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racisme - Page 5

  • Shimon Pérès et le bon racisme de base

    J’apprécie beaucoup le site oumma.com, une vigie solide et fiable, et René Naba, qui connait si bien tout ce qui se passe autour de la Méditerranée, est un ami.

    Voici le texte de René publié aujourd’hui sur oumma.com. Le problème n’est pas l’attitude de tel ou tel, mais le pourrissement de toute pensée contaminée par le racisme. A ce niveau, tout passe par la réponse de la loi.

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    Israël-discrimination raciale: honte à Shimon Pérès, honte à la France, Israël-discrimination raciale: honte à Simon Pérès, honte à la Francepar René Naba

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    Un incident stupéfiant «à caractère raciste», mettant en cause des personnalités israéliennes de premier plan, s’est produit vendredi 8 mars 2013 à 10H30, à la Gare du Nord à bord du train Thalys en provenance de Bruxelles (Belgique) avec à son bord Shimon Pérès.

    A l’arrivée, la délégation israélienne a fait l’objet d’un singulier traitement assuré sur une «base confessionnelle», d’où ont été exclus «Noirs, Arabes, en tout cas de Musulmans». L'accès du train a été interdit au chef de bord qui était noir et un conducteur d’un autre train d’origine maghrébine a été empêché de rejoindre son poste.

    Lire le communiqué du syndicat et le trac mis au point pour distribution aux salariés de l’entreprise.

    Visiblement, au prétexte de considérations de sécurité, le chef de l’Etat d’Israël parait vouloir imposer à la France l’apartheid que son pays applique aux Palestiniens.  

    Pas de Noirs, ni d'Arabes avec en filigrane, en sous-entendus, pas de Musulmans. Comme là-bas chez nous, dit: «Bus only for arabs» et féminité éventrée pour les blacks female ethiophians, comme à l’époque du Klu Klux Klan. Bien voyons: Noirs, Arabes, Musulmans... 

    Quelle amnésie. Quelle dérive mentale. Comment pouvez-vous ignorer à ce point les enseignements de l’Histoire, Shimon Pérès, vous dont les coreligionnaires en ont grandement pâti de l’intolérance, de la xénophobie et du racisme. Les Noirs, Les Arabes, les Musulmans sont vos successeurs directs dans l’ordre de la stigmatisation, vous, les Juifs, qui n’avaient cessé des siècles durant, à être persécutés parce que Juifs.

    Noirs, Arabes, Musulmans, quatre cent mille d’entre eux ont combattu durant la 2eme Guerre mondiale (en 1939-1945) pour libérer la France du joug nazi, vos bourreaux et tortionnaires.

    Nous ne sommes pas dupes de vos manigances. Et les procédés d’intimidation auxquels s’est livrée la direction générale auprès des collaborateurs de l’entreprise pour les réduire au silence, en tenant de propos de lourds de sous-entendus sont indignes d’une direction générale qui aurait dû, d’elle-même, s’offusquer du comportement de son hôte, plutôt que de chercher à pénaliser les collaborateurs de l’entreprise.

    Gageons que M. Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, chargé du maintien de l’ordre et de la cohésion sociale, si soucieux du bon renom d’un pays auquel il est «éternellement attaché» saura y mettre bon ordre.

    Shimon Pérès venait de Bruxelles où il avait plaidé auprès de l'Union Européenne l’inscription du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes, avec pour objectif sous-jacent d'affaiblir l'Iran, prélude à une éventuelle action militaire. 

    Cette opération était doublée d'une opération de charme et de relations publiques destinées à démontrer le caractère œcuménique de sa démarche et ses intentions pacifiques : envoi à New York de la chanteuse Riva, une israélienne d'origine juive iranienne, pour chanter la paix ; rencontre avec le groupe des religieux conduits par Hassan Chalghoumi, 48 heures après l'incident raciste de la gare du nord

    «Le coup de Chalghoumi» s’est révélé postérieurement une opération de diversion à bon compte/ Le fait de recevoir le lendemain d’une requête raciste une vingtaine de dignitaires religieux musulmans n’absout pas le racisme du donneur d’ordre, mais le discrédite d’autant plus durablement que l’interlocuteur privilégie de l’Iman de Drancy n’est autre que Gilles Bernheim, le Grand Rabbin de France, plagiaire et faussaire, mise en congé depuis sa déconfiture intellectuelle et morale.

    Nul ne conteste à Hassan Chalghoumi ses choix, mais il importe pour sa crédibilité qu’il fasse le bon choix. Ni Shimon Pérès, ni Gilles Bernheim ne vous ont porté chance. Soyez plus prudent la prochaine fois.

  • Israël : La contraception imposée aux femmes falashas

    Suivre l’actu, c’est pas toujours joyeux, on le sait, mais parfois, il y a vraiment de quoi être révulsé. Les femmes falashas, cette communauté juive d’Ethiopie, se voient imposer une contraception forcée si elles s’installent en Israël. C’est la destruction raciste d’une communauté, et le gouvernement de Tel-Aviv, devant les preuves réunies, a enfin reconnu l’affaire.israel,falashas,discrimination,crime 

    Dans la foulée de la proclamation de l’Etat d’Israël, a été votée en 1950 une loi garantissant à tout Juif le droit d'émigrer en Israël. A ce jour, près de 120 000 Juifs d’Ethiopie, les Falachas, vivent en Israël : 80 000 nés en Ethiopie et 40 000 en Israël.

    L’accueil a été frais, plus que frais, et cette communauté vit dans un évident statut social discriminatoire. La cause : des groupes intégristes influents contestent la judéité des Falashas, qui en plus sont noirs et pauvres… Le gouvernement et la bonne société israélienne ne vont quand même pas se fâcher avec les intégristes pour si peu ! C’est une chronique permanente, et très publique.

    Ce qui était moins public, c’est que le gouvernement israélien a imposé aux femmes falashas qui voulaient bénéficier de la loi de 1950 de se soumettre à une contraception forcée.

    Oui, une contraception forcée, pour détruire cette communauté. Horrible, insensé et criminel.  

    Depuis 5 ans, cette question revenait à espaces réguliers dans le débat, et le gouvernement apportait des démentis aussi systématiques qu’indignés : « Quoi, nous, grands humanistes… Nous accuser est un scandale »… Bref, le gouvernement adorait l’arrivée des Falashas, et il regrettait juste qu’ils ne soient pas plus nombreux… israel,falashas,discrimination,crime

     

    Tout le problème est que les faits sont maintenant établis.

     

    Le premier élément, c’est une donnée sociale bizarre. Au cours de la dernière décennie, le taux de natalité de la communauté éthiopienne d'Israël a baissé de 50%. Curieux.

     

    On s’intéresse ensuite à un médicament, le Dépo-Provera, un contraceptif d'une durée d'action de trois mois, administré par injections. Les femmes n’apprécient pas, et on le comprend, d’autant plus que les effets secondaires sont redoutables. Mais il faut que croire que les femmes falashas adorent : cette communauté, 2% de la population, assure 57% de ventes…

     

    Alors, il fallait faire la lumière, et je salue une action concertée des ministres de la justice et de la santé israéliens qui ne supportaient plus ce doute… Tu parles ! Ce sont eux qui organisaient ces actes criminels, alors ils ont tout fait pour étouffer l’affaire.

     

    Le militantisme et la presse ont fait le nécessaire. Une organisation israélienne féministe, Achoti, a regroupé les témoignages et les  informations, pour les transmettre à l’excellent Haaretz, qui a consacré un article incontestable sur cette affaire, donnant la parole à Efrat Yardai, animatrice de groupe pour des femmes d'origine éthiopienne au sein d’Achoti.israel,falashas,discrimination,crime

     

    « Le Dépo-Provera a une histoire infâme. L’injection était pratiquée sur des femmes entre 1967 et 1978, au titre d’une expérience dans l’Etat de Géorgie aux Etats-Unis sur 13 000 femmes pauvres, dont la moitié était des femmes noires. La plupart d’entre elles n'avaient pas conscience que cette injection faisait partie d’une expérience faite sur leur corps. Certaines sont tombées malades et quelques-unes sont mêmes mortes au cours de l’expérience » Plus généralement, « les injections infligées aux femmes éthiopiennes font partie de l’attitude globale des Israéliens à l’égard de ce groupe d’immigrants ».

     

    L'Association pour les droits civiques en Israël (ACRI) a pris le relais, demandant des explications au ministère de la Santé,… qui a lamentablement publié un communiqué précisant que « des contraceptifs ne devaient pas être prescrits sans le consentement explicite des patientes ». Pas de contestation et un aveu minimaliste…

     

    Des petits, tout petits, face à une affaire horrible. Bien sûr, n’attendez ni poursuites pénales sérieuses, ni protestation des gouvernements occidentaux, car c'est un gouvernement qui défend nos valeurs...

  • Les gros fumelards des « grandes gueules »

    Il y a un truc qui s’appelle une « radio » qui tolère un truc qui s’appelle « Les grandes gueules ». Depuis des années sur RMC, la chasse d’eau a remplacé le cerveau, mais ça plait. Racisme, sexisme, tout y est, très tendance.

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    Je n’écoute jamais cette pollution mentale, mais les taxis, si, et j’ai appris à être prudent. Quand je monte dans un taxi le matin, j’indique la direction et je demande si le taxi écoute « Les grandes gueules ». Si c’est le cas, je descends.

    Ce lundi 21 janvier, les leaders intellectuels de l’émission (de gaz ?), Alain Marshall et Olivier Truchot, avaient invité trois habitués, une consœur Maître Chozemuche, un conseiller en investissement financier, Franck Tanguy et une chèfe d’entreprise, Sophie de Menthon.

    Vient, soumis à la sagacité de ces érudits, l'accord financier de 1,5 million d'euros conclu entre DSK et Nafissatou Diallo.

    Sophie de Menthon est tout pétillante : « Tu veux que je sois politiquement totalement incorrecte? Je me demande, c'est horrible à dire, si ce n'est pas ce qui lui est arrivé de mieux ! Moi je pense que l'argent qu'elle a gagné, qui lui permet d'élever sa fille, elle ne l'aurait jamais eu dans toute son existence et j'espère qu'elle oubliera ce moment extrêmement désagréable».

    Franck Tanguy affirme doctement qu’ « il n’est pas loin de penser la même chose », et l’adorable Sophie de Menthon en remet une couche : « Il y a des femmes dans la rue, je suis sûre qu’elles ont pensé ça, en se disant j’aimerais moi être femme de chambre dans un hôtel et que ça m’arrive. »

    Mon excellente consœur Chozemuche puise dans cinq siècles de civilisation pour dire à ses chers amis qu’« un viol n'a pas de prix », mais Franck Tanguy réplique que pour Nafissatou Diallo, c’est « un conte de fée », et cet abruti fini nous explique : « C'est un tromblon. Elle n'a rien pour elle. Elle ne sait pas lire, pas écrire, elle est moche comme un cul et elle gagne 1,5 million. C'est extraordinaire cette histoire! ». Maître Chozemuche proteste par des « Ouille, ouille, ouille », et tout le monde se quitte bonz’amis.

    Hier, ça a commencé à gueuler sur le net. Mais du côté de RMC, c’est mort. La direction est restée aux abonnés absents, les journalistes – dont un du matin qui passe son temps à faire la leçon à tout le monde – n’ont rien à dire, et Franck Tanguy a juste confessé, presque ému : « J'ai dit une beauferie, je suis allé trop loin ».

    Une beauferie… Ils méritent bien tous leur légion d’honneur de fumelards aguerris.

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    Ce n’est pas une beauferie. C’est un truc finement pensé, qui a émerveillé les « responsables » de l’émission, et qui s’appelle de l’outrage aux victimes d’un crime et l’apologie du crime de viol.

    Avec ces abrutis, la vie est belle : une femme pauvre et qui ne répond pas aux critères de la mode, a un avenir quand elle se fait violer par un saldingue.

    Décidément, l’affaire DSK fait ressortir toutes les hypocrisies ataviques de la bonne société française.

    Lang, pour qui « « il n’y avait pas mort d’homme »,... non... juste viol d’une femme ; l’autre crétin pour qui « c’était du troussage de domestique » ; Aubry qui chouignait sur le destin de son ami… Et tant d'autres, avec le lunaire Badinter qui s'en égo-zillait... Maintenant, cette tripotée de cornichons qui se marre devant le conte de fée vécu par la victime d’un viol.

    Bien sûr, il ne se passera rien, car icelle tripotée est bien dans le temps présent.

    Hollande vient de nommer au CSA, Sylvie Pierre-Brossolette, journaliste au Point, qui s’était lâchée le 19 mai 2011, au vu de l’arrivée de DSK au tribunal de Manhattan : « Quelle image donnons-nous au monde quand les télévisions de la planète entière montrent un prestigieux Français pénétrer dans le tribunal de New York, piteux, mal rasé et toujours menotté, pas mieux traité que les malfrats de couleur déférés avant et après lui devant le juge ? » Grande pensée qui vaut bien une nomination.

    Sylvie peut prendre des piges aux « grandes gueules », elle a le niveau.

    Tout ça, c’est vraiment la petite France. Elle a déjà perdu, mais elle ne le sait pas encore. Nous, on le sait. 

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  • Heureusement qu’il y a les étrangers et l’Islam…

     

    présidentielles 2012, racismeOui, heureusement qu’il y a les étrangers et l’Islam…, sinon de quoi parleraient-ils ? C’est un festival, et ça vient de tous les côtés. Etrangers, musulmans,… étant précisé que les musulmans sont condamnés à être des étrangers à perpétuité. C’est la poire pour la soif de ces délabrés du bulbe, incapables de voir le monde tel qu’il est.  

    Pour Sarko, il faut ajouter une option « mineur ». Les enfants menacent la société. Donc, si vous voulez faire plaisir à Sarko, histoire qu’il reprenne un quart de demi-point dans les sondages, vous trouvez un mineur, étranger, musulman, voleur récidiviste, et vous filez l’info à un journaliste du Journal officiel « Le Figaro ». L’idéal serait que sa copine soit une Rom, et qu’un de ses parents soit hospitalisé d’office en psychiatrie et l'autre fonctionnaire européen à Bruxelles. Alors là, ça serait le top. De quoi lui faire oublier les plans pourris de MAM à Bayonne...

    Les étrangers et l’islam… c’est le marché de Noël de ces andouilles.

    Du côté de l’Extrême-Droite, je veux dire le FN et l’UMP, c’est le concours Lépine. Chaque matin, on attend la nouvelle bulle xénophobe. Lequel est le plus hallu ? Franchement, je m’y perds. Trop d’étrangers en situation régulière, assimilation de l’immigration et de la délinquance, délires sur la viande hallal, restriction à la vie familiale, rejet des étudiants étrangers… Impossible de savoir si ça vient du FN ou de l’UMP. Guéant est quand même très en forme, et le jury du blog lui décerne la médaille. Aussi, je souhaite d’autant plus que Marine puisse se présenter pour que l’électorat de la Droite traditionnelle puisse trouver une candidate moins allumée.

    Du côté de la Droite centriste, je veux dire du PS mou, on la joue empapaoutée, mais c’est le même cirque. Hollande veut inscrire la loi de 1905 dans la Constitution tellement l’Islam est une menace pour la République. En urgence, les soc’ font voter la loi anti-voile pour les nounous, et bien sûr, ils ne reviendront pas sur la loi anti-niqab, œuvre sarkoziste. Inédit, le leader minimo s’engage, devant le CRIF, à combattre avec la même volonté, les actes antisémites et antisionistes. Et pour les étrangers, ce sera une révolution : examen de leur situation au cas par cas,… ce qui se fait depuis trente ans, en compensant par un droit de vote bidon aux élections locales, histoire d'avoir une petite réserve électorale sous la main. Pourquoi bloquer les régularisations et les naturalisations ? Ils ont peur ? Le PS reste bloqué à SOS Racisme des années 1980 : l’arabe, je vais en faire un bon blanc.

    Alors inquiet ? Pas trop, car je sais qu’on peut compter sur la sagesse de ces communautés, qui ont appris à se blinder. Mais juste une remarque : à force de se voir désignées comme enjeu électoral n° 1, il faudrait peut-être qu’elles s’organisent pour faire le travail électoral elles-mêmes. Il n’y a pas de Français de seconde zone, non ?

    présidentielles 2012, racisme

  • Le juge administratif pour faire dégager les étrangers ?

    georges_brassens_chanson_pour_l_auvergnat.jpgSarko qui est bien fâché avec la magistrature judiciaire va-t-il faire de même avec la magistrature administrative ? La manière dont il a présenté hier son projet de référendum sur les étrangers est impayable : il faut confier le contentieux aux juges administratifs pour plus d’efficacité. « Il serait proposé de confier tout contentieux à la justice administrative pour faciliter les expulsions », explique Le Point.  Sous entendu, avec le juge judiciaire, il y a trop d’embrouilles, alors que le juge administrif est plus compréhensif.

    D’abord, il faut une petite mise au point. Nos compatriotes sont-ils tous bien au courant que nous avons deux types de tribunaux : les juridictions judiciaires et administratives. De nombreux pays pratiquent, de manière plus ou moins tranchée, ce partage, avec l’idée qu’il existe un corps de tribunaux pour les affaires de l’Etat et des collectivités publiques.

    Pour comprendre il faut remonter dans l’histoire

    Dans les derniers temps de l’Ancien Régime, la monarchie avait tenté de s’allier les forces émergentes de la bourgeoisie d’affaires en combattant les volontés de l’aristocratie féodale, dépassée sur le plan économique, et qui usait des droits locaux pour conserver son pouvoir. L’un des lieux où s’est cristallisée cette opposition était les tribunaux de l’Ancien Régime, appelés les parlements, et qui étaient composés de membres de cette aristocratie terrienne.

    Dans les derniers temps de l’Ancien Régime, les parlements n’ont eu de cesse de limiter le jeu des ordonnances royales, alors que celles-ci tentaient de libérer le commerce et d’extraire la vie des affaires des contingences locales. Le juge s’opposait à la loi, en la vidant de son sens, et le régime s'était cassé les dents sur les juges, avec l'échec de la réforme des parlements, par Maupéou.georges-brassens-by-jmichel.jpg

    Les révolutionnaires de 1789, largement issus de cette bourgeoisie entreprenante, ont pris pour disposition d’interdire aux juges de s’occuper des affaires de l’Etat. Ainsi, fut votée la décisive loi des 16 et 24 août 1790. Cette loi, qui est restée, fonde le partage entre les tribunaux judicaires et les tribunaux administratifs.

    Dans un premier temps, qui a duré de très nombreuses décennies, les juges n’avaient compétence que pour les litiges entre particuliers. Lorsque survenait un différend avec une administration, la seule possibilité était le recours hiérarchique devant le ministre.

    Celui-ci se faisait assister d’un conseil, pris au sein du Conseil d’Etat. Progressivement, le ministre a pris l’habitude de valider les avis du Conseil d’Etat,  et la loi du 24 mai 1872 a fait du Conseil d’Etat le juge de droit commun du contentieux administratif, imposée comme une véritable juridiction indépendante. Les juridictions administratives ont progressivement pallié l’interdiction faite au juge judiciaire de s’occuper des affaires publiques. Les tribunaux administratifs existent depuis 1953 et les cours administratives d’appel depuis 1985, l’ensemble formant désormais un tout cohérent.

    Deux ordres de juridictions

    Ainsi, coexistent deux ordres de juridictions complémentaires, chacun ayant son domaine de compétence. Pour les affaires de droit privé, c’est-à-dire opposant des personnes physiques, ou les personnes morales de droit privé, telles que les associations, les syndicats ou les sociétés, la compétence revient aux juridictions judiciaires : tribunal de grande instance, cour d’appel et Cour de cassation. Lorsqu’est en cause l’Etat, une administration publique ou une collectivité locale, la compétence revient aux juridictions administratives : tribunal administratif, cour administrative d’appel et Conseil d’Etat.

    Pour le contentieux du droit des étrangers

    Pour les reconduites à la frontière ou les expulsions d’étrangers, on retrouve ce partage de compétence.

    La plus simple : la mesure opposée à l’étranger est prise par un arrêté préfectoral, et le contentieux est traité par le tribunal administratif, avec une procédure aménagée qui se tient dans des délais court. 289342085.jpg

    Mais vient l’autre aspect : la situation de l’étranger, arrêté par la police, et que la préfecture veut garder sous sa main le temps que le tribunal administratif se prononce. C’est la question du placement en centre de rétention, ou de l’assignation à résidence, des mesures d’atteinte aux libertés individuelles, et qui relèvent de la compétence du juge judiciaire, selon les termes de l’article 66 de la Constitution : « Nul ne peut être arbitrairement détenu. L'autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle, assure le respect de ce principe dans les conditions prévues par la loi. »

    Aussi, le contentieux combine ces deux problématiques : l’arrêté préfectoral est–il valable ? faut il laisser en centre de rétention l’étranger le temps de l’examen de son recours ? Deux problèmes très distincts et deux juges qui se prononcent. Le système est parfaitement rodé, et il n’est pas vraiment un frein à l’action du gouvernement si on en juge par les chiffres toujours à hausse de procédures d’expulsion, qui a lancé une véritable chasse aux étrangers.

    Tiens au passage, une question aux socialistes : abandonnerez-vous les objectifs chiffrés, que vous aviez tant critiqués ? Allo ? On fait une commission pour en parler ?

    Unifier le contentieux… ou stigmatiser les étrangers ?

    Alors, unifier le contentieux ? Pourquoi pas. On vient de le faire pour les patients psy… avec un transfert de tout le contentieux au juge judiciaire.

    Mais présenter cette mesure comme une réforme majeure n’a pas de sens, si ce n’est pour faire comprendre qu’il y a vraiment trop d’étrangers, et qu’il faut qu’ils dégagent.

    Et puis c’est carrément injurieux pour les juridictions administratives qui sont présentées par Sarko comme moins regardantes sur la question des libertés, dès lorsqu’il présente son projet comme une manière de « faciliter les expulsions ». Sarko devrait se faire briefer sur la juridiction administrative, qui avait définitivement gagné ses lettres de nobles en s’opposant aux projets les plus dangereux du général de brigade à titre temporaire de Gaulle, et dont la qualité de juge indépendant et impartial n'est remise en cause par personne.

    En fait, chacun a compris que cette histoire de référendum, c’est juste un nouveau chiffon rouge pour exciter la xénophobie. Toujours la civilisation…  

    Un campagne sous le signe du recyclage des déchets de la penseée? Non, merci. Il nous manque un printemps des poètes. Ce sont les meilleurs pour comprendre le monde.

     

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