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Science - Page 2

  • OGM : Le grand affolement

    4421604.jpgAffoler la foule semble la méthode de ce gouvernement. Ses réactions fiévreuses après l’article du Nouvel Obs ont de  quoi inquiéter, pour de bon. On se rend compte en direct live que sur un sujet éminemment scientifique, ça patauge au maximum.

    Je suis comme tant de monde, entre très et énormément réticent aux OGM, mais je ne connais rien à ces sciences, et je cherche à comprendre. Le compte n’y est pas, pas du tout.

    Hier, a été publiée une étude scientifique… Non ! Le Nouvel Obs n’est pas une revue scientifique, et l’article sera prochainement publié dans la réputée revue Food and Chemical Toxicology.  L’article s’intitule  «Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize», et il est signé par deux scientifiques connus, Gilles-Eric Séralini et Joël Spiroux de Vendômois (Criigen, Université de Caen). Donc, on ne connait ni l’article scientifique, ni l’étude, mais seulement les bonnes feuilles publiées par le Nouvel Obs… et c’est l’état d’alerte maximal au gouvernement ! Dans les heures qui ont suivi la publication de l’Obs, les trois ministres de la Santé, de l'Ecologie et de l'Agriculture ont publié ce communiqué :ox37AD6XQlQrCnykZlAqSjl72eJkfbmt4t8yenImKBVaiQDB_Rd1H6kmuBWtceBJ.jpg

    «Le Gouvernement a pris connaissance des informations, rendues publiques aujourd'hui, sur l'étude menée par des chercheurs français, mettant en cause l'innocuité à long terme du maïs transgénique NK 603 sur les rats. Les conclusions de cette étude font l'objet d'une saisine immédiate de l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire. Elles feront également l’objet d’une analyse par le Haut Conseil des Biotechnologies. Elles seront également transmises en urgence à l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments.

    « En fonction de l'avis de l'ANSES, le Gouvernement demandera aux autorités européennes de prendre toutes les mesures nécessaires en termes de protection de la santé humaine et animale, mesures qui pourront aller jusqu’à suspendre en urgence l’autorisation d’importation dans l’Union européenne du mais NK 603, dans l’attente d’un réexamen de ce produit sur la base de méthodes d’évaluation renforcées.

    « Cette étude semble confirmer l'insuffisance des études toxicologiques exigées par la règlementation communautaire en matière d'autorisation de mise sur le marché de produits transgéniques. Elle valide la position de précaution prise par le Gouvernement français sur le moratoire des cultures OGM. Le Gouvernement demande aux autorités européennes de renforcer dans les meilleurs délais et de façon significative l'évaluation des risques sanitaires et environnementaux.»latour_science_action.jpg

    Cela veut dire que le gouvernement, responsable de la santé publique, est à un état de méconnaissance tel du sujet qu’un article du Nouvel Obs suffit à réorienter toute sa pratique politique. Cela veut dire que le gouvernement demande à ces instances scientifiques de se prononcer sur l’article de l’Obs ! Comment donner une réponse scientifique sans connaître toute l’étude ?

    Ensuite, les résultats publiés par l'Obs sont affolants pour la santé publique, et je dois me poser quelques questions.

    1/ Je vois mis en avant deux arguments contradictoires : les titres universitaires de deux chercheurs, et le fait que l’un des intérêts de l’étude serait qu’elle émane d’un labo privé, donc indépendant. Alors, est-ce le travail d’universitaires ou le travail d’une équipe privée ?

    2/ Si c’est un labo privé, qui a financé ? Car j’imagine des budgets au sommet.

    3/ Je lis que serait Greenpeace qui aurait financé, et qui finance Greenpeace, alors ?

    4/ Gilles-Eric Séralini et Joël Spiroux de Vendômois sont reconnus comme des scientifiques opposés aux OGM, et proches des groupes militants. Ce n’est pas interdit, loin de là. Mais il faudrait que les deux chercheurs disent clairement ce qu’il en est. Nous sommes dans le conflit d’intérêts, qui n’est pas illégal en soi, mais qui doit être explicité.

    5/ Si je synthétise, je vois que les études financées par le lobby OGM sont favorables aux OGM, et que les études financées par les opposants aux OGM sont défavorables aux OGM. Excusez du peu, mais, vu les enjeux, c’est totalement merdique ! Dois-je comprendre qu’il n’y a pas d’études d’Etat, conduites dans la transparence et au feu de la contradiction des savants ?affiche%20siences%20et%20societe%20janv%202012.jpg Je suis très enclin à le penser, quand je vois que ces quelques pages publiées dans l’Obs ont fait virer casaque au gouvernement !

    6/ D’un côté, on me dit que c’est la première étude à deux ans, alors que les autres n’étaient qu’à 90 jours, et de l’autre, on me dit que c’est entièrement faux et qu’il existe de nombreuses études à deux ans. Que sait le gouvernement ?

    7/ Je crois volontiers que l’étude confirmera l’article de l’Obs. Mais vu cette toxicité extrême à deux ans, une corrélation a-t-elle était faite avec l’état de santé des populations qui consomment régulièrement des OGM ? 

    8/ L’étude conclut à des risques considérables pour la santé, qui ont de quoi faire flipper le commun des mortels, tel mézigue. Mais je lis que l’étude a été achevée en avril 2012, et les signes graves pour la santé étaient donc nécessairement bien antérieurs. Pourquoi ne pas avoir alerté les autorités sanitaires ? 

    Après les grandes affaires de santé publique qu’ont connues nos pays, je pensais que le background scientifique était blindé. Je vois que c’est du gruyère, et je me pose la question de savoir qui décide et sur quelles bases. 

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  • EDF ridiculisée

    pub-edf.jpgOuah, l’image de marque d’EDF ! Des années à arroser les journaux avec des pubs débiles, genre « Nous vous devons plus que la lumière » ou « Des hommes au service des hommes », avec la bienveillance philosophique d’Euro-RSCG. Aujourd’hui, EDF nous offre une bonne rigolade,… mais qui fait froid dans le dos.  

    Il faut saluer le succès de Greenpeace. Un coup de maître ! Des militants ont approché ce matin des centrales nucléaires, munis pour toute arme d’une pince à tenaille,  et ils ont réussi à s’installer – plus d’une dizaine semble-t-il – au sein des centrales de Nogent-sur-Seine (Aube) et Cruas (Ardèche).

    EDF, la grande entreprise nationale, le fleuron, c’est du sérieux ! Ben oui, y a qu’à voir. Une pince à tenaille et ce sont des années de propagande qui passent à la trappe.

    Le nucléaire est-il sûr ? Ah que oui, mon neveu ! Personne ne peut s’approcher des centrales, car la police veille !  Aucun tremblement de terre ne peut les atteindre, pas comme au Japon ! Et si un avion, par un acte terroriste, décidait de s’écraser sur une centrale, ça ferait à peine une rayure sur le béton...

    Le com’ du ministère de l’énergie – euh pardon, d’EDF – a été très rigolote. Un ministère, c’est responsable, c’est pas comme EDF, qui grenouille dans les fanges privé/public.

    On a sorti des bureaux un schmoll à cheveux blanc, très gentil, genre ingénieur trois étoiles, capable de passer trois jours sur les pylônes pour vous remettre l’électricité après une tempête, qui prend sa douce voix pour nous dire : « Relativisons, mes frères, nous n’avons rien fait car nous savions que c’était des militants pacifistes. Sinon, nous aurions fait usage des armes ». h-20-1558759-1243802189.gif

    La ficelle est un câble, et j’espère que la promesse d’une nouvelle belle campagne de pub dans des médias assoiffés d’argent ne va pas imposer le silence.

    Car, cher ingénieur aux cheveux blancs, tu imagines bien qu’il ne faut pas nous prendre que pour des cons, comme disait Coluche.  

    Oui, c’étaient des militants pacifiques, et après avoir fait quelques photos, ils se sont planqués sous des sacs, pour voir combien de temps on mettrait à les repérer. Mais, chère banane nucléaire, tu imagines un peu que si c’étaient des terroristes, ils n’auraient pas eu pour toute arme des pinces et des appareils photos ! Ils auraient eu des armes sophistiquées et de l’explosif, et deux centrales auraient explosées hier.

    La France ne serait plus la même.

    Nous sommes gouvernés par des vermicelles. L’UMP fait ses prières gaullistes, mais elle n'implore pas dans le bon sens. La « Gauche », nucléarisée dès le biberon, ne dira rien, pas plus que la CGT-Energie qui veille à son précieux comité d’entreprise. Quand on s’approche d’EDF, on se croirait chez Poutine.

    Merci, merci infiniment, à Greenpeace !  Les militants vont passer au tribunal pour des infractions genre effraction… J’espère que le tribunal leur remettra la médaille du mérite.

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    Le nucléaire au pays des Bisounours

  • Promotion Jacques Servier

    3760054381780.jpgIl y a de grands universitaires à la faculté de pharmacie de Marseille. Des gus qui travaillent dur ! Avec une méthode scientifique, de grandes capacités de recherche et assez de savoir pour décrypter l’avenir. C’est qu’un professeur d’université, ça ne rigole pas...

     

    Quelques universités ou grandes écoles, plus attardées que les autres, ont cette manie pitoyable de baptiser – que notre Sainte Déesse Laïcité me pardonne – des promotions d’étudiants. De la même famille que les rituels débiles du bizutage. Incapables de se penser par eux-mêmes. Des gamins qui le resteront à vie… Il leur faut le biberon perpétuel.

     

    Quand on mesurera les failles de la société française, j’espère qu’on  n’oubliera pas ces universitaires attardés et attardants, qui ont depuis longtemps troqué toute idée d’innovation contre les délices du tableau d’avancement.

     

    Donc nos grands nigauds agrégés de la faculté de pharmacie de Marseille ont puissamment colloqués en juin 2010 pour baptiser « Jacques Servier » la promotion d’étudiants de l’année.  

     

    Déjà, Servier était l’objet des plus vives citriques, mais ce n’est pas une femme médecin à Brest qui allait impressionner ces grands esprits scientifiques. Et puis après tout, il suffisait que personne ne soit au courant. Bien vu : à part les professeurs et les étudiants, qui sait qu’il existe une faculté de pharmacie à Marseille ?

     

    Oui, mais voilà, le drame est survenu. Gérard Bapt, le député PS président de la mission de l'Assemblée nationale sur le Mediator, a publié un communiqué qualifiant de « très choquante pour des milliers de victimes » cette décision. Quelle attaque !

     

    Devant la rudesse du coup, ça a chancelé du côté des chefs à plumes de la faculté de pharmacie de Marseille, qui ont aussitôt décidé de débaptiser la promotion, la rebaptisant « Promotion Galien ». Ce dans « l’intérêt des étudiants », cela va de soi.

     

    Et le grand Galien, médecin grec père de la pharmacie, devenu la bouée de ces incapables.

     

    Mais qui mettra au chômage ces crétins ?

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    Rendez-vous à la faculté de pharmacie de Marseille
  • Que se passe-t-il à Fukushima ?

    nucleaire1.gifLe Japon meurtri par le tsunami, et déjà pointe un risque nucléaire ! En cause, la centrale nucléaire de Fukushima, à 250 km au Nord de Tokyo, qui comprend plusieurs réacteurs. Dans l’un, et peut-être dans un deuxième, les systèmes de refroidissement des turbines ont lâché. Et çà, c'est pas bon.

     

    Naoto Kan, le premier ministre, a ordonné l’évacuation de la population à 10 km alentours, au petit matin de ce samedi, soit pour nous hier soir vers 22h30. La veille, l’évacuation concernait un rayon de 3 km. L'état d'urgence nucléaire a été décrété au Japon à titre de précaution.

     

    Dans la salle de contrôle du réacteur n° 1, on a relevé un taux de radioactivité 1 000 fois supérieur à la normale. A proximité de la centrale, le taux serait de 8 fois supérieur. Les médias japonais affirment ce matin qu’une autre centrale, toujours à Fukushima, rencontrerait des problèmes de même nature. Les réseaux électriques qui assurent la fourniture de la centrale n'assurent plus, et les générateurs diesel ne font pas face.

     

    Du fait de l’arrêt des systèmes de refroidissement, la pression s'est considérablement élevée dans ce réacteur. Hier, des camions portant du matériel nécessaire pour palier à la panne ont été dépêchés sur place, mais ces palliatifs s'avèrent insuffisants, et il semble que la seule solution soit le rejet de la vapeur radioactive dans l’atmosphère. 

     

    Tepco, l’entreprise qui gère le réacteur, a admis cette augmentation de la pression à l'intérieur du réacteur. Pour la faire redescendre, l'entreprise confirme qu'elle va relâcher de la vapeur, ce qui sera une « petite fuite nucléaire », comme le reconnait le ministère de l'Industrie.

     

    De tout cœur, et à tout point de vue, on souhaite que la situation soit maitrisée, mais il est évident que ce samedi matin, on est sur le fil du rasoir et dans la plus grande improvisation.

     

    Merci à ceux qui connaissent le sujet de nous tuyauter, ça me parait un enjeu majeur, et la grande solidarité des industriels va jouer à fond pour nous tenir au courant... nucléraire.

     

  • Doctorat light pour les frères Bodganoff

    dvd_tintin_03_01.jpgGrichka et Igor Bogdanoff sont des scientifiques. Complètement allumés, certes, mais il leur a été décerné le plus haut diplôme universitaire, le doctorat, et ça, c'est du lourd. C’était en 1999 et leurs thèses de doctorat traitaient des « aspects mathématiques et physiques de l'origine de l'Univers ».

    Ca n’avait pas été tout seul. A l’issue de la présentation, le 26 juin 1999, le doctorat avait été décerné à Grichka, mais à condition qu’il revoie son manuscrit. Igor a essuyé un refus, et il lui avait été demandé de publier deux articles et de reprendre son texte pour une nouvelle soutenance, ce qui lui a permis de devenir docteur en 2002.

    A l’époque la délivrance de ces titres  au jumeaux, qui avaient fait apprécier leur rigueur scientifique via Temps X, de la chaîne culturelle TF1, avaient fait un peu tousser, et le CNRS avait saisi le Comité national de la recherche scientifique.

    Conclusions en novembre 2003 : « Ces thèses n'ont pas de valeur scientifique ». Un jugement qui ressemble à une corde…

    Pour Grichka, ça se joue au karcher : « Aucun résultat mathématique n'est démontré ; d'ailleurs la rigueur mathématique est étrangère à la rédaction de ce texte. Le jury a constaté l'insuffisance des connaissances en physique de l'auteur et a disqualifié la partie physique comme étant trop spéculative. La commission trouve « insolite le fait qu'à la suite de ce constat, le jury ait pu juger ce manuscrit digne d'un doctorat en mathématiques ». Insolite...

    Igor se fait rétamer avec la même force : « Si au lecteur non averti le style du manuscrit de thèse de M. Igor Bogdanoff peut rappeler celui de certains travaux de physique théorique traitant de l'origine de l'univers, il ne s'agit cependant que d'une illusion. Rarement aura-t-on vu un travail creux habillé avec une telle sophistication », et le rapport dénonçait un « dysfonctionnement » dans le processus d'évaluation des doctorants.tournesol.jpg

    Daniel Sternheimer, directeur de recherche au CNRS, qui avait dirigé thèse des frères Bogdanov à l’université de Bourgogne, affirme que « pour leurs thèses, toute la procédure a été conforme à la réglementation en vigueur, appliquée parfois avec sévérité ». Pour suivre la procédure, on peut faire confiance à un universitaire. Mais pour le contenu, ça ressemble au vide sidéral. Ces travaux ne sont jamais cités, et les ouvrages grand public qui ont suivi se sont faits assaisonner comme ignorant les bases de la connaissance. Et maintenant, c'est la publication de ce rapport...

    Tout ceci est fâcheux, mais je crois que ça l’est plus pour le CNRS et les thésards que pour les jumeaux Bogdanoff. Car le rapport accusateur avait été enterré, et c’est une autre publication scientifique, Marianne, qui sept ans plus tard le publie.

    Les questions sont simples :

    -          Comment le CNRS peut-il valider comme thèse de doctorat des travaux non scientifiques ?

    -          Et comment la preuve du caractère non scientifique d’une thèse par un organe aussi prestigieux que le Comité national de la recherche scientifique peut-elle rester sans suite ?

    De tels dérapages devraient en toute logique conduire à un joli coup de balais dans ces labos empoussiérés, par respect pour l’institution, pour le public, et pour les vrais chercheurs qui se décarcassent. Bien entendu, il ne se passera rien. Si : on va sûrement demander au Comité national de la recherche scientifique de faire un rapport pour savoir pourquoi son rapport de 2003 n’a pas été suivi d’effet. Rendez-vous dans dix ans.

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    Jury de thèse au CNRS
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