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Liberté - Page 3

  • L’horreur d’une société normalisée

    C’est le beau ouïk de Pâques, le printemps montre son nez, les premières fleurs sont un bonheur, et je souhaite à toutes et à tous de belles journées de détente et de joie, en famille et entre amis. Cool trois jours, ça fait du bien.

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    Alors, promis juré, je ne vais pas vous prendre la tête aujourd’hui, promis juré,… mais quand même… Je craque. Contrôle social et hygiénisme : ça devient insupportable, et il faut s’en occuper.

    Ce premier trimestre finit avec l’image d’une France qui se décolle de ce qu’elle était, et qui bascule. On peut aussi garder une vision optimiste, et sur le blog, c’est tendance : la France reste, portée et nourrie par sa belle société, alors qu’un amoncellement de lascars encravatés – Droite et Gauche – veut la faire basculer dans le contrôle social, et va se rétamer.

    Nos plus précieuses libertés – celle de l’intime, de la pensée, des idées, des interrogations, du combat pour les révolutions, du goût suave de la subversion contre la violence de l’ordre établi – sont remises en cause par la loi sur le renseignement intérieur. Attention, je ne rigole pas : le PS fait ce que l’UMP de Sarko-Buisson n’osait pas. Une horreur inefficace dans la lutte contre la criminalité, comme nous l’expliquent nos amis des Etats-Unis, qui ont payé pour savoir. Cette loi, c’est la cérémonie des adieux avec cette Gauche de gouvernement. Et je vois – la larme à l’œil – le spectacle consternant de tous nos braves compatriotes qui acceptent de livrer le cœur de leur vie privée au ministre de l’Intérieur, sur le mode : « moi, je n’ai rien à me reprocher, alors qu’on épie ma vie privée ne me gêne pas ». Oh, les amis, rebranchez votre cerveau, c’est urgent ! 

    Dans le même temps, il y a aussi tout cet insupportable hygiénisme sanitaire et social. Rien que pour la journée d’hier, et tout à coup de taxes et de sanctions pénales :

    - interdiction des kits mains libres (demain, on va interdire au conducteur de parler aux autres personnes dans la voiture);

    - pénalisation des sites dits pro-ana (alors que l’anorexie est une maladie dont il faut parler);

    - pour les cigarettes, les paquets neutres (au passage, prévoir un joli recours en droit des marques…et bien penser à provisionner).

    - bien dans la même lignée (parmi tant d’autres), l’autre naze qui vole à 1% et qui veut nous condamner à voter pour lui !

    Dans la tradition, la loi fixe des limites, laisse chacun s'organiser en fonction de ces limites, et prévoit la sanction des abus. C'est un régime de liberté, à l'opposé de ce qu'on nous prépare: une loi qui nous dit ce qu'il faut faire. C'est la société du contrôle et de l’asservissement : votre destin est d’entrer dans la case qui vous est réservée par ceux qui savent. Dans un pays de liberté, tu fais ce que tu veux, sachant qu’il n’y pas de liberté sans responsabilité, et qui si tu fais le con, tu vas dérouiller. Ça, c’est la belle liberté, notre terre nourricière. Ces lois de comportement sont celles d'un régime qui nous réduit à être des acteurs économiques, vivant pour dépenser ce que la puissance économique nous alloue. La loi se permet de nous dire ce qu'il faut faire et penser. Elle punit quiconque transgresse le code social,

    Et puis après, qu'on se calme sur les transgressions, les excès: il font partie de l'équilibre. Tu déconnes, tu dérapes, tu exagères ? Oui, comme moi, hier ou demain. Cette liberté parle à l’être humain, qui n’est pas une machine contrôlée par expert et cotée en bourse, mais une personne fragile, avec un destin de quelques décennies sur terre, et qui pense... Nous sommes aussi forts que nous sommes faibles, nous avons autant de qualité que de défauts, les erreurs, les fautes et les excès font partie de notre vie. Comme la folie qui la régule, parle de nous. 

    Notre devoir le plus essentiel est d’organiser la riposte à ces faiseurs de système qui, en fait, sont obnubilés, car ils ont peur des peuples, des gens, de vous et moi. Ils mendient nos suffrages, mais rien ne leur fait plus peur que ce peuple, ce peuple qu’ils veulent piéger dans le jeu moral de l’élection. Comme des mauvais bergers, leur seul projet est de nous faire filer droit, en nous culpabilisant et nous cadenassant à coup de lois pénales. Ils se font élire car ils s'estiment supérieurs, et veulent nous mater. Ils croient même pouvoir s'autoriser à penser pour nous, définissant ce qui est bien et ce qui est mal, et voulant l'imposer à coup de taxes et de lois pénales. Insupportable.

    La transgression est inhérente à la vie comme elle l’est au droit. Ne nous laissons pas faire.  

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  • Foulard islamique porté par des enseignantes : Le bon air de la liberté en Allemagne

    En douce France, les forces obscurantistes sociales-libérales laïcardes maintiennent la loi du 14 mars 2004 pourtant jugée contraire au droit international par le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU et s’apprêtent à voter une loi interdisant le port des signes religieux dans les établissements qui accueillent des enfants de moins de six ans, au nom de la protection de l’enfance. Et oui, voilà où nous en sommes : chez les socialistes modernes, le péril pour les enfants n’est pas l’injustice sociale mais la religion !... Le doux crétin de Le Roux, nabot en chef du président casqué, a reporté le vote de la loi, pour ne pas prendre le risque d’aggraver la déroute annoncée des départementales, mais il affirme que cette loi ne pose aucun problème juridique. Ah oui ?

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    Vendredi, la Cour constitutionnelle allemande a invalidé une loi interdisant aux enseignantes de porter le voile islamique en classe, affirmant qu’elle était inconstitutionnelle et violait la liberté de croyance garantie dans la Constitution.

    Les juges avaient été saisis du cas de deux enseignantes musulmanes de nationalité allemande de Rhénanie du Nord-Westphalie. L'une d'elle avait reçu un avertissement de son établissement car elle s'était présentée à ses cours en portant « un béret rose avec des bords en tricot » couvrant entièrement sa chevelure, après avoir accepté de ne plus porter le voile.

    La seconde enseignante, professeur de turc dans plusieurs établissements scolaires, avait été licenciée pour refus de retirer son voile.

    Pour la Cour, le port du hijab dans les écoles publiques ne peut être interdit que s’il existe un «danger concret» de remise en cause de la neutralité d’Etat ou s’il perturbe le bon fonctionnement d’un établissement. Ce qui n’est jamais le cas.

    Donc : pas de remise en cause par principe d’une liberté fondamentale, mais des limitations fixées en fonction des difficultés objectives rencontrées. C’est la base des libertés fondamentales, et je salue cet arrêt de la Cour de Karlsruhe qui ridiculise la Cour de cassation, le Conseil d’Etat et la folasse (pour la religion) Cour européenne des droits de l’homme.

    - Eh, tu as oublié de parler du Conseil constitutionnel ?

    - Ah oui… Le monsieur météo des libertés ? MDR…

    En 1945, la France a inventé le mythe qu’elle n’avait jamais été une dictature pourrie, niant la réalité de l’Etat, et approuvant la politique raciste et servile de Pétain pendant cinq ans. Le procès Pétain, tout en gloriole, s’est fait sans un mot sur les lois liberticides, concernant les Juifs, les étrangers et les résistants. Pas un mot, et je vous précise que j’ai récupéré chez mes amis les bouquinistes du quai Saint-Antoine les minutes du procès Pétain, alors camembert. On a ensuite inventé une jolie image France éternelle et éternellement amie des libertés. De la foutaise, dont on récupère de dramatiques aveuglements nationaux, et un Conseil constitutionnel croupion.

    En Allemagne, ce sont les tripes du pays, manipulées par les forces économiques, qui ont fait le lit du fascisme. Aussi, chez nos meilleurs amis, on sait que le pouvoir politique part facilement en vrille, et qu’il faut des juges pour le recadrer. Dont acte. Et merci.

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  • Le Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, ouvre un examen préliminaire de la situation en Palestine

    Pas obligé d’être d'accord avec tout ce qu'écrit me Fatou Bensouda, la procureur de la Cour pénale internationale. L'essentiel est l'ouverture du dossier, une grande victoire pour le peuple palestinien, qui s'est adressé il y a six ans à la justice, et qui aujourd’hui voit sa demande accueillie.  Le droit international est la langage commun de l'humanité, et "la loi doit être la même pour tous". Qui redoute la justice? 

     

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    *   *   *

    Communiqué de presse du 16 janvier 2015

     

    Aujourd'hui, vendredi 16 janvier 2015, le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Mme Fatou Bensouda, a ouvert un examen préliminaire de la situation en Palestine. 

    La décision du Procureur fait suite à l'adhésion du Gouvernement palestinien au Statut de Rome le 2 janvier 2015 et à la déclaration de ce même gouvernement, déposée le 1er janvier 2015 au titre de l'article 12‑3 du Statut de Rome ‑ le traité fondateur de la Cour ‑ par laquelle il acceptait la compétence de la CPI s'agissant de crimes présumés commis « dans les territoires palestiniens occupés, notamment à Jérusalem-Est, depuis le 13 juin 2014 ».

    Lorsque son Bureau reçoit un renvoi ou une déclaration valide déposée en vertu de l'article 12-3 du Statut, le Procureur, conformément à la norme 25-1-c du Règlement du Bureau du Procureur, a pour politique et pratique de procéder à un examen préliminaire de la situation en question. De ce fait, le Procureur a ouvert un examen préliminaire de la situation en Palestine. Le Bureau effectuera son analyse en toute indépendance et en toute impartialité.

    Un examen préliminaire n'est pas une enquête mais un processus consistant à examiner les informations disponibles afin de déterminer en toute connaissance de cause, s'il existe une base raisonnable pour initier une enquête au regard des critères posés par le Statut de Rome. Le Procureur analysera en particulier les questions liées à la compétence, à la recevabilité et aux intérêts de la justice lorsqu'elle prendra sa décision, ainsi qu'il est prévu à l'article 53-1 du Statut de Rome. Le Bureau tient dûment compte de l'ensemble des observations et des points de vue qui lui sont transmis au cours de l'examen préliminaire, guidé exclusivement par les exigences du Statut de Rome pour exercer son mandat en toute indépendance et en toute impartialité.

    Le Statut de Rome n'impose aucun délai pour rendre une décision relative à un examen préliminaire. Le Bureau pourra décider, en fonction des faits et des circonstances propres à chaque situation, de continuer à recueillir des informations afin de rendre une décision dûment motivée en fait et en droit, d'ouvrir une enquête sous réserve, si nécessaire, d'une autorisation judiciaire, ou de ne pas en ouvrir.

    Contexte et analyse juridique

    Le Bureau avait déjà conduit un examen préliminaire de la situation en Palestine lorsqu'il avait reçu, le 22 janvier 2009, une déclaration déposée par l'Autorité nationale palestinienne invoquant l'article 12‑3. Il avait alors soigneusement examiné tous les arguments juridiques présentés et conclu, en avril 2012, au terme d'une analyse approfondie et de consultations publiques, que le statut de la Palestine à l'Organisation des Nations Unies (ONU) en tant qu'« entité observatrice » était déterminant, puisque l'adhésion au Statut de Rome se fait par l'intermédiaire du Secrétaire général de l'ONU, qui agit en tant que dépositaire de ce traité. Le statut d'« entité observatrice » dont jouissait alors l'Autorité palestinienne à l'ONU, contrairement à celui d'« État non membre », l'empêchait de signer ou de ratifier le Statut de Rome. Étant donné que la Palestine ne pouvait alors pas devenir partie à ce traité, le Bureau avait conclu qu'elle ne pouvait pas non plus déposer de déclaration en vertu de l'article 12‑3 qui lui aurait permis d'entrer dans son champ d'application, comme elle en avait l'intention. 

    Le 29 novembre 2012, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Résolution 67/19, par laquelle elle a octroyé à la Palestine le statut d'« État observateur non membre » à l'ONU avec une majorité de 138 votes pour, neuf votes contre et 41 abstentions. Le Bureau a examiné les retombées juridiques de ce changement de statut sur sa mission et a estimé, en s'appuyant sur l'analyse approfondie qu'il avait réalisée ainsi que sur les consultations qu'il avait engagées sur ces sujets, que bien que ce changement ne puisse valider rétroactivement la déclaration déposée en 2009 qui ne remplissait pas les conditions requises et qui avait été jugée non recevable, la Palestine serait en mesure d'accepter la compétence de la Cour à partir du 29 novembre 2012, en vertu des articles 12 et 125 du Statut de Rome. Le Statut est en effet ouvert à l'adhésion de « tous les États », le Secrétaire général agissant en tant que dépositaire des instruments d'adhésion.

    Le 2 janvier 2015, la Palestine a déposé son instrument d'adhésion au Statut de Rome auprès du Secrétaire général de l'ONU. Comme indiqué dans le Précis de la pratique du Secrétaire général en tant que dépositaire de traités multilatéraux, « le Secrétaire général, en s'acquittant de ses fonctions de dépositaire d'une convention contenant la clause "tous les États", suivra la pratique de l'Assemblée générale dans l'application de cette clause […] ». La pratique de l'Assemblée générale « se déduit d'indications par lesquelles l'Assemblée manifeste sans ambiguïté qu'elle considère une entité particulière comme un État ». Conformément à cette pratique et notamment à l'adoption, le 6 janvier 2015, de la Résolution 67/19 par l'Assemblée, le Secrétaire général, agissant en tant que dépositaire, a accepté l'adhésion de la Palestine au Statut de Rome, qui est ainsi devenue le 123e État partie à la CPI, et a été accueillie à ce titre par le Président de l'Assemblée des États parties au Statut de Rome.

    De même, le 7 janvier 2015, le Greffier de la CPI a indiqué au Président Abbas qu'il acceptait la déclaration déposée en vertu de l'article 12‑3 par le Gouvernement de la Palestine le 1er janvier 2015 et que celle-ci avait été transmise au Procureur pour qu'il puisse l'examiner à son tour.

    Le Bureau estime que, dans la mesure où le statut d'État observateur à l'ONU a été octroyé à la Palestine par l'Assemblée générale, il convient de considérer la Palestine comme un « État » aux fins de son adhésion au Statut de Rome (conformément à la formule « tous les États »). En outre, comme l'a déclaré publiquement le Bureau par le passé, le terme « État » au sens de l'article 12‑3 du Statut de Rome doit être interprété de la même manière que le terme « État » au sens de l'article 12‑1. Par conséquent, un État qui est en mesure de devenir partie au Statut de Rome est également en mesure de déposer une déclaration valide au titre de l'article 12‑3.

    Pour le Bureau, la question du statut de la Palestine à l'ONU a toujours été au centre de son analyse de la capacité de la Palestine à devenir partie au Statut de Rome, étant donné le rôle joué par le Secrétaire général de l'ONU qui agit en tant que dépositaire de ce traité. La résolution 67/19 de l'Assemblée générale est par conséquent déterminante s'agissant de la capacité de la Palestine à adhérer au Statut de Rome au titre de l'article 125 et, en outre, de sa capacité à déposer une déclaration en vertu de l'article 12-3.

     

    Déclaration de la Palestine en vertu de l'article 12‑3 du Statut de Rome (en anglais)| 1er janvier 2015.

     

    Document de politique générale relatif aux examens préliminaires| novembre 2013.

  • Meilleurs vœux pour 2015

    ous mes meilleurs vœux pour 2015, avec santé, bonheur et beauté de la vie

     L’évadé

     Il a dévalé la colline

    Ses pas faisaient rouler les pierres
    Là-haut entre les quatre murs
    La sirène chantait sans joie

    Il respirait l’odeur des arbres
    Avec son corps comme une forge
    La lumière l’accompagnait
    Et lui faisait danser son ombre

    Pourvu qu’ils me laissent le temps
    Il sautait à travers les herbes
    Il a cueilli deux feuilles jaunes
    Gorgées de sève et de soleil

    Les canons d’acier bleu crachaient
    De courtes flammes de feu sec
    Pourvu qu’ils me laissent le temps
    Il est arrivé près de l’eau

    Il y a plongé son visage
    Il riait de joie il a bu
    Pourvu qu’ils me laissent le temps
    Il s’est relevé pour sauter

    Pourvu qu’ils me laissent le temps
    Une abeille de cuivre chaud
    L’a foudroyé sur l’autre rive
    Le sang et l’eau se sont mêlés

    Il avait eu le temps de voir
    Le temps de boire à ce ruisseau
    Le temps de porter à sa bouche
    Deux feuilles gorgées de soleil

    Le temps d’atteindre l’autre rive
    Le temps de rire aux assassins
    Le temps de courir vers la femme

    Il avait eu le temps de vivre.

    Boris Vian, Chansons et Poèmes

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  • Pour l’abrogation de l’infraction d’évasion

    C’est l’histoire d’un jeune détenu, un lillois âgé de 24 ans, condamné il y a sept mois de cela à de la prison ferme. Son séjour a commencé à la prison de Sequedin, mais compte tenu de son bon comportement, il a été transféré au centre de semi-liberté de Haubourdin. Il restait détenu, mais dans un cadre moins strict que la prison, et l’administration lui avait confié un job au service du repas. Mais, très isolé pendant la journée, il a pris un coup de cafard, et a escaladé un muret. Le voilà en évasion… Cinq jours plus tard il s’est rendu à un poste de police municipale, ce 30 octobre, expliquant que pendant cette cavale, il était resté sur la tombe de sa mère : « J’ai dormi sur sa tombe ». Il ne s’est pas remis du suicide de sa maman, qui s’était pendue en 2009. Nouveau passage au tribunal, trois mois ferme et retour en prison.

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    Je ne peux que déplorer un tel jugement,… effet d’une loi liberticide. Le comportement de ce jeune homme est contraire à la loi, certes, mais il honore l’esprit humain, et dans un pays de liberté, de tels faits ne devraient pas être sanctionnés. Le jeune homme n’a rien détruit, ni n’a blessé personne : il s’est contenté de faire le mur, pour aller se recueillir sur le tombe de sa mère. Or, ce qu’a sacralisé la loi, c’est l’obligation d’intérioriser la condamnation pénale et donc de l’accepter. La loi demande à un citoyen de renoncer à sa liberté ! Une abdication qui est un non-sens… C’est à l’Etat de se donner les moyens de la peine ; ce n’est pas au détenu de s’obliger à purger.

    La France était restée dans le bon sens jusqu’à la malheureuse loi Perben du 9 mars 2004. Une loi qui a été une grande étape dans la logique sécuritaire, pour ne pas laisser le sujet au FN… On voit le résultat… Désormais, le douteux article 434-27 vous oblige à vous surveiller vous-même, en punissant l’évasion simple, c’est-à-dire commise sans violence, effraction ou corruption. Donc, vous êtes en prison, et la porte est ouverte : vous devez rester dans la cour, et ne pas mettre un pied dehors ! Plus besoin de surveillance : dans ce brave pays il faut savoir renoncer à la liberté. Brrr… La loi remplace la liberté par l’obéissance. Oh la tronche de la nouvelle devise : « Obéissance, égalité, fraternité ».

    Une loi d’ailleurs parfaitement idiote : imaginez-vous un détenu ayant une occasion de se faire la belle, sans s’en prendre à rien ni à personne, et qui refuserait au prétexte du scabreux 434-27…

    Comme souvent, nos amis belges savent nous rappeler ce qu’est la bonne civilisation. Le droit pénal belge ne sanctionne pas pénalement l’évasion simple. Ce qui revient à dire, que par fidélité au droit naturel, l’évasion est un droit, dès lors qu’il n’est commis aucun délit – destruction, violence, vol – pour atteindre ce but si noble qu’est la liberté.

    Il faut donc souhaiter que nous revenions à notre tradition de liberté, en déjugeant les lois de contrôle social. La Cour de cassation se fera un plaisir de retrouver son excellente jurisprudence (5 mai 1998, n° 97-85271) : « Attendu qu’aucun acte de violence n’est établi à la charge du prévenu, lequel n’a fait que profiter, après être sorti du fourgon cellulaire, d’un moment d’inattention du seul policier chargé de sa garde, qui avait lâché ses menottes ; que l’intéressé a réussi à s’enfuir en passant par la grille d’enceinte du tribunal, alors ouverte, sans commettre aucun acte d’effraction ; qu’il en résulte que son évasion est le résultat d’une simple ruse, exclusive du délit. »

    Cette loi me parait tellement contraire à ce substantiel principe de liberté qu’une petite QPC serait à coup sûr bienvenue...

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