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Corse - Page 2

  • CEDH : La France condamnée pour son inaction en Corse

    132unvillagecorse.jpgLa France condamnée par la CEDH pour ne pas exécuter des décisions de justice en Corse. Ou comment les juges de Strasbourg viennent chatouiller les pieds de Napoléon Bonaparte …

    En langage européen, on dit « huit ressortissants français résidant en France ». Donc, des Français. Tous les huit, nés entre  1923 et 1945 vivaient dans les années 1950 dans les départements français d’Algérie.

    Tous avec des histoires différentes, mais proches. A son retour d’Algérie, l’un d’eux avait bénéficié du dispositif légal de réinstallation et avait acheté 36 hectares de maquis corse. Une autre famille arrivée d’Algérie avait acquis, via une société civile, plus de 1 000 hectares. D’autres étaient propriétaires par héritage, de leur mère. Tous étaient devenus propriétaires entre 1959 et 1965, et avaient fait de ces terres corses un domaine agricole et viticole. 

    Ca a tenu,… puis ça s’est gâté. Ces terres furent illégalement occupées par la Coordination rurale, le Syndicat corse de l’agriculture, un agriculteur corse soutenu par des militants nationalistes et le Centre des jeunes agriculteurs de Haute-Corse. Le tout accompagné de tracts avec menaces physiques. Le dossier laisse aussi apparaitre un attentat à l’arme automatique et à la grenade. Plusieurs terrains furent l’objet de dégradations sympathiques, du genre vol et incendie, sur fond d’occupation illicite.

    D’où l’appel à la justice, qui prononça des mesures d’expulsion le 19 avril 1983, le 9 avril 1998 et le 22 novembre 2000.

    Les huissiers  débarquèrent et reçurent en retour un magnifique bras d’honneur,… avec de nouvelles dégradations,… justifiant de nouvelles plaintes… cette fois-ci classées sans suite. Un procès-verbal de gendarmerie de septembre 2007 confirmait l’occupation illégale, mais elle précisait qu’elle avait été brève et que les terrains étaient en friche.corse001-800x600.jpg Ah, le drame de la myopie chez les poulets...

    Et dans la foulée, le préfet de Haute-Corse a refusé le concours de la force publique pour mettre en œuvre les jugements d’expulsion, vu le risque de trouble à l’ordre public. Admirons ce résumé de la CEDH : « L’occupant sans titre étant soutenu par un syndicat à forte connotation politique et ayant manifesté sa volonté de rester sur les lieux, avec la possibilité de mobiliser des proches parents et sympathisants ». Donc, un autre magnifique bras d’honneur au préfet.

    Le préfet refusant d’exécuter une décision de justice, le tribunal administratif de Bastia a condamné l’Etat à indemniser : 989 310 euros en avril 2009.

    Alors que cette procédure était en cours, les propriétaires virés de chez eux ont saisi la Cour européenne des droits de l’homme, en visant l’article 1 du Protocole n° 1, qui protège le  droit de propriété.

    Qu’ont dit les sept juges composant la Cour ? C’est cinglant. Voici in extenso le texte publié par le greffe (RP, Barret, Sirjean et autres c. France, requêtes n° 10271/02, 13829/03  et 28440/05).

    « Depuis les décisions définitives en faveur des requérants, les autorités n’ont rien entrepris pour faire libérer les terres illégalement occupées.

    38372_2022478960_1_450.jpg« Si la Cour est consciente des difficultés rencontrées par les autorités françaises pour renforcer l’État de droit en Corse, elle estime que les arguments avancés par le Gouvernement ne constituent pas un motif légitime, sérieux et suffisant pour justifier la carence des autorités, qui avaient l’obligation de protéger les intérêts patrimoniaux des requérants. La Cour constate que les autorités n’ont pas cherché de solution alternative mais ont simplement refusé d’exécuter les mesures judiciaires.

    « Les autorités se devaient de prendre rapidement toutes les mesures nécessaires pour que les décisions de justice soient respectées et que les requérants retrouvent la pleine jouissance de leurs biens. La Cour estime qu’en l'absence de toute justification d'intérêt général, leur inaction a abouti à une sorte d'expropriation privée dont les occupants illégaux se sont  retrouvés bénéficiaires. En laissant perdurer une telle situation, les autorités ont encouragé certains individus à dégrader en toute impunité les biens des requérants et ont laissé s’installer un climat de crainte et d’insécurité non propice au retour des requérants.

    « Ce type de situation témoigne de l’inefficacité du système d'exécution et comporte le risque d'aboutir à une forme de " justice privée " néfaste à la confiance du public dans le système juridique.

    « Ainsi l’équilibre entre les exigences de l’intérêt général et la protection des intérêts patrimoniaux des requérants a été rompu, en violation de l’article 1 du Protocole n° 1 ».

    Et la Cour a alloué une série de mesures d’indemnisation, qui s’ajoutent à celles prononcées par le juge français.

    Justice privée… Un bâche, que je dédie aux encravatés en costume bleu sombre qui nous serinent sur la nécessaire réponse pénale à toute forme de violence, et j’invite Sarko et Hortefeux à prendre le premier vol easyjet sur la Corse pour nous offrir une récital de Karcher sur le perron du tribunal administratif de Bastia. Ca sera d'un chou…

  • Colonna : Gravissime

    mensonges_salades_verite_Boite.jpgTruandage de l’enquête à une échelle inconnue. Je suis atterré par ce que j’ai lu. Et tout risque de dégringoler avec la plainte pour « entrave à la manifestation de la vérité » déposée aujourd'hui par les avocats d'Yvan Colonna.

    Didier Vinolas. Notez bien le nom de Didier Vinolas, qui était le secrétaire général de la préfecture lorsque Claude Erignac était en fonction. C’était en quelque sorte son bras droit. Depuis l’origine, la thèse de l'accusation est que le préfet Claude Erignac a été abattu le 6 février 1998 par un commando de six hommes. Cinq condamnés lors du premier procès, et Yvan Colonna pour être le sixième. A ces six hommes se serait ajouté Joseph Versini pour l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella en septembre 1997 au cours de laquelle l'arme ayant servi à tuer le préfet a été dérobée. Mais vendredi devant la cour d'assises de Paris, Didier Vinolas est venu expliquer qu’il détenait les noms de deux suspects qui seraient « peut-être » encore en liberté. « Il y a peut-être deux hommes dans la nature qui ont participé à l'assassinat du préfet. Ça m'est insupportable. »

    Un rigolo ce Vinolas, qui attend les derniers jours du procès en appel – vendredi soir – pour faire ces déclarations ? Et non, Didier Vinolas est tout sauf un rigolo. Ce haut fonctionnaire a expliqué devant la cour d’assises, sous la foi du serment, avoir transmis cette information au procureur de la République de Paris, Yves Bot, dès 2002, au président de la cour d'assises Didier Wacogne, ainsi qu'au procureur général Laurent Le Mesle par lettre fin décembre 2008.

    Et cette information n’a pas été versée au dossier. Rien. Rien, en attendant l’incroyable témoignage.corse.jpg

    « Le procureur général de Paris, Laurent Le Mesle, a effectivement reçu un courrier d'une personne disant avoir témoigné lors du premier procès d'Yvan Colonna. Cette personne indiquait que si elle était appelée à témoigner à nouveau, elle apporterait de nouvelles précisions. Il convient de rappeler que la procédure devant la cour d'assises est orale. Le seul devoir du parquet général était de convoquer Didier Vinolas pour qu'il puisse faire à la barre les déclarations qu'il souhaitait. C'est ce qui a été fait", indique le texte. »Un peu court, s’agissant d’un témoignage qui fait s’écrouler toute la thèse de l’accusation. 

    D’après un Didier Vinolas très sûr de lui, les deux personnes font partie de la sphère de Pietrosella, que M. Vinolas a dit qu’il détenait leurs noms d'un informateur fiable. C'est en partant de ce constat, sachant que les deux actions ont été revendiqués par le même groupe, que Didier Vinolas s'est dit "qu'il y a peut-être d'autres personnes ayant participé à l'assassinat" qui n'ont jamais été arrêtées.

    Corse-plage.jpgL’ancien procureur de la République de Paris Yves Bot aurait été en possession de ces informations  dès 2001-2002, a expliqué Me Patrick Maisonneuve. Me Antoine Sollacaro, autre défenseur du berger de Cargèse, souligne : « Ce qui est grave, c'est que des policiers, des magistrats ont mis sous le coude des éléments à décharge pour Yvan Colonna. Cela s'appelle une entrave à la manifestation de la vérité. Par conséquent, nous n'avons pas d'autres choix que de déposer plainte contre X, car une telle entrave constitue un délit. À son sens, le président de la cour d'assises d'appel spéciale, Didier Wacogne, ne peut plus siéger, car il aurait reçu une lettre du témoin qu'il affirme ne pas avoir ouverte et dont il n'a pas fait état à la défense. » Pour Me Pascal Garbarini, autre artisan de la défense, le nouvel élément intervenu vendredi « devrait conduire à la remise en liberté d'Yvan Colonna détenu depuis juillet 2003 ».

    Samedi dans la soirée, c’était une conférence de presse Me Gilles Simeoni. « On a fabriqué un faux coupable ! Nous avons aujourd'hui lavillage_de_zilia.jpg preuve que des éléments de nature à démontrer l'innocence d'Yvan Colonna ont été délibérément écartés. De façon délibérée, organisée, réfléchie, de hauts magistrats et de grands policiers antiterroristes ont décidé de taire, parfois de détruire des éléments à décharge pouvant conduire à démontrer l'innocence d'Yvan Colonna. Sans crainte d'être démentis, nous l'affirmons solennellement. Le témoignage de Didier Vinolas est d'une gravité extrême, d'autant qu'il était l'ami et le collaborateur direct de Claude Erignac. Tout cela révèle que, dès 1999, une vérité d'Etat a été décrétée et que plus personne n'a voulu s'en écarter. Dans ce dossier, il y a déjà eu la révélation au procès Castela et Andriuzzi d'un faux rapport d'enquête antidaté ; puis la disparition d'écoutes téléphoniques judiciaires dont a témoigné Roger Marion, le chef de la DNAT (Division nationale antiterroriste), sous serment devant le Sénat, lors de l'enquête parlementaire – ces écoutes d'Yvan Colonna le mettaient hors de cause. Il y a eu la deuxième voiture sur les lieux du crime dont on n'a jamais identifié les occupants. Puis la fameuse empreinte relevée sur le ruban adhésif à la gendarmerie de Pietrosella qui n'appartient à aucun membre du commando et encore moins à M. Colonna ! Le légiste dit que le tireur était aussi grand que le préfet et aujourd'hui, on apprend que d'autres éléments capitaux ont été étouffés ! C’est scandaleux. »

    N’accusons pas sans preuve. Mais cette fois-ci, l’accusée est la Justice. Nous attendons sa défense. Avec une certaine impatience. Bien sûr, cette exigence de vérité ne crée aucune sympathie pour ceux qui ont décidé de tuer un homme de dos. Et j’ose à peine imaginer les pensées de Mme Erignac.

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  • Racisme en Corse

    images.jpgRacisme en Corse. Trois jeunes maghrébins blessés par arme. Un fait qu’on ne peut détacher d’un contexte.

    Le quartier des Jardins de l'empereur se situe sur les hauteurs d’Ajaccio. Un quartier populaire. Hier, vendredi vers 22h 30, des jeunes d'origine maghrébine y étaient installés à discuter. Une soirée de fin de semaine. D’autres, qui sortaient de la mosquée, les rejoignent. Soudain, des coups de feux. Trois jeunes, âgés de 16 à 19 ans, sont blessés par des tirs de fusil de chasse, des tirs qui visaient pour tuer. L’un des trois jeunes a été sévèrement blessé à la tête, les deux autres à l'épaule et au thorax, a indiqué le procureur de la République d'Ajaccio, José Thorel, qui privilégiait l'hypothèse d'un acte raciste. Les trois victimes ont été conduites à l'hôpital d'Ajaccio.

    Un couple a été rapidement interpellé et placé en garde à vue. « L'homme a été désigné par les témoins comme étant un des tireurs. Plusieurs fusils ont été saisis à leur domicile situé dans le même quartier », a précisé le procureur. Deux autres tireurs sont recherchés. L’enquête commence. On peut prévoir que la garde-à-vue sera prolongée, compte tenu des investigations en cours, et nous en saurons davantage à partir de lundi, quand un juge d’instruction sera saisi.

    Alors nous verrons bien. Mais déjà il y a à dire.

    La question posée est que ces coups de feux ne peuvent être isolées d’une réalité qui est un racisme antimaghrébin plus fort en Corse qu’ailleurs. Je ne retiens pas les élucubrations affirmant que la quasi-moitié des agressions racistes auraient lieu en Corse, car ces chiffres n’ont jamais été confirmés par la Justice. Restons dans les approches simples. La Corse , avec un peu moins de 300 000 habitants, représente environ 0,5% de la population française. Il ne devrait donc y avoir que 0,5% des agressions racistes qui soient commises en Corse. C’est tout le problème.9OTNSCA8P8PSMCALR4228CA9QSVQQCAMF34MRCA6PESIMCAKU7J31CA3VLBA4CAY307B1CAF29O1UCAWC2WU5CAWB5IINCATT7AWXCA66T439CAR2G8OBCAGH20LQCA7HT2U3CAIR0Z71CAI5KIQQ.jpg

    Du réel ? Le verdict de Cour d’assises de Paris, le 17 octobre 2006. Douze membres d’un groupe armé Clandestini corsi qui avait revendiqué sept attentats contre la communauté maghrébine de Corse en 2004. Tous ont été reconnus coupables, avec des peines de six mois à sept ans de prison ferme. Un courrier dénonçait, orthographe, d’origine « le comportement d'une certaine minaurité magrhébine qui instaure une forme de délinquance urbaine qui se fait de plus en plus présente sur l'île. »

    A l’occasion des dernières municipales, le FLNC-Union des combattants avait dans un communiqué conseillé « aux Français étrangers aux intérêts vitaux de notre terre de ne pas se rendre aux urnes ». Bel état d’esprit.

    Mais, ça se complique. Sur son site, un sipporter du maire de Bastia stigmatise ces propos, qualifiant le FLNC-UC de groupuscule mafieux, mais pour conclure : « Nous encourageons vivement tous les citoyens français inscrits sur les listes électorale en Corse, de race corse pure ou pas (d'ailleurs comment peut-on le savoir?) de courir aller voter pour le candidat républicain de leur commune. » Race corse ?

    EEG1NCAIQLNMICAWI23WXCAKBWEPNCAHEOMJ6CASFC8JJCAA7NXNZCAYV2HOFCA21NIT5CA2CX3XBCA5VWAFMCAVESUINCA1E44AKCAXLL2S9CACZJ706CAV6KT1ICA11N1ZQCA78OROOCA2I3J26.jpgDans Le Monde d’hier, Gaston Pietri, qui est prêtre du diocèse d'Ajaccio, s’interrogeait sur le fait de savoir s’il y a « une spécificité du racisme corse ». Conclusion : « Il nous faut convenir que, les manipulations statistiques aidant, la spécificité du racisme corse est pour une large part une fabrication médiatique. » Bien vu l’abbé ! Et de fournir une explication à ce racisme ripoliné en « difficulté des Corses dans leur rapport avec l'étranger ». Lisons : « La difficulté des Corses dans leur rapport avec l'étranger ne peut être dissociée de la difficulté de leur rapport avec l'Etat français. Car la rencontre avec la culture des autres suppose que soit envisagée sainement la reconnaissance de cette culture corse tantôt niée par les pouvoirs publics, tantôt méconnue par les Corses eux-mêmes, tantôt exaltée comme si elle pouvait être la suprême justification de tous les comportements, y compris les plus inacceptables. » Le racisme par la culture, quelle sauce…

    Voilà. Pas d’amalgame entre les coups de feux visant des jeunes, le supporter d'un candidat républicain qui parle sur son site de race corse, et l’abbé d’Ajaccio pour qui le racisme trouve d’abord sa source dans l’attitude d’un Etat français qui ne reconnait pas la culture corse. Pas de généralisation, ni de généralisation, mais une sale ambiance.

    Que les faits dramatiques d’hier soir amènent à en parler, ce serait déjà une bonne chose.

    B78E5CAZG1THRCAKCQFK4CA134NNXCAWL9I4WCAHWTV6ZCAFDIEDECAQ0XXGBCAVVAN8NCAD1DKC5CAJQ0WUICAQ1S95ICARBZA1XCAJ7FBB5CAJSO8TZCAEBULNMCAA423KJCA8OC1LNCAPN5G9J.jpg
  • L'apéro pour l'échafaud

    772533361.jpgL’apéro pour l’échafaud. Un bon apéro, sympa, entre amis et c’est une tête qui tombe. Quelle vie…

     

    A l’origine, on trouve un must de la vulgarité. Des mecs pleins aux as qui se regroupent, par un communautarisme typique de notre décrépitude sociale, dans les plus beaux paysages de la plus belle région de France, j’ai nommé la Corse. Le principe est simple : j’ai du fric, j’achète. La Corse du Sud, c’est le nec plus ultra de cette vieillesse désœuvrée. People Saint Trop’, bobo Luberon, branchouille Marrakech, … Tout ceci, c’est pour les autres. L’intelligencia moderne cool de droite s’installe en Corse de Sud. La nature, l’air pur, le soleil, la mer : « tu vois, maman, je m’approche du bonheur »

     

    Hélas, chères et chers amis, ces endroits magnifiques deviennent la vitrine de la vulgarité la plus accomplie. Aucun goût, aucune originalité, aucune culture : aussi creux que le compte est plein. Des comportements de gougnafiers alors qu’il est un devoir de laisser à ces terres la beauté que leur a léguée le temps. Parmi d’autres : il aura fallu au mois de juillet un arrêt du Conseil d’Etat pour stopper les travaux d’un des esprits éclairés de nos temps, le recyclé du mitterrandisme Séguéla. Un arrêt du Conseil d’Etat pour lui dire que l’argent ne permet pas de tout faire, et que la nature est un patrimoine qui se respecte ; que ce patrimoine, vulnérable quand il s’agit du littoral, appartient surtout aux  générations futures

     

    C’est dire qu’au départ, cette histoire, celle de ces réserves d’indiens bien blancs, n’est pas drôle. Pas du tout. Elle le devient avec le coup de l’apéro

     

    Tout le monde a compris ce qui s’est passé. Un groupe de militants autonomistes s’est introduit dans le jardin de la maison de Christian Clavier, philosophe français du début du XXI° siècle, pour y boire un coup, et au passage dénoncer cette destruction du paysage qui pue l’ISF. Christian Clavier va pleurer auprès de son copain Nicolas que c’est parce qu’il est son copain que des méchants sont venus poser leurs fesses corses sur ses transats. Nicolas, qui a toujours fantasmé sur SOS Racisme,  s’écrie aussitôt : « touche pas à mon pote ». Et le coordonateur des forces de sécurité en Corse dégage

     

    Alors quatre choses.

     

    Nicolas, dès qu’il reprend trois points dans les sondages, est reparti comme un zébulon. Comme il n’y a plus d’opposition, l’embellie va durer quelques temps. Alors préparons nous à d’autres joyeuses perles.

     

    « Sarkozy a fait redémarrer la police ». Faux, et archi faux. La police est sur les dents, épuisée par la course au chiffre et l’autoritarisme. Elle voit se distendre les relations entre elle et la population. Le leurre des chiffres ne cache pas le malaise de ce grand service public. Parlez-en à vos copains flics.

     

    La guerre des apéros a commencé. Les militants autonomistes peuvent ranger les treillis et les armes. Un Ricard et des cahouètes suffisent désormais. Pour avoir la tête d’un haut flic, il suffit de boire un coup. Dès demain, mise en place à la préfecture d’un cellule de crise « anti-apéros » avec un plan surveillance des terrasses.

     

    Si le responsable des forces de sécurité a sauté, c’est que c’est grave, nous sommes d’accord. J’attends donc des poursuites judiciaires rigoureuses, avec communiqué martial du genre : « tout sera fait pour démanteler le gang des buveurs d’apéros ». La loi doit urgemment s’adapter à cette nouvelle menace en créant une infraction d’ « apéro avec intention de nuire et en bande organisée ». Et je vois déjà une faille qu’il faut réparer d’urgence : inscrire les adeptes de l’apéro dans le fichier EDVIGE, en tant que personnes potentiellement dangereuses. Il en va de la sûreté nationale.

  • Corse : la loi bafouée

    Ce samedi, 18 organisations, partis et syndicats nationalistes, avaient appelé à une manifestation dans les rues d’Ajaccio, pour dénoncer la « répression » qui selon eux, se serait exercée en Corse ces dernières semaines, avec une soixantaine d'interpellations assorties de prises d'ADN et seulement quelques mises en examen. Les revendications, énoncées par Jean-Philippe Antolini, porte-parole du Comité anti-répression, étaient le rapprochement puis libération des prisonniers, l’arrêt des prises d'ADN sur les personnes interpellées et la contestation de la condamnation d'Yvan Colonna.

    Dans l’après-midi, les manifestants, plusieurs centaines, décidèrent d’occuper le siège de l’Assemblée de Corse, ce alors, ce qui ne manque pas de sel, que des élus membres de cette assemblée faisaient partie du groupe. Dans le langage idoine, le leader Pierre-Félix Benedetti a déclaré que « l'occupation du siège de la collectivité territoriale était un message adressé à la classe politique insulaire ». Ben voyons !

     

    Grande prévision du côté de la préfecture et de la présidence de l’Assemblée : les locaux n’étaient pas gardés. Il a suffi de forcer le portail d'entrée et une porte au rez-de-chaussée. De la broutille ! Et bien sûr, pas question de faire intervenir les forces de l’ordre pour mettre fin à cette occupation illégale d’un symbole de l’Etat républicain. M. Ange Santini, président UMP du conseil exécutif de Corse, a expliqué qu’il n’avait pas fait appel aux forces de l'ordre pour déloger les manifestants « afin d'éviter que la situation dégénère ». Il ne faut pas contrarier les éléments… Sagesse n’est pas folie !

    Sagesse non récompensée ! A 21h 30, le feu a pris dans le bureau de M. Ange Santini, amenant cette fois-ci les manifestants à quitter les lieux. Mais ont alors éclaté des échauffourées entre les nationalistes et les forces de l’ordre venues sur place. Histoire de lutter contre « la répression ».

    Des faits qui le lendemain n’étaient toujours pas condamnés les groupes d’élus régionaux nationalistes d'Unione Naziunale et de Corsica nazione indipendente (CNI). Toujours la méfiance face aux forces « de la répression ». On n’est jamais trop méfiant.

    Aujourd’hui, ce sera le déroulé des discours indignés, et les grands appels à la fermeté, laquelle n’exclut pas le dialogue… Et ce sera reparti pour un tour.

    Des poursuites sont engagées pour l’incendie volontaire. C’est bien le minimum. Mais sont tout aussi infractionnels l’occupation illicite du bâtiment et les détériorations commises pour entrer par effraction. L’enquête ne devrait pas être trop compliquée, car les caméras de télévision étaient présentes.

    Ca va durer combien de temps, ce cinéma ? Imaginons ce que seraient les réactions si le dixième s’était produit en Seine-Saint-Denis…

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