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assassinat - Page 2

  • US : Obama légitime l’assassinat

    659a7d15-e194-44c6-852a-50e107844cc7.jpgLe jury du Nobel de la Paix est depuis longtemps devenu une farce qui distribue des hochets aux gentils soldats de l’impérialisme occidental. Le pompon avait été atteint avec la remise du Prix à un Obama tout juste élu, et inconnu pour la moindre action internationale.

    Un homme honnête aurait refusé ce prix indu, mais notre ami s’était précipité pour aller récupérer ce cadeau, et en faire un permis de tuer.

    J’exagère ? Regardons les faits.

    On avait vu pour Ben Laden. « Justice has been done » s’était exclamé Obama, tout fier d’expliquer que c’est lui qui avait donné l’ordre de tuer un homme endormi, sur un territoire étranger, sans jugement, ni mandat de l’ONU ou d’une cour.  De fait ces assassinats se sont multipliés, et comme des citoyens US ont été abattus par des tirs de drones US, le débat s’est imposé aux US.

    Lundi, c’est Eric Holder, le Sinistre de la Justice, qui a justifié cette possibilité d’assassiner des citoyens américains dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme », lors d’un exposé devant l'Ecole de droit de la Northwestern University de Chicago. Voici les principaux extraits.

    « Notre gouvernement a le droit et je dirais même la responsabilité dans certains cas d'utiliser la force pour défendre les Etats-Unis de manière appropriée et légale ».

    « La capture d'un terroriste citoyen américain présentant une menace imminente d'attaque violente n'est pas toujours faisable, en raison de la manière dont les terroristes agissent et des lieux où ils ont tendance à se cacher ».assassinscreed3noscale.jpg

    « Certains appellent ces opérations des assassinats. Ce n'en sont pas, les assassinats sont des meurtres illégaux. Or l'utilisation de la force par le gouvernement américain comme moyen d'auto-défense face à un responsable d'Al-Qaïda ou une organisation affiliée qui représenterait une menace imminente d'attaque violente ne saurait être illégale ».

    « La citoyenneté américaine n'immunise pas de tels individus et ne les empêche pas d'être ciblés. Notre autorité légale ne s'arrête pas aux champs de bataille d'Afghanistan. Nous sommes en guerre contre un ennemi sans Etat et notre gouvernement a, à la fois, la responsabilité et le droit de protéger notre nation et son peuple face à des menaces ».

    Le plus drôle, c’est que le Sinistre de la Justice a doctement exposé les conditions à respecter, au nom des valeurs bien entendu : une enquête « profonde et minutieuse » doit avoir déterminé que l'individu présentait une menace imminente; sa capture doit être impossible; l'opération doit être conforme « aux principes des lois martiales ».

    Voici donc Obama Prix Nobel de la Paix et de l’Assassinat. Ces gus ne manquent pas de souffle, et il faut qu’ils se sentent bien faiblards pour valider de telles théories.

    D’abord, il n’existe aucune référence internationale pour définir la notion de terrorisme, car tout pouvoir confronté à une opposition armée l’accuse d’être terroriste pour l’éliminer. Les résistants français étaient persécutés par le régime de Vichy en qualité de terroristes, et  dans tous les mouvements de libération nationale, les responsables étaient poursuivis comme terroristes. L’exemple pour la France est son attitude criminelle en Algérie. Donc, on qualifie quelqu'un sans-titre.pngde terroriste, et allez… C’était l’argument de Poutine pour la Tchétchénie.

    Les Etats-Unis s’offrent une compétence pour frapper en dehors de leurs frontières et sans mandat de l’ONU, ce qui est d’une illégalité totale. Il est bien regrettable que le Pakistan laisse faire, et ne ratifie pas le Traité de la Cour Pénale Internationale. Cela placerait le territoire sous protection des intrusions extérieures. C’est dire que juridiquement le débat est clos avant d’examiner les circonstances, du simple fait d’une intervention US au Pakistan.  

    Ensuite, deux principes sont constants dans le droit international, dès ses premières édictions modernes du XIX° : l’assassinat est interdit en toute circonstance, et tout accusé a droit à un procès équitable, qui respecte la présomption d’innocence. Le droit a toujours dit qu’il n’existait aucune dérogation, et ce même en invoquant les crimes commis par la personne recherchée. Car bien sûr l’idée d’assassiner des personnes qualifiées d’ennemi n’est pas née dans la tête du Prix Nobel de Paix : c’est vieux comme la dictature.

    D’ailleurs, le Sinistre du Prix Nobel ne se fatigue pas à faire semblant d’invoquer le droit international. Non, il n’applique même pas la loi US, qui n’existe pas, mais les conclusions d’une réunion de bureau à la Maison Blanche. C’est vraiment n’importe quoi.

    Tôt au tard, sans doute assez tôt vu leur niveau d’endettement, les US vont laisser le leadership mondial à la Chine. Je ne sais pas si ce sera mieux, mais une chose est sûre, je ne les regretterai pas. Et j’espère qu’il sera possible de les coller devant un tribunal indépendant et impartial pour juger quelques faits, identifier les auteurs, et leur infliger les sanctions pénales qu’ils méritent.

     

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    Une carte à effet limité dans le temps

     

  • Agnès : La justice a-t-elle dysfonctionné ?

    Une famille, et la société avec elle, a connu cette fin de semaine l’un de ces crimes horribles, sans nom, qui marque l’histoire. Un jeune homme, mineur, sous contrôle judiciaire pour une affaire de viol, a violé et assassiné une camarade de classe. Mille questions se posent, sur la nature humaine, et sur le fonctionnement de la justice.

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    Le Garde de Sceaux a ouvert une enquête.

    Oui, mais il s’agit d’un enquête administrative. Ne pas confondre avec l’enquête judiciaire qui est en cours : mise en examen du lycéen pour assassinat et viol, et mandat de dépôt. Là, on va chercher à savoir comment les services ont traité le dossier,… c’est-à-dire le premier dossier.

    Il faut saluer cette réaction rapide !

    Non. Cette réaction rapide répond juste à un calendrier politique. D’ailleurs, cette enquête interne aux services judicaires a été annoncée par le Ministre de l’Intérieur. Les procureurs généraux et les responsables de services sont convoqués au ministère de l’intérieur ce lundi en début d'après-midi. Ca sera joli pour la photo, mais qu’auront-ils eu le temps de réunir comme éléments en ces quelques heures ? Une réunion en fin de semaine aurait été plus sérieuse, mais le sérieux n’est pas la préoccupation de ce gouvernement.

    Il y a récidive !

    Non, car la première affaire n’a pas été jugée et la présomption d’innocence joue. J’ajoute qu’on ne peut présenter comme coupable quelqu’un qui n’a pas été jugé, et on ne sait rien de solide de la première affaire. La présomption d’innocence vaut pour tout le monde.

    Pour un viol, il n’a fait que quatre mois de prison…

    Non. Il n’a pas exécuté de peine, pour la simple et bonne raison qu’il n’a pas été jugé. Après les premiers faits, il a été mis en examen par un juge pour viol, et a été placé sous mandat de dépôt à titre provisoire, vu la gravité des faits et pour le temps nécessaire à de premières investigations, sur les faits et sur sa personnalité. Il a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire après quatre mois, avec des éléments psychiatriques sérieux et des mesures assez strictes : obligation de soins, accompagnement par le service d’aide à l’enfance ; éloignement du lieu des faits, admission dans un internat. J’ajoute que le Parquet n’a pas fait appel. Il y avait donc un consensus.

    Quatre mois de prison, c’est quand même peu…

    Oui. Mais comme il n’y a eu cette décision du juge, non frappée d’appel du Parquet, il faut penser que les faits étaient graves, certes, mais peut-être pas si alarmants que cela. Il est impossible de répondre sans connaître le dossier. Placer en détention un mineur de 16 ans, qui n’a pas d’antécédent judiciaire, est une décision lourde. Remettre en liberté avant jugement malgré l’accusation de viol conduit à penser, vu la pratique des juges, que l’on ne se situait pas dans les hypothèses les plus graves. Encore une fois, on ne sait rien de la première affaire, mais tout démontre qu’elle a été prise au sérieux.

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    Le contrôle judiciaire n’a pas été respecté.

    Si. Toutes les informations disent l’inverse : éloignement du département où ont eu lieu les faits, admission dans un internat, suivi éducatif, suivi psychologique.

    Les services manquent de moyens…

    A priori, la question des moyens n’est pas en cause. En tout cas, elle n’est pas centrale. Le juge avait ordonné des mesures qui ont été respectées.

    Les psychiatres se sont trompés

    Oui. Mais une erreur n’est pas forcément une faute. Et puis, pourquoi attendre des psychiatres des réponses sans faille ? Les économistes avaient-ils prévu la crise financière et la faillite de la Grèce ? Les experts politiques avaient-ils évoqué l’élimination de Jospin ? Les scientifiques avaient-ils anticipé la catastrophe de Fukushima ?

    Le lycée n’était pas au courant !

    Si c'est vrai, qu’il s’en prenne à lui…  Le lycée savait que le jeune avait fait quatre mois de détention. La justice n’avait pas en dire davantage, car le jeune est présumé innocent. Mais le lycée pouvait très bien poser au jeune et sa famille quelques questions ! Et refuser l’admission si les réponses ne lui convenaient pas ! Que chacun assume ses responsabilités. Accuser la justice est tout de même un peu facile.

    Le directeur pouvait poser une question simple : « Vous sortez de prison, après y avoir passé quatre mois, et vous demandez à être interne dans l’établissement. Nous somme prêts à vous dire oui, mais nous avons eu besoin de faire connaissance ». Le jeune et ses parents auraient été libres de ne pas répondre, et le lycée aurait été libre d’en tirer les conséquences, et de refuser cette admission !

    Mais c’est violer la présomption d’innocence…

    Non. Le lycée était libre de répondre oui ou non à la demande d’admission, et il était libre de refuser s’il n’y avait pas la confiance minimale. En régle générale, il est recommandé de ne pas être idiot. Un mineur qui fait quatre mois de provisoire, ce n’est pas pour banqueroute frauduleuse ou abus de biens sociaux. C’est pour violence, vol ou stups. Aussi, exiger quelques éclaircissements avant de dire oui à une admission en internat, c’est du plus élémentaire bon sens.

    Est-ce que ça aurait tout changé?

    La direction du lycée le dit. Elle explique que si elle avait su, elle aurait refusé l'admission car l'établissement n''est pas adapté. Dont acte,... et il est bien regrettable que la direction n'ait pas engagé le dialogue avec la famille et le lycéen. Pour la victime, ça aurait donc tout changé. Mais face à des comportements d'une telle violence, on peut hélas penser qu'un passage à l'acte aurait pu avoir lieu, ailleurs.

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    Rachida Dati préconise les centres éducatifs fermés

    Oui, elle a toujours été nulle. Le jeune, non jugé, était en prison et il a été libéré sous contrôle judiciaire. Comment, avant le jugement, le condamner à être dans un centre éducatif fermé ? C’est hors sujet.

    Raffarin a affirmé : « Il n'est pas normal, tolérable, que les autorités du collège n'aient pas été informées des antécédents judiciaires de ce jeune. C'est un dysfonctionnement majeur ».

    C’est de la gonflette. Ce type est nul.

    Marine le Pen veut la peine de mort.

    Même réponse.

    François Hollande a dit…

    Non, il n’a rien dit, car le programme PS-EELV n’a pas prévu le cas.  D’ailleurs, il n’a rien à dire.

    Enfermer le jeune pour la première affaire aurait été juste.

    La récidive connait ses plus hauts taux après l’exécution des peines fermes, et le taux de récidive diminue lorsqu’a été mis en place un suivi judiciaire efficace.  

    Alors il n’y a rien à faire ?

    Devant un comportement aussi antisocial – viol et assassinat – soudain survenu de quel dérèglement, qui peut croire que la prévention, une loi, ou un psy pouvait à cour sûr l’éviter ? Toute l’histoire sociale est ponctuée par ce genre de crimes horribles, qui défient l’esprit humain. Instrumentaliser la peur ne conduit à rien de bon. Depuis la nuit des temps, le crime existe. Penser qu’une loi ou un psychiatre peut l’éliminer est une vue de l’esprit.

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  • Kadhafi, un criminel fréquentable ?

    ITALY-LIBYA-Kadhafi-berlusconi-432.jpgOn le connait vicelard, éducateur sexuel de Berlusconi. Il s’affirme criminel, Pinochet infâme d’un grand pays de civilisation de la Méditerranée. La seule chose qu’on ne sache pas aujourd’hui, c’est la prison dans laquelle il finira ses jours.

    Pour la Libye, c’est devenu sérieux depuis ce mardi. Tripoli et la partie ouest du pays restent calmes. Kadhafi arrose avec le fric volé et ses milices occupent l’espace, promettant la mort aux manifestants. C’est autour de Benghazi, la deuxième ville du pays, et la capitale de la Cyrénaïque, que s’est installée la contestation.

    Hier c’étaient les obsèques de plusieurs victimes, tuées la veille. Une foule accompagnait les morts, et les forces de l'ordre ont tiré sur le cortège, en visant les personnes. Human Rights Watch cite les témoignages des médecins : tir dans la tète ou dans le thorax. Les assassins ont été lâchés, avec leurs armes.

    Le vicelard Kadhafi, reçu il n’y a pas si longtemps comme un prince en France, a coupé toutes les communications. Internet bloqué, signaux brouillés pour les chaines satellitaires, réseaux téléphoniques filtrés au compte-goutte. Il ne reste qu’Al Jazzera (Version anglaise sur le canal 361) pour mieux comprendre. 1481291_3_c851_l-ancien-president-egyptien-hosni-moubarak.jpgVoir les manifestants qui tombent, avec le sang rouge, celui de la mort, qui coule de la tête. Un dignitaire religieux de Benghazi, Abellah al Warfali, parle des seize victimes inhumées ce samedi : « J'ai vu de mes propres yeux un blindé écraser une voiture dans laquelle se trouvaient deux personnes ».  

    Alors, Kadhafi après Ben Ali et Moubarak ? On le souhaite ardemment, mais ce sera très difficile.

    La capitale est choyée par le dictateur, les miliciens déguisés en comité révolutionnaires patrouillent, et les lieux du pouvoir ne sont pas menacés. La Lybie est riche de son pétrole, et l’argent va couler à flot dans les jours qui viennent pour gaver ceux qui savent se montrer gentils. Enfin, Kadhafi est prêt à tous les massacres pour sauver sa peau.

    Et puis Kadhafi a su ne pas s’enfermer dans un vis-à-vis avec les US. Son pays a des richesses considérables en hydrocarbure, alors on l’épargne… 

    sarkozy_kadhafi432.jpgDonc rien à faire ?

    Hier, William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères, a dénoncé les « violences inacceptables et effroyables » commises. M. Hague a sommé les autorités libyennes de « cesser de recourir à la force et d'empêcher l'armée d'affronter les manifestants », affirmant avoir reçu « des informations selon lesquelles 35 corps ont été amenés dans un seul hôpital ».

    L’Europe doit immédiatement stopper la négociation de l’accord cadre envisagé avec la Lybie, dans le cadre du processus dite de Barcelone, en cour de finalisation pour 2011. L’Europe est déjà un partenaire important, et elle doit arrêter toute forme de coopération et geler les avoirs du clan Kadhafi. Le crime est trop évident. Comment peut-elle engager un plan contre Gbagbo et rester les bras croisés devant Kadhafi ?

    Je ne parle pas de la France, avec MAM en résidence surveillée à Saint-Jean-de-Luz et l’ambassadeur de Tunisie, un sarko-boy pur jus, obligé de s’excuser devant les manifestants.  

     

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    Enfoirés !
  • Mort pour une cigarette

    violencep5.jpgTué en plein Paris pour avoir refusé une cigarette. L'agresseur ne connaissait la victime que depuis une heure. Mort comme çà...

    Vendredi soir, déjà un peu samedi matin. Il est une heure, nous sommes Place du Comtat-Venaissin, un quartier paisible du XV° arrondissement de Paris. Samir, 31 ans, et deux de ses amis sont là, tranquillement, discutant dans la nuit qui s’avance, à la recherche’ d’un peu d’air frais. Un jeune homme passe, et demande une cigarette, en insistant, mais bon : il n’y a pas de cigarettes. Le type peut partir, et la discussion reprend.

    Mais quelques minutes plus tard, le jeune homme revient, cette fois-ci accompagné deux de ses potes, venus pour en découdre. Le ton monte de suite, les trois bousculent les autres, et les coups se mettent à tomber.

    Samir parvient en s’enfuir, mais il est rattrapé. Il reçoit un coup de couteau dans le dos, et s’écroule place Etienne-Pernet, près de l'église Saint-Jean-Baptiste de Grenelle. Les secours arrivent très vite, mais le coup a été fatal : le décès est constaté une heure plus tard, à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière.

    L'auteur présumé du coup de couteau, un jeune homme d'une vingtaine d'années a été arrêté, et ses deux collègues se sont présentés au commissariat dans la journée. D’après Le Parisien, les deux groupes d'hommes ne se connaissaient pas. Ainsi, tout est parti du refus d'une cigarette…

    Y a-t-il intention de tuer ? Oui de manière certaine, au moins lorsque le coup a été porté, dès lors que Samir fuyait. Il a fallu le rattraper, juste pour lui porter le coup… pour tuer. Y-a-t-il préméditation ? Ce n’est pas impossible, mais seule l’enquête pourra le dire. Si le jeune homme qui s’est vu refusé la cigarette, et rentré lui, a pris le couteau, a demandé à ses deux potes de l’accompagner, est venu régler un compte à Samir, et l’a poursuivi malgré la fuite, jusqu’à pour frapper dans le dos, dans une partie vitale, alors ce sera un assassinat. Et ce scénario n’est pas impossible.

    Cette violence contenue… et cette envie de tuer. De tuer quelqu’un qu’on ne connaissait pas une heure plus tôt...  Adieu, Samir...

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  • L’horreur des prisons françaises

    injustice.jpgJ’espère que les psychomaniaques qui nous gouvernent, adeptes de la secte de la justice qui fait peur et des peines planchers, n’ont pas enseveli toute leur capacité d’indignation dans leurs amours déçus des Bleus refusant une heure d’entrainement. S’il reste quelque possibilité de lucidité à leurs cerveaux atrophiés, je les encourage vivement à suivre le procès de Nicolas Cocaign, le prisonnier qui a tué un codétenu et a mangé ses organes. Car s’il ne fait pas de doute que si le refus d’entrainement des Bleus est un drame absolu, ce qui s’est passé à la prison de Rouen dans la nuit du 2 ou 3 janvier 2007 signe la faillite d’un système. Mais en prison, ce ne sont que des pauvres, et il n’y a ni caméra, ni sponsor, ni rêve brillant de vernis national. Alors, on peut relativiser.

    Nicolas Cocaign est né en 1971. Sa mère, sans domicile fixe, âgée de 21 ans, l’a abandonné quelque semaines après sa naissance. La mère était elle-même une enfant de l’aise sociale à l’enfance : facilitons l’héritage.  

    A trois ans, Nicolas Cocaign a été adopté par un couple de Petit-Quevilly, qu’il qualifie de « très bons parents », mais tout est déjà en vrille : échec scolaire, comportement violent, psychologue attitré dès ses six ans... Ce gamin insaisissable est à treize ans victime d’un viol. Plus rien ne tient : c’est de placements en foyers, de foyers en structures de crise. Et commence la saga délinquante : trafic et détention de stupéfiants, violences, agressions sexuelles. Entre deux séjours en prison, c’est hôpital-psy, sous le régime de l’hospitalisation d’office. Début 2007, Nicolas Cocaign est à nouveau placé en détention, pour des agressions sexuelles de type masochistes sur sa fille.

    Il se retrouve dans une cellule normale des prisons de la République française, à Rouen, un lieu où, comme chacun le sait, règne la loi : on y entre par décision d’un juge qui applique la loi, le séjour est géré par une administration dont toutes les décisions ne sont que l’application de la loi, et la peine a pour but l’amendement du prisonnier, qui doit se mette d’équerre avec la loi, et payer légalement sa dette à la société.

    Le soir du 2 janvier 2007, Nicolas Cocaign partage une cellule de 11 m², la n° 26, avec deux autres détenus David Lagrue et Thierry Baudry, 41 ans. Thierry Baudry n’est pas un costaud, loin de là, et il est le souffre-douleur des deux codétenus. 11 m², ce n’est même pas 3 m sur 4. Pour trois hommes, et dans un coin la tinette. Le soir du 2 janvier, Thierry Baudry a bouché ce chiotte pourave avec le papier hygiénique. Nicolas Cocaign est furieux et frappe Thierry Baudry, avant que David Lagrue les sépare.

    Mais ce n’est qu’un répit de quelques heures, dans ce huis clos de l’angoisse mortelle. Nicolas Cocaign croit décerner chez Thierry Baudry un regard de travers, et il se rue sur lui. Dans un déchainement de violence, il le massacre : des coups de poing, puis le corps bousillé avec un ciseau, et enfin la victime étouffée sous un sac plastique, dans une crise qu’il décrira ensuite comme « une jouissance intérieure identique à une jouissance sexuelle ».

    L’horreur se poursuit dans la prison de la République. Avec une lame de rasoir, Nicolas Cocaign découpe un morceau de poumon sur le cadavre de sa victime, qu’il fait cuire sur un réchaud avant de le manger…. David Lagrue, terrorisé, n’ose rien dire, ni rien faire. Tous deux passent la nuit au côté du cadavre sanglant et dépecé, et au matin, Nicolas Cocaign annonce aux surveillants son crime.

    La justice s’enclenche : Nicolas Cocaign est mis en examen pour assassinat, et David Lagrue pour complicité d'assassinat. Mais l’enquête fait ressortir que dans cet enfer des 11m², c’était le silence ou la mort, et David Lagrue bénéficie d'un non-lieu. Deux ans plus tard, il s’est suicidé à la maison d'arrêt d'Evreux. Trop lourd à supporter.

    Nicolas Cocaign, a plusieurs reprises, avait clamé qu’il était entrain de craquer, et demandait son hospitalisation au service médical. Aucune réponse. Après l’assassinat, le ministère de la justice a reconnu sa responsabilité, et s’est engagé dans l’indemnisation de la famille.

    Nicolas Cocaign est accusé de torture ou acte de barbarisme et meurtre précédé, accompagné ou suivi d'un autre crime. La Cour d’assises de Rouen doit rendre son arrêt vendredi.

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