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Voyage - Page 2

  • Bruits de gamelles au PS

    M%20porte%20gamelles%20design%20ecuelle%20chien%20accessoire.jpgEn politique, il y a gamelles et gamelles. Les premières se récupèrent les soirs de second tour, et ça arrive même aux meilleurs. Les secondes sont une attention de tous les jours : ce sont elles qui permettent de vivre.

    Vous vous rappelez comme moi du fameux congrès de Reims, de l’annonce des recours en justice pour cause de victoire volée, du vieux parti indécrottable qui s’accrochait à une histoire révolue, de la dramatique division de l’équipe d’Aubry qui ne tiendrait pas trois mois, des déclarations fantastiques sur les vaillantes équipes ségolènistes qui allaient organiser dans toute la France les tissus participatifs porteurs de victoire pour 2012… Bref, la victoire volée d’une poignée de voix n’était que le dernier sursaut d’un vieux monde socialiste finissant. Des tenaces démontraient qu’il s’agissait d’une chute irréversible: en 2006, 60% de 82% ; en 2008, 29% de 55%. Une gamelle de premier ordre ? Non, non, c’était une victoire…

    Quelques mois plus tard, le climat semble avoir un peu changé. Si je ne m’abuse. A la manœuvre, l’ami Vincent Peillon, qui manifestement a décidé d’arrêter de porter les valises de Ségo, et de jouer sa carte. Assez rigolo quand même.labyrinthe.gif

    Première opération. L’équipe Ségo vient prendre une petite place au chaud dans les instances du PS. Il y a trois mois, il fallait la direction du Parti, avec trémolos dans la voix pour cause de trahison historique. Aujourd’hui, on calcule les strapontins. Et oui, l’équipe étant déjà constituée, il faut trouver de nouveaux postes pour la petite dizaine d’arrivants. A Martine d’ouvrir sa boite à malices… Ajoutons que ce ne sont pas les poids lourds qui rejoignent la direction. Vincent Peillon commente : « Nous avons décidé de faire le rassemblement sans perturber le travail de cette direction ». Genre c’est purement décoratif. Si j’étais concerné, je serais tout de même un peu fâché.

    Seconde opération, les européennes. Notre Vincent Peillon, l’un des plus absents des députés européens, entend bien conserver son siège, ce qui suppose de faire net et propre avec Martine. Genre cette fois-ci, rapport de forces loyal. Et oui. Loin des falbalas de la démocratie participative, Vincent Peillon organise son courant de main de fer. Début février, il marque ses distances avec Ségo pour son livre Femme debout, jugé « personnel » et  « surprenant« . Il poursuit en se montrant clairement le boss, pour imposer sa candidature aux européennes, et on susurre qu’il serait l’un des deux porte-paroles de la campagne. On suivra éventuellement, si, avec l’accord de la direction, il ne prend pas la place d’un ségoléniste pur sucre. Les paris sont ouverts.

    Aujourd’hui, il laisse fuiter dans L’Express, à l’occasion d’un article sur ses nobles ambitions, des confidences assassines : « En privé, confient ses interlocuteurs, Peillon n'a pas aujourd'hui de mots assez durs pour qualifier la Poitevine: au mieux, "irrationnelle" ou "imprévisible", au pire "demi-dingue" ou "folle". » Pour publier aussitôt un communiqué affirmant son amitié et sa fidélité à la présidente de la région Poitou-Charentes. Oui, celle-là même qui compte 22 points de retards sur Martine: 29% d’opinions favorables contre 51 à la maire de Lille.

    On en sera où, dans quelques mois?

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    Avocat blogueur scrutant l'horizon politique
  • Loi sur l'histoire : c'est reparti !

    PMQWDCAXG3LTDCAUR72TOCAZ2VVCTCAQKWYTRCAUVPIPECA0MGMI8CAF8Q3J9CAVF1UO1CA94WIWQCA8TSABECA7SQ7HACAO7KDVNCAQB8MODCAXV9A43CAE5J22QCAV6CLXNCA1YRVITCA761MHV.jpgLoi sur l’histoire : c’est reparti !  Xavier Darcos rallume le feu : l’histoire sera plus belle quand elle sera légale. Catastrophe de la pensée.

    Tout démarre avec l’affaire Barbie. En 1986, la Cour d’assises du Rhône condamne Klaus Barbie, le « boucher de Lyon », chef local de la gestapo pendant les années noires, à la manœuvre dans la mort de Jean Moulin, des enfants d’Izieu et de tant d’autres. Un vrai procès, mais aussi l’arrivée d’un troisième fleuve à Lyon, à coté du Rhône et de la Saône : la bonne conscience.7T4FTCAC6A3RMCAQCUJQ0CANN23D7CA1EJXXKCAYELZ1QCA1NW1ARCA7RWOKWCAG3O6GDCACXVTQLCAEK131KCA2TAWKRCAR2OXGXCAEDRNBFCAYKN3D0CA8YBUL7CA7D8J4WCA1IJGXQCAYMWHSW.jpg

    Après les déclarations d’une bande de crétins, vient la réponse par loi Gayssot de 1990 : sanction du négationnisme, le fait de nier ce qui a été jugé à Nuremberg. Avec un Nuremberg pierre angulaire de la défense des droits de l’homme, la loi est crédible, malgré les fragilités du jugement, à commencer par le massacre de Katyn. La loi renforçait l’autorité de la chose jugée, mais au risque de la sacraliser en sanctionnant par son article 9 la « contestation». Débat venimeux. Très franchement, ceux qui ont été condamnés en application de cette loi le méritaient. Enfin, ils méritaient au moins un coup de pied au cul. Remettre en cause les bases d’un des plus grands crimes, bien étudié, pas si mal jugé, renvoie à des élucubrations qui ont des rapports si éloignés avec l’organisation d’une pensée, que la Cour européenne des droits de l’homme a donné son onction.

    K7DWPCACZLS4DCAR79020CA3XV9CLCAKS5FJICANSQ3DKCATR9D00CA2STZSGCA4MMDRACAL3TCNDCAGXZHLQCA4ETXXHCATZJDPNCAGOMDSRCAIJG2ZYCAM0VTQQCAQ0XBOGCAN3KFCNCANVRST1.jpgMais, notre coq législatif à béret s’est emballé.

    Avec la réforme du code pénal de 1992, ont été introduites deux nouvelles catégories de crimes, le « génocide » et le « crime contre l'humanité », plus larges que la définition de 1945. Ont suivi, en 2001, la loi « reconnaissant le génocide arménien de 1915 », loi sans sanction, un cas unique dans les annales, et la loi dite Taubira sur l’esclavage. Toujours plus avec la loi Mekachera de 2005, portant « reconnaissance de la nation en faveur des Français rapatriés » et ornée du fameux article sur « le rôle positif de la présence française outre-mer », disposition finalement annulé en 2006, après une grande crise gastrique nationale. Et s’enclenchent les demandes sur la pénalisation de la loi de 2001 sur le génocide arménien, le génocide ukrainien de 1932, le génocide vendéen de 1793…

    En 2007, la France parvient à faire adopter en première lecture par le parlement européen un projet de décision-cadre déposé en 2001 prévoyant pour tous les « génocides, crimes de guerre à caractère raciste et crimes contre l'humanité », un délit de « banalisation grossière », et même de « complicité de banalisation » passibles de peines d'emprisonnement, quelle que soit l'époque des crimes.  Ne nous privons pas, c’est pas cher ! Il faut dire qu’un vote en première lecture par le parlement européen, hélas,  n’impressionne que ceux qui ont envie d’être impressionnés.2HT3BCAYO1FYJCA9HRDUNCACSY1KKCA3L6VZQCA1RQ2ZGCACE060PCA92OXY5CALQI8GMCA9BFWFJCAAAHWO2CAZ3OHAFCA03LLXACA3EWF9WCATYFSSVCATN8E2CCA50SBT7CAPRKZL6CAYL959O.jpg

    Après l’élection de Nicolas Sarkozy, ça repart de plus belle : la lecture de la lettre de Guy Môquet, un produit de la sous-culture historique, tombé en désuétude en un an, puis le parrainage par les élèves d’un enfant juif mort en déportation, idée saugrenue qui n’a pas tenu une semaine.

    Mais il fallait sauver la face, et on s’est orienté vers une mission parlementaire, c’est-à-dire pas tout-à-fait une commission, la « mission d'information sur les questions mémorielles. » Genre lot de consolation pour parlementaires déprimés.

    C’est devant cette auguste instance que Xavier Darcos remet le couvert, ce 28 octobre : « Est-ce qu'il ne faudrait pas qu'une bonne fois pour toutes ce que nous considérons comme devant être enseigné aux élèves soit prescrit par la représentation nationale ? Nous n'aurions pas ces questions. Evidemment on ne peut pas rentrer dans tous les détails. Mais on aurait au moins des grands sujets qui seraient reconnus une bonne fois pour toutes. Je pense que pour ce qui est de l'histoire en particulier, je me demande même si ça ne s'impose pas. C'est moins important pour des enseignements de disciplines qui ont un caractère scientifique et répétitif plus marqué. Mais peut-être que pour l'histoire ce serait nécessaire. Je pense que nous réglerions une partie de nos difficultés - parce qu'on voit bien qu'on est en difficulté au fond, derrière tout cela il y a des questions politiques (...) il y a des débats profonds - et peut-être un vrai débat public devrait se passer au parlement».

    Voilà. Ce n’est juste qu’une déclaration devant la mission machin-chose, mais avec un groupe UMP le doigt sur la couture du pantalon, on peut craindre le pire.

    Alors, j’ai juste deux choses à dire.

    RDDYHCAVUA43CCAMUJ94UCATJ0V14CAOZUU9ECAUUGW7ICAIQZ6L2CAEMWF6ECANNC8PQCA9FG7DHCA41XJENCADHNQKTCAP7OM45CAOC215NCA7Y1TJTCAEYCXNYCAVZ01MXCASO75U2CASQ1NZI.jpgToute loi rétroactive est un poison. Ce qui a du être accepté en 1945, face aux crimes du nazisme, doit rester une exception qui s’explique par les données historiques. Aujourd’hui, la sentence aide à raisonner, c’est bien assez. Sauf à rependre l’histoire depuis l’origine de l’humanité, il faut refuser toute application rétroactive de la notion de crime contre l’humanité.

    Il n’existe pas d’histoire légale, pas plus qu’il n'existe d’histoire illégale. La paix internationale se construit sur la sérénité des Etats-nations, et les Etats disposent d’outils rituels, de l’hymne à la fête nationale, en passant par les commémorations (dont la France est friande). Mais dans un Etat libre, aucun organe de pouvoir n’est légitime à définir la vérité historique. Les lois peuvent sanctionner les crétins sans qu’il soit besoin de proclamer un histoire officielle. Et pour les historiens qui s’échappent de méthodes de la recherche, les devoirs professionnels sont des repères suffisants.

    Oh, Xavier, tu reprendras bien un petit verre de liberté ?

    Z54PDCAJIKWFMCAH0WMUOCAOSP14NCA2NBABKCAVTMOGQCAQ6CNVTCAQDWGCJCARZL14ACAHW8XB3CAJZ7HWICAW3JOX0CAXNAEMQCAUTZGM0CA7KSQ28CACXSTQICAAJZRIKCA7T00IECAP2WOJM.jpg

     

  • Un sommet européen pour les Roms

    roms_et_roumains.jpgUn sommet européen pour les Roms. Historique, ce 16 septembre 2008 se tient à Bruxelles le premier sommet européen consacré aux Roms. Enfin, l’Europe se saisit du sujet, mais rien n’est simple.

     

    Les réalités, à savoir la pauvreté, l’exclusion et le racisme sont connues, mais de manière très imparfaite. Première difficulté avec les chiffres. Combien sont les Roms ou Tsiganes ? Les chiffres se situent dans une fourchette entre 4 à 12 millions de personnes au sein des 27 pays de l’Union Européenne. Les principales communautés se retrouvent en Roumanie (1,8 à 2 millions) et en Bulgarie (650 à 800 000). Pour les autres pays, c’est le flou artistique s’agissant des chiffres, se qui traduit aussi la grande diversité dans cette population. Tous les Roms ne sont pas restés des gens du voyage, beaucoup sont sédentarisés.

     

    Dans les pays d’Europe Centrale, le constat est l’immense pauvreté. 88 % des Roms vivent en-dessous du seuil de pauvreté en Roumanie, et ce chiffre est de 89 % en Bulgarie et 91 % en Hongrie. Cette population est tellement à l’écart que les autorités disposent de peu d’informations complémentaires fiables notamment sur l’état de santé. Selon un rapport du Conseil de l’Europe, jusqu’à 50 % des enfants Roms ne terminent pas leurs études primaires, et jusqu’à 80 % se retrouvent dans des écoles qui leur sont propres. Bref, une machine à faire de l’exclusion.

     

    Dans les pays occidentaux, c’est mieux mais ça reste aussi fragile qu’insuffisant. Le libéralisme économique n’aide en rien ces populations à accéder à un certain niveau de vie, et ce sont les collectivités publiques qui doivent agir. Pour la France, cela a été une série de lois. Pour citer les principales : loi du 3 janvier 1969 créant la notion de commune de rattachement, loi du 31 mai 1990 instaurant une obligation d’accueil pour les communes de plus de 5 000 habitants, loi restée inappliquée, et nouvelle loi du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et l’habitat des gens du voyage, avec cette fois-ci des financements publics et mécanismes incitatifs pour les collectivités. Tout devait être fait en deux ans, et le système commence à se mettre en place 8 ans plus tard. La collectivité a beaucoup de peine à tenir sa parole vis-à-vis des gens du voyage. tsigan1.jpg

     

    C’est la ponctuation d’un long mouvement. Ces populations sont arrivées en Europe depuis plus de 1 000 ans, émigrant du Rajastan dans le nord de l’Inde, et la société européenne n’a jamais su leur trouver une place. Loin de là, l’histoire a été cruelle pour les Roms qu’il s’agisse de la situation d’esclavagisme qui se pratiquait encore dans les Balkans au 19ème siècle ou de l’élimination massive, de type génocidaire, par les nazis. Loin des lamentations, il faut reconnaître ces faits et chercher à aller de l’avant.

     

    Aussi, ce sommet de Bruxelles du 16 septembre 2008, qui fait suite à une réunion du Conseil européen de décembre 2007 et d’une résolution du Parlement Européen de janvier 2008 pour « une stratégie globale » attire beaucoup d’espoir. Pour résoudre cette question sociale, les Etats doivent agir groupés, mais ils doivent aussi le faire avec les représentants des Roms dans leur grande diversité. Les instances européennes ont su intéresser à leur projet de grandes ONG et des financeurs privés dont l’Open Society Institute, dirigé par le financier George Soros. Bruxelles va ainsi mobiliser des sommes importantes, avec des plans pluriannuels et des procédés de contrôle.

     

    Jamais un tel effort n’a été entrepris et bien entendu j’applaudis. Tous les chiffres témoignent de l’urgence sociale et sanitaire. Un européen convaincu ne peut que saluer l’engagement de ces actions.

     

    Mais pointe déjà une interrogation, qui à vrai dire est très difficile à résoudre. Rien ne peut se faire sans une action publique, l’apport d’argent et des programmes sociaux. Des objectifs doivent être fixés, à commencer dans le suivi scolaire, les préoccupations de santé et la qualité de l’habitat. Démarche entièrement justifiée, mais qui concourt à la sédentarisation, et c’est tout le problème. Plaçons-nous dans l’hypothèse réaliste de la réussite de ces politiques sociales et posons-nous la question de savoir comment cette implication publique dans un service aux personnes est réellement conciliable avec le mode de vie qui est celui des « gens du voyage ». Il est certain que le nomadisme était en grand recul du fait de l’immense pauvreté. La réussite des plans sociaux le remettra inéluctablement en cause. Aussi l’une des questions posées en filigramme de ce très attendu sommet de Bruxelles est de savoir s’il reste, dans une Europe fondée sur la liberté de circulation, la place pour une population itinérante.photo1.jpg

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