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politique - Page 4

  • Fillon va-t-il ressusciter le Parti Socialiste ?

    6a00d8341c8d6753ef00e54f3c27698833-640wi.jpgMalédiction de malédiction : Fillon est en train de ressusciter le Parti Socialiste.

    Pour la présidentielle, les programmes n’ont une importance que très relative. Dans la mesure où tout montre que Marine Le Pen sera au second tour, la seule question est de savoir qui sera en tête au premier tour pour affronter la leader du FN, et gagner, car il est bien évident que cette candidate, non crédible et isolée, n’a aucune chance d’accéder au pouvoir en France.

    Phase 1 du feuilleton : La Droite en force

    À la fin du quinquennat, le bilan est tellement désastreux que Hollande renonce à se présenter. La Droite caracole en tête, et se choisit pour leader Fillon, qui s’est présenté sur une posture très à Droite, pour mordre sur l’électorat Le Pen. Le PS en désordre et une Droite très à droite, cela laisse un espace pour Macron, qui se voit des ailes.

    Sauf que tout change quand Fillon s’effondre, et qu’au lieu de se retirer rapidement pour donner une chance à un successeur, il s’accroche, et mobilise l’appareil politique pour le soutenir, contre toute vraisemblance. Fillon sait qu’il doit partir, et, cynique comme nous le voyons, on peut se demander s’il n’a pas fait le choix de savonner la planche de son successeur. Quoi qu’il en soit, bonne chance au Plan B pour objet l’enthousiasme…

    Phase 2 du feuilleton : La Droite affaiblie

    À partir du moment où la Droite est affaiblie, le PS remonte mécaniquement. C’est constant, et cela renvoie à la structuration profonde du corps électoral en France. S’ajoute quelques éléments.

    1/ Macron avait une chance quand la Droite était surpuissante, et que la seule possibilité d’accéder au second tour était de se placer sur les thèmes dominants, en cherchant à mordre sur la partie centriste de l’électorat de Droite. Mais si la Droite s’affaiblit, l’espace se libère à Gauche, où l’herbe redevient verte. Bien différent des dirigeants politiques, le peuple français est généreux, et reste très attaché à la solidarité. 

    2/ Macron – qui n’a toujours ni encadrement, ni programme – a commis deux fautes majeures. D’abord, il s’est lancé dans le jeu de contrôler les investitures pour les législatives, espérant capter les députés PS, mais il n’a pas su offrir la moindre garantie quant au processus de désignation. Or, le PS est un parti d’élus, et le processus d’investiture est vital. Alors pourquoi rompre avec ce si bienveillant parti, et pour quel avenir ? La seconde faute est cet appel public sur un plateau télé à un accord électoral avec Bayrou, le genre de truc qu’on adore sur les plateaux-télés mais qui n’a aucune consistance sur le terrain. Bayrou a toujours été l’allié de la Droite, et les élus PS ont toujours trouvé les élus centristes à Droite, contre eux. Ce n’est sûrement pas en agissant comme cela que Macron le banquier peut espérer recycler les masses d’élus PS…

    3/ Les sondages vont faire le reste. Du fait de l’effondrement de Fillon, le PS va mécaniquement retrouver des scores présentables. Cela va permettre à Hamon de siphonner l’électorat de Mélenchon en cinq minutes, sur le thème : « le vote anti-Le Pen, c’est moi ». Le PS va se rapprocher du score de Macron, qui n’est pas structuré pour résister à l’épreuve, et tous les élus vont rester scotchés au PS, pour défendre la maison commune. Et pour combiner avec l'appareil du PS, Macron est un expert.

    - Tu veux dire que Hamon peut dépasser Macron dans les sondages, se trouver face à une Droite affaiblie, et devenir le futur président de la République ?

    - Il y aura d’autres rebondissements dans le feuilleton, mais aujourd’hui ce schéma est tout à fait crédible, grâce à Fillon.

  • « Le temps judiciaire joue pour Fillon » : Ah bon ?

    Hier, notre belle presse nous expliquait doctement que, vu le calendrier, Fillon ne risque pas de mise en examen avant le premier tour de l’élection présidentielle. Donc, en gros, le Parquet fait de la gesticulation. C’est un peu plus compliqué...

    Fillon entretient cette « vérité alternative » en affirmant qu’il renoncera s’il est mis en examen. Sous-entendu, « les juges n’auront pas le temps de me mettre en examen, et donc je serai candidat ».  Sauf que dans un dossier aussi simple, la mise en examen, qui peut être très rapide, n’est pas un passage obligé..

     

    I

    L’AFFAIRE…

     

    Nous sommes sur une affaire simple. Il s’agit de savoir si une série de contrats de travail, bien rémunérés, avaient une contrepartie effective au bénéfice de celui qui paye, ou s'il y avait la volonté de bénéficier d’une rémunération indue. Dans une telle affaire, l’auteur de l’infraction et le receleur sont indissociables.

    - François, t’es tout rouge…

    - Je l’aime…

    1/ Le volet « assemblée »

    Outre sa rémunération, un député dispose d’une somme de 9.561 € par mois pour rémunérer des collaborateurs, jusqu’à cinq. Selon le règlement de l’Assemblée nationale, le collaborateur joue « le rôle que chaque député lui fixe à l’intérieur de l’équipe qu’il a recrutée ». L’emploi doit donc correspondre à un travail prédéterminé.

    - Dis, François, pourquoi du tousses ?

    - Je ne tousse pas, je chantonne...

    L’infraction, c’est le détournement de fonds publics (Code pénal, art. 432-15), qui sanctionne le fait de faire bénéficier d’une rémunération sans travail effectif, le bénéficiaire étant alors receleur.

    - Là, tu parles de moi, je suis choquée !

    - Non, Pénélope, j’explique juste la loi pénale.

    On voit déjà l’argumentation : l’homme politique ne détient pas l’argent. Il propose, mais ne dispose pas. Juridiquement, la dépense est le fait de la compta de l’Assemblée… Sauf que dans un arrêt du 30 mai 2001 (n° 00-84102), la Cour de cassation, en chambre criminelle, a jugé que le critère était d’avoir la « disposition de la dotation sur laquelle était imputée la dépense ». Donc, l’Assemblée ordonne la dépense dès lors que le critère formel est respecté – embauche dans la famille, selon les critères réglementaires – mais c’est le député qui a sa disposition « l’imputation de la dépense ».

    2/ Le volet « La Revue des deux mondes »

    On change d’infraction, pour se retrouver avec un grand classique, l’abus de biens sociaux, car le payeur est un organisme privé.

    Là aussi se pose la question du travail effectif au service de la revue.

    3/ La prescription

    La prescription, de trois ans pour de telles infractions ? Selon une jurisprudence établie, elle joue à partir du moment où les autorités de poursuites ont été en moyen d’apprécier la possibilité de l’existence d’une infraction. Selon le règlement de l’assemblée, l’embauche de l’épouse est licite… Ce sous réserve que cet emploi corresponde à une prestation effective au service du parlementaire, en fonction du rôle qui lui a été donné par ce parlementaire, donc impossible de savoir. De plus, au regard de la séparation des pouvoirs, le Parquet, autorité judiciaire, ne peut pas d'emblée se mêler du travail parlementaire.

    Donc pas de prescription. J’ajoute que les parlementaires viennent de voter une loi pour remettre en cause ce régime de la prescription, mais la règle ne jouera que pour l’avenir. C’est marron pour Fillon

     

    II

    L’ENQUETE

     

    1/ Une enquête trop rapide ?

    C’est la critique la plus idiote. Le Parquet, lisant la presse, découvre des éléments susceptibles de constituer des infractions pénales, et en application de l’article 40 du code de procédure pénale, il peut ouvrir une enquête.

    Le Parquet n’est pas exactement un demeuré, et il comprend vite que, du fait de ces révélations, il se retrouve au cœur de la présidentielle.

    Il peut faire semblant de n’avoir rien entendu, et laisser passer six mois pour que la présidentielle se déroule tranquillement… Sauf qu’une telle affaire porte violemment atteinte à l’ordre public, et va amener à des réactions tous azimuts. En charge de l’application de la loi pénale, il se doit d’agir pour assurer sa maîtrise des poursuites en fonction des événements qui marquent l’opinion. C'est une manière de forger l’adhésion à la loi – et à l’esprit de justice – ce qui est la base la société.

    Aussi, l’ouverture immédiate d’une enquête préliminaire après des révélations d’impact national est le plus logique des actes de procédure.

    2/ Comment prouver la réalité de ce travail ?

    C’est l’enjeu de l’enquête. Quand il y a tout d’un système à reconstituer, cela peut justifier d’une instruction, mais avec cette affaire, la matière de l’enquête paraît assez simple.

    Volet parlementaire

    S’il y un travail effectif, on va retrouver une masse d’appels téléphoniques et d’e-mails, montrant ce travail, comme pour tout un chacun, outre les agendas et les documents. Facile à vérifier car Fillon a donné le cadre : relecture de discours, prise de rendez-vous, participation des manifestations publiques, et revue de presse. Et puis toutes sortes de précisions pratique sur ce travail: le lieu, les interlocuteurs, l'organisation... Pas besoin de juge d’instruction pour une telle enquête.

    Fillon lui-même reconnait que c'est simple. Il a dit qu'il avait toutes les preuves, mais qu'il les réservait à la justice, et il a mandaté son avocat pour apporter un premier lot de preuves aux enquêteurs.

    Fillon travaillait avec son épouse, et lui versait les 4.750 € prévus par le statut. Faisons les crédules, et admettons. Mais quand Fillon devient ministre, et qu’il est remplacé par son suppléant, Marc Joulaud, Madame abandonne son héros de mari, pour se dévouer à Marc Joulaud, et celui-ci est tellement admiratif du travail qu’il double la paie, pour arriver aux 8.000 € par mois. Là encore, la police va demander de justifier des appels téléphoniques, des échanges de e-mails, et des agendas, avec le suppléant devenu député.

    Le Marc Joulaud n’est manifestement pas trop costaud. En juin 2012, il s’est pris une raclée devant Stéphane le Foll, qui l’a emporté avec 59,45 %. Depuis, il a été recyclé parlementaire européen, ce qui est un scandale de plus, avec ce pseudo-souverainiste de Fillon qui considère le Parlement européen comme la maison de retraite de son suppléant.

    Volet « Revue des deux mondes »

    Même simplicité de l’enquête pour la collaboration avec le suppléant, et a Revue des deux mondes. Tu montres ton contrat, la réalité de ton travail via les échanges de mails, ou ça chauffe...

     

    III

    ALORS, LES SUITES PENALES ?

     

    Les enquêteurs n’ont que peu de témoins extérieurs à entendre, et les investigations sont simples. Aussi, une audition de toutes les personnes concernées d'ici quinze jours est possible. Sous la pression médiatique, Fillon va d'ailleurs bientôt demander à être entendu, genre je n'ai rien à cacher.

    1/ La mise en examen n’est pas un passage obligé

    Nous sommes actuellement dans la phase de l’enquête préliminaire, sous la direction du Parquet. L’enquête préliminaire, c’est le travail policier de base. Si on passe à l’information judiciaire, sous le contrôle du juge d’instruction, on accède à de nouveaux moyens d’investigation, mais dans la mesure où l’enquête préliminaire, par les interrogatoires et les investigations courantes, dont les perquisitions, permet d’en savoir suffisamment, il n'y a pas lieu de saisir un juge d'instruction... et donc il n'y a pas de mise en examen. Lorsqu’une personne est entendue dans le cadre de l’enquête préliminaire, elle a désormais droit à l’assistance d’un avocat, alors tout va très bien.

    - Les procédés simplistes de mon collaborateur ne nécessitent pas de passer par une mise en examen, réservée aux affaires sérieuses !

    - T'as raison, Sarko.

    Aussi, c’est méconnaître la procédure pénale que de relativiser cette phase. Dans l’immense majorité des cas, plus de 90 %, l’enquête préliminaire suffit pour prendre la décision d'orientation du dossier. Si l’enquête préliminaire laisse apparaître des éléments concrétisant les charges, le Parquet peut alors faire citer directement les personnes concernées devant le tribunal correctionnel.

    2/ Une mise en examen, s'il le faut, peut intervenir rapidement

    C’est seulement si l'affaire parait trop complexe qu’il est alors nécessaire de mettre fin à l’enquête préliminaire pour ouvrir une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction.

    Si le juge instruction découvre qu’il existe des charges sérieuses contre telle ou telle personne, il a alors l’obligation de prononcer la mise en examen, qui est un droit de la défense. Et il doit alors le faire sans délai, pour que le procès soit équitable.

    *   *   *

    Donc keep cool. Le sabreur des 500 000 emplois n’a pas eu le temps de détruire les services publics de la police et de la justice, qui sauront traiter au mieux cette curieuse et argentée histoire familiale.

    Après, à supposer que tout ceci soit légal, la destruction politique va jouer tout son effet, et c'est bien parti. Comment un gus, qui connaît tout de cette histoire familiale, peut-il oser se porter candidat à l’élection présidentielle ? Fillon, qui vantait son exemplarité va s’effondrer dans les sondages, ce qui va très vite créer la rébellion au sein des Républicains. Ils attendent leur heure, et ne laisseront pas passer 2017. Mais alors qui pour remplacer Fillon : Juppé ? Sarko ? Raffarin, Wauquiez ? Dati ?

  • 8.000 euros par mois pour Madame : Fillon est cuit

    L’annonce-clé du programme Fillon est qu’il faut supprimer 500.000 emplois dans la fonction publique, et tant pis si ça saigne, parce que tous ces emplois sur fonds publics pour ne rien faire, ou si peu, ça suffat comme ci.

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    Pour ce soir, je vais être le plus doux et le plus bienveillant des procureurs. Fillon nous explique que son épouse corrigeait ses discours, recevait d’innombrables personnes qui voulaient le voir et qu’il ne pouvait pas voir, le représentait dans des manifestations et des associations, et faisait la synthèse de la presse.

    Un peu surpris, quand même, de découvrir que le groupe UMP ne faisait pas de synthèses de la presse à destination des députés, et que chacun devait se débrouiller par ses propres moyens… Mais, pas de polémique pour ce soir : Fillon, le roi du petit commerce, va transmettre à la justice les masses de mails quotidiens montrant ce travail permanent entre lui et sa douce. Ainsi, il ne sera pas mis en examen, et pourra se présenter aux présidentielles. La présomption d’innocence, ça existe. Nous verrons en temps réel l’évolution de l’enquête, alors keep cool (Et préparons nous à de bonnes rigolades).

    Mais, je pose alors trois questions à notre sabreur de 500.000 emplois publics :

    1/ Comment justifies-tu qu’une personne dont le boulot consiste corriger des discours, recevoir des personnes au nom du boss, représenter le boss dans des manifestations et auprès associations, et faire la synthèse de la presse soit rémunérée à 8.000 euros, sur fonds publics ?

    2/ Dans ton plan de suppression de 500.000 emplois publics, envisages-tu de supprimer cet emploi ou de le conserver ?

    3/ Tu sais quel est la rémunération moyenne en France ? 2.202 euros. Est-ce que, par hasard, tu ne te foutrais pas de notre gueule, joli enfoiré ?

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  • Dislocation du PS : Phase 2

    La journée n’aura pas été trop bonne pour le PS.

    Ah, ces incroyables bidouilles sur le chiffres… Les mecs se sont crus à un Congrès PS, où la magouille est statutaire, sauf que là c’était sous les yeux de la presse. Rigolo et lamentable, mais ce n’est pas le plus important.

    Non, ce qui compte vraiment, c’est la hargne à 100% manifestée par Hamon et El Blanco, tout pour dézinguer l’autre et inversement. Ca pilonne avec des mots, des formules, donc ce n’est pas très méchant, mais le message est clair : l’autre est un ennemi, et il n’y a rien de bon chez lui.

    A ce petit jeu, El Blanco ne fera qu’accélérer sa perte, ce qui est une bonne nouvelle, mais c’est surtout à une phase décisive de l’explosion du PS que vous assistons, avec un vrai bonheur.

    Gauchiste irréaliste contre traitre de droite, ce sera un joli spectacle cette semaine, mais ça va surtout finir de ruiner le PS : comment rassembler ensuite, et rassembler quoi ?

    Hamon, qui reçoit le soutien d'Aubry – qui ne vaut plus rien dès lors qu’elle a renoncé à tous les combats – veut récupérer le PS pour en faire une SFIO du XXIeme siècle, un peu comme ce vieux PC qui continue à nourrir ces cadres, en perdant toutes les élections. Le PS comme club de retraite des frondeurs.

    Avec Mélenchon qui est entre 13 et 15 et Macron entre 20 et 22, le PS fait environ 10. Soit 6% pour Hamon et 4% pour El Blanco. Oki ? Leur division hargneuse nous assure la fin du PS de gouvernement, mal nécessaire pour retrouver, un jour, une Gauche en France.

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  • Primaires : Hamon désigné syndic de liquidation du PS

    sfio.jpgDébarrassés des sondages, nous voici enfin avec des faits et des chiffres qui parlent, après cinq ans de Gochmole aux affaires.

    Votant Jadot, je n’ai aucun conflit d’intérêt.

    1/ François Hollande était au théâtre pour le deuxième débat de la primaire, et il a réussi à s’inventer un voyage au Chili pour ne pas voter à cette primaire. Pas un mot, pas le moindre signe d’intérêt d’un ministre influent,… sauf Ségolène Royal pour dire tout le bien qu’elle pense de Macron. Pas un leader PS ne s’est mobilisé pour la primaire.

    2/ Pour le premier tour de la primaire de Droite, la participation avait été de 4,3 millions de personnes ; hier soir, nous avions une fourchette entre 1,5 et 2 millions. Donc en toute hypothèse 50% de moins qu’à Droite. Dont acte.

    3/ Montebourpif se prend une ramassée de première, avec 17% des voix, et c’est un vrai bonheur pour un blog qui a toujours critiqué ce phraseur inconsistant, fruit d’une bulle médiatique quand son ex-beau frère magouillait au Monde de Plenel. Il y a cinq ans, il avait fait le même score, pour ensuite appeler à voter pour Hollande qu’il n’avait cessé d'insulter,… et ce pour empêcher la victoire d’Aubry. Il voulait rendre Hollande redevable, afin de mieux le manipuler… Et en 2009, il a manœuvré avec Hamon pour faire nommer Valls premier sinistre, afin de mieux le manipuler… La défaite de cet usurpateur est une joie profonde.

    4/ Voyant la primaire comme une formalité, El Blanco s’était tout de go présenté comme candidat à la présidence de la République. Le voilà qualifié pour un deuxième tour qui signera sa défaite avec un score genre 75/25. El Blanco est une pure création de Hollande. C’est Hollande qui est allé chercher ce sarkozyste, qui a alors détruit les politiques de Gauche sur la République, l’ordre public et la laïcité, toutes choses auxquelles il ne comprend rien. Dans les jours qui viennent, il va voir cet électorat sur lequel il comptait faire sa rente filer direct chez Macron. El Blanco a été la plus grave faute de Hollande.

    5/ Vifs remerciements au philosophe Peillon, sorti de sa retraite par de soudaines envies présidentielles. 6%, c'est pas fort, mais ces 6% ont empêché Valls de tourner en tête au premier tour. Peillon dans le rôle de l’idiot utile, un destin. legislatives_1956.jpg

    6/ Hamon, le prof sympa, fait une belle opération, et va gagner haut la main la primaire. Mais pour faire quoi ensuite ? A Gauche, il ne va rien prendre à Mélenchon, ce ne sont pas les mêmes électeurs. Et à Droite ? Sa victoire va jouer comme un appel d’air pour Macron, et les premiers à y aller vont être les électeurs d’El Blanco. Donc, que vaudront ces 75% face aux deux blocs que sont Mélenchon et Macron, dopé par la défaite d’El Blanco ?

    7/ Tout va se jouer chez les parlementaires. Hollande, Royal et tant d’autres jouent ouvertement la défaite du PS, pour s’en débarrasser. Hollande l’avait clairement expliqué dans le livre Un président ne devrait pas dire ça…, expliquant qu’il fallait en finir avec le PS pour faire un « Parti du progrès », qui allait piquer au Centre et à Droite, et il déplorait que Cambadélis dise oui, mais ne fasse rien. C’est donc en réalité l’heure de Cambadélis.

    En un, le clan Hamon, qui vise moins la présidence de la République que le contrôle du PS, va vite lui faire savoir que ses jours sont comptés.

    En deux, la Hollanderie fera tout pour accélérer sa défaite, avec un discours tout simple : « Il faut éviter un second tour Fillon/Le Pen, et la seule solution c’est Macron ». Donc la primaire, on s’en contrefiche, et le PS avec.

    C’est du côté des députés que ça va bouger le plus vite. Macron a ouvert les investitures, et il est prêt à accueillir les gentils députés qui votaient ses projets de loi et n’écoutaient pas les frondeurs de Hamon… à condition qu’ils renoncent à l’investiture du PS. Alors, perdant avec le PS ou gagnant avec Macron ? Vous choisiriez quoi ? Sachant que le choix du droitier Fillon donne de l’espace à Macron, surtout si Bayrou ne se présente pas.

    8/ Hamon sait qu’il ne sera pas président, mais il se rêve premier secrétaire du PS, mais c’est trop tard. Il ne sera que le syndic de la faillite de ce parti qui a remplacé l’idéologie par un moralisme gluant, et qui voit se détourner de lui un brave électorat qu’il croyait éternellement captif.  

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