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égalité - Page 3

  • L’égalité française va-telle jusqu’en Nouvelle-Calédonie ?

    Quatre compatriotes morts et vingt-trois blessés… Un drame ? Mais non, détendez-vous, ça se passe en Nouvelle Calédonie, et entre kanaks. Alors, pas de quoi se traumatiser. D’ailleurs, pour rétablir l’ordre public, le gouvernement s’en remet à des responsables religieux !

     

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    Ces faits dramatiques ont eu lieu samedi à Maré, l’une des quatre îles Loyauté qui dépendent de la Nouvelle-Calédonie.

     

    Je cherche ces dernières années un bilan aussi lourd… Pas de souvenir pour ce qui me concerne, et pourtant la République n'en parait pas émue outre mesure... Les morts de Maré, c’est regrettable, mais bon, ils sont de Maré justement, alors pas de quoi faire descendre un ministre en vacances de son cocotier.

     

    Les causes du conflit sont tout ce qu’il y a de plus social. Le prix des billets d’avion sur Nouméa jugés trop chers alors que la compagnie semi-publique est en quasi-faillite, et comme toile de fond des différends fonciers jamais réglés. L’aéroport était bloqué depuis quelques jours, et c'est la source des affrontements : une bagarre, des jets de pierre, puis une fusillade.

     

    La solution ? Ecoutons Marie-Luce Penchard la « ministre », qui est surtout la porte parole du directeur de cabinet installé par l’Elysée : « Il faut absolument une voie qui permettra d'établir le dialogue pour faire en sorte que le calme s'installe à l'île de Maré. C'est la raison pour laquelle nous avons proposé une médiation des autorités religieuses ».

     

    Je résume : quatre morts, vingt-trois blessés, un conflit social majeur, une « ministre » qui n’a rien à dire, le haut-commissaire de la République placé en pointillé, des institutions politiques locales bloquées et pour régler la question… une médiation des religieux avec un prêtre et un représentant de l'Église évangélique.

     

    Eh à propos, ils sont où, tous les bons frères la gratouille, les encanaillés du laïcisme militant ? A la plage? Allez, allez, on se bouge… De toute urgence, allez chercher le tablier et l’équerre pour inspirer une déclaration magistrale sur la violence des cités et le rôle indû du religieux. Sauf qu’il n’y aura rien car les vénérables trois points, rois de l’indignation à sens unique, sont les premiers à s’être assis sur le principe d’égalité. Rigolos, va…

     

    Que les religieux fassent donc le job, vu qu’eux ont répondu présent et qu’ils ont l’estime de nos compatriotes.

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  • Les enfants de chômeurs interdits de cantine

    Tribute_to_a_Bad_Man-507604411-large.jpgIls se lâchent tous… Aujourd'hui, un mauvais gaz vient de la mairie de Thonon-le Bains, où l'excellent maire Jean Denais (UMP) a décidé de virer de la cantine les enfants de chômeurs. Sauf que c’est parfaitement illégal. Oh, le bad man…

    L'excellent maire a fait modifier le règlement intérieur des restaurants scolaires, désormais accordé en priorité aux enfants dont « le ou les parents exercent une activité professionnelle ».

    En cas de perte d'emploi, l'accès au service est maintenu pendant un mois. Et l’heureux élu pousse le raffinement : « Les enfants dont l'un au moins des parents est au chômage pourront néanmoins bénéficier des services de restauration scolaire sur présentation d'un justificatif de présence à un entretien d'embauche ou à une formation ». L’opposition dormait, et le maire peut se vanter d’un vote consensuel.

    Voilà donc un enfant habitué à la cantine : papa perd son emploi, et bing, le minot est retiré de la cantine. C’est moderne, c’est UMP.

    Motif allégué : l’augmentation des chiffres depuis dix ans, mais on apprend que sur  650 enfants servis chaque jour, cette décision n'en concernerait qu'une trentaine.

    Malgré ces chiffres dégonflés, l’excellent maire se défend : « On n'a jamais voulu stigmatiser les chômeurs ! Face à des problèmes de place, nous avons dû établir un critère, qui nous semble juste, celui de la disponibilité des parents ». Eh oui, notre ami fait la grande gueule, mais en réalité il patauge dans l’illégalité.03C003C000906094-photo-affiche-la-valse-du-gorille.jpg

    La question a été tranchée dès le 16 novembre 1993, par le tribunal administratif de Versailles : « L'accès des élèves à la cantine scolaire ne peut être subordonné à la production par les parents d'une attestation patronale de leur lieu de travail car un tel document n'est pas nécessaire à la bonne marche du service et porte atteinte au principe d'égalité des usagers en introduisant une discrimination entre les enfants suivant que leurs parents ont un emploi salarié ou non ».

    Le service de la cantine n'est pas une obligation légale pour la commune, mais à partir du moment où il a été créé, ce service ne peut opérer de discriminations. Ce n'est pas plus compliqué.

    Plus récemment, c’est le Conseil d'État, le 23 octobre 2009 (n° 329076) qui avait remonté les bretelles de l’excellent sénateur maire  Jean-Noël Buffet, maire UMP d’Oullins. Seuls pouvaient manger à la cantine d'Oullins les enfants dont les deux parents travaillaient tous les jours, les autres enfants ne pouvant être accueillis qu'une fois par semaine, dans la limite des places disponibles. Pas mal non plus.

    C’est par la procédure de référé que le Conseil d’Etat a suspendu cette mesure : « Cette délibération interdit illégalement l'accès au service public de la restauration scolaire à une partie des enfants scolarisés, en retenant au surplus un critère de discrimination sans rapport avec l'objet du service public en cause ».

    Voilà. Il reste donc à la FCPE de Thonon-les-Bains à déposer une requête en référé devant le tribunal administratif de Grenoble, histoire de coller la honte à Monsieur l'excellent Maire UMP qui prend des mesures discriminatoires contre les enfants de chômeurs.  

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  • Il va falloir respecter les femmes

    plq-1500-2776.jpgBon, c’est pas tout, mais maintenant il falloir respecter les femmes. Une vraie société.

     

    Le procès va se poursuivre là-bas, avec ses règles, mais ici, il faut remettre les pendules à l’heure. Parce que, dans notre douce France, ce qu’on a entendu de nos grands instruits, voir grandes instruites, c’était pas joli joli. C’était macho-city, grave de chez grave.

     

    Le plus simple : apprendre ce que signifie le mot « non ». Quand elle te dit « non », ça ne veut pas dire « peut-être » ou « après tout.. ». « Non », ça veut dire « non », dans le sens « dégage ». Accepter le « non », c’est dire l’identité de l’autre. Ton école du charme perd le marché ? Eh ben, tu te poses la question à toi, et pas à elle, et tu files.

     

    Là, on a déjà fait beaucoup, mais il faut sortir le marteau-piqueur pour faire tomber le mur. Ce mur, c’est le pouvoir des mecs. Has been ! Donc, on pose un bon principe, l’égalité homme-femme, et on ratiboise tout ce qui dépasse : toute instance qui ne respecte pas le principe de parité est dissoute de plein droit. Nous voici débarrassés du Conseil des ministres, de l’Assemblée nationale, du Sénat, du Conseil constitutionnel, de la Cour de cassation, du Conseil d’Etat et de tous les conseils d’administration des grands établissements publics. On peut discuter du reste, oki, mais après, car il faut d’abord régler la question du pouvoir.

     

    Troisième point, on purge le passé. Les prisons étant pleines et les tribunaux débordés, ça sera un processus genre « Vérité et réconciliation », initié par l’Afrique du Sud de Nelson Mandela. Toutes les femmes, victimes de mecs qui se sont lâchés, comme çà, et qui, par peur du procès, par effet de sidération, par souhait de préserver la vie personnelle, n’ont pas dénoncé les lascars, doivent enfin pouvoir s’exprimer. Il faut tout, tout, tout dire. Merci aux femmes de dire les maladies qui rongent notre société. Ce n’est pas leur honte, mais la nôtre, collective. Impossible de soigner sans connaître le mal, en l’occurrence le mâle.

     

    Il y aura des soins, et pour beaucoup. Seule la parole peut casser la carapace, et permettre de triompher de la peur. Rien ne fait plus peur que les mots qui sont dans nos entrailles, et qui brûlent quand ils arrivent au niveau du gosier. Le soldat, courageux, qui part affronter le feu des armes ne parvient pas à faire sortir les mots sensibles qui se bousculent dans son cœur, son âme et son esprit. Tant que c’est un problème en soi, c’est dommage… Mais quand ça bloque au point de percuter la vie des autres, stop. Stop divan, c’est urgent.

     

    Et puis l’éducation, pour retrouver le goût de la vie, pour ne plus entendre que le viol est finalement un accident de la vie amoureuse. L’éducation pour comprendre que quand une femme parle d’abus, il ne faut pas en déduire qu’elle est la faute qui a conduit à l’abus. La relation apporte ce que tu n’as pas ; si tu t’imposes, tu détruis tout : la relation, l’autre et toi. Les parents doivent cadrer leurs enfants, et l’Imprimerie Nationale va publier un « guide du respect », à couverture bleu-blanc-rouge, qui reprendra les textes des grands auteurs, de Pierre de Ronsard à Paul Eluard, de Rabîndranâth Tagore à Pablo Neruda, de Louise Labé à Andrée Chedid, et qui s’ouvrira par la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne écrite par Olympe de Gouges en 1791, dont l’article 1 proclame : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits ».

     

    On arrête tout, on réfléchit, et on se parle.

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    Une femme sous le pouvoir, 2010, avenirdel'art, artiste tunisien (âgé de 16 ans)
  • Inde : La Cour suprême rend hommage aux aborigènes

    adivasi_woman_with.JPGEn 1994, Nandabai, une jeune femme indienne de 25 ans, est violentée et humiliée par des membres de la caste de son mari, estimée supérieure. Seize ans plus tard, la Cour suprême confirme la condamnation de ses agresseurs, et rend un vibrant hommage à ces tribus qui sont en fait les descendants des premiers habitants de l’Inde. 

     

    Nandabai fait partie de la communauté Bhil, une population tribale, marginalisée et très appauvrie, et c’est pour cette raison que des membres de la caste de son époux avaient formé cette expédition punitive. Après bien des déboires de procédure, Nandanbai a obtenu un jugement condamnant les agresseurs. Une peine légère de un an de prison, après une accusation bien arrangeante pour les accusés,… mais ceux-ci, ne pouvant admettre l’idée d’une condamnation, forment un recours devant la Cour suprême. Dans son jugement du 5 janvier, la Cour suprême rejette le recours et déplore l’indulgence relative dont ont fait preuve les juges. Surtout, la Cour se lance dans un passionnant plaidoyer pour ces populations tribales. Elles méritent le plus grand respect et l’Inde leur doit une protection spécifique car elles ont été les populations originaires de l’Inde, un grand pays d’immigration, et malgré l’injustice et les difficultés, elles ont su garder une remarquable intégrité morale.

     

    Où est Nandabai aujourd’hui ? Que fait-elle ? J’aimerai tellement la remercier pour son courage, Nandabai. Lui dire bravo pour à sa confiance dans la justice qui permet à l’Inde de faire un pas immense.  

     

    Voici le texte de l’arrêt, en anglais, récupérer grâce à l’excellent site de l'ONG Survival International.

     

    Il aurait été trop long de traduire le texte en intégralité et cela nous conduirait vers des questions de procédure propres au droit applicable en Inde. Je vous propose une lecture plus libre des points essentiels de l’arrêt, et j’ai cherché à être fidèle à l’esprit et la démarche de la Cour suprême.  

     

    *   *   *

     

    La Cour affirme d’emblée que cette affaire fournit un exemple typique du traitement imposé aux populations tribales, alors que ce sont les descendants des premiers habitants de l'Inde. Aujourd'hui, elles ne représentent qu'environ 8% de la population indienne, et sont des communautés marginalisées et vulnérables, connaissant une grande pauvreté, l'analphabétisme, le chômage, la maladie et la rareté de terres à cultiver.

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    Les faits

     

    La victime dans cette affaire est une jeune femme, Nandabai, âgée de 25 ans au moment des faits, appartenant à la tribu Bhil. Les faits sont survenus il y a seize ans, dans un village du Mahabaharata.

     

    Nandabai résidait avec son père, son frère handicapé, et  sœur, souffrante de maladie mentale. Elle a eu des relations avec un homme nommé Vikram, et ils sont devenus les parents deux enfants. Ici, il faut préciser que Vikram appartient à une caste supérieure et son mariage avait été arrangé par sa famille avec une femme de sa caste.

     

    Le 13 mai 1994 vers 17 heures, un groupe de trois hommes et une femme, issus de la même caste que Vikram, sont entrés dans la maison familiale et s’en sont pris à Nandabai pour avoir cette union avec Vikram. Ils ont commencé à frapper Nandabai à coups de poing et à coups de pied. Puis, alors que deux des accusés lui tenaient les mains, deux autres lui ont retiré sa jupe. Ils lui ont déchiré son chemiser, arraché son soutien-gorge, et ils ont emmené Nandabai, l’obligeant à défiler sur la route du village. Pendant tout le trajet de cette expédition punitive, ils ont continué à battre et abuser d’elle.

     

    Dans la soirée, la police a été avisée, et les agresseurs ont été arrêtés. Ils ont ensuite été condamnés au terme d’une procédure longue, et ils ont bénéficié d’une grande clémence des juges, n’étant condamnés qu’à un an de prison, alors que le sort infligé à la victime est honteux, choquant et scandaleux. Pour leur défense, les accusés soutenaient notamment que les personnes appartenant à la communauté Bhil vivent dans des vêtements déchirés… Pour la Cour, ceci montre cette triste mentalité considérant que les populations tribales sont inférieures, ce qui est totalement inacceptable dans l'Inde moderne.

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    Connaître son histoire…

     

    En réalité, tout montre que les Bhils sont les descendants de certains des habitants originaires de l'Inde, connus sous le nom d’aborigènes, ou tribus Adivasis. Les Adivasis ont été persécutés sans pitié pendant le 17ème siècle. Lorsqu’une personne était arrêtée et se révélait être un Bhil, elle était souvent été tuée sur le coup. Les études historiques montrent que nombre de membres de la communauté Bhil ont ainsi massacrés. Aussi, les Bhils se sont retirés dans les bastions des collines et des forêts. Dans le période actuelle, ils ne représentent plus que 8% de la population de l’Inde, alors que les 92% se compose de descendants des immigrants, principalement originaires du Nord-Ouest, et dans une moindre mesure du Nord-Est.

     

    L'Inde est globalement un pays d'immigrants. Alors que l'Amérique du Nord (USA et Canada) est un pays de nouveaux immigrants, venus principalement d'Europe au cours des quatre ou cinq derniers siècles, l'Inde est un pays d'immigrants âgés, venus au cours des dix mille dernières années.

     

    Pour la Cour, il s'agit d'un point de grande importance pour la compréhension du pays, il est nécessaire d’entrer dans le détail.

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    L’histoire des populations de l’Inde

     

    Les gens migrent des régions défavorisées vers celles qui semblent plus fécondes. Ceci est naturel parce que tout le monde cherche à se rapprocher de la prospérité. Avant la venue de l'industrie moderne, il n’y avait que des sociétés agricoles, et l'Inde a été un paradis parce que l'agriculture exige un terrain plat, le sol fertile, beaucoup d'eau pour l'irrigation, ce       qui a toujours été le cas en Inde. De ce point de vue, l'Inde est un véritable paradis pour les sociétés pastorales et agricoles parce qu’elle a la bonne altitude, des terres fertiles, des centaines de rivières, des forêts et elle est riche en ressources naturelles. C'est pourquoi pendant des milliers d'années, les populations se sont rendues dans en Inde, y trouvant une vie confortable ici dans un pays favorisé par la nature.

     

    Pourquoi une personne qui vit en Inde voudrait-elle s’installer par exemple en Afghanistan, qui connait un terrain accidenté, rocailleux, montagneux et couvert de neige pendant plusieurs mois dans une année, de telle sorte que la culture y est très difficile ? C’est la cause essentielle de l’immigration et des invasions. Les seuls mouvements en sens inverse sont ceux des Indiens qui ont été envoyés durant la domination britannique comme des travailleurs sous contrat, et de l’émigration récente de quelques millions d'Indiens vers des pays développés, à la recherche de l'emploi. On ne connait pas un seul exemple d'une invasion par l'Inde, c’est-à-dire à l’extérieur de ses frontières.

     

    L’opinion communément admise est que les habitants d’origine de l'Inde ne sont pas les Dravidiens, mais les pré-Dravidiens Munda, des aborigènes dont les descendants vivent actuellement dans des parties de Chotanagpur (Jharkhand),  Chattisgarh, Orissa, du Bengale occidental, les Todas de l'Nilgiris au Tamil  Nadu, les tribus des îles Andaman, les Adivasis dans diverses parties de l’Inde, en particulier dans les forêts et les collines, par exemple Gonds, Santhals ou les Bhils.

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    L’Inde, un pays d’immigrants

     

    92% des personnes vivant en Inde sont des descendants d'immigrés, et c’est pour cette raison qu'il y a une telle diversité en Inde. C’est une caractéristique importante du pays, et la seule façon de l'expliquer, c'est accepter que l'Inde est en grande partie un pays d'immigrants.

     

    Ainsi, il y a un grand nombre de religions, de castes, de langues, de groupes ethniques, de cultures. Dans la population, les uns sont grands, les autres ont petits,  certains ont le teint foncé, d’autres la peau claire, et on relève toutes sortes de nuances : les uns ont les traits caucasiens, d’autres mongoloïdes, d’autres encore négroïdes… On voit aussi de grandes différences dans l'habillement, les habitudes alimentaires et tant d'autres questions.

     

    On peut comparer l'Inde avec la Chine qui est à la fois plus vaste et plus peuplée. La Chine a une population d'environ 1,3 milliards alors que notre population est d'environ 1,1 milliards. La Chine a plus que deux fois la superficie du territoire indien. Cependant, tous les Chinois ont les traits mongoloïdes. Ils ont une écriture commune écrite, le chinois mandarin, et 95% d'entre eux appartiennent à un groupe ethnique, a appelé les Chinois Han. Il y a donc une large homogénéité en Chine, même si elle n’est pas absolue.

     

    S’agissant de l'Inde, les migrations à grande échelle et les invasions, échelonnées  au cours de milliers d'années, ont apporté leurs différentes cultures, langues, religions, qui font l'extraordinaire diversité de l'Inde.

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    Une Constitution pour assurer l’égalité

     

    L'Inde étant le pays de cette grande diversité, il est absolument essentiel, pour garder le pays uni, de connaître la tolérance et mais aussi un respect égal pour les toutes les communautés et les sectes. Nous devons saluer la sagesse de nos pères fondateurs, écrivant une Constitution laïque, pour s’adresser à la très grande diversité dans notre pays.

     

    La Constitution nous demande de nous maintenir unis, dans notre très grande diversité, parce qu’elle garantit l'égalité l'égard de tous les groupes communautaires, les sectes, linguales et ethniques. Ainsi, la Constitution garantit à tout citoyen la liberté d'expression (Article 19), la liberté de religion (article 25), l'égalité (articles 14 à 17) et la liberté (article 21).

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    Egalité formelle et égalité réelle

     

    Toutefois, donner l'égalité formelle à tous les groupes ou les communautés en Inde n'aboutirait pas à une véritable égalité. Les groupes historiquement défavorisés doivent bénéficier d'une protection spéciale et d'une assistance afin de pouvoir d’extirper de la pauvreté et de leur faible statut social. C'est pour cette raison que des dispositions spéciales ont été incluses dans la Constitution aux articles 15 (4), 15 (5), 16 (4), 16 (4A), 46, pour le développement de ces groupes.

     

    Parmi ces groupes, les plus défavorisés et marginalisés en Inde sont les tribus Adivasis qui, comme déjà mentionné, sont les descendants des habitants de l'Inde. Ils sont devenus les plus marginalisés, vivant dans une pauvreté terrible avec des taux élevés d'analphabétisme, la maladie, la mortalité précoce,…

     

    Leur sort est connu et il a été décrit par cette Cour dans l’affaire Samatha c. État du Andhra Pradesh et d'Ors, en 1997. Par conséquent, il est du devoir de tous ceux qui aiment notre pays de s’assurer que les contraintes ont pris fin pour ces tribus et qu’elles reçoivent l’aide propre à restituer leur statut économique et social, car elles ont été victimes pendant des milliers d'années de l'oppression et d’atrocités terribles. La mentalité des nos compatriotes envers ces tribus doit changer, la règle devant être le respect qu’elles méritent en tant que premiers habitants de l'Inde.

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    La noblesse, malgré l’oppression

     

    L'injustice faite aux populations tribales de l'Inde est un chapitre honteux dans l'histoire de notre pays. Les tribus étaient appelés « Rakshas », soit les démons. Ils ont été abattus en grand nombre, et les survivants et leurs descendants ont été dégradés, humiliés, et toutes sortes de  atrocités infligées sur eux pendant des siècles. Ils ont été privés de leurs terres, et poussé dans les forêts et les collines où ils mener une existence misérable de la pauvreté, l'analphabétisme, la maladie… Mais maintenant, des groupes d’intérêts ont entrepris de les priver même de leurs forêts et des terres d’où tirent leur vie, et des produits de la forêt dans laquelle ils survivent.

     

    Malgré cette oppression horrible, ces tribus ont gardé le niveau moral le plus élevé dans notre pays. En règle générale, ils sont d’une  grande franchise, ne trichent pas, et ignorent les méfaits que les non-tribaux commettent régulièrement. D’une manière générale, on peut dire qu’ils ont caractère supérieur aux non-tribaux. Il est temps de réparer l'injustice historique dont ils sont victimes.

     

    Des affaires comme celle-ci, méritent une condamnation totale et des punitions sévères.

     

    Par ces motifs, le pourvoi est rejeté.

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  • Egalité

    Demander la démission de MAM est idiot, car le mal est bien plus profond : c’est la culture de l’inégalité, qui doit tout à la volonté de domination, selon le modèle du grand singe dominant.tunisie-revolution.jpg

    Les déclarations de MAM à l’Assemblée Nationale le 11 janvier sont lamentables. Déplorant les violences, elle proposait que « le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type ». Donc, soutien à Ben Ali pour réprimer son peuple. Alors bien sûr, quand trois jours plus tard, le peuple a gagné et que MAM refuse l’arrivée de Ben Ali en France, il y a de quoi se bidonner.

    La démission de MAM, c’est non

    Ce serait une manière trop simple de masquer l’essentiel.

    L’UMP a applaudi les déclarations de MAM. Le PS a attendu tant qu’il pouvait pour se résoudre à publier un communiqué mou comme une chique, et dans l’après midi du vendredi, Delanoë Bertrand saluait encore les mesures annoncées la veille par Ben Ali. Faut-il aussi ressortir les photos de DSK décoré par ce régime de crapules ? Hier, l’Elysée a annoncé refuser toute forme d’autocritique, ce qui a le mérite de la clarté. Le meilleur a été Juppé, cassant le débat en relevant qu’aucun gouvernement n’a jamais pris ses distances avec le régime de Ben Ali.

    Très important ce que dit Juppé : les dirigeants politiques, français et européens, n’ont rien pigé à ce qui est arrivé.

    J’ajoute : ils ne comprendront rien non plus à ce qui arrivera demain, car ils sont dépassés. La révolution tunisienne est le révélateur d’une évidence : ça devient trop compliqué pour eux. Ils sont perdus pour une raison simple : ils ont dans la tête le virus du colonialisme, intact. Ils veulent le bonheur des autres, tel qu’ils le pensent. Ils restent incapables de considérer un Arabe comme un alter ego. Eh oui, tout est là : l’égalité.

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    « L’égalité ? Oui, bien sûr, et j’en suis ardent partisan. Mais vous comprenez, nous avons en nous tant de bienfaits de civilisation, façonnés par notre histoire et nos plus grands penseurs, que nous souhaitons juste en faire profiter ceux qui n’ont pas eu cette chance. Je dirais même que c’est notre devoir. Nous ne pouvons pas les priver de ce qu’offre notre bonheur ».

    Tu parles.

    Pour parvenir à ses fins, s’imposer par la force est dépassé. Il est plus efficace de s’embellir du drapeau de la vertu, et le clan droit-de-l’hommiste est disponible pour assurer la sous-traitance. Ce qui compte pour eux, c’est le monde tel qu’ils le pensent, c’est-à-dire le monde tel qu’il assure les intérêts de leur boss.

    Dernier avatar, après tant d’autres exemples, l’offre de service des « 10 000 » avocats européens pour défendre les Tunisiens, qui ne leur ont rien demandé.

    L’Arabe est égal, tout simplementTunisie-Liberte.jpg

    Devant les évènements de Tunisie, toute notre classe dirigeante – politique, économique, intellectuelle et juridique – est à la ramasse, et elle fait semblant de pleurnicher, comme des parents dépassés : « Nous n’avons pas compris les aspirations de la jeunesse ».

    Le mal est plus grave. Blindés dans leurs certitudes de perdants peureux, ils n’ont rien compris du tout. Rien compris à la jeunesse arabe, certes. Mais idem pour les femmes, qui obstinément, refusent les beaux habits que leur dessine Badinter Elisabeth, et sa maison de couture NPNS. Rien compris aux diplômés des universités, dont le CV est écarté dès la lecture du nom patronymique. Rien compris aux travailleurs, délocalisés de leur pays vers la France, ou de ceux qui connaissent la survie économique par les entreprises françaises délocalisées au bled. Rien compris non plus aux chibanis. Rien compris à l’attachement à la religion. Rien.

    Notre classe dirigeante s’est tellement excitée à l’idée de chasser les 1000 femmes en burqa ou les 300 fidèles qui prient dans la rue qu’elle n’a rien vu de la société tunisienne, alors qu’elle est omniprésente en Tunisie. Ils sont nuls.

    L’Arabe est une femme ou un homme comme toi et moi

    Gamine ou gamin, l’Arabe crée son identité et ses attachements, inventant son avenir.

    Et c'est universel. A quinze ans, un Palestinien, un Brésilien, un Iranien, un Malaisien, un Tunisien, un Chilien, un Afghan, un Coréen, un Algérien … tous cherchent à construire une vie de liberté. Et ils vont plus vite que nos bien-pensants, anesthésiés par le confort.

    Construire sa vie, dans le rapport à autrui, respecter les vertus profondes de l’égalité… C’est de Paul Eluard : « Il n'y a pas de grandeur pour qui veut grandir. Il n'y a pas de modèle pour qui cherche ce qu'il n'a jamais vu ».

    Nous y sommes.

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    Une femme lutte pour sa liberté
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