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religion - Page 3

  • La liberté de religion en droit international

    S’agissant d’une question aussi importante que la liberté de religion, il est de bonne méthode, si l’on veut comprendre, de commencer par le droit international. D’abord, il est très intéressant de se situer par rapport à ce que font les autres. Mais surtout, la France, comme la plupart des grands Etats, s’est inscrite dans des systèmes internationaux qui ont pour objet d’assurer la protection des droits fondamentaux, de telle sorte que les lois doivent respecter ces textes internationaux. L’approche internationale de la question religieuse est très éclairante car elle marque la volonté de pays ayant des traditions religieuses très différents de définir un moule fondamental. Le droit international est une référence forte qui n’impose aucun nivellement. Il respecte tous les particularismes à condition que soit respecté le corpus des droits fondamentaux. De manière assez étonnante, des leaders d’opinion n’hésitent pas à présenter la « laïcité à la française » comme la référence en matière de religion, et l’approche internationale est très utile pour recadrer cette vision : la « laïcité à la française » est l’un des régimes de la liberté de religion, mais le cadre fondamental est international.

    En droit international deux textes font référence : la Déclaration universelle des droits de l’homme et le Pacte des droits civils et politiques de 1966.

    I – La Déclaration universelle des droits de l’homme

    image_iidh.jpgLa Déclaration universelle des droits de l’homme résulte d’une délibération de l’assemblée générale de l’ONU, du 10 décembre 1948. Il ne s’agit donc pas d’un texte exécutoire, comme le serait un traité ratifié. Toutefois, et spécialement pour ce qui concerne la liberté de religion, le contenu de cette déclaration inspire de très nombreux textes internationaux ou internes, et il serait très difficile pour les Etats de s’en écarter nettement ou durablement.

    L’article 18

    La référence de l’article 18 :

    « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites ».

    Cette lecture fournit trois enseignements majeurs, qui nous retrouverons toujours.

    D’abord, le droit constate la religion mais n’en définit pas le contenu. Ponctuellement, notamment pour savoir si une association a vraiment une activité religieuse, le juge sera amené à qualifier des pratiques, mais il est essentiel de poser pour principe qu’il ne lui revient pas de qualifier les croyances.

    Ensuite, la déclaration traite d’une manière globale trois libertés de l’intime : la pensée, soit le raisonnement articulé ; la conscience, qui renvoie à une démarche morale ; la religion qui a pour ressort la conviction intime et doit être respectée en tant que telle.

    Enfin, la protection effective de cette liberté intime suppose qu’elle puisse s’extérioriser, et le droit doit garantir la libre manifestation des croyances dans l’espace social. Dans le débat public français, est souvent posé comme un adage de principe l’opposition entre la sphère publique et la sphère privée. Le texte de 1948 rappelle que cette opposition heurte les bases du raisonnement, car il n’y aurait aucune liberté de « pensée, croyance ou religion » si l’extériorisation de cette intime n’était pas protégée.

    Or, c’est bien sur ce point que tout se joue. Jamais un pouvoir d’État n’indiquera qu’il s’en prend à une croyance,… alors qu’il trouvera maints prétextes pour dire qu’il doit limiter les manifestations extérieures.

    La déclaration du 25 novembre 1981

    Parfaitement consciente de cette problématique, l’assemblée générale de l’ONU a adopté le 25 novembre 1981 une très intéressante déclaration (Déclaration sur l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction, n° 36/55), qui donne un contenu concret à l’exercice de cette liberté, et l’article 6 a une importance toute particulière :

    « Conformément à l'article premier de la présente Déclaration et sous réserve des dispositions du paragraphe 3 dudit article, le droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction implique, entre autres, les libertés suivantes :

    « a) La liberté de pratiquer un culte et de tenir des réunions se rapportant à une religion ou à une conviction et d'établir et d'entretenir des lieux à ces fins ;

    « b) La liberté de fonder et d'entretenir des institutions charitables ou humanitaires appropriées ;

    « c) La liberté de confectionner, d'acquérir et d'utiliser, en quantité adéquate, les objets et le matériel requis par les rites ou les usages d'une religion ou d'une conviction ;

    « d) La liberté d'écrire, d'imprimer et de diffuser des publications sur ces sujets ;

    « e) La liberté d'enseigner une religion ou une conviction dans les lieux convenant à cette fin ;

    « f) La liberté de solliciter et de recevoir des contributions volontaires, financières et autres, de particuliers et d’institutions ;

    « g) La liberté de former, de nommer, d'élire ou de désigner par succession les dirigeants appropriés, conformément aux besoins et aux normes de toute religion ou conviction ;

    « h) La liberté d'observer les jours de repos et de célébrer les fêtes et cérémonies conformément aux préceptes de sa religion ou de sa conviction ;

    « i) La liberté d'établir et de maintenir des communications avec des individus et des communautés en matière de religion ou de conviction aux niveaux national et international.

    II – Le Pacte des droits civils et politiques de 1966

    5609a7ddc9538.jpgLa force juridique du Pacte

    Au sein de l’ONU, s’est dégagée la volonté d’adopter un texte serait proche de la Déclaration de 1948, mais qui aurait la forme d’une référence juridique opposable. Ce texte est le Pacte des droits civils et politiques de 1966. On trouve une rédaction plus juridique et plus précise, et les Etats qui ratifient ce texte s’engagent à respecter le contenu. À l’appui, a été créé le Comité des Droits de l’Homme, composé de juristes experts, qui contrôle à espace régulier l’application du Pacte dans les Etats signataires. De plus, les Etats sont encouragés à signer un protocole additionnel qui donne à chaque ressortissant la possibilité de s’adresser au Comité des Droits de l’Homme pour lui soumettre une situation individuelle lorsqu’il estime que les juridictions de son Etat n’ont pas respecté les dispositions du Pacte.

    À ce jour, le Pacte a été ratifié par 168 Etats, et le protocole additionnel par 115. Ceci confère au Comité des Droits de l’Homme un rôle considérable, telle une véritable juridiction internationale. Certes, le Comité ne condamne pas les Etats, mais les Etats se sont engagés à mettre en œuvre les décisions du Comité.

    Pour ce qui concerne la France, ont été ratifiés le Pacte et le protocole additionnel. De telle sorte, chaque ressortissant, après avoir épuisé les voies de recours internes, peut s’adresser directement au Comité des Droits de l’Homme. Par ailleurs, les lois votées doivent respecter les dispositions du Pacte, et la jurisprudence du Comité des Droits de l’Homme peut être invoquée devant le juge interne, avec une autorité supérieure à celle de la loi. Selon l’article 2 du Pacte, les Etats signataires « s’engagent à respecter et à garantir » les droits reconnus dans le Pacte, et à prendre les mesures « propres à donner effet » à ces droits.  » Dans son observation générale n° 31 (Observation générale n° 31 : La nature de l’obligation juridique générale imposée aux États parties au Pacte, CCPR/C/21/Rev.1/Add.13, 26 mai 2004) le Comité souligne :

    « 13. Le paragraphe 2 de l’article 2 fait obligation aux États parties de prendre les mesures nécessaires pour donner effet dans l’ordre interne aux droits énoncés dans le Pacte. Il s’ensuit que si les droits énoncés dans le Pacte ne sont pas déjà protégés par les lois ou les pratiques internes, les États parties sont tenus, lorsqu’ils ont ratifié le Pacte, de modifier leurs lois et leurs pratiques de manière à les mettre en conformité avec le Pacte. Dans les cas où il existe des discordances entre le droit interne et le Pacte, l’article 2 exige que la législation et la pratique nationales soient alignées sur les normes imposées au regard des droits garantis par le Pacte ».

    Le texte du Pacte

    Au sein du Pacte, c’est l’article 18 qui traite de la liberté de religion, et la rédaction est excellente :

    « 1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou Droits de l’homme et libertés fondamentales en commun, tant en public qu’en privé, par le culte et l’accomplissement des rites, les pratiques et l’enseignement.

    « 2. Nul ne subira de contrainte pouvant porter atteinte à sa liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix.

    « 3. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet que des seules restrictions prévues par la loi et qui sont nécessaires à la protection de la sécurité, de l’ordre et de la santé publique, ou de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d’autrui.

    « 4. Les Etats parties au présent Pacte s’engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs propres convictions ».

    L’article 27 souligne l’attention due aux minorités religieuses :

    « Les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d’avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie cultuelle, de professer et de pratiquer leur propre religion, ou d’employer leur propre langue ».

    L’article 29 traite des limites au libre exercice :

    « Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique ».

    La doctrine du Comité des Droits de l’Homme

    Le Comité des Droits de l’Homme a souvent été amené à se prononcer sur la liberté de religion par ses observations générales, ses rapports périodiques et sa jurisprudence. L’un des textes les plus éclairant est l’’observation générale n° 18 du 10 novembre 1989, notamment quand il traite des restrictions qui peuvent être apportées aux manifestations extérieures :

    « Le paragraphe 3 de l'article 18 n'autorise les restrictions apportées aux manifestations de la religion ou des convictions que si lesdites restrictions sont prévues par la loi et sont nécessaires pour protéger la sécurité, l'ordre et la santé publics, ou la morale ou les libertés et droits fondamentaux d'autrui. Aucune restriction ne peut être apportée à la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction en l'absence de toute contrainte ni à la liberté des parents et des tuteurs d'assurer à leurs enfants une éducation religieuse et morale.

    « Les restrictions imposées doivent être prévues par la loi et ne doivent pas être appliquées d'une manière propre à vicier les droits garantis par l'article 18.

    « Les restrictions ne doivent être appliquées qu'aux fins pour lesquelles elles ont été prescrites et doivent être en rapport direct avec l'objectif spécifique qui les inspire et proportionnelles à celui-ci. Il ne peut être imposé de restrictions à des fins discriminatoires ni de façon discriminatoire. Le Comité fait observer que la conception de la morale découle de nombreuses traditions sociales, philosophiques et religieuses ; en conséquence, les restrictions apportées à la liberté de manifester une religion ou une conviction pour protéger la morale doivent être fondées sur des principes qui ne procèdent pas d'une tradition unique ».

    Ces règles ont été rappelées dans la décision Yeo-Bum Yoon (CDH, Yeo-Bum Yoon et Myung-Jin Choi c. République de Corée CCPR/C/88/D/1321-1322/2004, 23 janvier 2007) :

    « Bien que certaines restrictions au droit de manifester sa religion ou conviction soient permises, ce ne sont que celles définies par le paragraphe 3 de l’article 18, c’est-à-dire celles « prévues par la loi et qui sont nécessaires à la protection de la sécurité, de l’ordre, de la santé publique, ou de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d’autrui ». 

    III – Quelques observations sur le régime français de la laïcité…

    Sous l’angle du droit international, toutes les religions sont traitées sous le même pied. Il en existe une immense diversité, avec en leur sein plusieurs écoles de pensée, mais toutes sont régies par ce régime. Il est remarquable que sur une question si sensible, la communauté internationale parvienne à s’accorder sur un régime juridique unique, et il faut ainsi souligner l’importance de cet article 18. De même, il sera toujours très intéressant de se référer aux travaux du Comité Droit de l’Homme qui est saisi des difficultés d’application dans plus d’une centaine d’État, et qui cherche à dégager des solutions en cohérence avec la règle commune.

    Ensuite, le régime de base de la liberté de religion tel qu’il est défini par l’article 18 du Pacte réunit l’essentiel de ce que l’on proclame souvent comme étant la laïcité : croire ou ne pas croire, croire ce que l’on veut, pouvoir pratiquer et ne pas subir de discrimination. Prenez le temps de bien lire l’article 18 du Pacte de 1966, et vous retrouverez des choses bien proches de ce qu’on entend couramment par « laïcité à la française ». Bien sûr, il existe une spécificité française, ce comme pour chaque pays, mais cette spécificité joue à la marge, l’essentiel résultant du droit international. Il reste une part pour le droit interne, mais celui-ci devra s’inscrire dans le droit international.

  • Turquie : Les enjeux d’un pont entre l’Occident et l’Orient

    Je m’y attendais un peu, mais quand même, je reste sidéré par le post-colonialisme puant des médias occidentaux vis-à-vis du vote aux élections législatives turques.

    1/ Une injure au peuple turcliv-070624-bb11.jpg

    Près de 90 % des électeurs ont voté, et le résultat n’a été contesté par aucune formation de l’opposition parlementaire. Dont acte.

    Pouvez-vous me citer un seul grand pays économiquement développé qui puisse réaliser une telle réussite ? Je rappelle qu’aux États-Unis (Territoire indien occupé, Amérique du Nord), seul 1 % de la population finance la campagne électorale, et donc organise le résultat.

    2/ Une méconnaissance de la démocratie turque

    Ce mépris conduit à ignorer le vote du peuple turc qui, pour ce scrutin fondateur de la vie politique, n’est pas condamné – comme la pauvre France – à voter pour un roi élu, sauvé du premier tour avec 20%, et élu sur des alliances fausses avec seulement 51 % au second tour. Et qui dispose alors de tous les pouvoirs. Du vol…

    Non, la Turquie est une démocratie sérieuse, et le peuple sait les enjeux de son vote. Pour une part, la Turquie est bornée par la mer Noire et la mer Méditerranée, mais pour le reste elle l’est avec cinq pays, dont quatre connus la guerre ces dernières années, ou sont encore ravagés par la guerre : la Géorgie, l’Iran, l’Irak et la Syrie. Résultat : deux millions de réfugiés en Turquie.  Alors, c’est très bien de faire de leçons de démocratie à la Turquie, et toute critique est bienvenue, mais je dis simplement : un peu de calme. La Turquie n’a pas ses frontières avec la Belgique, la Suisse ou l’Italie. Et comme la Turquie a une population qui est très proche de celle de l’Irak ou de la Syrie, elle mesure cruellement ce qui peut advenir de la division d’un peuple. Tout ceci mérite le plus grand respect,… et au moins de la réserve.

    3/ La Turquie, fondamentalement démocratique076-SERIE-ISLAM-A.Al-Raysuni-COUV-web.jpg

    La Turquie est fondamentalement démocratique, beaucoup plus que la France, car son élection princeps est celle des législatives, avec le seul vote qui respecte l’opinion populaire : des élections législatives à un tour, avec une proportionnelle à peine aménagée. Le vote populaire installe le gouvernement, et ne laisse aucune place aux tractations de deuxième tour, ou aux fusions douteuses avec des groupes politiques qui se sont combattus et qui se haïssent.

    Imaginons un instant que les règles de cette belle démocratie turque jouent pour la rétrécie démocratie française : nous aurions à l’Assemblée nationale trois partis à presque 30 %, avec l’obligation pour le PS et les Rep’ de former un gouvernement de coalition, et avec un Premier ministre qui assurerait l’essentiel du pouvoir, le président de la République n’ayant que des fonctions de représentation.

    Pas besoin d’imaginer une invraisemblable VI° République. Il suffit de reprendre le modèle turc, soit en vote populaire instituant l’assemblée parlementaire, à charge pour celles-ci de dégager une majorité. Rien n’est plus démocratique.

    Franchement quand je lis le Monde (Occidental) ou Le Figaro (de Dassault) distillant leurs commentaires fielleux, alors que notre présidentielle se jouera sur le vote d’un homme, qui sortira au premier tour aux alentours de 20 %, je me marre.liv-060718-3-1.jpg

    De plus, le peuple turc – gloire et honneur – n’a pas émis un vote mais deux : un vote sincère, le 7 juin, en mettant l’AKP en minorité à 40 % (ici, un commentaire puant); un vote réaliste, le 1er novembre, en votant à 50% pour l’AKP pour dégager la seule solution garantissant la stabilité au pays. La classe. 

    4/ Les dérives autoritaires… d’un pays qui dépend de la CEDH

    Nos joyeux lurons du Monde (Occidental) ont titré toute la journée sur l’inévitable dérive autoritaire du pouvoir d’Erdogan. Je passe sur le cabot Hollande qui se permet d’appeler Erdogan à l’unité de son pays, alors que l’AKP a fait 50 % des voix, quand le PS ne fera par 20 %. Oh, chouchou, parles-en à Lucette…

    Je voudrais rappeler que la Turquie est un pays européen, membre du Conseil de l’Europe, et ayant accordé à tous ses citoyens recours individuel devant la Cour européenne des droits de l’homme en cas d’atteinte aux droits fondamentaux. À des années-lumière du modèle des États-Unis, calé sur le tribalisme judiciaire.

    Aussi, si ces petits puants peuvent m’expliquer comment un pays peut devenir une dictature alors qu’il reconnaît la Cour européenne des droits de l’homme et applique ses décisions de justice, ça m’intéresserait beaucoup.

    De plus, les électeurs ont refusé de donner à l'AKP la majorité des deux tiers qui seule permet de changer la constitution. 

    5/ Le refus de reconnaitre la comptabilité de l’Islam et de la démocratie51m4d6xzMkL._SX327_BO1,204,203,200_.jpg

    En réalité, je ne suis pas tombé exactement de la dernière pluie. Ce que nos leaders d’opinion n’acceptent pas, c’est qu’un peuple très majoritairement musulman puisse respecter le droit démocratique. Tout est là, n’allez pas chercher plus loin.

    Un présupposé débile. Si elle parvient – un jour – à s’extirper de son miasme islamophobe, l’Europe fera tout pour renforcer ses liens avec la Turquie, pays dont l’histoire doit tout à la géographie : un pont entre l’Occident et l’Orient.

    L’aveuglement islamophobe est un drame. À ce jour, vous ne trouverez plus aucun patron turc pour souhaiter l’intégration à l’Union européenne. L’humiliation, depuis 20 ans, a fait son œuvre...

    En revanche, l’enjeu est de savoir si, quelques soient les difficultés, l’Union européenne est encore en capacité de trouver un deal politique avec la Turquie. Si ce n’est pas le cas, la Turquie gardera les liens avec l’Europe pour le business, et tournera tout son avenir vers l’Orient, la Russie et l’Asie.

     

    turquie,islam

  • Notre petit Nicolas a fait une rechute d’urticaire islamophobe…

    - (La maman, inquiète, sub-fébrile) Alors, Docteur c’est grave ?

    - Il faut que votre petit Nicolas se repose. Il a été contrarié ces derniers temps, et il lui faut du repos.

    - Oui, Docteur, mais c’est grave ?

    - Je ne peux pas vous dire, secret professionnel.

    - Mais je suis sa maman…

    - Oui, je sais, mais aux termes de la loi, il est majeur, plus de 18 ans.

    - Allez cool, Docteur, il n’y pas de micro ici. Je ne suis pas le majordome du Prince, mais la maman du Petit Nico… Ah, j’oubliais…  (On entend des bruits de papiers) Docteur, je crois qu’il y a là une enveloppe à votre nom…

    - Bon. Alors voilà : votre petit Nicolas a fait une rechute d’urticaire islamophobe… Il voit des Muslims de partout, qui viennent ronger les racines qu’il n’a pas…

    - Ah oui, ça, c’est embêtant…

    - Il a perdu ses repères. Dans un rêve, il avait enfermé les leaders Muslims dans une boite de petit pois, appelée le CFCM. Quand, bon colonialiste, il les convoquait au Ministère ou dans les préfectures, ils accouraient tous… (Le Docteur lève les bras au ciel) Mais aujourd’hui, votre petit Nico découvre que la communauté des fidèles s’en contrefiche… Ils sont incroyables : ils raisonnent par eux-mêmes... Un truc de ouf !

    - Oh la la, lui qui n’aime que commander… ça ne doit pas lui plaire !

    - C’est un cas de grave souffrance. Et l’autre jour, il a croisé un Muslim faisant le ramadan, qui l’a interpelé : « Moi, ça va, j’ai une spiritualité. Et toi ? »

    - Le choc a dû être terrible. Je le connais bien…

    - … moi aussi…

    - … et il ne croit qu’en lui !

    - (Le Docteur s’approche pour parler tout bas) Il voyait déjà des Muslims de partout, mais maintenant, c’est horrible. Il est sûr que les Muslims vont envahir les églises, et les transformer en mosquées… Aussi, il a signé une pétition cornaquée par des allumés de la racine, intitulée « Touche pas à mon église ».

    - (La maman effondrée) Oh mon petit Nicolas… C’est la première fois de sa vie qu’il signe une pétition ! Et puis, c’est idiot ! Les Muslims veulent des mosquées, pas d’églises… Il y a quelques cas de location, mais c’est donc par accord. Ils n’ont jamais envahi une église… Mais c’est vrai que Nico a tendance à considérer les Muslims comme des sans-papiers…

    - J’ai essayé de le convaincre d’augmenter ses gouttes, mais impossible… Même ses petits copains lui ont dit que c’était nul… En fait, je crois qu’il est resté amoureux de Buisson, et il ne supporte pas cette séparation. Alors, signer avec Bougrab, Finkielkraut, Basile de Koch, Zemmour,… il a craqué…

    - (La maman a la larme à l’œil) Il doit beaucoup souffrir pour en être là. Il ignore tout des églises, et la dernière fois qu’il était avec le Pape, il s’amusait à envoyer des textos…

    - C’est tout le problème. L’abime de l’angoisse crée des tensions intracérébrales qui butent sur l’occiput, et l’onde de choc se répand dans tout le système nerveux, causant des crises d’urticaire, qui sont en train d’évoluer vers une glomurithe distendue de la membrane perchée.

    - (La maman pleure à chaudes larmes) Oh mon Dieu…

    - Non, non… Je suis juste médecin…

    - (La maman pleure, comme inconsolable, mais soudain elle se calme et son visage devient radieux). Ca y est j’ai trouvé, Docteur : je vais le faire démissionner des Républicains. Ces conneries, ce n’est plus de son âge. Et comme il voit qu’il perd, car en blindant le parti il se coupe des Français, çà le rend dingue. La semaine dernière, il est passé à la maison pour récupérer dans la cave son appareil à siphonner les voix du FN qui lui avait donné la victoire en 2007. Il faut agir vite…

    - Madre mia, comment faire ? Je n’ai rien dans ma trousse d’urgence. J’ai bien une seringue de Nozitanbul 2 500 mg, à effet fragmenté, mais il refuserait la piquouze… Alors ?

    - Il suffit qu’un juge le mette en examen, avec un contrôle judiciaire serré. Il m’a raconté toute l’affaire Bygmalion, et je vais faire une petite lettre au procureur… Ça ne va pas faire un pli. Force doit rester à la loi.

    - (Le docteur en frétille d’aise). Quelle bonne idée. Une mise en examen pour escroquerie, avec un contrôle judiciaire qui l’interdise de se rendre au siège du parti. Maman, vous êtes trop forte !

    - (La maman hausse les épaules). Mais, non, c’est du classique. C’est mon huitième amant, un procureur, qui m’en a parlé l’autre jour.  

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    La Mosquée Cathédrale de Cordoue

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  • Plus grande synagogue d'Europe… inaugurée en Turquie

    Grand pays pour la liberté de religion, la Turquie a inauguré hier, après restauration, la Grande Synagogue d’Edirne. Un monument.

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    Monument architectural d’abord. C’est la plus grande synagogue d’Europe et la 3ème au monde, pouvant accueillir 1.200 fidèles. Les travaux ont été dirigés par la Direction Générale des Fondations, une dépendance des services du Premier ministre.

    Monument historique ensuite. La synagogue avait été construite en 1907, du temps de l’Empire Ottoman, sur une décision du sultan Abdülhamid II. Reprenant le modèle architectural de la synagogue de la Tempelgasse à Vienne, elle avait ouvert en 1909.

    La Turquie a reconnu Israël dès 1949, et a été pendant des décennies son allié militaire. Au fil du temps, la communauté juive est devenue moins nombreuse, dans la région d’Edirne aussi, et en 1983, il a fallu se résoudre à fermer la synagogue, qui se délabrait.

    Cette rénovation marque donc la volonté de l’Etat. Lors de l’inauguration, le vice-premier ministre Bülent Arinç a souligné : «Il n'y a pas d'antisémitisme en Turquie. Il n'y a pas de phobie qui équivaut à l'islamophobie comme en occident. Il n'y a pas de racisme en Turquie. Il n'a pas trouvé de terrain pour y prospérer. Lorsqu'on regarde ce qui se passe en Europe et dans d'autres pays, on constate qu'ils sont loin derrière nous et on en ressent vraiment de la peine».

    Le grand rabbin des juifs de Turquie, Ishak Ibrahimzadeh, a été lui aussi enthousiaste : « Il s'agit d'un événement historique pour les Juifs de Turquie… C'est la première fois que nous assistons à une réouverture de synagogue depuis la proclamation de la République en 1923».  La communauté regroupe environ 25.000 fidèles, essentiellement entre Istanbul et Izmir.

     

    Edirne symbolise la liberté de religion, avec désormais des édifies religieux pour les trois grands cultes monothéistes. Attention aux idées simples, si on veut essayer de comprendre. 

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  • Les évangélistes, la plus belle progression religieuse en France

    Grosse déprime en vue pour les persécutés de l’invasion musulmane… La plus belle progression religieuse en France, ce n’est pas les barbus, mais les Églises évangélistes. On les appelle encore les Pentecôtistes. De la grande famille protestante, ils prêchent une foi qui est à la fois idéalisée et très inscrite dans les réalités de la vie quotidienne.

    En une décennie, ceux qui ne constituaient que des groupes épars sont devenus un réseau avec environ 600 000 adeptes. Le principal regroupement est le Conseil national des évangéliques de France (Cnef), créé il y a cinq ans, et qui a des objectifs ambitieux. Tenez-vous bien : une église créée tous les dix jours en France, pour atteindre le ratio de une église pour 10 000 habitants d’ici à 2030. Soit trois fois plus qu’aujourd’hui.

    De fait le Cnef s’est doté de tout un service pour pousser le mouvement. Le vice-président du Cnef, Daniel Liechti, confirme : « J’ai commencé à proposer cette stratégie à mes pairs il y a quelques années, pour organiser l’effort missionnaire. Le rythme est stable depuis plusieurs années, mais nous souhaiterions passer à la vitesse supérieure. » Le Cnef n’est pas exclusif, et cohabitent nombre d’autres réseaux. Au total, une ébullition.

    Samedi, le sinistre de l’intérieur sera à Mulhouse pour inaugurer la plus grande église de France, du mouvement « Porte ouverte chrétienne » : 7.000 m2, record battu. Ici, pas de luxe : on est dans le quartier périphérique de Bourtzwiller, et l’église a pour base d’anciens bâtiments commerciaux reconvertis, si j’ose dire… Chaque dimanche, plus de 2 000 fidèles s’y retrouvent pour prier dans la sérénité.

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