Avertir le modérateur

algérie - Page 3

  • Merveilleuse musique arabo-andalouse

    Parmi les meilleures choses que je vous souhaite, je place en bonne position d’assister à un concert de musique arabo-andalouse. Régulièrement, ces grands musiciens viennent se perdre sur nos terres, alors n’hésitez pas à réchauffer vos oreilles et votre cœur,… mais franchement, c’est dix fois mieux sous le ciel du beau Maghreb. Le festival de Fès est devenu une référence internationale, mais vous trouverez à tout moment des concerts somptueux.

     

    Si vous n’êtes là que quelques jours, demandez à la réception de l’hôtel ou allez discuter avec les musiciens qui assurent le fond d’ambiance dans le restaurant, et le lendemain vous aurez un ticket pour le paradis.  

     

    Je me garde bien de dire quoi que ce soit sur cette extraordinaire musique arabo-andalouse, dont la connaissance relève de l’érudition. Des sources séculaires multiples, un métissage juif et musulman forgé sous le soleil de l'Algérie, du Maroc et de l’Andalousie, des gammes plus riches que la nôtre, heptatonique, des rythmes, des harmoniques, et cette manière de laisser la musique s’installer au cours de ces longues noubas… Le premier instrument est la derbouka, ce petit tambour âgé de mille ans, qui se tient sous le bras. Petit tambour,… mais combien de sons ? Combien de rythmes ?…

     

    Voici un concert enregistré en juillet 2011, lors du festival d’Assilah, une ville de la côte atlantique marocaine, à 50 km au Sud de Tanger. Ma connaissance de l’arabe ne permet pas hélas de vous dire davantage (please, help me), mais ce long concert de près de deux heures est un pur régal. Après présentation (en arabe), le concert commence à 7 :30.

     

    Meilleures pensées aux amies et amis entrés dans ce mois de ramadan, et que vive l'Islam de la paix.

     

     http://www.youtube.com/watch?v=paMsu4mXthU&feature=related 

    musqiue,maroc

  • Qu'est ce que la loyauté ?

    Une petite érection tardive du concept d’identité nationale. Ceux qui veulent devenir Français vont devoir signer une charte. Bien sûr c’est de la foutaise xénophobe, mais c’est aussi une destruction de l’idée de République.

    moi014.jpg

     

    Lisez cette salade : « Afin de s'assurer de votre bonne compréhension des droits et devoirs de tout citoyen français, et en particulier de la loyauté que chacun doit à la République française, il vous est demandé de prendre connaissance de la présente charte, puis, si vous y adhérez, de la signer. Votre signature, qui est la marque de votre engagement, est une condition indispensable d’obtention de la nationalité française ».

    Eh bien, ça c’est nul, et antirépublicain. Que l’UMP fasse cela, et que le PS ne dise rien, c’est juste lamentable.  

    resistance1_0.jpg

    Chères amies étrangères et chers amis étrangers, si vous soulez la nationalité, signez, et basta. Signez vite, c’est une condition, désormais imposée par la loi, pour acquérir la nationalité. C’est comme payer un timbre fiscal, ou une case à cocher. Surtout, ne vous privez pas : signez.

    Premier point de l’aberration :  signer cette charte est un sésame administratif, mais cela n’a aucune portée juridique. Aucune. Et heureusement. Ils disent qu’ils veulent défendre la France, mais ils la détruisent.

    La charte est conçue comme un document dont il  faut respecter le contenu avec loyauté. C’est ça la fin de la République : la France devient un contrat. Avec l’UMPS, nous sombrons dans le subjectivisme. On passe un accord : la vie française n’existe que par le rattachement. Bientôt, on vous livrera le Journal Officiel à la maison, et vous signerez que vous êtes d'accord. Non. Je suis français et républicain parce que je suis un être humain libre et responsable vivant sur le sol français, et répondant aux conditions posées par la loi. A moi de trouver la distance. A moi d’être.

    On poursuit avec la « loyauté ». Est-ce si simple de dire la loyauté à un Etat ? Qui peut dire ce qu’est cette loyauté à un Etat ? Respecter ses lois ? Certes, mais quid quand ces lois sont contraires au droit ? La France ne s’est-elle jamais égarée ?  En 1940, qui est loyal ? Celui qui applaudit Pétain et dénonce son voisin, ou celui qui prend les armes contre le pouvoir et ses agents ? Qui est loyal quand le 8 mai 1945 l’armée française commet le massacre de Sétif ? Qui est loyal quand le gouvernement détruit les maisons de Roms pour soigner ses sondages ?  

    24-oct-1940-petain-hitler-59876.jpg

    La République, c’est la vie des hommes fiers et libres. Personne n’a mieux représenté la République que les étrangers qui combattaient des troupes résistances des FTP-MOI contre les représentants de la France éternelle.

    Cette charte est juste bonne pour la poubelle. Et ne nous trompez pas. Elle s’adresse aux étrangers voulant devenir français mais elle s’adresse à tous les Français, en voulant inculquer la culture de l’obéissance. Avec cette buse de charte, le Français n’est pas celui qui forge sa personnalité en se confrontant toutes les idées et en s’affrontant aux lois injustes pour faire progresser la société. Non ? Le Français de la charte est un gentil benêt qui signe les textes et s’engage à obéir.

    Votre loyauté à la gomme, c’est la culture de la soumission.

    5611669291_acc6186a58.jpg

    L’arrestation  de Zohra Drif, militante du FLN

    Qui est loyal ?

  • La religion dans l’Algérie coloniale

    De grands pays musulmans accèdent à la liberté et vont construire leur avenir. Déjà, on s’apprête à leur demander des comptes : quoi, ce n’est pas encore la démocratie absolue et parfaite ?! Affiche_800.jpg
    Vingt ans après l’écroulement soviétique, Poutine gave ses réseaux et viole les droits fondamentaux au jour le jour (Je le regrette d’autant plus que je pense que tout ira bien quand la Russie ira mieux) ; les révolutions US des anciennes républiques soviétiques, dix ans plus tard, pataugent encore dans les approximations ; ailleurs, la France-Afrique post coloniale donne encore le rythme. Les révolutions de la Tunisie, de l’Egypte, de la Libye, du Yémen, de Bahreïn ont le grand avantage d’être spontanée : aucun grand frère pour vouloir ensuite récupérer les dividendes.
    Bon mais ça sera très compliqué, car ce ne sont pas seulement les dernières années sanglantes des dictatures qu’il faut gérer, mais des décennies d’oubli du droit.

    Voici à ce propos quelques repères sur ce qu’a été la liberté de religion en Algérie, du temps de la colonisation : 130 ans.

    Deux dates principales ont marqué cette période de l’histoire : 1830, avec l’administration française de l’Algérie et 1905 avec la non-application de la loi sur la séparation de l’Etat et des cultes
    1830 : le double langage du droit
    L’histoire contemporaine de l’islam et de la France commence en 1830, par l’annexion de l’Algérie. Avec la convention du 5 juillet 1830, conclue entre le Bey d’Alger et le général en chef des armées françaises, le pouvoir français s’impose, préfigurant le rattachement de l’Algérie à la France. Dès 1848, l’Algérie devient « territoire français », divisé en trois départements, sans être pour autant placée dans une égalité de droit avec la métropole. La France qui avait fondé un empire colonial, s’affirme volontiers comme puissance musulmane, dans une société internationale encore manquée par l’empreinte de l’empire ottoman.alg50107.jpg
    Les relations de la France et de l’Islam sont évidemment plus anciennes. Il s’agit d’abord des croisades et des échanges entre Haroun al Rachid et Charlemagne, ou entre François 1er et Soliman le Magnifique. C’est aussi la présence durable des Musulmans au moyen âge, en Provence et en Languedoc notamment. La présence française en Afrique musulmane a été permanente depuis le 19ème siècle: Saint Louis, alors capitale du Sénégal, disposait d’un représentant au sein de l’Assemblée nationale. Mais ce qui allait compter le plus dans ce domaine, a été le « fait algérien », c’est-à-dire l’irruption dans la vie politique, économique, culturelle et sociale d’un pays européen, de tout un peuple musulman avec son histoire, ses coutumes, ses règles de vie et sa religion. Un peuple très majoritairement musulman, resté encore à un stade de développement de type traditionnel, devenait partie intégrante d’un pays de culture chrétienne. L’imbrication humaine, culturelle, politique ne cessera de se développer.
    Dans cette région islamisée très tôt, le fait musulman est présent dès l’origine : la Convention du 5 juillet 1830 prévoyait que la France devait « ne porter aucune atteinte à la liberté des habitants de toutes les classes, à leur religion, leur propriété, leur commerce et leur industrie ». Or dans le même temps, le droit métropolitain est venu organiser la société algérienne, en rupture avec le droit musulman. S’il est exact que le droit musulman souffrait d’archaïsme, l’esprit de la Révolution des Lumières n’a pas eu droit de cité sur l’autre rive de la Méditerranée : l’accès à la citoyenneté française a été refusé aux personnes de confession musulmane. C’est la doctrine coloniale : l’Algérie est française, mais le musulman relève d’un statut personnel spécifique. Le colonialisme crée les bases du communautarisme. Le sénatus-consulte du 14 juillet 1865 énonce : « si l’indigène musulman est français, néanmoins il continuera à être régi par la loi musulmane ». L’application du Concordat a été écartée sous prétexte qu’il n’existait pas d’organisations représentant de l’islam. Aussi, l’Etat français a-t-il été dès le début omniprésent, y compris pour régler la pratique du culte, avec une préoccupation particulière pour le maintien de l’ordre public. Il n’existait pas en terre algérienne de droit à la liberté de religion, et la  pratique du culte, pour les musulmans, s’avérait souvent aléatoire. En 1848, a été créé un service de l’administration civile indigène, ayant pour mission le contrôle du culte musulman. L’Etat colonial qui régissait tout, n’allouait que des moyens très limités, et n’hésitait pas à réquisitionner les lieux de prières pour les affecter à des besoins jugés plus légitimes.image001.jpg
    1905 : La non-application de la loi
    Le schéma n’a pas été modifié par la loi de 1905, bien que l’article 43.2 invitait le gouvernement à déterminer les conditions d’application de ce texte à l’Algérie et aux colonies. C’est le décret du 27 septembre 1907 qui régla la question, pour reconnaître la loi inapplicable et organiser le statu quo, soit une religion sous contrôle de l’administration, avec de maigres financements. La circulaire signée par le Préfet Michel le 16 février 1933 qui a institué un contrôle de l’administration sur le recrutement du personnel cultuel a prévu des indemnités pour ce personnel qui devait prêcher dans les lieux de prière reconnus par l’Etat.
    Ce n’est que beaucoup plus tard que le nouveau statut organique de l’Algérie, édicté par la loi du 20 septembre 1947, a rendu le culte musulman indépendant de l’Etat. Les projets réformateurs sont restés lettre morte jusqu’à ce que l’Assemblée algérienne crée en 1951 une commission du culte musulman, parvenant à établir le projet d’une Union générale des comités cultuels, financée par l’Etat. Mais le Conseil d’Etat a estimé en 1953 que la création par l’Etat de ce type de structure était contraire au principe de séparation des Eglises et de l’Etat, et c’est le schéma ancien qui est resté en cours jusqu’à l’indépendance de l’Algérie en 1962.
    Dans le même temps, le maintien du statut personnel spécifique pour les musulmans, faisait de la croyance religieuse une condition de la reconnaissance juridique, créant ainsi un communautarisme légal. L’accès à la citoyenneté répondait à une logique discriminatoire sur le plan religieux : les musulmans devaient renoncer au statut personnel, lié à leur foi, pour adopter celui du code civil. Ce n’est qu’à partir de 1947, que fut acceptée la citoyenneté dans le statut, c’est-à-dire le fait d’être français et musulman, mais en portant le titre de « français musulman ».
    Un constat d’évidence s’impose donc : durant la période coloniale (1830-1962), les musulmans vivant sous l’autorité de l’Etat français ont connu un statut juridique caractérisé par une double violation du droit : le non-respect des engagements contenus dans la convention de 1830 et la non application de la loi de 1905.
    100_ans_de_colonisation.jpg
  • France/Algérie: Lettre aux enfants de 1962

     

    L’Algérie : aucune terre africaine n’est plus proche de la France. Et pourtant, tout reste si compliqué. Combien de temps faudra-t-il pour pouvoir dire « France-Algérie : tout simplement » ?

     

    Français, Algériens,… tout nous unis. Une mer, la belle méditerranée. Les mêmes grandes influences, depuis la préhistoire. Des civilisations proches, nourries des mêmes cultures, et mêlant les trois grandes religions monothéistes.

     

    Les plus belles perspectives sont à portée de main : deux grandes économies qui s’allient au-dessus de la mer, pour construire un pont entre l’Europe et l’Afrique. Un nouvel imaginaire pour le monde, ringardisant le soi-disant « choc des civilisations ».

     

    Oui, mais voilà. Nous avons une histoire commune, mais cette histoire a été violente, souvent cruelle, parfois criminelle. Beaucoup de sang a coulé, et nombre de blessures sont encore à vif. Le dernier chapitre a été celui d’une guerre des Français contre les Algériens.

     

    L’accord de paix de 1962, lourd de trop d’ambigüités, n’a pas été la paix. Le séisme d’incompréhension, né du tristement célèbre « Je vous ai compris », est toujours là. Un coup d’œil sur les derniers épisodes des relations franco-algériennes le confirme bien assez.

     

    France/Algérie : ce miasme si bien entretenu devient intolérable. Combien de temps les enfants de 1962 devront-ils payer pour cette histoire qui n’est pas la leur ?

     

    Nous devons savoir tourner la page. Voici trois pistes qui ne ruinent pas les budgets.

     

    Histoire et réconciliation. Une commission d’historiens, pour, archives à l’appui, tout mettre sur la table. Et la diffusion la plus large de tout : le non-dit est notre ennemi.

     

    Connaissance mutuelle. Une politique systématique de jumelage : lycées, universités, entreprises, villes, hôpitaux, institutions culturelles…  Il s’agit de parvenir à penser ensemble.

     

    Rapprochement des populations. Une politique des visas et des conditions de séjour qui permette d’aller au plus vite vers un espace de libre échange, par la mutualisation des richesses.

     

    Le propos n’est pas de nier le passé, mais de le dépasser. Dans la vie de tous les jours, nombre de Français et d’Algériens entretiennent les relations les plus simples, se retrouvent avec joie, et construisent des projets. Nous devons nous organiser pour que cela devienne l’affaire des peuples, et des Etats.

     

    Alors, êtes-vous partant ?

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu