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Politique dans les pays étrangers - Page 5

  • Lula : Quelles sont les preuves ?

    « Apportez des preuves, et j’irai à pied au commissariat ! » Lula est un boss, un vrai. Vont-ils abattre Lula, et donc le Parti des Travailleurs ?

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    C'est donc le tour de Lula, après l’invraisemblable destitution de Dilma Rousseff, qui ne fait l’objet d’aucune enquête ni inculpation pour corruption, et au terme d’une séance soi-disant historique de l’Assemblée nationale… Problème : Le président de l’Assemblée, Eduardo Cunha, un député évangéliste ultra-conservateur, a été démis hier de son mandat pour corruption dans l’affaire Petrobras, pour avoir reçu l’équivalent de 15 millions d’euros en pots-de-vin.

    Le successeur de Dilma Rousseff, Michel Temer – 1 % de notoriété dans le pays – à peine installé a annoncé le lancement d’un programme de privatisation. Pour Lula, cette privatisation est le but de la manœuvre : « livrer au capital étranger les grandes entreprises d'Etat, dont Petrobas », compagnie-phare du Brésil. Quand le Brésil aura perdu les moyens de son indépendance énergétique, et que Petrobras sera démantelé pour être racheté par des firmes US, on verra que tout ira mieux pour les Brésiliens…

    Mercredi, le procureur d’une ville du sud, Curitiba, Deltan Dallagnol, 36 ans, s’est autorisé une très cinématographique conférence de presse, pour dézinguer Lula en le qualifiant de « chef suprême » du réseau de corruption au sein de Petrobras, par un magnifique récit... qui ne reposait sur aucune pièce.

    Le procureur a saisi le juge Sergio Moro, ennemi déclaré de Lula, d’un réquisitoire aux fins d’inculpation, pour corruption et blanchiment d'argent. Nous verrons. 

    Le procureur affirme que Lula a perçu 1,1 million de dollars de pots-de-vin versés par l'entreprise de BTP OAS, de la galaxie Patrobras, en vue de refaire un appartement triplex. Si c’est le cas, franchement, c’est pourri.

    Mais un million de dollars dans un système de corruption, ce sont des écritures bancaires, des transferts illicites d’argent et des comptes dissimulés. Où sont les preuves ? On ne parle pas de doute psychologique, mais de passages illicites d'argent sur des comptes bancaires. Alors, quelles sont les preuves? Rien de neuf, rien de solide. C’est le sens de l’éditorial du quotidien Folha de Sao Paulo : « Reste le sentiment que sans parvenir à présenter des preuves plus robustes contre Lula, le ministère public tente de combler ses lacunes par la rhétorique ». Parce qu'il est le responsable politique, il est le grand organisateur de la corruption ? Quelle puissante déduction ! 

    Et puis, un million de dollars pour qualifier le chef suprême... quand la petite main Eduardo Cunha a été rincé de 15 millions de dollars ? 

    « Apportez des preuves, et j’irai à pied au commissariat ! » Le blog va donc attendre les preuves, et il suivra ça de près. Dans l’immédiat, le calendrier sera politique. Les présidentielles sont en 2018, et nous verrons s’il s’agit de conduire une instruction judiciaire ou d’empêcher Lula d’être candidat.

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  • Réchauffement climatique : Coup de chaud à 26°

    Il est bien difficile de parvenir à suivre la campagne US, avec d’un côté la part dominante de la presse, pro-Clinton à 100 %, et de l’autre les médias allumés de la frange droite des Républicains, pro-Trump à 100 %. Le tout est illisible, et je remercie quiconque pourrait nous donner les bonnes adresses. Du côté de la presse française, c’est hélas du délire

    Les deux candidats sont des rescapés des primaires, qui l’un comme l’autre recueillent des sondages d’opinions défavorables, voire catastrophiques. C’est ainsi. Du fait du jeu des partis, c’est-à-dire de la manière avec laquelle les staffs ont su irriguer l’argent, les candidats officiels ont bien peu la cote dans le pays.

    Jusqu’à maintenant, Clinton a fait le service minimum, imposant l’idée qu’elle doit nécessairement gagner car elle est du côté des gentils – le parti démocrate – et qu’elle était une femme. Mais, elle n’a pas de programme, à part la continuation. Piètre orateur, elle se repose sur Barack et Bill… ce qui concourt à l’affaiblir. De plus, elle est empêtrée dans son affaire d’e-mails, qu’elle gérait alors qu’elle était Secrétaire d’État depuis un serveur installé dans la cave de la maison. Le FBI s'abstient de la poursuivre, mais ça patauge grave… Ajoutez la Fondation de Bill, avec la fille, une incroyable pompe à finances pour de pseudos objectifs humanitaires, qui a entretenu des jeux relationnels hors norme, ce alors qu’Hillary était Secrétaire d’État (ici, CNN, porte-parole officieux de Clinton). Et surtout, car c'est sur l'économique et le social que ça se jouera, les choix libéraux de Bill ont ruiné bien des familles dans les grandes villes ouvrières, Trump en fait son miel. Des faits précis,... mais Hillary ne répond pas.

    Et elle qui se plaint d’interférences russes dans la campagne alors qu’elle est reconnue comme une interventionniste tous azimuts, et que son premier projet de faire dégager El-Assad…

    Là-dessus, s’ajoute l’événement d’hier, qui va avoir une importance considérable.

    Le clan Trump soutient que Clinton, malade, n’est pas physiquement apte à exercer la fonction. Dans une campagne électorale, et s’agissant d’une personne âgée de 68 ans, la question n’est pas incongrue. Sauf que Clinton a réglé cette question comme les autres : par le mépris.

    Par le mépris,… jusqu’à hier matin, quand elle a dû après une heure et demie, quitter la cérémonie « essentielle » du 11/9, chancelante, aidée par ses proches pour tenir debout. Première déclaration : un coup de chaud,… à 26°. Sorry : you’re wrong.

    Un coup de fatigue quand vous fonctionnez à 100%, multipliant les déplacements et les réunions, c’est presque banal. J’allais dire, c’est humain. Sauf que quand vous niez tout, même les faits les plus évidents, cela devient important.

    Après son malaise, Clinton est allé se reposer chez sa fille, pour sortir deux heures plus tard en annonçant que la vie était belle : « I’m feeling great. It’s a beautiful day in New York ».

    Problème : quelques heures plus tard, le médecin officiel de la campagne, le Docteur Bardack, après examen, a expliqué que Clinton était atteinte d’une pneumonie, et qu’elle devrait se reposer.

    Alors,.. à deux mois du vote, et alors que s’annoncent les trois débats télévisés ?

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  • Italie : Les décombres de la démocratie, par Manlio Dinucci

    Gouverner, c’est choisir. Devant les décombres du tremblement de terre, les choix gouvernementaux apparaissent au clair, explique Manlio Dinucci.

     

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    Les décombres de la démocratie

    par Manlio Dinucci

     

    «Rien que des décombres, comme s’il y avait eu un bombardement», a dit la présidente de la Chambre Boldrini en visitant les lieux sinistrés par le tremblement de terre[1]. Paroles sur lesquelles il faut réfléchir au-delà de l’image.

     

    Face aux scènes déchirantes des enfants morts sous les décombres du tremblement de terre, comment ne pas penser à tous ces enfants (que la télé ne nous a jamais montrés) morts sous les décombres des bombardements auxquels, de la Yougoslavie à la Libye, a aussi participé l’Italie ? « On a l’impression d’être en guerre », raconte un des nombreux volontaires.

     

    En guerre, la vraie, l’Italie en effet y est déjà, brûlant des ressources vitales qui devraient être destinées à protéger la population de notre pays des tremblements de terre, des coulées de boue et inondations qui provoquent de plus en plus de victimes et de destructions. Des politiciens de provenances diverses ont proposé, dans un élan de générosité, de destiner aux zones sinistrées le jackpot du Superenalotto[2], 130 millions d’euros. Personne cependant n’a proposé d’employer à cet effet le « jackpot » de la dépense militaire italienne qui se monte, selon les données officielles de l’Otan, à environ 20 milliards d’euros en 2016, 2,3 milliards de plus qu’en 2015 : en moyenne 55 millions d’euros par jour, chiffre en réalité plus important quand on inclut les dépenses hors budget de la défense attribuées à d’autres ministères. En tout cas d’après les données de l’Otan, l’Italie dépense en un seul jour pour le militaire plus que ce qu’a prévu le gouvernement pour l’urgence tremblement de terre (50 millions d’euros), cinq fois plus que ce qui a jusqu’à présent été récolté avec les SMS solidaires[3].

     

    Alors que manquent les fonds pour la reconstruction et la mise en sécurité des édifices par de réels systèmes anti-sismiques, pour un plan à long terme contre les tremblements de terre et les débâcles hydro-géologiques.

     

    Alors que les pompiers, dont en ces occasions on reconnaît formellement les mérites, ont des effectifs, salaires et moyens totalement inadéquats pour le travail qu’ils effectuent, souvent au risque de leur vie, non seulement dans les urgences quotidiennes, mais dans les désastres « naturels » de plus en plus fréquents (dont les conséquences catastrophiques relèvent en grande partie de responsabilités humaines).

     

    Par contre ne manquent pas les financements et les moyens pour les forces spéciales italiennes qui opèrent dans la nouvelle guerre de Libye. A Pise, où il y a deux ans a été constitué le Commandement des forces spéciales de l’armée (Comfose), se sont intensifiés depuis des mois les vols des C-130J qui partent pour des destinations inconnues chargés d’armes et de ravitaillements. Ces opérations sont autorisées secrètement par le Président du Conseil Renzi sans qu’il en réfère au parlement. L’article 7 bis de la loi 198/2015 sur la prolongation des missions militaires à l’étranger confère au Président du Conseil la faculté d’adopter des «mesures d’intelligence d’opposition, en situations de crise (…), avec la coopération de forces spéciales de la Défense avec les aménagements consécutifs de soutien de la même Défense», avec la seule obligation d’en référer formellement au « Comité parlementaire pour la sécurité de la République ». En d’autres termes, le président du Conseil a en main des forces spéciales et des services de renseignement à utiliser dans des opérations secrètes, avec le soutien de tout l’appareil militaire. Un pouvoir personnel anticonstitutionnel, potentiellement dangereux y compris sur le plan intérieur.

     

    Alors qu’il affiche son émotion aux funérailles des victimes du tremblement de terre, en faisant des promesses sur la reconstruction, le Président du Conseil Renzi, dans le cadre de la stratégie USA/Otan, conduit l’Italie à d’autres guerres et à une dépense militaire croissante au détriment des exigences vitales du pays. Dépense à laquelle s’ajoute celle, secrète, pour les opérations militaires secrètes qu’il a ordonnées. Alors que, sur la reconstruction promise des zones sinistrées, Renzi assure la « plus grande transparence ».

    [1] Tremblement de terre qui a touché le centre de l’Italie le 24 août et les jours suivants.

    [2] Loterie nationale.

    [3] Les « SMS solidaires » sont une méthode de collecte de fonds destinés aux zones sinistrées : pour chaque SMS envoyé à un numéro donné 2 euros sont versés à la Protection civile.

     

    Edition de mardi 6 septembre de il manifesto

    http://ilmanifesto.info/le-macerie-della-democrazia/

    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

     

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  • Fraude : Ali Bongo aurait pu mieux faire

    Pour être franc, je dois dire qu’Ali Bongo m’a déçu. Connaissant son savoir-faire, je pensais à une jolie machinerie pour s’imposer comme vainqueur factice de la présidentielle. Or, notre ami nous a fait un coup de débutant… un accès de faiblesse pour ce candidat au prix Nobel de la rouerie politique.

     

    Au Gabon, l’élection présidentielle se joue à un tour. Donc c’est simple : il faut être en tête au premier tour, car c’est le seul. Alors que s’est-il passé pour parvenir à déclarer élu Ali Bongo avec 49,80% des voix, devant Jean Ping, à 48,23%, soit 5 594 voix d’avance ?   

     

    Dans huit provinces, les résultats sont acceptés de part et d’autre : Jean Ping sort en tête, avec 60.000 voix d’avance, soit 10% des électeurs. C'est net et propre. 

     

    Aïe, comment faire ? Heureusement, il reste la 9eme province, le Haut-Ogooué, qui est la terre natale de la famille Bongo. Alors, tout simple. On invente une participation maximale, avec un taux de participation de 99,93% soit 68 399 votants – quel sens civique exemplaire, alors que le taux national est à 59 % ! – et on ajoute un score de 95,46 % pour Ali Bongo. En pratique, le mec rafle 65 073 bulletins en sa faveur contre 3 071 pour Jean Ping. Miracle : il rattrape son retard, et se retrouve élu, avec les 5 594 voix d’avance sur Jean Ping. Elle est pas belle, la démocratie ? 

     

    L’opposition, qui était présente dans les bureaux de vote du Haut-Ogooué, a fait les comptes. Seules 29 114 personnes ont voté, et Ali Bongo arrive en tête avec 24 910 des voix, soit 86% des suffrages exprimés. Pas mal…. Mais cela fait 44 000 suffrages en moins, et au final c’est Jean Ping qui gagne la présidentielle avec 38 000 voix d’avance.

     

    Pour le reste, la situation est bien triste pour le peuple gabonais encore prisonnier de ce système Bongo, pur produit de la Françafrique. Ce petit pays d’1,8 million d’habitants dispose de richesses importantes, avec le pétrole, les bois précieux les ressources minières (manganèse, fer, uranium, diamants…).

     

    Mais tout est sous le contrôle du clan, et des parts entières du peuple restent dans la précarité. Jean Ping a été un membre éminent de ce clan, ex-beau-frère d’Ali, multipliant les ministères du temps d’Omar Bongo, et qui n’avait déclaré s’opposer à Ali qu’en 2014, pour préparer la présidentielle…

     

    La fraude est bien réelle, mais les 40 % d’abstention en disent long quant à la confiance de la population…

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    " Pourtant, j'ai une bonne tête de président, non ? " 

  • Turquie : Le grand repli

    Après le coup d’État et la visite en Russie, c’est le grand repli pour la politique étrangère turque, un désaveu cinglant pour Erdogan. Mais y a-t-il une autre possibilité alors que tous les événements lui donnent tort ?

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    C’est le Premier ministre Binali Yildirim, qui s’est exprimé hier, reconnaissant que le président syrien est l'un des acteurs qu'il faut prendre en considération, avec une formule alambiquée : qu'on l'aime ou non, le président syrien est un interlocuteur pour « parler de la transition » en Syrie, mais « en ce qui concerne la Turquie cela est hors de question ». Dernière circonvolution, mais tout est dit et la prochaine fois, ce sera plus net encore : le départ du président el-Assad n'est plus en jeu. Il ajoute : « Nous disons que le bain de sang doit cesser. Les bébés, les enfants, les innocents ne devraient pas mourir. C'est la raison pour laquelle, la Turquie va être plus active en essayant d'empêcher la situation de s'aggraver au cours des six prochains mois ». D’un pays qui a fait passer tant de combattants et armements...

    Le Premier ministre a salué les frappes syriennes contre des positions kurdes de jeudi et vendredi dernier, visant pour la première fois depuis 2011, la ville d'Hassaké : « Le régime (syrien) a compris que la structure que les Kurdes tentent de former dans le nord de la Syrie a commencé à devenir une menace pour la Syrie aussi ». C’est la vraie urgence pour la Turquie, alors que la Russie et les Etats-Unis arment les kurdes, qui combattent efficacement Daech.

    On calme le jeu aussi avec les Etats-Unis qui sont « un partenaire stratégique, pas un ennemi », malgré Fethullah Gülen,... pas près d’être extradé. La Turquie fait partie de la coalition internationale qui combat Daech, sous la conduite des États-Unis, mais ceux-ci, comme la Russie, l’accusent de laisser passer à travers sa frontière les djihadistes qui veulent rejoindre Daech. La frontière va être bien surveillée ces jours-ci, par les US... et par la Russie, qui a gardé en travers du gosier l’attaque contre son hélicoptère grâce à des matériels importés.

    Ajoutons un accord militaire passé avec l'Iran, comme si de rien n'était... 

    Dans la liste, Israël, avec le 20 août, le vote du Parlement turc pour ratifier l’accord de normalisation des relations diplomatiques avec Israël, suite à l’affaire de la flotille pro-Gaza, avec l’attaque israélienne qui avait causé la mort de neuf ressortissants turcs.

    Enfin, Binali Yildirim a également affirmé vouloir améliorer ses relations avec l’Egypte… alors que la rupture entre l’Égypte et la Turquie est venue après le coup d’État de Sissi en 2013, renversant Mohamed Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans… la famille d’Erdogan, et que Sissi s’est abstenu de condamner la tentative de coup d’Etat du 15 juillet, jusqu’à l’ONU ! 

    Pour Erdogan, ce sont là des reculs considérables, un revirement à 180° sous le poids des événements. Bien sûr ça n’empêchera pas la presse mainstream de le décrire comme le sultan surpuissant… Prochain recul à prévoir avec l’Europe. Pour le développement économique, la Turquie a plus besoin de l’Europe que l’Europe de la Turquie. Les entreprises européennes amorceront le repli si elles trouvent pas là-bas une sérénité intérieure. Donc, une priorité, qui ne laisse pas le choix.

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