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politique - Page 4

  • Mélenchon ne veut pas sortir de l'Europe !

    18973509.jpg« Ne croyez pas ce qu'ils vous disent : il veut sortir de l'Europe, de l'euro, allons, un peu de sérieux », a déclaré hier soir Mélenchon, évoquant les « enjeux immenses de savoir si nous allons nous opposer les uns aux autres en Europe ou si nous allons faire baisser les tensions qui existent entre les peuples ». Et il n’y aura pas à sortir de l’Europe, car Mélenchon s'est dit « sûr » de parvenir à négocier une modification des traités, soulignant que les autres pays « ne sont pas nos ennemis mais ne sont pas aussi nos maîtres, ils sont nos partenaires et dans un partenariat on discute des problèmes pour les régler ».

    Ça me laisse rêveur.

    Mélenchon est « sûr » de parvenir à une modification des traités. Mais pour renégocier les traités, il faut un accord unanime des Etats membres, ce qui est hors de propos : à ce jour, aucun n’a en tête une telle renégociation, surtout que s’ouvre le Brexit, et les dirigeants les plus influents – Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Belgique – sont tous marqués à droite, partisans du libéralisme économique, en opposition directe avec les thèses de la France Insoumise. Ce ne sont pas « nos maîtres », certes, mais si tu veux négocier les traités, il faut l’unanimité,... laquelle est hors sujet. Le seul appui aurait pu être la Grèce, mais elle subit les reniements de Tsipras, ces lascars au discours social qui se révèlent les meilleurs pour faire accepter par le peuple ce qu’il devrait refuser.

    Le choix se resserre.

    Comme il sera impossible de renégocier les traités, vu de l’absence d’unanimité, il y reste deux options. La première est de quitter l’Europe, sur le modèle de la Grande-Bretagne : pourquoi pas, mais il faut le dire, et assumer. La seconde est d’accepter les traités tels qu’ils sont, et donc de conduire une politique inscrite dans le modèle dominant en Europe, à savoir le libéralisme économique et la rigueur financière, dans le respect des engagement pris par la France. Donc, tout le programme s’écroule.

    L’Europe n'est pas libérale par nature : elle l’est parce que les peuples européens ont choisi des gouvernements libéraux. Si les gouvernements influents étaient sur la ligne de la France Insoumise, il n’y aurait pas à renégocier les traités car il suffirait d’appliquer une politique différente, l’Europe reposant sur le principe démocratique.

    Cela pose aussi un autre problème, à savoir la valeur de nos engagements internationaux : la France respecte-t-elle sa signature ? La France n’est pas soumise à un diktat. Elle est fondatrice des choix économiques européens depuis le Traité de Maastricht, voté par Mélenchon, et elle n’a cessé de prendre des engagements sur la réduction de sa dette. Et la France, membre permanent du Conseil de Sécurité, pourrait sans dommage revenir sur les engagements qu’elle a souscrit elle-même ?

    Mélenchon fait une belle campagne, et ses meetings ne sont des réussites. Mais, ça ne change rien : je ne lui ai jamais fait confiance, il y a trop de verbiage, et ce n’est pas pour demain. J’ajoute aussitôt que ça ne me donne pas envie de voter pour les autres, les garants de l’orthodoxie, cette orthodoxie qui fait que la sixième économie du monde a un endettement égal à son produit intérieur brut à 2000 milliards €, 3 millions de chômeurs, 4 millions de personnes mal logées et des services publics qui sont tous en souffrance.

    La campagne présidentielle est profondément décevante… Marie me demande pour qui je vote... Mélenchon sans y croire, pour se débarrasser du PS ? May be... Les grandes manœuvres ont commencé pour les législatives, mais nous n'avons aucune visibilité. Franchement, Marie, je n’en sais rien. Vote avec ton cœur et ton intelligence...

  • Vos paris pour dans quinze jours ? Moi, je dirais Fillon-Mélenchon

    chaussee-glissante-stickers-deco-blanc-grand-format_1.jpgAlors, une petite idée de ce qui peut se passer dans quinze jours ? Et bien pour ma part, je fais un pari plutôt classique : réveil de l’électorat dans les tous derniers jours, une participation correcte, et les retrouvailles avec les grands corps politiques qui ont toujours façonné la présidentielle, droite contre gauche, donc Fillon contre Mélenchon.

    Macron, je n’y ai jamais cru, c’est du bluff médiatique. Une curiosité distrayante qui attire la foule au milieu de la foire, mais rien de solide ni de palpable, avec son En Marche ! qui n’a rien d’un parti politique : ni programme, ni statut, ni instances locales, ni équipe dirigeante. Le mec recrute à droite et à gauche, récupère les Hollandais et flingue Hollande, et toujours pas la moindre idée de ce que serait sa majorité électorale. J’espère de tout cœur qu’il va s’effondrer avant le vote, car sinon ce sera après,… et bien plus douloureux.

    Le Pen est sur la pente descendante. Elle apporte quoi de neuf au débat ? Que du rabâché… Leader populaire autoproclamée, cette fille à papa, qui ne vit pas à Hénin-Beaumont mais chez son papa, plane à l’ISF alors qu’elle a passé son temps à faire de la politique. Le FN est très divisé en interne, et la ligne Philippot passe d’autant plus mal qu’elle élimine Jean-Marie et Marion. Et puis voter le Pen comme vengeance réactionnelle (à tout et à rien), c’est une chose, mais le FN n’a aucun allié, et donc il n’a aucune chance de gagner. Fondamentalement, c’est un choix de distraction. Ce sont les autres qui dramatisent sur l’air bien connu « moi, rempart contre Le Pen », parce que ce choix réducteur leur facilite la vie. La société n’est pas lepéniste, arrêtez le délire.

    Les choix vont se cristalliser dans les tous derniers jours.

    A Droite, Fillon joue la bonne carte : même si tu ne me piffres pas, c’est avec moi que ça passe. Pour le moment, la société française est à droite, bien à droite, et c’est la posture Fillon. Avec son cabinet noir et ses attaques contre les juges, il était out, mais il semble entrer sur un terrain plus logique : tant et tant d’élus ont embauché leur proche famille, alors keep cool. Bref, Fillon est le candidat du parti, et le parti a trop d’enjeux autour de cette victoire attendue. Les soldats vont se remettre en ordre de marche, y compris Juppé, et Fillon a toutes ses chances… Pas pour un score génial : tout se jouera entre 20 à 23% au premier tour. Si le parti s’organise, et il va s’organiser, c’est à portée de main.

    Reste à gauche. A eux deux, Hamon et Mélenchon sont à 30%, assez différents, mais sur une ligne politique qui les rapproche : la gauche anti-Hollande. Hamon a un pneu crevé, bientôt deux, et hier il expliquait que s’il est perdant, il appellera à voter Mélenchon, du jamais vu ! Il aurait pu doubler Mélenchon, mais il lui fallait larguer les trois quarts de son programme et dealer avec la hollanderie. Il est resté sur ses bases, et il se fait croquer par Mélenchon. Sa garantie, avec la marque PS, c’était le vote utile, mais le vote utile devient Mélenchon. Lequel met en douce les insoumis et la révolution, pour la jouer pépère la force tranquille. Comme Macron n’est pas de gauche, il reste un gros bloc « de gauche » à 25/30%, et c’est le tremplin pour Mélenchon. 

    Dans ce schéma, les gros bataillons du vote Macron partiront chez Fillon au deuxième tour.

    Allez, ce n’est pas qu’un pari, car on essaie de raisonner avec une base politique très évolutive. Cette année la présidentielle se joue sur du verglas, il faut faire avec. Pari à froid, car je n’ai pas d’accroche avec Mélenchon et ses options européennes.

    Et vous, quelle prédiction ?

  • Ils vont tous vous baiser, alors votez pour moi

    « On propose des mesures alors qu’on n’a pas un sou. Ce que je veux, c’est proposer un projet à la France qui ait le plus de chances de marcher. Tous les autres n’ont aucune chance de marcher. On propose des mesures alors qu’on n’a pas un sou. Avec quoi payons-nous un projet de revenu universel ? Fillon, lui, veut supprimer 500.000 fonctionnaires. C’est irréalisable. De toute façon, ils vont tous vous baiser, alors votez pour moi », a assuré Jean Lassalle.

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  • Que resterait-il du « système » s’il y avait régulièrement des débats à onze ?

    Pas sûr qu’un seul débat regroupant les 11 candidats puisse sérieusement impacter le résultat de la présidentielle, bien que celui-ci à trois semaines du vote soit toujours très insaisissable. Les choses vont se décanter dans les tous derniers jours, et Fillon remontera.

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    L’exercice n’était pas facile pour les « petits candidats », tentés de vouloir trop en dire. Mais dans ce jeu égalitaire, les masters semblaient soudain bien fragiles. Et se pose la question : l’organisation régulière de ce type  de débats ne serait-elle pas l’un des moyens de faire bouger les choses ?

    Lassalle est apparu vraiment le plus sympathique, capable de parler des pays et des personnes.

    Mais l’homme en forme, c’était Poutou.

    L’ouvrier de chez Ford avait bien commencé : « A part Nathalie Arthaud sur ce plateau, je crois que je suis le seul à avoir un métier normal (...) Je souhaite exprimer cette colère d'en bas contre les politiciens corrompus. Il y en a qui se reconnaîtront ici, dans la salle, qui sont autour des pupitres ». 

    Et quand on l’interroge sur la moralisation de la vie politique.

    « Depuis janvier, c'est le régal, Fillon, il est en face de moi, plus on fouille, plus on sent la corruption, la triche. En plus, c'est des bonhommes qui nous expliquent qu'il faut la rigueur, et ils piquent dans les caisses.

    « Le Pen aussi, on pique dans les caisses publiques. Là c'est pas ici, c'est l'Europe. Alors pour quelqu'un qui est anti-européen, ça pose pas de problème de piquer l'argent de l'Europe. Et le pire, c'est que le FN qui se dit anti-système, ne s'emmerde pas du tout, se protège avec les lois du système, l'immunité parlementaire, pour ne pas se rendre aux convocations policières ».

    Le Pen : « Ce coup-là, vous êtes pour la police... ».

    Réplique cinglante : « Nous quand on est convoqué par la police, on n'a pas d'immunité ouvrière, désolé, on y va ».

    Et Le Pen s’écrase.  

    Nathalie Arthaud aussi a dit des choses juste à Le Pen : « Vous nous faites des leçons de tolérance zéro en permanence pour les jeunes, il ne faut rien accepter, et vous ne vous rendez pas à la convocation des juges ! Quand on est travailleur, quand on est ouvrier, quand on est au chômage, des comptes, on en rend tous les jours, même quand on est malade, qu’on est en arrêt maladie, qu’on a parfois une maladie grave, on est contrôlé, à domicile, on vient voir si on est bien là, si on est bien malade ».

    Et le Pen, la soi-disant leader des classes populaires, s’écrase encore.

  • Présidentielles : Je ne vois pas comment Macron ne s’écroulera pas

    A moins d’un mois du premier tour, tout est possible. Je veux bien croire que les instituts de sondage font des efforts, mais franchement le décalage est total entre la vie réelle – les gens qui nous entourent – et ce que nous annoncent les sondages. Eux et la main steam press, qui vend du Macron matin, midi et soir.

    L’affaire Soubelet nous explique clairement comment l’enflure Macron va s’écrouler.

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    Soubelet était une bonne prise pour En Marche ! (vers la sortie)… ce parti qui n’a ni congrès, ni programme, ni dirigeants, ni fédérations locales… Un détail ! Un parti qui va de Alain Madelin à Robert Hue, un truc de oufs… et qui ose le parallèle entre la Gauche de 1981 et la Droite de 1934.

    Le général Bertrand Soubelet  était le numéro 3 de la gendarmerie. Lors d’une audition devant les députés, en décembre 2013, il avait dézingué la politique du gouvernement sur le thème du laxisme, dans des termes qui avaient fait bander la facho-sphère. Pour ce manquement grave à l’obligation de réserve, le général avait été placardisé à l’outre-mer, avant de récidiver en publiant en avril 2016 « Tout ce qu’il ne faut pas dire », un livre de niveau post-ado.  Par grande générosité, l’administration lui avait évité le conseil de discipline, et l’avait placé sans affectation. Et notre général avait alors rejoint la chambre commerciale des opportunistes, je veux dire le parti En Marche ! (vers la sortie).  Tout en préemptant la candidature aux législatives dans la dixième circonscription des Hauts-de-Seine. Macron frétillait de cette recrue : un général, et  « symbole de la fermeté régalienne ». Tu parles…

    Bon ?

    Sauf que, un mois plus tard, Soubelet voit arriver coup sur coup Le Drian et Valls,... soit les deux qui l’avaient viré ! Trop drôle.

    Et Soubelet apprend que pour son investiture, il va falloir attendre l’avis de la commission ad hoc de En Marche ! (vers la sortie), dont on ne connaît ni la composition, ni les méthodes.

    Il est bien évident qu’à partir du moment où l’inconstant Macron donne les clés politiques de En Marche ! (vers la sortie) au staff de Le Drian, Soubelet est grillé comme une merguez sur un feu de bois.

    Le général joue l’outragé : «J'avais besoin de croire qu'une nouvelle façon de faire de la politique était en train de naître»… Petit…

    Cette tension sur les investitures pour les législatives va faire exploser En Marche ! (vers la sortie). Le PS, avec tous ses défauts, a fait la carrière de tant d’élus, les affaires de tant de succursales, que je le vois en capacité une fois de plus résister aux épreuves.

    Mais En Marche ! (vers la sortie) c’est du vent. Valls et Hollande ont dit et redit qu’il voulait la fin du PS, et ils cherchent à instrumentaliser En Marche ! (vers la sortie) dans ce but.  

    Une seule direction fédérale du Parti socialiste, celle de Lyon, a rejoint Macron. Deux ministres itou. C’est rien. En toute logique, Hamon devrait (1) jouer à fond la structure du PS, et (2) miser sur le vote traditionnel du PS. On verra.

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