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24.12.2010

Noël dans le Vieux Lyon

Mais pourquoi ne viennent-ils pas tous à Lyon ? Je n’ai jamais bien compris pourquoi les Français ne venaient pas tous en vacances à Lyon, et pour quoi les touristes étrangers allaient se perdre à Paris ou à Deauville, alors que Lyon est la plus belle ville du monde… La plus belle, dès lors qu’on se pose au Vieux Lyon, cet alliance sublime de la France et de l’Italie, cette enclave de la Renaissance qui pousse les feux de l’humanisme, accueillant à table ouverte tous les esprits perdus de nos économies sauvages et chancelantes.

Chères amies, chers amis, laissez tomber votre précieux bidon de glycol, dites adieu à Roissy, et traversez la Saône : cinq siècles de civilisation, donc de raffinement, vous attendent !

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Le voilà, ce Vieux Lyon, et la Saône
(Les promoteurs immobiliers voulaient raser le quartier, mais Malraux les a calmés)
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De plus près..., avec la Tour rose qui émerge
("La Tour rose" a été un grand restaurant et un grand hotel, mais pour le moment ça patine)
(Je conseille "Les Adrets" ou "Les Retrouvailles", des valeurs sures)
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Non, mais vous avez déjà vu un truc comme ça ?
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Et la nuit, c'est à craquer
(Je vous avais prévenus)
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Pour arriver au Vieux Lyon, on peut descendre de la colline de Fourvière
(La colline qui prie)
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Mais le mieux c'est quand même de traverser la Saône
(Lyon pourrait se passer du Rhône, mais pas de la Saône)
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Un autre monde
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La passerelle Saint Georges est un must
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La même, un jour de crue
(Car la Saône est comme les lyonnais : sage en apparence)
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Mais un jour de brume, vous resterez sur le quai, car la lumière est magnifique
(C'est le seul endroit où je peux rester des heures à pêcher)
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Quelques mètres de recul, et vous voici place Bellecour
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Aïe, aïe, aïe ...
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Bon, il faut y aller !
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Vous pouvez prendre le pont Tilsitt...
(Au fond, le quartier Saint Georges)
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...mais le mieux, c'est la passerelle du Palais de Justice
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Attention : la nuit, c'est tellement beau qui vous risquez de virer dans la Saône
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Là, vous êtes dans le Vieux Lyon, la partie Sud, Saint Georges
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Rue du Boeuf : on se rapproche de Saint Jean
(Le "Sol Café", la meilleure paëlla de Lyon)
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Ca, c'est le centre du monde
Au fond, vers le Sud, c'est Saint Georges
Sur le côté, vers l'Ouest, c'est la montée du Gourguillon, qui conduit à Fourvière
Derrière vous, le Nord, et Saint Jean qui vous attend
Au pied de la montée du Gourguillon, le lieu historique du théatre de Guignol

(Prenez la deuxième à gauche, et vous arrivez chez mon amie Christina qui vous sert des Mojitos à tomber à la renverse)

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L'ancienne maison des avocats
(La nouvelle a émigré à la Part-Dieu)
(J'y ai usé mes fonds de culotte... Que d'émotions)
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La cour d'appel est à quelques mètres
(Une grande rénovation est en cours, et ce sera à voir (comme simple visiteur))
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La rue Saint Jean, depuis la Place Neuve Saint Jean
(Un pur morceau d'Italie)
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Quelques mètres, et c'est la place Saint Jean...
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... où vous attend la cathédrale
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La même, vue depuis Fourvière
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La même encore, vue côté Saône
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Pour la fête de lumières, ça donne ça...
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Une autre vigie du Vieux Lyon, la Tour rose
(Elle est déjà sur les photos 2 et 3)
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Continuez vers le Nord, en vous êtes sur la magnifique Place du Change
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Le temple du Change, un chef d'oeuvre
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Le plus au Nord, le quartier Saint Paul
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Le quai Pierre Scize, avec, pour les veinards qui y habitent, vue sur la colline de la Croix Rousse
(La colline qui travaille)
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Retour à Saint Jean, pour la visite des traboules...
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... qui conduisent vers d'incroyables cours intérieures
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Toute l'Italie...
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... et toute la Renaissance
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Laissez vous guider...
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... et là, on se retrouve sur le quai de Saône
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A toutes et à tous
Bonnes fêtes de fin d'année

27.11.2010

Katyn : La Douma vote l’histoire

afp_courrierdelouest_e49a543609b122f47e3cbe81415c4c4e_apx_470_.jpgStaline a personnellement ordonné le massacre de Katyn : c’est vrai, et c'est légal. Car c’est un vote de la Douma, ce vendredi, qui a jugé !

1939, c’est le Pacte germano-soviétique. L’Europe entre les mains des plus sanguinaires des dictateurs. Si aujourd'hui on a parfois l’impression que tout va de mal en pis, un petit coup d’œil dans le rétroviseur ne fait pas de mal. Au mois de septembre, l'URSS s’empare des régions polonaises de l'Est, et des milliers de soldats polonais sont faits prisonniers par l’armée Rouge. En avril 1940, plusieurs milliers sont abattus dans la forêt de Katyn et à Mednoïe (Russie), ainsi qu'à Kharkiv (Ukraine). D’autres exécutions massives sont ordonnées, un nombre total estimé à plus de 20 000. Après la rupture du Pacte et lors de leur avancée, les troupes allemandes découvrent ces crimes, mais la propagande russe imputera ce massacre aux nazis. Une propagande efficace, non démentie par le procès de Nuremberg. Départ de 60 ans de mensonge officiel.

En avril 1990, Mikhaïl Gorbatchev a reconnu la responsabilité de son pays, ce qui était déjà dit par tous les historiens sérieux.

Depuis ça pataugeait. Aujourd’hui, l’heure est au rapprochement avec la Pologne, alors l’affaire a été soumise à la Douma, la chambre basse du parlement, dominé par les soutiens de Poutine. Tout un travail et de vrais débats, pour cette conclusion : « Les documents publiés ne font pas que dévoiler l'ampleur de cette terrible tragédie, mais témoignent aussi du fait que le crime de Katyn a été commis sur l'ordre personnel de Staline et d'autres dirigeants soviétiques. La responsabilité de ce méfait a été imputée dans la propagande soviétique aux criminels nazis, ce qui a entretenu la colère, l'amertume et la défiance du peuple polonais ».

Bien sur, le rétablissement de cette vérité est une grande chose, et voir les vieilles barbes du Parti communiste se prendre un râteau en défendant encore l’ami Staline est un spectacle réjouissant. C'est aussi une étape pour la mémoire des victimes, et tant mieux si cette avancée permet de conforter les liens entre la Russie et la Pologne. Lenin+stalin.jpg

De toute part, on approuve et on félicite. On ne m’en voudra pas de rester plus circonspect.

La Russie n’en a pas fini avec Staline. L’URSS s’est disloquée pour faire renaitre la Russie et les nombreux Etats satellites. Mais la Russie reste une immense fédération, et Moscou est hanté par le départ de nouvelles républiques … Tout ce qui concours au sentiment national est bon, et le cas Staline, dont l’image reste comme vainqueur des nazis, n’est pas simple à gérer. La ligne est certes la déstalinisation, et depuis longtemps, mais pas trop tôt, et pas trop vite… Ici, un pas a été franchi.  

Mais il reste deux failles, majeures.

D’abord, c’est un vote de la Douma, et les élections en Russie ne sont qu'une mise en scène. Poutine et Medvedev ont fait avaler leur décision par une chambre à leur botte. Une assemblée cadenassée fait l’histoire, et juge les hommes et les faits : personne ne peut être d’accord. L’histoire n’est ni légale ni illégale. Elle résulte de la connaissance. Un processus correct aurait une commission mixte d’historiens, russes et polonais, pour une recherche correspondant à ce qu’est la méthode scientifique, et la publication des travaux.

Ensuite, que veut dire ce vote parlementaire ? S’il y avait un soupçon de sincérité, il y aurait eu, au minimum, la création d’un fonds d’indemnisation, pour ouvrir la compensation des crimes commis pendant cette période à l’égard du peuple polonais.

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Le petit père des peuples

13.11.2010

Déportation : Les excuses marchandes de la SNCF

01_afficheSNCF%20copie.gifLa SNCF s’excuse pour le crime de déportation qu’elle n’a pas commis, et solde la Résistance des cheminots. Tout ça pour récupérer un marché chez l’oncle Sam. Nous sommes vraiment tombés bien bas.  

 

En 1940, la SNCF était une société d'économie mixte, l’Etat étant majoritaire à 51%, et elle exploitait le service des transports ferroviaires dans le cadre d’une convention approuvée par un décret-loi du 31 août 1937.  Elle avait été placée à la disposition des autorités allemandes dès juillet 1940, et à partir de 1942, elle avait été chargée par les autorités de Vichy des déportations, selon les objectifs chiffrés fixés par les traitres Pétain et Laval.  

 

Dans les années 2000, une famille avait engagé un recours pour faire retenir la responsabilité de la SNCF, et le Conseil d’Etat avait rejeté ce recours par un arrêt du 21 décembre 2007 (n° 305966), confirmant un arrêt de la Cour administrative de Bordeaux. Le Conseil d’Etat a ainsi synthétisé le processus :

 

-          - Les opérations de transport étaient réalisées par la SNCF sur demande de « mise à disposition » ou sur « réquisition » émanant d'une autorité administrative de l'Etat, moyennant le versement d'un prix déterminé en fonction du trajet parcouru et du nombre de personnes transportées.

-          Ces transports n'avaient pas donné lieu à la conclusion par la SNCF d'une convention spéciale les organisant dans leur ensemble.

-          Alors même que des agents de la SNCF ont participé à des réunions techniques destinées à coordonner l'exécution de ces transports, les conditions dans lesquelles ceux-ci devaient être réalisés, notamment la détermination de la composition des trains, du type de wagons utilisés, de leur aménagement intérieur et de leur dispositif de fermeture, de même que le nombre des victimes transportées et les modalités de leur traitement, étaient fixées par l'occupant et mises en œuvre par les autorités de l’Etat.

-          Les représentants allemands exerçaient le commandement et la surveillance armée des convois avec, parfois, le concours des forces de sécurité publique ».cheminots.jpg

Aussi, le Conseil d’Etat avait rejeté toute idée de responsabilité juridique de la SNCF, accablant a contrario les autorités politiques de Vichy. Dans l'hypothèse où la SCNF aurait agit volontairement, en se portant candidat, la solution aurait été pile l’inverse : responsabilité pénale et civile pour complicité de crimes contre l’humanité.  

Oui, mais voilà. Nous sommes en 2010, la SNCF a maintenant besoin de ronds, et les marchés aux US l’intéressent diablement. Diablement au point de vendre son âme et l’histoire des cheminots, avec des excuses négociées pour tenter de gagner le projet de ligne à grande vitesse Tampa-Orlando, à Fort Lauderdale, en Floride.

Le lascar qui déblatère ces excuses financières s’appelle Guillaume Pépy, et c’est un peu le directeur de la SNCF, ce qui est gênant quand même.

La larme à l’œil et la main sur le portefeuille, Guillaume a dit le « souhait de la SNCF d'exprimer sa profonde peine et son regret pour les conséquences de ses actes », tout en soulignant que les transports de Juifs avaient été réalisés sous le régime de la réquisition par les autorités nazies.

Eh bien Guillaume, tes arguments à deux balles, tu peux te les garder.

Mets toi d’abord bien dans le crâne que dans un Etat de droit, ce sont les juges qui disent le droit, et pas le service commercial de la SNCF. La SNCF n’a aucune responsabilité dans les déportations, alors tu remballes tes salades, merci.

Ensuite, et faisant cœur avec la CGT, je te rappelle quelques chiffres : 8.938 cheminots ont été tués sous l'Occupation, 15.977 blessés pour faits de résistance, 2.480 déportés et quelques dont 1.157 sont morts dans les camps nazis. La CGT ajoute que, comme les poissons, la SNCF pourrit par la tête, et que 6.500 cheminots de la Reichsbahn avaient été détachés dès 1940, et beaucoup plus après, dans la cadre de la politique de collaboration.

la_bataille_du_rail.jpgMais je t’offre en paquet cadeau deux lois d’époque, qui témoignent de la vitalité de la Résistance, et dont tu pourrais jacter aux gentils habitants de la Floride, puisqu’ils sont apparemment passionnés d’histoire de France.  

La première est la loi n° 4336 du 28 octobre 1941 (JO du 29 novembre 1941, page  5140), portant création d’un service de « garde des communications ». Déjà, la Résistance marquait des points sérieux dans la bataille des ponts et des chemins de fer, alors qu’en juin1941 avait eu lieu le tournant de la guerre, par l’ouverture des hostilités entre l’Allemagne et l’URSS.

Le dispositif était un aveu, même s’il restait modeste : c’était la création d’un corps de sécurité.

« Art. 1°. – Il est constitué un « corps des gardes des communications » dont les détachements, stationnés en différents points du territoire, ont pour mission essentielle d’assurer la surveillance des ouvrages d’art des voies de communication et des installations s’y rattachant directement, et pour mission accessoire d’assurer, éventuellement, la surveillance dans les trains et dans les gares, dans leur zone d’action, ou en renfort des détachements voisins ».

La loi restera inefficace. La direction des services de l’armistice a recensé, pour la période allant de janvier 1942 à juillet 1944, 13 998 attentats et sabotages dirigés contre les occupants. Parmi eux, 43 % visaient les moyens de communication, dont essentiellement les équipements ferroviaires. La moyenne mensuelle passera de 72 début 1942, à 584 sur le second semestre 1943, et 1237 jusqu’en juillet 1944 (Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006, p. 693).

Le phénomène s’amplifiant, il fallut procéder à l’armement de ces forces de l’ordre, avec la loi n° 646 du 23 novembre 1943 (JO 11 décembre 1943, p. 3166).

« Art. 1°. – Dans l’exécution de son service, le personnel du corps des gardes des communications doit faire usage de ses armes :

« 1°  Lorsque, se trouvant en présence de bandes ou d’individus armés, il est, de ce seul fait, en état de légitime défense ;

« 2°  Dans tous les cas où l’usage des armes est nécessaire à l’exécution de sa mission ». 

Donc, mon gentil Guillaume, tu pourrais récupérer les marchés en vantant l’âme résistante de la France, et ce dès les premiers temps de l’Occupation, ce qui aurait de l’allure, mais je vois que tu préfères vendre l’âme de cette grande entreprise aux intégristes californiens.

L'histoire est tragique, Guillaume. Ressaisis-toi.

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Gare de Compiègne le 11 août 1942
Laval et des officiers allemands, pour le discours sur la Relève

12.11.2010

11 novembre : La plaque inaugurée existait déjà !

attention_manipulation.jpgSarko inaugure une plaque alors qu’il en existe déjà une ! Si dans ce gouvernement ce que nous ne voyons pas marche comme ce que nous voyons, il y a vraiment de quoi s’inquiéter.

Hier 11 novembre, le président de la République est allé raviver la flamme du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe. Cette guerre des nationalismes a été une telle catastrophe que la cérémonie, près de cent ans plus tard, garde son sens.

Mais a suivi un événement qui était en réalité le clou de la journée, mis en avant sur le site de l’Elysée, et passant en boucle sur les écrans, à savoir l’hommage rendu aux jeunes étudiants et lycées qui avaient manifesté dans Paris occupé le 11 novembre 1940. La première apparition publique d’une résistance à Paris, par de fiers esprits dont beaucoup étaient mineurs à l’époque, et qui ont pris le risque de la plus sévère des répressions.  A coup sûr, cela valait un grand salut de la République, et j’étais prêt à reconnaitre un acte juste de Sarko réparant un oubli.

Avec quand même cette question : comment se fait-il qu’en 70 ans, rien n’ait été fait ? Pas un discours sous l’Arc de Triomphe, pas une plaque pour rendre hommage à cet acte de bravoure, qui s’inscrivait dans un mouvement déjà constuit ?  

Et c’est là que je retrouve le ridicule absolu de notre pauvre Sarko… En effet, il existe déjà une plaque, hommage de la République, installée à 25 mètres de là, sur le bâtiment de l'Ambassade du Qatar, une plaque dévoilée en 1954 par le président René Coty. Le site officiel "chemins de mémoire" raconte cet évènement et l’inauguration de la plaque, ajoutant qu'une cérémonie se tient là chaque 11 novembre.

http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichepage.php?...

Europe 1 a reçu les commentaires avisés de l’historien Alain Monchablon : « Peut-être qu’on ne savait pas qu’il y avait déjà cette plaque. Ou alors c’est vraiment une façon de s’emparer d’un événement historique remarquable pour se l’approprier et en faire un objet politique ».  

Vous trouverez ici une très intéressante analyse de ces évènements.

 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ma...

Non, notre gouvernement, ce n'est vraiment pas au niveau.

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La plaque inaugurée par René Coty en 1954

20.08.2010

Rudolf Sarközi, mon pote

Sarkoezi%20klein.jpgRudolf Sarközi, porte-parole autrichien de la communauté rom. Rudolf et Nicolas… L’un fier de sa souche, l’autre qui la rejette ; l’un s’en sort brillamment, alors que l’autre sombre… et voit arriver un bon coup de racines sur le nez.

Rudolf Sarközi, une vie. Né en 1944 dans un camp de concentration nazi. Premier métier : éboueur à Vienne, en Autriche, puis électronicien. Militant du Parti social-démocrate. Conseiller d’arrondissement à Vienne. Président de l’association culturelle des Roms d’Autriche. Et blogueur. Les petits fachos du coin l’appellent « le roi tsigane ».  

La communauté rom en Autriche, 30 000 personnes, aujourd’hui sédentarisée, ne vit pas trop mal. Rudolf Sarközi explique au Monde : « Nous avons connu des situations de précarité semblables à ce qu’on voit en France aujourd’hui. Bien sûr, on ne peut laisser se développer des campements sans contrôle, et il ne s’agit pas non plus de défendre la délinquance ou l’oisiveté. Mais si on offrait à ces gens des terrains où ils puissent vivre dignement, ce serait un pas vers l’intégration. Le point capital, qui exige le plus d’efforts, est la formation des jeunes». image_erinnern_detail.jpg

Le Monde explique qu’à l’époque féodale, le comte Batthyány accordait sa protection aux Roms du Burgenland et les plaçait sous l’autorité exclusive du chef régional, le voïvode, qui s’appelait Martin Sarközi. D’où la question du Monde : « Ce voïvode peut-il avoir une lointaine parenté avec la famille hongroise de Nicolas Sarkozy – version francisée de Sarközi –, anoblie en 1626 par l’empereur d’Autriche? » Rudolf répond : « Qui sait ? Ce patronyme est typiquement rom. Certains, dans un souci d'intégration, l'ont même abandonné de crainte d'être stigmatisés. Au Burgenland, à la frontière avec la Hongrie, il est possible d'enseigner dans les écoles publiques en langue romani. »

D’où cette question, chères amies et chers amis.

S’il s’avérait que parmi le groupuscule agitant la meute actuelle des anti-Roms, se trouvait un Français d’origine étrangère, de souche hongroise, issu de la communauté rom du Burgenland du Moyen-Age, laquelle était placée sous la protection du voïvode Martin Sarközi, la solution la plus adaptée serait-elle d’après vous :

-          Un cours d’histoire ?

-          Un stage citoyenneté ?

-          Un coup de pied au cul ?

 
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