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politique - Page 2

  • 2002/2017 : La mainstream class a cassé le droit et banalisé les thèmes FN

    Chacun voit midi à sa porte, et peut donc se tromper. À quatre jours du second tour, de grandes forces sont en jeu dans l’opinion, mais cela ne doit pas nous empêcher d’essayer de raisonner de manière calme, argumentée et réfléchie. Devant ma porte le 22 avril 2002, il y avait une réaction générale, profonde et tellement sincère. Pas un instant, nous n’avions parlé du programme économique ou européen du FN : la question était la défense du droit, à l’extérieur comme à l’intérieur, avec le défi d’une France qui tournerait le dos à l’État de droit, instaurant tous azimuts des politiques discriminatoires, en désignant comme bouc émissaire l’étranger pauvre, cause de tous nos maux.

    C’était en 2002, et devant le constat du renforcement constant du FN, nous devons examiner le bilan 2017, ce du point de vue des responsables politiques, et non pas des électeurs, que l’on ne cesse de culpabiliser.

    La légalité internationale

    La grande tradition de la France, qui crée d’elle-même le « front républicain », on la trouve le 10 mars 2003 quand Chirac annonce que la France fera usage de son droit de veto au Conseil de sécurité pour empêcher l’agression militaire sur l’Irak, et le 18 mars, quand dans une déclaration fameuse, il rejette l’ultimatum du criminel de guerre George W. Bush, pour défendre la coexistence pacifique des peuples, « dans le respect de la charte de l’ONU qui est notre loi commune ». Merci Chirac. Ce jour-là, le vieux militant de gauche que je suis n’était pas déçu d’avoir voté Chirac contre Le Pen. Par la suite, Bush et Blair ont violé la légalité internationale pour détruire l’Irak : on en apprécie aujourd’hui toutes les conséquences.

    Et que se passe-t-il ensuite ?

    Ensuite, c’est l’agression de la France et de la Grande-Bretagne sur la Libye, en violant ouvertement la résolution du Conseil de sécurité qui n’autorisait ni les soldats au sol, ni le renversement du régime. Une agression organisée sur commandement de BHL, avec unanimité de Sarkozy, Fillon, Juppé et Aubry qui était première secrétaire du PS (Rempart de quoi ?). Le retour du militarisme des agités, avec ce puant discours perverti par la glue morale : la guerre pour rétablir la démocratie, ben voyons... En faisant cela, ils ont tué l’esprit démocratique, car la démocratie, c’est d’abord le respect du droit international. Oui, tout part de là : le droit international, c’est l’égalité des peuples, c’est-à-dire légalité des êtres humains. À partir du moment où un être humain s’estime plus fort qu’un autre, on entre dans un processus vicieux, qui est la voie du crime.

    Bilan : où en est la Libye ? Étudions ce qui arrive au peuple libyen, et à tous les malheureux soumis à la loi des mafieux... Les responsables français et britanniques ont-ils purgé leur faute, de destruction d’un peuple ? Rempart de quoi ?

    Le même reniement du droit international s’est retrouvé avec la Syrie, en reconnaissant précipitamment, pour faire plaisir à nos clients que sont l’Arabie Saoudite et le Qatar, un Conseil national syrien comme seul représentant du peuple, alors que la Syrie est toujours membre de l’ONU, puis en finançant et en armant sans contrôle des réseaux djihadistes, et enfin en préparant une attaque militaire contre la Syrie sans mandat du Conseil de sécurité, écartée de justesse par le parlement britannique qui a fini de convaincre Obama. Rempart de quoi ?

    Le mépris incroyable du droit international s’est retrouvé avec la Palestine, quand en juillet 2014, la France a été le seul État au monde à donner un appui sans réserve à Netanyahou qui attaquait par un déluge de feu la population de Gaza. Le seul au monde… Ca, ça n’était pas dans le mandat de 2012. Rempart de quoi ?

    La légalité européenne

    Le même mépris du droit international, on le retrouve au niveau européen avec la question des Roms, depuis 2007. Les Roms sont des citoyens européens, mais quels droits européens la France leur a-t-elle reconnus ? Ce quand El Blanco déclare que les Roms ont vocation à rentrer chez eux… Qui détruit l’Europe ? Qui renie les droits de l’homme ? Pour sa politique xénophobe à l’égard des Roms, la France a été dénoncée par les rapporteurs spéciaux de l’ONU. Rempart de quoi ? La Hollanderie a-t-elle changé quoi que ce soit ? Non, la gauche a légitimé un ostracisme viscéral vis-à-vis des Roms.

    Et comme si ça ne suffisait pas, le dramatique couple Hollande / El Blanco a également tourné le dos à l’obligation d’accueillir les réfugiés, réfugiés qui étaient le fruit de leur politique de destruction des États. El Blanco est allé en Allemagne pour dire que la France n’accueillerait plus de réfugiés ! Et ça votre France ? Le rejet des réfugiés par une autorité politique, sans contrôle du juge ? Rempart de quoi ? Ah les misérables…

    Ils ont détruit la France comme garant droit international, mais ils n’ont guère fait mieux en droit européen. Le Pen mise tout sur le rejet de l’Europe, mais qu’ont-ils faits pour défendre l’Europe ? Le 29 mai 2005, la France avait rejeté le référendum sur le projet de traité constitutionnel européen avec 54,67 % des voix, je le regrette, mais c’est ainsi. Mais il était démocratiquement malhonnête de faire adopter le 4 février 2008 par le Congrès réuni à Versailles le même texte, juste présenté de manière différente. Ce n’est pas l’Europe qui n’est pas démocratique, mais les dirigeants nationaux.

    Malhonnêteté encore vis-à-vis de l’Union européenne, quand tous se retrouvent pour tacler les technocrates de Bruxelles, alors que la réalité est extrêmement simple : l’Europe se construit par la volonté des États. Rempart de quoi ? La France s’est battue pour faire voter les traités de Maastricht et de Lisbonne qui instauraient la vocation unitaire de l’Union européenne. Les traités portent la signature des responsables politiques. Une fois les traités signés, les dirigeants français se sont engagés la main sur le cœur pour dire qu’ils en respecteraient les termes, parce qu’effectivement l’endettement est un héritage morbide que nous laissons à nos enfants, et qu’il place les États sous la dépendance des banques. Aussi, la question n’est pas une fantasmée politique des technocrates de Bruxelles, mais seulement la valeur des engagements qui ont été pris par la France. La France a signé le pacte de stabilité et s’est engagé à plusieurs reprises à le respecter : sa signature a-t-elle à ce jour encore une valeur ? Il n’y a pas de critique valable des institutions européennes tant que l’on n’a pas répondu à cette question : la France va-t-elle honorer ses engagements ?

    Il y aurait tant à dire sur la question européenne, mais quand même, il faut déplorer cette manière lamentable qui consiste à recycler sur le plan européen les politiques rejetés par le jeu français. Être nommé à la Commission ou élu au Parlement devrait être le signe d’une réussite, de responsables politiques qui émergent sur le plan européen. Or c’est trop souvent le moyen de donner à des emmerdeurs de quoi manger : Dati, Morano et les secondes classes de Pygmalion réfugiés au Parlement européen ; une feignasse intégrale comme Peillon au Parlement, ou encore le plus nul de tous nos ministres des finances, Moscovici, nommé en repêchage commissaire européen. Rempart de quoi ? C’est lamentable.

    C’est lamentable, mais il y a plus grave.

    Après les attaques terroristes du 13 novembre 2015 à Paris, Hollande le fébrile a instauré l’état d’urgence. Deux ans plus tard, aucune procédure sérieuse n’en a résulté, et la mesure n'était pas nécessaire. Les services publics maîtrisaient la situation quelques heures après cette attaque. Comme on passe son temps à critiquer le service public, je rappelle qu’à l’occasion de cette terrible attaque, tous les blessés ont eu la vie sauve, avec un savoir-faire exceptionnel des services d’urgence. Sur le plan du droit, l’atteinte terrible qu’a apporté François Hollande a été de faire une déclaration auprès de la Cour européenne des droits de l’homme en indiquant que, vu les nécessités de l'état d'urgence, la France s'autorisait à échapper à la Convention européenne des droits de l’homme. C’est du jamais vu : le rempart s’effondre. La base, c'est que les velléités politiques de Le Pen sont nulles et qu'on s'en fiche, car elles se fracasseraient sur la légalité européenne... et voilà que Hollande admet que la France puisse s'en extraire. Dans notre pays, la garantie essentielle des libertés publiques est de pouvoir saisir une Cour européenne, capable de pointer les débordements du parlement ou du gouvernement. Or, la déclaration par laquelle la France se permet d’échapper à la Convention européenne des droits de l’homme en fonction de ses priorités est un terrible précédent. Ce jour-là, du point de vue du droit, Hollande a véritablement cassé la dynamique européenne.

    Et en droit interne ?

    Rempart de quoi ? C’est à pleurer.

    En 1981, le looser Giscard avait voulu jouer la carte de la sécurité en faisant voter la loi n° 81-82 du 2 février 1981 renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes. Toute la gauche, et pas seulement des intellectuels défraichis, s’était mobilisée, et le combat avait été la défense des libertés contre les illusions de la sécurité. Où en sommes-nous ? Je vous épargne les innombrables lois - toutes aussi inefficaces les unes que les autres - pour en venir à ce simple constat : en 2016, El Blanco adopte le slogan de Le Pen, selon lequel la sécurité est la première des libertés. Alors à ce stade, El Blanco, tu es garant de quoi ? Nous sommes arrivés à une inversion complète de ce qu’était la société française en 2002, à savoir la défense du droit. Et ça, c’est le lourd bilan de cette classe politique. Validant les grands thèmes du FN, comment peuvent-ils aujourd’hui nous dire qu’ils sont un rempart ?

    De Sarko à Hollande / El Blanco, ils ont détruit la notion de laïcité. Alors que la laïcité est un régime de garantie par l’État de l’expression des convictions religieuses, et surtout des minorités, ils en ont fait un outil de modélisation sociale et de stigmatisation de la minorité musulmane. Ils ont tous couru après le discours xénophobe de Le Pen de 2002, mais ne pouvant assumer un discours anti-arabe, donc raciste, ils l'ont intellectualisé, en remplaçant l'arabe par le musulman, et en détournant l'approche juridique de la laïcité, pour mieux imposer leurs vues : tu n'as rien à dire, moi je t'applique le droit. Sauf que le raisonnement juridique est tellement faux qu'il est inversé: la laïcité n'est plus un devoir de neutralité de l'Etat mais une obligation de comportement des particuliers, du grand n'importe quoi, nourri par les thèses pourries du FN. Cet été 2016, instrumentalisant la tuerie de Nice, le gouvernement a voulu imposer aux musulmans un cadre placé sous l’autorité d’un ancien ministre de l’Intérieur. Ces dirigeants incultes savent-ils encore ce qu’est la foi, ce qu’est l’intimité de la croyance ? En quoi la spiritualité d’une personne leur fait-elle peur ? Rempart de quoi ?

    La boucle est bouclée, quand la pasionaria des droits de l’homme de gauche explique qu’il est normal d’être islamophobe, et qu’il ne se trouve personne pour la faire citer devant le tribunal correctionnel. Triste bilan…

    En réalité, tout avait commencé en juin 2007, avec la formation du gouvernement. Historiquement, l’immigration relevait du ministère des affaires sociales, car il s’agit de la vie des personnes et de leur place dans la société. En 2017, Sarkozy avait créé le ministère de l’Identité nationale, soit une thématique FN (Rempart de quoi ?), mais ce ministère est devenu un déversoir xénophobe, et Sarko a dû renoncer. Or, au lieu de renvoyer la compétence au ministère des Affaires sociales, il a confié la question de l’immigration au ministère de l’Intérieur. L’étranger n’est donc plus un être humain dans la société, mais un trouble de l’ordre public. La brave gauche a vivement protesté, et c’était juste. Mais en 2007, quand Hollande a nommé El Blanco au ministère de l’Intérieur, il a confirmé la compétence sur la question des immigrés. La brave gauche a fermé son sifflet, alors que Hollande acceptait une commande du FN.

    La boucle est bouclée quand le président de la République, devant la formation solennelle des parlementaires réunis en Congrès à Versailles, a demandé l’adoption du principe de déchéance de nationalité, qui est une authentique notion FN. Rempart de quoi ?

    En 2002, Le Pen au premier tour avait réuni 4 804 713 voix, soit 16,86 % des voix, et au deuxième tour, 5 525 032, soit 17,79. En 2017, après 15 ans de rempart du front républicain, Le Pen a réuni au premier tour 7 679 494 voix, soit presque le double. Pour le second tour, il est acquis qu’elle fera plus que doubler 2002. Et que on voit-on : l’ensemble des acteurs de la vie politique depuis 2002, à part Mitterrand et Chirac, qui sont toujours en place, et viennent (1) culpabiliser les électeurs de ne pas avoir bien voté, et (2) demandent qu’on fasse confiance pour faire rempart votre Le Pen.

    - Tu veux dire que le conducteur qui a mis le car dans le fossé, avec un lourd bilan, exige d’être le conducteur pour la suite de la course ? Y’a pas un petit problème ?

  • Ne nous soumettons pas ! Par Henri Pena-Ruiz

    Parmi tout ce qui circule ces jours-ci, je conseille ce texte du philosophe Henri Pena-Ruiz, publié dans Libération d’hier.

    201310200857-full.jpgSelon Montesquieu le propre du despotisme est de gouverner à la peur. Or qui veut nous faire peur aujourd’hui ? Ceux qui prétendent que le FN est aux portes du pouvoir alors qu’il sera loin d’avoir la majorité à l’Assemblée Nationale, et par conséquent ne pourra pas gouverner. Les amis de M. Macron, avec sans doute l’appui d’un président qui a trahi ses promesses pour se faire élire, mettent en scène leur rêve, en forme de ruse machiavélique. Orchestrer la peur de voir Mme Le Pen gouverner afin de construire pour leur candidat une « majorité présidentielle » écrasante. Et disposer ainsi d’une majorité nette à l’Assemblée nationale pour continuer la politique d’un quinquennat sinistre.

    C’est typiquement la logique de la cinquième République, hélas aggravée naguère lorsque Monsieur Jospin crut devoir inverser le calendrier électoral. La monarchie présidentielle prenait ainsi davantage encore le pas sur l’élection des représentants du peuple, ligotant celui-ci dans des alternatives mystifiantes. Quant à la lutte contre le FN, certains feraient bien de balayer devant leur porte. Qui donc a cyniquement joué sur un score élevé du FN pour substituer la peur à tout inventaire critique d’une politique de trahison fondée sur une tromperie initiale ?

    Non au chantage à l’apocalypse

    Sauver la démocratie ? Allons donc ! Monsieur Macron annonce son intention d’aggraver la Loi El Khomri par ordonnances…pendant les vacances d’été, afin d’éviter toute contestation. Jolie façon de réaliser la « démocratie participative »! Naguère il proposait aux jeunes d’avoir pour seul idéal de devenir milliardaires. Sans doute en exaltant un système « Qui produit la richesse en créant la misère » (Victor Hugo). Belle profession de foi humaniste !

    Ouvrons les yeux. Ras-le-bol de ce chantage à l’apocalypse pour désespérer encore une peu plus les laissés pour compte du néo-libéralisme et de la « concurrence libre et non faussée ». Avant de pleurnicher sur la montée du lepénisme, il serait bon de s’interroger sur ses causes et de proposer une véritable alternative, comme le fait La France Insoumise. Qui vient de faire reculer le score de Marine Le Pen, sinon Jean Luc Mélenchon ? Le score du FN est passé de 28 % à 21,5 % tandis que celui du candidat de la France Insoumise a atteint 19,6%.

    Sa proposition de soumettre toute décision concernant le second tour à une réflexion collective des militants qui l’ont soutenu est toute à son honneur. Elle est en phase avec notre volonté de changer la politique par l’invention d’une sixième République. Elle répond à la complexité d’une situation qui mérite réflexion et délibération, à rebours de toute image d’Epinal. Ceux qui osent traiter Jean Luc Mélenchon de dictateur le calomnient, une fois de plus. Leur rage est d’ailleurs inconséquente. Tantôt ils lui reprochent son autoritarisme vertical, tantôt ils croient devoir s’indigner de sa refondation horizontale de la politique, soucieuse de faire parler le peuple. Il faudrait savoir !

    Nous, fossoyeurs de l’Europe ? Une Europe construite à rebours de tous les idéaux de justice qu’elle était censée incarner. Victor Hugo inventa l’expression « Etats-Unis d’Europe », sur le mode confédéral d’une union des nations. Des nations libres dans une union libre, tournées vers le progrès social et la culture délivrée des inégalités économiques. Il doit se retourner dans sa tombe au regard de la caricature de son idéal par l’Europe actuelle. Une Europe néolibérale voulue par Jean Monnet, attachée à corseter les peuples dans la négation quasi irréversible des conquêtes sociales qui forcèrent le capitalisme à s’humaniser. Qui refuse la régression de civilisation que représente le credo du moins-disant social imposé par l’Europe actuelle ? Qui demande en Europe une harmonisation des droits sociaux par le haut ? La France Insoumise, avec das Linke, Podemos et Syrisa. Bref c’est la construction actuelle de l’Europe qui en creuse la tombe.

    Monsieur Hollande avait promis de renégocier un traité européen, le TSCG. Il ne l’a pas fait. Et il ose maintenant reprocher à Jean-Luc Mélenchon de vouloir le faire ! Qu’a donné la litanie d’un changement intérieur de l’Europe ? Rien, car elle a sous-estimé l’emprise d’une finance mondialisée et elle a finalement abdiqué devant elle. Le terrible sort réservé au peuple grec en est la preuve. Relisons la mise en garde prémonitoire de Pierre Mendès-France contre cette orientation mortifère pour l’Europe. C’est notre acte d’insoumission qui réconciliera les peuples avec elle par une refondation politique, écologique et sociale.

    De la souveraineté populaire

    Par ailleurs, qui mène la bataille des idées contre le FN en expliquant le rôle des immigrés dans la reconstruction de la France, et en rappelant que les immigrés paient plus de cotisations qu’ils ne touchent de prestations ? Qui rejette le nationalisme d’exclusion inspiré par l’opposition du «eux » et du « nous » chère à Carl Schmitt? Qui combat la thèse de Samuel Huntington selon laquelle les civilisations s’opposeraient et se hiérarchiseraient inéluctablement ? Qui ouvre la réaffirmation de la souveraineté populaire au niveau national à l’internationalisme, avec la promotion du progrès social pour tous les peuples ? La France Insoumise. Pour faire reculer les réflexes racistes ou xénophobes, ne nous contentons pas de condamnations moralisantes. Agissons sur les causes et déconstruisons les préjugés obscurantistes. Nous n’avons pas de leçons à recevoir des principaux responsables de la montée du FN !

    « Populisme » ! Allons bon, encore un mot magique pour disqualifier sans argumenter ! Le propre du populisme de droite est de flatter le peuple et non de le servir. C’est d’ailleurs le sens littéral du mot démagogie, en grec ancien. Mais si défendre réellement les classes populaires c’est être populiste, alors soyons populistes. Par une telle défense, nous défendons également l’intérêt général. D’où la lutte contre la dévastation des droits sociaux et des acquis du programme du CNR, comme la Sécurité sociale et les services publics, et le refus de la déconstruction du code du travail à coup de 49-3 et bientôt d’ordonnances. Trêve de mots pièges et d’amalgames odieux entre les « deux extrêmes ». Un amalgame qui soit dit en passant banalise le FN puisqu’il lui donne le même statut qu’à la France Insoumise !

    Le barrage à l’extrême droite ? Les législatives

    Ensemble, en 2012, nous avions chassé la droite. Et pendant cinq ans nous avons eu la droite déguisée en gauche, avec l’exception honorable du Mariage pour tous courageusement promue par Christiane Taubira, réforme sociétale juste, mais qui n’aurait pas dû dispenser de l’attention à la question sociale. Il faut comprendre la désespérance du monde du travail, sans justifier pour autant n’importe quel vote protestataire. Je comprends qu’en l’état actuel des choses on puisse se sentir écartelé entre un vote blanc, improprement appelé « nul », qui marque le dégoût d’une pratique politique désespérante, et un vote Macron, posé un peu vite comme seule alternative à l’extrême droite. Les deux votes sont respectables, et je dénie à quiconque le droit d’en disqualifier un. Mais c’est désormais un troisième tour, celui des Législatives, qui permettra de dresser un véritable barrage contre l’extrême droite, et non un score à la soviétique pour Monsieur Macron, adepte du 49-3 et des ordonnances.

    Un dernier mot sur l’incroyable faute déontologique et le manque d’esprit laïque du président de la République. Comment Monsieur Hollande a-t-il considéré les devoirs de sa fonction lorsqu’il a violé la réserve qu’il avait annoncé vouloir respecter, n’étant pas candidat ni chef de parti mais Président de tous les Français ? Ses accusations insensées, aux limites de la calomnie, sur la prétendue complicité de Jean-Luc Mélenchon avec Assad et Poutine, ou sa propension supposée dictatoriale, ont rompu l’égalité de traitement des candidats alors que la constitution lui faisait un devoir de la respecter. Décidément l’immunité présidentielle, elle aussi, devra être revue par la sixième République dans le cadre de la moralisation de la vie politique !

  • Mélenchon va-t-il demander l’asile politique dans le 9-3 ?

    Je n’en sais rien, mais c’est bien probable, parce qu’il n’y a que deux options.

    La 1/ c’est 65 ans et deuxième gadin aux présidentielles, il se casse, sur l’air « Nous avons créé le printemps, mais c’est vous qui cueillerez les fleurs ». Sauf que dans ce jeu unipersonnel qu’a été France Insoumise 2017, on ne voit pas très bien le leader de rechange. Je ne veux fâcher personne, mais quand même… après cette campagne hyper-personnalisée, la retraite du leader filerait un sacré gadin au mouvement.

    La 2/ c’est je reste dans le circuit, et on mise à fond sur les législatives, en blindant toutes les circonscriptions gagnables, avec le jeu suave des triangulaires et quadrangulaires. L’objectif est au final d’avoir un groupe à l’Assemblée, en espérant qu’il n’y ait pas de majorité nette à l’issue des législatives, de telle sorte que tout se jouerait accord parlementaire après accord parlementaire, ce qui donnerait un rôle décisif à la France Insoumise. Et n’oublions pas le volet finance : un bon score au premier tour des présidentielles ne rapporte rien. En revanche, un bon score aux législatives, c’est un financement public assuré pendant cinq ans, et un groupe parlementaire à l’Assemblée, bref de vrais moyens de fonctionnement

    - Ouais, super, et tu crois que je pourrais embaucher mon épouse ?

    - Sois gentil, lâche-nous, François…

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    Ceci posé, la suite est simple : on cherche les circonscriptions où ça a cartonné.

    Dans le Val-de-Marne, c’est pas mal avec 32,70 à Champigny, 37,32 à Bonneuil, 42,00 à Valenton, 39,67 à Ivry et 35,24 à Vitry.

    Dans les terres qualifiées FN, les scores révèlent de belles surprises : dans les Bouches-du-Rhône, 29,54 à Martigues et 44,33 à Port-de-Bouc ; en Meurthe-et-Moselle, 35,53 à Villerupt et 37,89 à Homécourt.

    Bons scores aussi dans de nombreux endroits du territoire : dans l’Isère avec 32,61 à Saint-Martin-d’Hères et 29,90 à Échirolles ; dans la Loire avec 32,31 à La Ricamarie ; dans les Landes avec 31,21 % à Tarnos ; dans l’Oise avec 39,69 à Montataire ; en Indre-et-Loire avec 36,68 à Saint-Pierre-des-Corps ; dans l’Essonne avec 42,28 à Grigny ; en Seine-Maritime avec 36,40 à Saint-Étienne-du-Rouvray et 46,51 % à Gonfreville-l’Orcher. Je n’oublie par 29,70 à Toulouse.

    Mais le mieux, c’est le 9-3. Mélenchon est à 45,07 à Villetaneuse, 41,10 à Aubervilliers, 43,39 à Saint-Denis, 47,09 à Gennevilliers, 32,97 à Nanterre, 36,28 à Bagneux, 44,36 à La Courneuve...

    Alors, une petite place au chaud dans le 9-3 ? Justement, on parle de la 4e circonscription, qui regroupe La Courneuve, Blanc-Mesnil, Stains et Dugny, avec un score supérieur à 40%. Pour le moment, Marie-George Buffet est investie au nom du PCF, mais elle a bien envie de passer la main, et c’est une grande amie de Jean-Luc.

    - Donc tout va bien ?

    - Non, c’est un peu plus compliqué.

    Plus compliqué, car tous ces bons scores se font sur les dernières réserves du Parti communiste. France Insoumise peut-elle imposer de partout des candidats contre les camarades du Parti Communiste ? Le vote de premier tour des présidentielles est-il assez significatif pour espérer renverser des élus et réseaux communistes bien ancrés ? France Insoumise va-t-elle dealer avec le Parti Communiste ?

    A suivre. Les candidatures pour les législatives seront déposées entre le 15 et le 19 mai.

  • Ils nous ont bien foutu dans la merde

    La situation du pays est grave, il y vraiment de quoi être inquiet. Nos interrogations et inquiétudes ne font que commencer, alors commençons par une vérité : ces deux-là ne sont pas les seuls responsables, mais il nous bien foutu dans la merde. 

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  • Drôle d’ambiance...

    Macron n’ayant pas de parti, tout se jouera aux législatives, et attention, le jeu sera compliqué parce qu’on pourra aller vers nombre de triangulaires et de quadrangulaires. Pour le moment, les quatre mouvements font les comptes et scrutent ce qui peut se passer dans chacune des 577 circonscriptions. Macron n'a à ce jour désigné que 14 candidats...

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    Le pouvoir se tiendra à l’Assemblée. La France est pour le moment nettement à droite, et pour peu que Les Républicains se réveillent, se trouvent une direction, et oublient leurs querelles pendant deux mois, l’hypothèse la plus réaliste est la victoire de la droite, et une cohabitation. De son côté, le PS va dealer à fond avec En Marche ! pour sauvegarder au mieux son réseau. Quant à Mélenchon, il sait qu’il perd tout s’il soutient franchement Macron et sa politique qui sécrète le vote FN.

    En réalité, tout est en calcul.

    En 2002, avec Jean-Marie Le Pen au deuxième tour, c’était la patrie en danger, les grandes manifs émotionnelles, et l’union sans faille derrière Chirac.

    En 2017, rien de cela. La question va être : jusqu’où laisser monter Le Pen pour fragiliser le fragile Macron, et mieux se refaire aux législatives ? Accrochez vos ceintures, ça va chahuter dans les quinze jours qui suivent. La France ne veut pas revenir au franc, donc défaite assurée de Le Pen, mais les marchandages vont s’accélérer.

    Et Macron, est-il assez costaud et investi pour saisir ce moment du pays ? Franchement, son comportement de vainqueur de la présidentielle dimanche soir était choquant, voire glaçant. Juste deux points d’avance sur Le Pen, les grands partis qui vacillent, le président en exercice marginalisé, un corps électoral chamboulé, un pays qui va mal, et le voilà comme si c’était fait, se donnant en spectacle avec Madame avant de partir bringuer… Je vois ce type comme une culture hors sol. Mais bon, il y avait du beau monde à cette soirée, dont le génial Stéphane Bern, qui explique : « Quand il vous serre la main, il vous regarde dans les yeux et à ce moment-là, vous êtes la personne la plus importante du moment. Il n’y a que chez la reine d’Angleterre et quelques têtes couronnées que j’ai vu ça ». Alors là, en effet…

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