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  • «Casseurs» : Renverser l’accusation

    Une excellente tribune publiée dans Libé du 26 mai 2016, décrivant la stratégie du gouvernement qui, perdu devant un mouvement auquel il ne pige rien – style l’article 2 horizon indépassable du débat social – qui se crée des adversaires merveilleux, à savoir des groupes organisés voulant détruire notre brave société… Eux qui sont, d’une manière ou d’une autre, au pouvoir depuis 35 ans n’ont évidemment aucune responsabilité dans les problèmes que rencontre le pays, car ces problèmes sont le fait d’ennemis de l’intérieur… Le spectacle d’un gouvernement qui, sans autre pensée que sa survie, se radicalise.

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    «Casseurs» : renverser l’accusation

    Voilà deux mois que le gouvernement ne sait plus que faire pour venir à bout d’un mouvement auquel il ne comprend rien. Après avoir usé jusqu’à la lie la rhétorique anticasseur, il inaugure depuis la semaine dernière une nouvelle stratégie afin d’écraser ce qui lui résiste. Cette stratégie consiste à isoler, sur les suggestions des services de renseignement, des «groupes organisés» constitués policièrement en «associations de malfaiteurs», puis à les accuser de faits dont on exagère la gravité afin de pétrifier tant la population que ceux qui luttent. Ainsi, on annonçait jeudi 19 mai l’arrestation à Rennes d’un groupe de 20 «casseurs»,  jeunes  «radicalisés»  appartenant à la «mouvance anarcho-autonome», une «association de malfaiteurs» qui s’apprêtait à «saboter» le métro de la ville. Renseignements pris, le sabotage en question était une action de blocage économique décidée en assemblée générale interprofessionnelle et menée de concert avec la CGT-Route qui bloquait les axes routiers en périphérie de la ville. L’«association de malfaiteurs» se réunissait dans les locaux de Sud-Solidaires et s’apprêtait, en fait, à coller des autocollants sur les composteurs de billets, voire, pour les plus extrémistes, à y introduire de la mousse expansive.

    C’est une manœuvre identique qui a été déployée à Paris le 18 mai suite à l’attaque d’une voiture sérigraphiée de la police par des manifestants. Alors que le syndicat de police Alliance privatisait la place de la République et faisait des «selfies» aux côtés de Marion Maréchal-Le Pen, d’Eric Ciotti et de Gilbert Collard, une contre-manifestation sauvage, repoussée à coups de gaz lacrymogènes, s’élançait dans les rues de Paris. C’est dans ces conditions qu’une voiture de police prise dans la circulation a dû essuyer un concentré de cette colère que l’on voit éclater depuis deux mois, à chaque manifestation. Qu’à force de se faire brutaliser, les plus pacifiques des manifestants en soient venus à entonner les slogans «Tout le monde déteste la police», «Même la police n’aime pas son travail», «Que fait la police, ça crève les yeux», devrait à tout le moins interroger. Suite à l’incendie du véhicule, le gouvernement allumait un contre-feu en gonflant l’incident en «tentative d’homicide volontaire». A cet effet, on occultera opportunément qu’à la vue des premiers manifestants, le policier a sorti son arme de service, voulant les repousser, et que ces mêmes manifestants ont aidé la policière à sortir du véhicule ; on transformera le bout de plastique dont se défend le policier en «barre de fer», des manifestants en «association de malfaiteurs» et on ira chercher des coupables présélectionnés par les services de renseignement parmi les militants de l’Action antifasciste Paris-Banlieue (AFA), que l’on essayait depuis une bonne semaine d’interdire de manifester. Et tous les médias de reprendre en chœur cette construction grotesque. Qu’importe qu’après deux jours de garde à vue, le ministère de l’Intérieur lui-même concède dans les pages du Monde qu’il n’y a, en l’état, aucun élément permettant de lier ces quatre militants à l’incendie de la voiture.

    On comprend mieux à présent le sens de la déclaration de Manuel Valls au Sénat mardi 17 mai : «Ces Black Blocs, ces amis de monsieur Coupat, toutes ces organisations qui au fond n’aiment pas la démocratie, qui la contestent, qui en contestent les principes, trouveront la plus grande détermination de l’Etat, de la police et de la justice.» Ce qui était alors en préparation, à Rennes comme à Paris, était une manœuvre identique à celle qu’avaient tentée Michèle Alliot-Marie et Alain Bauer à l’époque du raid antiterroriste de Tarnac : cibler sur les conseils des services de renseignement un groupe d’opposants à éliminer, leur imputer des faits controuvés, construire sur cette base une «association de malfaiteurs» et tabler sur le suivisme et la lâcheté médiatiques pour faire passer l’accusation dans l’opinion.

    Si, à l’époque, cette manœuvre a fini par piteusement échouer, c’est parce que nombreux furent celles et ceux qui, derrière le discours policier et gouvernemental, devinaient l’opération politique. Ce qui se prépare en ce moment, ce sont des «affaires de Tarnac » en série. C’est pourquoi nous appelons à soutenir les mis en examen de Rennes ou de Paris, ainsi que les lycéens, étudiants et manifestants mis en examen et qui parfois attendent en préventive leur comparution. Nous appelons à déjouer toute tentative de les isoler et de les instrumentaliser et à lutter pour l’abandon des charges extravagantes pesant sur eux : bref, à renverser l’accusation.

    Parmi les premiers signataires :

    Jean-Claude Amara Droits devant !, Loïc Artiaga Maître de conférences, Ludivine Bantigny Historienne, Emmanuel Barot Philosophe, Nicolas Bautès Universitaire, Daniel Blondet Militant anti-impérialiste, Christophe Bonneuil Historien, Simon Borja Chercheur en science politique, Ali Boulayoune Sociologue, Jérôme Bourdieu Economiste, Houria Bouteldja Militante politique, Jean-Pierre Bouyxou Ecrivain et journaliste, Eric Brun Sociologue, Joël Cabalion Sociologue, Vanessa R. Caru Chercheuse au CNRS, Manuel Cervera-Marzal Sociologue, Grégoire Chamayou CNRS, Déborah Cohen Historienne, Dominique Connan Chercheur, Simon Cottin-Marx Corédacteur en chef de la revue Mouvements, François Cusset Historien et écrivain, Christine Delphy Sociologue et féministe, Gérard Delteil Ecrivain, Emmanuel Deronne Enseignant-chercheur, Nathalie DesquenesJournaliste, Béatrice Dezy Enseignante, Paul Dirkx Sociologue, Elsa Dorlin Philosophe, Joss Dray Photographe, Julien Dufour Doctorant en sociologie, Cédric Durand Economiste, Annie Ernaux Ecrivaine, Jean-Baptiste Eyraud Militant associatif,Samantha Faubert Hispaniste, Alain Frappier Illustrateur,Désirée Frappier Scénariste, Bernard Friot Sociologue et économiste, Franck Gaudichaud Politologue, Vincent GaySyndicaliste et enseignant, François Gèze Editeur, Pierre-Henri Gouyon Professeur au Muséum national d’histoire naturelle, Nacira Guénif Sociologue et anthropologue, Nicolas Haeringer Militant associatif, Hugo Harari-Kermadec Economiste, Eric Hazan Editeur, Hervé Huntzinger Historien, Nicolas Jaoul Chercheur au CNRS, François Jarrige Historien, Francis Juchereau Responsable associatif, Leslie Kaplan Ecrivaine, Razmig Keucheyan Sociologue, Stathis Kouvelakis Philosophe, Jean-Sébastien Kroll-Rabotin Enseignant-chercheur en école d’ingénieurs, Rose-Marie Lagrave Sociologue, Patrice LardeuxMilitant CGT, Mathilde Larrère Historienne, Michelle Lecolle Linguiste, Olivier Le Cour Grandmaison Universitaire, Marius Loris Historien et poète, Pascal Maillard Universitaire et militant, Philippe Marlière Politiste, Guillaume Mazeau Historien, Daniel Mermet Journaliste et écrivain, Fabienne Messica Consultante, Bénédicte Monville-De Cecco Conseillère régionale Ile-de-France (EE-LV), Olivier Neveux Historien d’art,Nicolas Oppenchaim Sociologue, Yves Pagès Ecrivain et éditeur, Ugo Palheta Sociologue, Eugénia PalierakiHistorienne, Luca Paltrinieri Philosophe, Willy Pelletier Sociologue, Irène Pereira Sociologue, Christine Poupin Porte-parole du NPA, Serge Quadruppani Ecrivain, Thierry Ramadier Directeur de recherches au CNRS, Manuel Rebuschi Enseignant-chercheur en philosophie, Marie Rivière Comédienne, Olivier Roueff Chercheur en sociologie au CNRS, Alexandre Rosenstein Etudiant en sociologie, Kristin Ross Historienne, Catherine Samary Economiste, Pierre SauvêtreChercheur en sociologie, Guillaume Sibertin-Blanc Philosophe, Jacques Testart Biologiste, Sylvie Tissot Sociologue, Marcomczak Enseignant-chercheur, RémyToulouse Editeur, Enzo Traverso Historien,Patrick Vassort Sociologue, Anne-Laure Vernet Enseignante-chercheure en arts plastiques, Nicolas Vieillescazes Editeur, Olivier Vinay Agrégé de biologie et vétérinaire, Sophie Wahnich Directrice de recherches au CNRS, Willem Dessinateur, Philippe Zarka Astrophysicien.

  • Bonne blague : La CGT ne serait pas représentative

    Après Juppé et Sarko, El Blanco a trouvé le big argument : la CGT, c’est une minorité, et donc, le pays ne doit pas subir le blocage d’une minorité. Il est exact que la France s’illustre par un faible taux de syndicalisation, estimé à 8 % de la totalité des fonctionnaires et des salariés, répartis en deux groupes quasiment égaux. Pas facile d’avoir les chiffres exacts, mais on se retrouve avec la CFDT à 750.000 adhérentes, la CGT à 700.000 et FO à 500.000. Des chiffres en baisse régulière depuis 30 ans. Au total, seuls 8% des salariés sont syndiqués.

    Ça, c’est pour les adhérents. Pour les élections professionnelles, le scrutin connait de bonnes participations, et la CGT se retrouve en tête : en 2013, les chiffres étaient de 26,7% pour la CGT, 26% pour CFDT et 14% pour Force Ouvrière.

    Alors, peut mieux faire ? Sûrement, mais il faut aussi comparer, et regardons du côté des politiques.

    Sarko voulait 500.000 adhérents pour Les Républicains, mais en 2015, il plafonnait à 170.000, devançant le PS à 131.000 et le FN à 60.000.

    Philippe Martinez a donc là aussi raison : « À elle seule, la CGT a plus d'adhérents que l'ensemble des partis politiques en France et c'est eux qui nous parlent de légitimité. Il y a des taux de participation bien plus importants aux élections professionnelles que dans les élections politiques ».

    Le dernier grand événement médiatique du monde politique était l’ascension du mont Beuvray par Montebourpif : environ 100 personnes, et trois députés, dont sa compagne. Et la presse a fait des tonnes sur cet événement fantastique.  

    L’adhésion populaire ? Au premier tour de la partielle de Strasbourg, avec un taux d’abstention de 77%, Eric Elkouby (PS) est en tête avec 6,66 % des électeurs inscrits, suivi par la candidat Rep à 4,15 %, le FN à 2,28 % et l’écolo à 2,02 %. Oki ? Le député sera-t-il représentatif ?

    Alors qu’en pense notre excellent El Blanco, un expert avec son glorieux 5,63 % à la primaire de 2012 ?

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  • Hollande : Quinze jours pour sauver sa peau

    9782253161226.jpgLe calendrier est assez simple : l’Euro commence dans quinze jours, et celui qui n’a pour ennemi que les puissances de l’argent a quinze jours pour briser la résistance des salariés CGT,… ou pour renoncer au misérable article 2 de sa loi travail, qui détruit les droits de salariés. Une problématique un peu plus redoutable que les saillies verbales et législatives contre les salafistes fantasmés, parce que là, on est dans la vraie vie.

    L’article 2, c’est la destruction des droits sociaux, donc de votre vie personnelle et familiale. Avec l’article 2, tout ce qui fait votre vie de salarié dépend du bon vouloir de votre excellent patron. Dans l’Etat de droit, les droits des personnes sont garantis par la loi, et cette loi n’est valable que si elle respecte les droits fondamentaux, sous le contrôle du Conseil constitutionnel et des juridictions internationales.

    - Tu vas travailler dans cette boite ? Tu es sûr ? Le patron est zarbi, et téléguidé par les fonds de pension…

    - Bon, on verra. De toute façon, mes droits sont garantis par la loi.

    Si l’article 2 est voté, c’est tout cet édifice protecteur qui tombe. Pour tout ce qui concerne la durée et l'organisation du travail, la primauté revient à la négociation d’entreprise. Donc la loi s’efface derrière l’accord local, et dans la réalité sociale, ces accords d’entreprise sont conclus sans les syndicats. Bref, chantage à l’emploi, délégués bidons, destruction des garanties, et contentieux immaitrisable, car il ne s’agira plus d’appliquer une loi, mais des milliers d’accords d’entreprise. Le patron roi, c’est le nouvel idéal socialiste.

    C’est parce que l’Assemblée bloquait sur cet article que El Blanco a engagé sorti le 49-3.

    Donc, tu dégages ton article 2, et tu laisses la loi comme référence. Cet article 2, c’est du hara-kiri législatif : le législateur renonce à édicter la loi, et abandonne ce pouvoir au chef d’entreprise, à charge pour lui de manipuler les salariés sur le mode : « c’est ça, ou je me casse ».   

    Sinon ? Sinon, la CGT tiendra, c’est évident. Alors, Monsieur 15% peut-il prendre le risque de zigouiller l’Euro ?

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  • Les pôvres ministres qui étaient victimes de harcèlement sexuel…

    Ah le misérable appel de ces femmes ministres qui ont vécu le harcèlement sexuel au gouvernement… Disant cela, je n’ignore ni la loi, ni les réalités. La loi pénale définit des faits comme infractionnels, et elle s’applique à tous, no problem. Par ailleurs, le fait que de gros cochons se planquent sous des costumes bleu marine et des cravates serrées, ça ne fait pas de doute. Clinton et DSK ne sont pas les seuls.

    Donc, je n’ai rien à redire au fait que ces femmes aient subi les accès sexuels de mecs détraqués.

    Là où je me marre, c’est du comportement post-ado de ces pseudos ministres, qui n’ont pas la moindre réflexion sur ce qu’est le pouvoir. Et là, on est bien dans l’air du temps. Ce qui compte, ce sont les « valeurs ». Tout est affaire de comportement, de bien et de mal, d’ « éthique ». Il faut parler pour que cessent les abus...

    Non, çà, çà ne marche pas. Ce sont les rapports de force qui dominent le monde, et désolé si ce n’est pas tendance. Vu le niveau, je me contrefiche de qui se dit de Droite ou de Gauche. La seule question est de savoir s’il reste des responsables politiques capables de structurer une réflexion en termes de rapport de force. Y-a-t-il exploitation de l’homme par l’homme, qui s’enrichit, et qui s’appauvrit ? C’est ça la question, le reste est bidon.

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    Alors que ces « ministres » se la ferment, ce sera mieux, car elles ont trop accepté d’être les faire valoir d’un système à bout de souffle. Les femmes dans la vie politique française sont victimes d’agressions sexuelles car elles légitiment avec complaisance le rapport de domination des mecs, ce n’est pas plus compliqué que cela.

    Ces femmes ont accepté des rôles décoratifs, voire cosmétiques, avec le sourire niais des nouilles trop cuites, jouant ad libitum les supplétives pour atteindre le quota de 50%.

    On parle du réel ? Oki ? Où est le pouvoir ? Chez les mecs. Président de la République, secrétaire général de l’Elysée, Premier ministre, les cinq ministères les plus importants (affaires étrangères, justice, intérieur, défense, économie), la présidence de l’Assemblée, du Sénat, du Conseil constitutionnel, de la Cour de cassation, du Conseil d’Etat, de la Cour des comptes,… On continue ? Avec les écrasantes majorités de mecs chez les députés et les sénateurs ? Avec la direction des banques et des entreprises du CAC 40, sans oublier EDF ou Renault… Et pour contrebalancer, la kyrielle des ministres femmes de seconde catégorie... C'est lamentable. Les maîtres esclavagistes dominaient l’économie pour violer les femmes esclaves. Le modèle se perpétue, mais les messes commémorationnelles sont là pour vicier l’histoire et congeler des crimes dont les effets, en réalité, se perpétuent. Enfermer le crime dans un musée, quel bonheur !

    Quand les femmes ministres entérinent, en frétillant de joie, leurs nominations alibis dans des gouvernements qui les méprisent, elles signent pour ce qui va leur arriver, les saillies de libidineux lourdingues, mais – plus grave parce que ça les dépasse – elles entérinent la logique de la domination des mecs, alors qu’il suffit d’ouvrir les yeux, pour voir que cette arriération ancestrale est en train de casser la France.

    Quittez le monde toxique des valeurs, et défendez le droit. Le reste suivra.

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  • 49-3, un jeu de dupes

    187550799-amelie-de-chastel-jeux-de-dupes-nous-deux-196.jpgAux dernières élections législatives partielles, à Nantes, le taux d’abstention était de 75 %. Un vrai chiffre qui parle : à quoi sert le Parlement ? La décision d’El Blanco de recourir au 49-3 n’a pas de quoi encourager l’électeur…

    Alors, ce 49-3, comment ça marche ?

    L’Assemblée nationale a deux types de fonctions : d’une part le vote des lois, d’autre part, le contrôle politique du gouvernement.

    Lorsque l’opposition estime que le gouvernement doit être renversé, elle peut déposer une motion de censure. Si cette motion recueille une majorité absolue de votes, soit 289 voix, le Premier ministre doit remettre au Président de la République la démission de son gouvernement (art. 50).

    Bravo, c’est très démocratique : l’Assemblée, qui représente le peuple, assure son contrôle sur le gouvernement…

    Sauf que c’est bidon. Le scrutin majoritaire à deux tours, qui est le régime pour les législatives, dégage de nettes majorités, et il faut envisager une scission de la majorité réunir cette majorité absolue capable de renverser le gouvernement. C’est arrivé une seule fois en 1962, quand De Gaulle voulait faire passer son projet d’élection du président de la République par le suffrage universel. 

    Mais là nous sommes dans le cadre du vote d’une loi…

    Oui, et ça c’est toute la spécificité du 49-3. Le gouvernement décide de jouer son avenir sur un projet de loi, en engageant sa responsabilité politique. Donc il n’y a plus de débat sur la loi mais un débat de politique générale, et si la motion de censure est rejetée, le projet du gouvernement devient une loi, sans qu’il n’y ait de débat sur le texte.

    Donc, tout le travail législatif passe à la trappe ?

    Exactement. Voici le texte exact de cet article 49 alinéa 3 : « Le Premier ministre peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l'Assemblée nationale sur le vote d'un projet de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale. Dans ce cas, ce projet est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l'alinéa précédent ».

    C’est un coup de force du gouvernement ?18922640.jpg

    C’est surtout une marque de faiblesse. Le gouvernement est en difficulté pour faire voter la loi réformant le Code du travail, et le débat parlementaire peut amener des modifications importantes au texte, en tenant compte notamment de toutes les protestations qui s’élèvent à travers le pays. D’où le choix du 49-3 : il n’y a pas la moindre chance que la motion de censure que va déposer l’opposition l’emporte, et la loi va ainsi être adoptée d’un bloc.  

    Mais les "frondeurs" sont très opposés à l’utilisation du 49-3…

    Certes, mais ça ne change rien : ils ne voteront pas la motion de censure que va présenter la Droite. Et si jamais un député le fait, il est sûr qu’il n’aura plus jamais l’investiture du PS pour être réélu. Ca calme…

    C’est quand même une bonne opportunité pour la Droite ?

    Ça va lui permettre de faire un petit cirque politique pour dire que le gouvernement est faible… mais une victoire éventuelle de la motion de censure serait pour une catastrophe, conduisant à des législatives anticipées pour lesquelles elle n’est pas prête, et qu’elle ne souhaite pas.

    Donc c’est un jeu d’ombres, entièrement négatif ?

    Un jeu de dupes… Ce spectacle à l’Assemblée nationale est affligeant. Et la réforme du Code du travail va être adoptée sans débat législatif. Un aveu grave de faiblesse, parce que ce texte, ce n’est pas rien… C’est la vie de tous au travail.

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