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  • Agressions sexuelles : L’armée serait-elle arriérée ?

    Il y a des crapules partout, et même dans l’armée. Des sauvages qui violent les femmes… Le violeur est un criminel qui doit passer aux assises, avec huit ans de prison comme tarif de base. A côté du violeur prédateur, il y a la troupe des vicelards incontinents, qui ne peuvent se retenir de baver quand ils rencontrent une femme. Ça passe par les injures graveleuses, le harcèlement sexuel, les atteintes à la pudeur, les mains baladeuses et ploteuses... Des comportements de gougnafier qui doivent conduire en correctionnelle et en conseil de discipline, systématiquement.

    C’est la loi, et elle n’est pas si mal appliquée que cela,… sauf dans l’armée. Une inacceptable arriération.

    Depuis la professionnalisation, en 1996, on compte 15 % de femmes à l’effectif. La question des agressons sexuelles sur les femmes est devenue publique fin février avec le livre La Guerre invisiblede Leila Minano et Julia Pascual, deux journalistes. Un livre très fort, qui a obligé le ministère à prendre position, et annoncer un plan de lutte contre ce système. On attend un rapport confié à Didier Bolelli, inspecteur général de l'armée de terre, ancien patron du renseignement militaire, et Brigitte Debernardy, contrôleur général. Le ministre s’est dit très vigilant, et on veut le croire.

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    Dans Le Monde d’hier, trois femmes témoignent, dans une lettre ouverte adressée à Le Drian.  

    « Je m'appelle Céline, j'ai 28 ans. J'ai été une des premières femmes militaires admises dans une compagnie de combat. J'étais si fière de suivre le chemin tracé par mon grand-père. J'ai cependant été victime de harcèlement moral, sexuel et d'une tentative de viol de la part de mes camarades. On a tenté de me dissuader de porter plainte. Lors de l’enquête de commandement qui a suivi la dénonciation des faits, les officiers m'ont expliqué qu'une « femme entourée d'hommes était comme une brebis au milieu des loups » et que j'aurais dû m’attendre à ce que l'on « me saute dessus ». J'ai dû quitter l'armée par la petite porte alors que mes agresseurs, eux, sont restés en place. J'ai tenté de mettre fin à mes jours avant de sombrer dans l'alcool et la dépression. Aujourd'hui encore, je cherche à me reconstruire.

    « Je m'appelle Laetitia, je me suis engagée dans l'armée de terre en mai 2001. Deux mois plus tard, j'étais victime d'un viol sous GHB, ou « drogue du viol », au sein de mon régiment. Une procédure douloureuse et longue de sept ans s'en est suivie. Mon agresseur a finalement été confondu et condamné pénalement. En revanche, les autres, ceux qui ont vu mais n'ont rien fait, n'ont jamais été inquiétés. Ma carrière et ma vie privée ont été brisées ! Treize ans après les faits, rien n'a changé. Certaines mesures ont été prises mais sans que notre parole soit écoutée. Le projet présenté ne passe-t-il pas à côté de l'essentiel : les attentes des victimes ?

    « Je m'appelle Lyne, j'ai 26 ans. Il y a moins d'un an, j'ai été victime d'un viol dans ma garnison. J'ai porté plainte trois jours après les faits. Une semaine plus tard, on m'a mutée dans une autre unité mais sans changer de base. Aujourd'hui, je suis toujours dans l'armée et en aucun cas je ne souhaite quitter mon travail. Je croise tous les jours mon agresseur qui a, lui, conservé son poste. Est-il normal, alors que je suis victime, que j'aie été détachée de mon unité, tandis que mon agresseur n'a jamais été muté et n'est pas inquiété ? A présent, je souffre du regard des autres. J'ai fini par faire une demande de mutation actuellement étudiée par le service des ressources humaines. J'attends avec impatience la décision, qui je l'espère sera positive ».

    Il faut vraiment saluer le courage de ces femmes, qui dont le choix de rejoindre notre armée, et qui étant victimes et cassées par le système, se rebellent. Le courage et la justice contre les lâches, la justice contre les violents.    

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  • C’est le bazar à l’Ecole Polytechnique

    Je croyais que les modèles de la marque « Etat » se trouvaient dans des institutions genre l’Ecole Polytechnique. Eh bien non, c’est là-bas la gabegie gestionnaire nous explique la Cour des comptes dans un référé publié ce 22 juin.

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    Premier problème : pas de comptabilité analytique fiable, de telle sorte que « le coût complet de la scolarité reste difficile à évaluer ». C’est mal parti !

    Ensuite, les profs. « La gestion des personnels enseignants est trop laxiste » et « les dispositions régissant la gestion des enseignants n’ont pas été appliquées ». Résultat : « l’École demande à ses enseignants des services nettement inférieurs à ceux des universitaires ». De plus, les « règles relatives aux autorisations de cumul d’emploi n’ont pas été respectées ». La Cour des Comptes relève une majoration de la rémunération des enseignants a temps incomplet pour 1,3 million d’euros en 2009 alors qu’un « décret de 1986 qui l’interdit expressément ». Bon, mais s’il faut respecter la loi, on ne fera jamais rien…

    Ecole élitiste ? Quasi ségrégationnisme, oui ! Les effectifs ne comptent que 11% de boursiers, et seulement entre 11% et 18% de femmes ». Selon la Cour, « les statistiques font apparaître, plus nettement encore que dans d’autres écoles comparables, un recrutement excessivement masculin et concentré sur les catégories socioprofessionnelles "cadres supérieurs – professions libérales et professions intermédiaires" ».

    Et ça continue ! A l’X,  les études sont gratuites… et rémunérées. Les étudiants ont le statut de troufion, et ils perçoivent une solde de 1160 € par mois – au total plus de 25 millions par an. En contrepartie, les élèves s’engagent à travailler les premières années pour l’Etat, et s’ils vont travailler dans le privé, soit 70% des élèves, ils doivent rembourser cette aide. Pour ne fâcher ces petits chéris, l’Ecole ne réclame plus ce remboursement, ce qui est illégal… et foncièrement anormal alors que les élèves relèvent massivement de l’élite sociale.   

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    Voici donc Polytechnique prise les doigts dans le pot de confiture. L’Ecole a répliqué qu’elle était entrain de tout revoir… On veut bien le croire, maintenant qu’elle s’est faite poisser en flagrant délit. Alors, quel effort ? Le référentiel étant de 30% d’élèves issus de milieux modestes, on est en à combien ?

    Il faut beaucoup de laxisme institutionnel pour qu’une école d’Etat, placée sous l’autorité du ministère de la Défense, s’offre des facilités qui seraient mortelles pour une structure privée. Et on attend un rapport du même tonneau sur Sciences Po…

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    Un nouveau sigle pour Polytechnique

  • Israël : Le tourisme « anti-terroriste »

    Un truc de malades : la possibilité donnée aux vacanciers israéliens et aux touristes de prendre des cours de « lutte anti-terroriste ». Voici les vacances armées…  

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    Ces séjours récréatifs se tiennent à Caliber 3, un camp situé à Gush Etzion, qui est une colonie en territoire occupé de Palestine, au sud de Jérusalem : « Le fait que l'attraction touristique soit située au delà de la Ligne verte ne fait qu’intensifier le plaisir pour les visiteurs, qui sont souvent déçus lorsqu'ils sont informés qu'ils ne sont pas en danger », explique le boss de Caliber 3 à la presse israélienne – YNet News et le Times d’Israël.

    Caliber 3 se vante sur son site de travailler en coopération étroite avec le ministère de la défense pour tout ce qui concerne la lutte anti-terroriste. Ce sont des pros, qui dispensent des formations et entrainements de haut niveau contre de potentielles attaques terroristes dans des sites civils comme les lieux de prière, les écoles, les jardins d’enfants,  les centres commerciaux, les administrations publiques.

    Caliber 3 a diversifié son offre, et arrondit ainsi ses fins de mois en dispensant des cours aux touristes et aux vacanciers, et ce depuis 2007. Il s’agit d’une série de formations de deux heures, assurées par d'anciens membres des unités d'élite de l’armée israélienne. Les enseignements sont diversifiés : apprendre à tirer avec une arme, construire un plan de défense contre l'ennemi terroriste, protéger un VIP, gérer une attaque terroriste et une prise d'otages. Mais çà, c’est compliqué, c’est pour cracks.

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    Vous avez un doute ? Je le comprends bien volontiers, aussi voici la fiche pour ces deux heures de cours destinées aux touristes.

     http://www.caliber3range.com/tourist2hour-en.php

    Caliber 3 explique : « Nous combinons ainsi les valeurs du sionisme avec l'excitation et la jouissance du tir, qui rend l'activité plus significative. Du fait de notre connaissance de ce programme de tir, les participants vivent un apprentissage différent et très original qui ne peut être expérimenté nulle part ailleurs, sauf sur le champ de bataille ». Le site précise que les touristes pratiquent le tir sur des cibles en carton appelées « terroristes ». Shay, le guide du camp, fait la démonstration « de la meilleure façon d’attraper un assaillant et présente une grande variété de fusils et de ceintures d'explosifs ».

    A la fin de la journée, chacun obtient un diplôme établissant qu’il a suivi « un cours de tir dans une base en Israël ». Logique : le travail doit être reconnu, même pendant les vacances.

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    Un GO devant un groupe de touristes

  • Nucléaire : Le tabou français

    403px-Robida_vie_electrique.pngEt que dirait l’ami Copé d’un grand débat sur la place du nucléaire dans la République ? Ca nous changerait un peu de sa fiévreuse danse du ventre devant les musulmans, et ça permettrait de parler d’un vrai sujet.

    Le nucléaire en France reste la dernière zone régie par le droit soviétique : pas touche et tout va bien ; si tu critiques, tu es un ennemi de la nation.

    Notre vaillant pays sait se passionner pour des questions absolument essentielles : la grève d’entrainement de deux heures des joueurs de l’équipe de France, l’installation d’une ourse dans les Pyrénées, un Quick qui ne sert que de la viande halal, l’ouverture des magasins le dimanche, les repas végétariens à la cantine de l’école, les deux concours concurrents de Miss France, les sifflets contre la Marseillaise dans les stades de foot,…

    Notre non moins vaillante UMP a découvert – merci Monsieur Copé ! – qu’on n’avait pas parlé de l’islam depuis au moins 5 ans. D’où vite un  débat d’urgence, sur le thème « Devrons nous changer la loi de 1905 à cause le l’islam, ce alors qu’aucun responsable religieux musulman n’a jamais demandé de modification de la loi ? » Le débat s’annonce passionnant.

    Aussi, si le cerveau de notre bon Copé n’est pas totalement essoré par ces puissantes réflexions, je lui propose un autre sujet : le nucléaire.

    Là c’est bien simple : il n’y a jamais eu de débat sur le nucléaire pour cause de sûreté de l’Etat.1284977615.png

    Tout est parti du général à titre provisoire De Gaulle Charles, qui voulait la bombe pour faire un bras d’honneur aux Ricains. Questions pour le débat : que veut dire notre armement nucléaire, marque mortelle de l’indépendance militaire, alors que la guerre froide a pris fin et que nous avons, sous Sarko-Koukouch, intégré le commandement militaire de l’OTAN ? La France n’étant rien sans l’Europe, quel plan pour la gestion de cette arme ? Question complémentaire : eu égard à ce qu’est la guerre depuis cinquante ans, des conflits locaux qui font des populations civiles les premières victimes, quel intérêt pour la focalisation sur le nucléaire ? En annexe : nos sous-marins nucléaires servent à quoi ? Si Copé est en en forme, on pourrait même lui demander quelles doivent être les missions actuelles de l’armée française, après un bilan objectif des trente dernières années. On commencerait par notre action en Afghanistan, puis on poursuivrait par le Rwanda. De petites révisions à prévoir... T’as une idée, Copé ?

    Pour le nucléaire civil, ce n’est pas mieux. Une cause nationale que l’on comprend vite : des centaines de milliers d’emplois, une mémère EDF qui est dans tous les grands équipements du pays et qui soigne les élus locaux comme un conseil général le fait pour l’enfance en danger, des syndicats surpuissants qui pourraient casser le pays par une grève de huit jours et pour lesquels on a toutes les attentions, des secteurs-clés de la recherche financés et contrôlés de près, et des journaux qui bavent devant les campagnes de pub d’EDF. Alors, bien sûr, on ne va poser de questions idiotes, du genre : pourquoi la France est-elle le seul pays dépendant à 80% du nucléaire ? Quel est le coût de toute la filière, depuis l’extraction du minerai au Niger jusqu'au recyclage des déchets ? Dans quelles conditions et avec quelles contreparties gère-t-on l’exploitation des mines en Afrique ? Sur la base de quels critères est-il décidé d’implanter des centrales à l’étranger, et par exemple en Chine ou dans les pays du Golfe ? Pourquoi la part des énergies renouvelables reste-t-elle si faible ? Pourquoi maintenir ce seuil à 80 %, qui hypothèque les trente années qui viennent, alors que tous les pays sont sur le recul de la part du nucléaire ?

    Copé, comme le PS, ont raison de se méfier : si on se met à parler des questions qui comptent, on verra vite qu'ils n’existent plus.

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    Tabou
  • Carcassonne: L'armée prend l'eau

     

    Carcassonne : L’armée prend l’eau. Ce qui s’est passé à Carcassonne ce dimanche restera un des évènements les plus graves de l’année.

    Quelques heures plus tard, à coup sûr, on ne sait pas tout. Mais on sait au moins l’essentiel. Ce devait être une journée tranquille. Une journée comme mille autres. L’armée agit, et les militaires veulent le faire savoir. L’opération du jour, c’était une démonstration de libération d'otages du Groupe de commandos parachutistes (GCP) du 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa).

    Le colonel Benoît Royal, chef du Sirpa-Terre, le service d'information de l'Armée de terre, raconte la suite à sa manière : « Pour une raison incompréhensible, des munitions à balles réelles ont été utilisées à la place de cartouches à blanc ». Et de faire part  de « l'incompréhension et la perplexité » de l'armée de terre devant cet événement. L'auteur des coups de feu, un sergent du 3e RPIMa, a été placé en garde à vue. Bilan, ce dimanche soir : dix-sept blessés, avec le pronostic vital engagé pour deux des blessés, dont un enfant, et deux autres dans un état grave.

    Et notre colonel d’ajouter : « La thèse qui prédomine, c'est qu'il y a eu erreur, sous réserve des investigations qui sont engagées par la gendarmerie ».

    Une erreur… Errare militarum est ? Mais il se fiche de qui le colonel Benoît Royal?

    Un erreur ! Peut être l’hypothèse d’une faute toute même, mon colonel, si ça ne perturbe pas trop le moral des troupes ? Allez, peut-être même notre colonel aurait-il pu évoquer l’hypothèse d’un crime. Viser des personnes et tirer avec des balles qui tuent, c’est un crime dit le code pénal. C’est au moins une question, avant de ratiociner sur l’erreur qui n’est en peut être pas une…

    Poursuivons l’enquête pour aider le colonel Benoît Royal. Des balles réelles mises à disposition des militaires lors d’un journée porte ouverte, c’est, disons, au moins fâcheux. Quelque part, un crétin qui n’a pas coché la bonne case. Un autre a introduit les balles dans l’arme, sans distinguer la balle à blanc et la balle réelle, c’est encore plus fâcheux. Les beaux livrets militaires ne prévoient pas une petite étiquette ou un signe distinctif , mon colonel ? Car, si la faille est dramatique aujourd’hui à Carcassonne, elle le saurait autant en Afghanistan si nos soldats faisaient aussi l’erreur, en attaquant les talibans avec des balles à banc. Il ne se fiche pas un peu des victimes, et de notre poire, le colonel Benoît Royal ?

    Chacun devant apporter son concours à la justice, je pose une question complémentaire pour aider le colonel Benoît Royal. S’il y a dix sept victimes, il sera difficile de soutenir qu’il n’y a eu qu’une seule balle. Ce qui veut dire que lorsque la première victime s’écroule, atteinte par erreur, la malchance s’est acharnée avec seize autres tirs par erreur ? 

    Notre vaillant Hervé Morin, rescapé du suffrage universel et réfugié politique au ministère de la défense, annonce une enquête de commandement. Dans d’autre temps, et avec d’autres meures, le ministre aurait déjà présenté sa démission. Mais on ne lâche pas une bouée de sauvetage comme ça. Surtout par temps agité.

    Quant à Sarkozy c’est peut dire que cette affaire vient au plus mauvais moment, alors qu’il vient de faire deux annonces qui bouleversent la vie militaire, et la politique de la défense, avec 54 000 postes supprimés dans les armées et la France qui s’apprête à rejoindre le commandement militaire de l’OTAN. Une vraie révolution, qui pour le moins, le place en délicatesse avec le monde militaire, à commencer par le haut encadrement. 

    Aussi, il va falloir suivre au plus près le film des évènements, qu’il s’agisse de l’enquête ou des décisions politiques. En attendant, l’armée qui va défiler devant Bachar el-Assad donne bien l’impression de prendre l’eau, et de toutes parts.

     

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