnes conduisant une opération de sécurité, qu’ils étaient masqués,

    -          ils portaient des uniformes de camouflage,

    -          ils étaient équipés d’armes automatiques,

    -          ils parlaient russe.

    Pour la Cour, il est tout à fait crédible que les militaires russes soient en cause du fait que cet important groupe d’hommes armés en uniformes ait pu se déplacer librement en véhicules motorisés en face d’un poste de contrôle militaire et arrêter un père de famille à son domicile. D’ailleurs, l’enquête menée par les autorités russes laisse entendre que l’armée était impliquée dans cet enlèvement - difficile de faire moins - mais pour dire qu'il s'agit d'abus commis par des éléments incontrôlés. Tu parles... Aussi, la Cour européenne considère qu’il y a lieu de « présumer qu’Abu Khasuyev a trouvé la mort à l’issue d’une détention non reconnue aux mains de militaires russes. »

    Le fait que le Gouvernement russe ait refusé de communiquer l’intégralité des documents versés au dossier d’instruction confirme cette réalité. La Cour dénonce une enquête incomplète et insuffisante, aucun progrès n’ayant été accompli en six ans. En n’effectuant aucune enquête sérieuse, les autorités russes on violé droit au respect de la vie (Art. 2 de la Convention).

    De même, laisser les familles dans ce déni de justice constitue un traitement inhumain contraire à l’article 3.

    Enfin, les autorités russes sont déclarées responsables d’une détention non reconnue, dénuée de toute garantie, ce qui est qualifié par la Cour de violation particulièrement grave du droit à la liberté et à la sûreté consacré par l’article 5 de la Convention.

    Quelle violence réservée à ce peuple tchétchène…

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  • Hadopi : Et maintenant avale ta loi !

    Quand on pense que s’il y avait une guerre, ce sont les mêmes qui mèneraient les troupes au combat, il y a de quoi se faire du mouron…

    La manœuvre Hadopi va devenir célèbre dans les écoles militaires.

    1.       Se fixer un objectif impossible à atteindre231417_13TEDS2511L3XFHJGQ4Z76T1YKY2QW_212418_pfsppsq45jh5k6cjzhs8sjf8f3rej4_1238_h162204_l_H214842_L.jpg

    2.       En faire une affaire d’Etat

    3.       Ne tenir aucun compte des avis autorisés, genre Conseil d’Etat ou instances européennes

    4.       Choisir des appuis d’opinion fragiles et inconsistants

    5.       Ne croire qu’en son drapeau et en ses trompettes

    6.       Patauger dans des manœuvres illisibles

    7.       Se faire abandonner par ses troupes

    8.       Prendre une raclée de la part d’un adversaire plus faible en nombre

    9.       Annoncer qu’on va vite remettre ça.

    Pour la seconde bataille, tous les fantassins seront appelés à la rescousse, selon le code militaire qui préside aux destinées du groupe UMP à l’Assemblée, avec quelques exécutions sommaires par privation d’investiture pour les récalcitrants.

    musclor2.jpgMais force restera au législateur, car le plus imbécile des textes peut être voté par le plus moutonnier des groupes politiques, qui redoute trop le coup de bâton du berger. Un club de clowns.

    Dans l’immédiat, saluons la liberté. La loi Hadopi résulte d’une vision rétrécie de la vie, et se nourrit de cette philosophie politique funeste qui met en avant les abus de quelques uns pour mettre tous les autres sous contrôle. Un gouvernement apeuré invente des gendarmes célestes voués à adorer le Dieu Surveillance, dans un temple sans fondation et sans issue, Hadopi. Mais, l’aventure commence mal : les troupes d’élites se prennent les pieds dans le tapis, et se ramassent un gamelle mémorable lors d’une séance de sport en salle.

    Alors, à nos législateurs en culotte courte, à notre ministre genre reine du comice, à notre président qui préside tout, et donc ne préside rien, j’offre avec plaisir ces quelques mots du célèbre poème d’Antonin Arthaud, issu de la « Lettre à monsieur le législateur de la loi sur les stupéfiants ». Le grand poète stigmatisait le pouvoir imbécile du législateur qui prétendait régler la vie et la liberté des personnes par des règlements et des formules. Vote une loi idiote : elle se retournera contre toi.

    « Rentrez dans vos greniers, médiocres punaises, et toi, Monsieur le Législateur Moutonier, ce n’est pas par amour des hommes que tu délires, c’est par tradition d’imbécillité. Ton ignorance de ce qu’est un homme n’a d’égale que ta sottise à le limiter. Je te souhaite que ta loi retombe sur ton père, ta mère, ta femme, tes enfants, et toute ta postérité. »

    « Et maintenant, avale ta loi. »

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  • Européennes : Votez Turquie !

    media_xl_891064.jpgObama vient de sauver les élections européennes. Turquie ou pas Turquie ? Ça, c’est un choix.

    C’est vrai ?  A quoi servent les élections européennes ? Ce devraient être les plus belles des élections : 27 Etats, qui ont connus entre eux tant de fracas, et qui votent ensemble, le même jour, pour élire leurs représentants, au terme d’une campagne politique exemplaire. Un idéal? Non, un flop assuré.

    D’abord, la logique européenne, il faut bien la chercher. Chacun dans son coin avec son sucre d’orge européen, et rien pour l’Europe, à part des discours grand écart, entre les mots vibrionnants et les réalisations aussi plates qu’un discours de politique générale de François Fillon. Les heureux élus, sur des bases nationales, forment ensuite une fois arrivés à l’Assemblée de Strasbourg, des groupes inconnus des électeurs, et des alliances aussi imprévisibles que l’avenir politique de François Fillon. 20080424turquie.jpg

    Le résultat des courses est bien connu : dans cette noble assemblée, émergent quelques parlementaires valeureux. Mais pour le reste, c’est l’électrœncéphalogramme plat. Tout le monde sait que l’avenir des pays européens passe par la construction européenne, mais personne ne s’intéresse aux travaux du parlement européen, pour la seule raison qu’il est discrédité par les parlementaires eux-mêmes. 

    Prenons l’exemple du traité constitutionnel. Pour ou contre... Le parlement aurait du être une ruche… Il n’a a été qu’un réseau de buses… laissant d’autant plus de place à la Commission européenne… ce qui permet ensuite de dénoncer la toute puissance de la Commission… Ah, les crétins !  

    Depuis la France, ça donne quoi ? Dati, disgraciée, est punie en sa faisant exiler sur la liste européenne. Yade fait son caprice car elle ne veut pas y aller, vu les hauteurs de sa pensée politique. Au PS, ce sont  des listes maquignonnées comme à la belle époque. En héros, Peillon qui a été l’un des parlementaires les plus absents, car l’Europe n’est que son gagne pain. Vive l’Europe.

    porte-monnaie-sabotcuir.jpgAutant dire que, vue de France, les élections européennes ne sont qu’une expérimentation in vivo des futures élections, et ben sûr de notre divine présidentielle. Tiens au hasard… A deux mois de l’élection européenne, qui peut me dire quel est le thème dominant de la campagne de chaque camp et quel est son leader naturel ? 

    Au moins, après le discours d’Obama, l’horizon s’éclaircit. Les élections ont un enjeu : pour ou contre l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne ?

    Pour simplifier le débat, je ne parlerai que deux choses.

    D’abord, la Turquie fait partie de l’Europe. Elle est l’un des membres fondateurs du Conseil de l'Europe. C’est dire que question religion, ce qui semble défriser notre girouette Kouchner, tout est réglé depuis belle lurette, car la liberté de religion dépend, sur le plan européen, du Conseil de l’Europe et de la jurisprudence de la Cour européenne de sauvegarde des droits de l’homme. Les problématiques de l’Union européenne sont l’économie et le social. Donc la question religieuse pour traiter de l’adhésion turque, c’est hors jeu.

     

    Ensuite,  sur le plan économique, arrêtons la plaisanterie. Depuis 1992, la Turquie a accédé au statut de membre associé de l’Union de l’Europe occidentale (UEO). En 1993, le  Conseil européen de Copenhague définit les critères d’adhésion à l’Union européenne. Nous sommes en 2009, et il n’existe pas un seul observateur économique sérieux pour dire que Turquie ne répond pas à ces critères. 04.10.11_turquie.jpg

     

    Alors, où est le problème ? Il reste peut être encore des esprits flétris qui pensent que l’avenir se joue entre le mode occidental et l’islam… Pour ceux-ci, il ne reste pas grand’chose à faire, à part augmenter les gouttes, et se faire  lire quelques pages du « Le choc des civilisations » par l’infirmière, avant de dormir.

     

    Si on regarde ce qu’a été l’évolution de l’Union européenne ces dernières années, aucun critère ne tient : ni l’économie, ni le social, ni le société, ni la religion. La seule question est politique, et encore politique genre « touche pas à ma  place ».  La seule question, c’est la place qu’il faudrait donner, au sein des instances politiques européennes à la Turquie : combien de commissaires européens à Bruxelles, combien de juges à Luxembourg, combien de députés à Strasbourg ? Et combien en moins pour tous les autres Etats ? Tout le reste est du bla-bla.

     

    Alors, on peut encore ruser, et agiter les peurs. Pas de problèmes, nous avons des experts. Mais, il suffit de faire un tour en Turquie pour se rendre compte que la population commence à en avoir assez d’être ce pianiste doué à qui un jury poussiéreux demande sans relâche de refaire des gammes.

     

    La fière Turquie, qui avait refusé que les avions US survolent son territoire lors la guerre d’Irak, a suffisamment obtenu dans le réel de l’Union européenne, pour se passer des honneurs politiques, et trouver les moyens de s’affirmer, vu son implantation géostratégique, comme une puissance autonome. S’il le faut, dans un rapprochement respectueux avec les Etats-Unis. Quand on a à l’esprit tous les enjeux de la région, continuer à fermer la porte politique de l’Europe devant la Turquie revient à se plomber l’avenir.

     

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  • Irlande: Le Traité de Lisbonne en sursis

    Irlande : Le Traité de Lisbonne en sursis. Maquillé et relooké, le traité constitutionnel européen rejeté après les votes hostiles de la France et des Pays-Bas, n’est guère plus vendable : l’Irlande, seul pays à soumettre le texte au référendum, s’apprête à dire non. Or, le traité doit être ratifié par tous les Etats membres de l’Union européenne pour entrer en œuvre. Retour sur une série de rendez-vous manqués.

     

     

    Tout part de la Déclaration de Laeken, en clôture d’un sommet européen, le 15 décembre 2001. Le constat est assez simple : l’Union européenne connait une extension progressive de ses activités, et il faut la doter de nouvelles règles plus à même de prendre en charge ces politiques nouvelles. Une étape en attendant une autre. L’Europe a toujours avancé par paliers.

     

     

    Adaptation des règles ou constitution ?

     

     

    C’est dans ce contexte qu’est créée la Convention sur l’avenir de l’Europe, un groupe de travail d’une centaine de fins esprits, présidée par un homme qui a toujours eu la fibre populaire, Valéry Giscard d’Estaing.

     

     

    Le droit européen est complexe, certes, fait d’un assemblage de traités, à partir de deux principaux, le traité de Rome et celui de Maastricht. A l’origine 6 Etats, aujourd’hui 27 : les règles doivent être adaptées, notamment pour la question des majorités qualifiées, c’est-à-dire la possibilité de rependre des décisions malgré le refus de certains Etats.

     

     

    Mais, ça s’emballe, et c’est cette faute que l’on paie. Au sein de la Convention commence l’échauffement des esprits, et les rêves de grande démocratie européenne. Les Etats-Unis d’Europe de Victor Hugo expliqués aux enfants : « Nous sommes tous frères , et il ne faut plus se faire la guerre. A l’échelle de la planète, il faut se regrouper pour exister, donc devenons des européens. Et grâce à la multiplication des échanges, ce sera la prospérité et vous serez tous riches. Donc, il nous faut une constitution. »   

     

     

    Et c’est comme ça qu’on voit apparaitre le « Traité établissant une constitution pour l’Europe », bien au-delà de ce que prévoyait la déclaration de Laeken. En mécanique, on appelle ça « l’auto-allumage ».

     

     

    Une appellation ridicule : « constitution », légitimement associé à l’idée de création d’un Etat. Alors que le traité est loin d’avoir valeur d’une constitution, et que l’Europe, pour longtemps encore, ne sera qu’un assemblage d’Etats, tous très divers, et tous attachés à rester très divers. Surtout, ce montage juridique reste artificiel, car les Etats restent incontournables comme lieu où s’élabore la démocratie et la solidarité.

     

     

    La suite est connue. C’est le « Non » qui l’emporte aux référendums organisés en France le 29 mai 2005 et au Pays-Bas le 1° juin 2005. Sans doute les données nationales n’ont pas été absentes de ce vote, mais fondamentalement c’était un rejet de cette construction juridique, et  de ces concepteurs qui n’avaient pas su convaincre.

     

     

    Le Traité de Lisbonne

     

     

    Deuxième phase avec le « traité simplifié », signé le 13 décembre à Lisbonne par les 27 chefs d’Etats et de gouvernements. Du pur marketing. Ce traité regroupe les mêmes règles que le traité constitutionnel. Mais au lieu d’une rédaction globale et de cette étiquette trompeuse de constitution, on distille toutes ces innovations sous forme d’amendements des traités existants. Du pur travail de juriste. Le contenu est le même, et la lecture encore plus complexe : bienvenue au traité simplifié !

     

     

    Le peuple français adopte le texte en évitant le référendum, et les parlementaires acceptent le 14 février 2008 ce que le peuple avait rejeté par référendum le 29 mais 2005. Le même processus est en place aux Pays-Bas. Tout va bien. L’Irlande est le seul pays dont la Constitution impose la tenue d’un référendum. Ce sera jeudi, et c’est très très incertain. Le débat est d’ailleurs sensiblement le même qu’il l’était en France : texte illisible, perte de souveraineté au profit d’instances opaques et non légitimées, aucune garantie quant au contenu des politiques.

     

     

    Bref, jeudi, c’est un peu la croisée des chemins, et tous les regards seront tournés vers Dublin.

     

     

    Le processus se poursuivra dans les autres pays. Partout ailleurs, c’est la ratification parlementaire,  et le résultat devrait être « oui ». Alors, si c’est « non » à Dublin, faut-il abandonner ? Ou construire l’Europe sans l’Irlande ? Ou relancer la campagne en Irlande, et prendre le risque d’un second référendum ?

     

     

    C’est un peu gros que de passer par pertes et profits le fait que le peuple européen n’adhère pas à l’idée d’un Europe politique, qu’il se méfie des instances européennes, toujours suspectées d’abus de pouvoir, de déconnexion des réalités, et de méconnaissance des droits des nations.

     

     

    Allez, quelques idées.

     

     

    Devant le constat la faiblesse d’un processus trop juridique, sans doute faire une pause, et renforcer les politiques qui créent de vraies solidarités avant de repartir sur le plan institutionnel. 

     

     

    Regrets récurrents pour le double discours des responsables politiques : je suis un européen, mais à chaque occasion de reporte les torts sur Bruxelles et je dis que ma politique nationale serait bien meilleur s’il n’y avait pas les contraintes européennes.

     

     

    « Pas d’Europe politique, qui impose le libéralisme à marche forcée… ». C’est pile l’inverse. C’est l’absence de leadership politique qui laisse le champ à un marché peu régulé, avec des limites fixées par le juge de la Cour de Justice… Renforcer les instituions, c’est mécaniquement limiter le libéralisme. A chacun de faire ses choix.

     

     

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