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argent - Page 2

  • Sarko… Rêves d’argent, et réalité des dettes

    Le Conseil constitutionnel, présidé par le vieux chiraquien Jean-Louis Debré, a donc épargné à nos finances publiques le paiement de 11 millions d’euros, en rejetant le compte de campagne de Sarko-le-Cramoisi. L’UMP va se débrouiller pour trouver les sous, mais sinon c’est pour la poche de Sarko : 150 conférences à 100 000 dollars, et en réalité le double car il faut inclure les charges et impôts. Sarko est tricard.

    Allo, Roland Dumas? l_argent_1936,1.jpg

    Le compte de campagne de l’endetteur forcené avait été rejeté par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), et Sarko avait fait appel. Le dépassement se situe à 2,1% du total autorisé, et l’UMP hurle que le Conseil aurait du être indulgent : sauf que la loi, votée par l’UMP, n’a pas prévu ce genre d’indulgence.

    Le Conseil constitutionnel n’avait aucune marge de manœuvre, maintenant que l’on sait, grâce aux juges d’instruction, à quel point Dumas Roland avait magouillé pour valider le compte de campagne de Balladur de 1995, et alors que la justice enquête sur ce compte et celui de Sarko 2007. Le Conseil étant doté de l’instinct de survie, la surprise est du niveau zéro.

    Ça, c’est la vision politique. Mais comme il s’agit aussi d’une décision de justice, il faut la lire pour apprécier s’il s’agit de l’application la loi, ou d’une injustice suprême propre à faire pleurer Monsieur La Plume (dans la pénombre).

     

    La procédure

    Le débat a été sérieux.

    Après l’appel de Sarko-le-Cramoisi, la CNCCFP a  remis six mémoires en défense, les 21 février, 9 et 30 avril, 29 mai, 4 et 11 juin 2013, et par Sarko-le-Cramoisi autant, les 20 mars, 19 avril, 24 mai, 4, 27 et 28 juin 2013. Soit deux mémoires après l’audience du 18 juin 2013 : le Conseil est trop bon.

    Ne se satisfaisant pas de ces excellents écrits, le Conseil a fait sa petite enquête, et il a interrogé :

    - Christian Frémont, ancien directeur du cabinet de Sarko-le-Cramoisi,

    - Sylvie Hubac, directrice du cabinet de Sarko-le-Cramoisi,

    - Bernard Carayon, maire de Lavaur,

    - Jean-François Copé, président de l’UMP,18793415_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

    - Henri Proglio, président directeur général d'EDF (sûrement parce qu’il est au courant),

    - Dominique Duhamel, président du directoire de la société Parc du Futuroscope,

    - Hubert Falco, maire de Toulon,

    - Pierre Giacometti, président de la SAS Giacometti-Péron,

    - Patrick Buisson, président de la SARL Publi-Opinion, et conseiller de Sarko-le-Cramoisi,

    - Jean-Marc Ayrault, directeur de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

     

    La méthode de jugement

    Pour financer sa brillante défaite, Sarko-le-Cramoisi avait un budget d’un peu plus de 21 millions d’euros.

    Pour savoir si le compte est bon, on applique les articles L. 52-12 et L. 52-4 du code électoral, et c’est assez simple : le compte de campagne doit retracer l'ensemble des dépenses engagées ou effectuées en vue de l'élection par le candidat ou pour son compte pendant l'année précédant le premier jour du mois de l'élection. Donc, le juge procède à un pointage, ce n’est pas plus compliqué.

     

    Ce qu’a jugé le Conseil constitutionnel

    Le Conseil s’est tout d’abord montré critique vis-à-vis de la CNCCFP, réintégrant dans le compte de campagne quelques dépenses. Mon excellent confrère Philippe Blanchetier n’a pas plaidé pour rien… Ont été réintégrées des dépenses concernant des réunions publiques tenues par Monsieur La Plume (dans la profondeur des ténèbres), des frais d’impression d’un tract et une part minime des frais de sondages. S’agissant des déplacements présidentiels critiqués par le PS comme étant en fait des déplacements de la campagne électorale, le Conseil a été bienveillant pour la plupart, sauf pour le meeting de Toulon sur la sécurité, qui était totalement cornaqué par l’UMP.

    En fait, tout s’est joué sur le meeting de Villepinte.les-quatre-fantastiques-et-le-surfer-argent.jpg

    Le meeting de Villepinte du 11 mars 2012, lancement de la présidentielle, a coûté 3 042 355 euros. Or, Sarko-le-Cramoisi n’a inscrit à son compte de campagne que 1 538 037 euros, correspondant à 50,4 % de ce montant, le reste étant à la charge de l’UMP. Motif : le matin s’était tenu un conseil national extraordinaire de l’UMP consacré à la préparation des élections législatives.

    Ouah, la blague…  Ce conseil avait duré moins d’une heure et avait intéressé au maximum 5 000 personnes, alors que le meeting de l’après-midi, le show de Sarko et de Depardiou, avait réuni plus de 50 000 personnes. Assez rigolo pour justifier un partage par moitié, mais la suite est encore mieux.

    Le Conseil a demandé à Sarko et à l’UMP de produire l’importante documentation liée la réunion du matin, mais il n’a été produit aucun document « établissant que les thèmes abordés et les interventions avaient alors trait aux élections législatives et non à l'élection présidentielle ». Et l’UMP a été dans l’impossibilité de justifier des dépenses de ce conseil national extraordinaire… Sarko-le-Cramoisi a dit le coût moyen d'organisation d'un conseil national de l'UMP serait de l'ordre de 800 000 euros, mais sans le moindre justificatif… Ont été ainsi réintégrées 80 % des dépenses d'organisation et 95 % des dépenses de transport.

    Au total, le Conseil a réintégré 1 669 930 euros, ce qui fait exploser le compte : 22 975 118 euros de dépenses et 23 094 932 euros de recettes. C’est plié.

     

    *   *   *

    Il reste juste deux remarques.

    Sarko-le-Cramoisi annonce qu’il démissionne du Conseil constitutionnel - ce qui ne veut rien dire car c’est du fait de la Constitution qu’il est membre à vie - et il annonce qu’il va reprendre du service. Les mecs de l’UMP sont-ils assez givrés pour se ranger derrière celui qui leur a fait perdre toutes les élections, a ruiné l'UMP et a fait disparaitre la frontière avec le FN ? A suivre.

    Les juges d’instruction qui enquêtent sur les financements de 1995 et de 2007 seront très intéressés de découvrir  la souplesse comptable du mec… alors qu’il cherche à obtenir du Trésor public le versement de 11 millions d’euros !

    A part ça, l’UMP, qui croule sous les dettes, nous gratifiera demain de savantes déclarations sur ce vilain gouvernement qui  ne sait pas tenir son budget. Sans parler de nos amis grecs…

     

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  • Lagarde doit être condamnée et Tapie doit rendre l'argent

    polls_img_4_th_4117_464749_answer_1_xlarge.jpegAprès DSK démissionnaire du FMI pour cause sexuelle, il faudrait mieux éviter Lagarde démissionnaire du FMI pour cause financière. Alors, tout le monde est gentil avec Lagarde... Pourtant, les fautes commises, même si c'est sous la pression de l’ami Nicolas, sont graves, très graves. Cahuzac, c’était 600.000 € planqués, dont un manque à gagner pour le Trésor ; là, c’est 400 millions sortis des caisses de l’Etat, malgré une décision de justice qui évitait tout paiement, et ce pour arranger le grand philosophe Tapie Bernard.

    1/ L’affaire n’est pas compliquée

    Non, l’affaire n’est pas si compliquée.

    En août 1990, Tapie rachète Adidas pour 240 millions d'euros. C’est la gloire. Fin 1992, il devient ministre de Mitterrand, et il doit donc vendre ses parts, alors qu'Adidas était en très mauvais état. Le Crédit Lyonnais, banquier d’Adidas et qui supportait le poids de cette dette, a reçu de Tapie mandat de vendre. Le Crédit Lyonnais, via sa filiale la SBDO, a vendu à un groupe d’investisseurs. Puis ce groupe a revendu Adidas, délesté de l’ingérable Tapie et bien plus cher, à Robert-Louis Dreyfus.

    Tout aurait dû s'arrêter là. Mais Tapie invente un procès, et demande à se faire dédommager sur cette seconde vente. 

    A cette époque, le Crédit Lyonnais plonge, emporté par ses frasques. La loi a créé une scission entre les bonnes affaires, qui restent au Crédit Lyonnais, et affaires pourries, confiées au Consortium de Réalisation (CDR), une structure étatique à 100%, chapeautée par l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR). Ces structures gèrent entre autres les affaires Tapie, et c'est comme cela que l'Etat est impliqué dans ce dossier.

    Tapie a saisi la justice contre le CDR et l'EPFR, et en 2004, il a gagné devant la Cour de Paris 175 millions d’euros (somme qui était absorbée par le passif de la liquidation du Groupe Tapie). Mais en octobre 2006, la Cour de cassation a annulé cet arrêt. Pour la Cour, le Crédit Lyonnais, donc le CRD, n’a commis aucune faute dans la gestion du mandat de vente, donc Tapie va se faire voir avec son procès bidon.

    Pour Tapie, c’était tout perdu. Après cassation, l’affaire est renvoyée à une cour d’appel, qui avait une marge d’action réduite à zéro.  

    Et là, commence les magouilles…  i-want-my-money-back.jpg

    En mai 2007, Sarko est élu. Et là, tout est fait pour filer du fric à Tapie, qui est un génie pour tendre la main en pleurnichant.

    En octobre 2007, la ministre Christine Lagarde renonce scandaleusement à l’arrêt de la Cour de cassation et décide de faire régler l’affaire par un arbitrage, la décision étant régularisée en décembre. Et là, comme par miracle, les arbitres condamnent l’Etat à verser 403 millions d’euros. Après déduction des créances et des arriérés fiscaux, Bernard Tapie a touché au total entre 200 et 220 millions d'euros.

    La Cour des comptes a rédigé un rapport cinglant. Christine Lagarde était avisée que le recours à un arbitrage après l’arrêt de la Cour de cassation était illégal. Or, elle l’a imposé pour obtenir la condamnation de l’Etat.

    2/ Tôt ou tard, les condamnations vont tomber

    Les poursuites se divisent entre les responsables publics qui dépendent de la Cour de Discipline Budgétaire et Financière (CDBF) et la ministre qui relève de la Cour de Justice de la République (CJR), mais c’est le même dossier. Si la très incertaine CJR épargne Lagarde, et que la CDBF sanctionne les administratifs, on aura une nouvelle illustration du « responsable mais pas coupable », qui alimente le vote Le Pen.  

    La Cour de Discipline Budgétaire et Financière (CDBF)

    Le 25 mai, le procureur près la Cour des comptes, Jean-François Bénard, a saisi, la Cour de Discipline Budgétaire et Financière du cas de deux hauts responsables administratifs : Jean-François Rocchi., l'ancien président du Consortium de réalisation (CDR), et Bernard Scemama, l'ancien président de l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR).

    Le Monde a publié de larges extraits du réquisitoire.

    Le Crédit Lyonnais a été écarté de la procédure d’arbitrage.  Le 16 novembre 2010, la direction générale du Crédit lyonnais écrit ainsi à la CDBF : « Non seulement le CDR nous avait présenté l'arbitrage comme non discutable dans son principe, mais il avait expressément et formellement exclu LCL comme partie à la procédure ». La CDBF n'a trouvé « aucune pièce permettant d'établir la raison de cette omission", soulignant son "caractère fautif ».

    De même, le CDR a marginalisé l'avocat du Crédit Lyonnais, Jean-Pierre Martel : « Le président du CDR a décidé seul, sans consultation de la Caisse des dépôts et consignations, de faire appel à titre principal à un nouveau cabinet d'avocats, le cabinet August & Debouzy, sans aucun historique du dossier » (C’est le cabinet où travaillait Copé). 

    Le 2 octobre 2007, un compromis d'arbitrage prévoit une possibilité d’indemnisation personnelle de Tapie, ce qui est contesté par des administrateurs, et ce régime est rendu plus favorable à Tapie après la décision du Conseil d’administration : « En acceptant de voir modifiés les termes essentiels du compromis, postérieurement à l'autorisation donnée par son conseil d'administration, le président du CDR n'a pas respecté les attributions et compétences de son conseil d'administration ».

    Le rapport de la CDBF liste les anomalies, et conclut : « Les omissions répétées commises par M. Rocchi, de par leur nombre et l'importance des informations retenues, ne peuvent qu'être le résultat d'un choix délibéré de gestion personnelle de ces contentieux ».

    Quant aux trois arbitres, chacun étant payé 330 000 €, deux sont ouvertement favorables à Tapie : l'ancien magistrat Pierre Estoup, devenu arbitre, qui a travaillé à plusieurs reprises avec l'avocat de Tapie, et l’avocat Jean-Denis Bredin, est un cadre du MRG, le parti dont Tapie a été membre pendant longtemps.

    La Cour de Justice de la République33550380.jpg

    La CJR a été saisie par un réquisitoire visant l’article 432-1 du Code pénal, qui définit l’abus d’autorité : « Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique, agissant dans l'exercice de ses fonctions, de prendre des mesures destinées à faire échec à l'exécution de la loi est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende ».

    Selon le réquisitoire, Christine Lagarde a « explicitement refusé d'envisager un recours contre une sentence arbitrale pourtant très défavorable aux finances de l'Etat », et elle a choisi de  ne pas demander l'avis du Conseil d'Etat » sur la procédure d'arbitrage, alors que des « interrogations et des incertitudes importantes pesaient sur le principe même de l'arbitrage et sur ses conséquences pour l'Etat ».

    « Malgré l'existence d'avis contraires, comme celui de l'Agence des participations de l'Etat du 1er août 2007, Christine Lagarde a explicitement donné instruction au président du CDR de mettre en œuvre la procédure arbitrale, alors même qu'elle refusait de l'autoriser à tirer toutes les conséquences de la décision judiciaire antérieurement intervenue qui était favorable aux intérêts de l'Etat ».

    « En outre, Christine Lagarde a explicitement donné instruction d'inclure dans le champ de la sentence arbitrale l'indemnisation du préjudice moral, pourtant exclu du champ prévu par la loi en tant que créance non chiffrable non prévue dans la liste des matières susceptibles de compromis ».

    « Il existe bien des indices montrant que le recours à la procédure arbitrale, et les matières qui lui ont été soumises (notamment l'indemnisation pour des montants considérables d'un préjudice moral qui ne concernait en rien le CDR, la renonciation à former recours contre une sentence arbitrale défavorable) et les conséquences qui en sont réputées notamment pour l'Etat, n'ont pas respecté les principes généraux du droit public français et les dispositions légales en vigueur. »

     « La sentence arbitrale a, dans ces conditions d'irrégularité et d'illégalité, eu pour effet d'étendre abusivement la garantie du CDR à des faits qui n'auraient pas dû le concerner, à raison de son statut légal.»

    « Compte tenu de la gravité et de l'importance des faits dénoncés qui peuvent être reprochés à la ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, il convient de saisir la commission des requêtes de la Cour de justice de la République, qui est compétente pour apprécier la suite à donner à la plainte ci-jointe. »

    Alors quelle défense, à part les salades du genre « vous me croyez amie avec Tapie » ? On verra ça aujourd’hui.

    *   *   *

    Des tiers avaient tenté en vain de remettre en cause l’arbitrage. Le Ministère des Finances annonce que peut-être il le fera. Il attend quoi ? Car il faudra bien que Tapie rende cet argent.  

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  • Les belles valeurs du foot pro

    Ho la la, la grosse déception avec Paris mis en vrac pour cause de championnat de France de foot… Ce gentil club du PSG, modèle de l’esprit d’équipe et de l’engagement sportif… Un vrai drame, parce que ce triste épisode contredit les nobles et belles valeurs auxquelles le foot pro nous avait habitués ces dernières années... 

    Trève de plaisanterie : de quel autre secteur social accepterait-on de tels comportements, si bien ancrés ? 

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    Prostitution de mineures 

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    Salaires démentiels 

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    Racisme

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    Violence

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    Triche 

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    Caprices de sales gosses

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    Dopage

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    Hooliganisme

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    Non-respect de l'arbitre

     

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     Scènes d'émeute

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    Le foot, c'est l'esprit sportif, le partage et le sens de la fête

  • Révisez vos connaissances sur le feuilleton Takieddine – Libye

    Nouvel épisode dans le feuilleton des aventures de Takieddine, le héros faisandé du clan Sarko, en Libye. Hier vendredi, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire  pour « corruption active et passive », « trafic d'influence », « faux et usage de faux », «abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits ». Guéant a de suite protesté en expliquant que c’était une manœuvre car Sarko est redevenu en tête des sondages. Trop drôle… Dis , Guéant, pourquoi tu tousses ?

    Takieddine et le clan Sarko

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    Nous avons découvert le sympathique et entreprenant Takieddine pour son rôle dans les contrats Agosta de vente de sous-marins au Pakistan en 1994. Une très mauvaise opération, déconseillée par tous les services, mais conduite sous la signature de Balladur alors premier ministre, et ayant donné lieu à d’importantes commissions pour les intermédiaires pakistanais. La justice enquête sur des rétro-commissions, illégales.

    Le gros soupçon, c’est que le marché a été conclu pour que ces rétro-commissions financent la campagne de Balladur en 1995. Balladur, qui se présentait contre Chirac, n’avait l’argent du RPR, et comme les comptes de sa campagne laissent apparaitre de gros apports en liquide, les questions finissent par se préciser. Un jour, viendront les réponses, devant un tribunal.

    Des photos publiées depuis montrent les belles vacances de Takieddine avec Hortefeux, Copé, et Gaubert. C'est clairement dans le clan du RPR opposé à Chirac.

    Vient votre nouveau feuilleton, avec pour décor la Libye.

    Première période 2005 et 2007

    A cette époque, Guéant est directeur de cabinet de Sarko, alors ministre de l'Intérieur, qui se prépare aux présidentielles, et n’est pas sûr de pouvoir compter sur l’UMP. Or, une campagne électorale, ça coûte des sous…

    Cette période a été celle d’une activité intense entre le ministère de l’Intérieur et les dirigeants libyens, attestée par de nombreux documents publiés par Mediapart, avec des lettres signées par Sarkozy ou Guéant. La Libye était alors très isolée, et des pourparlers sont engagés pour « établir une coopération sérieuse dans tous les domaines de la sécurité ». Dans les courriers, on parle « sécurité » et « contrats », et Takieddine est à la manoeuvre.

    En cause notamment, un gros marché de surveillance des frontières par la Sagem, mais Chirac casse l’affaire au profit de Dassault, puis pour la surveillance électronique qui sera obtenue par la société française i2e, devenue Amesys, ou la fabrication de passeports et de cartes d'identité biométriques, avec la société Sagem. Il y a encore un contrat est signé pour 33 millions d'euros avec la marine libyenne pour i2e, avec une commission de 4,5 millions pour Takieddine...

    Guéant le dir’ cab est en première ligne, et comme les courriers montrent une implication pour aider Takieddine, on se pose les questions des contreparties éventuelles.

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    De 2007 à 2011 : Kadhafi, mon ami

    Après la victoire de Sarko, la Libye se retrouve vite au menu, avec un engouement pour libérer les infirmières bulgares, par l’implication de Guéant et de Cecilia Attias, alors Mme la présidente… qui remplace les diplomates. Une action très intéressée, car il s'agit de sortir la Libye de l'isolement. 

    Suite à ce cirque, est créée une commission parlementaire, et Guéant affirme : « Il n'y a eu aucune contrepartie, je l'ai déjà dit et je le répète: la France n'a pas déboursé un centime ; la France n'a pas conclu le moindre contrat pendant les discussions sur la libération des infirmières et du médecin ; la France n'a pas échangé leur élargissement contre des perspectives de coopération supplémentaires. »

    Problème. Les courriers depuis publiés par Mediapart montrent un Takieddine frétillant devant les belles affaires qui vont se concrétiser, et on trouve un courrier du 20 juillet par lequel Guéant annonce l'intention de la France de « renforcer sa coopération bilatérale, dans le domaine du développement technologique, du nucléaire civil, de la défense et de la formation avec la Libye ». De fait, de nombreux documents montrent l’importance du business brassé par Takieddine, jamais loin de Guéant.

    Fin 2007, c’est la visite de Kadhafi en France,  avec tous les honneurs fin 2007.

    Mars 2011 : la guerre

    Depuis début 2011,  Sarko excité par BHL, fait monter la pression sur la Libye, pour se faire pardonner son soutien à Ben Ali et Moubarrak, et se préparer une suite plus tranquille avec un leader docile. 

    Le 4 mars 2011, Takieddine fait un voyage en Libye avec des journalistes du JDD pour une interview de Kadhafi. Quelque jours plus tot, Saïf Al-Islam, l'un des fils de Mouammar Kadhafi, avait accusé sur Euronews : « Il faut que Sarkozy rende l'argent qu'il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale ».

    Takieddine explique au juge d’instruction  s’être fait confirmer le propos et avoir râlé parce qu’il n’était pas dans le coup : « Saïf Al-Islam, que j'ai rencontré lors de ma dernière visite en Libye, le 4 mars 2011, m'a répondu 'oui' à la question : 'Ce que vous avez déclaré à la télévision au sujet du financement de la campagne de M. Sarkozy en 2007, est-ce vrai ?' Je lui ai demandé comment cela avait été possible sans que j'aie été mis au courant, alors qu'il savait très bien que j'étais tout le temps entre les deux. Il m'a expliqué que cela faisait partie des affaires réservées qui ne me concernaient pas. Le montant n'est pas évoqué ».

    Le 5 mars, à son retour à l'aéroport du Bourget, Takieddine se fait arrêter et il est porteur de 1,5 million d’euros en liquide. Il explique au juge Van Ruymbeke : « Je suis convaincu que j'ai fait l'objet de cette interpellation et d'une fouille corporelle par le fait que M. Guéant était persuadé que je détenais des preuves de ce financement, à savoir les éléments dont Saïf avait fait état dans ses déclarations. Depuis je n'ai plus eu le moindre contact avec M. Guéant ». Takieddine explique que l’argent lui a été remis pour des retards de commissions, mais cet argent peu aussi très bien venir de l’Etat ou de ses filiales.

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    La procédure

    Le 29 novembre 2012, le parquet de Paris confie aux juges Van Ruymbeke et Roger Le Loire une information judiciaire portant sur ce 1,5 million d'euros en espèces pour « manquement à l'obligation déclarative, blanchiment, corruption, recel et complicité de ces délits ».

    En cinq mois, les juges ont récupéré de nombreux documents, et c’est bien tout le problème. Plusieurs anciens responsables libyens affirment avoir des déclarations à faire sur ces histories de financement, mais la plupart sont détenus en Libye. Avec Takieddine qui ment plus vite que son ombre et le liquide, c’est pas facile d’avancer. Mais quand il y a des courriers, des contrats et qu’on a récupéré un max de liquide, ça change tout. Depuis vendredi, c’est donc un nouveau volet : « corruption active et passive », « trafic d'influence », « faux et usage de faux », «abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits ».  

    Il s’est passé beaucoup de choses entre 2005 et 2011. Takieddine brassait de grosses affaires et on va beaucoup en apprendre sur les mœurs commerciaux dans le secteur du pétrole des armes et de la surveillance électronique. Mais on cherchera à savoir si Guéant et Sarko se sont démenés dans la réalisation de ces contrats seulement pour que Takieddine fasse de belles affaires, ou s’il y avait d’autres motifs.   

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    Une politique étrangère juste et généreuse

  • Ibrahimovic marque un but contre la tranche à 75%

    7321950076581.jpgLe moralisme fiscal de la tranche à 75% se vautre avec l’arrivée de Zlatan Ibrahimovic au PSG : il a négocié un salaire de 14 millions d’euros, net. C’est le club qui paiera le reste… Le PSG est un super patron qui paie les impôts de son salarié !

    Les 75%... on verra bien, mais l'annonce était simple : l’impôt sur le revenu est progressif jusqu’à 1 million, et au dessus on prend 75% avec un prélèvement est forfaire Motif : en période de crise, la solidarité doit jouer. Si on ajoute la CSG, on arrive à 83%. Autant dire qu’entre 1 et 2 millions de salaire versé par le patron à un salarié célibataire, la différence s’effondre, et pour l’employeur c’est peu motivant. Nous avions ici débattu de ce 75%, et même si les avis divergeaient sur les modalités, tout le monde constatait une sacrée saignée. C’était d’ailleurs le but du jeu.  

    Le grand sourire de Zlatan Ibrahimovic s’explique car il a négocié en net. Les augmentations d’impôts, si elles se font, seront compensées par un abondement du PSG. Le PSG finance les yeux fermés car il sait dans le monde du football business tout ce qui va lui rapporter les images et les pubs faites autour du joueur. Chacun a pu constater la furie médiatique de la conférence de presse hier… Nasser Al-Kelaifi, le patron du PSG, était supercool : « On respecte les lois françaises. On le fait aujourd'hui et on le fera demain. La signature d'Ibrahimovic est très positive pour le PSG, mais aussi pour le football français ».

    Le Figaro a calculé ce que ca donnerait si la taxe à 75% était appliquée. Je crois savoir que notre ami est marié et père de deux enfants et bénéficie donc de trois parts fiscales,... mais quand même. Il en résulterait un montant total de 56 millions d'euros pour les caisses publiques, soit 40 millions en impôts et 16 millions en charges sociales. 56 et 14, on a 70 millions de salaire brut.

    Peut jouer le régime des imparités, la cas des salariés étrangers, recrutés par des entreprises françaises alors qu’il ne résidaient pas en France. Cela pourrait donner une exonération sur le revenu allant de 30% à 50%. Si le régime joue, ca sera un bonus de facto pour le SG.

    Bambi a expliqué à la sortie du conseil des ministres : « Je crois que le montant du revenu touché par ce joueur a choqué beaucoup de gens et donc il me paraît naturel qu'il puisse contribuer à l'effort collectif ».

    C’est raté, chère Bambi. Il garde ses 14 millions nets. Les mesures fiscales abruptes donnent de l’imagination pour les contourner. Ici, elles ont accélérées la course à l’argent. PSG est sur que l’investissement sera rentable.

    Même si c’est un plan business, les chiffres sont assez indécents et vont avoir des répercussions sur tous les clubs en compétition. Aussi, les déclarations politiques de tout bord, ont raison de désapprouver, mais je pose une petite question.

    Pour le ministre des Sports, Valérie Fourneyron, ces chiffres sont « astronomiques, déraisonnables, à l'image aujourd'hui de ce qu'on peut déplorer dans le football ». Pour le ministre du budget Jérôme Cahuzac :  « Ces chiffres ne sont pas impressionnants, ils sont indécents ». Et il explique très bien comment de telles dérives chez les leaders mettent en péril les autres clubs.

    La question : Si le PSG brille dans les trophées, et arrive en finale de Champions League,  est-ce que les ministres boycotteront la finale au nom de la morale ?

     

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