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dsk - Page 3

  • DSK: Les avocats cherchent les femmes !

    9782843783111.jpg« Je suis le relais du cabinet Kenneth Thompson en France, notamment pour voir s'il existe d'autres victimes de Dominique Strauss-Kahn ». C’est le propos du 23 juin, non encore démenti le 24, de mon excellent confrère Thibault de Montbrial, qui pose quelques questions.

    Le message est clair.

    Kenneth Thompson, absent de la procédure mais présent devant les micros, cherche les femmes qui seraient victimes de DSK. On rêve, mais c’est le rêve américain, proclamé devant le tribunal de Manhattan le 7 juin : « Ce que nous voulons découvrir, c’est s’il y a quelque part des femmes, qu’elles soient en France ou en Afrique, qui ont été abusées par Dominique Strauss-Kahn. Je leur demande : s’il vous plaît, appelez-moi, car nous voulons les aider, nous voulons leur parler ». Aider et parler…Kenneth est un écoutant de SOS Femmes victimes…  ». Je croyais que la compétence de l’avocat, c’était la défense des droits.

    Cet appel était débile. L’affaire suffit à elle-même. Les faits reprochés sont ceux d’une scène criminelle grave, faisant courrir le risque d’années de prison : pourquoi vouloir charger la barque et compliquer l’affaire ? De plus; c’est l’image du cochon qui cherche les truffes… pas grand-chose à voir avec les droits de la défense. Et imaginez que, ce à quoi je me refuse : à l’instant même, la personne qui se déclarerait victime serait happée par un tourbillon médiatique qui finirait de lui pourrir la vie.2689dfd5424fafd15ba8bf4af602efdb-300x300.gif

    Cette initiative bouffonne conduira à l’inverse du but recherché. En fouillant la vie privée de la victime et en revenant bredouille, les avocats fox-terriers de DSK donnent de bien beaux arguments au procureur. Et lançant ce pathétique appel à la femme violée, la défense de la victime va apporter une bonne nouvelle à DSK, car rien de sérieux n’en ressortira. C’est de la haute stratégie.

    Et là, on retrouve notre Thibault, qui part lui aussi chercher la femme. Yes. La démarche reste aussi débile, mais surtout s’applique le Règlement intérieur national de la profession d’avocat, qui traite en son article 10 de la publicité.   

    « Article 10.2. Tout acte de démarchage, tel qu'il est défini à l'article 1 er du décret n° 72-785 du 25 août 1972, est interdit à l'avocat en quelque domaine que ce soit ».

    Et que dit l’article 1 du décret n° 91-1197 du 27 novembre 1991 ?

    « Constitue un acte de démarchage au sens de l'article 66-4 de la loi du 31 décembre 1971 le fait d'offrir ses services, en vue de donner des consultations ou de rédiger des actes en matière juridique ou de provoquer à la souscription d'un contrat aux mêmes fins, notamment en se rendant personnellement ou en envoyant un mandataire soit au domicile ou à la résidence d'une personne, soit sur les lieux de travail, de repos, de traitement ou dans un lieu public ».

    superdupont_we_need_you.jpgWouargh ! On relit la déclaration non encore démentie de Thibault : « Je suis le relais du cabinet Kenneth Thompson en France, notamment pour voir s'il existe d'autres victimes de Dominique Strauss-Kahn ». Donc, il va voir : ça c’est légal. Mais tout seul, et même en sautant en parachute, il risque de ne pas voir grand-chose. Donc il va faire plus, et notamment parler, et notamment balancer cette petite phrase qu’il sait reprise par toute la presse. Il reste à trouver le numéro dans l'annuaire...

    Thibault a du métier, mais le feu orange est déjà grillé, et cette phrase donne une image scandaleuse de la profession d’avocat. Honteux.  

    Elle honteuse car elle s’inscrit dans cette idée lamentableselon laquelle il faut condamner celui qui est capable de… J'ajoute qu'il n’y a aucun indice d’une autre affaire criminelle contre DSK, et le mec cherche. Shame on you !

    Elle honteuse car elle soutient que l’avocat est aussi un rabatteur de dossiers. J’engage un procès contre un employeur pour licenciement abusif, alors je lance un appel à témoin auprès des autres salariés... Comme disait Coluche, il ne faut pas nous prendre que pour des cons.

    Elle est honteuse vis-à-vis des femmes. Ces femmes chéries et admirées, que Kenneth est prêt à « aider », il faut que Thibault les déniche. Une femme pense par elle-même et décide elle même ce qu’elle a à faire : C’est trop compliqué à comprendre ?  

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    Le rabatteur, Hutchinson, 1983

  • Procès DSK : La nausée

    Procès DSK, apprêtez-vous à plonger… Après l’alibi – il ne s’est rien passé car je n’étais pas là et je ne connais pas cette personne – , après le complot franco-russe – il s’est passé une chose, mais cette femme a été programmée par des ennemis de la grande finance mondiale pour me détruire –, voici la troisième version : c’était de l’amour ! Le procès DSK, ce sera la nausée.

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    Le paradis et l'enfer
    rôme Bosch (1450 – 1516)

     

    La défense de DSK n’est pas un secret. Il n’a pas parlé, mais tout est dit.

     

    DSK a écrit le 22 mai aux fonctionnaires du FMI, huit jours après son arrestation : « Je démens de la manière la plus forte les allégations auxquelles je suis confronté ; je suis confiant que la vérité éclatera et que je serai exonéré ». Il a écrit… Non, il a signé la lettre écrite par ses avocats, qui cherchent à garder toutes les issues ouvertes.

    Son avocat, Benjamin Brafman, entonne un air connu : la femme a voulu mais elle n’assume pas. La nausée, oui.

    Nouvelle couche hier, avec mon excellent confrère Léon-Lef Forster, qui nous sort une bulle aussi grosse que lui : « Un séducteur ne contraint jamais. C’est donc avec une certaine sérénité, un certain courage qu'il doit être amené à affronter cette situation ».

    La partition est écrite.

    L’alibi est bidon. Détruit par la reconstitution de l’emploi du temps, et la présence du liquide séminal de l’ancien directeur du FMI sur le chemisier de la femme de service.

    Le complot... La défense ne s’y est pas arrêtée une seconde.

    Restent, car tout les établit, les actes sexuels, mais avec consentement. Consentement ? La défense sera plus subtile que nos bovidés locaux, genre Lang Jack ou Kahn Jean-François. Car il sera difficile de nier les marques corporelles, même légères, la violence objective de la scène, et la femme qui cherche à se faire vomir. Autant d’éléments matériels incontournables.

    Alors que restera-t-il ? Ce qu’on entend à longueur d’audiences aux assises. Du rabâché…

    Ce sera de savantes élucubrations sur la séduction, qui passe nécessairement par la nécessité de rompre la glace. « Un séducteur ne contraint jamais ». On va nous refiler cette mouise puante : le drame des séducteurs est que le fruit est défendu, et qu’il faut toujours briser un petit quelque chose pour que ça marche.

    Dans la foulée, l’accusé nous lâchera, presque la larme à l’œil, qu’avec le temps qui passe, il a beaucoup réfléchi. Il a cru que …, mais qu’il se rend compte que …, mais pour autant il conteste toute idée de violence dans un contexte si subjectif… Surtout quand la femme de service pousse la provocation à faire le ménage une demi-heure trop tôt. Faute impardonnable.

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    Je me trompe ? Peut-être. Nous verrons, et mon texte restera. Pour moi, l’affaire DSK, c’est le récit de la victime, sans avoir à changer une virgule.

    Pour comprendre, il nous manque juste un regard.

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  • Je découvre la prison privée

    go_to_jail.jpgOn apprend tous les jours : pour éviter la prison, il est possible de recourir à la prison privée. DSK a été remis en liberté… « en liberté » ? Que veulent dire les mots ?

    Cette prison à domicile a pour acteur pivot des sociétés privées, agréées par la Justice US. D’abord, il faut trouver  un appartement offrant des garanties de sécurité, et cette société fait un rapport au tribunal pour dire que les lieux se prêtent à une détention. On installe aussi des caméras de surveillance, avec le plan qui montre que tous les espaces de l’appartement sont under control.

    Ensuite, il faut de l’argent. Un dépôt de 1 million de dollars, et une garantie de 5 millions.

    Ca ne suffit pas. La personne libérée remet son passeport, et se fait coller un bracelet électronique. Elle signe une déclaration sur l’honneur affirmant qu’elle ne quittera pas les lieux, qu’elle ne se rendra pas à l’ambassade et qu’elle renonce au bénéfice de la convention d’extradition. Les visites sont contrôlées, et limitées à moins d’une par jour dans la semaine.

    Et vient le pire : une surveillance armée en permanence, pour un contrôle de visu.

    Au moindre manquement, c’est le retour à la prison, celle de l'Etat.

    Ce qui se passe à New-York nous pose une série de questions.jail%20n%20bail.png

    Ce n’est plus la prison d’Etat, oui, mais ce sera une épreuve terrible que cette détention privée, et cette surveillance obsessionnelle – avec bracelet, caméra, surveillance des gardiens, armes, alarmes – et pendant quatre mois, le procès étant fixé pour le début septembre. J’imagine que les sociétés qui obtiennent les agréments pour ce genre de mission doivent avoir un cahier des charges impressionnant. Dans le régime juridique français, les personnes placées en résidence surveillée ou sous bracelet électronique, mais qui finalement restent libres chez elles, nous disent toutes qu’au-delà de deux ou trois mois, la pression psychologique, qui crée le sentiment de dessaisissement de soi-même, est terrible. Alors, évidemment c’est une bonne nouvelle pour DSK et ses proches, mais il lui faudra une force de caractère exceptionnelle pour tenir, et ce alors qu’il vivra dans l’incertitude du procès à venir.   

    Ensuite, quelle méfiance de la part de la Justice ! Le juge ne fait confiance en rien. Il ne se fonde ni sur les dépôts d’argent – 5 millions de dollars – ni sur les engagements solennels pris par DSK, et il se moque de l’absence de précédent judiciaire. Non, il lui faut la garantie d’un contrôle effectif et permanent. La confiance ne fait pas partie du langage de cette décision de justice.

    Et le budget,… La liberté, à supposer que cette détention privée puisse être qualifiée de liberté, n’a pas de prix, oui, mais elle a un coût. Astronomique. Louer l’appartement et l’équiper, mais surtout payer une société de surveillance qui assure la permanence de trois gardiens. Déposer cash un million de dollars et apporter une garantie bancaire pour cinq. Combien peuvent se payer ce luxe ? C’est donc une justice qui refuse d’entrer dans le jeu de la confiance et qui accepte les régimes les plus discriminatoires.  

    Ces régimes, parfaitement rodés aux US, risquent-ils de débarquer en France ? A priori, on en est loin. Mais quand je lis ce soir les réactions enthousiastes, je m’inquiète. Cette détention privée pour DSK est un précédent pour un Français, et je parie que cette idée commence déjà à tourner dans les hautes sphères : les prisons étant débordées, pourquoi ne pas permettre cette prison privée à ceux qui en ont les moyens ? Quitte à vendre l'idée même de liberté...

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  • Agression sexuelle : La parole de la victime existe-t-elle encore ?

    9782247086870.jpgDSK sera-t-il condamné ou non ? Seul un jugement définitif le dira, et nous en sommes loin. Nous connaissons, partiellement, la thèse de la victime, mais nous ignorons tout des éléments décisifs de l’enquête et de la thèse de la défense.

    DSK risque gros, très gros. Son avenir politique est râpé, mais surtout il encourt des années de prison. Il proteste de son innocence. J’ai bien en tête le visage de personnes accusées, qui protestaient contre toutes les apparences, et dont l’innocence a finalement été reconnue. A l’examen des faits s’ajoute la procédure, et ses règles. L’affaire n’est pas finie ; elle commence, et ses avocats seront très combattifs.

    Mais la retenue qui s’impose vis-à-vis de l’accusé vaut pour la victime, et ce que je vois apparaitre depuis hier matin est consternant.

    Je passe évidemment sur toutes les grandes déclarations bidonnées de notre joyeux monde politique sur les violences faites aux femmes. Avec ce législateur qui fait de la gonflette en votant la loi réprimant la simple violence psychologique dans le couple… alors qu’il sait très bien que faire enregistrer une plainte pour violences est loin d’être évident pour les femmes. Je n’oublie pas non plus que les députés ont rendu hommage debout, et en séance, à un de leur collègue qui venait de se suicider après avoir abattu sa femme à bout portant, parce qu’elle le quittait.

    Non, je n’ai pas découvert hier que le discours sur les violences contre les femmes manquait cruellement de contenu. En revanche, je n’imaginais pas ce mépris profond et serein pour une femme qui vient de porter plainte pour viol, et dans des conditions suffisamment circonstanciées pour que la police, puis un procureur, enchaînent.

    Il y a deux personnes en cause, et ce qu’elles disent mérite une égale considération pour les observateurs que nous sommes.

    DSK conteste les charges. Dont acte. Nous ne savons rien de la thèse de DSK. Ne s’est-il rien passé ? S’est-il passé quelque chose, mais qui n’était qu’une équivoque ? Est-ce un complot, une manipulation ? Ses avocats s’exprimeront. Je dis quand même que le menottage dans le dos d’une personne qui ne présente aucun risque de fuite est un abus, de même qu’exposer cet homme menotté aux photographes. C’est peut être courant aux US, mais c’est illégal en France, et à juste titre. 9782247074082.jpg

    Mais, en parallèle, quel mépris pour ce que dit cette femme ! Comment accuser d’être l’outil d’un complot cette jeune femme humble, vivant avec sa fille, salariée appréciée par son employeur dans sa manière de servir et dans son comportement ?

    Sa thèse, tout le monde la connait, et elle a été prise en compte immédiatement par la police puis après plus de huit heures d’examen, par le procureur. Ce n’est pas une veille histoire qui ressort opportunément. Dans les minutes qui ont suivi, elle s’est précipité vers ses collègues et son directeur pour parler, et demander à la police de venir.

    Cette femme peut demain dire qu’il ne s’est rien passé, et le procès prendra fin. Mais ce qu’elle a dit aujourd’hui mérite la plus grande attention, car si cette thèse est vraie, cette femme a été victime d’une agression sexuelle, une blessure terrible qui marquera sa vie.

    Les victimes qui portent plainte savent que deux malheurs se conjuguent : l’agression qu’elles viennent de subir, et l’enquête qui commence. Et il en est pour la femme de service du Sofitel comme toutes les victimes. Elles ne demandent rien à personne, se trouvent agressées, et elles vont devoir affronter les mises en cause qui découlent de toute procédure. Il faut des preuves, et c’est l’objet des enquêtes, conduites par des équipes spécialisées de la police.

    Mosco, le Guen, Savary, et toute la chorale ont entonné l’air du « complot », de la « manipulation ». Complot de quoi ? Comment ? Qu’attendent-t-il pour saisir la justice ? Il est profondément choquant qu’à aucun moment ils n’émettent l’hypothèse que la victime puisse être sincère, car cela revient à la condamner, sans présomption d’innocence, à l’infraction de dénonciation calomnieuse.

    La question posée à la justice de New York, c’est un des décideurs les plus puissants du monde qui agresse une femme issue de la plus humble des sociétés. Le fait que les responsables politiques de Gauche soient incapables d’intégrer cette question dans leurs analyses montre que s’ils mettent des guillemets à « victime », je dois les mettre à « de Gauche ».

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  • Les affiches de campagne de DSK

    En exclusivité sur le blog, et grâce à notre équipe d'investigation en eaux troubles, voici les affiches de la campagne de DSK. Enfin, le socialisme devient moderne, et dessine la nouvelle donne sociale. Un message fort...

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