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Politique dans les pays étrangers - Page 4

  • Elections US : Le tout petit score de Trump

    Trump grand vainqueur… Tu parles, c’est juste un rescapé de la défaite de Clinton, rien de plus. Regardons les chiffres, et soudain tout est plus clair. Comment ont voté les 230 millions d’inscrits ?

    La participation a été de 54,2 % Un chiffre presque en continuité, et qui montre à lui seul la faiblesse de la « grande démocratie ». Le record avait été battu en 2008 avec la première élection de Barack Obama, avec 57,10 %, mais à 55% on est dans la moyenne. Bref, un étatsunien sur deux ne se sent pas concerné.

    Ensuite, les scores réels.

    Donald Trump gagne avec 60 265 858 voix, pas mal… mais en réalité, il a réuni moins d’électeurs que Mitt Romney en 2012, avec 60 929 152. Ce mec est un looser.

    Le chiffre clé, c’est l’écroulement des électeurs démocrates, passés de 65 899 660 pour Barack Obama en 2012 à 60 839 922 pour Clinton. Cinq millions d’électeurs volatilisés…

    Bref, Trump est élu par 25 % des habitants, avec un score en baisse. Éventuellement, il devrait pour la suite se rappeler qu’il a été bien mal élu.

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  • Trump est un cadeau d’Obama, comme Le Pen est un cadeau du PS

    Trump la catastrophe absolue… Ce ne sera pas mon discours car l’élection de Clinton aurait conduit à une mainmise achevée sur l’Europe, pour blinder la position étasunienne dans la perspective d'un affrontement avec la Russie. Clinton battue, nous gardons une chance de sauvegarder notre Europe, ce contre les dirigeants européens qui avaient fait allégeance à Clinton.

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    S’agissant du programme politique réel de Trump, nous devons faire preuve de la plus grande prudence car il a été impossible pendant cette campagne de disposer d’informations crédibles. Pas un seul média n’avait évoqué la victoire de Trump, alors que celui-ci l’emporte avec 279 voix contre 228, avec 51 voix contre 49 au Sénat, et 239 voix contre 193 à la Chambre des Représentants… Il va falloir s’habituer à tout vérifier, tout contrôler. Le complot, c’est eux, la preuve est cette fois bien apportée. Alors, attendons les faits, et nous verrons ce que fera Trump.

    Son discours après la victoire nous dit beaucoup. Le mec est en phase, clean, mais avec les lubies qui ont fait sa gloire genre « je sais que mes parents me regardent » (ce qui est loin d’être évident)… Alors Trump, qui n’a jamais eu le moindre mandat public, entrera-t-il véritablement dans la fonction, ou se contraindre a-t-il, à 70 ans, de maintenir les discours qui ont fait sa gloire, en laissant le système – dont il ignore tout – gouverner ? Nous verrons.

    En revanche, une chose qui est acquise, c’est que le mandat d’Obama – icône de la fausse gauche, gratifié d’un prix Nobel de la paix alors qu’il n’avait pas pris ses fonctions – a conduit à l’élection de Trump. La propagande nous dit que ce sont des bourgeois libéraux qui ont fait élire Trump, alors qu’il a gagné grâce au vote des ouvriers abandonnés sur l’autel du libre marché.

    Cette fausse gauche est une calamité. En 2002, c’est Jospin qui permet à Le Pen d’être au deuxième tour de la présidentielle, et en 2017, c’est le PS qui assure le deuxième tour à Le Pen. Tout comme Obama installe Trump à la Maison-Blanche. Les uns et les autres en pleurnichant comme de braves couillons, et en nous culpabilisant...  

    Alors, quelle solution ? On verra, nous avons tout notre temps, mais il faut commencer par se désintoxiquer les neurones. Hors de question de jouer dans le calendrier de cette gauche institutionnelle qui ne sait rien faire d’autre que rebondir sur la « peur de l’extrême droite ».

    - Le péril, c’est Le Pen !

    - Non, le péril, c’est toi, le traître, qui fait le lit de Le Pen. Regarde les faits, enfoiré !

    La gauche molle, qui usurpe le principe de solidarité, est une calamité nationale. Elle est un repère de faux-derches qui n’assument pas une cahouette du seul principe qui vaille, la solidarité.

    Une solidarité qui n’est pas un vain mot veut dire :

    - considérer toute personne telle qu’elle est, et respecter comme un trésor ses modes de pensée et de vie ;

    - accueillir avec humanité et finances les étrangers dans le désarroi qui parviennent sur notre sol,

    - organiser des plans effectifs, avec toutes les contraintes financières nécessaires, pour apporter à tout être humain les conditions d’une existence digne, et qui protège sa santé,

    - combattre par tous les moyens, c’est dire aussi avec les armes lorsque ce sont les armes qui veulent s’imposer, les systèmes de domination qui refusent la souveraineté des peuples et l’égalité des êtres humains ;

    - combattre comme illicite toute propriété qui ne repose pas sur la loi et le travail ;

    - soutenir les peuples qui luttent pour leur souveraineté, à commencer par le peuple palestinien.

    La fausse gauche installe l’extrême droite au pouvoir… ce qui fixe comme priorité de combattre cette fausse gauche. Please, ne lui donnez plus jamais une seule voix, il en va de l’avenir de vos enfants.

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    Le Comité directeur du PS s’apprêtant à sauver le peuple

    Peinture naïve, début du XXIème siècle

  • Les prédictions de BHL sur la défaite de Trump

    Pas un média, pas un responsable politique pour avoir anticipé la large victoire de Trump – il faut chercher la bonne info ailleurs – et ces sont les mêmes, sans la moindre remise en cause, qui s'apprêtent à nous expliquer ce qui s’est passé et ce qui va arriver. Autant dire que leurs analyses de nuls, on s’en contrefiche, mais on leur ressortira chaque fois que nécessaire leur propagande pro-Clinton.

    Mais parmi les maîtres visionnaires, une palme est bien méritée par notre philosophe guerrier BHL, pour l’ensemble de son œuvre. Après avoir gaillardement annoncé la défaite du Brexit, il avait prévu avec autant d'assurance celle de Trump : « Jamais l’Amérique n’élira un homme qui… ». Jamais ? En attendant la prochaine et lumineuse prédiction de BHL, voici donc ce qu’il écrivait fin aout 2016.

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    Un dernier mot sur Trump. Je parie, contrairement à Michael Moore, sur sa défaite. Car je crois qu’il a commis deux erreurs fatales pour qui aspire à la présidence des Etats-Unis. S’en prendre, premièrement, aux parents d’un soldat mort en Irak; offenser, ce faisant, puis en évoquant les «sacrifices» qu’il aurait consentis, lui, Trump, en levant «des millions de dollars» pour les anciens combattants morts au combat, l’honneur des héros; blaguer enfin, dans la foulée, sur cette Purple Heart qui est la plus haute décoration militaire du pays et dont lui a fait cadeau un vétéran. Et puis, parallèlement, sa deuxième erreur aura été – mais, en même temps, avait-il le choix? – de laisser affleurer tout ce monde de contacts, collusions et compromissions dont je parlais il y a deux semaines et qui témoigne de sa proximité notoire avec le chef de la puissance qui se trouve être, aujourd’hui, en guerre froide avec son pays : l’Amérique a tous les défauts que l’on voudra ; elle peut, comme disait Sartre, être saisie par une sorte de rage ; elle ne transige pas plus avec le patriotisme qu’avec le respect dû à ses braves ; et jamais elle n’élira un homme qui, alors que toutes les chaînes de télévision soupçonnent la main de Poutine derrière le piratage des adresses électroniques du parti adverse, est capable de s’exclamer «eh, Russie! si vous m’entendez, j’espère que vous serez capable de retrouver les 30 000 e-mails manquants». Relire, plus que jamais, Tocqueville. Se rappeler le passage où il décrit l’Amérique comme un pays où «l’amour réfléchi de la patrie» devient «une sorte de religion». Et conclure que, dans cette Amérique-là, dans l’Amérique de «De la démocratie en Amérique», le Donald est mal parti.

  • Bientôt la fin de la maison Clinton ?

    Si on résume, Donald Trump est un fou furieux, ignorant la politique, un affairiste frelaté doublé d’un pervers sexuel, et pour le flinguer, on trouve l’appareil sur-financé du Parti démocrate, et les trois plus grand médias : New York Times, Washington Post et CNN. Le Parti républicain, fatigué de ses saillies véreuses, a pris ses distances, ce alors que les veilles mamies xénophobes, à commencer par le Ku Klux Klan, lui apportent leur soutien.

    - Donc, le mec est carbonisé, KO technique ?

    Et bien non. Dans les sondages nationaux, les candidats sont au même niveau, et pour ces derniers jours de campagne – on vote le 8 – la dynamique est du côté de Trump.

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    Les sondages nationaux montrent les tendances, à savoir qu’il n’y a plus de favori, mais la victoire va dépendre du vote dans les fameux « Swing States ». Pour les présidentielles, le vote est comptabilisé dans chacun des 50 Etats, et le camp victorieux envoie un certain nombre de délégués à un «Collège électoral» de 538 personnes, qui désignera le vainqueur, à la majorité de 270 voix. Un certain nombre d’Etat sont stables, avec un équilibre des deux camps. La Californie, qui compte 55 délégués, vote démocrate, alors que le Texas, avec 38 délégués, est acquis aux Républicains. Tout se joue donc dans les « Swing States », ces Etats qui peuvent basculer, et on surveille en particulier la Floride, avec 29 délégués et l’Ohio, qui en compte 18.

    Trump est hors norme, et joue avec fracas son côté antisystème. Il a su gagner la primaire, mais il y a en lui trop d’excès, d’outrance, d’incompétence, et il est loin d’être populaire. Le mec est spécial, oui, mais le pouvoir est au Congrès, pas à la Présidence,… et la Cour suprême peut calmer les furies de Trump. Sur le plan extérieur, le type s’annonce comme bien moins interventionniste que Clinton.

    Du côté de Clinton, c’est la misère. Elle s’était faite sérieusement accrocher par Sanders, et malgré l’armada du Parti démocrate, ça patauge. La maison Clinton sent la magouille, l’enrichissement familial via l’action publique, notamment avec cette si douteuse Fondation Clinton : action désintéressée,… mais pas pour tout le monde. Avec les Clinton, c’est toujours limite.

    Le Directeur du FBI – la police fédérale, celle des grands bandits – a annoncé avoir rouvert l’enquête sur les e-mails de Clinton, cette secrétaire d’Etat – ministre des affaires étrangères contrôlant 40% des dépense militaires du monde – qui refusait de passer par les messageries de l’Etat et utilisait son propre serveur pour être tranquille. James Comey, directeur du FBI, avait conclu que c’était d’une grande légèreté, mais avait classé. Mais voilà qu’on retrouve des milliers d’e-mails de Clinton sur le portable de l’ex de sa conseillère Huma Abedin, un mec sexuellement dépravé. James Comey a annoncé la découverte – comment pouvait-il faire autrement ? – et il a obtenu un mandat judiciaire pour saisir ces e-mails…

    Pour les jours qui viennent, ça va y aller tous azimuts. Les candidats n’ont rien à dire sur le fond, alors c’est tout sur le dézingage personnel.

    Obama, qui part avec un bilan maigrichon, fait campagne pour Clinton, car Trump balaierait tout en quelques semaines. Comme il y a péril en la demeure, on va sans doute prévoir un grand show avec la très populaire Michelle Obama,… ce qui en fait ne fait que souligner l’incapacité de Clinton.

    Alors, nous allons continuer à suivre. Il y aura un vainqueur, oui,… mais le fruit d’une construction artificielle.  

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    Mécanisme d'entraînement à vis sans fin

  • Congrès de Liverpool : Grandes manœuvres au Parti travailliste

    Il y a un an, après la défaite cinglante d’Ed Miliband aux élections de mai 2015, marquant l’impasse du blairisme, le Parti travailliste s’était réuni en congrès, avec la victoire imprévue de Jeremy Corbyn député d’Islington, un quartier du nord de Londres, depuis 1983, et toujours minoritaire, voire très minoritaire, à l’aile gauche du Parti. Corbyn avait dynamisé la campagne, prônant une politique volontariste et solidaire, altermondialiste, antinucléaire, anti-Otan et anti-establishment, avec l’appui des syndicats et de nombreuses adhésions de jeunes.

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    Les affaires se sont ensuite compliquées avec le groupe parlementaire, qui n’a pas accepté le leadership de Corbyn. Le cabinet fantôme, qui a chez nos amis british un grand rôle, n’a pas fonctionné, la vieille et la jeune garde blairiste estimant nécessaire de faire tomber au plus tôt ce leader de gauche. Après le Brexit - ce jeu de massacre qui doit tout à Cameron - ils se sont déchaînés sur Corbyn, soutenant sans rire que si le Brexit avait gagné, c’était de sa faute, parce qu’il n’avait pas assez fait campagne ! Corbyn a répliqué de sa saine autorité, et le groupe s’est engagé dans un petit putsch d’opéra : démission en bloc du Shadow Cabinet, motion de défiance votée par 172 des 230 parlementaires, invraisemblable campagne de presse, polémiques puantes, recours en justice… Au final, Corbyn a été obligé de remettre son mandat en jeu et d’organiser un nouveau congrès.

    Petit problème : ces députés visionnaires n’avaient pas pensé, avant d’entreprendre leur coup de force, à arrêter un programme et à choisir un leader. Comme le parti est actuellement plutôt à Gauche, ils ont désigné comme leader un inconnu, Owen Smith, qui a pratiquement repris le programme de Corbyn, mais joue la com’ du jeune et fringant, supposé briller dans les sondages.

    Du côté des partisans de Corbyn, les manœuvres essoufflées des parlementaires ont gavé, et ont apporté de nouveaux soutiens. On a adhéré en masse au Parti travailliste, surtout des jeunes, et les effectifs dépassent les 500.000 adhérents. Le vieux Labour est devenu le premier parti politique en Europe !

    Nous connaîtrons le résultat du vote ce samedi, lors de la journée d’ouverture du Congrès à Liverpool. Il y a un an, Corbyn était passé avec 60% des voix. Un an plus tard, grâce au génie des parlementaires, tout annonce qu’il fera davantage…

    Et que faire ensuite ? Le Congrès va être intéressant, mais sous fortes tensions. Il va dégager une très forte majorité contre les parlementaires… qui n’ont pas respecté le leader, et qui n’ont cessé de le dézinguer dans les médias. Les militants contre les parlementaires. Affaiblis par cette manœuvre d’amateur, et après avoir tant critiqué Corbyn, à quel rôle peuvent prétendre les parlementaires ? Sauveront-ils leurs investitures ? Et quel type d’unité du Parti Corbyn peut-il rechercher ?

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