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Film - Page 2

  • Morano : Une plainte hystérique

    morano-danse2.jpgPas d’accord avec Dailymotion qui qualifie de « historique » la plainte Nadine Morano. La plainte est tout simplement « hystérique ».


    Un coup d’oeil sur les épisodes précédents. Nadine, la bien élue alsacienne, encore appelée la Castafiore de l'UMP, en fait des tonnes pendant la campagne présidentielle, enivrée par les essences ministérielles. Pas de doute : le grand chef à plumes saura féliciter une de ses plus vaillantes guerrières. Le problème, est que Nadine, au naturel, en fait trop, beaucoup trop, et bing au pays du bling bling : la fidèle ne se retrouve pas sur la photo de famille. Punie Nadine ! Après une première séance de purgatoire, elle devient porte-parole de l’UMP, et quelques mois plus tard, la voici qui accède au rang de sous-ministre : secrétaire d’Etat à la famille.

     

    De quoi faire la fête : Nadine ne craint pas, et toutes les télés nous passent l’image d’une secrétaire d’Etat assez détendue, s’égayant sur le dancefloor de l’université d’été des jeunes de l’UMP. Je n’en dirais pas davantage, car je n’ai pas exactement le souhait de me dépatouiller avec une plainte pour ceci ou pou cela, mais vous trouvez toutes les vidéos sur Internet. Commencez par « Morano vidéo ». Je me permets de vous recommander l’une des plus fameuses vidéos, celle d’un site activiste d’extrême gauche bien connu, j’ai nommé Le Parisien :I Love My Dancefloor.jpg « Ce soir, Nadine Morano va mettre le feu au dancefloor», hurle le speaker… . Et oui, c’est comme ça les réunions UMP. Vous pouvez continuer avec « Morano l’insupportable », sa fameuse interview sur i-télé du 12 novembre 2007, qui mérite une médaille au concours de mensonge organisé. Il reste alors à embrayer avec « Morano, le clip ultime ». Excellent exercice pour stimuler les zygomatiques. http://www.dailymotion.com/swf/x8noxw

     

    Oui, mais voilà. Ces hauts moments de gouvernance moderne et décontractée, qui stimulent la réflexion philosophique, circulent sur Internet avec des lots des quolibets et des insultes. Et l’insulte est une infraction pénale.  

     

    Nadine porta plainte.

     

    Où ? Pour quoi ? Comment ? On ne sait pas exactement, ce qui est normal car les enquêtes de police sont secrètes, dans la limite des fuites organisées. Il y aurait eu ouverture d’une enquête par le Parquet de Paris le 13 février, qui aurait saisi la Brigade de répression de la délinquance contre les personnes, la BRDP. Et les policiers auraient fait injonction à Dailymotion et YouTube de fournir les adresses IP, sources des insultes.

     

    11360-marchandising-ump-le-sac-officiel-de-la-campagne-de-nicolas-sarkozy.jpgLa police est donc engagée sur le front de la grande délinquance, mais l’enquête va butter sur deux écueils assez sérieux.

    D’abord, Dailymotion et YouTube sont, au sens de la loi, des hébergeurs et non des éditeurs (Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique, dite LCEN).  La cour d’appel de Paris a confirmé l’analyse du Tribunal de grande instance (Cour d’appel, 4° chambre, 22 novembre 2008, dans l’affaire fuzz.fr.) La cour réforme l’ordonnance de référé.  Les deux sites doivent donc virer illico presto les contenus illicites qu’on leur signale, mais ils ne sont pas responsables des contenus. « Nous ne sommes légalement tenus à aucune obligation générale de surveillance du contenu transmis ou stocké via le site », rappellent-ils, et à raison.

    Ensuite, les adresses IP. Renseignement précieux pour les policiers ? Tu parles. Un labyrinthe. L’injure, c’est du pénal, c’est dire qu’on condamne l’auteur lui-même. Il faudra donc à partir des adresses IP trouver celui qui, tel jour à telle heure, a de ses petits doigts balancé la douteuse vanne.

     

    Poursuivons. Première hypothèse : le titulaire de l’IP passe aux aveux, ou un des utilisateurs de l’IP passe aux aveux. L’affaire est élucidée, c’est un succès policier.

     

    Seconde hypothèse. Quinze personnes se servent de la même IP, parfois en même temps. Ou un malin emprunte l’IP le temps de balancer sa bulle. Et bien, la police risque de chercher longtemps. Il faudra comparer les emplois du temps, peut-être localiser la personne à partir de l’usage de son portable, faire des confrontations…

     

    Tout ça pour des commentaires déplacés à la suite d’images et de propos qui étaient, eux, insultants, mais publiés avec joie, décontraction et consentement.   

     

     

     

  • Europe : La France, délinquant récidiviste

    Flic%20ou%20voyou.jpgLa France à nouveau condamnée par la Cour de Justice des Communautés européennes (CJCE). Sacrée canaille… Un peu comme ces délinquants multirécidivistes qui, par la conjugaison de leur mépris des lois et de leur inventivité, permettent de définir, à l’occasion de leurs voyouses virées, les contours du droit.

    Ce qui est cause cette fois-ci, c’est la « thonaille », un filet utilisé pour la capture des thons en Méditerranée. Ce sont d'immenses filets qui traînent loin du bateau, sans contrôle réel, et qui atteignent certes les thons – les fameux thons rouges, par ici l’oseille – mais aussi les cétacés en les blessant, parfois mortellement. Les pêcheurs français contestent… donc la France conteste. Un vrai chef doit suivre ses troupes, c’est bien connu. Je vous livre le génial communiqué du Sinistre de l’agriculture et de la pêche : « Consciente de la nécessité de protéger la ressource halieutique pour assurer une pêche durable, la France considère que la thonaille est un engin traditionnel dont les caractéristiques et la pratique permettent un prélèvement maîtrisé de la ressource. » Ben voyons…

    Admirons le parcours du délinquant français. Après un premier règlement du 8 juin 1961_Le_Farceur.jpg1998 sur les filets dérivants, la pêche  à la « thonaille » a été interdite le 1° janvier 2002 par la Commission européenne. La France a répondu : « Vas te faire voir » (en langage diplomatique, cela va de soi). A suivi une mise en demeure en décembre 2003. La France a répondu : « Rien à f… » (En langage diplomatique, cela va de soi). A suivi un avis motivé en juillet 2005. La France a répondu : « Dégage, pauvre c… » (En langage diplomatique, cela va de soi). La Commission européenne a décidé en 2007 d'ouvrir une procédure d'infraction. La France a répondu : « N… ta mère » (En langage diplomatique, cela va de soi). Le Ministère de l'agriculture et de la pêche était notre grand nigaud en chef, Michel Barnier.

    Et comme si ça ne suffisait pas, notre association de malfaiteurs, parfois encore appelée gouvernement de la France, a voulu imposer la loi du milieu avec un arrêté du 1er août 2003 du ministre de l'agriculture, portant création d'un permis de pêche spécial pour la pêche à la thonaille. Arrêté annulé par le Conseil d'Etat le 10 août 2005. Ca devient presque comique.

    Ce 5 mars, la Cour de Luxembourg a condamné la France. Pour la Cour, les filets dénommés « thonailles » doivent être considérés comme des filets maillants dérivants et être en conséquence interdits car dangereux.

    chat_menteur.jpg« En s'abstenant de contrôler, d'inspecter et de surveiller de façon satisfaisante l'exercice de la pêche au regard de l'interdiction des filets maillants dérivants pour la capture de certaines espèces, et en ne veillant pas à ce que soient prises des mesures appropriées contre les responsables d'infractions à la réglementation communautaire, la République française a manqué aux obligations qui lui incombent ».

    La Cour a rejeté l’argument selon lequel la pêche à la thonaille serait une activité traditionnelle et artisanale qui ne présenterait pas de risque d'expansion incontrôlée de la pêche ». Ajoutant : « L'interdiction de la thonaille participe à l'objectif d'assurer la conservation et l'exploitation rationnelle des ressources halieutiques ainsi que la limitation de l'effort de pêche ».

    Voilà cette brillante affaire. Sept ans à se ficher du droit européen, et de la protection de l’environnement. Ce qui n’empêche pas notre ineffable Barnier d’être tête de liste UMP aux européennes, et de s’affirmer européen convaincu.

    Avec des convaincus de cet acabit, je me demande si finalement l’Europe n’est pas mieux défendue par ceux qui la contestent, mais qui le disent franchement. Vantard et menteur, ça ne mène pas loin...

    Menteur.jpg
    Scène de la vie politique - France - Début du 3° millénaire
  • Le Tribunal populaire de Bayrou

    coqetpouleopt9ii.jpgFrançois Pérol est-il un coquin? Un petit coquin qui se fait nommer sur poste - boss de l'union Caisse d'Epargne-Banque Populaire - alors que la veille il contrôlait ce poste. Voire, qu'il a été le grand architecte financier de cette opération, allant jusqu'à créer le poste pour lequel il est nommé. Bref qu'il est à la fois la poule et le poussin ?

    Etant fort peu informé de la réalité des faits, je me garderais bien de répondre, car si tel est le cas, c'est grave, grave genre illégal, je dirais même genre illégal de la famille pénale. Aussi, alors que je ne tremble pour les responsables de l'administration pénitentiaire confrontés à la surpopulation carcérale et à ses drames, je ne ferais pas un centimètre en direction de ces accusations qui partent ces jours-ci comme les fusées un soir de 14 juillet.

    Il y a deux choses qui sont assez claires.snitch.jpg

    D'abord, le constat du désert bancaire. Le cheptel des dirigeants de banque est tellement réduit que notre Bien aimé de sa Dame président de la République est obligé d'amputer son équipe d'un de ces plus vifs cerveaux, pour le sacrifier en l'envoyant patauger dans le circus des commerçants. Voilà où en est la France. Tous ses cadres ont partis s'enrichir à Londres - travailler plus pour gagner plus - et pour trouver un gus capable de diriger une banque, il faut piquer dans les effectifs de l'Elysée. Pauvre France...

    La seconde est qu'on ne peut jouer avec l'honneur d'un homme, ni balancer comme une vanne son éventuelle culpabilité. Parce que l'histoire, ce n'est pas coquin ou malin, c'est coupable ou innocent. Ecoutons François, le héros de Bagnères de Bigorre, qui s'explique dans l'excellent Le Monde.

    - « L'épreuve de force pour réunir les deux banques s'est déroulée dans son bureau. Or, selon l'article 432.13 du Code pénal, il est impossible ''par une personne ayant été chargée, en tant que fonctionnaire ou agent d'une administration publique, dans le cadre des fonctions qu'elle a effectivement exercées, soit d'assurer la surveillance ou le contrôle d'une entreprise privée, soit de conclure des contrats de toute nature, (...) avant l'expiration d'un délai de trois ans suivant la cessation de ses fonctions''. Il y a donc violation de la loi. Non seulement je l'affirme, mais je le maintiens, et le souligne. »

    image006.jpgDonc, le monsieur est coupable de prise illégale d'intérêt, selon le juge suprême de la non moins suprême Cour de Bagnères de Bigorre. A ceci près que dans un pays moderne, encore appelé Etat de droit, ce sont les juges, les vrais, dans les tribunaux, les vrais, qui se prononcent sur les violations de la loi pénale. Je peux dire que tel est un escroc s'il a été condamné par un jugement devenu définitif, pour escroquerie. Coller à quelqu'un une qualification pénale alors que le juge pénal ne s'est pas prononcé, c'est une imputation qui met en cause l'honneur, et ça s'appelle une diffamation.

    Le Monde poursuit en posant cette fort logique question.

    - Votre formation politique va-t-elle employer des moyens juridiques pour contester cette nomination ?

    Et le procureur-partie civile-juge-omniscient Bayrou répond:

    - « Ce serait au président de la République et au gouvernement de faire respecter la loi ».

    Catastrophe définitive mon bon François... Avant d'être président de la République, il va falloir repasser par la première année de droit, et investir dans l'achat d'un Code pénal. piege_a_souris.jpg

    Vois-tu, mon cher François, la loi pénale est tellement importante que veiller à son respect est une charge de chaque citoyen. Mais pas pour se faire justicier... Juste pour aviser les agents publics chargés par la loi de conduire les enquêtes. C'est l'article 434-1 qui nous dit tout celà: « Le fait, pour quiconque ayant connaissance d'un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende. »

    Le Code de procédure pénale prévoit que les officiers de police judiciaire et les procureurs de la République « reçoivent les plaintes et dénonciations ». Le Code pénal fixe les limites, avec l'article 434-10 qui réprime la dénonciation mensongère, et l'article 226-10 qui punit la dénonciation calomnieuse.

    La police enquête, réunit les preuves, entend la personne mise en cause. Si l'affaire tient la route, l'icelui est convoqué devant un juge, a connaissance de l'accusation, se défend avec le concours d'un avocat, et un tribunal indépendant et impartial se prononce, à charge d'appel.

    Trop fort...

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  • Un flic pour deux habitants

     

    51N5T1Z36WL._SL500_AA240_.jpgLa salle des sports de Daumeray (Maine-et-Loire) est encore émue d'avoir été une étape politique majeure de la vie politique française, ce jeudi 19 février. Notre Bien aimé de sa Dame président de la République, devant un public trié sur le volet, y a procédé à deux annonces-clé du quinquennat : un plan de modernisation de la filière bois et la mise en place du plan « Objectif: terres 2020 », avec 60 mesures pour un nouveau modèle agricole français. Le genre d'annonces qui vous dopent une économie, assoient l'autorité d'un gouvernement, et ringardisent définitivement les autres chefs d'Etat. Obama dans les choux...

    Oui, mais voilà, il faut imaginer la pression énorme qui pèse sur les épaules d'un chef d'Etat quand il doit lancer de tels défis à l'avenir. Aussi, à l'heure du grand terrorisme international et de la surchauffe des banlieues, il faut savoir ne pas prendre trop de risques. Pas la peine de promouvoir le principe de précaution pour le maïs transgénique si c'est pour en ignorer les vertus lors les déplacements présidentiels.

    C'est l'AFP qui a communiqué les chiffres des forces de l'ordre présentes à Daumeray, ce jeudi, chiffres obtenus auprès de la préfecture du Maine-et-Loire. Avec la précision que ce paisible village situé au nord d'Angers compte 1 600 âmes.

    Sortez votre calculette. Planque.jpg

    - Le GSPR, c'est-à-dire le Groupe de Sécurité du Président de la République.

    - Le groupement départemental de gendarmerie chargé de sécuriser le trajet présidentiel, les accès au village et à l'exploitation agricole visitée par le président, avec tous ses effectifs disponibles, soit 230 hommes dont plusieurs réservistes.

    - Quatre escadrons de gendarmes mobiles, venus de Pontivy, Châteauroux, Le Havre et Vannes, et un escadron de CRS affecté à la surveillance de l'aérodrome d'Angers-Marcé où a atterri et décollé Nicolas Sarkozy, soit près de 400 personnes.

    - Les hommes du Raid (Unité d'élite de la police nationale) et du GIPN (Groupement d'intervention de la police nationale.

    - Une quinzaine de fonctionnaires de police en civil.

    - Un hélicoptère de surveillance.

    L'AFP a fait le calcul, confirmé par la préfecture: 700 membres des forces de l'ordre mobilisés dans ce village de 1 600 habitants.

    Deux petits détails encore : Sarkozy est resté en tout et pour tout deux heures, et aucune manifestation n'avait été annoncée.

    La grande glissade a commencé.

    toboggan.jpg
    Perspective politique rafraichissante
  • Colonna : Gravissime

    mensonges_salades_verite_Boite.jpgTruandage de l’enquête à une échelle inconnue. Je suis atterré par ce que j’ai lu. Et tout risque de dégringoler avec la plainte pour « entrave à la manifestation de la vérité » déposée aujourd'hui par les avocats d'Yvan Colonna.

    Didier Vinolas. Notez bien le nom de Didier Vinolas, qui était le secrétaire général de la préfecture lorsque Claude Erignac était en fonction. C’était en quelque sorte son bras droit. Depuis l’origine, la thèse de l'accusation est que le préfet Claude Erignac a été abattu le 6 février 1998 par un commando de six hommes. Cinq condamnés lors du premier procès, et Yvan Colonna pour être le sixième. A ces six hommes se serait ajouté Joseph Versini pour l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella en septembre 1997 au cours de laquelle l'arme ayant servi à tuer le préfet a été dérobée. Mais vendredi devant la cour d'assises de Paris, Didier Vinolas est venu expliquer qu’il détenait les noms de deux suspects qui seraient « peut-être » encore en liberté. « Il y a peut-être deux hommes dans la nature qui ont participé à l'assassinat du préfet. Ça m'est insupportable. »

    Un rigolo ce Vinolas, qui attend les derniers jours du procès en appel – vendredi soir – pour faire ces déclarations ? Et non, Didier Vinolas est tout sauf un rigolo. Ce haut fonctionnaire a expliqué devant la cour d’assises, sous la foi du serment, avoir transmis cette information au procureur de la République de Paris, Yves Bot, dès 2002, au président de la cour d'assises Didier Wacogne, ainsi qu'au procureur général Laurent Le Mesle par lettre fin décembre 2008.

    Et cette information n’a pas été versée au dossier. Rien. Rien, en attendant l’incroyable témoignage.corse.jpg

    « Le procureur général de Paris, Laurent Le Mesle, a effectivement reçu un courrier d'une personne disant avoir témoigné lors du premier procès d'Yvan Colonna. Cette personne indiquait que si elle était appelée à témoigner à nouveau, elle apporterait de nouvelles précisions. Il convient de rappeler que la procédure devant la cour d'assises est orale. Le seul devoir du parquet général était de convoquer Didier Vinolas pour qu'il puisse faire à la barre les déclarations qu'il souhaitait. C'est ce qui a été fait", indique le texte. »Un peu court, s’agissant d’un témoignage qui fait s’écrouler toute la thèse de l’accusation. 

    D’après un Didier Vinolas très sûr de lui, les deux personnes font partie de la sphère de Pietrosella, que M. Vinolas a dit qu’il détenait leurs noms d'un informateur fiable. C'est en partant de ce constat, sachant que les deux actions ont été revendiqués par le même groupe, que Didier Vinolas s'est dit "qu'il y a peut-être d'autres personnes ayant participé à l'assassinat" qui n'ont jamais été arrêtées.

    Corse-plage.jpgL’ancien procureur de la République de Paris Yves Bot aurait été en possession de ces informations  dès 2001-2002, a expliqué Me Patrick Maisonneuve. Me Antoine Sollacaro, autre défenseur du berger de Cargèse, souligne : « Ce qui est grave, c'est que des policiers, des magistrats ont mis sous le coude des éléments à décharge pour Yvan Colonna. Cela s'appelle une entrave à la manifestation de la vérité. Par conséquent, nous n'avons pas d'autres choix que de déposer plainte contre X, car une telle entrave constitue un délit. À son sens, le président de la cour d'assises d'appel spéciale, Didier Wacogne, ne peut plus siéger, car il aurait reçu une lettre du témoin qu'il affirme ne pas avoir ouverte et dont il n'a pas fait état à la défense. » Pour Me Pascal Garbarini, autre artisan de la défense, le nouvel élément intervenu vendredi « devrait conduire à la remise en liberté d'Yvan Colonna détenu depuis juillet 2003 ».

    Samedi dans la soirée, c’était une conférence de presse Me Gilles Simeoni. « On a fabriqué un faux coupable ! Nous avons aujourd'hui lavillage_de_zilia.jpg preuve que des éléments de nature à démontrer l'innocence d'Yvan Colonna ont été délibérément écartés. De façon délibérée, organisée, réfléchie, de hauts magistrats et de grands policiers antiterroristes ont décidé de taire, parfois de détruire des éléments à décharge pouvant conduire à démontrer l'innocence d'Yvan Colonna. Sans crainte d'être démentis, nous l'affirmons solennellement. Le témoignage de Didier Vinolas est d'une gravité extrême, d'autant qu'il était l'ami et le collaborateur direct de Claude Erignac. Tout cela révèle que, dès 1999, une vérité d'Etat a été décrétée et que plus personne n'a voulu s'en écarter. Dans ce dossier, il y a déjà eu la révélation au procès Castela et Andriuzzi d'un faux rapport d'enquête antidaté ; puis la disparition d'écoutes téléphoniques judiciaires dont a témoigné Roger Marion, le chef de la DNAT (Division nationale antiterroriste), sous serment devant le Sénat, lors de l'enquête parlementaire – ces écoutes d'Yvan Colonna le mettaient hors de cause. Il y a eu la deuxième voiture sur les lieux du crime dont on n'a jamais identifié les occupants. Puis la fameuse empreinte relevée sur le ruban adhésif à la gendarmerie de Pietrosella qui n'appartient à aucun membre du commando et encore moins à M. Colonna ! Le légiste dit que le tireur était aussi grand que le préfet et aujourd'hui, on apprend que d'autres éléments capitaux ont été étouffés ! C’est scandaleux. »

    N’accusons pas sans preuve. Mais cette fois-ci, l’accusée est la Justice. Nous attendons sa défense. Avec une certaine impatience. Bien sûr, cette exigence de vérité ne crée aucune sympathie pour ceux qui ont décidé de tuer un homme de dos. Et j’ose à peine imaginer les pensées de Mme Erignac.

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