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santé - Page 2

  • Privation des soins palliatifs : Un scandale national

    Le ouateux Comité consultatif national d’éthique (CCNE) qui dénonce un scandale ! Tout arrive dans notre gentille France… Et ayant lu le spongieux rapport, je m’associe par le cœur, l’âme et l’esprit à la dénonciation de ce scandale qui détruit toute la problématique de la fin de vie, et qui s’exprime de manière très claire :

    • depuis 1999, la loi dispose que toute personne, dont l’état le requiert, a droit à des soins palliatifs ;
    • en 2014, seules 20% de ces personnes ont droit à des soins palliatifs.

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    Merci au céleste CCNE : tout est dit ! Attention, on ne parle pas des « services de soins palliatifs », ces excellents services accueillant les situations les plus complexes, et qui resteront des services rares. Non, on parle des soins palliatifs, dit d’accompagnement vers la mort, qui doivent être pratiqués chaque fois qu’il est nécessaire, que ce soit à l’hôpital ou à domicile.

    Problématique lassante : une loi non-appliquée,… et de pseudos savants à roulettes qui professent des théories à deux balles, alors que la seule chose à faire est d’appliquer la loi… c’est insupportable. Quand je pense qu’El Blancos a dû dealer une modification de la loi Leonetti pour que nous gardions les trois « ministres » radicaux de Gauche… Ce « gouvernement » nous entraîne vraiment bas.

    Arrêtons le cinéma

    Quand je serai président de la République, je ferai voter par mes godillots de députés non fondeurs une loi très simple :

    « Article 1. – Le Parlement ne peut modifier une loi que si celle-ci a été appliquée de A à Z, et que la preuve est rapportée de l’inadaptation de cette loi. »

    « Article 2. – Entre deux sessions, les parlementaires peuvent aller raconter n’importe quoi sur les plateaux-télés, pas de problème, même assis à côté de Nabila, pourvu qu’ils ne touchent pas aux lois qui ne sont pas encore pleinement appliquées. »

    La loi de 1999

    Alors que disait la loi, à savoir la loi n° 99-477 du 9 juin 1999 visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs ?

    Tu as bien lu, c’est écrit « garantir »…

    « Art. L. 1er A. – Toute personne malade dont l’état le requiert a le droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement.

    « Art. L. 1er B. – Les soins palliatifs sont des soins actifs et continus pratiqués par une équipe interdisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage.

    « Art. L. 1er C. – La personne malade peut s’opposer à toute investigation ou thérapeutique. »

    « Art. L. 712-3. – « Le schéma régional d’organisation sanitaire fixe en particulier les objectifs permettant la mise en place d’une organisation optimale pour répondre aux besoins en matière de soins palliatifs. Ces objectifs sont mis en œuvre au moyen des contrats mentionnés aux articles L. 710-16, L. 710-16-1 et L. 710-16-2. »

    «  Art. L. L. 712-3-1. – « De la même manière, l’annexe au schéma régional d’organisation sanitaire détermine les moyens nécessaires à la réalisation des objectifs qu’il fixe pour ce qui concerne les soins palliatifs, notamment les unités de soins palliatifs, les équipes mobiles et les places d’hospitalisation à domicile nécessaires, par création, regroupement, transformation ou suppression. »

    Faut-il changer un mot ? Non, la loi est magnifique ! Toute personne a droit à des soins palliatifs, c’est-à-dire des soins qui visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage. Cette personne peut s’opposer à toute investigation ou thérapeutique, et les mécanismes sont mis en place pour garantir l’effectivité de ce droit.

    Seul problème : 15 ans après le vote de la loi, 80 % des Français sont privés d’accès à ces soins, et donc meurent dans des conditions indignes. C’est l’horreur. L’horreur ! Et si ce n’était pas l’angélique CCNE qui l’avait dit, je n’y croirais pas. Jean-Claude Ameisen, président du monacal CCNE conclut : « Les Français témoignent d’une fin de vie qui est un abandon. Quand, dans un pays, on a 80 % de risque de ne pas voir sa douleur et sa souffrance correctement prises en charge à la fin de sa vie, toute alternative peut sembler préférable. »

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    Force doit rester à la loi

    Donc, il faut appliquer la loi, avant d’envisager de la changer, car rien n’empêche d’appliquer cette loi-là.

    La mise en oeuvre des lois n’est pas un luxe ou une opportunité, mais un devoir de l’Etat. Aussi, les familles ou les associations de patients doivent s’organiser pour engager fissa des recours contre l’Etat et les hôpitaux défaillants. Trois ou quatre procès bien saignants, et on récupère quinze ans de retard.

    Et pour le reste…

    Ensuite, pour être complet, si ce n’est objectif – ce que je ne suis jamais – le dépressif CCNE fait deux propositions d’amendement à la loi. C’est du bidon pur sucre, mais « comme le président qui me nomme veut une proposition de loi, pour calmer la secte de Baylet, je lui en ai pondu une ».

    En 1) le ténébreux CCNE veut renforcer les « directives anticipées » pour leur donner la valeur d’un testament. Parfait, il suffit d’appliquer le régime du testament, qui existe depuis plus de 200 ans.

    En 2), le contorsionniste CCNE entre sur la piste de danse autour de la notion de « sédation profonde et continue, jusqu’à sa mort », reconnue pertinente par l’Ordre des médecins, et qui fait bouger la loi d’un quart de millimètre par rapport à la notion de « double effet ».

    Donc, du vent. Mais l’essentiel est que « le président qui me nomme » ait sa loi et que la secte de Baylet reste au « gouvernement ».

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  • Ebola : Cuba montre l’exemple

    Avec Ebola, c’est le foutoir habituel des problèmes de santé publique : un jour c’est gravissime, et le lendemain, les progrès sont spectaculaires ; un malade en Espagne c’est une crise de régime, mais quelques centaines de mort en Sierra Leone, au Liberia ou en Guinée, c’est du secondaire. Tous les jours, l’OMS et l’ONU alertent, alors que les gouvernements se veulent rassurants.

    L’OMS a certainement une partie bien difficile à jouer, pour collecter des infos pas évidentes, agir en tenant compte de la susceptibilité des Etats, éviter la panique… Margaret Chan, directrice de l’Organisation mondiale de la santé, avait posé le problème « de la manière la plus simple : « Face à la maladie, ce dont nous avons le plus besoin, c’est de personnel médical. Le plus important pour éviter la transmission de l’Ebola est de disposer des personnes adéquates, des spécialistes adéquats, entrainés correctement ».

    Un pays, qui n’est pas le plus riche de la planète, Cuba, a magnifiquement répondu. Seul à avoir répondu en tant qu’Etat, sans se défausser sur les ONG, et à un tel niveau… en dépêchant 165 médecins, tous en place depuis début octobre. Onze millions d’habitants et 165 médecins, on voit ce que ça donnerait si on généraliserait l’effort. Margaret Chan a salué cette décision: « Cuba est un exemple. Il s’agit du contingent le plus important de médecins, d’infirmiers et de spécialistes du contrôle de maladies infectieuses et épidémiologiques ».

    La présence médicale internationale en Afrique de l’Ouest était de 170 professionnels. Cuba fait autant que toutes les nations du monde réunies… Fidel Castro a trouvé un micro pour expliquer : « C’est un principe sacré de la Révolution. C’est ce que nous appelons l’internationalisme, parce que nous considérons que tous les peuples sont frères et avant la Patrie se trouve l’humanité ».

    Chapeau-bas à ce grand pays de solidarité, étranglé par le blocus US, et mes amitiés à nos syndicats de médecins libéraux qui préparent une grève… pendant les fêtes de Noel. Un autre monde

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  • Servier nous prend pour des cornichons, et il a bien raison : ça marche !

    entourl1.gifOh la bonne blague ! Un grand moment de détente hier soir quand, rentrant d’une gaillarde veillée de prières, j'ai lu notre belle presse enthousiaste : Servier, une maison adorable et bienfaitrice, va indemniser tous ceux qui ont souffert du Médiator. Si Olivier Laureau, le nouveau pédégé de Servier, est atteint de gerçures, il a dû souffrir le martyr.

    Voici cette déclaration, reprise partout : « Dans le cadre de l'Oniam et des affaires civiles, nous avons indemnisé, nous indemnisons, et nous indemniserons tous les patients qui ont souffert du produit. Nous assumerons nos responsabilités »

    Supercool le père Noël Laureau… : « Tu as souffert mon chéri ? Viens vite, que je t’indemnise dans mes petits bras musclés ». De la grosse entourloupe, avec le virus de cornichonite aiguë... Cette déclaration n'apporte absolument rien, et elle est pourtant présentée comme un tournant. 

    1/ « Dans le cadre de l’ONIAM… ». Donc le père Noël Laureau va payer dans le cadre de l’ONIAM. Pas de chance : l’ONIAM (Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux) est un organisme public, dans lequel Servier n’a rien à faire… et qui, au contraire, paie quand Servier ne paie pas… Comme grosse truanderie, c’est pas mal.

    2/ « Dans le cadre de l'Oniam et des affaires civiles, nous avons indemnisé, nous indemnisons, et nous indemniserons… ». C’est plus qu’ambigu. Une entreprise souscrit des contrats d'assurance pour tout ce 12379_673127.jpegqui concerne sa responsabilité civile. C’est donc, par principe, à l’assureur d’indemniser,… sauf que la compagnie AXA a expliqué qu’elle avait pris en charge un antidiabétique, et que si le médicament est en fait anorexigène, un coupe-faim, elle n’est plus concernée. Rien à dire, car c'est la base du droit des assurances : la définition du risque. Si Servier annonce qu’il va payer lui-même, c’est qu’il a bien entourloupé son assureur. Donc, rien de généreux, mais seulement l’attitude du mec minable pris les doigts dans la confiture, et qui, l’air dégagé, vous récite les poèmes d’amour d'Alphonse de Lamartine.  

    3/ « Nous indemniserons tous les patients qui ont souffert du produit »… C’est là le nœud du problème. « Ceux qui ont souffert », ça ne veut rien dire. La seule formule rigoureuse, c’est « Servier indemnisera le dommage qu’il a causé ». Le lien de causalité, qui peut être indirect, mais qui doit être certain. Et là, Servier joue sur du velours... Les experts rejettent les dossiers par masse justement car ils ne parviennent pas à prouver le lien de cause à effet. Les expertises concluent qu’il y a des probabilités, mais pas de certitudes… Dans ce cas, tout prend fin, car le lien de causalité doit être certain. Mais, me direz-vous, Servier va indemniser au vu du seul constat de la souffrance… Sauf, que c’est impossible, car le critère est subjectif… et ce serait une infraction pénale. Une entreprise ne peut pas indemniser « ceux qui souffrent», si sa responsabilité civile, au sens de la loi, n’est pas engagée. Ce serait de l’abus de bien social : des versements à des particuliers, qui n’entrent pas dans l’objet de la société. A moins que Servier ne crée une société de bienfaisance pour les nécessiteux… Trop drôle…

    013_001.jpg4/ « Nous assumerons nos responsabilités »… Que c’est beau… mais ça n’a aucun sens ! Si la responsabilité est, en droit, établie, Servier est condamné à payer. Et ce n’est pas lui qui décide, mais le tribunal. Donc tu assumes quoi, père Noël de mes deux ?  

    C’est donc une grosse entourloupe, qui nous montre hélas une nouvelle fois que la presse est toxicomane à l’émotion. Ce qui est vénéré, c’est la vieille culture de l’inculte Naboléon : avouer et faire avouer, c’est la base de la civilisation. Pas la mienne, petits rats...

    D’ailleurs, le drolatique Laureau redevient vite la mère Fouettard dès qu’on parle des choses vraies, ie le procès : « Servier entend défendre sa position avec détermination, car il y a beaucoup d'éléments dans le dossier qui n'ont peut-être pas été dits, entendus, donc on le fera entendre ». Là, c’est clair : on n’a pas avancé d’un centimètre.

    Et pour finir le couplet racaille sur le respect : « Malgré des attaques injustes et quelquefois excessives, nous avons toujours eu le plus grand respect pour les patients et pour l'institution judiciaire ».

    Nous voilà rassurés : Servier respecte les patients et la justice… C’est nul. Franchement, je préférais le Papy Servier, avec l’œil qui brille de celui qui sait. Au moins lui, il jouait cash. Tiens, il faut que vérifie si Valls et père Noël Laureau n’ont pas la même agence de com’… 

  • 102 ans, et un record du monde à vélo

    Le super Robert Marchand, c’est la grande vedette du sport. A 102 ans, ce grand amateur de vélo a battu son propre record de la distance parcourue en une heure, dans la catégorie des centenaires, avec 26,927 km. L'Union cycliste internationale (UCI) a créé la catégorie des « Masters des plus de cent ans », mais le trop sympathique Robert est un peu seul dans sa catégorie. Heureusement, il a appris qu’un chinois s’entrainait pour battre son record, alors il demande à le rencontrer pour l’encourager.

    Ses projets ? « Je vais continuer à faire du vélo, mais je vais essayer de vivre encore un an, deux, trois, quatre, cinq ans. Il ne faut pas en vouloir de trop dans la vie. On met neuf mois pour arriver au monde, on met trente secondes pour claquer ! » Merci pour tout, Robert

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  • Hôpital de Chambéry : On essaie de comprendre ?

    Beaucoup d’émotion dans l’affaire des bébés morts contaminés par des poches alimentaires à l’hôpital de Chambéry, mais encore bien peu d’informations.

     Le laboratoire ayant fourni les poches est en cause…9782275037158_zoom.jpg

    Doucement, doucement… Il y a deux phases, l’une de fabrication et de remise du produit à l’hôpital, et l’autre d’utilisation à l’hôpital. A priori, la conservation des poches à la pharmacie de l’hôpital, et le parcours jusqu’aux services, puis des services aux enfants est correct. De plus, une faille dans ce processus expliquerait mal la gravité extrême des conséquences.

    On se tourne donc logiquement vers le laboratoire, mais il est impossible de se prononcer sur des probabilités. On y verra mieux après les comptes rendus médicaux des autopsies et les expertises des produits. Ces données scientifiques sont fort complexes. Maintenant, le labo peut se poser des questions car les contaminations ont eu lieu dans un seul établissement.

    Et si l’expertise met en cause le laboratoire ?

    D’abord, ce sera une première expertise. Les bébés auraient été contaminés par des poches de nutriments, administrés par perfusion, et qui contenaient un germe, actuellement en cours d’analyse à l’institut Pasteur à Paris.

    L’un des points qui assez mal expliqué dans la communication faite autour de cette affaire, c’est celui des poches expertisées. A-t-on gardé ou trouvé des poches contaminées ? Identifier le germe c’est une chose, mais comment faire le lien avec le laboratoire si les proches n’ont pas été conservées. Il peut y avoir une part de déduction, mais forcément limitée car la contamination a été limitée.ouvragePZ1-134.jpg

    Ensuite, en admettant que les poches soient concernées et s’agissant de leur fabrication, on aurait une réponse sur la causalité, mais pas sur la faute. Il faut bien distinguer les deux questions : une contamination des poches est-elle la cause des décès ? Cette contamination résulte-t-elle d’une faute dans le processus de fabrication ?

    Il faut prévoir plusieurs expertises.   

    En cause, et pas en faute ?

    Oui, car la faute doit être prouvée. Comment sera-t-il possible de déterminer le comportement humain qui a été fautif, alors que cette contamination est a priori très limitée, et qu’elle remonte à plusieurs mois ?

    Alors, si pas de faute, pas de responsabilité ?

    Il n’y a pas de responsabilité pénale, si l’enquête ne prouve pas l’existence d’une faute, et la certitude d’un lien de causalité entre cette faute et le dommage. Cette faute peut ne pas être exclusive, car d’autres facteurs ont pu jouer. Mais sans double preuve – faute et causalité – il n’y pas de culpabilité pénale.

    S’ajoute une autre difficulté qui est d’imputer la faute. S’il s’agit d’un comportement humain, il faut identifier la personne, et ce sera là aussi très difficile, surtout si la faute résulte d’une simple négligence. Si c’est le processus qui est défaillant, on peut envisager la responsabilité pénale de la personne morale, mais en l’occurrence, la contamination est très limitée, ce qui laisse penser que le processus est correct.Sante-et-Justice-quelles-responsabilites-Droits-et-debats-n-7_large.jpg

    En cause, mais irresponsable ?

    Ce sera le cas sur le plan pénal si la double preuve n’est pas rapportée.  Mais la responsabilité pourra être engagée sur le plan civil, car le labo est fournisseur de produits, et sa responsabilité civile est engagée même si aucune faute n’est prouvée, sur la simple preuve du lien de causalité.

    En fait, l’affaire est grave, car un juge spécialisé a été saisi.

    L’affaire est très grave par ses conséquences, car des enfants sont morts. La justice doit faire pour éclaircir les causes de ces faits, mais l’ouverture d’une instruction pénal ne préjuge en rien de l’existence de fautes, ou de leur gravité.  

     

    L’affaire a logiquement été transférée au pôle de santé publique de Marseille, qui est une juridiction à compétence interrégionale spécialisées en matière sanitaire. 

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