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faits divers - Page 5

  • Carrefour, l’Hypermarché de la honte

    cercle_du_silence_03_c.jpgUn jeune homme mort à Carrefour, quatre vigiles en taule, et… l’hypermarché qui joue le silence. Pour ne pas gâcher le retour du positif, comme dit la pub ?

    Mardi en fin d’après-midi, un jeune homme de 25 ans, Michaël Blaise zone au Carrefour de Lyon Part-Dieu, et tente d’embarquer un peu de bière. Il est repéré par les agents de sécurité, qui le saisissent et appellent la police. Pour l’attente, quatre vigiles le conduisent dans le local de sécurité. Une heure après, Michael Blaise est mort : « asphyxie mécanique par compression de la cage thoracique et obstruction des voies respiratoires supérieures », dira l’autopsie.

    Le directeur régional de Carrefour, cité par Libé, a d’abord souligné le « professionnalisme » de l’intervention des agents, avant d’admettre qu’on ne pouvait dire que les choses s’étaient bien passé. Les faits sont dramatiques, sans doute criminels, et l’attitude de Carrefour en tout hypothèse est une honte.bendestructobil4.jpg

    « Maîtrise professionnelle et gestes réglementaires ». Mais règlement de quoi ? Quel est le donc le texte de loi qui permet à des particuliers, vigiles de sociétés privées, de faire usage de la force sur un autre citoyen ? Leur cadre d’action est l’article 73 du Code de procédure pénale, qui n’est pas une article pour les vigiles, mais pour tout un chacun :  « Dans les cas de crime flagrant ou de délit flagrant puni d'une peine d'emprisonnement, toute personne a qualité pour en appréhender l'auteur et le conduire devant l'officier de police judiciaire le plus proche ». C’est un texte aussi vieux que le Code pénal. La loi pénale est justifiée par la nécessaire protection de la société, et chaque citoyen doit lui apporter son concours, notamment par l’appréhension de celui qui commet une infraction en flagrant délit. Mais le texte est très limité, et heureusement ! Pour les chérifs, on attendra. La personne doit être appréhendée, donc retenue sur place. Ce qui autorise certainement l’usage de la force physique, dans la proportion de ce qui est strictement nécessaire. Ce d’autant plus que s’il est demandé à chacun d’être un citoyen actif, attaché au service de la loi, le Code pénal ne requiert pas l’héroïsme. Si la personne appréhendée devient dangereuse, vous ne commettez pas de faute en renonçant. Vous pouvez inviter, avec un peu d’autorité, la personne à vous suivre. Ce qui veut dire que si le type qui se fait appréhender est excité, on se tient à quatre à ses côtés et on attend les flics. Vous pouvez aussi lui demander d’ouvrir son sac. Mais s’il refuse, on en reste là, et ce sera aux flics de jouer.

    C’est ça le droit, Monsieur le directeur régional de Carrefour.

    media-muet.pngAprès s’être fait « appréhender », le jeune homme a accepté de se rendre au local de sécurité, ce sous une double contrainte : quatre vigiles l’entourent, et il va finir la soirée au poste. Autant se tenir peinard. Le procureur explique qu’à l’arrivée dans le local, Michaël Blaise est calme. Mais là, il se fait accuser d’être un voleur d’habitude, et il prend un coup au visage. Il proteste, et c’est la dérouillée : trois l’immobilisent sur une table, et un quatrième s’installe sur lui, pour lui écraser la cage thoracique. Il se débat et hurle pendant quinze minutes, puis ce sont des râles, puis plus rien. Le corps est inerte, mais les 4 tiennent encore 6 minutes. Sur les vidéos, c’est une mort en direct dira Jean-Pierre Dages-Desgranges, le procureur adjoint de la République de Lyon.

    La défense a vu quatre gentils garçons qui cherchaient à maîtriser un excité en état éthylique, marginal et récidiviste. Dans la mesure où l’alcoolémie était négative, que Michaël avait une vie sociale, et qu’il y a avait jamais eu de plainte déposée à son encontre, ça laisse une marge de progression pour convaincre.

    Mais ce qui me sidère, c’est que Carrefour en reste à la ligne : la justice est saisie, et nous verrons. Cette volonté de banaliser est inadmissible. Tout ce qu’il faut, c’est minimiser et ne pas en parler. Alors, parlons-en !

    L’hypothèse dominante est que Carrefour a été le lieu d’un crime. Que dit Carrefour ? Quatre personnes pour ce jeune homme, et une « asphyxie mécanique ». Quelles explications de Carrefour ? L’asphyxie mécanique a-t-elle un caractère professionnel ? Ca ne pose pas de questions à Carrefour ? Avec quatre personnes pour se saisir d’un jeune homme, comment expliquer cette scène de plus de vingt minutes ? Carrefour n’a rien à dire ? Impossible de croire qu’une scène d’une telle violence, c’est totalement improvisée et absolument la première fois. Quelles mesures a pris Carrefour ? Des vigiles qui en arrivent là, ça témoigne de dérives profondes. Toujours rien à dire, Carrefour ?

    Sous le silence, la vérité se consume.

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  • Cheb Mami, petit devant sa fille

    Autruche_politique.png « Complicité d'enlèvement et de séquestration, violences volontaires en réunion et avec préméditation sur personne vulnérable, menaces sur une victime et complicité d'administration de substance nuisible. » C’est  le motif du renvoi de Cheb Mami, devant le tribunal correctionnel de Bobigny, en compagnie de trois de ses proches, dont son producteur Michel Levy.  Une qualification juridique qui a de quoi glacer, mais le récit des faits est pire encore.

    Le 28 novembre 2005, un policier du commissariat de Saint-Denis enregistre la plainte d’une femme de 43 ans, photographe professionnelle, enceinte de six mois. Elle était la compagne de Cheb Mami. De leurs relations, elle a été enceinte en juillet 2005, mais le chanteur, marié, ne voulait pas entendre parler de cette maternité. Il a tout fait pour la convaincre que soit pratiqué un IVG à Paris, à l’hôpital du Kremlin Bicêtre, mais il était trop tard au regard de la loi.

    Le mois suivant, elle est invitée à Alger le 28 août pour prendre des photos de Cheb Mami lors d'un concert. Elle est conduite dans une villa à stop-violence.jpgl'écart de la capitale algérienne, on lui fait boire un jus d’orange bourré de somnifères. A demi consciente, elle est conduite dans la villa de l'artiste. Elle est attendue par deux femmes et un homme, qui s’acharnent sur elles, sautent sur son ventre, lui administrent des injections destinées à forcer des contractions, et lui imposent un curetage, pour tenter de rompre la poche des eaux et obtenir la perte de l’enfant. La femme saigne, ce qui persuade de la perde du fœtus. La femme est remise dans un taxi, et rentre en France. Ces violences ont été confirmées par une expertise médicale.  

    Mais ce trio n’est pas parvenu à ses fins. Un test établi que la grossesse se poursuit. Cheb Mami est fou furieux, menace, invente des stratagèmes financiers.

    La mère se décide à porter plainte avec son gros ventre de femme enceinte de six mois, et l’annonce au chanteur. Ce mois de novembre, le policier de Saint-Denis prend cette longue déposition, quand le téléphone de la mère sonne. C’est Cheb Mami, et le policier écoute en direct : « Le sang, je l'ai vu, moi, le sang, je l'ai vu chez moi, ils t'ont grattée avec les doigts. J'ai vu les contractions, j'étais là. Tu n'as plus de bébé: le sang, je l'ai vu. T'as commencé à saigner, on a rentré les cinq doigts, après ils m'ont apporté un truc qui ressemble à un foie. » Peut-être du bleuf… mais ça pèse dans un procès. De même sont enregistrées des conversations téléphoniques où il menaçait son ex-compagne si elle portait plainte.

     

    stop_violence_against_women1.jpgL’enfant va naître en début d’année, une petite fille qui a aujourd’hui trois ans.

     

    En 28 octobre 2006, Cheb Mami débarque en France, et il est cueilli à l’aéroport. Direction le juge d’instruction, puis la prison de la santé, le 28. Le 2 février 2007, il obtient sa remise en liberté contre le versement d'une caution de 200 000 euros, et une interdiction de sortie du territoire. Il s'enfuit en mai 2007 en Algérie.

     

    Là-bas, il mène sa vie. Mais quand il parle de l’affaire à la presse, c’est du n’importe quoi. Pour témoin, cette interview au Quotidien d'Oran à l'été 2007, où il invoquait les origines juives, réelles ou imaginaires, de son ex-compagne et de Michel Le Corre, son manager. « Il y a une volonté manifeste de nuire à mon image en salissant ma personne. Non pas parce que je suis une star, mais parce que je suis une star arabe », expliquait-il. Et d'enchaîner: « Mon erreur, peut-être la plus grosse erreur de ma vie, est d'avoir suivi le mauvais conseil de mon manager juif, Michel Lévy. C'est lui la cause de tous mes ennuis ». solitude.jpg

    Ou encore à El Watan : « Loin de renoncer, cette femme n’a pas lâché. Et dès son retour en France, elle a commencé de nouveau à me faire du chantage, me réclamant de l’argent contre son silence quant à l’histoire de la tentative d’avortement. J’ai alors enfin compris la finalité de son plan diabolique qu’elle a minutieusement exécuté de bout en bout : l’argent, et seulement l’argent. Ce n’est pas l’Arabe ni le présumé enfant de l’Arabe qui intéressait cette femme, mais l’argent de l’Arabe. »

    S’agissant de sa fuite, Cheb mami n’hésite pas : « Je n’ai pas fui la justice, j’ai fui l’injustice. Effectivement, je le dis franchement, sans détour ni contrainte : je n’ai plus confiance en la justice française. (…) Ils ont réussi leur coup, bravo ! Ils m’ont mis sous mandat de dépôt, du coup mes 30 ans de carrière sont foutus en l’air. Le jour de mon incarcération, mon dernier album Layali venait juste de sortir. »

    Hier soir, le procureur a requis sept ans contre le chanteur.

    C’est le tribunal qui juge Cheb Mami, pas nous. Mais je pense que le prince du raï est vraiment très seul, pour que pas un ami ne soit venu lui dire de voir la réalité en face : « Reconnais les faits, présente des excuses. Redeviens celui qu’on a admiré. Et organise toi pour un jour parler à ta fille. »

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  • Michael Jackson : Quelle mort ?

    demerol.jpgDepuis quand meurt-on à 50 ans d’un arrêt cardiaque, à la maison, comme ça ? Comment Michael Jackson meurt-il le 25 juin à 50 ans d’un arrêt cardiaque, alors qu’il se prépare pour son retour sur scène à Londres, le 13 juillet ?

    Prenez l’affaire dans tous les sens. Repassez toutes les étapes de cette vie fracassée. Culpabilisez-vous, comme moi, pour avoir adoré celui qui, depuis l’âge de six ans, meurt de solitude au milieu de foules qui l’acclament. Réécoutez ses titres qui ont vrillé la pop. Laissez-vous convaincre qu’il n’était pas net dans ses rapports avec les enfants. Brûlez et adorez. Dansez et saoulez-vous. Revoyez vous gamins, et ressentez cette musique qu’il a glissé au cœur, ces mélodies qui reviennent comme un feu qui couve. Tremblez de vos sentiments devant l’image de ce gamin qui se cramait avec un sourire conquérant et une nonchalance africaine. Pensez que c’était un juste.

    Dites vous tout cela, et remettez les pieds sur terre : Michael Jackson n’aurait jamais du mourir à 50 ans. D’autres génies, à commencer par Jimmy Hendrix ou Janis Joplin, ont été balayés par cette merde appelée drogue. Morts violemment, et avec une drogue sans laquelle – soyons francs – leur musique n’aurait pas été la même. Question non résolue, et enfouie sous le rassurant interdit : « La simple consommation de cannabis est illicite… ». D’accord, mais faut-il brûler toutes les œuvres de la littérature et de la musique nourrie de la défonce. Verlaine ou Baudelaire à retirer du programme du bac…

    Alors, de quoi est mort Michael Jackson ? bouteille_011.gif

    L’institut médico-légal du comté de Los Angeles rendra dans quelques semaines ses conclusions. Mais on en sait déjà beaucoup.

    Michael Jackson s’est vu administrer une heure avant l’arrêt cardiaque une dose de Demerol, un analgésique narcotique synthétique, produit similaire à la morphine. De ce que je lis, la star recevait une injection quotidienne depuis 1984, après un accident. Ses besoins médicamenteux assuraient la prospérité de la pharmacie du quartier, et un médecin vivait dans le manoir de Holmby Hills.

    La presse a publié l’appel au services de secours,  le 911,  à 11h30, une heure avant l’admission à l'hôpital Ronald-Reagan de Los Angeles, appel qui établit la présence d’un médecin. « Il y a un homme ici qui a besoin d'aide, et il ne respire pas. Il ne respire pas et nous essayons de le ranimer », explique le correspondant. « Il y a un médecin personnel avec lui… mais Jackson ne réagit à rien. Il ne réagit pas au massage cardiaque ». Interrogé sur le fait de savoir si quelqu'un « a assisté à ce qui s'est passé », le correspondant répond: « Non, seulement le médecin. Le médecin était le seul qui était là ».

    Comme tant d’autres, le grand artiste est mort de ne pas avoir trouvé le chemin entre son génie et le quotidien, entre le ciel et la terre. La différence, qui rend cette mort insupportable, est que son décès, survenu sur prescription médicale, était inscrit dans tout ce qui faisait la vie de Michael Jackson, depuis ses six ans.

    On trouvera un coupable, sans doute, et c’est logique. Mais il ne faudra pas occulter le reste.

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  • Un petit Outreau

    3760129261511.jpgFait rarissime, la Cour de cassation a ordonné la révision d’un procès. Un SDF de nationalité ivoirienne avait été condamné à 18 mois de prison pour agression sexuelle. Tout était faux.

    Le 25 février 2008, débarque au commissariat une jeune femme de 20 ans qui porte plainte pour violences sexuelles. Elle affirme avoir été agressée trois semaines plus tôt vers 19 heures sur le boulevard Richard-Lenoir à Paris par un homme « de type africain » de « 50/60 ans », qui l’aurait également insultée. Les flics enquêtent, et s’orientent vers un SDF souvent en état d'ébriété. Le 6 mars 2008, Vamara Kamagate, un ivoirien de 46 ans, en situation irrégulière, est interpellé. Un commerçant confirme que cet habitué du quartier insulte souvent les femmes.

    Petit détail 1 : La  jeune femme a porté plainte au commissariat où travaille son petit ami.

    Petit détail 2 : Trois semaines pour déclarer des violences, ce n’est pas illégal, mais c’est curieux, et les marques corporelles sont effacées.

    Petit détail 3 : Le SDF proteste de son innocence.

    Petit détail 4 : La victime dit reconnaître l’agresseur, mais elle n’est pas formelle.

    Petit détail 5 : La victime ne se présente pas le jour du procès.

    Après quarante huit heures de garde-à-vue, le 8 mars, Vamara Kamagate est condamné en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Paris à 18 mois de prison, et il ne fait pas appel.erreurs_judiciaires.jpg

    En mai 2008, la plaignante va consulter une avocate et explique avoir tout inventé, dans le but d’attirer l’attention de son copain policier. Le parquet demande à la garde des Sceaux de saisir la commission de révision, ce qui est fait fin juin. Le 1° septembre 2008, la commission de révision transmet le dossier à la Cour de révision et ordonne la remise en liberté de Varama Kamagate.

    Ce 24 juin, la chambre criminelle de Cour de cassation, statuant comme cour de révision, a décidé de la révision du procès : « La rétractation des accusations d'Alexandra G., qui n'a jamais formellement désigné le condamné comme étant l'auteur des faits dont elle se prétendait être la victime et l'enquête menée par le procureur de la République de Paris, constituent un fait nouveau inconnu de la juridiction au moment du jugement » et justifiant la révision du procès.

    L’affaire est renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris, afin qu'il y ait un nouveau jugement.

    Varama Kamagate s’est exprimé sur RTL : « Je ne suis pas soulagé complètement. Je ne peux pas oublier ce qui m'est arrivé, c'est comme une blessure dans ma tête ». Il voudrait voir la plaignante, et « parler avec elle simplement pour qu'elle explique pourquoi elle a fait ça ».

    Il aura vraisemblablement l’occasion de rencontrer la plaignante, car selon toute  vraisemblance, le parquet engagera une procédure pour dénonciation calomnieuse.

    Mais Varama ne sera pas innocenté, car reste le fait de séjour irrégulier. Je comprendrais mal qu’après une telle erreur judiciaire, le ministère de l’Intérieur ne prononce pas une régularisation de la situation administrative. Ce serait vraiment la moindre des choses.

  • 6 mois de prison pour un vol de 5 euros

    5recto.jpg6 mois ferme pour un vol de 5 euros. Je vous livre tel quel cet article publié ce samedi dans La Voix du Nord, rapportant ce jugement du Tribunal de grande instance de Dunkerque vient de coller

    « Dans la nuit du 8 au 9 juin, il force avec des outils la porte du modeste magasin de vêtements d'occasion Méli-Mélo, rue du Sud à Dunkerque. La police, qui effectue une patrouille, trouve suspect la porte de la boutique ouverte en pleine nuit. Les fonctionnaires entrent et distinguent un homme derrière un comptoir. Avec ses outils, il s'affaire à ouvrir une mallette. La fouille révélera que Farid a volé une paire de lunettes de soleil 5 € sur un présentoir. Beccaria2-d.jpg

    «  Je voudrais un travail d'intérêt général, un énorme sursis pour me calmer », demande Farid au tribunal. Il sort tout juste de prison. «  Mais la prison, ça ne me réinsère pas. Ce qu'il me faut c'est un truc où on m'oblige à travailler. » La substitut du procureur abonde dans ce sens. Une peine plancher de deux ans d'emprisonnement pour un vol de lunettes à 5 €, ça paraît excessif. «  Comme il ne peut pas déroger à cette peine, je demande 24 mois de prison assortis dans leur totalité d'un sursis mise à l'épreuve, avec obligation de soin et de travail. » La défense insiste sur la possibilité d'individualiser la peine et plaide pour un sursis-TIG : « Il peut trouver le courage de travailler. » Le tribunal a été plus sévère en condamnant Farid à deux ans de prison dont dix-huit mois assortis du sursis mise à l'épreuve. Il est ainsi parti en détention pour six mois. »

    Je résume.

    Farid, qui sort de taule, est pris en flagrant délit de vol, vol dans un magasin de vêtements d’occasion avec pour butin une paire de lunettes de 5 €.  Je suis d’accord : il y a mieux à faire. Ce qui lui vaut un passage en comparution immédiate. S’applique la loi n° 2007-1198 du 10 août 2007 sur les peines plancher en cas de récidive, mais le résultat serait tellement monstrueux, deux ans fermes par application de l’article 132-19-1 alinéa 1, que le procureur retient l’exception prévue par l’aliéna 2 du même article, et qui permet d’échapper à l’automaticité de la loi : la réquisition est de 24 mois de prison avec un sursis dit de mise à l'épreuve, Farid ayant l’obligation de se soigner, car il a quand même la tête bien en vrac, et de travailler, ce qui est une vertu. Donc si le tribunal suit, Farid reste libre, mais il doit se faire soigner et travailler, faute de quoi il repart en taule pour deux ans. Impec ! Depuis 1764, on étudie Beccaria, et ça marche !

    rosalinde.jpgL’avocat en ajoute une couche : Farid est d’accord pour travailler gratis pour une collectivité, ce qu’on appelle le travail d’intérêt général, défini par l’article 131-8.

    Mais le tribunal, dans son immense sagesse, en a décidé autrement. Obligation de se soigner et de travailler, oui, mais d’abord 6 mois de prison ferme. Soit, vu le montant du butin de 5 €, un mois de prison pour 0,80 € !

    Je me permets de conseiller au tribunal de grande instance de Dunkerque une visite sur le site du Ministère de la justice, présentant les objectifs du travail d’intérêt général :

    - Sanctionner le condamné en lui faisant effectuer une activité au profit de la société, dans une démarche réparatrice, tout en lui laissant la possibilité d'assumer ses responsabilités familiales, sociales et matérielles ;

    - Permettre au tribunal d'éviter de prononcer une peine d'emprisonnement de courte durée, dès lors qu'elle ne s'avère pas indispensable eu égard à la personnalité du condamné et à la gravité des faits qui lui sont reprochés.

    - Impliquer la collectivité dans un dispositif de réinsertion sociale des condamnés.

    Mais le Tribunal de grande instance de Dunkerque a raison : le ministère est dirigé par une équipe de doux rêveurs, aussi angéliques qu’utopiques, et un peu de fermeté ne sera que justice. Dans l’immédiat, j’attends le prochain jugement qui battra le record, mais 6 mois pour 5 euros, c’est du  niveau olympique, et cela devrait tenir un moment.

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