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Loi - Page 5

  • Gatignon : Grève de la faim bidon et gavage médiatique

    le-farceur-affiche_170841_39655.jpgMais depuis quand un maire fait-il grève de la faim pour masquer qu’il ne sait pas gérer sa commune ? Et une grève de la faim ? 4 jours… Parlons d’un jeûne, et respectons les personnes qui, elles, et pour de justes causes, ont mis en péril leur vie. Ce Gatignon est une imposture,… et les pouvoirs publics s’agenouillent… Je rêve. Dans quel pays sommes-nous ?   

    Vu de loin, de nuit et avec du brouillard, on peut y croire trois minutes : une commune pauvre n’arrive pas financer son budget, la population souffre, toutes les portes sont fermées, alors le maire fait grève de la faim.

    Pour bien comprendre, précisions deux choses. 

    Depuis la loi communale de 1884, les communes sont juridiquement indépendantes, de telle sorte qu’elles peuvent valoir leurs droits par l’action des élus pour l’application de la loi, et s’il le faut, en saisissant les tribunaux.

    Du point de vue économique, les communes ne sont que fictivement indépendantes, car une part importante de leurs recettes viennent de versements de l’Etat, à travers une série de dotations, et de fait, l'Etat est la première ressource du budget.

    L’attribution des fonds ne se joue pas à la Bourse de Paris, mais en fonction de critères légaux et selon des procédures. Le Trésor ne peut pas verser un centime sans autorisation de la loi, et il revient aux communes de présenter des dossiers complets et dans les délais. Ce n’est pas très rigolo, mais pour les élus, c’est la base de l’action municipale. La loi ne cesse d’adapter les critères, en encouragent les communes qui savent se monter vertueuses dans leur action sociale et économique. Bref, on est en France, et pas aux Honduras.

    Aussi, j’avais plus que des doutes en voyant le gentil Gatignon se coller dans sa tente pour ses quatre jours de jeûne sous l’œil des caméras, en expliquant : « Comme il me manque 4 millions pour boucler le budget, la Caisse des dépôts et consignations vient de me signifier  qu'elle ne peut m’accorder de prêts ! Comment une ville comme la mienne peut-elle mener la rénovation urbaine nécessaire ? » Je m’attendais à voir des dossiers, des démarches, des lettres de refus des ministères et des recours en référé qui avaient été rejetés. Problème : il n’y avait rien, à part la bonne poire de Schmoll, qui avait mis son masque de farceur.

    La réponse est venu des deux ministres qui ont compétence, et ce n’est pas triste.le-farceur-affiche_69660_18022.jpg

    François Lamy ministre de la Ville, explique au Monde que Gatignon aurait dû s’adresser à lui : « Il n'a jamais demandé de rendez-vous. Or, on n'a pas attendu sa grève de la faim pour se pencher sur la situation de Sevran et voir comment on pouvait l'aider ». Le 26 octobre, Lamy s’était adressé à Gatignon pour lui demander de prendre rendez-vous. Mais Gatignon n’est pas venu… car le ministre « malgré des dossiers mal ficelés », avait fait débloquer l’argent, soit 4,7 millions par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), versé avant la fin de l’année ! 

    Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l’Etat a précisé que la DSU versée à Sevran atteindra ainsi plus de 9 millions d'euros, ajoutant : « Rapporté à sa population, ce montant place la ville de Sevran au 3ème rang des communes de plus de 50.000 habitants bénéficiaires de cette redistribution ».  Les dotations pour les villes pauvres – dotation de solidarité urbaine (DSU) et dotation de développement urbain – sont en augmentation, et la somme versée à Sevran augmente de plus de 2 millions d'euros en un an.

    Donc, Schmoll se fiche de nous au dernier stade.

    Mais je comprends que l’opinion s’égare quand je fais la liste des enfoirés qui, peinés et quasi mortifiés, sont venus apporter leur soutien à cet illusionniste : Manuel Valls, Yasmina Benguigui, Bruno Leroux, Jean-Vincent Placé, Robert Hue, Yannick Jadot, Elisabeth Guigou (qui avait loué un jean chez Dior pour le temps de la visite), Harlem Désir et Claude Bartolone.

    Tous les jours, les mêmes nous saoulent avec leurs salamalecs visqueux sur la République. Mais, savent-ils seulement ce qu’est l’Etat ? 

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  • Se sortir la prison de la tête

    Le Point publie une excellente interview d’un des grands connaisseurs de la condition pénitentiaire, Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL).prison, Loi, société, Liberté

    Jean-Marie ne chôme pas : il a déjà visité les trois quarts des 190 établissements pénitentiaires. Il reçoit de plus nombre de requêtes individuelles, et  se démène pour multiplier les contacts. Bref, quand il l’ouvre sur la prison, on l’écoute.

    D’abord, quelques chiffres :

    - sont incarcérées des personnes âgées de 13 à 85 ans ;

    - 18 % sont de nationalité étrangère, issus de 80 nationalités différentes ;

    - les deux tiers de la population détenue sont âgés de 21 à 39 ans ;

    - seules 3,5 % des personnes détenues sont des femmes ;

    - la durée moyenne de détention est de 9,6 mois ;

    - 13,3 % des détenus ont passé moins d'un mois en détention (Qu’on me dise à quoi ça sert, à part à détruire) ;

    - seulement 27,7 % des détenus peuvent travailler.

    Vous trouverez ci-dessous cette interview, et je ne cite ici que  cet extrait.prison, Loi, société, Liberté

    Le Point. Christiane Taubira estime que les prisons sont "vides de sens" ? Quel est le "sens" assigné à cette peine privative de liberté ? Et où la prison a-t-elle échoué ?

    Jean-Marie. La loi assigne à la prison trois missions : sanctionner, réinsérer et prévenir la récidive. Dire que "la prison est vide de sens", c'est constater que les deux dernières missions et notamment la réinsertion ne sont pas assurées aujourd'hui. Du coup, la prison rend à notre société des individus qui ressemblent trait pour trait à ceux qui sont entrés en prison, voire plus dangereux encore. En mettant dehors des gens qui "ont la haine", la prison ne rend pas service à notre société. Elle n'assure pas la sécurité des Français, ce qui va à l'encontre de sa raison d'être. Toutefois, et parce qu'elle est le réceptacle de toutes nos peurs, la prison a néanmoins un sens : c'est d'être dissuasive. Elle est l'expression de ce que le châtiment est là, derrière ses murs. En somme, la prison n'est pas vide de sens, elle n'a pas le sens qu'elle doit avoir.

    Merci Le Point, merci Jean-Marie, tout est parfaitement résumé.

    C’est la perversion sarkozienne, qui fait un large consensus, de la justice pour faire peur. Or, le vrai c’est pile l’inverse. Quand je vois un Palais de justice, je me dis : « Voilà le lieu du respect des droits et de liberté, une garantie de la lutte contre les injustices ». Quand je passe devant une prison, je pense à la Déclaration de 1789 selon laquelle la société ne doit admettre que les peines « strictement nécessaires ».  prison, Loi, société, Liberté

    Tout le problème est que les deux groupuscules que sont l’UMP et le PS (A eux deux, 160 000 militants,… une goutte d’eau [tiède] qui prétend représenter 62 millions de personnes, quelle blague !) font consensus autour de ces données semi-sauvages.

    Comme ils ne savent plus faire de la politique, c’est-à-dire exercer l’autorité publique dans le sens de l’intérêt général, ils cultivent le culte de l’obéissance : « Fais pas ceci, fais pas ça… Si tu n’obéis pas, tu seras puni ». On crée, pièce après pièce, le fantasme d’une société pure, nette, impeccable, avec, passé le trait, le hors-jeu et la relégation, car celui qui n’obéit pas veut en fait détruire le groupe. Avec ces chauffards de la pensée, la prison devient obligatoire, comme une sorte de préservatif social.

    C’est cet anéantissement de la pensée qui conduit à adorer la prison, entendue comme le lieu qui rassure en isolant les méchants, avec un Etat occultant qui supprime tout ce qu’il y a de mauvais.

    Mais, chère amie, cher ami, le monde en jolies cases bien alignées, les bonnes et les mauvaises, c’est tout faux.

    Tôt ou tard, pour toi ou tes proches, ce sera un pied dans la faute, c’est le sort le plus commun. Et là, tu seras content de trouver la vraie loi, celle qui n’est pas là pour t’isoler, mais pour te permettre de revenir au plus vite dans la société. 

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  • Quelques questions sur le mariage gay

    Je pose des questions à haute voix sur le mariage gay, et franchement je n’ai pas toutes les réponses. Loin de là. J’espère seulement que mes interrogations ne sont pas trop idiotes, et je crois qu'il faudrait répondre franchement avant le vote de la loi.1Affiche-Cheries-cheris--Les-maries-1992-par-Pierre-et-Gilles.jpg

    1/ Nous vivons avec une sacralisation du mariage, à la fois acte d’amour et institution sociale : un homme et une femme qui s’aiment et qui vont avoir des enfants. C'est tout l'esprit du Code civil. Très bien. Sauf que la durée de vie des mariages est en chute libre, que bien des couples non mariés sont plus solides que des couples mariés, et que le couple marié peut vivre d'amour sans avoir d'enfants. Vive la mariage donc, sauf que la famille mariée souffre aussi de graves maladies, sur le thème destructeur des violences familiales, diverses et variées. Donc, comment la loi peut-elle fermer la porte à un couple homo, amoureux et conquérant, alors qu’elle accueille si généreusement un couple hétéro, violent, alcoolisé, et accro aux émissions cultuelles de TF1 ?

    2/ Donc, banco pour le mariage gay. Mais au nom de quel principe ? L’égalité, me dit-on. Oui, bien sûr. Mais alors, que répondre à ce couple, charmant et cultivé, fait d’un frère et d’une sœur qui s’adorent et vivent ensemble depuis des années, et qui veulent se marier ?  Comment fixer la limite, comment dire non si le principe est l’égalité ?

    3/ Un consensus semble se dégager sur l’adoption. Actuellement, si un couple homo veut adopter, il faut que ce soit l’un des deux qui fasse la demande, car le couple homo, à l’inverse du couple hétéro, ne peut adopter. Donc, les homos pourront se marier et adopter. L’adoption plénière fait entrer de plein droit dans la famille, créant dans la famille élargie aux parents des époux, la vocation successorale et l’obligation alimentaire. J’espère que tout le monde est bien d’accord.

    4/ En cas d’adoption par le couple homo, quel est le nom patronymique de l’enfant adopté. Les deux parents ? Oki. Dans quel ordre ?34ioehh.jpg

    5/ Un couple hétéro qui ne peut procréer se voit reconnaître par la loi le recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP). Le principe de la loi étant l’égalité, pourquoi refuserait-on l’accès à l’AMP, soit le don de gamètes, à un couple de lesbiennes ?

    6/ Est-il crédible d’interdire en France ce qui peut être fait si facilement en Belgique ou en Espagne pour peu qu’on ait assez de sous ?

    7/ Si un couple de lesbiennes peut avoir recours à l’AMP, et que le principe est l’égalité, pourquoi refuserait-on toute forme de filiation au couple homo masculin, en interdisant tout recours à la gestion pour autrui à partir des gamètes de l’un des parents ? Alors que les pays pratiquant la GPA sont à deux heures d’avion ?

    8/ Au nom du principe d’égalité, peut-on reconnaître des droits aussi fondamentaux aux coupes gays mariés et les refuser aux couples homos pacsés ?

    9/ Les choix sont-ils faits et les textes sont-ils rédigés avec la précision nécessaire pour résoudre ces questions ? 

    10/ D'autres pays l'ont fait, et la France doit-elle, peut-elle, rester décalée ?

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    Alors ? 

  • Roms à Marseille : Le non-droit en pleine lumière

    Adieu la République, adieu l’Etat de droit, et vive le non-droit ! Les faits très graves survenus à Marseille avec cette expulsion de Roms par les riverains, et la réaction minimaliste des pouvoirs publics, sont des dérèglements inquiétants. Bien sûr, je vais me faire traiter de béni-oui-oui de l’angélisme car je rappelle ces violations évidentes du droit, et pourtant c'est simple : la loi doit être la même pour tous.

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    La question est simple : qui a peur de connaître la vérité ?

    Je ne parle pas de la culpabilité des auteurs, car seule la justice a compétence pour le faire. Je parle à peine des faits, car en l’absence d’enquête policière, nous en savons peu. Mais nous en savons assez pour dire que les habitants d’un quartier de se sont organisés à une trentaine pour mettre en fuite un groupe de Roms – une quarantaine d’adultes et une quinzaine d'enfants – du terrain vague où ils s’étaient installés quatre jours plus tôt.   

    Les habitants expliquent avoir constaté des vols, s’être adressés à la police, à la mairie et au régisseur, pour s’entendre dire qu’il faudrait des mois pour parvenir à l’expulsion et donc ils sont passés à l’action eux-mêmes. Je rappelle qu’il existe des procédures rapides, sous le contrôle du juge, surtout quand on connaît le nom du propriétaire, ce qui était le cas car les Roms s’étaient installés sur le terrain d’un chantier.

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    Les services de l'Etat minimisent

    Je lis sur le site de TF1, cette information dite de source policière : «  Quand la police arrive, il n'y a pas d'affrontements, seulement des invectives des jeunes du quartier et les Roms demandent spontanément à quitter les lieux, ce qui se passe sans incident jusqu'à 19H50, et la police, qui juge la situation normale et repart ».

    Ce n’est pas ce que disent les élus.

    La sénatrice-maire du secteur PS, Samia Ghali,  a confirmé le scénario de l’expulsion violente : « Quand j'ai appelé la police du quartier, elle m'a répondu que désormais, elle ne pouvait pas intervenir sans autorisation du préfet. Du coup, c'est quand la situation menaçait de dégénérer parce que les riverains voulaient faire partir les Roms que la police est venue, sans doute appelée par les Roms eux-mêmes. C'est la police qui a fait partir les Roms car ils étaient en situation dangereuse ». Samia Ghali, qui s’était montrée favorable à l’intervention de l’armée dans les quartiers, reconnaît le coup de force : « Je ne le condamne pas, je ne le cautionne pas, mais je le comprends, quand les pouvoirs publics n'interviennent plus ».

    Le sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, retient lui aussi la violence : « On ne peut pas laisser se constituer des milices et laisser les gens régler les problèmes d'ordre public, même si on peut comprendre que l'exaspération est totale ».

    D’ailleurs, je ne vois aucun communiqué descriptif de la préfecture ou du parquet. Le ministère de l’Intérieur se contente de propos très généraux sur l’action de la police, et le ministère de la Justice n’a pas entendu parler de l’affaire...

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    Quelles qualifications pénales pour ces faits ?

    Imputés au Roms, il y aurait eu des vols.

    Pour ce qui est des riverains, de nombreuses infractions semblent avoir été commises : violations de domicile, dégradations mobilières, menaces, voies de fait, et incendie volontaire en bande organisée, ce qui est crime et relève des assises. Les photos montrent l’importance de l’incendie et tout le matériel abandonné établit que le départ s’est fait dans la précipitation. Y a-t-il eu usage des armes ou menace d’usage des armes ? Ce n’est pas invraisemblable, mais seule une enquête pourra le déterminer.

    L’enquête permettra aussi de savoir ce qui a été fait en quatre jours du côté des pouvoirs publics, et ce qu’il en est de l’action des pouvoirs publics dans cette cité.

    Les pratiques du gouvernement vis-à-vis des Roms ont été dénoncées comme de graves violations du droit par les quatre rapporteurs spéciaux de l’ONU compétents sur le sujet : les minorités, les migrants, le logement et le racisme. Il y a quinze jours, Navi Pillay, Haute Commissaire aux Droits de l’Homme a solennellement réitéré ces critiques devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.

    Aujourd’hui, s’ajoute la démonstration flagrante du non-droit : les habitants se font justice, et l’Etat ferme les yeux. Il ferme les yeux sur ses renoncements, sur la vanité de ses insupportables discours creux sur la République, et sur les violences faites aux populations les plus vulnérables.

    Ainsi, quinze enfants ont été chassés de leur logis, lieu de leur intimité et de la protection de leur vie. Parce qu’ils n’auraient pas été directement l’objet de violences physiques (alors que le simple fait d’impressionner un enfant est une violence), la justice choisit de ne pas ouvrir d’enquête, s’interdisant de le vérifier, et t’entendre ce que ces enfants pourraient avoir à dire. Système d'Etat pitoyable qui a peur de ce que peuvent lui dire des enfants...

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    Deux points s’imposent, aussi évidents que la place de la loi dans la République.

    Le parquet doit revoir sa décision, et ouvrir une enquête sur l’ensemble des faits, avec tous les moyens nécessaires pour entendre les victimes et les témoins. 

    Si le parquet d’abstient, les associations de solidarité doivent réunir les informations et les contacts pour déposer plaintes elles-mêmes.

    Il ne s’agit pas de cartonner encore des populations marginalisées des cités, mais d’agir résolument contre les zones de non-droit. Par des actes, et pas par des discours.  

    Hors de la République, point de salut

  • La France devra renoncer à ses lois anti-étranger et anti-Islam

    Ce WE était présenté comme celui de tous les dangers, et comme il ne s’est rien passé, tout le monde veut tourner la page. Pas moi, car l’attitude du « gouvernement » montre que les difficultés sont devant nous. Flag_of_France_svg.png

    Le grand flop du fantasme sécuritaire

    La donnée de base est claire : la communauté musulmane en France, dans son extrême diversité, se contrefiche de Charlie et des cinglés US qui veulent torpiller la campagne d’Obama. Bien sûr, les musulmans voient ce qui se passe, et souhaiteraient qu’il en soit autrement. Mais ils retiendraient volontiers la formule de Jacques Chirac : « Ca m’en touche une,… sans faire bouger l’autre ».

    La communauté musulmane est la plus tranquille qui soit, et cela reste un mystère de savoir ce qu’on lui reproche. De toute l’histoire de la République, on ne connait pas une seule manifestation violente de sa part ! Rien à voir avec les guerres de religion du XVI° siècle qui pendant dix ans, ensanglantèrent la France, avec plus de 100 000 morts. Rien à voir avec les Français de souche, qui sous Pétain, ont envoyé 80 000 Juifs dans les camps de la mort nazis.

    Restons rationnels et factuelsalgerie-drapeau.gif

    Les faits ? Voici une petite liste des affaires qui ont enflammé la France à propos de l’Islam ces deux dernières années, dans ce pays qui compte entre 5 à 7 millions de musulmans :  

    -          une demande d’annulation de mariage pour cause de non-virginité ;

    -          un restaurant Quick servant du hallal à Roubaix, à la satisfaction des clients ;

    -       une supérette Franprix ne vendant que du Hallal et pas d'alcool, à Evry ;

    -          300 femmes portant le niqab, outre celles venues des pays adorés que sont le Qatar et l’Arabie Saoudite, qui font vivre les joailliers de Paris ;

    -          une femme portant la burqa ;

    -          deux rues occupées pour des prières une fois par semaine, une à Marseille et l’autre à Paris ;

    -          des aménagements d’horaires de piscine, réservés à toutes les femmes, dans une poignée de municipalités courageuses ;

    -       une femme cadre administratif dans une créche portant un foulard ; france,afrique,loi,colonisation

    -          trois moniteurs de colonie de vacances pratiquant le ramadan, et sanctionnés pour cela pendant 48 heures ;

    Rien d’autre. Donc, des évènements insignifiants au regard de ce qu’est un grand pays.

    Et pourtant… ça canarde sans relâche

    Cette semaine, cela a été une véritable hystérie gouvernementale. Deux cents amis qui font une prière collective aux Champs-Elysées, et c’était la République en danger !

    Alors que rien ne bouge dans la communauté, a été décidée une interdiction générale de manifester sur tout le territoire, genre état d’urgence ! Dans tous les centres-villes, d’impensables regroupements de forces de police, avec au final pour nos amis les flicmen, des crampes au motif tournage de pouces intensif…

    Et une presse chaud-bouillante, prête à transformer le moindre éternuement en tsunami… Parfois, ils m'inquiètent.

    Consternant.

    Alors ? DrapeauTchad0.jpg

    Je critiquerais volontiers le « gouvernement », mais il faudrait être sûr qu’existe un gouvernement, et ça, ce n’est pas évident. En six mois, ces amateurs, rescapés du rejet du sarkozysme, sont liquéfiés. A ce stade et si vite, c’est du jamais vu.

    Hollande a eu de fortes paroles : « Je rejette ce qui divise et qui oppose ». Niveau : dissertation de 4°. Petit rappel qui a son intérêt : Hollande était venu témoigner en faveur de Charlie Hebdo lors du procès des caricatures.

    Valls ? Maire d’Evry, il regrettait devant une caméra le trop grand nombre d’immigrés sur le marché, et demandait qu’on lui ajoute des white et des blancos. Quel dommage de ne pas l’avoir collé au tribunal correctionnel, on en aurait été débarrassé.

    En réalité, deux approches se conjuguent

    Il y a bien sûr une énorme part de manip’. Après les Roms, se faire les salafistes « purs et durs », c’est du miel pour les sondages, et surtout pour faire oublier les vrais problèmes : récession économique, augmentation du chômage, accord européen de Sarko, saignée de 30 milliards d’euros, qui va finir de tuer l’économie...photo-drapeau-maroc.gif

    Mais, plus grave, il y a une part de sincérité, c’est-à-dire que ces ignorants étaient persuadés que les muslims allaient descendre en masse dans la rue et demander la mort des dessinateurs de Charlie. Quand je vois le nombre de cars de police qui sont restés stationnés tout le samedi vers la place des Terreaux, à Lyon, je me dis que le ministère de l’Intérieur ne sait rien du pays réel.

    Le ministère ne peut faire état d’aucune antériorité. Aucune. Pour les caricatures du Jyllands-Posten, la seule réponse avait été une action en justice... Demander l’application de la loi, est-ce interdit quand on insulte Dieu, juste pour se marrer ? Est-ce violent de saisir la justice, contre une ligne éditoriale de gros beauf raciste ?

    Le ministère de l’Intérieur est totalement décalé.

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    Les musulmans français ne sont pas mieux servis par leurs représentants officiels quand on entend l’inénarrable Boubakeur Dalil saluer, comme une découverte, la « maturité » de la communauté. Mais, Dalil, cette maturité est acquise depuis des décennies,… notamment quand tu faisais le beau dans la Mosquée de Paris, alors que les musulmans n’avaient pour lieux de culte que les hangars des grandes industries ou les salles communes des foyers SONACOTRA.

    Cette maturité s’est affichée de manière encore plus forte quand la communauté a répondu par l’indifférence à tes déclarations, seul arabe et musulman à avoir reconnu comme juste l’agression d’Israël sur la population de Gaza, en décembre 2008/Janvier 2009, agression constitutive de crimes de guerre avec 1 600 morts, 5 000 blessés graves, des destructions en masse et toutes les mosquées de Gaza frappées par des armes lourdes.

    La réalité est que les autorités françaises sont à la dérive

    Devant le spectacle d’une telle errance gouvernementale, un regard rétrospectif est nécessaire.

    Tout est parti de la loi sur le foulard dans les écoles. Rien de rationnel ne justifiait cette loi. drapeau-Mali.png

    La jurisprudence du Conseil d’Etat était établie, et correspondait à ce qui se pratique dans tous les pays civilisés du monde : la liberté religieuse relève de la conscience, et les manifestations extérieures ne peuvent être sanctionnées que si elles causent un trouble à l’ordre public, en l’occurrence pour les établissements scolaires, le prosélytisme et le refus d’assiduité.

    L’origine de cette loi, qui a tout fait basculer ? Soyons précis. Sarko, ministre de l’Intérieur, s’investissait sur la question musulmane pour ne pas être que le premier flic de France, et Juppé a balancé cette affaire, gratuitement, pour lui nuire. Aucune demande ne venait des écoles. C’était juste une manœuvre interne à l’UMP.

    La Gauche a fait consensus, car sa ligne est SOS Racisme, qui refuse les différences et a pour projet de blanchir les arabes. Houellebecq a vomi son intolérance dans un roman, et tout est devenu possible, car de label intellectuel. Etre anti-Islam était désormais de bon ton.

    Tout a suivi, à coup de lois répressives, la France se crispant sur une identité fantasmée, et cartonnant tout ce qui n’était pas blanc de chez blanc. Des restrictions insensées sur l’accès au statut de réfugié, la nationalité, le travail des étrangers, l’accès aux études supérieures, le refus de vote aux élections locales, les sanctions collectives contre les Roms... Je limite la liste que tout le monde connait. Guéant court après Le Pen, et Valls court après Guéant. La France prend une sale couleur bleu marine. senegal.jpg

    L’ONU condamne désormais régulièrement la France pour des atteintes aux droits fondamentaux, mais la xénophobie d’Etat, pour qui les étrangers et l’Islam sont des problèmes sans autre solution que l'exclusion, s’en moque.   

    Oui, mais la vie réelle…

    Tout le problème est que les faits sont têtus, et que la vie réelle est à des années lumière de la vie politique. Ce fatras de lois ne se trouve qu’en France, comme cette conception hallue de la laïcité,... ce qui devrait éveiller l’attention, mais ils n’entendent rien. Ils foncent. Dans le vide.

    La France qui innove ne se trouve pas dans le XVI° arrondissement de Paris mais dans le 9-3, et pas dans le VI° arrondissement de Lyon mais à Vaulx-en-Velin. De partout, dans les familles, les quartiers, les entreprises, les universités, les réussites sont là, porteuses d’avenir. Aucune loi ne peut rien faire contre cela, car se sont les forces de la vie.

    La France refuse de voir son histoire en face

    Essayons de rester logiques. Toutes les lois et ces pratiques répressives n'ont pas pour objet de régler de vrais problèmes, car la liste faite plus haut montre que cela ne le justifie pas.CAMEROON_drapeau.gif

    Il faut donc revenir à cette évidence : la France refuse d’admettre ce qu’elle doit à l’Afrique. La France de 1789 était esclavagiste et colonialiste. Ce sont les marques de son histoire moderne. Par la violence des armes, la puissance économique et la force de lois injustes, elle s’est imposée sur des terres qui n’étaient pas à elle. Ce grand quart Nord-Ouest de l’Afrique a été pour la France la source de sa richesse et de son influence politique. Quand il ne suffisait pas de contrôler ces trente pays, la France a appelé leurs ressortissants pour venir sur le territoire métropolitain, jouer un rôle irremplaçable pendant les deux guerres mondiales ou pour assurer le salariat des entreprises, pendant les Trente Glorieuses.

    Aujourd'hui, la France dit : « Je ne vous connais pas, restez chez vous ». Mais c’est juste impossible, et je n’ouvre pas ici la question des culpabilités. En deux siècles de cette exploitation, ce sont créés des liens que rien ne peut dissoudre. Allez à Saint-Louis, à la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, vous y verrez un immense monument. C’est celui dédié aux Sénégalais de cette ville, morts pour la France entre 1914 et 1918. Allez au Chemin des Dames, et vous trouvez leurs frères, morts en 1917. Pitié, arrêtez de nous parler de deuxième génération... nous sommes à la dixième !  

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    En voulant cacher ces signes religieux extérieurs qui ne gênent personne, en interdisant l’idée même d’une manifestation musulmane, en fantasmant les violences de la plus paisible des communautés, l’Etat montre qu’il refuse de voir la société telle qu’elle est.  

    Cette politique insensée se blinde par des lois toujours plus dures, toujours plus restrictives, et qui, dans le monde, font de la  France un contre-modèle.

    La France se prive d’alliances qui seraient les plus fructueuses, comme être le pays de toutes les cultures et de toutes les religions, avec des coopérations qui marcheraient car elles conforteraient le sort des peuples. Un seul exemple de ce qu'il ne faut plus faire ? L’accord économique passé entre l’Union européenne et le Maroc, qui fait du Maroc la terre d’élection pour les grands groupes agro-alimentaires français et espagnols, au détriment des agriculteurs des deux rives. La domination est une impasse.

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    Notre histoire commune s’est faite dans la violence et l’injustice. Il reste des ardoises à payer, mais il faut savoir tourner la page. Nous avons tout à faire avec les populations du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, qui nous sont si proches.

    Le résultat de cette répression légiférée est nul, car l’analyse de départ est fausse. Il faut donc combattre ces lois, méthodiquement, avec les arguments de droit et le respect des faits. La France retrouvera alors la fidélité à son histoire. Nous n’avons rien à redouter du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, mais tout à en espérer, dans un grand mouvement, simple et efficace : la civilisation du droit.

     

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