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guerre - Page 5

  • US : Une armée pour dominer le monde

    Obama-Troop-Incease-in-Afghanistan.jpgLes petits amuseurs du jury Nobel doivent être fiers d’avoir attribué le Nobel de la Paix à Barack Obama, ce prédateur insouciant qui vient d’annoncer – par une conférence de presse depuis le Pentagone ! – le nouveau cours des dépenses militaires US : « Le budget de la Défense restera plus important que ce qu'il était à la fin de l'administration Bush ».

    Lisons le prix Nobel :

    « Le monde doit savoir que les États-Unis maintiendront leur supériorité militaire avec des forces armées agiles, flexibles et prêtes pour toutes les éventualités et les menaces. »

    « Les choix fiscaux auxquels nous sommes confrontés sont difficiles, mais il ne doit pas y avoir de doute : nos forces armées demeureront les mieux entraînées, les mieux dirigées et les mieux équipées de l'histoire. » 

    « Nous continuerons d'investir dans des capacités cruciales pour nos futurs succès, à savoir le renseignement, la surveillance, la reconnaissance, le contre-terrorisme, la lutte contre les armes de destruction massive ».

    Le budget militaire US dépassera la somme des budgets militaires des 10 pays qui dépensent le plus derrière les Etats-Unis.

    Une armée, c’est pour défendre le pays, nous sommes bien d’accord. Les autres, ce sont les autres, et les Etats sont souverains. bananarepublic.jpg

    C’est toute la philosophie du droit international, telle que rappelée par l’article 1 de la Charte des Nations Unies, qui donne à l’institution les buts suivants :

    -          Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix; 

     

    -          Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde;

    Egalité de droit des peuples et droit des peuples à disposer d’eux-mêmes... Parfait !

    La France a adopté le même principe, que l’on retrouve dans le préambule de 1946 : « La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple. »

    united_states_imperialism1.jpgAlors, je me suis penché sur la carte, pour chercher les menaces qui pèsent sur les Etats-Unis, et franchement, ce n’est pas flagrant : le Canada ou le Mexique auraient-ils un plan caché pour envahir les US ?

    Ce budget, c’est la démonstration chiffrée de l’impérialisme US, car tout concerne l’action des US en dehors de leurs frontières. C’est-à-dire que le Prix Nobel de la Paix est un homme de guerre, et son choix est la domination du monde par la force armée. Cette politique d’impérialisme militaire est totalement contraire au droit international, et c’est que qui explique que les US refusent de signer les traités qui pourraient être contraignants, car ils l’obligeraient à respecter ce qui fait la légalité internationale.

    Les US connaissent la Cour Pénale Internationale (CPI), vu qu’ils ont tout fait, via le Conseil de Sécurité qu’ils contrôlent, pour saisir cette cour des affaires du Soudan et de la Lybie. Alors, cette question simple à Barack Obama, Prix Nobel de la Guerre : « Pourquoi les US, qui ont de si nobles objectifs et valeurs, refusent-ils d’adhérer à la CPI ? » Le Prix Nobel de la Guerre redouterait-il une enquête ? un mandat d’arrêt ?

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    Yes we can

  • Obama : Une nullité

    Yes we can ! You can? But, what can you do? Just speeches, speeches, speeches and speeches... Obama est une nullité. Un mercenaire.

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    Il fallait beaucoup d’optimisme pour croire que l’élection d’Obama pouvait être l’occasion d’un nouveau cours US. Mais après tout, pourquoi pas ? Politique, économie, culture, mouvement de luttes… L’histoire du peuple US, ce n’est pas rien, et un black pour diriger tout çà, prendre le relais de Martin Luther King, du grand mouvement d’émancipation… de l’extraordinaire culture black US. Avec d’un côté la mamy Clinton et de l’autre le papy McCain, Obama avait de la gueule.

    Quatre ans après…

    Guantanamo ? Rien. La fermeture était signée, mais rien n’a été fait, et aucun des détenus n’a été libéré et indemnisé à hauteur des injustices commises.

    La réforme du système de santé ? Rien. Une loi sans un rond pour l’appliquer. Les pauvres attendront. Affronter le mur de l’argent est un peu trop compliqué.

    La dette ? Rien. Elle s’accroit joyeusement, asséchant les crédits disponibles pour les autres. Le bras de fer de septembre 2011 avec les Républicains a été pour Obama un renoncement en rase campagne.

    La peine de mort ? Rien. Le port des armes ? Rien.  

    Ben Laden, l’ancien agent US, assassiné sur une terre étrangère ? « Justice has been done ». Le mythe du justicier.

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    L’Irak ? Rien. L’Afghanistan ? Rien. La sanction de la torture ? Rien. Planqué derrière l’OTAN en Libye, pour prendre un place au chaud. Dernier soutien du régime chancelant de Bahreïn, parce que c'est un véritable port d’attache US.

    Le discours du Caire, oui ? Et quoi après le discours  ? Rien. Si ce n’est un soutien jusqu’au boutiste à Moubarak.

    La Palestine ? Rien. Il y a un an encore, le « discours », c’était l’arrêt de la colonisation et un Etat. Hier, c’était la poursuite de colonisation et pas d’Etat. Négocier ? Sur quoi, quand on ne peut négocier ni des colonies, ni des réfugiés, ni du retour aux frontières de 48… Rigolo… N’oublie surtout pas ton discours sur la morale.

    Petit, tout petit Obama, le VRP des grands groupes militaires et industriels US, pour qui la planète n’est qu’un marché à piller.

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  • Un gouvernement a-t-il le droit de bombarder dans son pays ?

    Un gouvernement peut-il procéder à des bombardements sur des villes devenues rebelles ? Kadhafi est dans l’actualité, et on en discute, mais, et pour la CEDH vient de prononcer. Pas pour la Libye, mais pour la Russie (CEDH, 3 mai 2007, n° 17170/04, 20792/04, 22448/04, 23360/04, 5681/05 et 5684/05, et n° 1503/02). La Russie est très souvent condamnée pour ses pratiques en Tchétchénie, et cette semaine à trois reprises. Mais cet arrêt, au delà des faits jugés, a le grand intérêt de se prononcer sur une question de portée très générale : jusqu’où un gouvernement peut-il aller pour rétablir l’ordre ?

     

    Les bombardements d’octobre 2009

     

    images.jpgLa CEDH était saisie par des familles de victimes de deux bombardements  effectués par des avions russes sur la ville tchétchène d’Urus-Martan, les 2 et 19 octobre 1999. La ville était alors contrôlée par des combattants tchétchènes. Bilan : un immeuble et 40 maisons détruites, 10 morts et plus de 20 blessés. En décembre 1999, les troupes russes reprirent le contrôle de la ville.

     

    Un avocat, Abdulla Khamzayev, a engagé les recours. En avril 2000, le commandement des forces aériennes russes lui a expliqué que, vérification faite, il n’y avait pas eu de bombardements le 19 octobre. Pour l’attaque aérienne du 2 octobre 1999,  il y avait eu bombardement, oui, mais que c’était l’œuvre d’un « avion non identifié ».

     

    En juillet 2000, l’avocat a obtenu l’ouverture d’une enquête pénale,… qui en novembre 2003, a conclu qu’il n’y avait pas d’infraction pénale.

     

    Il s’agissait en effet de la mise en œuvre d’un décret présidentiel contre les « extrémistes islamiques » qui occupaient Urus-Martan. Donc, l’application d’un ordre. De plus, ajoutait le parquet, la population locale avait été prévenue par les médias et par des tracts que l’aviation et l’artillerie pouvaient être utilisées en cas de résistance organisée des groupes armés.

     

    Notre ami Khamzayev, voulant en savoir plus, a demandé une copie de cette décision mais le procureur militaire lui a répondu que le dossier d’instruction avait été classé secret. Les recours se sont poursuivis jusqu’à la CEDH.

     

    Pour la Cour, il revenait à la Russie de justifier le recours à ces bombardements, et de démontrer qu’ils étaient absolument nécessaires, pour respecter l’article 2 de la Convention, qui protège le droit à la vie.

     

    Que répond la Cour ?

     

    52922453506325458.jpgEn s’abstenant de communiquer le moindre document ou élément sur les circonstances de l’attaque du 2 octobre 1999, le Gouvernement a fortement entravé la capacité de la Cour à apprécier celles-ci. S’il a été certes plus coopératif en ce qui concerne le second bombardement aérien, la Cour n’est toujours pas en mesure d’avoir une vision d’ensemble de cet incident. En particulier, le Gouvernement n’a donné aucun détail concernant la préparation et l’encadrement de l’attaque, notamment du fait qu’un certain nombre de pièces essentielles avaient été détruites quelque mois après l’incident, conformément à un échéancier fixé par un arrêté spécial du ministère de la Défense, échéancier que la Cour estime inadéquat.

     

    La Cour prend en compte l’argument tiré par le Gouvernement de ce qu’Urus Martan était occupée par un nombre important d’extrémistes armés, ce qui pourrait expliquer que les autorités n’avaient eu d’autre choix que de lancer des attaques aériennes.

     

    Cependant, elle n’est pas convaincue que les précautions nécessaires aient été prises, de manière notamment à prévenir ou minimiser autant que possible les risques pour la vie.

     

    Pendant plusieurs années, les autorités militaires ont démenti l’existence même des bombardements ou nié que des attaques de ce type sur le quartier résidentiel en question eussent été planifiées ou ordonnées, ce qui ne fait que discréditer la thèse selon laquelle les attaques devaient consister en des frappes précises. Il est évident que les autorités étaient au fait de la présence de civils dans la ville à l’époque, or aucune mesure n’a été prise pour assurer leur évacuation. La Cour n’est pas convaincue qu’avertir la population locale par le biais des médias et de tracts ait permis de la protéger adéquatement. En outre, elle est frappée en particulier par le recours à des bombes à fragmentation de gros calibre, une arme d’emploi aveugle, dont l’utilisation dans une zone peuplée a déjà été jugée par elle irréconciliable avec les précautions nécessaires qu’un service répressif est censé prendre dans une société démocratique.

     

    La Cour en conclut que la Russie a manqué à protéger le droit à la vie des habitants, en violation de l’article 2.

     

    Une jurisprudence de portée générale

     

    EmerichDeVattel-LawOfNation.pngL’arrêt est très intéressant, et il percute l’actualité des bords de la méditerranée.

     

    D’abord, on comprend la réticence de Poutine à voter une résolution sur « la responsabilité de protéger » quand il était entrain de rédiger sa plaidoirie pour justifier ses bombardements tranquilles sur d’Urus-Martan.

     

    Ensuite, la Cour ne pose pas d’interdiction de principe à des bombardements sur une ville aux mains de rebelles, devenue un foyer d’activistes. Mais il faut prouver que c’est là le seul moyen de lutter contre des combattants armés, que des mesures effectives ont été prises préalablement pour permettre aux populations civiles d’évacuer la ville, et que le choix des bombes utilisées était compatible avec la volonté de limiter les dégâts aux seuls combattants. L’usage des armes de guerre ne doit viser que les combattants.

     

    La CEDH répond sur le terrain juridique qui est le sien, l’application des droits de l’homme. Mais sur le plan pénal, l’examen des faits laisse apparaitre l’usage des forces armés contre les populations civiles, frappées de manière indiscriminée, ce qui est un crime de guerre, défini par l’article 8, 2, b, iv) du statut de la CPI : « Le fait de diriger intentionnellement une attaque en sachant qu’elle causera incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des blessures aux personnes civiles, des dommages aux biens de caractère civil ou des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel qui seraient manifestement excessifs par rapport à l’ensemble de l’avantage militaire concret et direct attendu ».

     

    Cet arrêt un hommage posthume au grand avocat Abdulla Khamzayev, très impliqué dans ces affaires et qui a si bien défendu le droit, décédé le 13 juin 2004.

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  • Lettre de Gaza

    « Bonjour, on est toujours vivant… » Voici un texte de Dania, épouse de Mohamed Mussalem, un artiste de Gaza et professeur au département des beaux arts de l'université Al Q'sa.

     

    Bonjour,

     

    on est toujours vivant ... jusqu'à maintenant au moins ..... après plus d'une semaine de stress et d'horreur qu'on a vécu pendant les bombardements continus sur Gaza. Autour de notre maison plus de 15 missiles de f16 sont tombés. Vous imaginez la suite. Des fenêtres qui ont éclaté, la maison et le sol qui tremblent au dessous de toi, les enfants terrorisés… On n’ose même pas aller aux toilettes de peur d'avoir le plafond sur la tête.

     

    Dès que les opérations des forces terrestres ont commencé, le 10° jour, il y a eu des incursions au quartier Atatra et Salatine à 500 mètres de chez nous. C'était l'enfer toute la nuit. On entendait des explosions, très fort. On dirait qu’ils sont justes devant ta porte. On voit de la fumée partout. Le ciel gris toute la journée. Des accrochages continus, des Apatchis, de la mer, on nous attaque de partout. Le pire est que dès le premier jour on n’avait pas d'électricité et bien sûr pas d'eau. Même les citernes sur le toit étaient trouées par les éclats d'obus. Les seuls moyens d'info qu'on avait étaient le téléphone et la radio. On entendait les histoires de massacres et on recevait des nouvelles sur des amis, des proches, massacrés. Croyez-moi, des familles entières qui ont été massacrées. Le frère d’un voisin était à la mosquée quand on l’a bombardée. Ses deux autres frères sont partis pour essayer de le trouver au dessous des murs, quand ils ont reçu un 2° missile sur leurs têtes. Les trois frères sont devenus des morceaux de viandes pour ne pas dire des cadavres. On parle rarement de cadavres mais des morceaux de corps. A peine on reconnaît les morts.

     

    Après deux nuits d'enfer, on a décidé de sortir. Mes beaux-parents refusaient de sortir mais on les a forcés. On était en danger. Les chars bombardaient sans avoir des cibles précises, et on n’était pas en sécurité. On a pris le risque de sortir avec un drapeau blanc, moi mon mari, mes deux enfants et mes beaux-parents. Mon sac était déjà prêt. Je savais que ce moment va venir. Dieu merci, personne n'a été touché. 

     

    Sur les medias, on parlait d'une trêve quotidienne de 13 h - 16 h pour des raisons humanitaires. Mais c’était des mensonges. Deux femmes de mon quartier sont sorties chercher des provisions pour leurs enfants. Ils les ont tuées. On était hébergé par la sœur de mon mari au centre de la ville de Gaza. D’autres, ils n’avaient pas où aller. Dans les rues, des milliers, des familles qui se sont sauvés de leurs maisons… Une nouvelle génération de refugiés.

     

    Deux heures après, quelques voisins qui ne sont pas encore sortis nous ont informés qu'une bombe d'un char est tombée sur un côté de notre toit.

     

    Après trois jours, La Croix Rouge nous a informé qu'il y a une trêve entre 7 h et 11 h, pour les femmes, pour revenir chercher le reste de leurs affaires et le reste des corps qui sont restés, parce que l'on empêchait les ambulances de passer à cette zone devenue militaire. Dans le quartier Al Atatra, la Croix Rouge a découvert 4 enfants à côté de leur mère morte depuis 7 jours et qui mourraient de faim. On les a sauvés à la dernière minute.

     

    Ma belle mère est partie. Toutes les portes des maisons sont cassées et des fois explosées. L’armée israélienne a fouillé toutes les maisons dont la nôtre. Tous nos meubles sont abimés et nos affaires par terre.

     

    Je ne peux vous résumer ces 2 semaines en quelques lignes. Je suis sortie de ma maison pour un appartement où il y a plus de 30 personnes de refugiées ! Tous les gens qui habitent sur les limites Est, Nord, Sud, Ouest se sont déplacés au centre en disant qu’ils sont plus en sécurité. En fait, personne n'est en sécurité. Aucun palestinien à Gaza…

     

    On nous dit que l'objectif de cette guerre est d'exterminer les membres de Hamas. Un autre prétexte comme les précédents pour exterminer et terroriser le peuple palestinien. Plus de 900 morts « civils » dont 275 enfants, 97 femmes « des mamans », 15 ambulanciers et 5 journalistes en 2 semaines. Le message est clair : on fait payer au peuple sa liberté d'expression parce qu’il a voté pour Hamas. Comme çà, les gens vont détester Hamas.

     

    On n'arrête pas de transmettre ces messages et franchir les ondes des chaines locales pour nous dire tout ce que vous subissez c'est à cause de Hamas qui vous a trahi et n’a pas pris la responsabilité de vous protéger. Voilà. J’étais toujours contre Hamas. Je n'aime pas les islamistes extrémistes mais je ne suis pas imbécile pour croire à ces mensonges ! Même avant Hamas, on nous bombardait, on nous insultait sur les frontières, on nous emprisonnait à l'intérieur de Gaza. Devant le monde, ils disent qu'ils se sont retirés de Gaza et « ils ont leur liberté, pourquoi se plaignent-ils ? » C'était clair que depuis que Hamas était dans le gouvernement, cela fait 2 ans, on souffre du blocus qui nous étrangle. Je rêve d'avoir le droit de voyager et de me déplacer comme toute autre personne dans le monde, d'avoir une paix nationale libre.

     

    Les lanceurs de roquettes sont un autre prétexte pour convaincre le monde que les Israéliens sont victimes et qu’ils ont le droit de se protéger contre les roquettes fabriquées localement avec toutes sortes d'armes militaires même qui sont interdites internationalement (bombes phosphoriques). La plupart des Israéliens transportés aux hôpitaux - on a décrit leur état de « blessure » comme état de panique et peur - on les compte comme victimes ! Alors que 1 million et demi de palestiniens sont terrifiés et les hôpitaux de Gaza n’ont même pas les moyens de faire des interventions chirurgicales pour les vrais blessés.

     

    Le conflit palestinien, le complice des gouverneurs Arabes, a été aussi une couverture pour ces attaques. Je doute qu'après tous cela Gaza aura une vie normale. On est sous le choc et je doute qu'on va se remettre. Je doute que après cette guerre - si elle se termine - j'aurai une maison. Je prie Dieu que mes enfants restent vivants et si on va mourir, qu'on meurt tous ensemble. Je ne veux pas vivre pour voir mes enfants massacrés devant mes yeux.

     

    Merci à tous nos amis de nous avoir envoyés des messages pour nous soutenir. J'apprécie les manifestations qu’on fait partout dans le monde, les aides qu'on reçoit, les actes de solidarité. Mais excusez-moi, je suis tellement désespérée et en même temps convaincue que Israël est bien protégé et qu'il ne va cesser le feu qu’après avoir atteint tous ses objectifs imaginaires, parce qu’en fait c’est les civils qui sont ciblés. La décision de la fin de ces opérations va venir de ces Généraux, et pas de la pression de la communauté internationale.

     

    Il ya des grands problèmes pour la distribution d'aide à cause de l'absence des autorités spécialisées. Il n'y a que l'Unrwa et la Croix Rouge et qui exerce son rôle dans des conditions très difficiles. Les gens n’ont pas perdu l'esprit de solidarité, mais la catastrophe est sur tout le monde. Chacun a sa propre triste histoire. Moi-même, je suis en état de choc et à peine j'ai eu la force de vous écrire.

     

    Dania et Mohamed

     

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  • Afghanistan: Et si les talibans gagnaient la guerre?

     

    Afghanistan : Et si les talibans gagnaient la guerre ? C’est des Etats-Unis qu’est venu le cri d’alerte. Au mois de juin, et pour la première fois, le nombre de soldats tués en Afghanistan, 49, était plus élevé qu’en Irak, 29. Et ce alors que les troupes US sont beaucoup plus nombreuses en Irak, 145 000 soldats contre 32.000 en Afghanistan.

    Quelques chiffres, alors que la France semble découvrir cette guerre.

    Les troupes. Environ 70.000 soldats  déployés en Afghanistan sont regroupés en deux coalitions, l’une de 53 000 hommes au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), sous commandement de l’OTAN, et l’autre 17 000 hommes sous commandement américain (Operation Enduring Freedom, OEF). Les chiffres sont en augmentation nette : en janvier 2007, l’effectif de l’ISAF n’était que de 37.000 hommes.

    Les pertes humaines. Au 30 juin 2008, le nombre de morts parmi les soldats de la coalition atteignait depuis 2001 900, dont 537 américains, 110 britanniques, 25 allemands, 16 néerlandais, 14 danois et 12 français. Pour les six premiers mois de 2008, on compte 122 morts. C’est dire que la situation s’aggrave, et le chef d'état-major interarmées américain, l'amiral Michael Mullen, s’était dit « profondément inquiet de la montée des violences » en Afghanistan, tout en estimant que l'Irak l'empêchait pour l'heure d'y envoyer plus de soldats.

    Les militaires français sont présents depuis 2001. En début d’année 2008, les effectifs étaient de 2300, et au mois d’avril Nicolas Sarkozy a, à la surprise générale, annoncé l’envoi de 700 soldats supplémentaires.

    Surprise générale, car un an plus tôt, il s’était prononcé pour le retrait progressif des troupes. C’était le 26 avril 2007, répondant à une question d’Arlette Chabot : « Il était certainement utile qu’on les envoie, dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive. » Et d’ajouter : « Il y a eu, à un moment donné, pour aider le gouvernement de monsieur Hamid Karzaï, à faire un certain nombre de choix. D’ailleurs le président de la République a pris la décision de rapatrier nos forces spéciales et un certain nombre d’éléments. C’est une politique que je poursuivrais. »

    Changement radical un an plus tard : « Est-ce que l’on peut se permettre, nous, l’Alliance, les alliés, de perdre en Afghanistan ? La réponse est non. Parce qu’en Afghanistan se joue une partie de la lutte contre le terrorisme mondial, donc on doit gagner. Est-ce que la France veut partir, la réponse est non. »

    La question est donc bien posée : Peut-on perdre en Afghanistan ? Les talibans peuvent-ils gagner la guerre ? Alors, de nouveaux efforts pour lutter contre le terrorisme, tout le monde sera d’accord. Mais quelle est la réalité ? N’est-on pas entrain de foncer dans une impasse ?

    Rarement le décalage a semblé aussi grand entre le discours et les faits. Rappelez-vous. Mi-juin 2008, s’était tenue à Paris une grande conférence internationale destinée à collecter les fonds destiné à la reconstruction du pays : engagement pris pour 20 milliards de dollars, et sourires généralisés autour d’Hamid Karzaï. Humiliation dès le lendemain : un millier de prisonniers s'évadaient de la prison de Kandahar, un bastion des insurgés, après l'assaut d'un commando taliban. A quelques dizaines de kilomètres de Kaboul.

    Aujourd’hui, alors que la France pleurait ses morts, le premier ministre Gordon Brown était à Kaboul « pour inviter le président Hamid Karzaï à coopérer plus étroitement avec le Pakistan contre le terrorisme », ajoutant qu’il avait également demandé au président afghan « de s'attaquer sans répit à la corruption et au problème de la drogue. »

    Alors, oui, les questions affluent.

    Questions franco-françaises d’abord.

    1.      L’effectif français, passé de 2300 à 3000 soldats, pose évidement problème : pourquoi ce revirement ? Quelles infos l’ont justifié ?

    2.      Le jeune âge des soldats -19 ans pour certains - sur un secteur si exposé mérite des explications plus sérieuses que celles d’Hervé Morin, affirmant qu’une armée de métier est nécessairement jeune.

    3.      Le journaliste du Monde a recueilli des témoignages précis auprès des blessés : quatre heures sans recevoir d’appui, l’absence de mise en veille, des tirs amis et un commandement emmêlé. Il faut des réponses précises.

    J’estime par ailleurs anormal que le président de la République, au retour de Kaboul, n’ait pas pris le temps d’une visite auprès des familles, à Castres, où il avait dépêché Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat chargé de la Défense et des Anciens combattants. Tout aussi anormal que François Fillon se soit rendu en un coup de vent à l’Hôpital Clamart, pour ne saluer que quatre des vingt et un soldats blessés. C’est les vacances, mais quand même…

    Les misères françaises ne changeront, hélas rien, à ce qui se joue en Afghanistan. 3.000 français sur les 70.000 soldats présents… Les enjeux sont ailleurs.

    1.      Quels sont les buts militaires ? Pas un responsable n’est en mesure de décrire un plan de victoire sur les talibans et les troupes rebelles, dans leur diversité. Cette résistance afghane serait impossible sans de larges soutiens dans la population. Pourquoi un tel rejet des troupes de la coalition ?

    2.      Qu’offre-t-on comme perspectives à la population ? Comment expliquer qu’en sept ans, il n’a pas été possible de trouver des interlocuteurs pour établir une vraie solution politique ?

    3.      Karzaï est-il encore crédible ? Pourquoi, sept ans après, si peu de réalisations ?  Quelle action contre la corruption et les trafics de drogue qui gangrènent les réseaux du pouvoir ?

    4.      La seule perspective est-elle de s’installer durablement là-bas, pour tenter de contenir les talibans et les foyers du terrorisme ?

    Rien de sérieux ne pourra se faire tant que l’élection américaine ne sera pas passée. Pendant  ce temps, les soldats restent exposés au feu, sans but bien défini à leur action.

     

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