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presse - Page 5

  • Encore une fessée pour BHL

    62115746.jpgLe farceur journaliste BHL, grand défenseur des droits de l’homme du boulevard Saint-Germain, se prend une nouvelle raclée. Quel clown…

    Cette fois-ci, le petit malin s’est baissé au moment de la claque, c’est la grande savate mystique, euh le grand savant mythique, Franz-Olivier Giesbert qui revoit la baffe. Administrée par le TGI de Paris, qui, alors que l’encre du jugement de Zemmour est à peine sèche, assaisonne BHL et FOG. Bien sûr, nos petits Moubarak en culotte courte continueront dès demain à pérorer, comme si de rien n’était.

    Dans Le Point du 23 décembre 2010, l’inénarrable BHL, l’homme qui écrit plus vite qu’il ne pense, celui qui sait tout sans avoir à étudier, et qui invente quand l’étude ne suit pas ses désirs, s’excite contre les apéros saucisson-pinards et, tout rouge dans sa chemise toute blanche, dénonce comme  « un crachat au visage de la République » le « nouveau rapprochement rouge-brun qui voit les crânes rasés du Bloc identitaire fricoter, sur le dos des musulmans de France, avec tel ancien du Monde diplo, Bernard Cassen. » Genre : « depuis le temps que je vous le disais, tous les mêmes, il n’y a que moi, digne défendeur des valeurs US, qui tienne le cap. Sauf que notre divin allumé a confondu Pierre Cassen, animateur de la crapoteuse Riposte Laïque avec Bernard Cassen, l’ancien directeur du Monde Diplomatique.

    Etre réduit à un crachat et assimilé aux porteurs d’eau du FN, laïcistes forcenés (Marine en tête au premier tour, merci les petites mains…) çà méritant un bon procès en diffamation.

    Mais Bernard Cassen est définitivement un mec calme, et il se contente d’adresser au Point un droit de réponse :

    « Dans Le Point du 14/01/2000, C. Imbert intitulait son éditorial “Sartre, la passion de l’erreur”. Dans le numéro daté 23-30/12/2010, il aurait pu reprendre le même titre en remplaçant “Sartre” par “BHL”. Dans son bloc-notes, en effet, M. Lévy me confond avec un homonyme, Pierre Cassen, et me prête des positions aux antipodes de tous mes engagements citoyens, me causant ainsi un préjudice moral considérable. L’erreur peut décidément devenir une passion : au cours des derniers mois, M. Lévy a cité – sans rire – un philosophe imaginaire, J-B Botul, et s’en est pris au journaliste Frédéric Taddéi, confondu avec le footballeur Rodrigo Taddéi. Du vrai travail de professionnel…zgot76jl.jpg

    « Bernard Cassen, ancien directeur général du Monde diplomatique ».

    Grace à la bonhommie de Bernard Cassen, FOG et BHL échappent à la correctionnelle… Mais loin de se calmer, FOG refuse de publier ce droit de réponse, alors que c’est là une obligation légale très encadrée comme le rappelle le tribunal : « Le directeur de la publication ne peut refuser l’insertion que si la réponse est contraire aux lois, aux bonnes mœurs, à l’intérêt légitime des tiers ou à l’honneur du journaliste, ou si elle est dénuée de corrélation avec l’article qu’elle vise. »

    Motif ? Pour FOG, le texte de Bernard Cassen « porterait atteinte à l’honneur du journaliste, Bernard-Henri Lévy, en ce qu’il lui imputerait une ‘passion de l’erreur’ en citant d’autres erreurs qu’il aurait commises et contiendrait un commentaire ironique : “du vrai travail de professionnel” ». FOG protège son petit chéri, comme c’est mignon…

    Le tribunal remet les choses en ordre : « Le rappel de ces erreurs ne présentait pas de caractère offensant et était assez anodin, tout comme l’était le ton, certes sarcastique de cette réponse, mais sans aucune commune mesure avec la gravité et la virulence des attaques dont Bernard Cassen était l’objet dans l’article litigieux. »

    Le Point est donc condamné à publier le droit de réponse. J’espère que BHL, le fabuliste chauffé par les gaz US, ne va pas déprimer.

     

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    Les clowns blancs travaillent dur
    Le clown BHL devrait suivre l'exemple
  • Brice a rendez-vous au tribunal

    maigret_tend_un_piege02.jpgBrice Hortefeux assigné en référé par David Senat, l’ancien conseiller de MAM. Cette procédure n’est pas rien, et elle nous montre le premier flic de France pris dans un joli piège.

    La scène s’est tenue le 17 octobre, sur RTL, pour le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro

    Un journaliste demande dans quelles conditions David Sénat, ancien membre du cabinet de MAM « qui a été présenté comme une des sources du journal », a été identifié.

    Réponse de l’auvergnat de Neuilly : « Cette vérification de la police a confirmé qu’effectivement un haut fonctionnaire, magistrat, membre de cabinet ministériel, ayant donc accès à des documents précisément confidentiels, alimentait selon ces sources, vérifiées, un journaliste sur des enquêtes. (…) Je dis que ça tombe sous le coup du non-respect du secret professionnel. »

    Vous êtes comme moi, auditeur moyen de RTL, et vous avez compris comme moi. Le sinistre de l’intérieur valide la question du journaliste et accuse David d’avoir transmis des informations confidentielles, en violation du secret professionnel.  

    Le Monde n’avait pas apprécié et avait déposé plainte pour violation du secret des sources. La loi n° 2010-1 du 4 janvier 2010, modifiant l’article 2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, dispose  : « Le secret des sources des journalistes est protégé dans l'exercice de leur mission d'information du public. » La loi ajoute qu’il ne peut être porté atteinte au secret des sources que « si un impératif prépondérant d'intérêt public le justifie ».  L’affaire Bettencourt comme impératif prépondérant d’intérêt public… hum, hum !

    La transmission d’informations a-t-elle eu lieu ? L’enquête le dira, mais David conteste : « M. Sénat, depuis le début de cette affaire hautement médiatisée, doit supporter la publication de nombreux articles et propos attentatoires à la présomption d’innocence qui lui est due, alors qu’il réfute être à l’origine d’une quelconque divulgation. »

    Allons, mon bon Brice, un membre d’un cabinet n’est pas tenu au secret professionnel ! Cette infraction, définie depuis le premier Code pénal de 1810, sanctionne la transgression de secrets confiés lors de confidences, genre médecin ou avocat. Personne ne confie de telles confidences aux membres d’un cabinet ministériel. Tu te gaufres en présentant David comme coupable alors qu’il n’est pas même poursuivi pour cette infraction...3653-b-maigret-tend-un-piege.jpg

    Un proche collaborateur du ministre qui transmet des informations confidentielles commet une faute disciplinaire. Mais icelui collaborateur n’a pas été sanctionné. Il a reçu au contraire une nouvelle affectation, témoignant de la confiance du ministre, car il s’agit d’étudier la création d’une cour d’appel, en Guyane, pour les juridictions des tropiques.

    Selon l’assignation délivrée par David, « M. Hortefeux a violé, de manière évidente, l’article 9-1 du code civil qui protège la présomption d’innocence des personnes. » Il s’agit à d’«affirmations péremptoires et accusatrices», «lourdement attentatoires à la présomption d'innocence». David réclame 10.000 euros de dommages et intérêts, et la publication d’un communiqué. Audience ce 29 novembre.

    Que dit l’article 9-1 du code civil ?

    « Chacun a droit au respect de la présomption d'innocence.

    « Lorsqu'une personne est, avant toute condamnation, présentée publiquement comme étant coupable de faits faisant l'objet d'une enquête ou d'une instruction judiciaire, le juge peut, même en référé, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que l'insertion d'une rectification ou la diffusion d'un communiqué, aux fins de faire cesser l'atteinte à la présomption d'innocence, et ce aux frais de la personne, physique ou morale, responsable de cette atteinte. »

    C’est l’un des rares cas permettant au juge des référés d'allouer des dommages et intérêts.  

    Que dit la jurisprudence ?

    La présomption d'innocence est commise lorsque les propos incriminés « ne retiennent aucun élément à décharge, ni aucun usage du conditionnel, et contiennent des conclusions définitives tenant pour acquise la culpabilité de la personne visée (Cour de cassation, 1° chambre civile, 20 mars 2007, n° 05-21541).  « L’application de l'article 9-1 est justifiée par la seule constatation d'une atteinte publique au respect de la présomption d'innocence » (Cour de cassation, 1° chambre civile, 20 mars 2007, n° 05-21929).  C’est un constat objectif, et il n’est pas nécessaire de prouver que l’auteur des propos était de mauvaise foi (Cour de cassation, Assemblée plénière, 21 décembre 2006, n° 00-20493).

    Après avoir validé l’interrogation du journaliste, Brice a-t-il retenu des éléments à décharge ? A-t-il fait usage du conditionnel ? A-t-il présenté comme acquise la culpabilité de David ?

    On ne connait pas tout du dossier, et soyons prudents. Mais vous avez suffisamment d’informations en main pour apprécier l’acuité de cette fine procédure civile.

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    N'écoutant que son courage, Brice se lance dans l'aventure
  • Pas assez de polygamie ? On en invente !

    gerome-piscine-harem-1164289179a.jpgBintou, 32 ans, est la troisième femme d’un malien de soixante ans, et dans la cité des Bosquets, à Montfermeil, le harem n'est pas franchement joyeux. Bintou souffre et son gamin Samba part en vrille. Bagarres et petits larcins, la police est déjà venue à la maison, où tout est en vrac.

    L’excellent Le Point a décidé de jouer franco et publie un gros dossier qui fait la Une « Ce qu’on n’ose pas dire ». Enfin, on va tout savoir. A l’intérieur, c’est une double-page sur la polygamie, titrée « Un mari, trois épouses », et en sous titre : « Témoignage : rencontre à Montfermeil avec des familles polygames ». Trois journalistes pour faire ce reportage : Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé et Olivia Recasens. Sur les grandes questions, Le Point ne lésine pas sur les moyens. Le sérieux est la marque de la maison.

    Les journalistes n’en sont pas restés aux rumeurs ou aux approximations. Ils sont allés à la rencontre de Bintou, une jeune femme malienne de 32 ans, qui est la troisième épouse d’un « Malien d’une soixantaine d’années ».

    Pour les journalistes, c’est comme revenir du front, car le harem de Bintou, ce n’est pas le lupanar : « Cité des Bosquets, à Montfermeil (Seine-Saine-Denis), bâtiment 5. Dans le F4, au troisième étage, s'entassent une douzaine d'enfants et deux femmes qui partagent le même mari, un Malien d'une soixantaine d'années. A l'étage au-dessous vit la plus âgée des épouses, avec quatre enfants ». Un bon coup à assombrir Montfermeil, ne pas s’en priver.

    Bintou a ému les journalistes, qui décrivent « une jeune femme au joli visage légèrement scarifié de chaque côté des yeux ». Bintou raconte son calvaire. Elle a « l’impression d’être prisonnière : Je peux pas partir, j’ai pas de travail, pas de maison, pas de famille.» Côté vie familiale, ce n’est pas simple avec son fils aîné, Samba : « A l’école ça va pas, et maintenant il fait des bêtises. Des fois il veut me donner de l’argent, je sais que ça a été volé ». Et à la maison, on s’en doute, c’est la cata. Semba s’était battu avec un autre enfant qui l’accusait de vol, et la police est venue. Et les journalistes ne peuvent constater : « Le père, une fois encore, n’était pas là ». The-Harem-Bathing.jpg

    « Samba est-il en train de mal tourner parce qu’il vit dans une famille polygame? » Quelques mots de la maman qui le reconnait plus ou moins, et les journalistes nous expliquent pourquoi, témoignages et preuves à l’appui. Eh, oui la polygamie est un drame.

    Mais ce qui semble aussi être un drame, c’est la conjonction d’un certains nombre de facteurs : nous prendre pour des crétins, agiter les peurs, et focaliser tous les problèmes du pays sur les étrangers. Avec pour bien faire prendre la sauce, le ton glorieux du journaliste qui pratique comme un charlatan.

    Car Le Point nous roule dans la farine après s'être fait rouler dans la farine, et Arrêt sur images raconte l’histoire par le menu détail. Pas triste !

    Bintou, c’est Abdel, un jeune du coin contacté comme fixeur pour les journalistes, un type qui donne des contacts. Le journaliste du Point l’a appelé, sans le connaitre directement mais par recommandation, et lui a demandé le contact d’une femme vivant en polygamie. Pas de problème pour Abdel qui a inventé Bintou, les deux autres femmes, le F4 des Bosquets et toute la sauce. Il a juste dit que Bintou ne voulait pas de rencontre directe avec le journaliste, mais qu’elle accepterait de parler au téléphone. Et rendez-vous a été pris.

    Au téléphone, c’est Abdel qui répond en imitant une voix féminine, et qui raconte toutes les salades qui vont remplir de joie les journalistes. Bien sûr, il se filme pendant qu’il est au téléphone, pour immortaliser cette bonne rigolade. Les journalistes ne vérifient rien, et ajoutent des détails, allant du joli visage aux scarifications vers les yeux, comme dans les films, et plein d’autres infos de première main. Un bon gros bidonnage au service des idées reçues.

    Après la publication, Abdel a publié la cassette de sa causette, expliquant en avoir assez de voir son quartier trainé dans le boue, et avoir voulu vérifier les méthodes des journalistes sur ce genre de reportage. Bonne pioche, Abdel !

    Comme disait la chanson : « Ah les filles, ah les filles, elles nous rendent marteau… »

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    Polygamie : N'écoutant que son courage, un journaliste du Point enquête sur le terrain
  • Liberté de la presse et protection des sources

    La France se prend une nouvelle remontée de bretelles par la CEDH pour violation de la liberté d’expression (CEDH, Martin, 12 avril 2012, no 30002/08). L’affaire concerne une perquisition ordonnée par un juge d'instruction dans les locaux du quotidien Le Midi Libre pour déterminer les conditions dans lesquelles des journalistes avaient obtenu copie d'un rapport confidentiel de la Chambre régionale des comptes - protégé par le secret professionnel - portant sur la gestion de la région Languedoc-Roussillon.

    Vous trouverez-ci-dessous le texte de l’arrêt, avant de trancher l’affaire, la CEDH a procédé à un rappel du droit applicable en matière de la liberté de la presse et de protection des sources. Voici donc un produit frais, goûteux, et plein de vitamines, en provenance directe du producteur.

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    Un des fondements essentiels d’une société démocratique

    La liberté d’expression constitue l’un des fondements essentiels d’une société démocratique et les garanties à accorder à la presse revêtent une importance particulière (CEDH, Fressoz et Roire, no 29183/95 et Dupuis, no 1914/02).

    La protection des sources journalistiques est l’une des pierres angulaires de la liberté de la presse. L’absence d’une telle protection pourrait dissuader les sources journalistiques d’aider la presse à informer le public sur des questions d’intérêt général. En conséquence, la presse pourrait être moins à même de jouer son rôle indispensable de « chien de garde », et son aptitude à fournir des informations précises et fiables pourrait s’en trouver amoindrie (CEDH Roemen et Schmit, no 51772/99 ; Tillack no 20477/05 ; Thoma,  no 38432/97 ; Cumpănă et Mazăre [GC], no 33348/96).

    La presse joue un rôle essentiel dans une société démocratique ; si elle ne doit pas franchir certaines limites, tenant notamment à la protection de la réputation et aux droits d’autrui ainsi qu’à la nécessité d’empêcher la divulgation d’informations confidentielles, il lui incombe néanmoins de communiquer, dans le respect de ses devoirs et de ses responsabilités, des informations et idées sur toutes les questions d’intérêt général (CEDH, De Haes et Gijsels, 24 février 1997).

    D’une manière générale, la « nécessité » dune quelconque restriction à lexercice de la liberté dexpression doit se trouver établie de manière convaincante. Certes, il revient en premier lieu aux autorités nationales dévaluer sil existe un « besoin social impérieux » susceptible de justifier cette restriction, exercice pour lequel elles bénéficient dune certaine marge dappréciation. Lorsquil y va de la presse, comme en lespèce, le pouvoir dappréciation national se heurte à lintérêt de la société démocratique à assurer et à maintenir la liberté de la presse.

    De même, il convient daccorder un grand poids à cet intérêt lorsquil sagit de déterminer, comme lexige le paragraphe 2 de larticle 10, si la restriction était proportionnée au but légitime poursuivi (CEDH, Goodwin, 27 mars 1996).

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    Les devoirs et responsabilités des journalistes, marge d’appréciation des autorités

    Par ailleurs, il y a lieu de rappeler que toute personne, fût-elle journaliste, qui exerce sa liberté d’expression, assume « des devoirs et des responsabilités » dont l’étendue dépend de sa situation et du procédé technique utilisé (CEDH, Handyside, 7 décembre 1976).

    Ainsi, malgré le rôle essentiel qui revient aux médias dans une société démocratique, les journalistes ne sauraient en principe être déliés, par la protection que leur offre l’article 10, de leur devoir de respecter les lois pénales de droit commun. Le paragraphe 2 de l’article 10 pose d’ailleurs les limites de l’exercice de la liberté d’expression, qui restent valables même quand il s’agit de rendre compte dans la presse de questions sérieuses d’intérêt général (CEDH, Bladet Tromsø et Stensaas [GC], no 21980/93 ; Monnat, no 73604/01 ; Stoll [GC], no 69698/01).

    La garantie que l’article 10 offre aux journalistes, en ce qui concerne les comptes rendus sur des questions d’intérêt général, est subordonnée à la condition que les intéressés agissent de bonne foi sur la base de faits exacts et fournissent des informations « fiables et précises » dans le respect de la déontologie journalistique (CEDH, Colombani, no 51279/99 ; Pedersen [GC], no 49017/99 ; Masschelin, no 20528/05).

    Ces considérations jouent un rôle particulièrement important de nos jours, vu le pouvoir qu’exercent les médias dans la société moderne, car non seulement ils informent, mais ils peuvent en même temps suggérer, par la façon de présenter les informations, comment les destinataires devraient les apprécier. Dans un monde dans lequel l’individu est confronté à un immense flux d’informations, circulant sur des supports traditionnels ou électroniques et impliquant un nombre d’auteurs toujours croissant, le contrôle du respect de la déontologie journalistique revêt une importance accrue.

    Là où la liberté de la « presse » est en jeu, les autorités ne disposent que d’une marge d’appréciation restreinte pour juger de l’existence d’un « besoin social impérieux », préalable nécessaire à toute mesure d’investigation portant sur les sources d’information des journalistes (CEDH, Editions Plon, no 58148/00).

    En outre, l’article 10 § 2 de la Convention ne laisse guère de place pour des restrictions à la liberté d’expression dans le domaine du discours politique ou des questions d’intérêt général (CEDH, Wingrove, 25 novembre 1996). La Cour doit faire preuve de la plus grande prudence lorsque les mesures prises ou les sanctions infligées par l’autorité nationale sont de nature à dissuader la presse de participer à la discussion de problèmes d’un intérêt général légitime (CEDH, Jersild, 23 septembre 1994).

    Par conséquent, les limitations apportées à la confidentialité des sources journalistiques appellent de la part de la Cour l’examen le plus scrupuleux et une ingérence ne saurait se concilier avec l’article 10 de la Convention que si elle se justifie par un impératif prépondérant d’intérêt public.

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    J. J. Grandville, Descente dans les ateliers de la liberté de la presse, 1832 

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