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politique - Page 5

  • Macron : Si tout va bien, on devrait bientôt s’en débarrasser

    Après deux quinquennats aussi éreintants qu’inquiétants, Macron arrive avec sa bouille de premier de classe pour dire qu’il aime tout le monde, et ça marche forcément parce que cela répond à la réalité de la société française : droite contre gauche, ça veut dire quoi ? Et puis, le type à toutes les qualités : il est plein aux as, et donc pas besoin de magouiller les comptes (de campagne) comme Sarko, et il est amoureux affiché de sa femme, ce qui éloigne du feuilleton « Ségolène, Valérie et Julie ».

    Tout le problème est qu’il s’agit de diriger l’État.

    Or, je rappelle ses déclarations au JDD : « La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. Je ne cherche pas à être un prédicateur christique » (Ouf !). Et il poursuit : « La politique, c’est mystique. C’est tout mon combat. C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne ».

    Question : tu ne te prends pas le chou, mon chouchou ?

    Réponse : « Comment se construit le pouvoir charismatique? C’est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité. Je ne crois pas à la transcendance éthérée. Il faut tresser les deux, l’intelligence et la spiritualité. Sinon l’intelligence est toujours malheureuse. Sinon les gens n’éprouvent de sensations que vers les passions tristes, le ressentiment, la jalousie, etc. Il faut donner une intensité aux passions heureuses ».

    Alors là, chères amies, chers amis, attention : on entre dans un autre monde ! Voter pour un président christique ?

    Et après tous ces mois d’esbroufe médiatique, quel est le bilan ?

    Aucun parti, car En Marche n’est qu’un conglomérat de braves gens qui adhèrent sans payer, une structure molle, toute dévolue au chef, et manipulée par de petits malins qui guettent l’aubaine. Un parti sans congrès, sans programme, sans structure fédérale, sans équipe dirigeante, sans équipe locale…

    Aucun programme. Que valent les programmes électoraux, on peut en parler, mais ce n’est pas parce que Sarko et Hollande ont discrédité la politique qu’on va rejeter la politique. Elle a un grand avenir en France, et elle se restructurera par l’idéologie, c’est-à-dire la volonté de dessiner un avenir collectif.

    Aucune équipe. À deux mois de la présidentielle il est impossible de savoir avec qui ce mystique christique veut gouverner le pays. Pas un nom, pas un réseau, pas de staff de responsables… A part sa délicieuse épouse et l’inénarrable Gégé de Lyon… Quelle misère !

    Attention, cette dérive télévangéliste est une catastrophe totale. Il ne s’agit pas de diriger la mairie de votre bled, mais la cinquième puissance économique du monde.

    Macron aurait pu voir des régiments entiers du PS le rejoindre après la victoire du minoritaire Hamon, mais il est tellement dans la suffisance, qu’il n’a rien récupéré de solide. Le mec est cuit. Il imagine toujours pouvoir donner des investitures aux législatives, mais il va se fracasser sur cette question.

    Finalement, il aura juste été un apéritif de la campagne. Être une cahouette, un destin…

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  • L’écroulement de la politique

    Le 7 mai, notre sympathique pays aura un nouveau président de la République, avec les honneurs et les pouvoirs que lui réserve la constitution. Mais que pèsera-t-il réellement ? En quoi pourra-t-il parler au nom du pays ?

    Je précise tout de suite que cela ne m’angoisse en rien.

    Nous sommes tranquilles, d’abord, parce que, quelle que soit sa critique de la France, notre immense amie l’Allemagne veille sur notre destin. Avec l’océan d’incertitudes du Brexit, elle ne peut imaginer une crise avec la France. L’économie française est asphyxiée par le poids de sa dette – le fruit de l’impôt sur le revenu ne suffit plus à payer les intérêts – et l’Allemagne va veiller à ce que la France garde son crédit auprès des grandes banques. Donc, keep coool… Pour le reste, Mamie Angela est notre excellente présidente. Elle est bien partie pour être réélue, notamment car le pays adhère à sa politique d’accueil des migrants. Ce d’autant plus que l’élection, éventuelle, de son adversaire Martin Schulz ne change pas la donne sur ce point. Nous sommes donc tranquilles.

    Tranquilles aussi parce que la société française, à l’opposé de sa classe dirigeante, est magnifique. Vous pouvez frapper à n’importe quel niveau, chez les jeunes ou chez les vieux, dans le public ou dans le privé, dans les emplois du terrain ou chez les cadres, au nord, au sud, à l’est, ou à l’ouest, vous trouvez partout des gens instruits, positifs, créatifs, solidaires. La première force de la France, c’est sa société.

    Donc, chères amies, chers amis, il y a aucune raison d’être pessimiste. Simplement, nous devons apprendre à être partie prenante d’une société dans laquelle le pouvoir politique n’existe plus.

    A quatre semaines du premier tour de la présidentielle, le spectacle est incroyable.

    La droite est en apesanteur. Fillon s'est aussitôt enfermé après sa victoire, pour soigner l'appareil des Républicains. Un discours marquant, et rien de plus, sauf des efforts pour arrondir ce qui l’avait fait gagner, notamment les coupes dans la Sécurité sociale. Depuis l’enquête sur la SARL Fillon, il n’a rien à dire, si ce n’est le complot. Alors que tout le monde sait que la semaine sera cruciale, il est parti pépère quatre jours à La Réunion, sans le moindre plan de communication. Tous les élus savent qu’avec Fillon c’est cuit, mais il n’y a personne de crédible pour s'imposer comme plan B. Il reviendra au parquet, dans quelques jours, d’établir le calendrier de la droite.

    À l’extrême droite, Marine, gérante de la SARL Le Pen, veille à défendre son fonds de commerce. Sans alliance électorale, avec ses trois immuables leaders qui squattent les plateaux-télés, son programme moyenâgeux et les pathétiques histoires avec son papa, elle reste une mauvaise blague.

    Macron plane dans les sondages,… ce qui est le plus mauvais des présages. Il n’a toujours présenté ni programme, ni équipe. Avec l’élection de Hamon, il rêvait d’un raz-de-marée de parlementaires pour le rejoindre, mais c’est zéro, et il peut très bien s’écrouler. Les sondages qui donnent la victoire… S’il a cinq minutes de dispo, Macron pourrait téléphoner à Clinton, qui a une certaine expérience du sujet.

    Hamon, en toute discrétion, a fait une bien belle opération, mais depuis qu’il a gagné la primaire, il n’a plus aucune existence publique auprès de l’électorat. Un homme parle au peuple ? Non, retrouvant ses habitudes de 20 ans, il s'est aussitôt consacré aux arcanes du Parti socialiste avec calculette et arrangements. Certes, l’élimination programmée de Fillon fait son jeu, et du point de vue de la cuisine électorale, Hamon a raison de se concentrer sur les logiques d’appareil. Mais il va construire quoi de durable avec ça ?

    Mélenchon ? L'insoumis révolutionnaire ? Ah bon, j’ai dû manquer quelques épisodes...

    Dans ce tableau triste à pleurer, pour reprendre la chanson de Léo Ferré, que reste-t-il qui tienne debout ? La société vit sa vie sans la politique, qu’elle regarde comme un feuilleton. Elle a éliminé Sarko, Juppé, Hollande, El Blanco… Bientôt Fillon...

    Nous avons sous les yeux le spectacle de l’écroulement de la vie politique, minée par les affaires et les équations lilliputiennes de ses pseudo-leaders. Elle l’est surtout parce que l’adhésion, la vraie, ne se crée pas en fonction d’une personne, mais d’une idéologie, d’un courant de pensée qui permet de se situer dans le monde. Sans le retour des idéologies, nous ne ferons rien de solide.

  • Fillon peut sauver la gauche… Merci mon Fillon !

    La gauche institutionnelle PS n’est qu’une droite décérébrée et atlantiste, mais il n’en reste pas moins que, fondamentalement, et comme tant d’autres, je reste « de gauche », c’est-à-dire pour la construction inlassable de la solidarité contre la violence économique, au sein du pays et à l’international.

    présidentielles 2017,fillon françoisAussi, je ne peux que te dire merci, mon Fillon.

    Chaque jour qui passe, tu donnes une chance de plus à la gauche, dans sa grande diversité. Avec tes argumentaires, qui ont la consistance et l’odeur de l’argent, tu détruis jour après jour la possibilité d’un plan B. Merci.

    J’espère que tu vas tenir le coup, et je dois dire qu’hier c’était un grand bonheur de lire tes argumentaires sur le calcul des indemnités de licenciement. Un régal… Tous ceux qui sont passés par le carnage social et individuel qu’est un licenciement auront pleinement apprécié. Merci, mon Fillon. Et n'oublie surtout pas ta promesse de supprimer 500.000 emplois publics - ce qui fera 500.000 chômeurs de plus - parce que ça coûte trop cher à la collectivité. Vraiment, on t'adore.

    Je souhaite de tout cœur que, demain, tu trouves encore d’autres arguments toujours plus provocateurs. Surtout fais bien attention de tenir le plus longtemps possible pour que ton éventuel successeur n’ait aucune chance de refaire une campagne crédible.

    Au nom de la gauche, cette universelle et fondamentale construction de la solidarité, je ne sais comment te remercier. Tu nous redonnes espoir. J'espère sincèrement que tu seras candidat le 23 avril 2017.

    Accroche-toi, nous sommes nombreux à compter sur toi. Merci, cher Fillon.

  • Je prends le pari : Le Pen ne sera pas au second tour

    Rendez-vous le dimanche 23 avril 2017 à 20 h : je fais le pari que Marine Le Pen sera éliminée au premier tour. Elle faisait son grand meeting hier, et franchement, c'est faiblard.

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    1/ Marine Le Pen, comme les autres produits médiatiques, va souffrir du dégagisme. La société va vite, et comme la politique n’apporte rien de solide, il faut du neuf pour le show. Or, la famille Le Pen, c’est la préhistoire. Il y a 20 ans, c’était Jean-Marie, maintenant c’est Marine, et dans 20 ans ce sera Marion… Marine Le Pen aurait pu avoir un avenir si elle avait réellement renouvelé la donne avec du crédible, mais, s’accrochant au nom de Le Pen, alors qu’elle est en procès avec son père, elle n’assume rien et se contente de nous filer du Jean-Marie affadi.

    2/ Il fut un temps où Le Front National avait un véritable effet d’entraînement dans la société française, mais ce moteur est cassé. Sarkozy, avec le consensus de ses ministres soumis qu’étaient Fillon et Juppé, a validé tous les thèmes de l’extrême droite. Tous ! La Gauche s’est glissée dans le même moule, Hollande faisant applaudir par les parlementaires réunis à Versailles la déchéance de nationalité. Un avachissement déplorable, mais au final une question simple : pourquoi voter Le Pen quand la Droite ou la Gauche (institutionnelle) font la même chose ?

    3/ Le vote Front National a toujours été un vote de divertissement. Il m’arrive une embrouille, une administration me casse la tête, un abruti me pourrit la vie : « je vote Le Pen ». Un vote réactionnel, sans contenu, et un parti destiné au sort des baudruches.

    4/ Le programme du Front National est nul, archi nul. La France sans l’Europe, abandonnant l’euro pour revenir au franc, et sortant de la Cour européenne des Droits de l’Homme : quel avenir ! Taper sur les plaies du système, mais sans la moindre analyse, sans la moindre proposition, ça ne mène pas loin. Pour faire genre, Madame Le Pen se revendique des victoires du Brexit et de Trump, au moment même où ces modèles montrent leur vanité.

    5/ Le FN n’a pas su constituer un staff de dirigeants crédibles. C’est pitoyable… On trouve Madame Le Pen, fille de Papa, son mari Monsieur Alliot, son énarque Philippot, le toujours amusant Collard. Quatre personnes pour gouverner la France… Arrêtez le délire.

    6/ Le FN perd toutes les élections. Au-delà des fantasmes sondagiers, quels sont les résultats électoraux du FN : Hénin Beaumont, et c’est tout ! C’est-à-dire une ville ouvrière, historiquement terre du Parti socialiste, avec des leaders embourbés dans des affaires de corruption. Alors qu’en France les élections régionales sont le type même du vote « défouloir », vu l’absence de pouvoir des régions, alors que le Parti Socialiste était par terre, vu la gouvernance de Hollande, et que Les Républicains étaient par terre, vu les frasques électorales et bygmaliennes de Sarkozy, le FN n’a gagné ni la région PACA, ni la région Nord-Pas-de-Calais. Le pays n’en veut pas, c’est clair.

    7/ A longueur de journée, Les Républicains et le Parti Socialiste passent leur temps à grossir l’influence du Front National pour réduire le discours politique à une véritable prise d’otage de l’opinion : « C’est moi ou le FN ». N'ayant pas grand chose à dire, ils cherchent à profiter de cette politique de la peur. Dans la semaine, Juppé va remplacer Fillon, en expliquant : « j’accepte, parce qu’il faut faire barrage au FN ». Invoquer Le Pen, c’est un moyen de ne pas penser, et visiblement rien ne les fait plus souffrir que de penser par eux-mêmes.

    8/ Vient enfin le meilleur, le plus important mais aussi le plus évident. Le peuple français n’est ni raciste, ni xénophobe. Quand il s’énerve, il vote Le Pen, mais en dehors de la part – historiquement constante – de vote extrémiste, il n’y a aucune contagion. Le peuple français est fondamentalement solidaire et attaché aux principes fondamentaux du droit. Dès que l’occasion se présente, sur le terrain, nos compatriotes, de tous les milieux, témoignent de trésors de solidarité et d’attention pour les démunis et les vulnérables.

    *   *   *

    Non, la France n’est pas Le Pen, ne l’a jamais été et ne le sera jamais. Le FN n’a jamais rencontré le pays, ne l’a jamais compris, et ne fait pas partie de son futur.

    - Et moi, je fais quoi là-dedans ?

    - Retourne gérer tes affaires d’héritage avec ton papa, Marine, et tchao.

  • Fillon va-t-il ressusciter le Parti Socialiste ?

    6a00d8341c8d6753ef00e54f3c27698833-640wi.jpgMalédiction de malédiction : Fillon est en train de ressusciter le Parti Socialiste.

    Pour la présidentielle, les programmes n’ont une importance que très relative. Dans la mesure où tout montre que Marine Le Pen sera au second tour, la seule question est de savoir qui sera en tête au premier tour pour affronter la leader du FN, et gagner, car il est bien évident que cette candidate, non crédible et isolée, n’a aucune chance d’accéder au pouvoir en France.

    Phase 1 du feuilleton : La Droite en force

    À la fin du quinquennat, le bilan est tellement désastreux que Hollande renonce à se présenter. La Droite caracole en tête, et se choisit pour leader Fillon, qui s’est présenté sur une posture très à Droite, pour mordre sur l’électorat Le Pen. Le PS en désordre et une Droite très à droite, cela laisse un espace pour Macron, qui se voit des ailes.

    Sauf que tout change quand Fillon s’effondre, et qu’au lieu de se retirer rapidement pour donner une chance à un successeur, il s’accroche, et mobilise l’appareil politique pour le soutenir, contre toute vraisemblance. Fillon sait qu’il doit partir, et, cynique comme nous le voyons, on peut se demander s’il n’a pas fait le choix de savonner la planche de son successeur. Quoi qu’il en soit, bonne chance au Plan B pour objet l’enthousiasme…

    Phase 2 du feuilleton : La Droite affaiblie

    À partir du moment où la Droite est affaiblie, le PS remonte mécaniquement. C’est constant, et cela renvoie à la structuration profonde du corps électoral en France. S’ajoute quelques éléments.

    1/ Macron avait une chance quand la Droite était surpuissante, et que la seule possibilité d’accéder au second tour était de se placer sur les thèmes dominants, en cherchant à mordre sur la partie centriste de l’électorat de Droite. Mais si la Droite s’affaiblit, l’espace se libère à Gauche, où l’herbe redevient verte. Bien différent des dirigeants politiques, le peuple français est généreux, et reste très attaché à la solidarité. 

    2/ Macron – qui n’a toujours ni encadrement, ni programme – a commis deux fautes majeures. D’abord, il s’est lancé dans le jeu de contrôler les investitures pour les législatives, espérant capter les députés PS, mais il n’a pas su offrir la moindre garantie quant au processus de désignation. Or, le PS est un parti d’élus, et le processus d’investiture est vital. Alors pourquoi rompre avec ce si bienveillant parti, et pour quel avenir ? La seconde faute est cet appel public sur un plateau télé à un accord électoral avec Bayrou, le genre de truc qu’on adore sur les plateaux-télés mais qui n’a aucune consistance sur le terrain. Bayrou a toujours été l’allié de la Droite, et les élus PS ont toujours trouvé les élus centristes à Droite, contre eux. Ce n’est sûrement pas en agissant comme cela que Macron le banquier peut espérer recycler les masses d’élus PS…

    3/ Les sondages vont faire le reste. Du fait de l’effondrement de Fillon, le PS va mécaniquement retrouver des scores présentables. Cela va permettre à Hamon de siphonner l’électorat de Mélenchon en cinq minutes, sur le thème : « le vote anti-Le Pen, c’est moi ». Le PS va se rapprocher du score de Macron, qui n’est pas structuré pour résister à l’épreuve, et tous les élus vont rester scotchés au PS, pour défendre la maison commune. Et pour combiner avec l'appareil du PS, Macron est un expert.

    - Tu veux dire que Hamon peut dépasser Macron dans les sondages, se trouver face à une Droite affaiblie, et devenir le futur président de la République ?

    - Il y aura d’autres rebondissements dans le feuilleton, mais aujourd’hui ce schéma est tout à fait crédible, grâce à Fillon.

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