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  • L’Egypte à l’heure de toutes les incertitudes

    L’Egypte, ce grand pays de 80 millions de personnes, est ravagé par la crise économique  et sociale, et par la pauvreté. Morsi, arrivé au pouvoir il y a un an n’a rien maîtrisé. Rien. Ce dimanche soir du 30 juin, alors que les manifestants se comptent par centaines de milliers, et à travers toute le pays, personne ne peut dire où va l’Egypte. La chute de Morsi serait celle des Frères Musulmans, avec des effets systémiques dans tout le Proche Orient.

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    Hosni Moubarak est tombé en février 2011, laissant un pays exsangue. L’Egypte qui jadis exportait du blé, était devenue importatrice, et ce sont les US qui bouclaient le budget. Tout rendait la situation explosive: une économie stagnante, sans armature, un niveau de vie très bas, si ce n’est misérable, une capitale tentaculaire et ingérable, une corruption omniprésente, une armée devenue un appareil politique, la destruction de toutes les forces politiques d’opposition…

    Les Frères musulmans ont logiquement gagné les élections, mais ils ont vite montré qu’ils ne savaient pas gouverner : incapacité à traiter des questions économiques et sociales, même pour répondre à l'urgence, marchandages sans fin avec l’armée, crise avec la magistrature conduisant à un blocage institutionnel. Il est à ce jour à peu près impossible de dire quelle structure politique est en mesure d’exercer ses fonctions, sauf la présidence,... et dès lors l’enjeu se déplace : c’est un mouvement massif, la campagne Tamarrod, qui a pour un but précis d’obtenir le départ de M. Morsi. Le mouvement regroupe des courants très divers, voire opposés, mais la cible est commune.

    Inflation, chômage, pouvoir autoritaire… L’acte d’accusation est vite établi. Et face à cette foule qui appelle à un vote démocratique – 22 millions ont signé pour une nouvelle élection – les Frères musulmans apparaissent pétrifiés. Les nostalgiques de l’ancien régime sont à la manœuvre, comme tous les groupes qui ont intérêt à déstabiliser l’Egypte, certes. Mais un tel mouvement de masse est d’abord le fruit d’un mécontentent social et grave.

    Morsi n’a pas encore démissionné, c’est sûr, et l’opposition ne parait sûre ni dans ses leaders, ni dans son programme. Quelle sera l’attitude de l’armée ? Elle qui a bien pourri la succession de Moubarak se retrouve au centre du jeu, et elle est naturellement amenée à renforcer le pouvoir en place…  Qui peut dessiner des vraies perspectives pour résoudre la crise sociale ? Avec quels appuis ?

    La nuit commence au Caire… Elle sera longue…

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  • Vive l’Egypte !

    Je ne sais rien de ce qui passe en Egypte, mais je salue la remarquable réussite politique du peuple égyptien, des Frères musulmans et de Morsi. Deux ans après la Révolution du 25 janvier 2011, le peuple est uni, une constitution est adoptée et s’annoncent des législatives. De partout des insatisfactions, mais le chemin parcouru est magnifique.

    Je dis que je ne sais rien de ce qui se passe en Egypte, car je n’y ai pas mis les pieds depuis six mois, que là-bas on se rend vite compte à quel point on sait peu de choses, et comment tout évolue si vite.

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    Plongé dans la vie du Caire, rencontrant beaucoup de monde, et des plus divers, et passant des heures dans les rues, les souks, les restos et les cafés (dont l’éternel Fishawi  du souk de Khan al-Khalil), j’avais juste compris qu’il faudrait des mois pour savoir ce qui se passe au Caire, et des années pour avoir une petite idée de ce qu’est ce grand pays. De loin, on voit des masses de personnes, affairées, pressés par un but qu’on ne parvient à imaginer. Et quand on s’approche, on voit de visages et des vies. Quand un ami peut faire l’intermédiaire, qu’on commence à échanger, on commence à entrer dans le concret, et alors on comprend juste qu’on ne sait rien de l’Egypte.

    Chères amies, chers amis, allez faire un tour au Caire. Il y a de très bons vols directs par Egyptair depuis Roissy. Les hôtels sont bon marché, car les afficionados de l’ordre sous le soleil du temps de Moubarak, le grand ami de Sarko et d’Obama, sont partis chercher le dépaysement hype et pas cher ailleurs. Alors, prenez trois ou quatre jours, et allez vivre le monde de demain : bienvenue au Caire.  Et ouvrez les yeux.

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    Ceci pour dire quoi ? Que le miasme entretenu tous les jours sur l’Egypte est insupportable, car il ne résulte que d’a priori, et de postures fondées sur les peurs de la société française.  

    Il y aura deux ans ce 25 janvier, c’était la Révolution. L’enfant chéri des US, d’Israël et de la France, était renversé. Une crapule authentique, qui avait tout vendu. Les mêmes  US, Israël et la France n’ont ces temps-ci pas de mots assez durs contre El Assad. Ils atteindraient le seuil minimal de crédibilité s’ils n’avaient pas tant soutenu Moubarak et son allié Ben Ali. Qu’ils se la ferment relève de la salubrité.

    Et ils parlent pour dire quoi ? Ils ne disent rien, ils préfèrent donner des leçons. Eternels professeurs de morale, les US et la France entonnent le couplet « C’est pas gentil, il faut unir, et pas diviser ». TF1 et Libé applaudissent, çà en dit long… Après avoir pleuré pour le printemps arabe, ils pleurent pour l'hiver arabe... Attention, un jour viendra l'été ! 

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    Regardons les faits.

    35% de votants pour une réforme constitutionnelle, c’est un excellent score pour ce type de vote, et ce dans un pays miné par l’illettrisme et ravagé par la crise économique.  

    63% de votes favorables… C’est la division du pays… Ben voyons. On reparle du référendum de 1962 ? Ou du référendum sur l’Europe ? Nous n’avons plus d’analystes politiques, mais seulement des phraseurs incontinents et écervelés.

    Ensuite ? La constitution est illégitime car elle fait référence à l’Islam ! Ces grands névrosés de la déesse laïcité intégrale pratiquent des séances d’onanisme collectif et bien heureux, mais c’est leur problème ! Grand bien leur fasse… Dans tous les pays du monde, l’Etat trouve des arrangements avec la religion. Obama dans quelques jours va prêter serment sur la Bible… En France c’est itou, avec des données religieuses omniprésentes dans la vie publique… mais il ne faut pas le dire !

    Ah, mais voilà le blème. Je n’ai rien compris au film, car la constitution Egyptienne intègre les principes de l’Islam. C’est donc l’abomination absolue, m’expliquent BHL, Sœur Caroline de l’Esprit Coincé, Libé et Rance-Inter. Yes, babies… Sauf que cette référence à l’Islam figurait dans la constitution de Moubarak… et dans celle de Sadate… Et faire l’Egypte sans l’Islam, çà me semble un peu compliqué…

    Bref, deux ans après la Révolution, malgré toutes les nuisances internationales, l’Egypte unie, vient de se doter d’une constitution démocratique. Le pouvoir judiciaire est préservé, et sait se faire entendre. Dans deux mois, viendront les législatives, le président Morsi transférera le pouvoir législatif à l’assemblée élue. Tout continue.

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    Le nouveau gouvernement doit faire face à deux urgences, qui ne ressort pas des fantasmes de l’islamisation, mais se jouent sur la vie quotidienne des Egyptiens : éradiquer la corruption et stabiliser l’économie. Ce sera très compliqué, car tant d’esprits tordus (et intéressés) rêvent d’une déstabilisation de l’Egypte.

    Il y aura de l’incompréhension, des manifs, de la répression, des excès… Oui, et alors ?

    Les médias d’ici rêvent d’une opposition qui leur ressemble. Pourquoi pas ? Mais que fait le sympathique et US-compatible El-Baradeï, à part des interviews ?

    L’enjeu réel est évident, loin de ces jérémiades : combattre le grande misère, fruit des années Moubarak.

    Venez au Caire, oui, venez au Caire. Ne craignez pas les circuits touristiques, car ils sont magnifiques. Mais prenez le temps d’en sortir. Ce n’est pas compliqué, il suffit de demander à un taxi. Partez avec un taxi le soir, après vingt heures, et posez-vous à la terrasse d’un des petits restos (après avoir commandé leurs inégalables grillades), par exemple dans le quartier des Pyramides.

    Quand la nuit s’installe, vous allez voir de très nombreuses personnes se déplacer, partant en groupe. Ce sont les habitants des cimetières, qui partent s’installer pour la nuit. Le régime admiré de Moubarak a laissé une misère telle que deux millions de Cairotes, environ 10% de la population, dorment la nuit à l’abri des grandes tombes des cimetières.

    Combattre la misère, relancer l’économie : ce sont les seuls vrais enjeux du gouvernement égyptien.

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  • Rome : 23 agents de la CIA condamnés à de lourdes peines pour enlèvement

    Ces jours-ci, on regarde beaucoup du côté des dirigeants égyptiens, et les donneurs de leçons perpétuels sont aux aguets pour critiquer cette classe politique égyptienne qui n’est pas encore devenue un modèle de la bonne gouvernance et du respect cardinal du droit, signe des sociétés développées.

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    L’affaire que vient de juger la Cour de cassation italienne, ce 19 septembre, permet de remettre les pendules à l’heure pour savoir où sont ceux qui violent le droit pour défendre leur pouvoir.

    Abou Omar, un imam, était l’un des opposants de Moubarak, le pantin des US dans la région, promu grand patron de l’alliance France-Méditerranée par Sarko. C’était le chouchou parmi les grands alliés de Sarko : Ben Ali, Assad, Kadhafi…

    Objet de persécutions politiques, Abou Omar avait dû fuir son pays pour trouver asile en Italie. Il avait obtenu le statut de réfugié politique, et y menait une vie tranquille, respectant la neutralité due par les réfugiés. Le gouvernement italien n’a jamais rien eu a lui reproché.

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    Le 17 février 2003 à Milan, il a été agressé en pleine rue par une bande de salopards qui l’ont pris en rapt, et on n’a plus eu de nouvelles de lui. Quelques temps plus tard, son épouse a appris qu’il était en Egypte, dans les prisons politiques de Moubarak, où il était soumis à la torture.

    La famille d’Abou Omar a porté plainte, et la justice italienne, une fois de plus, a magnifiquement fait son travail.

    L’enquête a démontré que la bande mafieuse qui avait commis ce rapt et livré Abou Omar à ses tortionnaires était une équipe de vingt-trois agents de la CIA. Le chef est un dénommé Bob Seldon Lady, responsable de la CIA pour le Nord de l’Italie. Sa maison italienne a été placée sous séquestre, et elle sera vendue pour participer à l’indemnisation de la victime.

    En première instance, les peines allaient de cinq à huit ans de réclusion, et elles ont été aggravées en décembre 2010 par la cour d’appel de Milan, qui les a portées de sept à neuf ans, les neuf ans étant pour Bob Seldon Lady.

    Ce 19 septembre, la Cour de cassation de Rome a confirmé l’arrêt de la Cour d’appel.

    En revanche, la cour d’appel avait relaxés le patron du renseignement italien, le SISMI, Nicolo Pollari, son adjoint, Marco Mancini, et trois autres membres du service. La Cour de cassation a cassé l’arrêt sur ce point, les deux anciens boss du SISMI devront être rejugés. Ca devient très chaud pour eux.

    Les fonctionnaires US ont tous pris la fuite, et ces grands amateurs de justice n’étaient pas présents au procès. C’est donc une condamnation par contumace qui a été prononcée contre ces lâches, et le ministère italien de la Justice a annoncé qu’il allait demander aux dirigeants US leur l’extradition.

    Eh oui, mon p’tit Obama, le dossier sera bientôt sur ton bureau, avec l’étiquette : « Justice has been done ».

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  • Egypte : Le Parlement déclaré illégal. Un coup d’Etat ?

    Avis de tempête sur l’Egypte. La Haute Cour Constitutionnelle a déclaré « illégal » l'Assemblée législative dominée par les Frères musulmans, qui ont dénoncé un véritable « coup d'Etat ». Ce à deux jours de la présidentielle, qui se joue entre Ahmad Chafiq, the last premier ministre de Moubarak, et Mohammed Morsi, le candidat des Frères musulmans. Un an et demi après la chute de Moubarak, la tension est maximale.

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    La Haute Cour Constitutionnelle devait se prononcer sur deux questions.

    La première concernait une loi dite « d’isolement politique » adoptée en avril par le nouveau Parlement. La loi qui interdisait «à tout président de la République, vice-président, Premier ministre, président du Parti national démocrate (PND, parti de Hosni Moubarak), secrétaire général ou membre de son bureau politique» en poste pendant les dix années précédant la chute de Hosni Moubarak d'exercer des droits civiques pendant 10 ans.

    Cela concernait notamment Ahmad Chafiq, qui est un proche de Hosni Moubarak. Plusieurs fois ministre pour finir premier ministre, il avait tenté de se maintenir au pouvoir, mais avait du céder sous la pression des manifestants. Sa candidature, d'abord déclarée invalide, avait été maintenue par la commission électorale en attendant un jugement de la Haute Cour Constitutionnelle. La Cour a invalidé la loi, Cette loi n'était pas basée sur « des motifs objectifs » et « constitue une violation du principe d'égalité », menant à une discrimination sur des « raisons illogiques ». Chafiq reste candidat, et l’annulation conforte les forces du régime déchu.

    La seconde décision, plus considérable, porte que le scrutin législatif de ce printemps. Le système électoral égyptien panache le scrutin de liste (2/3) et les candidatures individuelles (1/3). Une loi avait autorisé les partis à présenter des candidats dans cette seconde catégorie, et selon la Cour, cette loi doit être invalidée car elle a lésé les candidats indépendants. Le principe d'égalité n'a pas été respecté puisque certains partis ont présenté des candidats au tiers réservé aux indépendants.

    Le président de la cour, Farouk Soltan, a expliqué que le Parlement n'avait pas été élu dans des conditions « constitutionnelles ». De telle sorte sa composition est « entièrement illégale », et il revient désormais à l'exécutif de convoquer un nouveau scrutin.

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    Mohammed Morsi a déclaré qu'il « respectait » les décisions de la cour « en raison de son respect pour les institutions de l'Etat et pour le principe de la séparation des pouvoirs ».

    Dans un communiqué sur leur page Facebook, les Frères musulmans ont dénoncé « un « coup d’État total à travers lequel le Conseil militaire a effacé la période la plus honorable dans l'histoire de la patrie ». Pour Aboul Fotouh, qui avait été candidat à la présidentielle : « Maintenir le candidat de l'armée et renverser le Parlement élu est un véritable coup d'État, et quiconque pense que des millions de jeunes vont laisser ce coup d'État se produire se leurre ».

    Il faut dire que les nouvelles s’accumulent.

    Le verdict du 2 juin a condamné Hosni Moubarak à la prison à vie, mais six hauts responsables de la police ont été acquittés, et les accusations de corruption contre Hosni Moubarak et ses fils Alaa et Gamal ont été écartées comme prescrites.

    Ce mercredi, le Ministre de la Justice, malgré des protestations des ONG, a donné aux services de renseignements de l’armée le pouvoir de police judiciaire et notamment celui d’arrêter des civils, de les détenir et de les poursuivre en justice, restaurant une disposition-clé du régime policier, base fonctionnelle de la répression depuis 1981 et levée le 31 mai avec la fin de l'état d'urgence.

    Enfin, le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui exerce la réalité du pouvoir depuis février 2011, pourrait annoncer qu'il entend assumer directement le pouvoir législatif après la décision de la Cour déclarant le parlement illégal.

    Alors, où va l'Egypte, pays stratégique au Moyen-Orient ? Qui sera élu dimanche ? Les nouvelles élections législatives seront-elles rapidement programmées ? Quelles forces reste-t-ils aux manifestants de la Place Tahrir qui rejettent ou marquent leur distances avec les deux camps ? Et puis, il est urgent que l’économie reparte. La Révolution était avant tout économique et sociale.

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  • Magnifiques Egyptiens

    Soixante ans après, la France ne sait toujours pas comment se débarrasser de son Maréchal. Les Egyptiens, eux,  ont mis quelques mois. Hier, le Maréchal Hussein Tantaoui a choisi la voie tracée par Moubarak : « dégage ! »

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    Le Maréchal Tantaoui s’est incliné et a accepté ce mardi la démission du transparent chef du gouvernement, Essam Charaf. Les élections législatives auront lieu comme prévu ce 28 novembre, mais l’armée est prête à organiser un référendum sur le transfert du pouvoir à la société civile « immédiatement, si le peuple le souhaite ». D’ajouter : « L'armée ne veut pas le pouvoir et met les intérêts du peuple au-delà de toute considération. Elle est tout à fait prête à remettre les responsabilités immédiatement, si le peuple le souhaite, à travers un référendum populaire ». Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) du Maréchal Tantaoui s’est incliné devant la suprême société égyptienne de la Place Tahrir.

    Il aura fallu toute la détermination des magnifiques Egyptiens,… et encore 28 morts. Cet immense courage pour braver les forces de l’ordre, leurs armes et les faire plier.

    Que deviendra l’Egypte ? Quel y sera demain le pouvoir ? L’Egypte deviendra-t-elle la terre du renouveau de la démocratie ? Parviendra-t-elle à faire plier les forces économiques qui soutiennent des pouvoirs politiques en service commandé ? L’armée rentrera-t-elle réellement dans ses casernes, pour se consacrer à la défense des frontières ? L’Egypte parviendra-t-elle à s’extraire de l’utilitarisme sioniste dans laquelle des pouvoirs sans scrupules l’ont missionnée ?

    A toutes ces questions, personne n’a de réponse. Personne ne peut dire ce que sera demain le pouvoir politique, ce que sera son action. Mais en revanche, tout le monde sait ce que veut le peuple égyptien, et au-delà, ce que veulent les peuples arabes : la liberté et l’égalité.

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    C’est en cela que les révolutions tunisienne, égyptienne et yéménite  sont des références : la société s’est exprimée. Et on ne saurait confondre ce que veut la société et ce qu’est le pouvoir politique. Manière de dire, aussi, que les grands démocrates de ce début de siècle sont les jeunes qui ont affrontés les policiers de Ben Ali, les manifestants de la Place Tahrir, et les femmes qui, avec une splendide lucidité, occupe le centre de Sanaa, et vont obliger le président Saleh a déguerpir.

    Le message est universel. Si les dirigeants français avaient deux sous d’intelligence politique, ils feraient venir des délégations de ces combattants de la liberté, pour  nous expliquer ce que sera la société de demain. Comme des buses, ils préfèrent recréer une ligne Maginot à coup de visas et de spasmes délirants anti-muslims. En réalité, ils savent qu’ils ont déjà perdu.

    La France de 1789, celle qui avait si bien proclamé l’égalité des droits, a accepté l’esclavagisme jusqu’en 1848, a commis des crimes contre l’humanité comme puissance coloniale en Algérie, a attendu 1965 pour reconnaitre à la femme la libre disposition de ses revenus, et reste puissance occupante à Mayotte contre toutes les règles du droit international. Aussi, elle est bien placée pour savoir le temps qu’il faut entre la revendication populaire de la liberté, et l’avènement d’un pouvoir politique qui respecte pleinement cette liberté.

    La démocratie vit par les assemblées parlementaires, par ses lois, mais elle nait par les manifestations, quand le peuple s’empare de la rue.  

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    Le peuple est la garantie des droits

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