Avertir le modérateur

social - Page 2

  • Bonne blague : La CGT ne serait pas représentative

    Après Juppé et Sarko, El Blanco a trouvé le big argument : la CGT, c’est une minorité, et donc, le pays ne doit pas subir le blocage d’une minorité. Il est exact que la France s’illustre par un faible taux de syndicalisation, estimé à 8 % de la totalité des fonctionnaires et des salariés, répartis en deux groupes quasiment égaux. Pas facile d’avoir les chiffres exacts, mais on se retrouve avec la CFDT à 750.000 adhérentes, la CGT à 700.000 et FO à 500.000. Des chiffres en baisse régulière depuis 30 ans. Au total, seuls 8% des salariés sont syndiqués.

    Ça, c’est pour les adhérents. Pour les élections professionnelles, le scrutin connait de bonnes participations, et la CGT se retrouve en tête : en 2013, les chiffres étaient de 26,7% pour la CGT, 26% pour CFDT et 14% pour Force Ouvrière.

    Alors, peut mieux faire ? Sûrement, mais il faut aussi comparer, et regardons du côté des politiques.

    Sarko voulait 500.000 adhérents pour Les Républicains, mais en 2015, il plafonnait à 170.000, devançant le PS à 131.000 et le FN à 60.000.

    Philippe Martinez a donc là aussi raison : « À elle seule, la CGT a plus d'adhérents que l'ensemble des partis politiques en France et c'est eux qui nous parlent de légitimité. Il y a des taux de participation bien plus importants aux élections professionnelles que dans les élections politiques ».

    Le dernier grand événement médiatique du monde politique était l’ascension du mont Beuvray par Montebourpif : environ 100 personnes, et trois députés, dont sa compagne. Et la presse a fait des tonnes sur cet événement fantastique.  

    L’adhésion populaire ? Au premier tour de la partielle de Strasbourg, avec un taux d’abstention de 77%, Eric Elkouby (PS) est en tête avec 6,66 % des électeurs inscrits, suivi par la candidat Rep à 4,15 %, le FN à 2,28 % et l’écolo à 2,02 %. Oki ? Le député sera-t-il représentatif ?

    Alors qu’en pense notre excellent El Blanco, un expert avec son glorieux 5,63 % à la primaire de 2012 ?

    GRENOUILLE-maquette.jpg

  • Hollande : Quinze jours pour sauver sa peau

    9782253161226.jpgLe calendrier est assez simple : l’Euro commence dans quinze jours, et celui qui n’a pour ennemi que les puissances de l’argent a quinze jours pour briser la résistance des salariés CGT,… ou pour renoncer au misérable article 2 de sa loi travail, qui détruit les droits de salariés. Une problématique un peu plus redoutable que les saillies verbales et législatives contre les salafistes fantasmés, parce que là, on est dans la vraie vie.

    L’article 2, c’est la destruction des droits sociaux, donc de votre vie personnelle et familiale. Avec l’article 2, tout ce qui fait votre vie de salarié dépend du bon vouloir de votre excellent patron. Dans l’Etat de droit, les droits des personnes sont garantis par la loi, et cette loi n’est valable que si elle respecte les droits fondamentaux, sous le contrôle du Conseil constitutionnel et des juridictions internationales.

    - Tu vas travailler dans cette boite ? Tu es sûr ? Le patron est zarbi, et téléguidé par les fonds de pension…

    - Bon, on verra. De toute façon, mes droits sont garantis par la loi.

    Si l’article 2 est voté, c’est tout cet édifice protecteur qui tombe. Pour tout ce qui concerne la durée et l'organisation du travail, la primauté revient à la négociation d’entreprise. Donc la loi s’efface derrière l’accord local, et dans la réalité sociale, ces accords d’entreprise sont conclus sans les syndicats. Bref, chantage à l’emploi, délégués bidons, destruction des garanties, et contentieux immaitrisable, car il ne s’agira plus d’appliquer une loi, mais des milliers d’accords d’entreprise. Le patron roi, c’est le nouvel idéal socialiste.

    C’est parce que l’Assemblée bloquait sur cet article que El Blanco a engagé sorti le 49-3.

    Donc, tu dégages ton article 2, et tu laisses la loi comme référence. Cet article 2, c’est du hara-kiri législatif : le législateur renonce à édicter la loi, et abandonne ce pouvoir au chef d’entreprise, à charge pour lui de manipuler les salariés sur le mode : « c’est ça, ou je me casse ».   

    Sinon ? Sinon, la CGT tiendra, c’est évident. Alors, Monsieur 15% peut-il prendre le risque de zigouiller l’Euro ?

    og-default.jpg

  • Les pôvres ministres qui étaient victimes de harcèlement sexuel…

    Ah le misérable appel de ces femmes ministres qui ont vécu le harcèlement sexuel au gouvernement… Disant cela, je n’ignore ni la loi, ni les réalités. La loi pénale définit des faits comme infractionnels, et elle s’applique à tous, no problem. Par ailleurs, le fait que de gros cochons se planquent sous des costumes bleu marine et des cravates serrées, ça ne fait pas de doute. Clinton et DSK ne sont pas les seuls.

    Donc, je n’ai rien à redire au fait que ces femmes aient subi les accès sexuels de mecs détraqués.

    Là où je me marre, c’est du comportement post-ado de ces pseudos ministres, qui n’ont pas la moindre réflexion sur ce qu’est le pouvoir. Et là, on est bien dans l’air du temps. Ce qui compte, ce sont les « valeurs ». Tout est affaire de comportement, de bien et de mal, d’ « éthique ». Il faut parler pour que cessent les abus...

    Non, çà, çà ne marche pas. Ce sont les rapports de force qui dominent le monde, et désolé si ce n’est pas tendance. Vu le niveau, je me contrefiche de qui se dit de Droite ou de Gauche. La seule question est de savoir s’il reste des responsables politiques capables de structurer une réflexion en termes de rapport de force. Y-a-t-il exploitation de l’homme par l’homme, qui s’enrichit, et qui s’appauvrit ? C’est ça la question, le reste est bidon.

    citation-karl-marx-51812.png

    Alors que ces « ministres » se la ferment, ce sera mieux, car elles ont trop accepté d’être les faire valoir d’un système à bout de souffle. Les femmes dans la vie politique française sont victimes d’agressions sexuelles car elles légitiment avec complaisance le rapport de domination des mecs, ce n’est pas plus compliqué que cela.

    Ces femmes ont accepté des rôles décoratifs, voire cosmétiques, avec le sourire niais des nouilles trop cuites, jouant ad libitum les supplétives pour atteindre le quota de 50%.

    On parle du réel ? Oki ? Où est le pouvoir ? Chez les mecs. Président de la République, secrétaire général de l’Elysée, Premier ministre, les cinq ministères les plus importants (affaires étrangères, justice, intérieur, défense, économie), la présidence de l’Assemblée, du Sénat, du Conseil constitutionnel, de la Cour de cassation, du Conseil d’Etat, de la Cour des comptes,… On continue ? Avec les écrasantes majorités de mecs chez les députés et les sénateurs ? Avec la direction des banques et des entreprises du CAC 40, sans oublier EDF ou Renault… Et pour contrebalancer, la kyrielle des ministres femmes de seconde catégorie... C'est lamentable. Les maîtres esclavagistes dominaient l’économie pour violer les femmes esclaves. Le modèle se perpétue, mais les messes commémorationnelles sont là pour vicier l’histoire et congeler des crimes dont les effets, en réalité, se perpétuent. Enfermer le crime dans un musée, quel bonheur !

    Quand les femmes ministres entérinent, en frétillant de joie, leurs nominations alibis dans des gouvernements qui les méprisent, elles signent pour ce qui va leur arriver, les saillies de libidineux lourdingues, mais – plus grave parce que ça les dépasse – elles entérinent la logique de la domination des mecs, alors qu’il suffit d’ouvrir les yeux, pour voir que cette arriération ancestrale est en train de casser la France.

    Quittez le monde toxique des valeurs, et défendez le droit. Le reste suivra.

    the-oppressed-are-allowed-once-every-few-years-karl-marx.jpg

  • 49-3, un jeu de dupes

    187550799-amelie-de-chastel-jeux-de-dupes-nous-deux-196.jpgAux dernières élections législatives partielles, à Nantes, le taux d’abstention était de 75 %. Un vrai chiffre qui parle : à quoi sert le Parlement ? La décision d’El Blanco de recourir au 49-3 n’a pas de quoi encourager l’électeur…

    Alors, ce 49-3, comment ça marche ?

    L’Assemblée nationale a deux types de fonctions : d’une part le vote des lois, d’autre part, le contrôle politique du gouvernement.

    Lorsque l’opposition estime que le gouvernement doit être renversé, elle peut déposer une motion de censure. Si cette motion recueille une majorité absolue de votes, soit 289 voix, le Premier ministre doit remettre au Président de la République la démission de son gouvernement (art. 50).

    Bravo, c’est très démocratique : l’Assemblée, qui représente le peuple, assure son contrôle sur le gouvernement…

    Sauf que c’est bidon. Le scrutin majoritaire à deux tours, qui est le régime pour les législatives, dégage de nettes majorités, et il faut envisager une scission de la majorité réunir cette majorité absolue capable de renverser le gouvernement. C’est arrivé une seule fois en 1962, quand De Gaulle voulait faire passer son projet d’élection du président de la République par le suffrage universel. 

    Mais là nous sommes dans le cadre du vote d’une loi…

    Oui, et ça c’est toute la spécificité du 49-3. Le gouvernement décide de jouer son avenir sur un projet de loi, en engageant sa responsabilité politique. Donc il n’y a plus de débat sur la loi mais un débat de politique générale, et si la motion de censure est rejetée, le projet du gouvernement devient une loi, sans qu’il n’y ait de débat sur le texte.

    Donc, tout le travail législatif passe à la trappe ?

    Exactement. Voici le texte exact de cet article 49 alinéa 3 : « Le Premier ministre peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l'Assemblée nationale sur le vote d'un projet de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale. Dans ce cas, ce projet est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l'alinéa précédent ».

    C’est un coup de force du gouvernement ?18922640.jpg

    C’est surtout une marque de faiblesse. Le gouvernement est en difficulté pour faire voter la loi réformant le Code du travail, et le débat parlementaire peut amener des modifications importantes au texte, en tenant compte notamment de toutes les protestations qui s’élèvent à travers le pays. D’où le choix du 49-3 : il n’y a pas la moindre chance que la motion de censure que va déposer l’opposition l’emporte, et la loi va ainsi être adoptée d’un bloc.  

    Mais les "frondeurs" sont très opposés à l’utilisation du 49-3…

    Certes, mais ça ne change rien : ils ne voteront pas la motion de censure que va présenter la Droite. Et si jamais un député le fait, il est sûr qu’il n’aura plus jamais l’investiture du PS pour être réélu. Ca calme…

    C’est quand même une bonne opportunité pour la Droite ?

    Ça va lui permettre de faire un petit cirque politique pour dire que le gouvernement est faible… mais une victoire éventuelle de la motion de censure serait pour une catastrophe, conduisant à des législatives anticipées pour lesquelles elle n’est pas prête, et qu’elle ne souhaite pas.

    Donc c’est un jeu d’ombres, entièrement négatif ?

    Un jeu de dupes… Ce spectacle à l’Assemblée nationale est affligeant. Et la réforme du Code du travail va être adoptée sans débat législatif. Un aveu grave de faiblesse, parce que ce texte, ce n’est pas rien… C’est la vie de tous au travail.

    8375e513afa0952bb693395743d4ffa44f550eda.jpg

  • Une petite idée de la violence sociale

    Voici, trouvée dans la presse de la semaine dernière, une histoire vécue qui, loin des si béats discours sur le délicieux « vivre ensemble », nous en dit long sur ce qu’est la violence sociale.

    Vanessa bataille dans la vie. Elle souffre d’une mauvaise maladie neurologique, la sclérose en plaque, et subit un traitement médicamenteux lourd, mais elle ne baisse pas la garde : il faut un travail pour s’en sortir.

    En septembre 2012, elle a signé un CDD avec un Carrefour Market. Elle s’implique dans le travail,… alors suit un deuxième CDD, puis un troisième… ce jusqu’à vingt CDD en quasi-continuité… et toujours cette précarité « car le code du travail est trop complexe et décourage les employeurs », comme le chante les farceurs

    Butant sur le mur des radicalisés la flexibilité, Vanessa a du faire défendre ses droits par la CGT. Devant l’évidence de la violation du droit, le directeur de la supérette a cédé, mais être obligé d’appliquer la loi lui est resté à travers du gosier : «Il a promis oralement qu'au premier faux pas, elle serait renvoyée», affirme Michel Forestier, le délégué de la CGT. Parole tenue…

    Le drame a eu lieu le 22 décembre, en fin de journée, juste avant 20 h. Se présente à la caisse un client fidèle du magasin, et qui aime bien parler. Alors, ça parle – ce qui fait tant de bien – mais par un moment d’inattention, Venassa omet de scanner un pack de bière d’une valeur de 5,02 € et deux sacs plastiques de 15 centimes chacun, soit un total de 5,32 euros.

    La scène se passe sous les yeux du vigile, qui est à immédiate proximité, et qui le fait observer à Vanessa et au client. L’erreur est aussitôt rectifiée. Ajoutons que Vanessa travaille sous vidéo-surveillance, la direction pouvant la contrôler à tout moment et en direct.

    La belle aubaine, pour la direction. C’est un cas de fraude caractérisée, et Vanessa est aussitôt mise à pied en attendant une procédure de licenciement. Et l’employeur interrompt le versement du salaire au 22 décembre. Super pour l’ambiance pour les fêtes de fin d’année.

    Pour Vanessa, c’est une injustice,… mais surtout une catastrophe. Elle sait à quel point il est difficile de trouver un CDI quand on est une femme ayant passé la quarantaine, peu qualifiée et atteinte par une maladie handicapante. 

    A deux reprises, elle écrit à son directeur, reconnaît un «oubli» et présente ses excuses : « Il s'agit d'une simple erreur d'inattention due à la fatigue et à mon traitement médicamenteux lourd ».

    Rien, pas de réponse. Elle reçoit la convocation à l’entretien préalable, et le 18 janvier, tombe la lettre de licenciement pour faute grave : elle n'a «pas respecté la procédure qui lui a été indiquée par sa hiérarchie», et ce « comportement frauduleux et inacceptable » justifie le licenciement pour faute grave.

    Vanessa se décide de saisir le conseil des prud'hommes, avec Michel Forestier, le délégué syndical de la CGT,… qui a la juste idée d’ébruiter cette affaire. Quelques articles dans la presse, et un projet de manif devant le magasin. La direction centrale découvre l’affaire, et alors impose au directeur d’annuler la procédure.

    Il faut se battre, Vanessa… C’est fou comme il faut se battre contre tous ces rats qui abusent du peu de pouvoir qui leur a été octroyé.  

    DSC_01581.JPG

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu