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racisme - Page 4

  • Taubira - Minute : Pas si simple…

    Et nous voilà obligés de nous intéresser à l’hebdo Minute… Ce soir, c’est la curie, et c’est rarement bon signe… Alors ?

    La Une de Minute pue…9782908056693FS.gif

    Oui, mais c’est Minute…. Ce journal n’est pas tombé de la dernière pluie, et il a évidemment ajusté sa Une avec les conseils d’un avocat rompu à ce si particulier droit de la presse, pour arriver à un risque réel, mais faible. Le journal Minute a fait un bilan avantages/inconvénients et fonce. Avec toute cette agitation, ce vieux papy d’extrême droite se paie la petite érection dont il rêvait. C’est touchant…

    Taubira a dit ne vouloir rien faire…

    C’est un point de vue bien compréhensible. Attaquer celui qui vous attaque a pour effet réflexe de lui donner de l’importance. On hésite toujours entre le procès et la chasse d’eau. Les deux sont efficaces.

    Mais Ayrault a saisi le procureur…

    Pour comprendre cette affaire, il faut se rappeler que toutes les problématiques liées à des publications racistes ou xénophobes passent par la loi sur la presse. On ne peut pas raisonner simplement comme « voilà ce que j’en pense ». Il faut poser la question « que permet la loi sur la presse ? »

    L’action d’office du Parquet est-elle possible ?

    On va bientôt le savoir, mais il faut trancher une question très sérieuse.

    S’agissant d’un membre du gouvernement, joue l’article 48-1° bis : « Dans les cas d'injure et de diffamation envers un membre du Gouvernement, la poursuite aura lieu sur sa demande adressée au ministre de la justice ». Donc, seule la personne concernée peut prendre l’initiative de la plainte.  

    Ensuite, on trouve dans le même article 48, le 6° ainsi rédigé : « 6° Dans le cas de diffamation envers les particuliers prévu par l'article 32 et dans le cas d'injure prévu par l'article 33, paragraphe 2, la poursuite n'aura lieu que sur la plainte de la personne diffamée ou injuriée. Toutefois, la poursuite, pourra être exercée d'office par le ministère public lorsque la diffamation ou l'injure aura été commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».

    Ainsi, quand un particulier est victime d’une injure ou d’une diffamation, et qu’il ne veut pas agir, l’affaire en reste là. Si l’injure ou la diffamation qui vise ce particulier a un caractère xénophobe, le Parquet peut agir d’office, au motif que toute la société est atteinte par le racisme.

    Est-ce que ce pouvoir du Parquet joue pour un membre du gouvernement ? A la lecture du texte, ça ne me parait pas évident, car le rôle d’office du Parquet concerne le 6° pour les particuliers, et on ne retrouve pas au 1° bis la même disposition pour les membres du gouvernement. Bref, si un ministre fait l’objet d’une injure ou d’une diffamation raciale et qu’il refuse de porter plainte, le Parquet peut-il agir d’office ? Seuls les spécialistes du droit de la presse peuvent répondre. Peut-être existe-t-il une jurisprudence sur ce point, mais c’est loin d’être évident, car le cas – attaque xénophobe contre un ministre qui refuse de porter plainte – ne sont pas si fréquent.

    Alors cette plainte d’Ayrault ?9782711008544FS.gif

    C’est surtout de la com’. Ayrault utilise l’article 40 alinéa 2 du Code de procédure pénale : « Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ». Ce n’est pas une plainte mais une dénonciation de faits, qui ne change pas grand-chose, car le procureur de Paris n’a pas attendu le fax d’Ayrault pour savoir que Minute avait sorti sa Une pourave. C’est une forme d’appel solennel, mais ça n’engage pas l’action en justice.

    Alors ?

    C’est au Parquet d’estimer la suite qu’il convient de donner, par un examen d’opportunité prévu à l’article 40-1… ce sous réserve que le Parquet puisse agir d’office, sans la plainte de la ministre. Le Parquet a sûrement de bonnes interprétations de la loi sous le coude, et on sera bientôt fixé.

    Admettons que l’action d’office du Parquet soit possible… Doit-il l’utiliser ?

    S’agissant d’une attaque qui touche tant à l’intimité, et avec un procès qui aurait beaucoup d’impacts politiques, il ne me parait pas bien bon qu’un ministre, haut représentant de l’Etat, et qui plus est Garde des Sceaux, puisse se faire forcer la main, en se retrouvant engagé dans un procès sans le vouloir.

    Après une attaque aussi vicieuse, et dans la mauvaise ambiance du moment, un petit temps de réflexion ne serait peut-être pas de trop. Car le problème n’est pas Minute, mais le racisme, sous toutes ses formes.

    SOS Racisme avait annoncé dans l’après-midi l’engagement d’une procédure…

    Sans plainte personnelle de Taubira, l’association ne peut pas enclencher les poursuites. Quelle précipitation…

    Injure raciale ?

    Il y a beaucoup de ruse dans cette Une, avec trois éléments qui, pris isolément, ne sont pas problématiques. La photo de Taubira n’est pas flatteuse, mais elle est correcte, et les deux phrases « maligne comme un singe » et «  Taubira retrouve la banane» ne sont pas xénophobes en elles-mêmes. Pour entrer dans la condamnation, il faut associer les trois éléments et les interpréter dans le contexte de l'actualité générale. Un tribunal peut le faire, en retenant que Minute sait très bien pourquoi il fait ce montage aujourd’hui, mais la défense de Minute ne serait pas sans argument, sur le terrain de l’humour de provocateur et mauvais goût. Minute se régalerait à mettre en avant le niveau de tolérance admis pour d’autres hebdos…

    Le ministre de l’intérieur envisage l’interdiction à la vente…

    C’est hors de propos, car le ministre de l’Intérieur n’a aucune compétence en la matière. C’est pour lui une occasion de faire oublier la plainte très solide déposée contre lui par le MRAP hier matin, pour incitation à la haine raciale à l’encontre des Roms.

    Les interdictions de diffusion sont exceptionnelles, car il faut se situer dans le registre du dommage non réparable. Mais surtout, seule la personne concernée peut agir, et par la voie civile du référé (Code de procédure civile, art. 808 et 809).

     

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  • Jules Ferry: La supériorité de la race blanche, justification du colonialisme

    Le racisme en France, comme une maladie de notre société, inquiète devant les bouleversements de la mondialisation ? Non, le racisme revendiqué et raisonné est permanent dans notre histoire. Voici, à la tribune de la Chambre des députés, le 28 juillet 1885, un éloge de la supériorité de la race blanche : « Il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ». Mais quel est ce rat, juste bon pour la correctionnelle ? C’est Jules Ferry, idolâtré comme l’incarnation des valeurs de la République... Je rappelle que pour inaugurer son mandat, François Hollande lui avait rendu hommage, le 15 mai 2012.

    Oui, mais j’entends déjà : « Il ne faut pas tout mêler, et Jules Ferry a fait des choses très bien pour l’école… ». Non, non, non : il faut admettre les faits, le racisme congénital au cœur de la République. Comment traiter un problème si on refuse de l’examiner ? Le jour où la France voudra réellement se donner une politique pour combattre le racisme, elle devra commencer par regarder son histoire et sa République en face. Et débaptiser une kyrielle de rues et d’écoles… Ce serait la fin d’un scandale. Dégagez-moi des écoles cette crapule qui fondait son action politique sur le devoir des races supérieures…

    Je reproduis ici l’extrait de son discours du 28 juillet 1885, issu des archives de l’Assemblée nationale.

    Après avoir fait un éloge de la politique coloniale, condition du progrès économique de la France, Jules Ferry en vient au second point : « le côté humanitaire et civilisateur de la question ».

     racisme,république

    M. Jules Ferry. Sur ce point, l'honorable M. Camille Pelletan raille beaucoup, avec l'esprit et la finesse qui lui sont propres ; il raille, il condamne, et il dit : Qu'est ce que c'est que cette civilisation qu'on impose à coups de canon ? Qu'est-ce sinon une autre forme de la barbarie ? Est-ce que ces populations de race inférieure n'ont pas autant de droits que vous ? Est-ce qu'elles ne sont pas maîtresses chez elles ? Est-ce qu'elles vous appellent ? Vous allez chez elles contre leur gré ; vous les violentez, mais vous ne les civilisez pas.

    Voilà, messieurs, la thèse ; je n'hésite pas à dire que ce n'est pas de la politique, cela, ni de l'histoire : c'est de la métaphysique politique... (Ah ! ah ! à l'extrême gauche.)

    Voix à gauche. Parfaitement !Jules_Ferry_1951_GF.jpg

    M. Jules Ferry ... et je vous défie - permettez-moi de vous porter ce défi, mon honorable collègue, monsieur Pelletan -, de soutenir jusqu'au bout votre thèse, qui repose sur l'égalité, la liberté, l'indépendance des races inférieures. Vous ne la soutiendrez pas jusqu'au bout, car vous êtes, comme votre honorable collègue et ami M. Georges Perin, le partisan de l'expansion coloniale qui se fait par voie de trafic et de commerce.

    Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... (Rumeurs sur plusieurs bancs à l'extrême gauche.)

    M. Jules Maigne. Oh ! vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l'homme !

    M. de Guilloutet. C'est la justification de l'esclavage et de la traite des nègres !

    M. Jules Ferry. Si l'honorable M. Maigne a raison, si la déclaration des droits de l'homme a été écrite pour les noirs de l'Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? Ils ne vous appellent pas ! (Interruptions à l'extrême gauche et à droite. - Très bien ! très bien ! sur divers bancs à gauche.)

    M. Raoul Duval. Nous ne voulons pas les leur imposer ! C'est vous qui les leur imposez !

    M. Jules Maigne. Proposer et imposer sont choses fort différentes !

    M. Georges Périn. Vous ne pouvez pas cependant faire des échanges forcés !

    M. Jules Ferry. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d'approbation sur les mêmes bancs à gauche - Nouvelles interruptions à l'extrême gauche et à droite.)

    M. Joseph Fabre. C'est excessif ! Vous aboutissez ainsi à l'abdication des principes de 1789 et de 1848... (Bruit), à la consécration de la loi de grâce remplaçant la loi de justice.

    M. Vernhes. Alors les missionnaires ont aussi leur droit ! Ne leur reprochez donc pas d'en user ! (Bruit.)

    M. le président. N'interrompez pas, monsieur Vernhes !Gobineau (1).jpg

    M. Jules Ferry. Je dis que les races supérieures...

    M. Vernhes. Protégez les missionnaires, alors ! (Très bien ! à droite.)

    Voix à gauche. N'interrompez donc pas !

    M. Jules Ferry. Je dis que les races supérieures ont des devoirs...

    M. Vernhes. Allons donc !

    M. Jules Ferry. Ces devoirs, messieurs, ont été souvent méconnus dans l'histoire des siècles précédents, et certainement, quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l'esclavage dans l'Amérique centrale, ils n'accomplissaient pas leur devoir d'hommes de race supérieure. (Très bien ! très bien !) Mais, de nos jours, je soutiens que les nations européennes s'acquit­tent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de ce devoir supérieur de civilisation.

    M. Paul Bert. La France l'a toujours fait !

    M. Jules Ferry. Est-ce que vous pouvez nier, est-ce que quelqu'un peut nier qu'il y a plus de justice, plus d'ordre matériel et moral, plus d'équité, plus de vertus sociales dans l'Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? Quand nous sommes allés à Alger pour détruire la piraterie, et assurer la liberté du commerce dans la Méditerranée, est-ce que nous faisions oeuvre de forbans, de conquérants, de dévastateurs ? Est-il possible de nier que, dans l'Inde, et malgré les épisodes douloureux qui se rencontrent dans l'histoire de cette conquête, il y a aujourd'hui infiniment plus de justice, plus de lumière, d'ordre, de vertus publiques et privées depuis la conquête anglaise qu'auparavant ?

    M. Clemenceau. C'est très douteux !

    M. Georges Périn. Rappelez-vous donc le discours de Burke !

    M. Jules Ferry. Est-ce qu'il est possible de nier que ce soit une bonne fortune pour ces malheureuses populations de l'Afrique équatoriale de tomber sous le protectorat de la nation française ou de la nation anglaise ? Est-ce que notre premier devoir, la première règle que la France s'est imposée, que l'Angleterre a fait pénétrer dans le droit coutumier des nations européennes et que la conférence de Berlin vient de traduire le droit positif, en obligation sanctionnée par la signature de tous les gouvernements, n'est pas de combattre la traite des nègres, cet horrible trafic, et l'esclavage, cette infamie. (Vives marques d'approbation sur divers bancs.)indigénat.jpg

    Voilà ce que j'ai à répondre à l'honorable M. Pelletan sur le second point qu'il a touché.

    Il est ensuite arrivé à un troisième, plus délicat, plus grave, et sur lequel je vous demande la permission de m'expliquer en toute franchise. C'est le côté politique de la question.

    Messieurs, dans l'Europe telle qu'elle est faite, dans cette concurrence de tant de rivaux que nous voyons grandir autour de nous, les uns par les perfectionnements militaires ou maritimes, les autres par le développement prodigieux d'une population incessamment croissante ; dans une Europe, ou plutôt dans un univers ainsi fait, la politique de recueillement ou d'abstention, c'est tout simplement le grand chemin de la décadence !

    Les nations, au temps où nous sommes, ne sont grandes que par l'activité qu'elles développent ; ce n'est pas « par le rayonnement des institutions »... (Interruptions à gauche el à droite) qu'elles sont grandes, à l'heure qu'il est.

    M. Paul de Cassagnac. Nous nous en souviendrons, c'est l'apologie de la guerre !

    M. de Baudry d'Asson. Très bien ! la République, c'est la guerre. Nous ferons imprimer votre discours à nos frais et nous le répandrons dans toutes les communes de nos circonscriptions.

    M. Jules Ferry. Rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, en se tenant à l'écart de toutes les combinaisons européennes, en regardant comme un piège, comme une aventure, toute expansion vers l'Afrique ou vers l'Orient, vivre de cette sorte, pour une grande nation, croyez-le bien, c'est abdiquer, et dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c'est descendre du premier rang au troisième ou au quatrième. (Nouvelles interruptions sur les mêmes bancs. - Très bien ! très bien ! au centre.) Je ne puis pas, messieurs, et personne, j'imagine, ne peut envisager une pareille destinée pour notre pays.

    Il faut que notre pays se mette en mesure de faire ce que font tous les autres, et, puisque la politique d'expansion coloniale est le mobile général qui emporte à l'heure qu'il est toutes les puissances européennes, il faut qu'il en prenne son parti, autrement il arrivera... oh ! pas à nous qui ne verrons pas ces choses, mais à nos fils et à nos petits-fils ! il arrivera ce qui est advenu à d'autres nations qui ont joué un très grand rôle il y a trois siècles, et qui se trouvent aujourd'hui, quelque puissantes, quelque grandes qu'elles aient été descendues au troisième ou au quatrième rang. (Interruptions.)jpg_PhiloColo.jpg

    Aujourd'hui la question est très bien posée : le rejet des crédits qui vous sont soumis, c'est la politique d'abdication proclamée et décidée. (Non ! non !) Je sais bien que vous ne la voterez pas, cette politique, je sais très bien aussi que la France vous applaudira de ne pas l'avoir votée ; le corps électoral devant lequel vous allez rendre n'est pas plus que nous partisan de la politique de l'abdication ; allez bravement devant lui, dites-lui ce que vous avez fait, ne plaidez pas les circonstances atténuantes ! (Exclamations à droite et à l'extrême gauche. - Applaudissements à gauche et au centre.) ... dites que vous avez voulu une France grande en toutes choses...

    Un membre. Pas par la conquête !

    M. Jules Ferry.  ... grande par les arts de la paix, comme par la politique coloniale, dites cela au corps électoral, et il vous comprendra.

    M. Raoul Duval.  Le pays, vous l'avez conduit à la défaite et à la banqueroute. 

    M. Jules Ferry. Quant à moi, je comprends à merveille que les partis monarchiques s'indignent de voir la République française suivre une politique qui ne se renferme pas dans cet idéal de modestie, de réserve, et, si vous me permettez l'expression, de pot-au-feu...(Interruptions et rires à droite) que les représentants des monarchies déchues voudraient imposer à la France. (Applaudissements au centre.)

    M. le baron Dufour. C'est un langage de maître d'hôtel que vous tenez là.

    M. Paul de Cassagnac. Les électeurs préfèrent le pot-au-feu au pain que vous leur avez donné pendant le siège, sachez-le bien !

    M. Jules Ferry. Je connais votre langage, j'ai lu vos journaux... Oh ! l'on ne se cache pas pour nous le dire, on ne nous le dissimule pas : les partisans des monarchies déchues estiment qu'une politique grande, ayant de la suite, qu'une politique capable de vastes desseins et de grandes pensées, est l'apanage de la monarchie, que le gouvernement démocratique, au contraire, est un gouvernement qui rabaisse toutes choses...

    M. de Baudry d'Asson. C'est très vrai !

    M. Jules Ferry. Eh bien, lorsque les républicains sont arrivés aux affaires, en 1879, lorsque le parti républicain a pris dans toute sa liberté le gouvernement et la responsabilité des affaires publiques, il a tenu à donner un démenti à cette lugubre prophétie, et il a montré, dans tout ce qu'il a entrepris...

    M. de Saint-Martin. Le résultat en est beau !LDH Le statut indigène 1919 150E.jpg

    M. Calla. Le déficit et la faillite !

    M. Jules Ferry. ...aussi bien dans les travaux publics et dans la construction des écoles... (Applaudissements au centre et à gauche), que dans sa politique d'extension coloniale, qu'il avait le sentiment de la grandeur de la France. (Nouveaux applaudissements au centre et à gauche.)

    Il a montré qu'il comprenait bien qu'on ne pouvait pas proposer à la France un idéal politique conforme à celui de nations comme la libre Belgique et comme la Suisse républicaine, qu'il faut autre chose à la France : qu'elle ne peut pas être seulement un pays libre, qu'elle doit aussi être un grand pays exerçant sur les destinées de l'Europe toute l'influence qui lui appartient, qu'elle doit répandre cette influence sur le monde, et porter partout où elle le peut sa langue, ses moeurs, son drapeau, ses armes, son génie. (Applaudissements au centre et à gauche.)

    Quand vous direz cela au pays, messieurs, comme c'est l'ensemble de cette œuvre, comme c'est la grandeur de cette conception qu'on attaque, comme c'est toujours le même procès qu'on instruit contre vous, aussi bien quand il s'agit d'écoles et de travaux publics que quand il s'agit de politique coloniale, quand vous direz à vos électeurs : « Voilà ce que nous avons voulu faire » soyez tranquilles, vos électeurs vous entendront, et le pays sera avec vous, car la France n'a jamais tenu rigueur à ceux qui ont voulu sa grandeur matérielle, morale et intellectuelle (Bravos prolongés à gauche et au centre. - Double salve d'applaudissements - L'orateur en retournant à son banc reçoit les félicitations de ses collègues.)

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    En phase avec la pensée de Jules Ferry, ce sale raciste qu'il faut virer des écoles

  • Bananes d’Angers : En route pour le juge des enfants

    9782100521319-G.jpgTaubira a voulu minimiser l’évènement, et ça se comprend : ministre, et être attaquée si bas… Il peut y avoir aussi un côté plus personnel : on se blinde, mais des attaques de ce genre font toujours très mal. Ceci étant, maintenant, nous avons tous vu la vidéo publiée par Angers Mag : c’est bien plus grave qu’une fillette qui raconte n’importe quoi dans son coin.

    La vidéo va devenir une pièce pénale, et elle méritera un examen très attentif, suivi d’une enquête pour retrouver les personnes présentes, recueillir les témoignages et explications. Ce qui est déjà clair, c’est que plusieurs enfants, une peau de banane à la main, scandent « Taubira, mange ta banane ». Les adultes participent-ils ? Ont-ils donné de bonnes idées à ces gamins appelés en renfort à la manif ? Et tout cas, ils entendent bien les enfants proférer le slogan raciste, et aucun ne réagit.

    Le racisme bestial, par la couleur de peau... Il y a quelques années, nous étions offusqués découvrant que des joueurs de foot subissaient de telles injures raciales depuis les tribunes de supporters éméchés. Maintenant, c’est dans les manifs en famille…

    La loi pénale est violée, et il va falloir répondre.Juge-des-enfants.gif

    Si des adultes ont scandé ce slogan, ils ont leur place en correctionnelle pour injure raciale (Articles 29 - 2° alinéa et 33 - 3° alinéa de la loi du 29 juillet 1881, six mois d'emprisonnement et 22 500 euros d'amende).

    Pour les mineurs, c’est un peu plus compliqué.

    Selon leur âge et leur discernement, le procureur peut décider de les faire juger par le tribunal pour enfants (Code l’organisation judiciaire, art. L. 252-5). Ce serait logique, car les faits graves de délinquance appellent une réponse pénale.

    Mais le procureur peut aussi saisir le juge des enfants dans le cadre de l’assistance éducative (COJ, art. L. 252-2)  car il y a de fortes raisons de penser que ces enfants sont en danger, au sens de la loi, et il faut investiguer sérieusement.

    Ces enfants sont l’ignorance des limites : la loi a été votée, démocratiquement, et la ministre représente d’autorité de l’Etat.

    273.jpgOr, l’enfant fait comme s’il n’y avait rien. Il faut donc, certes, reconnaître à l’enfant un apprentissage de la liberté d’expression, mais par l’argument, pas par la négation du réel. Ce sentiment d’une surpuissance chez l’enfant est très inquiétant.

    Ensuite, l’enfant qui adopte avec délectation les thèses raciales est en train de s’exclure de la communauté des hommes. Il entre dans un processus d’isolement et de domination, qui ouvre vers le déni de l’autre, et peut conduire au basculement dans le crime. 

    Surtout, cet enfant doit avoir une structure psychologique très faible pour se sentir obligé d’attaquer ainsi ses semblables. Il doit souffrir d’une vision assez effrayante du monde, où il est menacé par des singes en liberté. 

    Sont donc bien remplis les critères de l’article 375 du Code civil : la moralité du mineur est en danger, et de plus, les conditions de son éducation ou de son développement affectif, intellectuel et social sont gravement compromises.

    La justice doit donc s'orienter vers l'assistance éducative, pour dans l’intérêt de l'enfant, ordonner les mesures nécessaires.

     

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  • Roms : La Gauche sombre dans la xénophobie

    le-livre-les-roms-n-ont-jamais-ete-percus-comme-des-immigres-europeens-venus-tenter-leur-chance-en-france-pourquoi-en-2012-la-question-des-roms-finalement-peu-nombreux-sur-le-territoire-provoque-t-elle-un-tel-dechainem.jpgLe p’tit Valls s’est lâché : « Oui, il faut dire la vérité aux Français. Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation. C’est illusoire de penser qu’on règlera le problème des populations roms à travers uniquement l’insertion. Il n’y a pas d’autre solution que de démanteler ces campements progressivement et de reconduire ces populations à la frontière. Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie, et pour cela il faut que l’Union européenne, avec les autorités bulgares et roumaines, puissent faire en sorte que ces populations soient d’abord insérées dans leur pays».

     

    Ben oui, ils sont pas comme nous, alors impossible de les intégrer, et d’ailleurs ils ne le veulent pas, car ce sont des parasites. Alors, ils dégagent, on se retrouvera entre nous, et tout ira bien. C’est de la bonne xénophobie de bourrin, de Gauche. Anne Hidalgo patauge dans la même mélasse, en bavant que « Paris ne doit pas devenir un campement géant ».

     

    Sarko avait ouvert le feu lors de son discours de Grenoble, le 30 juillet 2010, où il avait assimilé les Roms à la délinquance et lancé un plan national de punition collective par le dézingage des campements de fortune.

     

    Lors de leur arrivée au pouvoir, Hollande et Valls avaient repris cette politique, ces deux nouilles n’ayant à la bouche que le mot de « fermeté », et rêvant de voir leur cote de popularité exploser devant les images de ces pauvres, délogés à coup de bulls, et embarquant leur paquetage dans un caddy… Quatre rapporteurs spéciaux de l’ONU avaient fait une déclaration solennelle depuis Genève, pour dire que la France bafouait les droits fondamentaux... Un million de Français vivent en Europe, mais 20.000 Roms, des citoyens européens, n’ont pas le droit de vivre en France: voilà où en est le Parti socialiste.

     

    Comme pour tous les racismes, tout est faux dans le propos de Valls.

     

    La France envahie…  Les chiffres donnés concordent pour dire que sont concernés 20.000 Roms en France, alors que deux Etats voisins, l’Espagne et l’Allemagne, connaissent des communautés Roms beaucoup plus importantes, respectivement 100 000 et 70 000, et ces deux pays ont parfaitement réussi l’intégration de ces populations. Sarko s’était aventuré à dire que Merkel elle aussi procédait à des évacuations de campements et il s’était pris une baston, car en Allemagne, ce genre de camps n’existe pas. On ne laisse pas des êtres humains vivre dans cette inhumaine insalubrité.livre_goosens_1.jpg

     

    Pour réussir cette politique d'intégration, il faut régler trois points, comme ont su le faire l’Espagne et l’Allemagne.

     

    1/ Permettre aux Roms de travailler, et un des obstacles sera levé  le 1° janvier 2014, fin de la période de restriction faisant suite à l’entrée de la Roumaine et de la Bulgarie dans l’Union européenne en 2007.

     

    2/ Permettre la scolarisation des enfants, pour qu’ils apprennent la langue française, et c’est bien entendu impossible quand les familles sont chassées de leur logement plusieurs fois dans l’année.

     

    3/ Leur permettre d’accéder à des logements décents, c'est-à-dire salubres et permettant la vie de famille.

     

    Tout simplement. C’est un devoir de l’Etat, alors que le représentant de l’Etat se vautre dans les funestes, et si anciennes, diatribes xénophobes...  

     

    Ces principes doivent être mis en œuvre dans le cadre d’une politique pragmatique, ajustée sur les réalités, et c’est tout le travail qu’a engagé le préfet Alain Reigner. Trop cher alors que l’argent manque ? Pas du tout répond Alain Reigner : « Ce n’est pas l’argent qui manque. Il y a par exemple le Fonds social européen qui met à disposition des milliards d’euros, pas dépensés aujourd’hui ».

     

    Alors, que ces petits cafards xénophobes se la ferment… Ils violent le droit et nous font honte.    


    Cette réinstallation de la xénophobie au cœur des problématiques sociales, et par la Gauche, pose des questions terribles… Pourquoi la société humaine évolue-t-elle si mal ? Pourquoi ne tient-elle pas compte des enseignements de l’histoire ? Pourquoi la Gauche conteste-t-elle les fondamentaux du droit européen ? Pourquoi la Gauche voit-elle son salut dans la dénonciation de la solidarité ? Pourquoi cette haine des pauvres ? Pourquoi la Gauche renonce-t-elle au principe d'égalité des êtres humains ? La Gauche a-t-elle encore une existence ? 

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    Pourquoi ? 

  • Roms : Des préjugés xénophobes et des morts

    Ce n’est pas vieux, c’était le 14 mars. Dans Le Figaro, Valls déclarait sentencieusement que les Roms ne veulent pas s’intégrer. Selon ce leader UMPiste du PS, l’expérience des villages d'insertion « ne peut concerner qu'une minorité car, hélas, les occupants des campements ne souhaitent pas s'intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu'ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution ». De la logique raciste de gros bourrin.  

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    Trois morts : deux femmes, un enfant

    Hier, Valls était à Lyon, venu faire sa pub sur les zones de sécurité prioritaires, mais il a dû changer le programme pour se rendre dans le VIIIe arrondissement (mairie d’arrondissement PS dans une ville PS) car trois personnes ont péri dans la nuit, dans l’incendie d’un squat. Les morts : une mère de cinq enfants, une femme de 31 ans et un garçon de 12 ans. Brulés vifs, par cause de misère accumulée. Leur faute était très grave : ils étaient Roms, et donc « refusaient de s’intégrer ».

    L’incendie a eu lieu dans une ancienne usine, où ont vécu, depuis le 28 septembre 2012, jusqu’à 250 personnes. Les services d’hygiène n’étaient pas assurés, et le franc-mac Collomb Gérard a pris l’air intelligent qui lui va si bien pour nous distiller ces nobles paroles : « Il n’est pas de bons squats. Les squats, par définition, ne peuvent être contrôlés ; les gens qui y viennent mettent leur vie en danger ».

    Début mai, l’électricité avait été coupée, et plusieurs témoins, dont Mihai Tanase, un pasteur rom, expliquent que le feu est parti de bougies qui ont enflammé des rideaux.  A la préfecture, Valls a osé soutenir : « ce drame conforte notre politique ».

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    La réussite des Roms

    Face aux miasmes puants de ces bandits de la pensée, il faudrait des pages et des pages pour raconter les réussites de Roms sans papiers, qui brillent dans tous les secteurs de la société, pour peu qu’un jour une main se tende vers eux.

    En 2011, Cristina Dimitru, 18 ans, a remporté la médaille d'or de l’apprentissage. Elle avait vécu les squats qui font pleurnicher Valls et Collomb. Entre 2005 à 2007, Christina était déscolarisée, vu la misère ambiante. Elle en profité pour apprendre la langue française, et a ensuite rattrapé les années perdues : deux années scolaires par an. Elle a  brillé au Lycée professionnel Leonard de Vinci de Nantes, où elle a obtenu son CAP de pressing en juin 2011, et le lycée, impressionné, l’a inscrite au concours national, qu’elle a emporté. Elle a enchainé par un CAP de vente, toujours sans papiers, vu qu’elle ne veut pas s’intégrer.

    Les deux parents de Christina avaient pu trouver des contrats de saisonniers dans des entreprises de maraichage, et vivaient dans  un appartement, mais toutes les demandes de régularisation avaient été rejetée.  Logique : ces gens-là ne veulent pas s’intégrer.

    Cristina, le jour de la remise de son prix de lauréat, au Sénat, avait expliqué : « Même si j'ai beaucoup travaillé, je ne peux pas trouver un travail, ou passer mon permis, ou demander une bourse pour m'inscrire en Bac professionnel ».

    Les stéréotypes xénophobes sont une plaie. Je crois que tant que nous n’aurons pas collé en correctionnelle ceux qui les véhiculent, nous ne pourrons rien faire de bon.  

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