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Liberté - Page 2

  • Un fils d’immigré algérien, musulman, devient maire de Paris

    Les merveilles de l’intégration républicaine… Fils d’immigrés algériens, son père embauché comme conducteur de bus, un logement social pour la famille, le système scolaire public qui fait gravir à tous les frères et sœurs leurs grades dans la société, lui qui devient avocat, militant reconnu du grand parti de gauche, ministre des communautés, puis investi par son parti comme candidat à la mairie de capitale contre le favori de l’ancien premier ministre,… et le mec gagne avec 10 points d’avance sur son adversaire de droite. Il veut développer les programmes sociaux, à commencer par le logement et les transports, mais cet avocat, qui a fait ses classes dans la défense des droits fondamentaux – en côtoyant quelques authentiques barbus – , s’affirme pro-business et pro-européen.

    Magnifique,… et tellement British !

    Alors… Elles sont passées où les litanies débiles et ignorantes sur le drame du communautarisme britannique ! La société qui se morcelle ! La fin du creuset… Les communautés qui ne deviennent que religieuses et s’ignorent ! Les muslims qui vivent avec leurs lois, et recomposent un monde qui est le leur ! Et si le pouvoir les intéresse, c’est pour imposer la charia… Tout ce miasme dont ils bombardent nos oreilles en toute impunité…

    Que tous ces cafards islamophobes aillent se faire voir… Que tous ces pseudo-républicains trouvent vite une cure pour revivifier leur pensée racornie à la merdouille congénitale de Ferry. Si Sadiq Khan était français, on lui demanderait de se tenir peinard, en lui faisant miroiter un truc fantastique, genre permanent de SOS Racisme à Saint-Ouen… Et s’il pouvait boire une bière et se taper un sandwich au jambon, là, ça serait vraiment notre pote…

    Bon, je vous quitte. Je dois aller faire la bise à la Reine, et après je pars en bringue avec Sadiq, son épouse Saadiya, une consœur, et leurs ami-e-s, je sens que ça va péter du feu de Dieu !

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  • Attentats : La déclaration de Charles Michel

    Quelques heures après les attentats de Bruxelles, cette remarquable déclaration du Premier ministre, Charles Michel,

    « Mesdames et messieurs, ce que nous redoutions s’est réalisé : notre pays et nos concitoyens ont été frappés par des attentats aveugles, violents et lâches

    « Dans ce moment de tragédie, dans ce moment noir pour notre pays, plus que jamais je veux appeler chacun à faire preuve de calme, mais aussi de solidarité. Nous sommes confrontés à une épreuve, à une épreuve difficile, et je veux dire à ceux qui ont choisi de se porter en ennemis barbares que nous allons rester unis et rassemblés.

    « Nous sommes déterminés à tout mettre en œuvre pour sauvegarder nos libertés fondamentales. La liberté a été frappée dans son cœur ce matin à Bruxelles. Comme elle l’avait été à Paris, Londres et Madrid. »

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  • Loi sur le renseignement : Un système absolutiste, intolérant et arrogant, par Evgeny Morozov

    Ce gouvernement du contrôle social et du reptilisme moral, qui se gave du mot « citoyenneté », nous met sous surveillance via des algorithmes. L’essayiste Evgeny Morozov, dans cette tribune publiée par Le Monde (qui se réveille) montre le degré de perdition de notre régime : « Défendre la démocratie contre ses ennemis est une tâche noble ; mais de temps à autre, il est nécessaire de faire une pause et d’examiner en détail ce que nous défendons ».

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    La situation est d’une ironie mordante : après l’adoption à une écrasante majorité par l’Assemblée nationale du projet de loi controversé sur le renseignement et la surveillance, le Congrès américain a rechigné à renouveler le célèbre Patriot Act qui, peu après le 11-Septembre, a délié les mains de la National Security Agency (NSA). Et même si la posture critique de l’Amérique à l’égard de la surveillance de masse sera probablement de courte durée, il est choquant de voir la France avancer en sens inverse.

    L’expérience américaine est éclairante pour comprendre le projet de loi française et notamment ses dispositions les plus controversées. Parmi ces dernières, de nombreux débats ont concerné les « boîtes noires » qui doivent être installées chez les principales entreprises de télécommunications, afin de repérer les comportements suspects d’internautes avec l’aide d’algorithmes et d’analyse de métadonnées (les données hors du contenu d’un message : son destinataire, son heure d’envoi…). Après tout, si des algorithmes sont capables de nous recommander des films à regarder, pourquoi ne pourraient-ils pas nous conseiller des suspects sur lesquels enquêter ?

    Contrairement à la France, où les révélations Snowden n’ont pas lancé un débat public, l’Amérique en a fait une overdose. Qu’en a-t-elle appris ? Eh bien, aujourd’hui, personne ne peut nier que les Etats-Unis dirigent le système de surveillance le plus sophistiqué technologiquement et le plus légalement discutable au monde. Même les défenseurs de la loi française sur le renseignement, Manuel Valls en tête, le reconnaissent, ne serait-ce que pour affirmer que leur projet est très différent.

    Mais le système de surveillance américain a une troisième caractéristique, souvent oubliée : son inutilité. Le fait que les attentats de Boston ont pu avoir lieu alors que les agences de renseignement ont accès à quasiment toutes les données qu’elles souhaitent obtenir prouve la valeur presque nulle de ces données pour la lutte antiterroriste. Si la NSA avait eu, grâce à ce programme, un succès remarquable justifiant l’extension du Patriot Act, le grand public en aurait entendu parler.

    La situation en France est donc à la limite du comique. Le législateur prétend qu’il va mettre en place des mesures beaucoup moins extrêmes que celles des Etats-Unis. Dont acte – mais la moitié de zéro reste zéro ! Adoucir une méthode qui a prouvé son inutilité n’a aucun sens.

    Où est la preuve que ces « boîtes noires » seraient utiles ? De nombreux experts ont démontré l’inverse : étant donné le faible nombre de terroristes dont le comportement peut être étudié, toute tentative d’extrapolation est vouée à générer un grand nombre de « faux positifs ». Oui, les algorithmes d’Amazon sont plutôt doués pour vous recommander des livres qui vous plairont, mais uniquement parce qu’ils se fondent sur des millions d’objets achetés par le passé.

    Pour l’observateur extérieur, la course populiste, le manque quasi total de consultations d’experts (qu’il s’agisse de technologie ou de protection des données) et la quantité de démagogie pure qui entourent ce projet de loi tendent à montrer que son but n’est pas de combattre le terrorisme. Ses dispositions les plus controversées n’aideront pas ce combat. Mais elles doteront les services de renseignement de pouvoirs gigantesques et amoindriront les capacités des autorités de protection de la vie privée. Elles propageront également le mythe selon lequel les algorithmes opèrent une sorte de magie, créant un faux sentiment de sécurité et arrosant d’argent public les entreprises qui fabriquent les dispositifs de surveillance.

    Ces mesures, explique le gouvernement, sont justifiées parce qu’elles sont écrites et ne seront utilisées que par des personnes armées des meilleures intentions – il semble que les services de renseignement français n’embauchent que des anges. Par ailleurs, on nous explique également qu’il est fort simple de séparer les gentils des méchants, mais le fait que la loi fasse référence à des termes vagues comme « les intérêts majeurs de la politique étrangère » crée une ambiguïté que les services de renseignement pourront exploiter à loisir.

    Ce sont exactement les mêmes explications qui ont conduit au Patriot Act et à ses abus. Et la seule raison pour laquelle nous les connaissons aujourd’hui est parce qu’Edward Snowden a risqué sa vie pour nous en informer. Mais si ce projet de loi est adopté, un lanceur d’alerte pourra être considéré comme nuisant à la fois à la politique étrangère de la France et comme aidant des groupes terroristes. Pire, leur action pourra être tuée dans l’œuf. Le système est tellement certain de sa propre perfection et de son incorruptibilité qu’il veut pouvoir se passer de toute forme de dissidence.

     

    La France est un pays où la tradition républicaine est si forte – une tradition qui repose sur une connaissance profonde de la manière dont le pouvoir, s’il n’est pas contrôlé, corrompt tout ce qu’il touche – qu’il est à peine concevable qu’elle opte pour un système si absolutiste, intolérant et arrogant. C’est un triste témoignage de ce qu’est devenue l’idée même de la démocratie. Défendre la démocratie contre ses ennemis est une tâche noble ; mais de temps à autre, il est nécessaire de faire une pause et d’examiner en détail ce que nous défendons.

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  • L’horreur d’une société normalisée

    C’est le beau ouïk de Pâques, le printemps montre son nez, les premières fleurs sont un bonheur, et je souhaite à toutes et à tous de belles journées de détente et de joie, en famille et entre amis. Cool trois jours, ça fait du bien.

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    Alors, promis juré, je ne vais pas vous prendre la tête aujourd’hui, promis juré,… mais quand même… Je craque. Contrôle social et hygiénisme : ça devient insupportable, et il faut s’en occuper.

    Ce premier trimestre finit avec l’image d’une France qui se décolle de ce qu’elle était, et qui bascule. On peut aussi garder une vision optimiste, et sur le blog, c’est tendance : la France reste, portée et nourrie par sa belle société, alors qu’un amoncellement de lascars encravatés – Droite et Gauche – veut la faire basculer dans le contrôle social, et va se rétamer.

    Nos plus précieuses libertés – celle de l’intime, de la pensée, des idées, des interrogations, du combat pour les révolutions, du goût suave de la subversion contre la violence de l’ordre établi – sont remises en cause par la loi sur le renseignement intérieur. Attention, je ne rigole pas : le PS fait ce que l’UMP de Sarko-Buisson n’osait pas. Une horreur inefficace dans la lutte contre la criminalité, comme nous l’expliquent nos amis des Etats-Unis, qui ont payé pour savoir. Cette loi, c’est la cérémonie des adieux avec cette Gauche de gouvernement. Et je vois – la larme à l’œil – le spectacle consternant de tous nos braves compatriotes qui acceptent de livrer le cœur de leur vie privée au ministre de l’Intérieur, sur le mode : « moi, je n’ai rien à me reprocher, alors qu’on épie ma vie privée ne me gêne pas ». Oh, les amis, rebranchez votre cerveau, c’est urgent ! 

    Dans le même temps, il y a aussi tout cet insupportable hygiénisme sanitaire et social. Rien que pour la journée d’hier, et tout à coup de taxes et de sanctions pénales :

    - interdiction des kits mains libres (demain, on va interdire au conducteur de parler aux autres personnes dans la voiture);

    - pénalisation des sites dits pro-ana (alors que l’anorexie est une maladie dont il faut parler);

    - pour les cigarettes, les paquets neutres (au passage, prévoir un joli recours en droit des marques…et bien penser à provisionner).

    - bien dans la même lignée (parmi tant d’autres), l’autre naze qui vole à 1% et qui veut nous condamner à voter pour lui !

    Dans la tradition, la loi fixe des limites, laisse chacun s'organiser en fonction de ces limites, et prévoit la sanction des abus. C'est un régime de liberté, à l'opposé de ce qu'on nous prépare: une loi qui nous dit ce qu'il faut faire. C'est la société du contrôle et de l’asservissement : votre destin est d’entrer dans la case qui vous est réservée par ceux qui savent. Dans un pays de liberté, tu fais ce que tu veux, sachant qu’il n’y pas de liberté sans responsabilité, et qui si tu fais le con, tu vas dérouiller. Ça, c’est la belle liberté, notre terre nourricière. Ces lois de comportement sont celles d'un régime qui nous réduit à être des acteurs économiques, vivant pour dépenser ce que la puissance économique nous alloue. La loi se permet de nous dire ce qu'il faut faire et penser. Elle punit quiconque transgresse le code social,

    Et puis après, qu'on se calme sur les transgressions, les excès: il font partie de l'équilibre. Tu déconnes, tu dérapes, tu exagères ? Oui, comme moi, hier ou demain. Cette liberté parle à l’être humain, qui n’est pas une machine contrôlée par expert et cotée en bourse, mais une personne fragile, avec un destin de quelques décennies sur terre, et qui pense... Nous sommes aussi forts que nous sommes faibles, nous avons autant de qualité que de défauts, les erreurs, les fautes et les excès font partie de notre vie. Comme la folie qui la régule, parle de nous. 

    Notre devoir le plus essentiel est d’organiser la riposte à ces faiseurs de système qui, en fait, sont obnubilés, car ils ont peur des peuples, des gens, de vous et moi. Ils mendient nos suffrages, mais rien ne leur fait plus peur que ce peuple, ce peuple qu’ils veulent piéger dans le jeu moral de l’élection. Comme des mauvais bergers, leur seul projet est de nous faire filer droit, en nous culpabilisant et nous cadenassant à coup de lois pénales. Ils se font élire car ils s'estiment supérieurs, et veulent nous mater. Ils croient même pouvoir s'autoriser à penser pour nous, définissant ce qui est bien et ce qui est mal, et voulant l'imposer à coup de taxes et de lois pénales. Insupportable.

    La transgression est inhérente à la vie comme elle l’est au droit. Ne nous laissons pas faire.  

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