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  • « Le Monde » et le gentil monde de l’OTAN

    Le Monde est un plaisant-triste, pour reprendre le mot de Gainsbourg. Comme prétentieux et donneur de leçons, c’est un must. Un peu comme France-Inter. Ces gens-là étant très intelligents et très savants, le Dieu des médias leur a donné le diplôme « de référence », c’est-à-dire de serviteur du consensus dominant. Ils connaissent une raison cachée, qui est « La Vérité » et s'ils consentent parfois à faire quelques visites d’inspection sur le terrain, encore appelées « reportages », c'est pour vérifier que tout se passe bien comme prévu. Mais voir la société telle qu'elle est, impossible. Ce serait trop dangereux.

    Si on veut rester pépère « de référence », il faut trouver un équilibre : piquer de grosses colères sur des sujets périphériques, histoire de faire genre, et pour le reste défendre la ligne du parti. En politique étrangère, Le Monde est devenu le bulletin officiel de l’OTAN et de ses succursales. Le Monde ne veut fâcher ni les institutions, ni les annonceurs qui lui maintiennent la tête hors de l’eau. Chacun a pu apprécier la haute tenue de ses écrits sur la Libye, la Côte d’Ivoire ou l’Iran... Heureusement qu’on peut se passer de cette sauce officielle en cherchant les infos sur le net.   

    Voici un exemple rigolo avec le dernier rapport du Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), un institut privé spécialisé dans l’observation des affaires militaires, publié ce mardi 18. Je vous livre en intégral ce qu’ont publié Le Monde et Il Manisfesto.  

    Le Monde (texte non signé)presse,otan

    Les dépenses militaires mondiales se sont stabilisées en 2011

    Les dépenses militaires dans le monde se sont stabilisées en 2011 en raison de la crise économique mondiale, totalisant 1 740 milliards de dollars, soit 1 320 milliards d'euros, selon un rapport publié mardi 17 avril par le Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), un institut international indépendant, spécialisé dans les conflits, les armements, le contrôle des armes et le désarmement, basé à Stockholm.

    « La légère augmentation de 0,3 % en 2011 [par rapport à 2010] marque la fin d'une course continue d'augmentation des dépenses militaires enregistrées entre 1998 et 2010 », relève le rapport.

    Le Sipri précise que la moyenne annuelle d'augmentation de ces dépenses a été de 4,5 % entre 2001 et 2009. Il souligne que parmi les premiers pays acheteurs d'armes, six – le Brésil, la France, l’Allemagne, l’Inde, le Royaume Uni et les Etats-Unis – ont réduit leurs budgets militaires en 2011, tandis que la Chine et la Russie les ont « nettement augmentés ».presse,otan

    « Le contrecoup de la crise économique mondiale, en particulier les mesures de réduction des déficits aux Etats-Unis et en Europe ont finalement stoppé - du moins pour l'instant - l'augmentation enregistrée pendant une décennie des dépenses militaires », explique M. Sam Perlo-Freeman, chercheur au Sipri.

    Aux Etats-Unis, premier budget militaire mondial, les dépenses dans ce secteur devraient diminuer en raison du retrait américain d’Irak et du désengagement d’Afghanistan, selon le Sipri. De son côté, la France, l’un des trois premiers budgets militaires d’Europe occidentale avec l'Allemagne et le Royaume-uni, a réduit de 4 % son budget militaire depuis 2008 en raison de mesures d'austérité pour diminuer le déficit budgétaire. Dans la même période, les réductions ont été plus modestes en Allemagne (- 1,4 %) et au Royaume-Uni (- 0,6 %), ajoute le Sipri.

    La Russie a au contraire augmenté de 9,3 % ses dépenses militaires à 71,9 milliards de dollars en 2011, dépassant la France et le Royaume-Uni et devenant le 3e budget militaire de la planète, relève l'institut.

    Le Sipri note que le Moyen-Orient est la région où « une claire augmentation » des dépenses militaires est perceptible dans la plupart des pays. Mais il ajoute qu'en l'absence de données fiables pour des pays-clés comme l’Iran et les Emirats arabes unis, il est difficile de totaliser les budgets militaires de cette région.

    Mon commentaire

    Donc, l’OTAN est adorable. Tous les pays membres font un effort, à commencer par les super-sympas US, qui en plus vont se retirer d’Irak et d’Afghanistan. En revanche, vous avez bien noté les méchants : la Russie et la Chine, qui ont augmenté leurs dépenses. Bien sûr, Le Monde ne donne pas le chiffre des dépenses des US ou de l’OTAN cumulés. Le seul chiffre cité de tout l’article est celui de la Russie. Et puis, comme une signature, un coup de clavier contre l’Iran, pays non fiable.

    Evidemment, Le Monde ne va perdre son encre à donner les chiffres de la dépense US, plus de 40% pour ce seul pays, et consacré à la domination du monde, car ni le Canada ni le Mexique n’ont en projet d’envahir les US. De même, hors de question de décrire comment les US, après les fiascos irakien et afghan, redéfinissent leur politique de domination, qui doit devenir plus efficace et moins coûteuse. Hors de question aussi d’expliquer le réinvestissement massif des US dans la région Asie/Pacifique, qui justifie en réplique l’effort de guerre de la Russie et de la Chine.

    Manlio Dinucci, journaliste d’Il Manifesto – journal qui publie ces infos majeures à la une – a lu le même rapport, mais il en fait un compte rendu un peu plus précis...

    Il Manifesto, Manlio Dinucci

    La course folle de la dépense militairepresse,otan

    Pendant le temps que vous mettrez à lire cet article, on aura dépensé dans le monde 10 millions de dollars de plus en armes, armées et guerre. La dépense militaire mondiale se monte en effet à 3,3 millions de dollars à la minute.  Soit 198 millions par heure, 4,7 milliards chaque jour. Ce qui équivaut à 1.738 milliards de dollars en une année. Ces données sont celles de 2011, publiées hier par le Sipri, le fameux institut international dont le siège est à Stockholm.

    Les Etats-Unis sont toujours la locomotive de la dépense militaire, avec 711 milliards de dollars, équivalents à 41% du total mondial. La coupe annoncée de 45 milliards annuels dans la prochaine décennie reste encore à voir. Les économies devraient être effectuées en réduisant les forces terrestres et en restreignant les pensions (assistance médicale comprise) des anciens combattants.

    Objectif du Pentagone : rendre les forces étasuniennes plus agiles, plus flexibles et prêtes à être déployées encore plus rapidement. La réduction des forces terrestres prend place dans la nouvelle stratégie, testée avec la guerre en Libye : utiliser l’écrasante supériorité aérienne et navale étasunienne et en faire assumer la plus grosse charge par les alliés. Mais les guerres n’en coûtent pas moins pour autant : les fonds nécessaires, comme cela s’est passé pour la guerre contre la Libye, sont autorisés par le Congrès à chaque fois, en les ajoutant au budget du Pentagone. Et s’ajoutent aussi à cela d’autres postes à caractère militaire, parmi lesquels environ 125 milliards annuels pour les militaires au repos et 50 pour le Département de la sécurité de la patrie, portant la dépense étasunienne à environ la moitié de celle mondiale.presse,otan

    Dans les estimations du Sipri, la Chine reste au deuxième rang par rapport à 2010, avec une dépense estimée à 143 milliards de dollars, équivalents à 8% de la dépense mondiale. Mais son rythme de croissance (170% en termes réels en 2002-2011) est plus grand que celui de la dépense étasunienne (59% pour la même période). Cette accélération est due fondamentalement au fait que les USA sont en train d’opérer une politique de « containment » de la Chine, déplaçant de plus en plus le centre focal de leur stratégie dans la région Asie/Pacifique. En rapide augmentation aussi la dépense de la Russie, qui passe, avec 72 milliards de dollars en 2011, du cinquième au troisième poste parmi les pays ayant les plus grandes dépenses militaires.

    Suivent la Grande-Bretagne, la France, le Japon, l’Arabie saoudite, l’Inde, l’Allemagne, le Brésil et l’Italie. La dépense militaire italienne est estimée par le Sipri, pour 2011, à 34,5 milliards de dollars, équivalents à environ 26 milliards d’euros annuels.  L’équivalent d’une grosse loi de Finances.

    Dans la répartition régionale, l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon totalisent environ 70% de la dépense militaire mondiale : c’est donc la triade, qui jusqu’à présent a constitué le « centre » de l’économie mondiale, qui investit les plus grandes ressources dans le domaine militaire. Ceci a un effet de répercussion sur les régions économiq-tuement moins développées : par exemple, l’Afrique compte à peine 2% de la dépense militaire mondiale, mais l’Afrique du Nord a enregistré la croissance la plus rapide de la dépense militaire dans les sous-régions (109% en termes réels en 2002-2011) et celle du Nigeria aussi est en croissance rapide.

    La dépense militaire continue ainsi à augmenter en termes réels. Selon les estimations du Sipri, elle a grimpé à 250 dollars annuels pour chacun des 7 milliards d’habitants de la planète. Un chiffre apparemment négligeable pour un citoyen moyen d’un pays comme l’Italie. Mais qui, additionné aux autres, devient un fleuve d’argent public qui se perd dans un puits sans fond. Avant même de tuer quand elle est convertie en armes et armées, la dépense militaire tue en soustrayant des ressources vitales à des milliards d’êtres humains.

    Mon commentaire

    Sans commentaire. Laissons les journalistes « de référence » présenter leur meilleur profil à leurs chers annonceurs.

    Ouaip, mais quand même,... ces abrutis prétentieux nous gavent.

    presse,otan

  • Liberté de la presse et protection des sources

    La France se prend une nouvelle remontée de bretelles par la CEDH pour violation de la liberté d’expression (CEDH, Martin, 12 avril 2012, no 30002/08). L’affaire concerne une perquisition ordonnée par un juge d'instruction dans les locaux du quotidien Le Midi Libre pour déterminer les conditions dans lesquelles des journalistes avaient obtenu copie d'un rapport confidentiel de la Chambre régionale des comptes - protégé par le secret professionnel - portant sur la gestion de la région Languedoc-Roussillon.

    Vous trouverez-ci-dessous le texte de l’arrêt, avant de trancher l’affaire, la CEDH a procédé à un rappel du droit applicable en matière de la liberté de la presse et de protection des sources. Voici donc un produit frais, goûteux, et plein de vitamines, en provenance directe du producteur.

    liberté de la presse,cedh

    Un des fondements essentiels d’une société démocratique

    La liberté d’expression constitue l’un des fondements essentiels d’une société démocratique et les garanties à accorder à la presse revêtent une importance particulière (CEDH, Fressoz et Roire, no 29183/95 et Dupuis, no 1914/02).

    La protection des sources journalistiques est l’une des pierres angulaires de la liberté de la presse. L’absence d’une telle protection pourrait dissuader les sources journalistiques d’aider la presse à informer le public sur des questions d’intérêt général. En conséquence, la presse pourrait être moins à même de jouer son rôle indispensable de « chien de garde », et son aptitude à fournir des informations précises et fiables pourrait s’en trouver amoindrie (CEDH Roemen et Schmit, no 51772/99 ; Tillack no 20477/05 ; Thoma,  no 38432/97 ; Cumpănă et Mazăre [GC], no 33348/96).

    La presse joue un rôle essentiel dans une société démocratique ; si elle ne doit pas franchir certaines limites, tenant notamment à la protection de la réputation et aux droits d’autrui ainsi qu’à la nécessité d’empêcher la divulgation d’informations confidentielles, il lui incombe néanmoins de communiquer, dans le respect de ses devoirs et de ses responsabilités, des informations et idées sur toutes les questions d’intérêt général (CEDH, De Haes et Gijsels, 24 février 1997).

    D’une manière générale, la « nécessité » dune quelconque restriction à lexercice de la liberté dexpression doit se trouver établie de manière convaincante. Certes, il revient en premier lieu aux autorités nationales dévaluer sil existe un « besoin social impérieux » susceptible de justifier cette restriction, exercice pour lequel elles bénéficient dune certaine marge dappréciation. Lorsquil y va de la presse, comme en lespèce, le pouvoir dappréciation national se heurte à lintérêt de la société démocratique à assurer et à maintenir la liberté de la presse.

    De même, il convient daccorder un grand poids à cet intérêt lorsquil sagit de déterminer, comme lexige le paragraphe 2 de larticle 10, si la restriction était proportionnée au but légitime poursuivi (CEDH, Goodwin, 27 mars 1996).

    liberté de la presse,cedh

    Les devoirs et responsabilités des journalistes, marge d’appréciation des autorités

    Par ailleurs, il y a lieu de rappeler que toute personne, fût-elle journaliste, qui exerce sa liberté d’expression, assume « des devoirs et des responsabilités » dont l’étendue dépend de sa situation et du procédé technique utilisé (CEDH, Handyside, 7 décembre 1976).

    Ainsi, malgré le rôle essentiel qui revient aux médias dans une société démocratique, les journalistes ne sauraient en principe être déliés, par la protection que leur offre l’article 10, de leur devoir de respecter les lois pénales de droit commun. Le paragraphe 2 de l’article 10 pose d’ailleurs les limites de l’exercice de la liberté d’expression, qui restent valables même quand il s’agit de rendre compte dans la presse de questions sérieuses d’intérêt général (CEDH, Bladet Tromsø et Stensaas [GC], no 21980/93 ; Monnat, no 73604/01 ; Stoll [GC], no 69698/01).

    La garantie que l’article 10 offre aux journalistes, en ce qui concerne les comptes rendus sur des questions d’intérêt général, est subordonnée à la condition que les intéressés agissent de bonne foi sur la base de faits exacts et fournissent des informations « fiables et précises » dans le respect de la déontologie journalistique (CEDH, Colombani, no 51279/99 ; Pedersen [GC], no 49017/99 ; Masschelin, no 20528/05).

    Ces considérations jouent un rôle particulièrement important de nos jours, vu le pouvoir qu’exercent les médias dans la société moderne, car non seulement ils informent, mais ils peuvent en même temps suggérer, par la façon de présenter les informations, comment les destinataires devraient les apprécier. Dans un monde dans lequel l’individu est confronté à un immense flux d’informations, circulant sur des supports traditionnels ou électroniques et impliquant un nombre d’auteurs toujours croissant, le contrôle du respect de la déontologie journalistique revêt une importance accrue.Là où la liberté de la « presse » est en jeu, les autorités ne disposent que d’une marge d’appréciation restreinte pour juger de l’existence d’un « besoin social impérieux », préalable nécessaire à toute mesure d’investigation portant sur les sources d’information des journalistes (CEDH, Editions Plon, no 58148/00).

    En outre, l’article 10 § 2 de la Convention ne laisse guère de place pour des restrictions à la liberté d’expression dans le domaine du discours politique ou des questions d’intérêt général (CEDH, Wingrove, 25 novembre 1996). La Cour doit faire preuve de la plus grande prudence lorsque les mesures prises ou les sanctions infligées par l’autorité nationale sont de nature à dissuader la presse de participer à la discussion de problèmes d’un intérêt général légitime (CEDH, Jersild, 23 septembre 1994).

    Par conséquent, les limitations apportées à la confidentialité des sources journalistiques appellent de la part de la Cour l’examen le plus scrupuleux et une ingérence ne saurait se concilier avec l’article 10 de la Convention que si elle se justifie par un impératif prépondérant d’intérêt public.

    liberté de la presse,cedh

    J. J. Grandville, Descente dans les ateliers de la liberté de la presse, 1832

  • Courroye perd son triple A

    mon_ami_imaginaire_ma_dit_que_javais_un_serie_tshirt-p235951765917106274zvhcz_400.jpgProcureur et mis en examen, c’est rare. Mis en examen pour des actes commis dans le cadre des fonctions, c’est très rare. Encore l’affaire Bettencourt…

    Vu de loin, qui s’intéresse aux « fadettes » des journalistes du Monde ? Qui s’intéresse d’ailleurs au Monde, le journal du consensus mollasson et bien pensant, avec sa poudre de Perlin Pinpin vertueuse. Le Monde, le soporifique édredon de la vie sociale.  

    Il n’en reste pas moins que les faits sont là. Un procureur de la République, et pas n’importe lequel – Nanterre – a été mis en examen pour « collecte illicite de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal et illicite » et « violation du secret des correspondances ». Ah. C’est l’exercice des fonctions qui est en cause.

    Le procureur proteste de cette mise en examen, annonce qu’il va faire appel et refuse de démissionner. Il a bien raison. La loi lui offre des droits pour se défendre, et pourquoi démissionnerait-il alors que cette mise en examen n’est assortie d’aucune mesure de contrôle judiciaire ?

    La prochaine étape, très sérieuse, se tiendra donc devant la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris, qui peut remettre les compteurs à zéro.

    Certes. Mais.

    La Cour  de cassation, le 6 décembre dernier, a confirmé l'annulation de la procédure ouverte par notre ami commun : « L'atteinte portée au secret des sources des journalistes n'était pas justifiée par l'existence d'un impératif prépondérant d'intérêt public et la mesure n'était pas strictement nécessaire et proportionnée au but légitime poursuivi ». On ne part pas de rien.

    Ce qui est en cause, c’est la capacité des journalistes à faire leur job, ce qui passe par le respect du précieux principe de la protection des sources. François Saint-Pierre, l’avocat du Monde, dénonce des pratiques  qu'il assimile à de « l'espionnage ». Courroye/Poutine, même combat ? « Le but du Monde est d'obtenir un procès devant le tribunal correctionnel de Paris, afin que la justice sanctionne cette atteinte délibérée au secret des sources commises par le procureur. Ce qui est en jeu est l'avenir de la liberté de la presse car le respect du secret des sources en est la condition essentielle ».

    Si la chambre d’instruction confirmait la mise en examen, cela établirait, selon les termes de l’article 80-1 du Code de procédure pénale « qu’il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable » que le procureur a « pu participer, comme auteur ou comme complice, à la commission des infractions ». Serait-il possible alors de laisser le procureur en fonction, et dans le même tribunal, pendant le long temps de la procédure ?

    Courroye, même s’il s’en défend, était dans les papiers de Sarkozy pour être nommé procureur de la République à Paris. L’affaire Bettencourt l’en a empêché, et le conduit aujourd’hui à cette mise en examen. Les procureurs sont les pivots du système judiciaire, et le rapprochement avec le pouvoir politique, loin de le protéger, les affaiblit. Cette affaire doit être le feu vert conduisant le prochain pouvoir – Sarko, Hollande ou Bayrou – à donner l’indépendance fonctionnelle au Parquet.

    liberté d'expression,mise en examen

    Justice : le problème du cordon ombilical

  • Génocide : Sarkozy menacé par sa propre loi ?

    9782711014965FS.gifLa loi sur la pénalisation de la négation du génocide arménien sera-t-elle votée ? Rien n’est impossible car il suffit qu’une majorité se dégage au Sénat. Sarkozy veut en faire un acte d’autorité, alors on peut penser que la proposition de loi sera inscrite, comme priorité, à l’ordre du jour du Sénat.

    Ok. Mais s’il persiste dans ses propos publics, Sarkozy pourrait bien être le premier justiciable de cette loi...

    En effet, qu’a-t-il déclaré hier ? « Je respecte les convictions de nos amis turcs, c'est un grand pays, une grande civilisation, il faut respecter les nôtres ».

    Rien de bien grave,… sauf si la loi est votée. Regardons cette phrase de près.

    D’abord, le génocide arménien est une affaire de convictions personnelles, et non le résultat de preuves intangibles, qui s’imposent à tous. Dans cette phrase, le génocide ne relève pas du fait, ni de la vérité objective, mais du subjectivisme de la pensée. On n’est pas sur le registre de la preuve factuelle, mais sur celui de la conviction.

    Surtout, ces convictions sont d’autant plus faibles… que sont admises et respectées les convictions contraires. Sarkozy « respecte les convictions de nos amis turcs », c’est-à-dire la contestation du génocide.

    Dans cette phrase, le génocide devient une opinion, dont sont convaincus les Français, et dont ne sont pas convaincus les Turcs. Sarkozy appelle au respect mutuel des ces opinions contraires, c’est-à-dire qu’il exprime l’idée que la contestation du génocide, énoncée avec force par le premier ministre Erdogan, est une opinion qui mérite le respect. Ce faisant il accrédite la thèse que la vérité n’est pas établie.

    Pour respecter la loi, son propos aurait du être simple : « Le génocide est une vérité historique et juridique indiscutable. C’est une aberration de la contester ».

    Aussi, le propos se trouve dans le champ d’approche du négationnisme. La jurisprudence sanctionne le fait de nier l’existence des crimes, mais aussi de douter de leur existence ou de les minimiser de manière outrancière. Toute remise en cause de l’existence des crimes, même de manière déguisée et dubitative, tombe sous le coup de la loi. Si la même phrase avait été prononcée à propos du génocide juif, des poursuites auraient été engagées.  

    Ajoutons que les dirigeants politiques turcs seraient de fait interdits de séjour en France... sauf à passer par le tribunal avant de rentrer au pays...

    Qui peut faire comprendre à nos parlementaires qu’il faut retrouver la raison, et remiser cette loi ?

    génocide,négationnisme

  • Lady Gaga menace la Chine

    lady-gaga-judas.jpgLa Chine n’a peur ni d’Obama, ni de Merkel, ni de Sarkozy, ni de Poutine, ni du CNT, ni de Harlem Désir. Inattaquable ! Qu’on se le dise ! C’est Number One.

    La grande puissance chinoise file les jetons aux US comme un commis de banque réveille ses clients le matin pour leur demander de combler le découvert. L’industrie chinoise gagne les grands marchés, la banque chinoise est devenue le FMI de l’Afrique, la diplomatie chinoise fait valser les sommets économiques du G8 au G 20 et autres blagues du même genre, les sportifs chinois raflent les médailles aux JO, et demain ils gagneront la coupe de monde de foot. Ils sont les meilleurs et rien ne fait peur aux lumineux dirigeants du grandiose Parti Communiste Chinois.  

    Rien ? Rien ?

    Si, il reste une puissance au monde qui fait trembler la Chine, et cette puissance c’est Lady Gaga.

    Le ministre de la Culture vient d’ordonner la censure de Lady Gaga, pour le tire «Judas» et les chansons de l'album « Born This Way », en expliquant que cette mesure est destinée à préserver la « sécurité culturelle nationale ». Rien de moins. Les sites internet ont été avisés ce 19 août. Ils ont jusqu'au 15 septembre pour s'« autocorriger » en supprimant les chansons, et à défaut ce sera un camp de vacances dans les steppes pour apprendre des chants révolutionnaires, et travailler gratis pour l’Etat.

    Vilaine Lady Gaga qui menace la sécurité culturelle nationale…

    Ce qui est le plus drôle là dedans, c’est bien sûr qu'ils sont sincères. S’ils censurent Lady Gaga, c’est qu’ils sont pétrifiés de trouille. Il faut donc imaginer…

    -          Alors  Chéri, en forme ce matin ?chine,censure

    -          Oh la la, ma douce, ça sera une journée très dure. Je préfère ne pas prendre de café. Il faut que je garde un calme absolu alors que m’attend la pire des épreuves…

    -          Je te prépare de la camomille… Mais que va-t-il t’arriver ? Ils t'ont muté au service de la gestion de la dette US ?

    -          Non,… Mais j’aurais préféré !

    -          Tu me fais peur. Dis-moi ce qu’il en est ? J’ai connu la guerre et la Révolution, et je suis prête à tout entendre.

    -          C’est très dur de dire tout ça… Voilà : le 59° bureau de la 9° sous-commission du vice-secrétariat central m’a nommé pour présider le jury qui doit écouter les chansons de Lady Gaga.

    -          Oh mon Dieu, c’est affreux !

    -          Ca fait trois jours que je le sais, et trois nuits que je n’en dors plus.

    -          Pourquoi… Mais pourquoi t’ont-ils désigné ? C’est trop dur. Tu avais du retard dans le paiement de la cotisation au Parti ?

    -          Non, rien. Ils me disent que c’est bon pour ma carrière. C’est quand même la sécurité culturelle nationale qui en jeu ! C’est signe qu’ils me font confiance. Mais c’est horrible. Nous avons 8 clips à voir dans la journée… Le titre « Judas » et l'album « Born This Way ».

    -          Ecoute, je ne veux pas me mêler de ces affaires, mais je ne veux pas de voir malheureux. Comme elle chante en anglais, tu fais abstraction et tu regardes au plafond pendant les projections.

    -          Impossible. Il y aura un traducteur !Lady-Gaga4.jpg

    -         C’est idiot, nous sommes en Chine…

    -          Oui, mais tu sais hélas que le Parti a dû accepter qu’une part de notre jeunesse apprenne l’anglais. C’est nécessaire pour défendre notre argent.

    -          L’anglais, c’est le cheval de Troie...

    -          Nous devons être très vigilants. Imagine notre jeunesse qui devienne insouciante comme Lady Gaga, et se mette à chanter et à danser en se tortillant les fesses.

    -          Tu as raison. Sois courageux, et fais ton devoir en pensant à l’avenir. La Chine se lève devant les nippons, et elle le fera devant les zazous…

    -          J’espère qu’ils ne vont pas nous brouiller l’écoute.

    -          Nous devons être prudents. Tu sais qu’ils parient sur la Chine. Oui, mais pourquoi aujourd’hui ? Ils auraient du te laisser un peu de temps pour te préparer.

    -          Ils m’ont laissé le choix dans la date. Tôt ou tard, il faut assumer. Je ne peux pas annuler cette petite enquête, même si j’ai du tracas jusqu’au cou. Ma grande peur, c’est que ça me donne moi aussi envie de danser… de rigoler… de déconner un bon coup sans gêner personne…  de prendre une cuite… de ne pas me prendre au sérieux… Tous ces trucs insensés…

    -          Mais non, ne t’en fais pas. Tu as eu une bonne éducation. Ce soir pour te réconforter, on regardera ensemble la compil’ des chants de l’Armée Rouge.

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    Enfin, de l'art !

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