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égalité - Page 2

  • Le communautarisme économique et social mine notre société

    « En France, lorsque l’on appartient à un milieu défavorisé, on a clairement aujourd’hui moins de chances de réussir qu’en 2003 » : ce n’est pas un tract gaucho (La Gauche ??? Où çà ???), mais un rapport de l’OCDE, le rapport PISA (Program for International Student Assessment ; Programme international pour le suivi des acquis des élèves) établi tous les trois ans. C’est un gros travail d’étude et d’analyse effectué sur 65 pays, partiel comme toute forme de classement, mais les résultats et les évolutions parlent. 1311227-Jean-Jacques_Rousseau_Discours_sur_lorigine_et_les_fondements_de_linégalité_parmi_les_hommes.jpg


    En synthèse, le niveau est correct, sans plus, mais le constat majeur, cruel, est l’inégalité : notre système éducatif est le plus inégalitaire du monde. 


    Du côté du gouvernement, c’est le sourire aux lèvres qu’on a commenté ce rapport catastrophique, trop heureux de trouver un motif pour taper sur la Droite, et vanter les mérites des projets en cours.


    Ce plan de com’ focalise sur l’école, comme si on pouvait extraire l’école de la société, et demander à l’école de résoudre tous les maux sociaux. Or, le mal est plus profond. Nous sommes sur une période longue de structuration de l’inégalité sociale, et l’école n’est qu’un des éléments de cette fabrique de l’inégalité.

     

    Nos gouvernants - Droite et Gauche -  et toute une petite classe dirigeante qui va avec, invoquent à tout moment le grand péril que serait le communautarisme, entendu comme le communautarisme arabe, africain ou musulman… que la loi « républicaine » cherche à contenir. Une thèse si bien défendue par un allumé de référence, comme Finkielkraut (La querelle de l'école, Stock). Or, le communautarisme est d'abord économique et social, et il est le résultat d’un ordre dominant, qui bloque la société pour assurer la sauvegarde de ses intérêts.

     

    Combattre l’inégalité ? Oki. On commence par trois politiques publiques : l’urbanisme, en mettant fin aux cités reléguées, avec une vraie mixité sociale, dans tous les quartiers ; les transports, sur un principe d’égalité de réseaux, de fréquence et de qualité dans toutes les zones urbaines ; la santé, avec la même qualité d’accueil en établissement, pour les urgences et les soins lourds.9782021096088.jpg

     

    J’ajoute une petite action de politique pénale. On fait du testing de CV - double CV avec des noms et des adresses modifiées – et on convoque au commissariat dans le cadre de procédures de discrimination ceux qui répondent aux CV des blancos et pas à ceux des zarabes. 

     

    On commence demain ?

     

    *   *   *

     

    Voici la synthèse du rapport.

     

     

    PISA 2012 : Faits marquants

    Performance en mathématiques

    La performance des élèves de 15 ans en mathématiques se situe en France au niveau de la moyenne des pays de l’OCDE, avec un score de 495 points (contre 494 points, en moyenne, dans les pays de l’OCDE).

    En France, le score obtenu en mathématiques par les élèves de 15 ans a diminué de 16 points entre PISA 2003 (511 points) et PISA 2012 (495 points), ce qui, en 9 ans, fait passer la France du groupe des pays dont la performance est supérieure à la moyenne de l’OCDE au groupe des pays dont la performance est dans la moyenne de l’OCDE.

    Cette baisse entre 2003 et 2012 est en partie due à la chute des résultats observée en France entre 2003 et 2006.misereRG.jpg

    Par rapport aux résultats de 2003, il y a à peu près autant d’élèves très performants (niveau 5 ou 6 de compétence) en France, mais surtout beaucoup plus d’élèves en difficulté (sous le niveau 2 de compétence), ce qui sous-entend que le système s’est dégradé principalement par le bas entre 2003 et 2012.

    Performance en compréhension de l’écrit et en sciences

    La France se situe au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE avec un score de 505 points en compréhension de l’écrit (contre 496 points, en moyenne, dans les pays de l’OCDE) et affiche un score identique à celui qu'elle avait obtenu lors du cycle PISA 2000. Après avoir accusé un recul sensible en compréhension de l'écrit lors des cycles PISA 2003 et PISA 2006, les résultats de la France ont commencé à remonter lors du cycle PISA 2009, tendance qui se confirme avec le cycle PISA 2012.

    Cependant, les écarts de performance en compréhension de l’écrit se sont creusés sur cette période. Point positif : la proportion d’élèves très performants a augmenté de 4 points de pourcentage. Point négatif : la proportion d’élèves peu performants a elle aussi augmenté de 4 points de pourcentage sur cette période.

    L’égalité des chances dans l’apprentissage

    En France, la corrélation entre le milieu socio-économique et la performance est bien plus marquée que dans la plupart des autres pays de l’OCDE ; le niveau de performance en mathématiques y reste toutefois dans la moyenne des pays de l’OCDE.editor_1317487244471.gif

    Le système d’éducation français est plus inégalitaire en 2012 qu’il ne l’était 9 ans auparavant et les inégalités sociales se sont surtout aggravées entre 2003 et 2006 (43 points en 2003 contre 55 en 2006 et 57 points en 2012). En France, lorsque l’on appartient à un milieu défavorisé, on a clairement aujourd’hui moins de chances de réussir qu’en 2003.

    Les élèves issus de l’immigration sont au moins deux fois plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficulté. La proportion d’élèves issus de l’immigration se situant sous le niveau 2 en mathématiques lors du cycle PISA 2012 ne dépasse pas 16 % en Australie et au Canada, mais atteint 43 % en France et globalement plus de 40 % uniquement en Autriche, en Finlande, en Italie, au Mexique, au Portugal, en Espagne et en Suède.

    Même après contrôle du milieu socio-économique, en France, les élèves issus de l’immigration accusent des scores inférieurs de 37 points à ceux des élèves autochtones, soit presque l’équivalent d’une année d’études (contre 27 points, en moyenne, dans les pays de l’OCDE).

    En France, les élèves issus d’un milieu socio-économique défavorisé n’obtiennent pas seulement des résultats nettement inférieurs, ils sont aussi moins impliqués, attachés à leur école, persévérants, et beaucoup plus anxieux par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE.

    L’environnement pédagogique et l’engagement et la motivation des élèves

    Dans quasiment tous les pays, préscolarisation et performance en mathématiques sont étroitement liées. En France, la quasi-totalité des enfants sont scolarisés dès l’âge de 3 ans.41C7WPRYACL.jpg

    En France, le climat de discipline est resté à peu près stable entre 2003 et 2012. Cependant, la France se classe parmi les pays de l’OCDE où la discipline est le moins respectée, et ceci même si la plupart des élèves en France bénéficient de classes disciplinées.

    Le nombre de redoublants en France a significativement diminué depuis 2003, mais reste toujours élevé, avec 28 % des élèves de 15 ans ayant indiqué avoir redoublé au moins une fois (contre 12 %, en moyenne, dans les pays de l’OCDE).

    Les élèves français prennent en général plus de plaisir que la moyenne des pays de l’OCDE dans l’apprentissage des mathématiques mais sont également parmi les plus anxieux. Ainsi, avec un niveau d'anxiété resté stable entre 2003 et 2012, la France compte toujours en 2012 parmi les pays de l’OCDE où le niveau d'anxiété est le plus élevé.

    En moyenne, dans les pays de l’OCDE (et en France), près d’un élève sur trois a déclaré être arrivé en retard à l’école et près d’un élève sur cinq, avoir « séché » au moins un cours dans les deux semaines qui ont précédé l’évaluation PISA.

    La France est le pays qui demande le moins de retour d’information de la part de ses élèves sur les leçons, les enseignants et les ressources, et où le tutorat pour les enseignants est le moins développé de tous les pays participants.

    La France souffre moins d’un manque d’enseignants qualifiés que la moyenne des pays de l’OCDE, même si le salaire statutaire des enseignants (en début de carrière, ou après 10 ou 15 ans d’exercice) y est plus faible.


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    La liberté guidant le peuple, Yue Minjun

  • Marianne est devenue une blondasse de BD !

    Heureusement qu’il nous reste les e-mails, les SMS, les fax et les machines à timbrer… Parce que la Marianne du nouveau timbre, c’est moitié poupée Barbie, moitié Bimbo de classe économique, avec comme prime, des arguments frelatés. Voyez vous-même :

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    Le timbre a été dessiné par David Kawena et Olivier Ciappa, qui ont phosphoré comme des dingues pour cette magnifique création : « Notre Marianne se veut un message symbolique d’égalité, de parité et de mélanges qui sont, pour nous, des valeurs essentielles de la France d’aujourd’hui et de la République ». Egalité et parité, c’est exactement ça, et c’est une grande réussite. Parmi maints exemples :

    - le président de la République française a toujours été un homme ;

    - une seule femme a exercé des fonctions de Premier ministre, du 15 mai 1991 au 2 avril 1992, soit moins d’un an ;

    - au sein de la Cour de cassation, du Conseil d’Etat et du Conseil constitutionnel, le nombre de femmes est très minoritaire, et aucune de ces juridictions n’a jamais été présidée par une femme ;

    - la dominance masculine est très forte dans le patronat et les conseils d’administration des grandes entreprises ;

    - l’inégalité salariale est une tare, et les plans se suivent sans résoudre cette question ;

    - le 17 novembre 2008, un député a abattu sa compagne d’un tir par arme, puis s’est suicidé, et le lendemain, l’Assemblée Nationale lui a rendu hommage, par une minute de silence, debout, dans l’hémicycle.

    Donc célébrons la réussite de l’égalité et la parité ! Et pour les « mélanges », nos intellos républicains expliquent : « Nous avons voulu lui donner un côté international et intemporel en mélangeant les mains réalistes et gracieuses spécifiques à la Renaissance, les yeux qui sont un mélange du réalisme de la bande dessinée française d’aujourd’hui, du manga asiatique des années 1980 et de l’animation américaine (étatsunienne NDLR) des années 1950 ».

    Manga asiatique et dessins animés US ! Effectivement, ça réunit toute la puissance des forces « mélangées » du monde… Et pour transcender leur génie créateur, David Kawena et Olivier Ciappa expliquent s’être inspirés du visage d’Inna Shevchenko, la cheffe des Femen, ces pouffiasses, blanches et sveltes comme sur les pubs, hurleuses à l’idéologie raciste.   

    J’espère qu’ils n’ont quand même pas travaillé trop longtemps pour nous trouver tout ça.

    Mais la critique est nulle si on ne propose pas. Alors, voici les propositions du jury républicain en diable du blog.

    Si c’est pour faire dans la bimbo de bédé, il fallait donner dans le grand classique, avec l’exceptionnelle Paulette de Pichard, une valeur française. Inégalée…

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    Si c’est pour « égalité et parité », je vous propose une brune, une vraie intello qui écrivait des livres et s’engageait sur le terrain, et qui était aussi une grande amoureuse (Lettres à Nelson Algren) : j’ai nommé Simone de Beauvoir. Avouez que comme Marianne, ça aurait de l’allure, et on abandonnerait les e-mails, SMS, fax pour se remettre au courrier.    

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    Simone de Beauvoir, par Art Shay, Chicago, 1952

  • Travail en prison : Marilyn fait trembler la loi pénitentiaire

    J’hésite à remercier Marilyn pour les délits qu’elle a commis et qui l’ont conduite en prison, mais elle vient d’obtenir un si beau jugement du Conseil de Prud’hommes de Paris que franchement… Allez, on y va… Ne refaites plus, chère Marylin, mais merci d’avoir violé la loi pénale pour permettre cette mise en accusation la loi pénitentiaire.

    Pour comprendre, il fait d’abord que je vous parle du salaire de Chahana, une salariée indienne, payée pour faire de la téléprospection entre 2,53 et 4,65 euros de l'heure. Toute la question de la mondialisation… Sauf que ce salaire, ce n’est pas celui de Chahana en Inde mais de Marylin en France. En France et dans un lieu qui doit tout à la loi : la prison.

    Le travail délocalisé... en prison9782311001334-g.jpg

    Donc, si vous êtes gentil patron, vous avez la solution 1, qui consiste à recruter du personnel, payé selon le salaire légal. Mais vous avez aussi la solution 2, qui consiste à passer par le personnel détenu, et payé selon un salaire indien.

    Marylin, 36 ans, en détention provisoire à la maison d’arrêt de Versailles, a été employée comme téléopératrice par MKT Societal entre l'été 2010 et avril 2011, avec mission de vendre des freebox et de la fibre optique.

    - Bonjour, je m’appelle Marylin, et je viens vous vendre de l’évasion avec la freebox et la fibre optique.

    - D’accord, je suis intéressé, on peut prendre rendez-vous ?

    - Eh, banane, je ne peux pas, je suis entaulée !

    - Mais entaulée virtuelle ?

    - Non, non, vrai de vrai. Mandat de dépôt pour de menus larcins.

    - Ah bon. Et comment ça se passe la prison ?

    - On s’emmerde toute la journée, alors je me suis débrouillée pour trouver ce job.

    - Et vous avez de bonnes coms’ ?

    - Rien du tout. On est aligné sur le salaire indien : 2,53 € de l’heure.

    - Ouah, génial !

    - Génial, vous êtes gonflé !

    - Mais non, je m’appelle Carlos Ghosn, et je suis patron de Renault… Je sens que je vais bientôt ouvrir une chaine de production à Fresnes. Je vous quitte, il faut que j’appelle mon copain Peugeot...

    Virée ? Sanctionnée ? Licenciée ? getpicture.jpg

    Un jour Marilyn a eu la faiblesse de composer le numéro d’un ami, pour parler du bon vieux temps. Pas malin parce qu’évidemment, tout est contrôlé, et Marilyn a été licenciée pour faute grave…

    Licenciée ? C’est tout le problème. Car joue l’article 717-3, issu de la loi pénitentiaire n° 2009-1436 du 24 novembre 2009, qui entend exclure le droit du travail.

    « Les activités de travail et de formation professionnelle ou générale sont prises en compte pour l'appréciation des gages de réinsertion et de bonne conduite des condamnés.

    « Au sein des établissements pénitentiaires, toutes dispositions sont prises pour assurer une activité professionnelle, une formation professionnelle ou générale aux personnes incarcérées qui en font la demande.

    « Les relations de travail des personnes incarcérées ne font pas l'objet d'un contrat de travail. Il peut être dérogé à cette règle pour les activités exercées à l'extérieur des établissements pénitentiaires.

    « Les règles relatives à la répartition des produits du travail des détenus sont fixées par décret. Le produit du travail des détenus ne peut faire l'objet d'aucun prélèvement pour frais d'entretien en établissement pénitentiaire.

    « La rémunération du travail des personnes détenues ne peut être inférieure à un taux horaire fixé par décret et indexé sur le salaire minimum de croissance défini à l’article L. 3231-2  du code du travail. Ce taux peut varier en fonction du régime sous lequel les personnes détenues sont employées ».

    Icelui décret qui permet de payer entre 2,53 et 4,65 € de l'heure.

    Tout se joue dans la phrase : les relations de travail des personnes incarcérées ne font pas l'objet d'un contrat de travail.

    En effet, selon les principes marxistes qui nourrissent la loi française, le droit du travail est d’ordre public, ce qui signifie qu’il s’analyse à partir des faits et non pas des qualifications juridiques choisies par l’employeur capitaliste, et la relation de travail existe dès lors qu’une personne effectue une prestation de nature professionnelle sous la direction d’une autre, dans un lien de subordination.

    Marylin travaille pour MKT Societal. Le fait qu’elle soit détenue est-il suffisant pour dénier la réalité du lien de subordination, élément caractéristique du contrat de travail ?

    La loi répond oui, mais vous avez bien compris que dans le monde juridique de 2013, on ne se limite pas à appliquer la loi. Dans tout litige qui se respecte, on commence à rechercher si la loi est conforme au droit.

    Bingo : Le juge applique le droit ! 998125.jpg

    La même problématique a été posée dans d’autres affaires, et sont en cours de questions prioritaires de constitutionnalité. Tôt ou tard, le Conseil constitutionnel aura à se prononcer.

    Pour l’affaire de Marilyn, le conseil de prud’hommes l’a joué « voie directe par la face Nord » : le juge doit faire prévaloir le caractère d’ordre public du droit du travail sur des lois faiblardes.

    Aussi, la société MKT Societal est déclarée employeur, et la rupture a été qualifiée de licenciement abusif, car ne reposant pas sur une lettre motivée. Ainsi, Marilyn a obtenu :

    - Rappel de salaire et de congés payés : 2 358 €

    - Indemnité pour préavis de licenciement non respecté : 521,10 €, et congés payés afférents, 52,10 € ;

    - Inobservation de la procédure de licenciement : 521,03

    - Dommages et intérêts pour le licenciement abusif : 3 000 €.

    Bravo. Son avocat, Fabien Arakélian, apprécie : « C'est un grand jour pour tous les détenus en France et j'appelle les pouvoirs publics à s'emparer très rapidement de cette question du travail en prison. Le droit du travail entre en prison ».

    MKT Societal va former un recours, peut-être directement en cassation, car les demandes semblent en dessous du plafond légal pour l’appel.

    Vu le bazar ambiant, il est sûr que si les prisons doivent respecter la loi, ça va être compliqué...

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    La maison d'arrêt de Versailles,

    haut lieu des luttes sociales, dans la grande tradition marxiste

  • Le procureur peut-il rester perché ?

    Chacun connaît l’image de la justice : une belle femme impassible et les deux plateaux de la balance… et chacun connait l’architecture intérieure de la justice : on retrouve la belle femme impassible, présidant la salle d’audience, mais les deux plateaux ne sont plus alignés, car le procureur se trouve dans une position surélevée par rapport au prévenu. Or, dans le rituel judiciaire, tout compte.

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    Et alors me direz-vous ? Où est le problème ?

    Le procureur est un magistrat qui représente l’intérêt général, et c’est bien la moindre des choses que cette fonction d’autorité s’exerce depuis une tribune. Cette élévation est donc liée à l’article 31 du Code de procédure pénale : « Le ministère public exerce l'action publique et requiert l'application de la loi.

    Certes. Mais cette autorité, le temps de l’audience, devient une partie au procès, et toute la procédure doit respecter le principe de « l’égalité des armes ». Ce principe, un peu guerrier, est jurisprudentiel,  mais très pratiqué par la Cour de Cassation et la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Le principe a été posé dès 1959 (Szwabowicz c. Suède, 30 juin 1959) : « Le droit à un procès équitable implique que toute partie à une action civile et a fortiori à une action pénale, doit avoir une possibilité raisonnable d’exposer sa cause au tribunal dans des conditions qui ne la désavantagent pas d’une manière appréciable par rapport à la partie adverse ».

    Pour le Conseil constitutionnel (n° 89-260 du 28 juillet 1989),  le principe du respect des droits de la défense « implique, notamment en manière pénale, l’existence d’une procédure juste et équitable garantissant l’équilibre des droits des parties ». La loi a embrayé, et nous a donné l’article préliminaire du Code de procédure pénale, issu de la loi du 15 juin 2000 : «  La procédure pénale doit être équitable et contradictoire et préserver l'équilibre des droits des parties. Alors, un procès à l’architecture intérieure ?

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    L'affaire Dirioz (CEDH, 31 mai 2012)

    Une affaire jugée ce 31 mai 2012 par la CEDH (Dirioz c. Turquie, n° 38560/04) permet de faire le point sur la question de la surélévation du procureur par rapport à l’autre parie en procès, la personne jugée. Voici les thèses des deux parties, que je vous livre telles que, car les argumentaires sont bien posés et c’est tout-à-fait applicable aux pratiques françaises.

    Le justiciable

    « 21. Le requérant se plaint d’une atteinte au principe d’égalité des armes dans la mesure où le procureur avait pris place sur une estrade surélevée alors que lui-même et son avocat étaient placés, comme c’est la règle, en contrebas dans la salle d’audience. Il expose par ailleurs que le procureur entre en même temps que les juges dans la salle d’audience, par la même porte, alors que l’avocat utilise l’accès public.

    Le gouvernement turc

    « 22. Le Gouvernement conteste la thèse du requérant. Il estime que l’emplacement du procureur dans la salle d’audience relève plus du pur formalisme et ne touche aucunement à l’essence des devoirs et responsabilités des procureurs. Il cite des pays membres du Conseil de l’Europe où le siège du procureur serait surélevé par rapport à la défense.

    « 23. Le Gouvernement précise que dans les tribunaux turcs, le siège des juges est éloigné de celui du procureur. Il explique que le plan du siège des juges et procureurs relève d’une pratique établie dans le droit procédural turc, qui tient compte du fait que les deux corps de métier suivent la même formation, que leurs membres passent les mêmes concours avant d’exercer et que la transition entre les deux corps est possible. Selon le Gouvernement, en d’autres termes, un procureur de la République pourrait devenir juge pendant sa carrière et vice versa. Le Gouvernement estime que l’idée principale réside en ce que le procureur doit respecter aussi bien les intérêts de la défense que les droits de la victime, dans la mesure où il représente l’intérêt public. Il rappelle par ailleurs que le procureur recueille des preuves non seulement à la charge de l’accusé mais aussi à sa décharge. Partant, le Gouvernement soutient que l’emplacement du procureur, plus élevé que celui de la défense et de la victime mais éloigné des juges, a un sens symbolique ».

    Réponse de la CEDH

    « 25. La Cour rappelle avoir estimé, dans de précédentes décisions, que la circonstance dénoncée ne suffisait pas à mettre en cause l’égalité des armes, dans la mesure où, si elle donnait au procureur une position « physique » privilégiée dans la salle d’audience, elle ne plaçait pas l’accusé dans une situation de désavantage concret pour la défense de ses intérêts (Chalmont c. France, no 72531/01, CEDH, 9 décembre 2003 ; Carballo et Pinero c. Portugal (déc.), no 31237/09, 21 juin 2011).

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    Le parquet est sauvé : il peut rester perché, mais…

    Attention, je ne lâche pas l’affaire si facilement. La Cour européenne ne statue pas sur l’excellence : elle sanctionne les violations du droit. Lisez bien la formule utilisée : « La circonstance dénoncée ne suffisait pas à mettre en cause l’égalité des armes ». Ne suffit pas… Donc, il y a bien un petit quelque chose à raboter… c’est une situation que l’on pratique déjà dans nombre d’audiences à huis clos qui se tiennent non dans un bureau ou une bibliothèque et tout le monde est assis autour de la table. La justice n’en souffre pas, bien au contraire.

    Et puis tant qu’à faire quelques travaux, il faudra prévoir aussi que l’avocat et son client puissent s’assoir côte à côte, chacun avec une table pour pouvoir travailler correctement, avec un prise électrique pour brancher l’ordi, et une bonne connexion internet. Merci.

    Alors, ma chère Christiane, je te propose donc cette idée pour engager la très attendue réforme du Parquet, à annoncer sans langue de bois : le gouvernement doit missionner des menuisiers pour s’occuper du Parquet.   

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    Là, tu commences à me parler...

  • Hollande, qui t’as fait roi ?

    Hollande a gagné avec 51,68 % des voix, mais ce joli score recouvre des grands écarts. Au final, la marge n’est pas si large, et je me suis intéressé de savoir quels étaient les départements et les communes où la réaction a été la plus salutaire. Oui, qui a  assuré la victoire ? Quels sont les gros bataillons qui ont apporté cette belle victoire ? 

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    Guadeloupe 71,93%

    La Réunion 71,49%)

    Martinique 68, 43%

    Seine-Saint-Denis 65,32%

    Les villes

    Bobigny 76,74%

    Aubervilliers 72,83 %

    Bagnolet 72,37 %

    Pantin 71,38%

    Montreuil 75,84 %

    La Courneuve 75,30%

    Saint-Denis 77, 78%

    Saint-Ouen 73,63%

    Villetaneuse 78,22%

    Grigny 74,09 %

    Evry 71,45%

    Ivry 73,63 %présidentielles 2012,égalité

    Garges-Lès-Gonesse 72,62%

    Malakoff 70,70%

    Paris XX° 71, 83%

    Vaulx-en-Velin 71, 87%

    Les Abymes 75,94%

    Le Moule 76,58%

    Lamentin 78,30%

    Saint-Rose 77,43%

    Sainte-Marie 72,41%

    Petit-Ile 72,23%

    Saint-André 73,77%

    Saint-Joseph 77, 95%

    Saint-Leu 76,96 %

    Le Port 81,50 %

    Merci à toutes et à tous. Vous avez été moteur pour aller vers le 1,68 qui a fait la victoire. La France aurait une drôle de tête sans vous,… et maintenant elle sait bien où sont ses racines.

    Ces chiffres n’ont pas échappé à Hollande, qui est un expert de la carte électorale. Pas de doute qu’il en tiendra le plus grand compte dans la formation du gouvernement pour que ces villes héros soient aussi aux avant-postes. Le changement, c’est maintenant !

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    Il y a de la place pour tout le monde

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