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politique - Page 3

  • 55 000 euros d’argent de poche, pour des enfants mineures

    19452007.jpgUn ministre de l’intérieur qui démissionne, en période d’état d’urgence, de « guerre contre le terrorisme », et à deux mois des élections présidentielles, c’est qu’il se passe quelque chose de grave.

    Ce quelque chose de grave, c’est cette conviction profonde qui s’enracine dans le pays et façonne le vote Le Pen : « tous pourris ».

    Le Roux, un poids lourd du PS, a, quand il était député, employé ses filles, alors lycéennes puis étudiantes, en cumulant 14 et 10 CDD entre 2009 et 2016, ce pour un montant total de quelque 55.000 euros. Lors des premiers contrats, les stagiaires n’avaient que 15-16 ans. 

    Et quelques contrats, reconnus par Le Roux, posent de sérieux problèmes : le fraudeur con, c’est celui qui se fait prendre, air connu...

    La fille aînée a été engagée par Papa, et payée par nos impôts, du 10 juin au 9 septembre 2013,… alors que dans le même temps, elle était en stage chez Yves Rocher à Tournai en Belgique. Oki ?

    La benjamine a été engagée par Papa, et payée par nos impôts, entre  20 avril et le 22 mai 2015, alors qu’elle était en congé du 18 avril au 4 mai 2015, mais reprenait les cours les 5 mai. Oki ?

    Et pour quel travail ? « Quand il faut faire du classement, quand il faut faire un certain nombre de tâches parlementaires, je trouve que c’est une bonne école de faire ça ». Donc  55.000 euros de job d’été pour classer des dossiers.

    Premières à réagir, les associations professionnelles expliquant que le rôle de l’assistant parlementaire n’est pas de faire du classement mais d’aider le parlementaire dans l’élaboration de la loi. Je ne cesse de défendre le rôle de la loi, garantie contre la violence dans la société, et voir comment ce parlementaire en vue, président du groupe socialiste à l’assemblée avant d’être nommé ministre de l’intérieur, se contrefiche travail parlementaire est un fait majeur.

    L’autre volet, c’est l’écœurement populaire. Vous savez la galère pour trouver les stages ? Vous savez l’importance de ces stages comme ouverture de l’esprit, et vu ce que ça compte sur un CV ? Vous savez l’exploitation des stagiaires, à qui on donne un véritable travail sans aucune paie ? Et voilà Monsieur le ministre de l’Intérieur, avec son petit sourire socialiste, qui nous explique comment il recruté ses filles pour des brûlots illusoires, grassement payés avec nos impôts.

    Franchement, c’est l’écœurement.

    Conseil de prudence : ne regardez les infos que si vous avez à portée de main un peu de primpéran, très actif pour la prévention des nausées.

  • Présidentielle : Le début des choses (presque) sérieuses

    affiche-finmon16.jpgLe débat a commencé par un magnifique numéro de faux-cul, avec Fillon à la manœuvre : « Nous sommes onze candidats, il y en a cinq ici, cela pose une question démocratique ». Déclaration plus ou moins suivie par les autre autres participants. Donc, ce sont eux les gentils, et TF1 la vilaine. Enfoirés… Un must d’hypocrisie... S’ils voulaient vraiment que les 11 candidats soient là, il suffisait qu’ils refusent l’invitation,… ou qu’ils interviennent dans le référé engagé devant le Conseil d’État par Dupont Saint-Aignan, pour défendre l’ouverture du débat aux 11 candidats. Ils n’ont rien fait, mais au lieu de l’assumer, ils se préfèrent allumer TF1, qui leur donne une tribune extraordinaire.

    - On dit que le chien ne mange pas la main de celui qui le nourrit…

    - Comme quoi…

    Cette non-représentation des 11 candidats, c’est gavant. Pendant des années, on nous sature avec « toujours les mêmes », parce que ce sont « toujours les mêmes » qui font de l’audience. Oki. Et lorsque s’engage le processus constitutionnel sur six semaines, les candidats « majors » s’accordent pour écarter les candidats « minors ».

    Attention, nous ne tombons pas de la dernière pluie. Compte tenu des mécanismes à long terme qui forment le corps électoral, les candidats « minors » même avec une campagne égalitaire, resteront minoritaires. En réalité, le clan des cinq ne redoute pas les idées nouvelles, mais surtout les 1 ou 2% pouvant revenir aux candidats minoritaires, alors que ce 1 ou ce 2% leur permettront (peut-être) d’exister.

    Ce préalable, essentiel, posé, il me semble que c’est Mélenchon qui a dominé le débat, comme ayant le discours le plus présidentiable. Il travaille son sujet depuis longtemps, et ça se voit. Il avait une facilité pour exposer son point de vue, de manière carrée et en se distinguant bien des autres, et une véritable aisance, pour répondre et s’imposer face à ses contradicteurs et aux journalistes. Excellent niveau, mais où sont, avec son jeu si personnel, ses marges de progression ? Le but, c’est de faire plus de 10 au premier tour, ou plus de 50 au second ?

    Fillon est apparu en retrait, mais c’est lui qui a eu les paroles plus justes en matière de politique étrangère, pendant que le petit Hamon s’égosillait en répétant le nom de El-Assad… Fillon est en fait assez fortiche : il ne parle qu’à ses électeurs, et compte sur le force du réseau Les Rep’ pour faire la différence. Il est clair qu’il a encore toutes ses chances.

    Hamon, ce n’est pas du Hollande amélioré, c’est la même chose. Ceci dit, il a une belle marge de progression, quasi institutionnelle, car il reste porté par les strates du PS. On voit qu’il y a une sorte de pacte de non-agression avec Mélenchon, et comme le grand bloc des élus du Parti socialiste n’a pas osé rejoindre Macon, Hamon joue sa progression en la jouant « à gauche », et en siphonnant Macron, ce qui parfaitement réaliste.

    Honnêtement, on a bien vu hier que Macron n’était pas mûr. Sa voix de fluet pour débiter de l’eau tiède, avec des formules creuses qui disent une chose et leur contraire, ce mec est imbitable… Finalement, c’est un truc d’athlétisme : Macron est un lièvre pour ouvrir la course, et vu l’insuffisance de structure politique de son mouvement, je ne vois pas d’autre issue que l’effondrement, avec un bloc vers Hamon et l’autre vers Fillon. En un an de campagne, Macron se retrouve avec pour seuls soutiens Collomb et Delanoë, et il vient de renoncer à investir des candidats aux législatives : ça craint un max.

    - Et tu ne parles pas de Le Pen ?

    - Mais pourquoi parler de ce qui n’a pas d’intérêt ?

  • Enfin un candidat sympathique : Bienvenue à Jean Lassalle

    Un don du ciel,… ou plutôt des élus qui lui ont assuré les parrainages ! En attendant, ouf, mille fois ouf, nous avons un candidat authentiquement sympathique,  avec Jean Lassalle.

    Nous attendons maintenant une campagne strictement égalitaire entre tous les candidats, reconnus par le Conseil constitutionnel. Or, la campagne s’engage avec un avantage donné « aux favoris », et notamment à ceux qui méprisent la justice – notre bien commun – à savoir les repris de justesse Le Pen et Fillon.  Une vraie ségrégation médiatique !

    C'est tout à fait anormal, et scandaleux. Mais nous sommes tellement idiots qu’il ne faut pas que nous écoutions les candidats minoritaires, car cela pourrait nous détourner du droit chemin… Et bien sûr, ni Mélenchon, ni Macron, ni Hamon, ni Le Pen, ni Fillon ne protesteront contre cette démocratie sélective. Ce qui facilite notre jugement.

    présidentielles 2017

  • Important : Fillon n’a pas fait appel de sa mise en examen !

    Green-Yes-I-agree-button-300x300.jpgLors de son invraisemblable déclaration du 1er mars, à réception d’une convocation pour une éventuelle mise en examen, Fillon était entré en situation de résistance face aux juges, dénonçant une enquête partielle, partiale, des nullités de procédure, des violations de la séparation des pouvoirs, bref une horreur judiciaire. Il avait même expliqué qu’il avait saisi la chambre de l’instruction de la masse de ces irrégularités, et que celle-ci avait refusé de se prononcer, ce qui était l’injustice suprême. Il attendait la mise en examen de pied ferme parce qu’il était pressé de s’expliquer devant les juges pour dire la vérité et leur démontrer que le dossier était vide.

    Bon.

    Il y a un débat dans la presse, mais depuis quand un juge d’instruction devrait-il répondre aux articles de presse avant d’avancer dans la procédure ? N’importe quoi. Et ce recours qui aurait été rejeté par la chambre d’instruction, alors qu’avant la mise en examen, les personnes concernées ont le statut de témoin, et la loi ne leur offre aucune voie de recours vu que, justement, il ne leur est fait aucun grief.

    C’est ainsi : plus c’est gros plus ça passe.

    Sauf que la mise en examen a eu lieu, et on observe depuis de choses toutes simples, mais qui en disent long sur le personnage.

    Contrairement à ce qu’il avait annoncé, Fillon ne s’est pas expliqué devant les juges pour prouver que le dossier vide. Il a fait une déclaration, ce dont les juges n’ont strictement rien à battre. Ce qui signifie 1) qu’il avait dit n’importe quoi et que 2) l’accusation est solide vu qu’il a renoncé à s’expliquer sans une étude approfondie du dossier.

    - Donc, les trucs du genre « il n’y a rien dans le dossier, tout est bidon, on m’accuse parce que j’ai gagné la primaire », c’est du foin pour les ânes d’électeurs ?

    - Oui, tout à fait.

    Ensuite, encore plus fort, Fillon a renoncé à faire appel de la mise en examen. Et oui ! La mise en examen signifie qu’il existe « des indices graves ou concordants » d’avoir commis diverses infractions dont notamment le « détournement de fonds publics ». Aussi, la loi donne à la personne mise en examen la possibilité de faire appel devant la chambre de l’instruction, si elle estime qu’il n’existe pas de tels indices à son encontre. Donc, Fillon n’a pas fait appel devant la chambre d’instruction car il admet qu’il y a des indices graves et concordants de détournement de fonds publics (Il lui reste quelques jours, mais aucune déclaration pour dire qu’il fait appel).

    Le droit est une matière complexe et subtile, mais il y a des rendez-vous simples, après chaque décision de justice : appel ou non. Ce qui signifie aussi que si vous ne faites pas appel, c’est que vous êtes d’accord, ou que le jeu n'en vaut pas la chandelle.

    Là, on ne rigole plus. Il est grave de la part d’une personne qui a été parlementaire, premier ministre, et qui candidate à la présidence de la République, c’est-à-dire la haute fonction, garante de l’indépendance de la justice, de maintenir sa candidature quand elle reconnait qu’il y a à son encontre des indices graves ou concordants d’avoir commis une infraction aussi infamante que le détournement de fonds publics.

    - Tu veux dire que le candidat est marron ?

    - Je dis simplement qu’il n’a pas fait appel, et que donc, il accepte.

    - Quand même, les juges doivent sourire du décalage entre les déclarations insensées du 1er mars, et de l’acceptation de la mise en examen.

    - Sourire… Je pense qu’est c’est un degré au-dessus !

     

  • Alors, Mélenchon ?

    daniel_bryan___no__by_fuckward-d5c3vm5.pngIl y aura du monde samedi Place de la Bastille, pour la manif’ de soutien à Mélenchon, et parmi eux, vraiment beaucoup d’amis.

    Dans le bazar ambiant à gauche, avec le triste spectacle de Hamon qui passe son temps accro à sa calculette, la grosse masse des cadres du PS, opposants farouches de Hamon, mais condamnés à rester dans le parti pour sauver leurs investitures futures et engager la prochaine bataille du congrès, et les petits lascars qui vont rejoindre le candidat de droite Macron, Mélenchon fait figure de pôle de stabilité, avec des pratiques politiques correctes et des propositions qui parlent. Il a un programme et une équipe, avec des personnalités intéressantes, et c’est déjà beaucoup dans le contexte actuel. Oui, en politique étrangère, il y a des inflexions intéressantes.

    Mais pour ma part, c’est No, no, no.

    Nous ne sommes pas prisonniers du passé, mais quand même, il faut savoir en tenir compte, surtout quand les méthodes ne changent pas. Le long pedigree de Mélenchon au Parti Socialiste ne plaide pas pour lui. Pendant 20 ans, il a été Monsieur Grande Gueule, avec son courant «  Gauche socialiste » qu’il animait avec Dray, et ça n'allait pas loin : systématiquement les accents les plus irréalistes sur le ton de « Nous, la gauche… », ce pour sauvegarder son petit pourcentage qui lui permettait de maintenir sa carrière d’apparatchik. Avec pour mémoire le congrès de Brest de 1997, où il nous avait tant fait rire : il s’était ramassé avec 8%... et pleurnichait parce que Hollande lui avait promis de bidouiller les chiffres pour lui donner 15 %, mais n’avait pas tenu sa promesse : quel leader !

    Longue carrière au PS, et toujours planqué à la proportionnelle, ce qui fait qu’on ne le retrouvait que dans ce haut-lieu des luttes sociales qu’est le Sénat, ou au Parlement européen, où il était l’un des plus absent. Pas sérieux.

    Après il quitte le PS, très bien,… mais c’est pour taper sur le PS, en disant : « Voilà ce qu’il ne faut pas faire, le PS est nul ! » Bon. S’enorgueillir de ses propres erreurs pour faire la leçon aux autres, franchement, ce n’est pas le premier, mais ça me laisse plutôt froid. Surtout qu’il a maintenu son discours de soi-disant « gauche de la gauche », entendu depuis 30 ans, et déconnecté des réalités sociales et du monde du travail. Quand il se permet de dire à un cheminot qu’il « use sa vie pour défendre ses droits »… Quand même !... De la part d’une personne qui n’a jamais travaillé en entreprise… Je note d’ailleurs que la CGT, sauf exception, ne sera pas présente au rassemblement de samedi. Mais après tout…

    Ensuite, ça coince gravement avec le modèle de sa compagne. J’ai souvent dénoncé l’élection présidentielle, du fait de son simplisme et de sa brutalité. Cette élection a peut-être été utile dans les années 60 et 70, mais actuellement, elle est destructrice, car elle conduit à tout miser sur quelques personnalités. Bien sûr, cela donne une tribune, une visibilité, mais ce n’est pas avec une tribune qu’on va aller loin. Il faut passer par la présidentielle, sans doute, mais la condition indispensable est de lancer cette candidature à partir d’une coalition de partis politiques, avec une idéologie partagée et de vrais candidats dans l’ensemble du pays. Là, Mélenchon est complètement à côté de la plaque. Profitant de son aura médiatique, il a foncé sur le modèle gaulliste : « Moi, homme libre, je m’adresse au peuple sans intermédiaire ». Il ne sert à rien de nous faire des discours sur la VIème République, si la pratique est le parfait modèle du pouvoir personnel de la Vème. Dans ces conditions, faire un score aux présidentielles n’amène à rien de solide, et ne fait que conforter cette Ve République à bout de souffle qui détruit notre vie démocratique. Je m’intéresserai donc à l’action d’un leader politique français quand il aura une pratique en rupture avec l’élection du chef gaulois.

    Et puis, il y a l’Europe, qui ne va pas trop bien, certes. Regardons cela.

    L’Europe, ce n’est pas que la méchante et mercantile Union européenne, c’est aussi le magnifique Conseil de l’Europe, qui regroupe 48 Etats, dont la Russie et la Turquie, qui permet au plus grand groupe de populations du monde, 820 millions de personnes tellement diverses, de se retrouver dans une structure collective, avec l’adhésion commune à un texte, la Convention européenne de sauvegarde de l’Homme, et le respect d’une juridiction, la Cour européenne des droits de l’Homme. Au sein du Conseil de l’Europe, existe également le plein d’avenir Comité européen des droits sociaux. Loin des discours, nous nous servons tous les jours de ces instances, qui rapprochent les peuples, pour conforter les libertés fondamentales et les droits sociaux des personnes. Question : quel est le programme de Mélenchon pour le Conseil de l’Europe ? Zéro.

    Ensuite, l’Union européenne et la Commission, la banque centrale et l’euro… Il y a mille raisons de se méfier de ces technostructures lointaines, qui produisent leurs théories et leurs règles, et qui s’organisent pour échapper au contrôle démocratique. Nous sommes d’accord. L’histoire se construit à partir des peuples, et encore à ce jour en Europe, la vie démocratique et la solidarité se créent au sein des Etats. Je suis donc opposé à tout projet fédéral, qui en l’état actuel serait déstructurant, mais je dis que la soi-disante surpuissance européenne n’est que la conséquence de la faiblesse des pouvoirs politiques nationaux.

    Avant d’affubler l’Union européenne de tous les maux, commençons par nous interroger sur les faiblesses structurelles des Etats. Est-ce la faute des technocrates de Bruxelles si nous avons une présidentielle nulle à ce point ? En quoi l’Union européenne interdit-elle à un parti politique de dégager un programme pertinent et créer l’adhésion populaire ? S'il y avait des pouvoirs de gauche solidaire partout en Europe, la démocratique Union européenne serait elle-même de gauche solidaire, vu qu’elle est le reflet politique des États. Et comment expliquer, par l’argument, l’insupportable poids européen… alors que le budget de l’UE s’élève 1% du revenu national brut des 28 États de l’UE ? Respectons les faits au lieu de chercher des boucs émissaires, ça ira mieux.

    Sur la banque et la monnaie, je n’en dirai rien, car je n’ai aucune compétence économique. En revanche, dans la pratique des affaires européennes, j’ai appris à distinguer le pouvoir dirigeant en Europe et les mécanismes du droit européen, qui permettent de se situer au juste niveau pour résoudre nombre de questions, et qui au final, après bien des discussions et des bagarres, parviennent à dégager des solutions sous l’égide du droit. L’Union européenne mérite le plus grand respect car des États ont accepté de mettre en commun des parts de souveraineté, pour un projet collectif, et dans le cadre d’une communauté de droit. Cela ne se fait pas tout seul, il y a beaucoup de choses qui coincent, et des groupes puissants y développent leurs intérêts. Mais c’est par le travail ajusté et opiniâtre au sein des structures que l’on peut progresser. On n’ira pas loin avec que les histoires de plan A et de plan B, illusoires comme l’explique très bien un grand syndicaliste, devenu authentique parlementaire européen, José Bové.

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